Mois : juin 2015

OU VA YANNICK AGNEL?

NAGER DANS LE BROUILLARD

Par Eric LAHMY

Le pépin de santé – pleurésie – qui, nous dit-on, vient de frapper Yannick Agnel, et, en tous cas, sa décision de déclarer forfait pour les mondiaux de Kazan viennent au pire moment. Vous me direz : il n’y a pas de bon moment pour cela. Certes.

Depuis le sommet olympique de Londres, Yannick a connu une constante érosion de sa valeur. Sa victoire en championnats du monde a été une surprise mais elle a été acquise en-dessous de son potentiel de l’année olympique. Puis les championnats d’Europe, en 2014, ont montré une autre dégradation, décisive cette fois, puisque de numéro un mondial, il est devenu numéro trois européen. Le choix malheureux de Bob Bowman, décidé parce qu’en raison sans doute de la réaction violemment émotionnelle de Pellerin, aucun autre endroit en France ne pouvait l’accueillir, a salement plombé la carrière d’Agnel. Bowman n’était pas la bonne solution, on le sait maintenant. Agnel a opéré un choix de professionnel, et donc malheureux. Quand on dispose de la matière grise de ce jeune homme, la mettre ainsi en jachère a quelque chose de dramatique. Rejoindre des gens qui mettent tous leurs atouts dans la natation parce qu’elle représente, à un instant de leur vie, le seul choix possible, pour lui, me parait être une hérésie. De mettre en veilleuse ses qualités intellectuelles est un pur gâchis. Qu’un Amaury Leveaux, un Florent Manaudou, etc. plongent dans l’illettrisme sportif (qui n’empêche d’ailleurs pas de signer des succès de scandales littéraires !), bien, mais Yannick ! Agnel, aux USA et en France, s’est privé d’une vie harmonieuse d’étudiant.

Pro, bien entendu, il fait de l’argent. Mais universitaire NCAA, il  s’offrait gratis un diplôme ruineusement cher et qui représente un plus formidable pour l’après-natation, était logé-nourri-blanchi pendant le temps de ses études, et pouvait geler certains de ses gains dans un fonds qui aurait été ouvert après ses études..  

2015 devait être l’année de son retour. Agnel avait perdu dix kilos d’un surpoids qu’il avait accumulé entre bonne bouffe et musculation, a-t-il assuré dans un tweet, il semblait avoir retrouvé aussi une partie de sa technique, une partie de son efficience dans l’eau. Il n’avait pas flambé aux championnats de France, mais se présentait dans une position incertaine – mais guère désespérée – aux mondiaux où il devait aussi jouer un rôle déterminant dans le relais quatre fois 200 mètres. En-dehors des tweets positivant de Yannick, du genre « je m’éclate », qui ne devaient pas convaincre grand monde (être pro en sport ne consiste pas à s’éclater mais à bosser dans la bonne direction), Lionel Horter a donné parfois l’impression d’avoir eu quelque mal à retrouver les clés de ce champion que Pellerin avait façonnées pendant sept années avant de perdre le trousseau !

L’accident qui survient aujourd’hui, pour un étudiant-nageur, aurait représenté un demi-échec, ou lui aurait permis de relativiser. Dans sa situation, il s’agit d’une année complètement gâchée. Après le fiasco américain, Agnel flirte avec un fiasco mulhousien. Si c’est vraiment une pleurésie, y a de la malchance là-dedans, mais pas que de la malchance.

(1). (Politique fiction: s’il était parti dans une université US immédiatement après les Jeux olympiques, Agnel n’aurait pas rompu avec Pellerin, qui aurait pu le reprendre pour mener l’assaut des Jeux de Rio).

MARC DE HERDT

DE HERDT [Marc] Natation. (11 février 1949-). France. Recordman de France du 200 mètres brasse avec 2’33’’2 en 1968, et du 400 mètres quatre nages, il est par deux fois champion de France d’hiver ; sa carrière fut écourtée par des ennuis de santé sans doute liés à des carences nutritionnelles, pendant son service militaire, alors qu’il s’entraînait énormément, dans l’optique des Jeux Olympiques de Mexico. Alors qu’il paraissait perdu pour la natation, il refit surface et fut 2e du 200 mètres brasse des championnats de France. Directeur de piscine à Courbevoie, puis directeur des sports à Issy-les-Moulineaux, il a fait sa carrière dans l’administration de cette ville. Préside les Internationaux de natation français (2015).

JEUX EUROPÉENS DE BAKOU (6)

RUSSES, BRITANNIQUES, ITALIENS…

ET AUSSI QUELQUES FRANÇAiS !

Eric LAHMY

Dimanche 28 Juin 2015

1) Les premiers Jeux européens de Bakou représentent pour moi (et du moins pour ce qui concerne la natation) une mauvaise idée qui est devenue bonne. Mauvaise parce que trop tardive, les Jeux européens auraient dû naître dans les années 1930 ou 1950, comme tous les grands rassemblements équivalents, Jeux du Commonwealth, Jeux panaméricains. Le calendrier international était inexistant et ils auraient trouvé leur place naturelle. L’Europe, en outre, était alors coupée en deux, et le sport aurait joué à plein un rôle rassembleur. Aujourd’hui, c’est bien tard, et le calendrier est surchargé. Cette mauvaise idée en est devenue une bonne quand la Ligue européenne de natation a décidé d’en faire une réunion de jeunes, tous plus ou moins barrés des mondiaux de Kazan.

2) Les Russes avaient prévenu. Ils avaient soigneusement préparé ces premiers Jeux européens. En suivant les compétitions, jour après jour, on a eu parfois l’impression qu’ils étaient en train de tout rafler. En fait, non. Mais ils ont été présents partout, et ont gagné cinq des six relais. Par exemple, en nage libre masculine, ils n’ont enlevé aucune course individuelle, mais été représentés sur tous les podiums sauf sur 800 mètres (en raison de la contre-performance d’Ernest  Maxumov). Chez les hommes, ils gagnent huit courses sur 20, ce qui est beaucoup mais pas monopolisateur. En revanche, l’équipe féminine russe a presqu’écrasé la compétition, neuf titres individuels et les trois relais. Les quatre jeunes Russes qu’on retrouve dans le relais quatre nages féminin ont effectué un joli ravage des titres.

3) Cependant, les Russes n’ont pas étouffé ce championnat, et leurs hôtes, britanniques surtout, mais aussi italiens, néerlandais, français, voire israéliens, ne se sont pas gênés pour se servir au buffet !

4) Comme il arrive souvent en natation des doublés affirment la supériorité de quelques éléments particulièrement brillants. Il en va ainsi des Britanniques Duncan Scott, vainqueur des 200 mètres et 400 mètres, et Luke Greenbank, qui rafle 100 mètres et 200 mètres dos (course formidable !), du Français Nicolas D’Oriano, qui triomphe sur 800 et 1500 mètres, des Russes Anton Chupkov (100 et 200 mètres brasse) et Daniel Pakhomov (100 et 200 mètres papillon) et de mademoiselle Aryna Openisehva (200 et 400 mètres). Une mention spéciale pour la quadruple gagnante Polina Egorova, 100 et 200 mètres dos, 50 et 100 mètres papillon) et pour Maria Astashkina qui enlève les trois courses de brasse…

Mais la grande nageuse de Bakou n’a gagné qu’une course, c’est la Néerlandaise Marrit Steenbergen…

5) Bravo la France. On ne s’y attendait pas. On ne s’attendait d’ailleurs à rien. Mais les jeunes Français présents se sont tous très bien défendus, même ceux qui n’ont pas accédé au podium. Bien sûr, tout en haut de l’affiche, Nicolas D’Oriano, double vainqueur, et Pauline Mahieu, double médaillée. Dans l’ensemble, un rayon de soleil concernant l’avenir. Cela fait bien deux ou trois ans que le ciel était encombré de nuages. Cette équipe nous donne l’impression d’avoir été très bien « managée ». Bien sûr, ce n’est pour l’instant qu’un redémarrage. Attendons la suite.

5) Vive la jeunesse : toujours exaltant de saisir le pouls d’une compétition de jeunes, où l’enthousiasme a quelque chose de volcanique.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Ziv Kalontarov, Israël, 22’’16 ; 2. Giovanni Izzo, Italie,22’’51 ; 3. Aleksei Brianski, Russie, 22’’69 ; 4. Huseyn Emre Sakci, Turquie, 22’’75.

100 mètres : 1. Duncan Scott, GBR, 49’’43 ; 2. Alessandro Miressi, Italie, 50’’03 demi-finale, 49’’80) ; 3. Vladislav Kozlov, Russie, 50’’11 ; 4. Alexei Brianskii, Russie, 50’’28. En demi-finale : Alessandro Bori, Italie, 50’’04.

200 mètres : 1. Duncan Scott, GBR, 1’48’’55 ; 2. Cameron Kurle, GBR, 1’48’’92 ; 3. Elisei Stepanov, Russie, 1’49’’64 ; 4. Nikolai Snegirev, Russie, 1’49’’83.

400 mètres : 1. Paul Hentschel, Allemagne, 3’52’’43 ; 2. Dimitrios Dimitriou, Grèce, 3’52’’57 ; 3. Ernest Maksumov, Russie, 3’52’’65 ; 4. Marc Vivas Egea, Espagne, 3’53’’92 ; 5. Nicolas D’Oriano, France, 3’54’’28.

800 mètres : 1. Nicolas D’Oriano (France), 7’59’’87 ; 2. Marcos Rodriguez Mesa, Espagne, 8’1’’73 ; 3. Henning Muehlleitner, Allemagne, 8’4’’33 ; 4. Kristof Rasovszky, Pologne, 8’4’’57 ; 5. Ernest Maksumov, Russie, 8’4’’72.

1500 mètres : 1. Nicolas D’Oriano, France, 15’13’’31 ; 2. Ernest Maksumov, Russie, 15’13’’90 ; 3. Marc Hinawi, Israël, 15’25’’63.

50 mètres dos : 1. Filipp Shopin, Russie, 25’’40 ; 2. Marek Ulrich, Allemagne, 25’’44.

100 mètres dos : 1. Luke Greenbank, GBR, 54’’76 ; 2. Filipp Shopin, Russie, 54’’81; 3. Marek Ulrich, Allemagne, 55’’35.

 200 mètres dos : 1. Luke Greenbank, GBR, 1’56’’89 ; 2. Mikita Tsmysh, Biélorussie, 1’59’’46 ; 3. Roman Larin, Russie, 1’59’’60 ; 4. Jakub Daniel Skierka, Pologne, 1’59’’78.

50 mètres brasse : 1. Andrius Sidlauskas, Lituanie, 27’’81 ; 2. Nikola Obrovac, Croatie, 27’’89 ; 3. Tobias Bjerg, Danemark, 28’’04.

100 mètres brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 1’0’’65 ; 2. Andrius Sidlauskas, Lituanie, 1’1’’42 ; 3. Charlie Attwood, GBR, 1’1’’71.

200 mètres brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 2’10’’85 ; 2. Kiriil Mordashev, Russie, 2’12’’94 ; 3. Luke Davies, GBR, 2’13’’45

50 mètres papillon : 1. Andrii Khloptsov, Ukraine, 23’’92 ; 2. Pavel Sendyk, Pologne, 23’’97 ; 3. Daniil Pakhomov,  Russie, 24’’02.

100 mètres papillon : 1. Daniel Pakhomov, Russie, 52’’72 ; 2. Alberto Lozano Mateos, Espagne, 52’’78 ; 3. Daniel Antipov, Russie, 53’’33

200 mètres papillon: 1. Daniel Pakhomov, Russie, 1’57’’04 ; 2. Giacomo Carini, Italie, 1’57’’46 ; 3. Matthias Marsau, France, 1’58’’96

200 mètres 4 nages : 1. Sebastian Steffan, Autriche, 2’1’’39 ; 2. Jarvis Parkinson, GBR, 2’1’’94 ; 3. Martin Walton, GBR, 2’2’’24 ; 4. Daniel Sos, Hongrie, 2’2’’76 ; 5. Lorenzo Glessi, Italie, 2’2’’82 ; 6. Théo Berry, France, 2’3’’.

400 mètres 4 nages : 1. Nikolai Sokolov, Russie, 4’19’’44 ; 2. Igor Baliberdin, Russie, 4’20’’80 ; 3. Karol Zbutowicz, Pologne, 2’22’’22 ; 4. Daniel Sos, Hongrie, 4’22’’23.

4 fois 100 mètres : 1. Grande-Bretagne (Duncan Scott, 49’’46, Martyn Walton, 49’’43, Daniel Speer, 51’’58, Cameron Kurle, 49’’81), 3’19’’38 ; 2. Italie, (Alessandro Miressi, 50’’09, Giovanni Izzo, 50’’34, Ivano Vendrame, 50’’21, Alessandro Bori, 49’’55) 3’20’’19 ; 3. Russie, 3’20’’22 (Vladislav Kozlov, 50’’44, Aleksei Brianski, 50’’09, Elisei Stepanov, 49’’76, Igor Shadrin, 49’’93).

4 fois 200 mètres : 1. Russie, 7’16’’08 (Alexandre Prokofief, 1’50’’29, Nikolaï Snegirev, 1’48’’89, Ernest Maksumov, 1’48’’96, Elisei Stepanov, 1’47’’94) ; 2. Grande-Bretagne, 7’19’’36 (Duncan Scott, 1’49’’89, Martyn Walton, 1’50’’42, Kyle Chisholm, 1’50’’02, Cameron Kurle, 1’49’’03); 3. Allemagne, 7’20’’77 (Paul Hentschel, 1’49’’78, Henning Muehlleitner, 1’50’’77, Konstantin Walter, 1’50’’39, Moritz Brandt, 1’49’’83).

4 fois 100 mètres 4 nages : 1. Russie, 3’36’’38 (Shopin, 55’’47, Chupkov, 1’0’’27, Pakhomov, 51’’55, Kozlov, 49’’09) ; 2. Grande-Bretagne, 3’39’’01 (Greenbank, 54’’64 en dos); 3. Pologne, 3’39’’31 ; 4. Italie, 3’40’’96 (Alessandro Miressi, 49’’18 en crawl).

 

DAMES.- 50 mètres : 1. Mariia Kameneva, Russie, 25’’23 ; 2. Marrit Steenbergen, Pays-Bas, 25’’27 ; 3. Julie Jensen, Danemark, 25’’41 ; 4. Natalia Fryckowska, Pologne, 25’’84 ; 5. Marte Loevberg, Norvège, 25’’92.

100 mètres : 1. Marrit Steenbergen, Pays-Bas, 53’’97 ; 2. Arina Openysheva, Russie, 54’’45 ; 3. Maria Kameneva, Russie, 55’’19.

200 mètres : 1. Arina Openysheva, Russie, 1’58’’22 ; 2. Marrit Steenbergen, Pays-Bas, 1’58’’99 ; 3. Leonie Kullmann, Allemagne, 1’59’’77 ; 4. Katrin Gottwald, Allemagne, 2’0’’64.

400 mètres : 1. Arina Openysheva, Russie, 4’8’’81 ; 2. Leonie Kullmann, Allemagne, 4’12’’16; 3. Anastasia Kirpichnikova, Russie, 4’13’’13; … 6. Léa Marchal, France, 4’19’’67.

800 mètres : 1. Holly Ibbott, GBR, 8’39’’02 ; 2. Anastasia Kirpichnikova,  Russie, 8’39’’73; 3. Marina Castro Atalaya, Espagne, 8’45’’51; … 9. Léa Marchal, France, 8’54’’28.

1500 mètres : 1. Sveva Schiazzano, Italie, 16’40’’17 ; 2. Janka Juhasz, Hongrie, 16’40’’39 ; 3. Marina Castro Atalaya, Espagne, 16’46’’16 ; 4. Josephine Tesch, Allemagne, 16’54’’06.

50 mètres dos : 1. Caroline Pilhatsch, Autriche, 28’’60 ; 2. Pauline Mahieu, France, 28’’70 (en série, 28’’69) ; 3. Mariia Kameneva, Russie, 28’’77.

100 mètres dos : 1. Polina Egorova, Russie, 1’1’’19 ; 2. Maria Kameneva, Russie, 1’1’’23 ; 3. Pauline Mahieu, France, 1’1’’34 ; 4. Maryna Kolesnikova, Ukraine, 1’2’’25.

200 mètres dos : 1. Polina Egorova, Russie, 2’11’’23 ; 2. Maxine Volters, Allemagne, 2’11’’38 ; 3. Maryna Kolesnikova, Ukraine, 2’11’’91.

50 mètres brasse : 1.Maria Astashkina, Russie, 31’’58 ; 2. Laura Kelsch, Allemagne, 31’’87 ; 3. Nolwenn Hervé, France, 32’’08.

100 mètres brasse : 1. Maria Astashkina, Russie, 1’7’’71 ; 2. Giulia Verona, Italie, 1’8’’61 ; 3. Daria Chikunova, Russie, 1’9’’02 ; 4. Layla Black, GBR, 1’9’’26.

200 mètres brasse : 1. Maria Astashkina, Russie, 2’23’’06 ; 2. Giulia Verona, Italie, 2’25’’91 ; 3. Layla Black, GBR, 2’27’’61.

50 mètres papillon : 1.  Polina Egorova, Russie, 26’’82 ; 2. Caroline Pilhatsch, Autriche, 27’’18 ; 3. Julie Jensen, Danemark, 27’’19.

100 mètres papillon : 1. Polina Egorova, Russie, 59’’36 ; 2. Amelia Clynes, GBR, 1’0’’1 2 ; 3. Elektra Barbara Lebl, Grèce, et Laura Stephens, GBR, 1’0’’54 ; 5. Carmen Balbuena Heredia, Espagne, 1’0’’58.

200 mètres papillon : 1. Julia Mrozinski, Allemagne, 2’11’’19 ; 2. Elisa Scarpa Vidal, Italie, 2’12’’27 ; 3. Boglarka Bonecz, Hongrie, 2’12’’42.

200 mètres 4 nages : 1. Maxine Wolters, Allemagne, 2’13’’37 ; 2. Ilaria Cusinato, Italie, 2’13’’78 ; 3. Abbie Wood, GBR, 2’14’’49.

400 mètres 4 nages : 1. Abbie Wood, GBR, 4’41’’97 ; 2. Ilaria Cusinato, Italie, 4’44’’01; 3. Anja Crevar, Serbie, 4’45’’84.

4 fois 100 mètres : 1. Russie, 3’43’’63 (Arina Openysheva, 55’’06, Vasilissa Buinaia, 56’’75, Olesia Cherniatina, 56’’88, Maria Kameneva, 54’’94 ; 2. Pays-Bas,  3’44’’10 (Pien Schravesande, 57’’64, Frederique Janssen, 56’’87, Laura Van Engelen, 56’’59, Marrit Steenbergen, 53’’); 3. Grande-Bretagne, 3’45’’80. (Cardy Deakin, 56’’75, Madeleine Crompton, 56’’93, Hanna Feartherstone, 56’’56, Georgia Coates, 55’’56).

4 fois 200 mètres : 1. Russie, 8’3’’45 (Kipichnikova, 2’1’’54, Openysheva, 1’58’’04, Cherniatina, 2’2’’82, 2’1’’05) ; 2. Pays-Bas, 8’4’’65 (Laura Van Engelen, 2’1’’39, Frederique Janssen, 2’3’’27, Marieke Tienstra, 1’1’’95, Steenbergen, 1’58’’02) ; 3. Grande-Bretagne, 8’4’’84 (Hannah Featherstone, 2’2’’85, Larcy Deakin, 2’1’’76, Holly Hibbott, 2’0’’31, Georgia Coates, 1’59’’89).

4 fois 100 mètres 4 nages : 1. Russie, 4’3’’22 (Maria Kameneva, 1’1’’39, Maria Atashkina, 1’7’’61, Polina Egorova, 59’’64, Arina Openysheva, 54’’58); 2. Pays-Bas, 4’7’’99 (Iris Tjonk, 1’2’’82, Tes Shouten (14 ans), 1’10’’99, Josien Wijkhuijs, 1’1’’35, Marritt Steenbergen, 53’’03) ; 3. Grande-Bretagne, 4’9’’10 (Rebecca Sherwin, 1’3’’84, Layla Black, 1’9’’26, Amelia Clines, 1’0’’11, Georgia Coates, 55’’89).

JEUX EUROPÉENS DE BAKOU (5)

PAULINE MAHIEU DIGNE D’ÉLOGES

Eric LAHMY

Samedi 27 Juin 2015

Pauline Mahieu a trouvé les ressources pour lutter contre deux Russes qui entendaient toutes deux gagner et conserver la suprématie impressionnante que leur équipe exerce sur ces Jeux européens de Bakou. C’était une tâche insurmontable, mais elle a presque réussi, parce qu’elle a progressé sur son record quand il le fallait.

Il est des médailles de bronze dont on doit accepter de se satisfaire, même si une pointe de regret peut saillir (c’était si près). Mais Pauline a mené un combat digne d’éloge, et si elle a pêché, c’est par exemple au départ, nous semble-t-il, parce qu’elle n’a probablement pas la tonicité de Polina Egorova et de Maria Kameneva. Il est beaucoup plus long de mettre au point une « belle plante » du gabarit de la Française que ces boules de muscles qu’elle avait en face d’elles, et, même si je déteste ce genre de prédiction, je serais prêt à parier que d’ici un an ou deux, leur duel a trois donnerait un tout autre résultat. Enfin tout cela pour dire que si je devais parier sur l’avenir d’une des trois nageuses, je n’hésiterais pas une seconde.

L’arrivée de la course s’est jouée à la touche. Kameneva avait mené tout du long et sur le mur, à sa gauche, Egorova la défit par sa vitesse de bras sur le mur. Et c’est aussi d’un petit rien que Mahieu se retrouva 3e. Avec un peu (beaucoup) de chance, la longueur de bras de la Française aurait pu lui offrir l’or, mais qu’importe, ce quelle a réalisé est plus que bien, Mahieu, qui a réalisé des Jeux épatants, ramène deux médailles et aura, si les petits poissons ne la mangent pas en route, beaucoup de victoires à espérer dans les prochaines saisons.

Egorova est une des étoiles de ces joutes : elle a gagné aussi le 200 mètres dos, les 50 mètres et 100 mètres papillon, et a participé aux relais quatre fois 100 mètres et quatre nages (en papillon) vainqueurs. Elle égale le palmarès de sa compatriote Arina Openysheva, gagnante des 200 et 400 mètres, finit 2e du 50 mètres et se trouve présente dans les trois relais russes vainqueurs. C’est encore une de ces nageuses russes très travaillées, qui réussissent tôt, mais sur laquelle je ne parierais pas mon vieux Speedo. Ce qu’elle fait est méritoire, mais avec son 1,61m, je la vois mal refaire un tel numéro avec les « adultes »…

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Ziv Kalontarov, Israël, 22’’16 ; 2. Giovanni Izzo, Italie,22’’51 ; 3. Aleksei Brianski, Russie, 22’’69 ; 4. Huseyn Emre Sakci, Turquie, 22’’75.

200 mètres : 1. Duncan Scott, GBR, 1’48’’55 ; 2. Cameron Kurle, GBR, 1’48’’92 ; 3. Elisei Stepanov, Russie, 1’49’’64 ; 4. Nikolai Snegirev, Russie, 1’49’’83.

100 mètres brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 1’0’’65 ; 2. Andrius Sidlauskas, Lituanie, 1’1’’42 ; 3. Charlie Attwood, GBR, 1’1’’71.

400 mètres 4 nages : 1. Nikolai Sokolov, Russie, 4’19’’44 ; 2. Igor Baliberdin, Russie, 4’20’’80 ; 3. Karol Zbutowicz, Pologne, 2’22’’22 ; 4. Daniel Sos, Hongrie, 4’22’’23.

4 fois 100 mètres 4 nages : 1. Russie, 3’36’’38 (Shopin, 55’’47, Chupkov, 1’0’’27, Pakhomov, 51’’55, Kozlov, 49’’09) ; 2. Grande-Bretagne, 3’39’’01 (Greenbank, 54’’64 en dos); 3. Pologne, 3’39’’31 ; 4. Italie, 3’40’’96 (Alessandro Miressi, 49’’18 en crawl).

DAMES.- 100 mètres dos : 1. Polina Egorova, Russie, 1’1’’19 ; 2. Maria Kameneva, Russie, 1’1’’23 ; 3. Pauline Mahieu, France, 1’1’’34 ; 4. Maryna Kolesnikova, Ukraine, 1’2’’25.

100 mètres brasse : 1. Maria Astashkina, Russie, 1’7’’71 ; 2. Giulia Verona, Italie, 1’61 ; 3. Daria Chikunova, Russie, 1’9’’02 ; 4. Layla Black, GBR, 1’9’’26.

JEUX EUROPÉENS DE BAKOU (4)

DU 1500 AU 800, OU COMMENT NICOLAS

D’ORIANO DOUBLE SON CAPITAL-OR

Eric LAHMY

Vendredi 26 Juin 2015

Nicolas D’Oriano a illustré l’aphorisme selon lequel « bis repetita placent ». Il a ajouté l’or du 800 mètres à celui du 1500 mètres. Comme il faut reprendre de ce qu’on aime, l’attendais ce 800 mètres et croyez-moi, je voulais surtout revoir la nage du Toulousain. Vainqueur ou battu, rien que pour l’esthétique du geste.

Et en plus, il a gagné ! Toujours avec cette apparente tranquillité que lui confère ce style supérieur. Il est très difficile de faire la différence dans une finale hantée par les meilleurs nageurs de demi-fond d’Europe au point du vue de la technique, et D’Oriano y parvient… Il donne cette impression de facilité que porte son efficacité mécanique… Il est vrai aussi que le demi-fond vous donne le temps d’apprécier!

…Je ne vais pas vous répéter ce que je pense du style de Nicolas, mais sachant que le Toulousain a effectué en moyenne dans son 800 mètres chaque longueur de bassin de 50 mètres en 31 attaques de bras, tandis que Maxumov, le Russe qu’il a devancé sur 1500 mètres, avait besoin de 35 attaques de bras pour couvrir la distance ; sachant en outre que le Russe mesure 10 cm de plus que lui, 1,85m contre 1,75m, on s’aperçoit que, rapportée à sa taille, la rentabilité de nage de D’Oriano est de 19% supérieure à celle de son malheureux adversaire. C’est dire la classe du garçon.

La course s’est emballée d’entrée, et D’Oriano a suivi l’impulsion. Un Russe, Druzinine, s’est posté, aux 100 mètres, en 56’’45. Il va vite disparaître. D’Oriano passe en 5e position , en 57’’25. Tout le monde reste assez près, et le Français tourne en 1’57’’81, 2’59’’, et il lance son attaque dans la septième longueur. Ou plutôt, il reste sur la même cadence quand cela faiblit un peu autour de lui. Le voilà donc qui impose son rythme. 3’59’’46 à mi-course, il a plus d’une seconde d’avance sur son second au 450 mètres. Il fait le trou, mais au train, nage vite mais sans jamais avoir l’air pressé. Pourtant, il doit appuyer et on imagine que la douleur s’installe dans ses muscles, mais il tient la course et ne lâche pas. Encore 100 mètres, il passe en 7’1’’30, et si, seul, l’Espagnol Rodriguez Mesa n’est pas à la dérive, il se trouve fort attardé, à 2’’1. Il tente de revenir, Mesa, mais c’est trop tard, il ne reprend presque rien. D’Oriano l’emporte, bat son record et passe pour la première fois sous les 8 minutes. Il n’est pas satisfait de son temps, mais a gagné de main de maître.

L’EFFET DENIS AUGUIN

Dans l’ensemble, ces jeunes Français (chef de délégation, Jean-Jacques Beurrier] se sont incomparablement mieux comportés que dans les compétitions de jeunes des années précédentes, et je présume que la présence de Denis Auguin comme responsable d’équipe – assisté d’Anne Riff –  n’y est pas pour rien. Quand un homme qui a « fabriqué » un champion olympique, amène ce plus d’expérience et de calme compétence qu’on lui connait, j’imagine que les jeunes en héritent ce surcroit de confiance et de sérénité qui amène à se transcender. C’est ce plus que Claude Fauquet avait fait naître dans le passé, qu’on appelle de façon un peu pompeuse coaching ou management et qui n’a pas été perdu ces dernières années au niveau de l’équipe première, mais dont les « jeunes » ne profitaient pas, parce qu’on ne leur avait pas donné les bons transmetteurs. Heureusement, après des errances, voilà qu’ils disposent à nouveau de ce savoir-faire qu’on aimerait voir entrer dans l’ADN des Français. Ils ont retrouvé la trace ! On l’a vu avec ceux qui sont montés sur le podium.

PAULINE MAHIEU EN COURSE POUR LA « GAGNE »

Nolwenn Hervé, qui avait effectué ce bond qualitatif sur 50 brasse dames, a eu moins de chance en demi-finales du 100 mètres brasse et n’atteindra pas la finale (mais sans démériter). Elle a nagé 1’11’’59 en séries, un temps qu’elle devait impérativement rééditer pour se qualifier, mais elle n’a pu faire mieux que 1’11’’75. Guillaume Garzotto a lui aussi raté de peu le passage en finale sur 100 mètres papillon. En revanche, Pauline Mahieu a gagné haut la main sa place sur 100 mètres dos : 3ème des séries en 1’2’’41, 3e des demis en 1’2’’07, elle risque avec ce rapproché de se mêler à la bagarre, aux côtés des deux Russes Kameneva et Egorova, 1’1’’57 et 1’1’’97, et l’Ukrainienne Kolesnikova, aujourd’hui 27 à 14h52 ! On croise les doigts pour la grande « Popi », qui, en finale des championnats de France avait nagé 1’2’’02.

STEENBERGEN, FEMME D’ARGENT

Les Russes, à domicile, ont bien chaluté les médailles, mais ont trouvé parfois à qui parler. En moins de deux heures, la Hollandaise Steenbergen, impressionnante gagnante du 100 mètres, a enchaîné demi-finale du 50 mètres, finale du 200 mètres et finale du 50 mètres, alors qu’elle avait disputé le matin à 6h30 les séries du 50. Au bout du compte elle a ramené de son périple deux médailles d’argent, sur 50 mètres et sur 200 mètres, étant battue par Kameneva et Openysheva (cette dernière étant appelée ici la Michael Phelps de Bakou). Steenbergen vise une place dans le relais néerlandais de Bakou. Plus que bien pour une fille qui n’avait pas nagé 57’’ au début de l’hiver. Sur 200 mètres dos, le Britannique Luke Greenbank a écrasé la concurrence !

MESSIEURS.- 800 mètres : 1. Nicolas D’Oriano (France), 7’59’’87 ; 2. Marcos Rodriguez Mesa, Espagne, 8’1’’73 ; 3. Henning Muehlleitner, Allemagne, 8’4’’33 ; 4. Kristof Rasovszky, Pologne, 8’4’’57 ; 5. Ernest Maksumov, Russie, 8’4’’72.

50 mètres dos : 1. Filipp Shopin, Russie, 25’’40 ; 2. Marek Ulrich, Allemagne, 25’’44.

 200 mètres dos : 1. Luke Greenbank, GBR, 1’56’’89 ; 2. Mikita Tsmysh, Biélorussie, 1’59’’46 ; 3. Roman Larin, Russie, 1’59’’60 ; 4. Jakub Daniel Skierka, Pologne, 1’59’’78.

DAMES.- 50 mètres : 1. Mariia Kameneva, Russie, 25’’23 ; 2. Marrit Steenbergen, Pays-Bas, 25’’27 ; 3. Julie Jensen, Danemark, 25’’41 ; 4. Natalia Fryckowska, Pologne, 25’’84 ; 5. Marte Loevberg, Norvège, 25’’92.

200 mètres : 1. Arina Openysheva, Russie, 1’58’’22 ; 2. Marrit Steenbergen, Pays-Bas, 1’58’’99 ; 3. Leonie Kullmann, Allemagne, 1’59’’77 ; 4. Katrin Gottwald, Allemagne, 2’0’’64.

100 mètres papillon : 1. Polina Egorova, Russie, 59’’36 ; 2. Amelia Clynes, GBR, 1’0’’12 ; 3. Elektra Barbara Lebl, Grèce, et Laura Stephens, GBR, 1’0’’54 ; 5. Carmen Balbuena Heredia, Espagne, 1’0’’58.

JEUX EUROPÉENS DE BAKOU (3)

NOLWEEN HERVÉ, DU NEUF SUR 50 MÈTRES BRASSE

Éric LAHMY

Bakou, 26 Juin 2015

Oubli de Galaxie Natation, nous signale un lecteur: Nolwenn Hervé, qui dès le premier jour des compétitions de natation des Jeux européens de Bakou, avait enlevé la médaille de bronze du 50 mètres brasse dames. Tentons de nous racheter… La jeune Lannionaise s’était placé 4e des séries dominées par Maria Astashkina, 31’’84, avec un temps de 32’’45. 2e de la première demi-finale avec un temps de 32’’07, elle héritait toujours du 4e temps, derrière Astashkina, toujours dominatrice, 31’’47, l’Allemande Laura Kelsch, 31’’94, et la Turque Gulsen Beste Samanci, 31’’98. Nolwenn n’avait qu’une adversaire à surpasser en finale pour accéder au podium, mais c’était plus facile à dire qu’à réussir, vu qu’elle était  sous le feu d’autres finalistes, comme l’expérimentée Britannique Layla Black ou l’Italienne Giulia Verona, qui ne partaient pas battues.

Mais l’émotion de la finale fit que plusieurs filles perdirent un peu de leurs moyens, et Hervé passa la Turque. La Française effectua pratiquement le même parcours qu’en demi (32’’08, à un centième) et arracha le bronze, malgré un temps de réaction assez lent sur lequel elle pourrait travailler si elle veut, comme elle déclare l’ambitionner, nager 31’’.

On a pu lire dans L’Est Républicain les aventures de Nolwenn et se convaincre de l’isolement de cette jeune fille. Aux championnats régionaux, à Forbach, expliquait notre confrère, la sociétaire de Thionville, entraînée par Hervé Marchetto et Mael Rugani, avait nagé toute seule dans le bassin pour le titre du 50 brasse (enlevé en 32’’95). Deux mois plus tard, aux championnats de France, Nolwenn amenait ses temps à 32’’77 (en séries) et à 32’’66 (finale). Depuis, elle n’a pas perdu de temps : gagner 0’’57 en si peu de temps sur un aller de bassin, démontre que la fille (née le 16 mars 1999 à Lannion) est douée pour le sprint !

En revanche, nageuse toute neuve (qui rejoindra l’année scolaire prochaine Canet-en-Roussillon), elle manque encore un peu des qualités qui lui permettraient de s’exprimer sur la (les ?) distances supérieures. 9e des séries du 100 brasse, ici, à Bakou, en 1’11’’59 (contre 1’11’’42 en séries des championnats de France), il lui faudra pour le moins rééditer son temps des France pour parvenir en finale, et gagner deux secondes pour accéder au podium. La première possibilité peut être envisagée, cet après-midi. Si Nolwenn parvient à transposer ses progrès de vitesse sur 100 mètres, nager clairement moins de 1’11’’ peut être envisagé.   

JEUX EUROPEENS DE BAKOU (2)

PAULINE MAHIEU, PRÉSENT

ARGENTÉ, AVENIR DORÉ ?

Eric LAHMY

Jeudi 25 Juin 2015

L’équipe de France, après l’or de Nicolas D’Oriano, s’est félicitée de l’argent, enlevé sur 50 mètres dos, par Pauline Mahieu, à Bakou, pour la troisième journée de natation des premiers Jeux Européens de l’histoire. Pauline, qui s’est fait connaître cet hiver pour avoir battu quelques résultats de jeunes de Laure Manaudou, est une liane de 15 ans et d’1m84, qui a même fait rêver à l’or ici à Bakou, sur ce 50, ayant réussi le meilleur temps de qualification. 

Une belle consolation pour la demoiselle, entraînée par Anne Riff à Font-Romeu, qui doit regretter, malgré ses exploits de catégories d’âge, de ne pas accompagner sa grande sœur Géraldine, poloïste internationale du LUC, qualifiée, elle, pour les championnats du monde de Kazan.

Mais une Autrichienne, Caroline Pilhatsch, a trouvé les ressources de nager un peu plus vite que la grande Arlésienne, d’abord en demi-finale, ensuite en finale, lui barrant la route d’un bonheur parfait. Pauline devançait cependant la favorite (au moins localement) de l’épreuve, Mariia Kameneva, que certains, à Bakou, présentaient un peu vite comme la gagnante.

L’équipe de France s’étant dorée avec D’Oriano, et argentée avec Mahieu, il ne lui restait plus qu’à se bronzer, exercice recommandé à Bakou. Ce fut chose faite quand Mathias Marsau arracha le bronze ans un temps qui améliorait nettement son record personnel de 2’0 »29.

Mahieu, qui n’avait pas pris part au 200 mètres dos, gagné par Polina Egorova, se retrouve aujourd’hui au départ des séries du 100 mètres dos, avec le 3e temps d’engagement, 1’2’’02, derrière Kameneva, 1’0’’81, et la dite Egorova, 1’1’’75, et juste devant Kolesnykova, 1’2’’09. Et Pilhatsch, dont il convient qu’elle se méfie, créditée de 1’3’’08.

Il était dit que les Français trouveraient des Autrichiens sur leur passage. Sur 200 mètres quatre nages hommes, Théo Berry a terminé 6e de la finale enlevée par un certain Sebastian Stefan, qui a précédé dans l’ordre deux Britanniques et le Hongrois Daniel Sos. Sos, ça ne nous évoque rien ? A moi si : Csaba, père de Daniel, fut champion des Etats-Unis du 400 mètres quatre nages, dans la même équipe que Zoltan Verraszto. Et si depuis, il a triplé de volume, et est devenu médecin, il a, comme Verraszto, mis sa progéniture à l’eau.

Comme quoi, il n’y a pas que chez les Mahieu qu’on nage en famille.

 DAMES.- 1500 mètres : 1. Sveva Schiazzano, Italie, 16’40’’17 ; 2. Janka Juhasz, Hongrie, 16’40’’39 ; 3. Marina Castro Atalaya, Espagne, 16’46’’16 ; 4. Josephine Tesch, Allemagne, 16’54’’06.

50 mètres dos : 1. Caroline Pilhatsch, Autriche, 28’’60 ; 2. Pauline Mahieu, France, 28’’70 (en série, 28’’69) ; 3. Mariia Kameneva, Russie, 28’’77.

200 mètres brasse : 1. Maria Astashkina, Russie, 2’23’’06 ; 2. Giulia Verona, Italie, 2’25’’91 ; 3. Layla Black, GBR, 2’27’’61.

4 fois 100 mètres 4 nages : 1. Russie, 4’3’’22 (Maria Kameneva, Maria Atashkina, Polina Egorova, Arina Openysheva); 2. Pays-Bas,  (Iris Tjonk, Tes Shouten (14 ans), Josien Wijkhuijs, Marritt Steenbergen) ; 3. Grande-Bretagne, 4’9’’10

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Duncan Scott, GBR, 49’’43 ; 2. Alessandro Miressi, Italie, 50’’03 demi-finale, 49’’80) ; 3. Vladislav Kozlov, Russie, 50’’11 ; 4. Alexei Brianskii, Russie, 50’’28. En demi-finale : Alessandro Bori, Italie, 50’’04.

50 mètres brasse : 1. Andrius Sidlauskas, Lituanie, 27’’81 ; 2. Nikola Obrovac, Croatie, 27’’89 ; 3. Tobias Bjerg, Danemark, 28’’04.

200 mètres papillon: 1. Danii Pakhomov, Russie, 1’57’’04 ; 2. Giacomo Carini, Italie, 1’57’’46 ; 3. Matthias Marsau, France, 1’58’’96

200 mètres 4 nages : 1. Sebastian Steffan, Autriche, 2’1’’39 ; 2. Jarvis Parkinson, GBR, 2’1’’94 ; 3. Martin Walton, GBR, 2’2’’24 ; 4. Daniel Sos, Hongrie, 2’2’’76 ; 5. Lorenzo Glessi, Italie, 2’2’’82 ; 6. Théo Berry, France, 2’3’’.

4 fois 200 mètres : 1. Russie, 7’16’’08 (Prokofief, Snegirev, Maksumov, Stepanov) ; 2. Grande-Bretagne, 7’19’’36; 3. Allemagne, 7’20’’77.

DE TOULOUSE A BAKOU (1) D’ORIANO, STRATEGE D’EAU

NICOLAS DORIANO: LA TÊTE,

LE COEUR, ET LES JAMBES

Eric LAHMY

Mercredi 25 Juin 2015

1500 mètres des Jeux Européens de Bakou ! Nicolas D’Oriano, fort peu satisfait de sa place hors du podium du 400 mètres, gagne une course extraordinaire d’intensité. Si le 100 mètres est la course reine de la natation, le 1500 mètres est, en termes d’exigence, la course des rois. S’y risquer n’est pas à la portée de tous. A Bakou, D’Oriano a démontré dans cette épreuve terrible, où seuls les plus vaillants se risquent, un remarquable sens du train, de la course, d’un opportunisme sans faille, d’un sang-froid épatant. D’emblée, il se détache par un détail  de sa nage, et c’est la précision, le sens du rythme, quelque chose d’arrondi, d’achevé. Tout le monde nage « bien » à ce niveau, et on n’a pas grand’ chose à redire sur chacun des finalistes (encore que), mais il y a une économie dans le style de D’Oriano, qui accroche l’oeil, comme s’il manifestait dans son geste une « logique » supérieure, comme s’il était parvenu à fondre dans son mouvement une forme de perfection  »artistique » à la précision technique. Bien entendu, on doit se méfier de ce genre d’impressions, parfois trompeuses, mais cette élégance est quelque chose qui me frappe dès le début de ce 1500 mètres. Il est beau dans l’eau !

Et ce détail me rappelle pourquoi Lucien Lacoste doit toujours compter parmi nos grands entraîneurs…

Autre chose? Aujourd’hui, même dans une course de « jeunes », et sur 1500 mètres, les jambes jouent un rôle élevé. Et D’Oriano comme Maxumov ne sont pas de reste en ce domaine.

Jusqu’aux 500m, l’élève de Lacoste à Toulouse reste, tout près du colosse Maxumov qui a suivi le baroud initial d’un autre gabarit, l’Israélien Hinawi (27’’34 aux 50 mètres). Le grand « Max » passe follement vite, à la Mack Horton, toutes proportions gardées: 57’’71, 1’58’’60, 2’59’’92, 4’1’’38, et les autres s’énervent un peu ; D’Oriano doit se dire qu’un 1500 mètres ne se gagne pas dans la première longueur, mais il surveille tout ça comme le lait sur le feu, il reste très près de la tête, mais en trois ou quatrième position.

Le Toulousain investit le trio de pointe aux 400 mètres, atteints en 4’2’’49 ; il se trouve presqu’une longueur derrière Maxumov, 4’1’’48. D’Oriano nage à la 3, le Russe à la 6, l’Israélien à la 7. Je l’ai dit, D’Oriano se démarque par l’une des plus belles nages que je n’ai jamais vues, extrêmement coulée, corps toujours dans l’axe, sans que la respiration ne vienne nuire à sa position. Je me dis que ce jeune homme est l’Alexandre Popov du 1500 mètres ! Mais il n’y a pas que ça. D’Oriano, a posé, au-dessus de ce profil de mammifère marin, une tête qui pense, ou un instinct sûr, car il mène une course impeccable de lucidité. Séparé de Maxumov par deux lignes d’eau, il calque sa course sur le leader. Le Russe parait sûr de lui, de sa force; l’énergie de ses mouvements, et la linéarité de sa progression semblent exprimer comme un sentiment d’invincibilité… mais, vers les 900, tandis qu’Hinawi perd de sa superbe et lâche prise, D’Oriano, tout au contraire, prend doucement les affaires en mains; il appuie imperceptiblement ; il est passé d’un 1’2’’ de moyenne à 1’1’’5, et après un couple d’aller et retour, nous sommes aux 1150 mètres, quand le voici devant, en 11’44’’28, un dixième devant Maxumov! Là, sans que rien ne vienne troubler la pureté de son mouvement, le Toulousain passe de la course poursuite à la course devant; il continue d’appuyer avec férocité, le voici à 1’1’’ par 100 mètres. Le Russe ne lâche toujours pas prise. Le Toulousain pousse encore les feux, moins de 1’1’’ du 1200 au 1300, moins de 1’0’’5 du 1300 au 1400m, et là, sans vraiment craquer, mais dans l’incapacité (peut-être mentale plus que physique) de répondre à l’accélération, le Russe cède un mètre. Mais voilà le sprint. Maxumov donne tout, il finit à la Sun Yang ou presque, en 56’’95 ! Mais D’Oriano a gagné !

Les temps de passage du Français après les 300 mètres:

400 mètres, 4’2’’49 ; 500 mètres, 5’3’’90 ; 600 mètres, 6’5’’55 ; 700 mètres, 7’7’’16 ; 800 mètres, 8’9’’16 ; 900 mètres, 9’11’’04 ; 1000 mètres, 10’12’’65 ; 1100 mètres, 11’14’’05 ; 1200 mètres, 12’14’’79 ; 1300 mètres, 13’15’’56 ; 1400 mètres, 14’16’’03 ; 1500 mètres, 15’13’’31.

Soit aussi trois 500 mètres en  5’3’’90, 5’8’’75, 5’0’’66. Et un dernier 400 en 3’59 »26.

A la cérémonie des médailles, entouré des colosses russe et israélien qui lui prennent une demi-tête, Nicolas arbore le sourire satisfait du travail accompli… ou du dompteur de géants ?

 Très belle course, aussi, de Marritt Steenbergen sur 100 mètres. La Néerlandaise, issue d’une natation féminine toujours remarquable à travers le siècle passé, est peut-être l’avenir des Pays-Bas. Elle est aussi un peu le présent. Grande, fine, elle est passée le plus vite, en 26’’28, laissant sa suivante à 0’’42, puis, après un joli virage, continue de se détacher. Autour d’elle, celle-ci nage un peu plus long, telle autre l’égale en termes de moteur arrière (des jambes), mais Steenbergen, très grande vireuse et dotée d’une cadence exceptionnelle mais aussi d’une glisse très convaincante, l’emporte d’une demi-longueur. Le temps final, 53’’97, n’a rien d’étonnant, 53’’97, exactement celui de sa demi-finale. Ses adversaires russes, déçues, prennent la chose sportivement. A 15 ans, 11e performer du monde!

MESSIEURS.- 400 mètres : 1. Paul Hentschel, Allemagne, 3’52’’43 ; 2. Dimitrios Dimitriou, Grèce, 3’52’’57 ; 3. Ernest Maksumov, 3’52’’65 ; 4. Marc Vivas Egea, 3’53’’92 ; 5. Nicolas D’Oriano, France, 3’54’’28.

1500 mètres : 1. Nicolas D’Oriano, France, 15’13’’31 ; 2. Ernest Maksumov, Russie, 15’13’’90 ; Marc Hinawi, Israël, 15’25’’63.

50 mètres dos : 1. Luke Greenbank, GBR, 54’’76 ; 2. Filipp Shopin, Russie, 54’’81; 3. Marek Ulrich, Allemagne, 55’’35.

200 mètres brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 2’10’’85 ; 2. Kiriil Mordashev, Russie, 2’12’’94 ; 3. Luke Davies, GBR, 2’13’’45

50 mètres papillon : 1. Andrii Khloptsov, Ukraine, 23’’92 ; 2. Pavel Sendyk, Pologne, 23’’97 ; 3. Daniil Pakhomov,  Russie, 24’’02.

4 fois 100 mètres : 1. Grande-Bretagne, 3’19’’38 ; 2. Italie, 3’20’’19 ; 3. Russie, 3’20’’22.

DAMES.- 100 mètres : 1. Marrit Steenberger, Pays-Bas, 53’’97 ; 2. Arina Openysheva, Russie, 54’’45 ; 3. Maria Kameneva, Russie, 55’’19.

400 mètres : 1. Arina Openisheva, Russie, 4’8’’81 ; 2. Leonie Kullmann, Allemagne, 4’12’’16; 3. Anastasia Kirpichnikova, Russie, 4’13’’13; … 6. Léa Marchal, France, 4’19’’67.

800 mètres : 1. Holly Ibbott, GBR, 8’39’’02 ; 2. Anastasia Kirpichnikova,  Russie, 8’39’’73; 3. Marina Castro Atalaya, Espagne, 8’45’’51; … 9. Léa Marchal, France, 8’54’’28.

200 mètres dos : 1. Polina Egorova, Russie, 2’11’’23 ; 2. Maxine Volters, Allemagne, 2’11’’38 ; 3. Maryna Kolesnikova, Ukraine, 2’11’’91.

50 mètres brasse : 1.Maria Astashkina, Russie, 31’’58 ; 2. Laura Kelsch, Allemagne, 31’’87 ; 3. Nolwenn Hervé, France, 32’’08.

200 mètres papillon : 1. Julia Mrozinski, Allemagne, 2’11’’19 ; 2. Elisa Scarpa Vidal, Italie, 2’12’’27 ; 3. Boglarka Bonecz, Hongrie, 2’12’’42

400 mètres 4 nages : 1. Abbie Wood, GBR, 4’41’’97 ; 2. Ilaria Cusinato, Italie, 4’44’’01; 3. Anja Crevar, Serbie, 4’45’’84.

4 fois 100 mètres : 1. Russie, 3’43’’63 ; 2. Pays-Bas, 3’44’’10 ; 3. Grande-Bretagne, 3’45’’80.

CONNAISSEZ-VOUS JULIE CARON?

LA FILLE DE STEPHAN, CHAMPIONNE…

D’ANGLETERRE… À L’ÉPÉE

Eric LAHMY

Mardi 23 Juin 2015

Stephan Caron doit en être très fier. La fille du champion d’Europe du 100 mètres des années 1980-90, Julia, est depuis quelques jours championne d’Angleterre d’épée (escrime) des 11 ans. Julia, s’entraîne au Chelsea Fencing Club, sis à Chelsea entre le Kensington and Chelsea College et le National Ballet School, par maître Vladimir Meshkov, le « national coach » de Grande-Bretagne, et semble donc avoir mis tous les atouts de son côté. Son père nous a confié qu’elle nage également et donc tous les espoirs demeurent qu’on reparle d’elle dans GalaxieNatation ! Et donc, on ne sait jamais. Il faudra se tenir au courant. Rien ne dit qu’elle ne nagera pas, mais ne nous réjouissons pas cela pourrait être pour l’Ecosse, Stefan ayant cette nationalité par sa mère. Avec des parents d’un gabarit certain, Stephan, 2m, son épouse, Albane, ancienne nageuse, 1,85m, elle-même est très grande pour son âge. De plus, un quart écossaise, trois quarts française, championne d’Angleterre, Julia est une vraie européenne !

YANN DE FABRIQUE

UN NAGEUR, DEUX NATIONS

DE FABRIQUE [Yann J] Natation. (Plantation, Floride, 7 août 1973-). états-Unis, France. Américain issu d’une famille martiniquaise, Jean-Pierre et Janique, expatriée à la suite de l’assassinat du grand’père de Yann, il est mis à la natation à sept ans par sa mère afin de calmer son hyperactivité, la piscine de Boyton Beach, où il nage, étant à cinq cent mètres de la maison. Sept ans plus tard, entraîné par Allan Andersen à l’école secondaire de Lake Lytal, il réécrit plusieurs records de groupes d’âge de la « Gold Coast » floridienne. Peu de temps après, il va s’apercevoir que sa double nationalité (franco-américaine) peut lui être utile. Nageant pour Plantation et l’Université de Caroline du Nord (1991-1995) et, en France, pour Brunoy et Boulogne-Billancourt, il entre en équipe de France après avoir été sélectionné en juniors dans l’équipe US. Champion du monde universitaire du 200 mètres en 1995. Champion de France 1998 sur 200 mètres, 400 mètres et 200 mètres papillon, 1999 du 200 mètres, il manque, aux championnats d’Europe, la qualification olympique pour Sydney en 2000. Il devint coach de natation assistant de Jack Bauerlé, à l’Université de Georgie, où il rencontrza et épousa Julie Varozza, puis devint directeur d’hötel à Santa Clara, où il prit place au bureau des directeurs du Santa Clara swimming club.