Mois : septembre 2015

WATER-POLO: FRANCAIS A L’EURO

CES MESSIEURS DAMES POUR BELGRADE

Lundi 28 septembre 2015

A l’issue du tournoi de qualification qui s’est tenu du 25 au 27 septembre à Châlons-en-Champagne, l’équipe de France masculine, en remportant ses trois matches contre la Biélorussie (17-4), la Slovaquie (10-9) et l’Ukraine (17-7), s’est qualifiée pour l’Euro 2016 à Belgrade du 10 au 23 janvier 2016.

 L’équipe de France féminine a elle aussi décroché son billet lors du tournoi de qualification qui s’est tenu ce week-end à Krefeld (Allemagne). Deux victoires 16-8 contre la Turquie et 16-4 contre Israël, et une défaite 11-9 contre l’Allemagne pour les Françaises qui terminent deuxièmes de leur tournoi.

SIX VIEUX HOMMES ET LA MER

CINQ SIECLES TRAVERSENT

LE DETROIT DE CATALINA

Dimanche 27 septembre 2015

 Six octogénaires viennent de nager en relais, et traversé la distance de 21 miles qui sépare l’île de Catalina de la Péninsule des Palos Verdes. Il s’agit d’un record en son genre. Ils avaient été amenés à l’aventure après avoir entendu dire qu’un groupe de septuagénaires avait fait le coup.

Don Baker, 84 ans, Bill Spore, 80 ans, Dave Radcliff, 81 ans, et trois autres durs à cuire se sont relayés et ont accompli leur périple en douze heures et quart. Puis ils se sont octroyés un mile de plus à nager pour bien montrer aux jeunots septuagénaires qu’ils en avaient encore sous le capot ! « Ce qui m’a motivé, c’est qu’on m’ait dit que je ne pouvais pas le faire, que le record, personne d’autre ne pourrait le battre », a déclaré Baker. « Je me suis dit : je connais quelques gars qui peuvent le faire. » Il s’est mis à appeler des copains qui ont appelé d’autres copains, et le groupe s’est entraîné pendant dix mois. Il y a quarante-neuf ans, Radcliff avait nagé le 1500 mètres des Jeux olympiques de Melbourne, en 1956…

Un médecin qui les accompagnait a raconté : « quand ils sont montés sur le bateau, c’étaient de vieux mecs de 85 ans, ils vacillaient. Mais une fois dans l’eau, tout a changé. Ils étaient des nageurs en forme, et ils traçaient sans problèmes… » Des problèmes, ils pouvaient en avoir dans la vie. Deux d’entre eux ont des cancers, et Baker ajoute à un cancer métastatique des ennuis avec ses jambes et neuf prothèses cardiaques ! « Je ne vois pas en quoi cela m’empêcherait d’avoir des projets », a-t-il expliqué. Nos héros ne portaient pas de tenues spéciales, simples maillots de bain, lunettes. Ils ont profité d’un climat clément, d’une eau moins froide que d’habitude et de clapots minimaux. « Les Dieux de la mer ont été sympa, ils se sont dit, laissons passer ces petits vieux ».E.L.

JANET EVANS A LA CANDIDATURE DE LOS ANGELES 2024

JANET VA SE MOUILLER EN RESTANT A SEC

Eric LAHMY

Dimanche 27 septembre 2015

Janet Evans a été nommée vice-présidente et directrice des relations avec les athlètes, du Comité de candidature de Los Angeles à l’organisation des Jeux olympiques 2024. Evans est l’une des plus grande nageuses de l’histoire de la natation, spécialiste de demi-fond, quintuple médaillée olympique individuelle, quatre or et un argent, dont les records mondiaux du 400 mètres au 1500 mètres ont connu une longévité remarquable. Californienne, elle reste une célébrité locale. Elle fut choisie, en 1996, pour passer le flambeau de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Atlanta au boxeur Mohammed Ali.

Janet Evans était restée dans l’actualité de son sport. Elle fut pendant des années une conférencière de motivation appréciée, une porte-parole d’entreprises où son dynamisme, sa bonne humeur, son sourire, mis aussi son intelligence, étaient très appréciés,  Elle avait écrit un bon livre sur la technique, “Total Swimming.” Elle avait tenté un come-back sans doute inspiré des exploits de Dara Torres, mais n’avait pu comme espéré se qualifier aux Jeux olympiques. Alors que Torres avait pensé son retour avec une intelligence stratégique et des moyens hors du commun, Janet avait continué à vivre sa vie d’épouse et de mère de famille… Il est des choses qui ne sont plus possibles de nos jours avec la professionnalisation, et elle se trouvait dans la peau d’une amateur douée et quadragénaire face à des professionnelles de vingt ans! C’est pourquoi, aux « trials » olympiques, ses deux apparitions, en séries du 400 et du 800 mètres, où elle fut classée 80e et 53e, furent accueillies par des « standing ovations. » A défaut de retrouver les Jeux olympiques, elle améliora des records du monde de masters.

« GRAND HUIT » DE KATINKA HOSSZU A HONG-KONG

IRON LADY NE ROUILLE PAS,

MAIS LES AUTRES DEROUILLENT !

Eric LAHMY

Samedi 26 Septembre 2015

Le passage de la Coupe du monde au grand bain tenté par la FINA pour attirer plus de nageurs n’a pas eu le succès escompté. A une époque de l’année où certains reprennent doucement, d’autres entrent peu à peu dans le « hard labour » en vue des Jeux olympiques de Rio, obsession des meilleurs, nager des compétitions en grand bassin ne doit guère leur plaire plus que ça. Et la fixation sur les chiffres, quand on bosse dur et ne nage pas vite, amène à préférer se laisser tromper par un « temps » dopé par des virages supplémentaires en bassin de 25 mètres…

Cette Coupe du monde, on pourrait toujours la rebaptiser la Coupe Katinka Hosszu, attribuer d’emblée à cette dernière tous les prix, et lui envoyer les Coupes à Budapest, ça serait gentil, ça lui éviterait de se déplacer. La Hongroise a monopolisé, huit victoires et produit une ou deux performances intéressantes au cours de l’étape de Hong-Kong. Elle a soigneusement écaillé Melissa Franklin, recto et verso, sur le dos comme sur le ventre. L’Américaine, devenue pro, fait le métier comme elle peut, mais n’a pas acquis le rythme magyar. Elle n’a aucune raison. Pendant qu’Hosszu empile les gains, course après course, dans son héroïque décathlon, à raison de quelques milliers de dollars par épreuve, Franklin a signé les gros contrats d’image qui vont faire d’elle une millionnaire en dollars dans les mois qui viennent…

Cela dit, depuis mars dernier et le chaudron des championnats féminins NCAA, FRANKLIN n’a pas produit une course au niveau de la nageuse qu’elle était en 2012 et en 2013. Peut-être ses ennuis de dos de 2014 l’ont-ils fragilisée. Peut-être le passage à l’âge adulte a-t-il nui à sa flottaison, à son rapport poids-puissance. Mais peut-être n’est-ce qu’un passage un peu délicat à négocier pour une jeune femme qui n’a jamais nagé que d’enthousiasme pour l’or des podiums et pas pour l’argent des comptes bancaires ? Allez savoir.

Hosszu, donc, a pour sa part remporté huit courses, et notamment quatre des cinq 200 mètres : libre, dos, papillon, quatre nages. Il n’y a qu’en brasse qu’elle ne s’est pas essayée. Ajoutez le 400, le 800, le 100 mètres papillon et le 400 mètres quatre nages, et une deuxième place sur 100 mètres et vous avez ce qu’on peut appeler un week-end bien rempli.

La France a eu quelque mal à intéresser les gros bras pour honorer son contrat vis-à-vis de la FINA. La fibre voyageuse ne s’inscrit pas dans le pays de Descartes, et la Coupe du monde reste (FINA-lement) une petite compétition aussi éloigne de l’excellence que dans le passé, un assemblage de gentils meetings de reprise…

Dans l’absolu, la meilleure performance messieurs est à mettre au crédit de Cameron Van der BURGH, sans doute le seul « nom » qui se soit présenté à Hong-Kong. Le champion olympique sud-africain a dynamité le 50 mètres brasse en 27’23 et maîtrisé le 100 mètres brasse…

. Les seules courses qui ont ressemblé à un peu plus qu’à des rencontres de meeting moyen de gamme ont été le 50 mètres dames où les CAMPBELL sisters se sont livrés à leur duo, Cate l’emportant sur sa cadette de championne du monde ; le 100 mètres où Bronte, absente, laissait l’aînée nager un 53.60 solide pour la saison; et les épreuves de dos, où SEEBOHM gagnait 50 et 100 mètres, mais devait mettre genou à terre sur 200 où HOSSZU se montrait intraitable, devant la championne du monde australienne et la championne du monde américaine (FRANKLIN, bien sûr).

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Katsumi NAKAMURA, Japon, 22.15. En séries, 20. Nans ROCH, France, 24.67. 100 mètres: 1. Katsumi NAKAMURA, Japon, 49.48 ; 2. Kenneth TO, Australie, 49.52. En séries, 19. Guillaume LAURE, France, 53.62. 200 mètres : 1. Dan SMITH, Australie, 1’48.81. 400 mètres : 1. Dan SMITH, Australie, 3’52.68. 1500 mètres : 1. Masato SAKAI, Japon, 15’28.04. 50 mètres dos : 1. Ashley DELANEY, Australie, 25.55 ; …6. Oleg GARASYMOVICH, France, 26.64 ; en séries, 13. Guillaume LAURE, 28.05. 100 mètres dos : 1. Yuki SHIRAI, Japon, 54.39 ; 2. Ashley DELANEY, Australie, 54.78 ;… 7. Oleg GARASYMOVICH, France, 57.28 (en séries, 57.18) ;… 14. Guillaume LAURE, France, 1’2.00. 200 mètres dos : 1. Yuki SHIRAI, Japon, 1’58.68… 5. Oleg GAERASYMOVICH, France, 2’3.96. 50 mètres brasse : 1. Cameron van der BURG, Afrique du Sud, 27.23 ; 2. Matthew TRELOAR, Australie, 27.83 ; 3. Tommy SUCIPTO, Australie, 28.01. En séries, 17. Guillaume LAURE, France, 30.68. 100 mètres brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, Afrique du Sud, 1’0.23 ; 2. Akihiro YAMAGUCHI, Japon, 1’1.62. En séries, 13. Guillaume LAURE, France, 1’6.90. 200 mètres brasse : 1. Akihiro YAMAGUCHI, Japon, 2’13.13 ; 2. Ippei WATANABE, Japon, 2’13.14. 50 mètres papillon : 1. Geoffrey HEAH, Hong-Kong, 24.23. En séries, 9. Nans ROCH, France, 25.17 ; 19. Guillaume LAURE, France, 26.41. 100 mètres papillon : 1. Nick BROWN, Australie, et Viacheslav PRUDNIKOV, Russie, 53.64. 200 mètres papillon : 1. Masako SAKAI, Japon, 1’56.25. 200 mètres 4 nages : 1. Tomas ELLIOT, Australie, 2’1.82. 400 mètres 4 nages : 1. David VERRASZTO, Hongrie, 4’18.06.

DAMES.- 50 mètres : 1. Cate CAMPBELL, Australie, 24.59 ; 2. Bronte CAMPBELL, Australie, 24.84 ; 3. Jeannette OTTESEN, Danemark, 25.05. En séries : 26. Laurine DEL’HOMME, France, 28.03. 100 mètres : 1. Cate CAMPBELL, Australie, 53.60 ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 54.42. 200 mètres : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 1’55.81 ; 2. Melissa FRANKLIN, USA, 1’58.38. 400 mètres : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’13.93. 800 mètres : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 8’42.88. 50 mètres dos: 1. Emily SEEBOHM, Australie, 27.90; 2. Holly BARRATT, Australie, 28.22 ; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 28.49. En séries, 14. Laurine DEL’HOMME, France, 31.08. 100 mètres dos : 1. Emily SEEBOHM, Australie, 58.81 ; 2. Missy FRANKLIN, USA, 1’1.18. En séries, Laurine DEL’HOMME, France, 1’6.78. 200 mètres dos: 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’8.61; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’9.77. 50 mètres brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 30.90 (en séries, 30.76). 100 mètres brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’7.91. 200 mètres brasse : 1. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’28.36. 50 mètres papillon : 1. Jeannette OTTESEN, Danemark, 25.82. En séries, 11. Laurine DEL’HOMME, 28.70. 100 mètres papillon: 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 59.31. 200 mètres 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’11.78; 2. Rika OMOTO, Japon, 2’12.77. 400 mètres 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’42.27.

 

CANADA: UNE CHAMPIONNE A LA BARRE

CHERYL GIBSON PRESIDE SWIMMING CANADA

Vendredi 25 septembre 2015

L’ancienne championne Cheryl GIBSON a été élue présidente du Bureau des Directeurs de Natation Canada (la fédération de natation). Gibson, expert comptable agréé et avocate de profession, partenaire dans la firme Dentons Canada LLP, est une experte reconnue de son pays dans son domaine. Elle est gouverneur de la Canadian Tax Foundation, et membre du Conseil d’Administration et de Finance de l’Agence Mondiale Anti-Dopage.

Cheryl Gibson a été une brillante représentante internationale de son pays en natation, sélectionnée à plusieurs reprises entre 1974 et 1982. Médaillée d’argent du 400 mètres quatre nages, à l’issue d’une course où elle améliore son record personnel de dix secondes, aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976 (de l’argent qui vaut de l’or, la gagnante allemande de l’Est ayant été dopée jusqu’à l’os aux anabolisants par ses dirigeants), championne du Commonwealth en 1978 et en 1982, pluri-médaillée aux mondiaux de Berlin en 1978 et aux Jeux panaméricains en 1979, 34 fois championne du Canada, elle a poursuivi par un engagement de dirigeante (en patinage artistique et en natation). Elle vit à Edmonton.

FEDERICA DIRA CIAO APRES RIO DE JANEIRO

PELLEGRINI PARLE DE RETRAITE

Vendredi 25 septembre 2015

A Saint-Vincent, dans les Caraïbes, où elle nageait en stage, Federica Pellegrini a évoqué sa prochaine retraite de la natation. “Après Rio de Janeiro, il sera temps de partir, ce serait le meilleur moment. Les jeux c’est la compétition majeure qui scande la carrière d’un athlète. J’aurais 28 ans, je prendrai la décision.” Inspirée peut-être par le départ à la retraite de Flavia Pennetta, que celle-ci avait annoncé immédiatement après sa victoire à l’US Open, Pellegrini rêve-t-elle d’abandon au sommum de sa gloire? “Je la comprends, j’aurais fait comme elle,” a-t-elle en tous cas déclaré, quand on l’a interrogée sur Pennetta.”La haute compétition exige des athlètes qu’elles mettent entre parenthèse beaucoup de choses, et demandent de longues années de privations.”

MELISSA FRANKLIN CHOUCHOUTE DES AMERICAINS

MISSY DOMINICI, UNE AFFAIRE QUI TOURNE

Vendredi 25 septembre 2015

MISSY FRANKLIN est la 4e athlète la plus « bankable » des trois prochaines années aux USA. Celle autour de laquelle il y a beaucoup d’argent… C’est pas moi qui le dit, mais un classement de la chaîne de télévision NCB établi sur des rapports compliqués qui se lisent en $ avec des tas de zéros. Elle n’est devancée dans le domaine que par la pin-up du tennis canadienne Eugénie Bouchard, sur les traces d’Anna Kournikova, le crack footeux brésilien Neymar et le premier golfeur au monde, Jordan Spieth.

Autant dire que Missy, pour avoir retardé son accession au professionnalisme, afin de vivre l’aventure du sport universitaire, n’a pas perdu de son aura, bien au contraire. Ayant lustré avec talent (et semble-t-il beaucoup de naturel) son image de belle-fille idéale (on ne parle jamais assez des belles-filles idéales), n’a vu pendant ce temps que sa valeur fiduciaire monter. Même des championnats du monde en demi-teinte n’ont pas altéré son statut.

Missy a été conviée à un séminaire entièrement féminin, comme l’une des 14 « leaders femelles » (c’est comme ça qu’elles disent) où elle a été invitée à exposer son expérience, aux côtés de deux gagnantes du Prix Pulitzer (une sorte de Goncourt américain), d’enseignantes, de cheffes d’entreprise et de femmes politiques, entre autres, réunies dans l’Idaho à Ketchum (à vos souhaits), la petite ville des dernières années d’Ernest Hemingway…

Elle a parlé dans son discours de la dimension de ses pieds, de l’importance de ses parents dans sa carrière, et d’autres sujets chers à sa nage, puis expliqué qu’elle était très soucieuse, comme toute jeune professionnelle, de refuser tout accord d’entreprise qui « sexualiserait » son image (applaudissements garantis dans la salle).

Missy a également rejoint la USA Swimming Fundation, qui s’efforce de développer l’apprentissage du sport parmi les populations défavorisées.

MIREIA BELMONTE A REPRIS L’ENTRAINEMENT

DES TENDINITES ENCORE DOULOUREUSES

Vendredi 25 septembre 2015

Mireia Belmonte, dont la saison passée a été empoisonnée par des tendinites douloureuses (bursites) aux deux épaules, un classique des traumatologies du crawl et du papillon, a effectué sa reprise d’entraînement le 1er septembre, après un mois d’inactivité forcée. Une reprise pas facile, en raison de douleurs variables, mais persistantes. Mireia est contrainte d’y aller progressivement, et de freiner quand le mal d’épaule augmente. « Je m’efforce de reprendre un peu de base, de fond, de la force en haut du corps. » Dans les premiers jours du mois, la populaire nageuse espagnole a donné le départ à la semaine européenne du sport à Madrid.

MINIMA: PETITS FRANCAIS ET GEANT AUSTRALIEN

MINIMA : FRANCE VOLONTARISTE,

AUSTRALIE REALISTE

Eric LAHMY

Les Australiens n’ont pas publié leurs minima pour les Jeux olympiques de Rio, mais c’est comme si. Ayant décidé de revoir leur copie après Kazan, ils ont décrété que leurs minima individuels pour Rio seraient les temps des huitièmes de Kazan. Il suffit donc de noter les temps correspondant au dernier finaliste en séries et demi-finales. Il apparait que les Australiens disposent, presque partout, de minima moins rigoureux que les Français.

Minima australiens et français :

MESSIEURS

50 mètres.    France, 21.82. Australie, 21.93

100 mètres. France, 48.13. Australie, 48.49

200 mètres. France, 1’46.06. Australie, 1’46.45

400 mètres. France, 3’46.66. Australie, 3’47.19

1500 mètres.France, 14’57.19. Australie, 14’57.82

100 m dos.  France, 53.29. Australie, 53.39

200 m dos.  France, 1’56.13. Australie, 1’57.12

100 m bras. France, 59.84. Australie, 59.75

200 m bras. France, 2’9.65. Australie, 2’9.64

100 m pap.  France, 51.61. Australie, 51.51

200 m pap.  France, 1’55.27. Australie, 1’55.75

200 m 4 n.   France, 1’58.09. Australie, 1’58.54

400 m 4 n.   France, 4’13.29. Australie, 4’15.47

DAMES

50 mètres.  France, 24.57. Australie, 24.52

100 mètres. France, 53.72. Australie, 53.92

200 mètres. France, 1’56.78. Australie, 1’56.95

400 mètres. France, 4’5.64. Australie, 4’7.58

1500 mètres. France, 8’24.47. Australie, 8’26.96

100 m dos. France, 59.48. Australie, 59.63

200 m dos. France, 2’8.44. Australie, 2’9.16

100 m bras. France, 1’6.93. Australie, 1’7.11

200 m bras. France, 2’23.78. Australie, 2’23.06

100 m pap. France, 57.67. Australie, 58.05

200 m pap. France, 2’6.62. Australie, 2’7.69

200 m 4 n.  France, 2’10.60. Australie, 2’11.39

400 m 4 n.  France, 4’35.40. Australie, 4’38.20

Qu’en dire ? Que les Français ont mis en place des minima plus volontaristes que les Australiens, et, donc, qu’ils seront plus difficiles à tenir et à justifier vis-à-vis de l’opinion. Mais aussi que de tels minima ont « fait leurs preuves » dans le passé, en contraignant entraîneurs et nageurs à devenir plus ambitieux. Il nous parait plus que plausible que les propos, à la fois lucides et courageux – quoiqu’impopulaires, mais on ne peut pas tout avoir – de Fabrice Pellerin aient porté, et coupé le chemin d’un certain laisser aller…

La question que je me pose est de savoir pourquoi une équipe plus conséquente fonctionne moins bien, de façon presque systématique. La volonté se dilue-t-elle, au-delà d’un certain nombre ? L’esprit « commando » s’évapore-t-il alors ? Les accompagnateurs disposent-ils de moins de temps et d’énergie pour soutenir les concurrents ? L’équipe de France avait effectué des parcours sans faute, ces dernières années, mais pas à Kazan. Que s’est-il réellement passé ? Peut-on proposer une explication globale ? Ou n’est-ce que des tas d’anecdotes individuelles qui s’additionnent et finissent pas faire nombre ? Béryl Gastaldello, par exemple, croit-on savoir, après ses brillants championnats de France de Limoges, était retournée aux USA. Mais les championnats universitaires achevés, elle a passé trois semaines sans entraînement et elle y a vraisemblablement laissé le tranchant de sa forme. Mais d’une autre côté, Kazan a vu la résurrection de Camille Lacourt. Alors ?

Alors, de toute façon, le choix d’un groupe resserré est un moindre mal. Bien entendu, comme le disait, encore Pellerin, et le pensent beaucoup de techniciens, c’est un choix : on peut faire de la présence aux Jeux une récompense pour des garçons et des filles sympathiques et courageux (ce n’est pas ça qui manque), mais qu’on ne vienne pas pleurnicher ensuite sur « pas de médailles ».

Il y a aussi que cette dernière position (l’important est de participer) est pour ainsi devenue intenable, en raison de tout un engagement politico-financier. Le sport représentatif coûte cher, draîne de l’argent public, et l’exigence de résultats est pour ainsi dire dans la logique des choses…

Quoi d’autre ?

Les minima australiens sont plus adaptés à la puissance de la natation des Antipodes. A Limoges, auraient réussi les temps éliminatoires olympiques Florent Manaudou et Yannick Agnel, un point, c’est tout. Aux championnats d’Australie 2015, avaient réalisé les minima olympiques Cameron McEvoy (100-200), James Magnussen (100), David McKeon (200-400), Mack Horton (400-1500), Grant Hackett (400), Mitch Larkin (100 dos, 200 dos), Joshua Beaver (200 dos), Thomas Fraser-Holmes (400 4n). Soir 8 garçons, 12 minima.

Chez les filles, aucune Française n’aurait atteint les minimas. Côté australien, Bronte Campbell (50-100), Cate Campbell (50-100), Brittany Wright (100), Brittany Elmslie (100-200), Emma McKeon (100-200-100 papillon), Kylie Palmer (200), Jessica Ashwood (400-800), Leah Neale (400), Tamsin Cook (400), Emily Seebohm (100 dos-200 dos-2004nages), Madison Wilson (100 dos-200 dos), Hailey Baker (200 dos), Taylor McKeown (100 brasse), Madeline Groves (100 papillon-200 papillon), Alicia Coutts (100 papillon), Brittany Elmslie (100 papillon), Brianna Throssel (200 papillon), Kerin McMaster (400 4n). Soit 18 filles, 28 minima…

 DEMI-FOND MAL PAYÉ…

Avec les minima, ce sont les nageurs de demi-fond qui souffrent.

Quand un relais à 3’15.52 est qualifié pour les Jeux, qu’est-ce que cela signifie. Qu’un nageur de 100 mètres à 49.5 est qualifiable pour les Jeux. Alors que le minimum de qualification de l’épreuve individuelle est 48’13.

3’15.5 plus les temps de prises de relais, c’est une moyenne de 3’17.6, soit une moyenne de 49.4 par nageur. Bien sûr, il s’agit d’une moyenne. Donc il y aura des nageurs en-dessous et des nageurs au-dessus de la moyenne, voire un nageur à 50.

En revanche, quand on demande à un nageur de 1500 de nager 14’57.19, et qu’il nage 14’58.5, il n’a pas de seconde chance par le biais d’un relais. 50 secondes sur 100 mètres, cela équivaut à 15’15.00 ou 15’20.00 sur 1500 mètres. C’est comme cela qu’à Kazan, deux nageurs classés dans les 39e et 69e mondiaux, ayant réalisé 49.11 et 48.79 lancés, ont été champions du monde par le biais sur 4 fois 100 mètres (félicitations) – où 15 nageurs ont été médaillés, tandis que des nageurs équivalents, en valeur, de ces garçons, sur 1500 mètres, n’auront jamais la chance de faire les Jeux ou les mondiaux.

Tout cela ne parait pas du tout équitable…

POUR RIO UNE EQUIPE DE FRANCE A MINIMA

LES MINIMA FRANÇAIS POUR RIO,

DURS MAIS PAS TANT QUE ÇA.

Eric LAHMY

Lundi 20 septembre 2015

Après avoir ouvert assez largement la porte des sélections à Kazan, aux championnats du monde 2015, la Fédération Française de Natation a choisi de resserrer ses critères, en vue des Jeux olympiques de Rio… même si les règlements restent assez ambigus et ne permettent guère de se faire une idée sûre de ce que pourrait être l’équipe de France aux Jeux, en raison des passerelles que représentent les relais et de la possibilité, toujours envisageable, de… ne pas respecter les durs minima FFN.

Car ces minima sont durs. De cinq à huit nageurs seulement les ont réalisés, épreuve par épreuve, dans les finales de Kazan ! Trop durs?

Mais le choix de fermer ou d’ouvrir en s’appuyant sur les minima FINA (beaucoup plus libéraux, 15 secondes de différence, par exemple, sur 1500 mètres messieurs) sera opéré après les courses de sélections, le DTN ayant une certaine possibilité de jouer à l’intérieur des règlements.

Je suis personnellement très favorable à cette liberté, qui affirme l’autorité du DTN. J’ai toujours trouvé dommage, dans le passé, de voir des décisions bloquées par des règles trop verrouillées, qui entravent toute marge de manœuvre. Le seul risque, c’est de voir le DTN céder à d’inévitables pressions qui iront toujours dans le même sens du laxisme. Mais ça vaudra toujours  mieux qu’un cadre trop rigide. Seulement, être le patron, rend indispensable de se conduire en patron !

 DAMES : ZERO QUALIFIEE INDIVIDUELLE, SAUVETAGE POSSIBLE PAR LES RELAIS

Avec de tels minimas, aucune nageuse des championnats de France de Limoges, les 31 mars-5 avril 2015, n’aurait été qualifiée individuellement pour les mondiaux de Kazan. Au plan des relais, en revanche, à l’addition des temps des filles à Limoges en mars-avril 2015, Bonnet, 53.94, Gastaldello, 53.98, Hache, 55.27 et Fabre, 55.50, auraient totalisé 3’38.69, temps auquel il convient de soustraire les 2.1 (trois fois 0.7) de prise de relais, donne 3’36.59, ce qui, à mon avis, rend le relais sélectionnable.

Dès lors, le relais aurait qualifié dans les courses individuelles Bonnet et Gastaldello en fonction d’un règlement de la FINA (à la justification incertaine) suivant lequel seulement deux nageurs par relais sont autorisés en-dehors des nageurs en épreuves individuelles. Il pourrait en qualifier plus, si le sélectionneur veut emmener une ou deux remplaçantes dans le relais.

Sur 4 fois 200 mètres, toujours à Limoges, Bonnet, 1’56.86, Balmy, 1’57.49, Hache, 1’58.98 et Fabre, 1’59.42, totalisaient 7’52.75 moins les fatidiques prises de relais, soit 7’50.65. Donc, toujours selon moi, elles auraient satisfait au critère de sélection FFN pour les Jeux. Et Bonnet et Balmy auraient été sélectionnables pour la course individuelle, afin d’assurer la validité du relais au regard des règles FINA…

Le relais quatre nages dames n’aurait pas souscrit au temps FFN de 3’58.81 : dans sa meilleure configuration théorique, avec Wattel, 58.35 en papillon, Mathilde Cini, 1’1.04 en dos, Amélie Gastaldello, 53.98 en crawl, Charlotte Bonnet, 1’8.34 en brasse, 4’1.71 moins 2.1 soit 3’59.61, il reste en-dessous du temps FFN de qualification pour les Jeux. Bien entendu, rien n’interdit aux Françaises de faire mieux en 2016…

MESSIEURS : FLORENT, YANNICK, ET LES AUTRES

Sur les temps de Limoges, seuls Florent Manaudou et Yannick Agnel auraient été qualifiés individuellement pour Rio. Là encore, les relais seraient entrés dans la danse.

Sur 4 fois 100 mètres, Stravius, 48.50, Mignon, 48.58, Gilot, 48.53 et Agnel, 48.68, font un relais d’autant moins discutable qu’il a été champion du monde, ce qui réintroduit l’obligation de faire nager deux garçons dans la course individuelle, voire un 3e sur 50 mètres pour ne pas contrevenir au bizarre règlement FINA des relais.

Sur 4 fois 200 mètres, Agnel, 1’45.97, Mallet, 1’47.96, Mignon, 1’48.29 et Pothain, 1’48.50, totalisent 7’10.72 moins 2.1 soit 7’8.6… Là aussi, ce quatuor aurait été qualifié et là encore on aurait distribué des jetons de présence dans les courses individuelles..

Sur 4 fois 100 mètres 4 nages, Stravius, 53.46 en dos, Perez, 1’0.31 en brasse, Metella, 51.74 en papillon et Gilot, 48.53 en crawl, 3’34.04 moins 2.1, soit 3’31.9 eussent été qualifiables d’extrême justesse. Là encore, le relais aurait permis de réintroduire des nageurs en individuel.

J’ai conscience que tout ce qui précède est très théorique. Mais de toute façon, la sélection est une chose et la compétition en est une autre!