Mois : mars 2016

MONTPELLIER (9) ANNA SANTAMANS BRÛLE LA POLITESSE A KELSI WORRELL

Eric LAMY

Jeudi 31 Mars 2016

Enfin une Anna Santamans de début de saison. J’ai l’impression que ça ne lui est jamais arrivée, à notre sprinteuse niçoise. Certes, (et puis zut), à deux centièmes du temps qui lui garantissait Rio, mais record personnel et seulement un centième moins bien que Malia Metella avec sa combinaison en polyuréthane. Anna met derrière elle Kelsi Worrell, qui est quand même une toute bonne référence… Et Hénique devance Gastaldello.

L’idée générale, c’est que les minima sont le truc idéal pour gâcher les championnats de France. Bon, il n’y a pas que ça, pour les gâcher, c’est pas à vous et aujourd’hui que je vais l’apprendre. Mais bon, qu’est-ce qu’ils vous sapent la joie. Tenez, la Santamans, puisque je la tiens, elle fait un truc épatant, ça n’est pas d’hier qu’elle construit sa carrière, étape après étape; et là, nouveaux progrès, une bonne perf, et on regarde les minima et on dit: « ah, zut, elle n’y est pas. » On comprend les Américains qui séparent leurs championnats des « trials », il y a un mélange de genres, un truc schizophrène, ça te fait des yeux qui divergent, un sur la gagne, l’autre sur la perf, et en plus maintenant, avec leurs tableaux électroniques qui chronométraient à la bataille de Waterloo, il faudrait avoir un troisième œil, j’appelle tout de suite le Dalaï Lama!

DAMES.- 50 mètres : 1. Anna Santamans, Nice, 24s59 ; 2. Kelsi Worrell, USA, 25s06 (en séries, 24s98) ; 3. Mélanie Hénique, Amiens, 25s13 ; 4. Béryl Gastaldello, Marseille, 25s33 (en séries, 25s26) ; 5. Mathilde Cini, Valence, 25s40 ; 6. Léna Bousquin, Bordeaux Bastide, 25s41 ; 7. Anouchka Martin, Marseille, 25s51 ; 8. Lauriane Haag, Toulouse, 25s57. Finale B : 1. Cloé Hache, Nice, 25s76 ; 2. Justine Bruno, Beauvaisis, 25s86 ; 3. Assia Touati, Toulouse, 25s97 ; 4. Ludivine Blanc, Montpellier, 25s99.

Record du monde : 23s73 : Britta Steffen, Allemagne

Record d’Europe : 23s73 : Britta Steffen, Allemagne

Record de France : 24s58, Malia Metella, DTOEC

Minima Rio : français : 24s57 ; FINA : 25s28.

Minima Londres : 25s24

 C’était écrit. Benjamin Stasiulis devait gagner ce 200 dos. A un moment, Camille Lacourt, qui s’était aligné, paraissait devoir lui porter la contestation, puis a changé d’avis et s’est fait disqualifier. Parfois on ne comprend pas bien les comportements de ces jeune gens, comment peut-on s’appeler un professionnel et se montrer si peu professionnel ; pourtant Lacourt est intelligent, ce n’est pas un adolescent boutonneux, et en plus c’est vraiment pas le pire, mais parfois, quelle désinvolture !

Stasiulis a gagné mais sans éclat. Or c’était nécessaire…

MESSIEURS

200 mètres dos : 1. Benjamin Stasiulis, Marseille, 1:58s48 ; 2. Matthieu Geoffroy, Courbevoie, 2:0s03 ; 3. Maxence Orange, Nantes, 2:1s09 ; 4. Christophe Brun, Toulouse, 2:1s36 ; 5. Oleg Garasymovych, Avignon, 2:2s49

Record du monde : 1 :51s82, Aaron Peirsol, USA

Record d’Europe : 1 :54s24, Radoslaw Kawecki, Pologne

Record de France : 1 :56s39, Benjamin Stasiulis, Amiens

Minima Rio : français : 1:56s13 ; FINA ; 1:58s22

Minima Londres : 1:59s98

Jordan Coelho, c’est Jordan qui rit ou Jordan qui pleure ? Il n’a pas réalisé le minimum « français », mais celui de la FINA pour les Jeux. Cette saison, il avait nagé 1:57s38 (le 2 novembre à Doha. Et ses 1:56s49 sont deux centièmes moins vite que ce qu’il avait fait à Gwangju, en Corée, en juillet dernier, quand il avait fini 5e de la finale. Son évolution ressemble à une progression trop lente pour ne pas ressembler parfois à de la stagnation (1 :56s95 en 2014, 1 :56s71 en 2013, 1 :57s59 en 2012, 1 :57s45 en 2011, 1 :57s57 en 2010). Ça fait donc six saisons qu’il se trouve en tête du 200 mètres papillon français sans réellement faire son trou à l’international. Je dirais qu’il se situe dans un entre-deux du très haut niveau, 11e du bilan de la saison. Avec son temps, il aurait été 13e aux mondiaux de Kazan l’an passé. Il ira aux championnats d’Europe, et Franck Esposito, son entraîneur ne désespère pas de l’amener à battre le record de France qu’il détient.

MESSIEURS.-  200 mètres papillon : 1. Jordan Coelho, Vanves, 1:56s49 ; 2. Paul Lemaire, Toulouse, 1:58s17 ; 3. Matthias Marsau, Toulouse, 1:58s45 ; 4. Marvin Maisonneuve, Montauban, 1:59s44.

Record du monde : 1:51s31, Michael Phelps, USA

Record d’Europe : 1:52s70, Laszlo Cseh, Hongrie

Record de France : 1:54s62, Franck Esposito, Antibes

Minima Rio : français : 1:55s27 ; FINA : 1:56s97

Minima Londres : 1:58s21

MESSIEURS. 400 mètres 4 nages : 1. Nicolas D’Oriano, Toulouse, 4:20s03 ; 2. Ahmed Mathlouti, Tunisie, Sarcelles, 4:22s42 ; 3. Anthony Pannier, Sarcelles, 4:23s94 ; 4. Geoffrey Renard, Toulouse, 4:24s95. Finale B : Quentin Coton, Antibes, 4:23s68.

Record du monde : 4 :3s84, Michael Phelps, USA

Record d’Europe : 4 :6s16, Laszlo Cseh, Hongrie

Record de France : 4 :16s97, Anthony Pannier, Braud-Saint-Louis

Minima Rio : français : 4:13s29 ; FINA : 4:16s71

Minima Londres : 4:19s27.

DAMES.- Battre son record de l’année de 11/100e, c’est sûr, cela n’aurait pas suffi à Lara Grangeon pour obtenir son biller direct pour Rio. Mais bon, ce sont aussi des championnats de France, ne l’oublions pas, et elle empoche le titre. Sa victoire sur Kelsi Worrell, c’est toujours bon comme anecdote, mais l’Américaine n’est pas une spécialiste ! Et elle a repris Wattel dans le final.

200 mètres papillon : 1. Lara Grangeon, N. Calédonie, 2:7s87 ; 2. Kelsi Worrell, USA, 2 :10s45 ; 3. Marie Wattel, Nice, 2:11s82 ; 4. Camille Wishaupt, Mulhouse, 2:13s69.

Record du monde : 2:1s81, Liu Zige, Chine

Record d’Europe : 2:4s27, Katina Hosszu, Hongrie

Record de France : 2:5s09, Aurore Mongel, Mulhouse ON

Minima Rio : français : 2:6s62 ; FINA : 2 :9s33

Minima Londres : 2:10s29

COMMENT GAGNER DEUX DIXIEMES A LA LOTERIE…

…ET PERDRE UNE COURSE OU DEUX

EN FAISANT LE MALIN

« Ah, grand-père, si vous saviez, il a fait le buzz, ce 200 mètres, à Montpellier, avec cette arrivée à la gomme où le système n’a pas fonctionné. Tout le monde est tombé à bras raccourcis sur le chronométrage électronique, c’est bien fait pour ces arrogants, avec leurs airs d’infaillibles. 

 -Qu’est-ce tu dis, qu’est-ce tu dis ? Attends, parle sur mon oreille gauche, la droite, il reste plus rien, vu que je respirais à droite, à la fin de chaque séance, la piscine était vide, l’eau était toute entrée dans l’oreille…

– Je te parle du 200 mètres d’hier aux France. Tu te rends compte ces ploucs d’Omega ou de Megateck, le matériel de cochon ? Agnel touche 2e et devient 3e. Le matin, même chose en séries.

– Ah, voyez-vous ça, séries et finales, fromage et dessert en quelque sorte.

-Ben oui, grand-père. ça serait pas passé du temps de Fauquet, lui il était exigeant avec les nageurs, mais encore plus pour les conditions, c’est comme ça qu’on a commencé à bien nager. Ici, on veut faire la natation du 21e siècle avec ce président du Néanderthal qui économise sur le système chronométrique, et ce DTN qui prend ce sport pour Disneyworld. Alors tu en arrives à des chronométreurs qui « injectent » sans arrêt des « temps » parce que le système de chronométrage part en quenouille, et tu as vu comme je suis poli!

Faire ça à Agnel en plus, le champion olympique et du monde, ça la fout mal, ça fait complot, ils ont quelque chose contre lui ou pas ?

– Ah, vingt dieux, fiston, t’inquiètes pas, mon pote Papazian il va leur voler dans les plumes, et puis le p’tit Pellerin y va pas se laisser faire non plus…

-Mais grand-père attention, ça fait trois ans qu’il est plus à Nice, Agnel, alors Pellerin Papazian, tu n’y es plus du tout.

-Ah c’est vrai ça, j’y pensais plus. Ouh ! La mémoire immédiate fout le camp. Mais dis-moi, le gars, je me trompe pas, il est chez Laurent. Horter.

– Oui, il est à Mulhouse, mais Laurent, c’est le papa, doit avoir quatre-vingts ans, l’entraîneur c’est Lionel maintenant. Lionel Horter… Et ce coup des chronos fous, ça a recommencé avec une autre Mulhousienne, Fantine Lesaffre. Non, cette fédé, c’est insupportable. Une honte! Un scandale..

-Ah, fiston, fallait me le dire, je comprends tout !

– Qu’est-ce qu’il y a à comprendre ? S’il est Niçois, tu comprends rien, s’il est Mulhousien tu comprends tout ?

-Ah ! oui-oui, c’est ce qu’on apprenait à Mulhouse.

-De quoi tu parles ?

-Ben tu sais, comme chacun sait, le chronométrage manuel retranche deux dixièmes de seconde au temps. Problème de déplacement du son entre le pistolet du starter et l’oreille du chronométreur, plus le temps de réaction humain du pouce sur le chrono manuel. A l’arrivée, une différence moyenne de deux dixièmes : quand le gars a 53s80, l’électronique te donne 54s00.

– Bon. Et alors ?

– Et alors, ce madré de Laurent, il apprenait à ses nageurs à ne pas frapper la plaque à l’arrivée… Du coup, on avait recours au chronométrage manuel, et bingo, deux dixièmes de gagné. Les plaques ne marchaient jamais avec les Mulhousiens. Avec trente courses comme ça, c’était un beau pécule, quelques dizaines de points, ça pouvait aider l’équipe à aller en finale ou à gagner un match serré aux points, ou le nageur à battre un record, quand même il n’avait pas nagé plus vite.

– Tu es sûr de ce que tu dis ? C’est pas tes hallucinations ?

– Hallucinations mon cul, t’aurait répondu Zazie dans le métro. Y avait pas que ça, par exemple, ils faisaient disputer des compétitions dans le grand bassin de 50 mètres de Mulhouse en nageant dans le sens de la largeur de 25 mètres. C’était du petit bain, mais c’était du grand bain, puisque nagé dans le grand bassin…

-Oh, arrête, grand-père, tu délires.

-Tu délires ? Tu sais ce qu’elle te dit, Zazie ? Y a pas que ça, ils retenaient les bourses des nageurs, même Leveaux, le grand écrivain, 2,02m, plus grand encore que Crébillon fils, en parle, et puis ils s’étaient achetés des… (inaudible)

-Tais-toi grand-père, c’est du n’importe quoi.

-… sur des dotations publiques. Tu veux que je te lise les pages floutées du rapport ministériel concernant Mulhouse à la FFN ?? Je suis allé voir des exemplaires non floutés. Très bien écrit, tout de suite reconnu le style de Thierry Maudet, l’ancien directeur de l’INSEP. Précis, percutant. Ah ! S’il pouvait écrire dans Galaxie Natation !

– Ah !Bon ! Mais dans tout ça, Agnel ?

-Agnel ? Euh ! Comment dire ? Pellerin lui a appris le crawl. Bowman le lui a désappris. Horter lui a appris à gagner deux dixièmes à la touche.

-Et ça n’a pas marché.

-Non, t’as raison, ça n’a pas marché.

-Quelquefois tu m’étonnes grand-père. Je me demande si pour ton Alzheimer, tu ne fais pas semblant. »

Mac SAYNETE

(p.c.c. Eric LAMY)

MONTPELLIER (8) GASTALDELLO TROP LOIN POUR DES REGRETS

FÉROCES MINIMA

Éric LAMY

Jeudi 31 Mars 2016

Donc pas de nageuse de dos aux Jeux olympiques de Rio. Par rapport à la FINA, Béryl Gastaldello a manqué le « cut » cher aux golfeurs d’un centième de seconde, mais de beaucoup plus que ça par rapport aux performances exigées par Pantin.

Il convient de dire que les minima français, extrêmement sévères, paraissent ici particulièrement féroces. Penser que Laure Manaudou, médaillée olympique et mondiale, avec le meilleur temps de sa carrière, n’aurait pu se qualifier (les minima de Canal+ pour Rio doivent lui paraitre plus simples) et que seules les cinq premières de la finale des mondiaux de Kazan auraient eu le droit d’entrer dans l’équipe de France pour Rio a quelque chose de surréaliste.

Béryl a échoué de trop loin, 78/100e, pour nourrir des regrets à ce sujet. La championne de France actuelle n’a pas à rougir de son temps, qui est un record personnel battu de 0s28, mais qui n’a pas suffi. Camille Gheorghiu a montré qu’elle pouvait nager assez vite, et pas seulement longtemps. Outre Mathilde Cini, il n’y a que la jeune Pauline Mahieu qui s’est sans doute déçue d’avoir fini 6e et loin de ses records alors qu’elle envisageait un podium sinon un titre. Ces choses ne se commandent pas, semble-t-il, et Pauline se serait crispée devant l’obstacle que cela ne nous étonnerait pas…

100 mètres dos : 1. Béryl Gastaldello, Marseille, 1:0s26 ; 2. Camille Gheorghiu, Montpellier-Antibes, 1:0s74 ; 3. Kelsi Worrell, USA, 1:1s39 ; 4. Mathilde Cini, Vallence, 1:1s34 ; 5. Emma Terebo, Calédoniens, 1:2s29 ; 6. Pauline Mahieu, Saint-André-Font-Romeu, 1:2s49 (en séries, 1:2s23). Finale B : 1. Auriane de Prémilhat, Marseille, 1:1s51

Record du monde : 58s12, Gemma Spofforth, Grande-Bretagne

Record d’Europe : 58s12, Gemma Spofforth, Grande-Bretagne

Record de France : 59s50, Laure Manaudou, Canet 66

Minima Rio : français 59s48 ; FINA : 1:0s25

Minima Londres : 1:1s40

 

200 BRASSE, DEBOURGES ET CAPITAINE

SE PARFUMENT AU DAHLIA

Sur les séries, on attendait Dahlia. Ce fut Debourges, au milieu d’un paquet serré, et dans un temps qui ne laisse guère d’espoir, ni d’Amérique, ni de Grande-Bretagne. Lisez les noms des finalistes, la moitié sont ceux de garçons qui sont encore jeunes ou très jeunes, en qui on a vu l’avenir de la spécialité, qui le restent, mais qui, s’ils restent l’avenir, tant qu’ils ne restent, n’en sont pas le présent.

Le perdant n’en reste pas moins Dahlia « L’Américain » qui s’était octroyé une année sabbatique dans on université US pour préparer les Jeux a raté son coup. A 26 ans, continuera-t-il ?

200 mètres brasse : 1. William Debourges, Antibes, 2:12s85 ; 2. Thibaut Capitaine, Cergy-Pontoise, 2:12s88; 3. Thomas Dahlia, Antibes, 2:13s13; 4. Jean Dencausse, 2:13s84; 5. Quentin Callais, Canet, 2:14s55; 6. Quentin Coton, Antibes, 2:14s77.

Record du monde : 2:7s01, Akihiro Yamaguchi, JPN

Record d’Europe : 2 :7s23, Daniel Gyurta, Hongrie

Record de France : 2 :8s94, Hugues Duboscq, Le Havre

Minima Rio : français : 2:9s65 ; FINA : 2:11s66.

Minima Londres : 2:12s08.

FANNY DEBERGHES S’OUVRE DES PERSPECTIVES

Il s’en est fallu de peu que Fanny Deberghes n’abandonne sa tiare du fait de Bonnet qui, sans être une spécialiste, se débrouille pas mal dans le genre. L’intéressant, c’est que Deberghes est surtout une nageuse de 200. Enfin, jusqu’ici. Le 100 lui ouvre des perspectives de place dans un relais quatre nages dont on ne sait s’il ira à Londres, Rio ou les deux. Mais si son 200 a progressé d’autant, elle peut nager 2:27s, un temps qui vaudrait dplacement à Londres. Sixième, Sophie de Ronchi, 31 ans, achève ici un come-back en forme de tentative vasant Rio. C’est raté, mais qui lui reprocherait d’avoir tenté ?

100 mètres brasse : 1. Fanny Deberghes, Montpellier, 1:8s61 ; 2. Charlotte Bonnet, Nice, 1:8s88; 3. Coralie Dobral, Montpellier, 1:9s43; 4. Camille Dauba, Sarreguemines, 1:9s67 ; 5. Adelina Martin, Antibes, 1:10s43 ; 6. Sophie de Ronchi, Vallauris, 1:10s46. Finale B : Solène Gallego, Toulouse, 1:9s70.

Record du monde : 1 :4s35, Ruta Meilutyte, Lithuanie

Record d’Europe : 1 :4s35, Ruta Meilutyté, Lithuanie

Record de France : 1 :7s97, Sophie de Ronchi, Massy

Minima Rio : français : 1:6s93 ; FINA, 1:7s85

Minima Londres : 1:8s52.

MONTPELLIER (7) LIBRE COMME JEREMY STRAVIUS

POTHAIN EN DAUPHIN, AGNEL SCOTCHÉ AU DERNIER VIRAGE, RELAIS SANS GÉNIE EN PERSPECTIVE

Éric LAMY

Mercreci 30 Mars 2016

Jérémy Stravius a concrétisé sa supériorité, assez régulière, cette saison, sur 200 mètres nage libre. Dès les séries, l’Amiénois et Jordan Pothain s’exprimaient haut et fort, 1:46s81 et 1:47s00. En finale, Yannick Agnel, qui aime partir vite, trouvait à qui parler, et Jérémy ne le laissait pas mener. La course partait raisonnablement vite, 24s25 pour l’élève de Chrétien, 24s35 pour celui d’Horter. Et Mignon et Mallet comme collés aux leaders. Au deuxième virage, tout tournait autour de l’explication Mignon-Stravius-Agnel qui viraient dans un laps de huit centièmes, 51s33-51s37-51s41. Là Agnel attaquait, comme cela se fait souvent, dans la longueur impaire, et passait en tête. Ce n’est pas tant que ses 27s50 de cette troisième longueur étaient d’une vitesse enivrante, mais disons que cela décoiffait assez pour intimer le respect. Yannick passait devant et pas qu’un peu, un mètre devant Stravius, 1:18s91 contre 1:19s48, tandis qu’un Mignon batailleur jouait sa carte avec force et lui tenait tête. Quelque chose du panache du champion olympique 2012 et du monde 2013, pouvait apparaitre, dans cette embellie, quand tout à coup, tout comme Mignon, d’ailleurs, le héros de Londres se trouva en panne de réservoir, privé de kérosène, et 28s08 pour finir, un terminal à mi-chemin entre le cafouillage et le plané, tandis que Jeremy mettait la cinquième vitesse et brutalisait les chronos. Comme Pothain, dont le train de demi-fondeur assurait de reprendre et dépasser Agnel. Les minima étaient frôlés par le vainqueur, qui devrait être engagé dans la course individuelle de même que Pothain ne serait-ce que parce que le relais le sera mathématiquement, avec les minima à 7:10s21 et à l’addition des quatre premiers 7:7s81s moins les 2s10 de prise de relais, soit 7:5s71s). Or pour que chaque relais engagé nage, il faut aussi deux engagés individuels, et ce sont donc logiquement Stravius et Pothain. Agnel, si les règles sont respectées, ne défendra pas son titre à Rio…

Derrière, un finish agressif de Bourelly lui assurait la quatrième place aux dépens de Mignon battu d’avoir joué la gagne avec beaucoup de fierté et d’élégance…

A part ça, on ne peut s’empêcher de se demander si Jérémy, en se coupant du dos, n’a pas laissé la proie pour l’ombre. Et de se poser la question de savoir s’il peut être un crawleur de la dimension du dossiste qu’il a été. Mais voilà, Stravius se voit et se veut nageur de libre, et libre il est !

200 mètres : 1. 1. Jérémy Stravius, Amiens, 1:46s18 ; 2. Jordan Pothain, Alp’38, 1:46s81 ; 3. Yannick Agnel, Mulhouse, 1:46s99; 4. Lorys Bourrelly, D Toulouse, 1:47s83; 5. Clément Mignon, Marseille, 1:48s00; 6. Gregory Mallet, Marseille, 1:48s45 ; 7. Jonathan Atsu, Toulouse, 1:48s83.

Record du monde : 1:42s00, Paul Biedermann, Allemagne,

Record d’Europe : 1 :42s00, Paul Biedermann, Allemagne,

Record de France : 1 :43s14, Yannick Agnel, Nice

Minima Rio : français : 1’46s06 ; FINA : 1:47s97.

Minima Londres : 1 :48s70.

MONTPELLIER(6) CORALIE BALMY SE QUALIFIE A MINIMA

RETOUR VERS LE FUTUR

Eric LAMY

400 mètres : 1. Coralie Balmy, Montpellier, 4:5s38 ;

2. Femke Heemskerk, Pays-Bas, Montpellier, 4:10s85; 3. Ophélie-Cyrielle Etienne, Lille, 4:11s94; 4. Fantine Lesaffre, Mulhouse, 4:12s40; 5. Marion Abert, D. Toulouse, 4 :12s85 ; 6. Alizée Morel, Nice, 4:12s99

Record du monde : 3:58s37, Katie Ledecky, USA

Record d’Europe : 3 :59s15, Federica Pellegrini, Italie

Record de France : 4:1s13, Camille Muffat, Nice

Minima Rio : français : 4:5s64 ; FINA : 4 :9s08.

Minima Londres : 4:9s84

Croyez-vous que Balmy cherchait à réaliser les minima ? Je ne crois pas. En tout cas pas seulement. La façon dont elle a nagé vite en séries, 4:9s47, puis dont elle s’est emparée de la course – bon, partie trop vite, et sans doute un poil trop crispée – elle visait, comme on le conseille en tir à l’arc, au-dessus de la cible.

Cela correspond bien à l’idée qu’on se fait de cette nageuse sans histoires, dont on est en train de prendre conscience de ce que l’équipe de France lui doit. Elle fait l’affiche des championnats et la une du magazine fédéral, ce n’est que justice. Avec sa tranquillité, son sourire, cette apparence de réserve rêveuse, ce regard amusé, mais aussi cette façon de s’offrir – souffrir – dans les relais, elle est too much, Balmy, et mérité bien de la patrie. Bon, elle part comme un boulet, 28s23, puis 58s25 elle étouffe Heemskerk qui est une fille à 1:55s au 200 mais qui ne va pas tenir la cadence (bon, pour elle, les France ne sont pas la cours de sélection).

Reprenons : 28s23, 58s25 (30s02), 1:29s61 (31s36), 2:0s65 (31s04), 2:32s17 (31s52), 3:3s42 (31s25), 3:35s13 (31s71), 4:5s38 (30s25). Donc un départ sur une embellie, puis elle prend son rythme dans la douleur de l’effort avant de se lâcher dans le final. Je ne serais pas étonné qu’il y ait eu là une tentative de nager Ledecky. Les minima atteints, il s’en est fallu de vingt six centièmes, pas besoin du joker, ou de la grâce du DTN, de la grâce, Coralie en a assez sans ça.

Bon elle a eu chaud quand même, Coralie, qui est la 3e nageuse de 400 au monde de la saison, avec 4’4s39, battue de beaucoup par la colossale Katie  Ledecky-vous-savez, 3:59s54, et d’un poil par Lauren Boyle, la longue Néo-Zélandaise, 4:4s26, et juste devant Leah Smith (USA), 4:4s67.

Bon, les bilans de la saison, il ne faut pas en tenir compte, c’est – encore –trop tôt pour qu’ils aient cette consistance épaisse qui leur donne une crédibilité. Or, en 2015, dans la complétude de la saison, Coralie, avec ces 4:4s39, eut fait sixième. Cette année 2015, d’ailleurs, elle n’avait pas été loin, 4:5s26 lors du Trophée des Sept Collines, ça lui avait donné la 8e place du bilan mondial. Et puis aux mondiaux de Kazan, elle ne s’était pas retrouvée, à la dérive dans une quatrième série dominée par Boyle, où elle avait fini 7e, avant que le rouleau compresseur Ledecky et la meute ne l’éjectent, loin de la finale, 14e. Des techniciens avaient repéré récemment une malfaçon dans sa technique. Too bad. Je me souviens de certaines courses à record mondial, face à l’Italienne Alessia Filippi, qui avaient valu le déplacement. C’était il y a longtemps, mais qui sait ?

MONTPELLIER (5): C’EST LE DEBUT DU CHAMPIONNAT DES REPÊCHAGES!

JACQUES FAVRE DE CINQ A SEPT

Eric LAMY

Mardi 30 Mars 2016

Rien n’est plus intéressant que la vie psychologique. Tenez, prenez le grand souci aujourd’hui des nageurs français. Il n’y en a pas un qui réussit les minima. On savait qu’il en irait ainsi, avec des minima à faire peur.

Or le comité de sélection a prévu une possibilité pour le DTN de choisir six nageurs complémentaires selon, disons-le comme ça, son bon plaisir. Pourquoi six ? Parce qu’ils l’ont écrit comme ça. Chiffre regrettable. Pourquoi ? Non pas en soi, il parait que c’est le premier nombre parfait. Mais parce que, dans mon idée au moins, le DTN devrait toujours avoir une possibilité de choix. Cette absence de voie a empoisonné la natation française pendant des années autour de la non-sélection de Roxana Maracineanu en 2001…

Mais ce droit du DTN n’aurait pas dû être quantifié, ou précisé. Le DTN aurait dû simplement avoir le droit d’ajouter à la sélection, point barre. Parce qu’il est le patron de la natation française et qu’il doit pouvoir agir librement dans l’intérêt de la natation française, ici pour former la meilleure équipe olympique…

Mais vous avez vu les textes de sélection ? C’est un exercice de pinaillage de haute volée, rédigé dans la crainte de l’erreur à ne pas faire… et la peur du pouvoir qui pourrait en résulter. Donc on constipe tout ça, on tatillonne à qui mieux mieux… On a mis six… 

Donc le droit du sélectionneurs, sa latitude personnelle a été élargie, ou limitée à six.. Pourquoi ? On sait pas. C’est à mi-chemin entre les cinq doigts de la main et les sept nains de Blanche-Neige, ça paraît raisonnable…

Ces six ne devraient pas obligatoirement être pris, ce n’est pas un droit, les nageurs ne devraient rien en attendre, c’est juste un corset qu’on desserre, une latitude, pour pouvoir effectuer une sélection qui tienne debout. Un tel ajout aurait permis de récupérer Sarnin en 2000, Roxana en 2001, etc., de conforter un relais, que sais-je, pallier un impondérable. Mais non, ça y est, le chiffrage de ce pouvoir du DTN fait son chemin. Les nageurs s’inquiètent déjà de qui sera choisi, Joly, Wattel, Pedurand, peuvent se mettre déjà sur les rangs, et s’inquiéter que ce ne soit pas un processus de concurrence sportif mais des petits arrangements entre amis qui pourvoient, bref ils se disent que les minima auraient dû être moins durs. Un joker, c’est toujours une bonne chose. Mais six jokers… Cela devient manipuler, chosifier… En lui donnant une liberté, les textes semblent avoir un peu plus contraint le DTN!

C’est y pas bête?

Si, à la fin, le DTN n’en choisit que trois, entre les nageurs, les entraîneurs, les parents et les amis, il y a en aura trois cents qui feront la tronche… S’il n’en choisit aucun, il va se faire mille ennemis. Bref, ça va piailler.

Si dans le règlement il avait été écrit seulement que le DTN avait autorité à ajouter à la sélection en fonction d’une stratégie de compétition internationale, sans autre précision, c’eut été parfait. Ce 6, cette spécification, devient, pour lui, non pas une libération, mais une pomme de discorde, voire une épine dans le pied, ou seulement un vilain bouton sur le nez.

Mais ce n’est peut-être pas grave. Qui sait, d’ici dimanche, on aura un nageur qualifié, Florent Manaudou, et six repêchés pour Rio ? Dans ce cas-là, je prône une union des fédérations de natation et de sauvetage. On l’aura bien mérité.

MONTPELLIER (4). GANESH PEDURAND ET LE DESERT DU QUAT’NAG’

Mardi 31 Mars 2016

200 mètres 4 nages : 1. Ganesh Pedurand, DTOEC, 2:0s52 ; 2. Cyril Chatron, Bron, 2:3s05 ; 3. Guillaume Laure, Antibes, 2:4s05 Finale B:Jeremey Desplanches, Nice, 2:3s66.

Record du monde : 1:54s00, Ryan Lochte, USA

Record d’Europe : 1:55s18, Laszlo Cseh, Hongrie

Record de France : 1:57s89, Jérémy Stravius, Amiens

Minima Rio : français : 1:58s09 ; FINA : 2:0s28.

Minima Londres : 2:0s79

Ganesh Pedurand a survolé le 200 quatre nages, qu’il domine depuis un certain temps déjà, et s’est qualifié pour Londres, pas facile d’ailleurs. Derrière, c’est la grande misère de cette course. Les « techniciens » qui ont mis les quatre nages à la base de la progression et de l’entraînement en France ne comprennent pas et ce n’est pas d’hier. Plus ils les font nager, moins ils vont vite. Alerte aux neurones. E.L.

MONTPELLIER (3). LARA GRANGEON N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

QUAND LE RECORD DE FRANCE D’UNE FINALISTE MONDIALE NE SUFFIT PAS

Montpellier, Mardi 29 Mars 2016

400 mètres 4 nages : 1. Lara Grangeon, CN Calédoniens, 4:36s61 (record de France, l’ancien par-elle-même, 4 :37s55) ; 2. Fantine Lesaffre, Mulhouse, 4:39s73 ; 3. Coralie Codevelle (Sarcelles), 4:47s75 ; 4. Cyrielle Duhamel, Béthune, 4 :47s78 (mpf. Ancienne, 4:48s60 par elle-même le matin même)

Record du monde : 4:28s43, Shiwen Ye, Chine

Record d’Europe : 4:29,89, Katinka Hosszu, Hongrie

Record de France : 4:37s55, Lara Grangeon, CN Calédoniens

Minima Rio : français : 4:35s40 ; FINA : 4:43s46

Minima Londres : 4:44s16

Bon la première journée des championnats de France 2016 de Montpellier n’est pas achevée et je sens qu’on va passer des moments crispants. Tenez, cette course de Lara Grangeon, après une année à s’entraîner, à cravacher, à se placer à l’international, comme cet hiver avec un joli 4’27s petit bassin à Netanya et ici, jour J, heure H, elle améliore son record de France vieux d’un an. D’une seconde. Mais il fallait  fallait en gratter deux pour aller à Rio. Connaissant Grangeon, on pensait qu’elle y parviendrait. La Néo-Calédonienne n’avait pas battu le record de France à Kazan, en août dernier, mais s’était bravement qualifiée pour la finale mondiale, où elle avait flanché. La fille a fait faire des progrès à l’épreuve en France, elle en est une très belle représentante. Cela dit, elle va à Londres, les championnats d’Europe sont plus à sa mesure pour sinon la gagne, du moins une place d’honneur.

Pas tout à fait seule en France, mais un peu quand même, Fantine Lesaffre finissant à trois secondes. Comme pour plusieurs temps de course, les temps de passage ne s’ouvrent pas dans les classements officiels, ainsi pour les quatre premières de ce quatre nages. Sans doute des secrets d’Etat !

Grangeon apparait dans les classements français, à une modeste 76e place, avec 5 :24s67, temps réalisé à Blagnac en 2005. Elle a 14 ans. Précoce, surdouée ? Point, il y a bien des filles plus jeunes ou plus fortes à son âge. Mais elle monte dans la hiérarchie. En 2006, à Nouméa, elle nage 5:13s52, et il y a encore quarante-quatre filles devant elle. Cette année, une certaine Laure Manaudou a nagé 4:40s06. En 2007, Grangeon exécute le saut qualitatif, avec 4:55s19, elle ne se classe que 9e, mais c’est un énorme progrès. Tout en haut, Johanne Andraca, 19 ans, de Hyères, mène la danse, devant Camille Muffat, 18 ans, de Nice. En 2008, les deux Azuréennes ne peuvent être départagées, qui explosent conjointement le record de France, 4:38s23 , au grand dam de la 3e, Cylie Vabre, 4 :38s71. Lara est encore loin, chronométriquement, mais près, en termes de places, 4:47s15, 5e, juste devant une certaine Sharon Van Rouwendaal de 15 ans dont on dit que le cœur balance entre la France et les Pays-Bas. Un an encore et Muffat, 4:39s43, trouve en Grangeon, 4:40s41, une adversaire ambitieuse. En 2010, Muffat a abandonné les 4 nages pour le crawl et Lara devient la patronne, mais paradoxalement, alors que pour la première fois elle ne progresse plus. 4:42s91. Pourquoi faire d’ailleurs, la deuxième nageuse de France est une Russe, Alena Alexeeva, qui nage pour Grand Couronne en 4:48s35. Mais en 2011, Grangeon se remotive et signe un 4 :38s28 qui la met à onze seconde de sa dauphine, Adeline Martin. Va-t-elle tout casser l’année olympique ? Non, aux sélections, elle reste à 4:40s12… Elle parait perdre son intérêt pour la chose, et en 2013, n’est plus que n°3 française en 4:50s21, derrière Fantine Lesaffre et Adeline Martin. En général, ce genre de profil sent la fin, ou le sapin, mais en 2014, Grangeon retrouve un appétit de patronne, elle écarte la menace de Charlotte Bonnet en 4:40s57 contre 4:44s01. Enfin, elle bat le record de France (4:37s55) et atteint la finale des mondiaux de Kazan l’an passé, avant de réussir ce soir, à Montpellier, 4:36s61. Les minima sont 4:35s40 et les championnats d’Europe de Londres sont en mai prochain. Alors ?

MONTPELLIER (2). WORRELL, WATTEL, GASTALDELL, OH ! QUE D’AILES POUR UN CENT PAPILLON !!

KELSI WORRELL AJOUTE UNE TOUCHE MONDIALE

 AU DUEL WATTEL GASTALDELLO

Mardi 29 Mars 2016

100 mètres papillon : 1. Kelsi Worrell, USA, 57s52 ; 2. Marie Wattel, Nice, 58s38 ; 3. Béryl Gastaldello, Marseille, 58s48 ; 4. Justine Bruno, Beauvaisis, 59s91 ; 5. Laurine Delhomme, CN Paris, 1:0s11 ; 6. Anaïs Arlandis, Nice, 1:1s25

Record du monde : 55s64, Sarah Sjöström, Suède

Record d’Europe : 55s64, Sarah Sjöström, Suède

Record de France : 56s89, Aurore Mongel, Mulhouse ON

Minima Rio : français : 57s67 ; FINA : 58s74

Minima Londres : 59s02

Les championnats de France ont hérité d’une grande nageuse, l’Américaine Kelsi Worrell, qui a pas mal cassé la baraque aux NCAA, il y a trois semaines.

Rappel des faits: elle a nagé les 100 yards papillon en 49s43, 49s81, 49s88, 49s88, 49s89, 50s06, 50s17, 50s23, 50s33 et 50s38, ce qui lui donne les 5 premiers , 7e , 9e et 10e temps jamais nagés sur la distance, le tout enveloppé entre le 20 février 2015 et le 18 mars 2016.

Kelsi est arrivée dans les bagages de Thomas Dahlia, qu’on remerciera chaudement, vu que c’est vraiment le genre de girl-friend qu’on est content de voir dans un championnat de natation. Ce n’est toujours pas une star, ni encore un nom, mais c’est peut-être la championne olympique de Rio, à condition de le vouloir. Elle devance dans les listes tous temps des filles comme Natalie Coughlin, ou encore Dana Vollmer, la championne olympique 2012, ce qui, toutes proportions gardées, revient à battre un record de Michael Phelps.

Alors, ici à Montpellier, on savait que sa présence allait immanquablement relever le niveau. Et quand la très remarquable Kelsi Worrell a propulsé ses 75 kg pour 1,80m à l’horizontale dans le bassin, on connaissait déjà le nom de la gagnante !

Bon, elle n’avait peut-être pas très encaissé l’après-coup des NCAA, ou le décalage horaire entre la Georgie et la France, ou encore le passage des cuvettes de 25 yards aux baignoires de 50 mètres. Et, donc, n’a hérité que de la 4e performance mondiale de l’année, ses 57s52 la laissant derrière Sarah Sjöström, 56s37, Emma McKeon, 57s24 et Jeannette Ottesen, 57s40. Il faudra songer à l’excuser pour ça.

Le gag, c’est qu’elle a été la seule concurrente à… réussir le minimum français pour les Jeux olympiques de Rio. Marie Wattel l’a accrochée pendant une longueur, mais après, Worrell a montré sa capacité d’accélérer dans un style qui ne favorise pas ce genre de choses et s’éloigna, retour gagnant.

Gastaldello, comme il nous semblait après les résultats des NCAA, a été un peu en-dessous de l’idée qu’on se faisait d’elle, manque de fraîcheur sans doute, elle a disputé le titre à Wattel jusqu’au bout et il s’en est fallu de peu.

Sur le podium, Worell, Wattel, « Gastadell », trois paires d’ « l » pour trois vols de papillons !

Deux points d’interrogation pour ces filles enfin, pour les Françaises) : y aura-t-il un relais quatre nages français aux Jeux ? Et : un exploit aux Européens de Londres comptera-t-il ? Maintenant, est-il seulement possible. Car les minima « brésiliens » sont à une seconde !

Eric Lahmy

MONTPELLIER (1). DAMIEN JOLY PASSE SOUS LES 15 MINUTES ET FRÔLE LES MINIMA

MONTPELLIER, 29 mars 2016, 1er jour des championnats de France

MESSIEURS

1500 mètres : 1. Damien Joly, Antibes, 14:59s42 ; 2. Nicolas D’Oriano, DTOEC, 15:6s31 ; 3. Gergely Gyurta, Hongrie, 15:7s26 ; 4. Anthony Pannier, Sarcelles, 15:15s94 ; 5. Joris Bouchaut, DTOEC, 15:22s38 ; 6. Paul Barrascud, Marseille, 15:22s95 ; 7. Théo Cacheux, Mulhouse, 15:24s31 ; 8. Mathis Castera, DTOEC, 15:25s86.

Record du monde : 14 :31s02, Sun Yang, Chine

Record d’Europe : 14 :39s67, Gregorio Paltrinieri, Italie

Record de France : 14 :55s17, Sébastien Rouault, Mulhouse

Minima Rio : français 14 :57s19 ; FINA : 15:14s77.

Minima Londres : 15 :11s86.

Damien JOLY rate le « minimum » « français » sur 1500 mètres. Il faudra penser à appeler autrement ces fichus temps à réaliser pour partir aux Jeux, parce qu’ils représentent tellement le maximum, voire même l’inaccessible étoile pour des milliers de compétiteurs qu’il y a un côté réducteur à les baptiser ainsi.

Mais voilà, c’est bête de songer que sur 1500 mètres, l’épreuve des guerriers, le premier billet pour Rio ne soit pas tombé. Il eut été mérité. Depuis quatre ans, JOLY ne doit pas être loin de l’avoir nagée, la distance d’Antibes à Rio dans ses allers et retours de bassin, et en fait, en avion, il se serait seulement contenté de la refaire ! Cette année, il avait été un peu plus vite, 14:56s13, mais c’est là, à Montpellier, en finale, qu’il lui fallait réussir.

Seul, malgré Gergely Gyurta ou Nicolas D’Oriano, lequel ne chercha pas longtemps à le suivre, trouvant peut-être que le rythme imposé par Damien, c’était trop pour lui, ou s’était fixé le temps, plus facile, de qualification pour les Europe de Rome, ou encore voulait calquer sa course sur le Hongrois…

Les temps de passage de Joly témoignaient d’un léger affaiblissement de son allure après les quatre cents, une réaction – nouveau passage sous la minute de moyenne par cent mètres au 800 mètres comme le font souvent les nageurs de 1500 – c’est le point d’attaque où ont été gagnées (ou perdues) tant de courses – et un retour de fatigue (ça vous étonne?) et un possible effet de sa solitude…

57s32, 1:56s37, 2:55s93, 3:56s15, 4:56s56, 5:56s99, 6:57s59, 7:58s05, 8:57s91, 9:57s95, 10:58s56, 11:59s25, 13:0s16, 14:1s20, 14:59s42.            

Soit: 57s32, 59s95, 59s56, 1:0s22, 1:0s41, 1:0s43, 1:0s60, 1:0s46, 59s86, 1:0s04, 1:0s61, 1:0s69, 1:0s91, 1:1s04, 58s22.

D’Oriano réalisait lui une course équilibrée dont on ne peut dire ce qu’elle doit au temps, très proche de Gyurta (dont les passages n’ont pas été communiqués).

Tiens, j’y pense, Joly a fait le 3e temps mondial de la saison, et n’est pas qualifié. Je ne sais combien de relayeurs français vont passer avec la 30, 40 ou 50e perf de l’année. Si UN nageur mérite qu’on réfléchisse à son cas, c’est bien Joly…

 Eric LAHMY