Mois : août 2016

COULÉ DANS LE BRONZE

BILLET

Mercredi 31 Août 2016

Les réactions des uns et des autres concernant le dopage et les « dopés » sont presque toujours soupçonneuses, pleines de colère et désenchantées. En voici une qui déconcerte parce qu’elle donne un son inaccoutumé. Ce n’est peut-être qu’une anecdote, mais elle  suggère une générosité dont nous ne sommes pas accoutumés.

Un lutteur indien, Yogeshwar Dutt, 60kg, avait enlevé une médaillé de bronze olympique à Londres. Après quatre ans, ne voilà-t-il pas le bronze devenir argent, les échantillons prélevés sur Besik Kudukhov, un Russe qui avait enlevé l’argent dans cette compétition, ayant révélé qu’il était dopé ? Ayant confirmé l’information, Yogeshwar a fait savoir qu’il désirait que la médaille d’argent reste en possession de la famille de Kudukhov.

Pourquoi la famille ? Dans l’année qui suivit les Jeux, Kudukhov, double médaille olympique et quadruple champion du monde, se tua dans un accident de voiture. Dutt a expliqué qu’il ne voulait pas de cette médaille d’argent. Il souhaite qu’elle reste ou soit rendue à la famille de Kudukhov « en signe de respect. » La compassion, a-t-il expliqué, lui parait être plus essentielle que la couleur d’une médaille. « J’ai été attristé d’apprendre ce contrôle positif. Kudukhov était un athlète extraordinaire dont je garde un bon souvenir. » On ne saurait affirmer que sa réaction eut été aussi généreuse face à un Kudukhov vivant, mais plus or qu’argent ou bronze, l’esprit chevaleresque de ce lutteur indien se révèle d’un métal inaliénable. Eric LAHMY

PELERINAGE A CHARTRES : IRON MAIDEN A BIEN NETTOYÉ SOUS LES TAPIS

Eric LAHMY

Dimanche 28 août 2016

Je vous félicite bien de vous intéresser au meeting de Paris-Chartres (80 kilomètres  pied), vous avez la natation chevillée à l’âme. Ces Coupes du monde hors-saison manquent de vitamines, elles sont dopées par le petit bassin, elles rappellent un peu les courses d’automne du cyclisme, dans une ambiance de foire à la ferraille et au jambon.

Les Français y ont remporté le relais quatre fois 50 mètres  mixte, c’est super, je ne savais même pas que ça existait, ça permet d’un coup de voir nager Stravius, Manaudou, Mathilde Cini et Anna Santamans, tous des gens qu’on aime bien c’est donc toujours ça de gagné. A part ça, nager en indoor petit bassin par ce temps de Kalahari, c’est comme manger des fruits hors saison, on soupçonne qu’il y a plus de pesticides que de vitamines. Mais enfin c’est la natation FINA…

…Bon, il y a Hosszu, la pro hongroise jusqu’au bout des ongles qui, si elle veut accroitre le champs de ses engagements, devrait se présenter au départ d’une ou deux courses masculines. Cette Coupe du monde a été taillée pour une seule nageuse : elle. C’est la seule qui vit la natation comme Serena Williams et consoeurs vivent le tennis.

Et puis elle est costaude. On sait qu’aux Etats-Unis, il y a des hommes qui craignent que Katie Ledecky en fasse autant, ça en ferait pleurer quelques-uns. Elle a fini son décathlon aquatique avec un 400 quatre nages en 4’27s67 en déroulant, Hosszu, c’est huit secondes moins bien que son record mondial et quatre secondes de mieux que que tout ce qui nageait de plus vite contre elle à Chartres, Takahashi, Jakabos, Miley, 4’31s20, 4’31s71, 4’31s85.

Plus tôt dans l’après-midi, elle a gagné le 100 quatre nages, c’est bien, ça me rappelle que la FINA a aussi inventé cette épreuve qui s’imposait dans son délire créatif. 57s63, à une seconde de son record du monde, 56s67, je vous dis, cette jeune femme ne chôme pas, elle vient chez vous, elle fait le ménage, elle passe l’aspirateur sous les tapis, et va chercher la poussière en haut des armoires. C’est pas Iron Lady, c’est Iron Maiden… car, un elle nettoie tout, deux c’est une femme orchestre ! Là, c’est vrai, il fallait qu’elle se dépêche, car la brune liane jamaïcaine Lia Atkinson avec un parcours de brasse et Emily Seebohm avec son dos crawlé l’ont titillée, 57s84 et 58s10.

Encore plus tôt, elle gagne le 400 mètres, assez facile, dans un temps médiocre, 4’2s83, (pour elle) et en l’absence des grosses cylindrées de l’épreuve. Auparavant, elle a gagné le 100 dos qui se présente comme une (fausse) revanche des Jeux olympiques. Emily Seebohm part le plus vite, 27s41, mais Katinka la déloge de la première place, à l’arrivée, Hosszu, 55s93 ; Seebohm, 56s42, Daryna Zevina, 56s43. Seebohm gagnera, vendredi, le 50 dos, vestige rabougri de son antique domaine ! Ai-je besoin de vous dire qui, vendredi, a gagné le 200 ? Oui, bien sûr, c’est Katinka, fastoche, toute seule de bout en bout, et 1’53s34 (pas un temps monstrueux, disons le, quand on sait que Sjöström a nagé en 1’50s78 voici deux ans.

Un peu après, elle s’attribue le 100 mètres papillon, 56s09 contre 56s54 à Ottesen et 56s77 à Madeline Groves. Ne s’est-elle pas également octroyé le 200 mètres quatre nages (bien entendu), quoique dans un temps quelconque, devant une Alia Atkinson décidément en verve ?

Sur 50 papillon dames, Jeannette Ottesen l’emporte en 25s09 devant… personne, enfin personne qui compte. Elle gagne aussi le 100 mètres, 51s84, mais c’est cette fois devant Katinka Hosszu, 52s12, et assez loin derrière Zsuzsanna Jakabos, la dernière miss Univers hongroise de la natation, 53s50. Ottesen devance très nettement Anna Santamans au 50 libre, 23s72 contre 24s43  Au 200 brasse, la Nippone Rie Kaneto mène de bout en bout assez largement ce qui lui permet de résister au retour final de Julia Efimova, 2’16s99 contre 2’17s32, tandis que la seconde Japonaise, Miho Takahashi, poupée du quatre nages de 1,61m (et ce n’est pas la plus petite dans l’équipe du Japon), encore très dans la course aux 100 mètres, est victime d’un gros coup de moins bien. Sur 50 brasse, Efimova est « victime » de Alia Atkinson, 29s25 contre 29s34. La Russe, 1’4s14, a été devancée sur 100 par Atkinson, 1’2s36, son propre record du monde égalé, et Meili, 1’3s52. Bref, Efimova n’a rien gagné, j’espère que vous aurez une larme pour elle?

Les garçons sont relax. Manifestement, dans ce meeting, ils sont plus à Paris qu’à Chartres. Mais on assiste à la victoire de Jordan Pothain, sur 400 mètres nage libre, devant James Guy, 3’40s56 contre 3’42s46, (temps certes très éloignés du record mondial d’Agnel, 3’32s25).

OUI IL Y A EU UN RECORD DU MONDE MAIS DE QUOI DEJA ?

 Chad Le Clos a cependant nagé un leste 100 papillon, 49s05, mais il a été chatouillé de près par le retour d’Adam Barrett, 49s31. Sur 100 brasse, Manaudou avait démontré la capacité, pour un sprinteur non spécialiste, de se défendre, voire d’attaquer dans d’autres techniques que la (les) sienne(s). Vladimir Morozov en donne une nouvelle preuve, sur 100 brasse, en 56s96, terminant dans les basques de Cameron Van Der Burgh, 56s42, et de Kiril Prigoda, 56s71. Vendredi, rappelons-le, Manaudou a fini 4e du 50 brasse, devancé certes par Van Der Burgh et Prigoda, 25s98 et 26s16, mais à la bagarre avec un ténor de l’épreuve, Felipe Lima, 26s49 contre 26s46… Van Der Burgh achève finalement le triplé de la brasse avec un 200 en 2’5s12 (devant Prigoda, 2’5s86), mais il est vrai très loin du record du monde de Gyurta, 2’0s48 !

Le beau Larkin déroule en 1’50s10 sur 200 dos, c’est déjà faire preuve de professionnalisme, par les chaleurs actuelles car son second, Bobby Hurley, 1’54s22, est à six mètres, et au-delà du quatrième, il y en a qui se sont perdus en chemin, on leur laisse les clés des bassins en sortant. La veille, sur 100 dos, Larkin, en revanche, n’a pas été à la fête, dans une super bataille à trois remportée par Bobby Hurley, 50s51, devant donc, Larkin, 50s54, et le Biélorusse Pavel Sankovich, 50s57 !  Florent Manaudou, qui est déjà dans ses six mois sabbatiques proclamées (j’ai idée qu’il va revenir nager, bien reposé, pour le fun et avec appétit) ne se présente pas sur 50 libre, qui représente trop pour lui sur le plan mental, en termes de tension et de désir de vaincre. Résultat, un one man show pour Vladimir Morozov, en 20s81, qui devance l’Ukrainien Andrii Govorov, 20s96.  Et sur 100, vendredi, Morozov, énorme, nage 45s57, et laisse la compagnie, littéralement, à ses pieds.Sur 200 quatre nages, Philip Heintz, Allemagne, domine, qui signe un honnête 1’52s03. La natation d’outre-Rhin a paru en plein redressement cette année. Côté féminin, c’est sa presque homonyme compatriote, Franziska Hentke, qui l’emporte, 2’5s16, se donnant le luxe d’un succès sur Madeline Groves dans le parcours de papillon.  Hentke aura aussi le mérite de faire ployer Hosszu sur 800 mètres, 8’24s86 contre 8’25s23. Philip Heintz, décidément en verve, ne trouve aucun rival sur 400 quatre nages, en 4’3s51, disposant de son second avec onze secondes d’avance ! Il gagne le 200 libre, 1’43s13, devant James Guy, GBR, 1’43s72, Jordan Pothain, 1’44s33, Jack Gerrard, Australie, 1’44s56, Bobby Hurley, Australie, 1’44s60. Heintz finit aussi 2e du 200 papillon, derrière Chad Le Clos, 1’51s84 contre 1’51s25, et du 100 mètres quatre nages, course folklorique où le nouveau recordman du monde n’est autre que Morozov en 50s60. Jeremy Stravius signe une victoire sur 50 dos : donnerait-il raison à ceux qui lui reprochent d’avoir abandonné sa meilleure nage pour se « fourvoyer » en nage libre ? Toujours est-il qu’il laisse Sankovich, 2e, et surtout Larkin, 3e, à un mètre.  Chad Le Clos s’approprie le 50 papillon, 22s17…

CHRISTIAN DONZÉ, LIONEL HORTER ET JACQUES FAVRE DANS LE MÊME SAC ?

Éric LAHMY

Samedi 27 août 2016

Un lecteur – qui désire garder l’anonymat pour des raisons de confort personnel (ne pas entrer dans les polémiques) – souhaite apporter quelques précisions au sujet de mon article entretien avec Claude Fauquet paru sur ce site le 18 août dernier. Son point de vue étant clairement argumenté, je l’ajoute volontiers au dossier.

A son avis, on doit nettement distinguer les périodes 2009-2012 et 2012-2016. Dans la première, la direction technique, emmenée par Christian Donzé, se situe, explique-t-il, dans la continuité de celle qui précède, incarnée par Claude Fauquet. Au-delà de quelques innovations qu’on peut analyser en termes de rupture, c’est donc assez fidèlement le même type de travail. Les valeurs et l’éthique du service public sont respectées, la cohérence technique est assumée.

LE SOMMET N’EST PAS 2008, MAIS 2012

Quelles qu’en soient les raisons, continue-t-il, on ne peut pas nier que les résultats de l’olympiade 2009-2012 sont nettement supérieurs à 2004-2008. On peut le voir dans tous les rendez-vous correspondants à quatre ans de distance : Budapest 2010 est largement supérieure à Budapest 2006 et Shanghai 2011 largement supérieur à Melbourne 2007. Et, bien entendu, les Jeux olympiques de 2012 représentent un net progrès sur ceux de 2008. Le fait que les nageurs niçois effectuent l’apport essentiel à ce « triomphe » n’enlève  rien à la réussite, continue notre lecteur, car alors on peut dire que le succès de 2004 revient à Philippe Lucas, celui de 2008 à Denis Auguin, et à personne d’autre. Enlevez Manaudou des mondiaux 2007, et il ne reste plus grand’ chose.
La remarque frappante pour ne pas dire choquante de Christian Donzé qui prétendait avoir: « fait le contraire de Claude Fauquet« , était, de l’avis de notre lecteur « un effet d’humeur qui doit être remis dans son contexte. » Les deux hommes ne s’appréciaient pas, continue-t-il, mais pratiquaient des politiques plus proches que ce qu’on pourrait croire, ou laisser entendre.
Après le décès dramatique de Christian Donzé, fin 2012, que notre informateur met sur le compte d’un travail harassant sous une tension énorme, que d’ailleurs les résultats flamboyants de Londres n’avaient pas calmée, il y a bien eu, en revanche, une rupture, qui s’aggrave encore en 2015, les DTN en charge respectant de moins en moins les règles du service public, et bafouant de plus en plus l’équité sportive jusqu’au triomphe de l’incohérence et de la déloyauté de la saison 2016.

DE 2008 A 2012 IL N’Y PAS PERTE DE VALEUR, MAIS FIN  DE L’EFFET COMBINAISONS

En ce qui concerne une analyse des sélections olympiques comparées de 2008 et de 2012, qui avait été menée par Philippe Dumoulin, notre aimable contradicteur met ces différences non pas sur un effritement de la base de la natation française, mais bel et bien sur le compte de ce qu’il appelle un « boost » des performances provoqué par les combinaisons.

Rappelons l’analyse de Dumoulin rapportée par Claude Fauquet : « La densité du haut niveau, dans ces huit années, a diminué de plus en plus jusqu’à devenir catastrophique. Les chiffres ne manquent pas, ils se situent au niveau des qualifiés aux Jeux olympiques au regard des minima A, édictés par la FINA. Que disent-ils ? Qu’à Pékin, nous avions 33 nageurs qui se sélectionnaient au regard des minima FINA : 27 individuels et 6 en relais. Quatre ans plus tard, à Londres, nous trouvions 29 nageurs « sous » les minima FINA, mais seulement 14 individuels et 15 en relais.  En outre, aux sélections pour Pékin, on comptait à 22 reprises des nageurs qui avaient fait les minima mais n’ont pas été sélectionnés parce qu’ils n’étaient pas dans les deux premiers. Ils n’étaient plus que huit à Londres. Derrière l’apparence de la bonne santé éclatante de notre natation à Londres, qui ne tenait qu’aux exploits des Niçois, nous avions moitié moins de sélectionnés individuels selon les critères FINA. Il s’agissait donc d’un très net affaiblissement de notre compétitivité… »

De l’avis de notre correspondant, en 2008, l’effet des combinaisons a permis à toutes les nations d’observer une augmentation du nombre de nageurs répondant aux critères FINA qui, eux, n’avaient pas bougé.

Afin de vérifier ces dires, je me suis penché sur le nombre de qualifiés, course par course, aux Jeux olympiques de 2008 et de 2012, avec cette idée que si plus de nageurs avaient réalisé ces minima en raison de l’effet combinaisons, cela rejaillirait inévitablement sur le nombre de nageurs aux Jeux, qui serait plus important en 2008 qu’en 2012.

Et en effet, l’effet combinaisons parait très net à ce niveau. Alors qu’aux Jeux olympiques de Pékin, on enregistrait 693 engagements de nageurs et 601 de nageuses, ils n’étaient plus en 2012 à Londres respectivement que 527 garçons et 544 filles, soit respectivement 23% et 9,5% moins nombreux. On peut donc en  conclure qu’en effet la diminution du nombre des nageurs passant les minima de qualification olympiques peut être attribuée à la disparition du « dopage technologique » que constituait l’utilisation de ces combinaisons de plus en plus performantes.

QUEL EST LE PRIX DE THOMAS BACH ?

Samedi 27 août 2016

Combien coûte un président du Comité International Olympique, en l’occurrence Thomas Bach? 266.000 Euros en 2015. Un total qui englobe l’indemnité annuelle (de 225.000 Euros indexée à l’inflation, détail que pourront lui envier la plupart des lecteurs de Galaxie-natation). Cette révélation suit les demandes pressantes de plus grande transparence de certaines personnalités du monde olympique. Les dépenses de Bach en 2014 s’élevaient à 267.000 Euros. Ces chiffres ne paraissent pas inclure un paiement additionnel de 114.000 Euros effectué par le CIO en relations avec les dépenses liées au paiement des taxes de Mr Bach en Suisse (le comité olympique lui-même ne paie pas d’impôts). En revanche ils englobent les frais de transport, voyages et résidence et les dépenses en session, en bureau exécutif et commissions. Le CIO a révélé également que les salaires et les avantages à court terme de la direction exécutive du CIO (président, directeur général Christophe de Kepper et tous les directeurs du CIO) s’élevait à 7,5 millions d’Euros en 2015 contre 7,3 millions l’année précédente.

DE LA REUNION DU CIO DU 24 JUILLET AUX TRIPOTAGES DE LA FINA

Samedi 28 août 2016

L’attention amicale de ma correspondante G. Necker glisse dans ma boîte courriel un long texte qui se révèle être la version française des décisions de la commission exécutive du CIO du 24 juillet dernier concernant la participation des athlètes russes aux Jeux olympiques de Rio 2016. Ce n’est pas à proprement parler de la natation, quoique la natation soit très impliquée dans cette affaire et c’est une délibération vieille d’un mois, mais ces lignes ont ceci d’important qu’elles donnent une autre lumière que celle qui a été projetée concernant les choix du CIO, et, selon moi, peuvent contrarier efficacement d’acerbes critiques qui ont visé l’organe faîtier du sport mondial, mais pas les fédérations internationales. Je ne puis que constater qu’une chose, au bout de tout ça, c’est que Mme Stepanova n’était pas aux Jeux, ce qui me parait justifié après avoir écouté les arguments du CIO concernant le caractère opportuniste de ses aveux, et que Mlle Efimova y était et s’y est même médaillée d’argent, ce qui me fait penser que la FINA doit encore plus à Mr Poutine qu’on ne le dit. E.L.

« Les discussions ont porté sur le rapport d’enquête indépendante de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) rédigé par le professeur Richard McLaren, la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) du 21 juillet 2016 concernant les règles de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) et la participation des athlètes russes aux compétitions d’athlétisme régies par l’IAAF, ainsi que la Charte olympique et le Code mondial antidopage » rappelle ce texte en préambule qui souligne en outre la proximité des Jeux (dans douze jours et le processus d’inscription des athlètes étant en cours. La commission exécutive doit donc prendre une décision préliminaire quant à la participation des athlètes russes aux Jeux dans une urgence absolue. Le professeur Mc Laren, qui a mis le feu aux poudres, déclare (ou admet) qui a rempli « partiellement » sa mission, et demande à le poursuivre pour le finaliser. Il faut prendre des décisions graves sans attendre cependant la conclusion de l’enquête. Compliqué : c’est un peu comme si on a trouvé le cadavre et le couteau, certes, mais qu’on doive fusiller ou non l’assassin sans procès…

DE LA PRESOMPTION DE CULPABILITE COLLECTIVE A CELLE D’INNOCENCE INDIVIDUELLE

La commission exécutive du CIO a noté que le rapport d’enquête indépendante ne tirait aucune conclusion à l’encontre du ROC en tant qu’institution. Aussi, M. Alexander Zhukov, président du Comité National Olympique russe (ROC), a-t-il été autorisé à plaidé sa cause et celle des athlètes russes. Il explique que la Fédération de Russie et le ROC « s’engagent à coopérer pleinement avec toutes les organisations internationales afin de faire la lumière sur tous les éléments de ce dossier. Il a également donné l’assurance que le ROC allait opérer une vaste et complète restructuration du système russe de lutte contre le dopage. À ce propos, il a souligné que le ROC était « attaché au sport propre et qu’il œuvrerait pour un sport propre en Russie. » Il souligne « que tous les athlètes russes sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Rio 2016 ont été contrôlés au cours des six derniers mois par des agences antidopage étrangères. Les échantillons ont été prélevés par des officiers de contrôle du dopage étrangers et analysés dans des laboratoires étrangers. Les athlètes russes qui ont participé aux différentes compétitions dans tous les sports ont fait l’objet de plus de 3 000 contrôles de dopage. Les résultats se sont révélés négatifs dans leur grande majorité. »

Il ne répondait pas là aux conclusions du rapport d’enquête indépendante, pour lequel « tous les athlètes russes souhaitant participer aux Jeux Olympiques de Rio 2016 sont considérés comme étant touchés par un système visant à détourner et manipuler les procédures antidopage. En raison « du délai extrêmement serré », il n’a « pu que survoler la masse de données disponibles. »

« Les athlètes russes des 28 sports olympiques d’été doivent assumer les conséquences de ce qui équivaut à une responsabilité collective et la « présomption d’innocence » ne peut donc leur être appliquée dans ce cas. Mais le droit à la justice individuelle, auquel tout être humain peut prétendre, doit être appliqué. Chaque athlète concerné doit se voir offrir la possibilité de réfuter l’applicabilité de la responsabilité collective à son cas personnel. » 

La commission exécutive décide alors que le CIO n’acceptera aucune inscription d’un athlète russe aux Jeux sans que l’athlète concerné ne réunisse certaines conditions : apporter des preuves satisfaisant totalement sa Fédération Internationale (FI) quant aux critères qui suivent :

Répondre « aux exigences du Code mondial antidopage, en particulier l’absence de contrôle antidopage positif au niveau national ne peut pas être considéré comme suffisant par les FI ; les FI devront procéder à une analyse du dossier antidopage de chaque athlète, en tenant compte uniquement des contrôles appropriés et fiables effectués au niveau international, des spécificités de son sport et des règles de ce dernier, afin de garantir des conditions de compétition équitables pour tous ; Les FI examineront les informations contenues dans le rapport d’enquête indépendante et à cet égard chercheront à obtenir de l’AMA les noms des athlètes et des fédérations nationales impliqués. Aucune personne, athlète ou officiel ni aucune fédération nationale impliqués ne pourront être autorisés à participer ou recevoir une accréditation aux Jeux Olympiques ; • Les FI devront également appliquer leurs règlements respectifs quant aux sanctions à infliger à des fédérations nationales entières ; Le ROC n’est pas autorisé à inscrire aux Jeux Olympiques de Rio 2016 un athlète qui aura déjà été sanctionné pour dopage, même s’il a purgé la sanction prononcée à son encontre : le CIO n’acceptera d’inscription de la part du ROC que si la FI de l’athlète est satisfaite des preuves apportées quant aux conditions 2 et 3 susmentionnées et si cette inscription est confirmée par un expert de la liste des arbitres du TAS nommé par un membre du Conseil International de l’Arbitrage en matière de Sport (CIAS), indépendant de toute organisation sportive associée aux Jeux Olympiques de Rio 2016 ; L’inscription de tout athlète russe accepté en définitive par le CIO sera subordonnée à un programme rigoureux de contrôles hors compétition supplémentaires menés en coordination avec la FI correspondante et l’AMA. Toute indisponibilité d’un athlète pour les contrôles effectués dans le cadre de ce programme aboutira au retrait immédiat de son accréditation par le CIO. »

Après cela, on se demande par quel tour de passe-passe de la FINA, Julia Efimova et compagnie se sont retrouvés à Rio. Mais il y a une défense très solide des dopés de Russie et de Chine par les pontes de la FINA qui laisse rêveur !!

POURQUOI STEPANOVA N’A PAS CONCOURU AUX JEUX, AU CONTRAIRE D’EFIMOVA

« La commission exécutive du CIO a par ailleurs examiné plus avant la demande de l’athlète russe Iuliia Stepanova (athlétisme) de concourir aux Jeux Olympiques de Rio 2016 en tant « qu’athlète neutre ». Étant donné que Mme Stepanova a refusé de participer aux compétitions en tant que membre de la délégation du ROC, la commission exécutive du CIO devait examiner s’il était possible et approprié de faire une exception aux règles de la Charte olympique. Cette demande revêtant des aspects éthiques d’importance, la commission exécutive du CIO a demandé son avis à la commission d’éthique, laquelle a entendu Mme Stepanova ainsi que des représentants de l’IAAF et du ROC.

Mme Stepanova fonde sa demande sur son rôle de « lanceur d’alerte » s’agissant de la manipulation du système antidopage et de la corruption impliquant le laboratoire antidopage de Moscou accrédité par l’AMA, la Fédération russe d’athlétisme et l’IAAF. La commission d’éthique salue la contribution de Mme Stepanova à la lutte contre le dopage. Elle l’a examinée à la lumière de son implication de longue date, au moins cinq ans, dans ce système de dopage et au regard du moment choisi pour devenir lanceur d’alerte, lequel est intervenu une fois que ledit système ne l’a plus protégée suite à un contrôle positif pour lequel elle a été sanctionnée pour dopage. 

Après une évaluation minutieuse des arguments avancés, la commission d’éthique a émis l’avis suivant à l’intention de la commission exécutive du CIO :

« S’il est exact que le témoignage et les déclarations publiques de Mme Stepanova ont apporté une contribution à la protection et à la promotion des athlètes propres, au fair-play, à l’intégrité et à l’authenticité du sport, les dispositions impératives de la Charte olympique relatives à l’organisation des Jeux Olympiques s’opposent à la reconnaissance d’un statut d’athlète neutre. De plus, la sanction dont Mme Stepanova a fait l’objet ainsi que les circonstances dans lesquelles elle a dénoncé les pratiques de dopage, qu’elle a elle-même utilisées, ne satisfont pas aux exigences éthiques pour qu’un athlète participe aux Jeux Olympiques. 

La commission exécutive du CIO a suivi l’avis de sa commission d’éthique, prenant également en considération la décision susmentionnée de ne pas autoriser un athlète russe qui a déjà été sanctionné pour fait de dopage à participer aux Jeux Olympiques de Rio 2016. Par conséquent, le CIO n’inscrira pas Mme Stepanova en tant que concurrente aux Jeux Olympiques de Rio 2016. 

Toutefois, la commission exécutive du CIO souhaiterait exprimer sa reconnaissance à Mme Stepanova pour sa contribution à la lutte contre le dopage et à l’intégrité du sport. Aussi le CIO invite-t-il Mme Stepanova et son mari aux Jeux Olympiques de Rio 2016. De plus, le CIO est prêt à soutenir Mme Stepanova afin qu’elle poursuive sa carrière sportive et qu’elle puisse éventuellement rejoindre un autre Comité National Olympique. » 

KATINKA HOSSZU, UNE FILLE QUI S’ENGAGE : CHARTRES

Jeudi 25 août 2016

Chartres possède deux joyaux. La cathédrale qu’on sait, et la cathédrale aquatique qu’on connait moins mais qui doit faire concurrence à celle de Montpellier.

L’antique cathédrale est célébrée pour bien des raisons et possède ses mystères, ainsi un labyrinthe aussi fameux que mythique dont l’existence n’est pas avérée. La piscine n’a rien à lui envier cette semaine, avec le labyrinthe de courses que représente le programme FINA, riche, pour ne pas dire encombré de je ne sais combien d’épreuves. Disons cependant que quelqu’un a réussi à s’en sortir, moderne Thésée, la Hongroise Katinka Hosszu. A son habitude, elle est engagée dans toutes les courses…

Le succès de la Coupe du monde n’est pas tout à fait avéré, et on le verra dans certaines épreuves ne disposant pas d’assez d’engagements pour donner lieu à des séries qualificatives…

C’est là en tout cas  que la France a retrouvé le chemin des meetings internationaux. Certes, quelques semaines après les Jeux de Rio, ce n’est pas à première vue le bon moment pour lancer la saison en petit bassin, et, en tout cas, on aura du mal à s’enthousiasmer pour le meeting Coupe du monde de la FINA.

Certes, souvent, plusieurs nageurs ont conservé un haut niveau de forme (du moins on l’a vu les saisons précédentes). Il y a quatre ans, c’est en hiver, après les Jeux, que Camille Muffat et Yannick Agnel avaient reformaté quelques records du monde en 25 mètres. Ce n’est pas si loin dans le temps, mais cela incite déjà à la nostalgie. La France croyait disposer d’une des meilleures natations au monde. Mais peu de temps après, le Directeur Technique National, Christian Donzé, allait périr au cours d’un rallye cycliste dans ses terres et les vrais ennuis allaient commencer pour la natation française. Camille Muffat a elle aussi disparu tragiquement – si jeune…

Qu’est-ce que cela donnera aujourd’hui et toute la fin de semaine ? Allez savoir. Clément Mignon est engagé sur 100 mètres, en face de Benjamin Proud et de Vladimir Morozov. Sur 200 mètres dames, l’inépuisable Katinka Hosszu sera opposée à Charlotte Bonnet, un classique qui a donné souvent des courses dramatiquement serrées le printemps dernier. Hosszu ira aussi chercher des noises à l’Australienne Madeline Groves et à la Danoise Jeannette Ottesen sur 100 papillon, à Daryna Zevina (Russie) et à Emily Seebohm (Australie) sur 50 et 100 mètres dos, ou à Leah Neale sur 800 mètres et dominer largement le 200 mètres quatre nages dont elle est championne olympique. Bref, elle va enquiquiner tout le monde!

Florent Manaudou, beaucoup plus sélectif dans ses choix de courses, évitera le 50 libre et s’est inscrit sur 50 mètres brasse, face a Cameron Van der Burgh, le recordman mondial petit bassin, et, côté filles, sur 100 brasse, on aura Alia Atkinson contre Julia Efimova (no comment). Mitchell Larkin, le champion du monde de Kazan, n’aura pas plus de souci à se faire sur 100 que sur 200 mètres dos, tout comme Marco Koch sur 200 mètres brasse et Chad Le Clos sera le grand favori du 200 mètres papillon. Jordan Pothain se mesurera à James Guy sur 400 mètres, et Anna Santamans à une meute de sprinteuses emmenées par Holly Barratt et Ottesen.
Mais, si près des Jeux, cela vous intéresse-t-il vraiment? Eric LAHMY

CAMILLE MUFFAT AU HALL OF FAME FIN OCTOBRE

Les 28-30 octobre prochain, à Santa Clara, en Californie, l’International Swimming Hall of Fame tiendra sa fin de semaine de consécrations annuelle. Cette cérémonie, qui devait préalablement se dérouler plus tôt en saison, avait été retardée.

Une Française, Camille Muffat, fera partie des  personnalités consacrées. La championne olympique niçoise sera vraisemblablement représentée par son frère Quentin, étudiant aux Etats-Unis à la Nova Southeastern University, une université privée sise à Fort Lauderdale (ancien siège du Swimming Hall of Fame).

Au cours de cette cérémonie, des nageurs, entraîneurs, plongeurs, nageuse synchronisée et une formation de water-polo seront honorés. Il s’agit, par ordre alphabétique, d’ Elena Azarova, Russie, natation synchronisée ; Bob Bowman, USA, entraîneur ; Simon Boychenko, Russie, pionnier de la natation ; Horst Gortlitz, RDA, Italie, Allemagne, pionnier de l’entraînement ; Frank Gorman, USA, pionnier du plongeon ; Sir Peter Heatly, GBR, contributeur ; équipe hongroise de water-polo 2000-2008 ; Larissa Ilchenko, Russie, nageuse ; Hilda James, Grande-Bretagne, nageuse pionnière ; Guo Jingling, Chine, plongeur ; Leonid Meshkow, Russie, nageur pionnier ; Camille Muffat, France, nageuse ; Aaron Peirsol, USA, nageur ; Desmond Renford, Australie, nageur d’eau libre ; Dmitry Sautin, Russie, plongeur ; Dara Torres, USA, nageur ; Monique Wildschut, Pays-Bas, nageuse d’eau libre.

A cela s’ajoutent les « Paragon Award Recipients » offerts à des personnalités ou des entités ayant joué un rôle leader au plan moral (sorte de trophées du fair-play et les « ISHOF Awards ». Ces deux listes de prix étant très américaines.

 

LES MILLE VIES DE CLAUDE LEPAGE (1927-2016)

NAGEUR, ENSEIGNANT, JUDOKA, CHARPENTIER, FRANC-MAÇON, SKIEUR NATURISTE, ÉCRIVAIN, PHILOSOPHE  ET CHIC TYPE DEVANT L’ÉTERNEL

Éric LAHMY

Jeudi 25 août 2016

Mort le 15 août dernier à 13 heures, à 89 ans, des suites d’une longue maladie, Claude Lepage (né le 12 janvier 1927)  est connu dans la natation pour avoir été CTR de Bretagne. Mais il était beaucoup plus que cela. Je m’en souviens comme d’un homme de taille moyenne, visage rond, peau parcheminée, yeux bleus vifs, rieurs, qui irradiait l’enthousiasme. Son mental était insubmersible et, la veille de sa mort, rapporte son fils aîné, « il faisait des repoussés sur son fauteuil ‘’pour ne pas trop perdre’’. » Il a été enterré à Saint-Pierre de Plesguen (Côtes d’Armor).

Tous ceux qui ont connu Claude s’en souviennent comme d’un personnage atypique, extrêmement original. Pour Michèle Guizien, l’épouse de l’ancien entraîneur de Font-Romeu et d’Antibes, qui l’avait rencontré à travers son mari « c’était un homme très intéressant ; il m’avait marqué, parce qu’il connaissait énormément de choses dans divers domaines, et était d’une grande gentillesse ». Il  est le neveu de Marius Lepage, un écrivain, franc-maçon au Grand Orient de France avant de passer à la Grande Loge nationale française, et penseur de la franc-maçonnerie. Marius est aussi nageur et capitaine de l’équipe de water-polo du Stade Lavallois, à laquelle appartient également son frère, le père éponyme de Claude.

A la déclaration de guerre, Marius rejoint le front, Claude (le père), quoique grave accidenté du travail, s’apprête à rejoindre Narvik en corps expéditionnaire quand survient la débâcle. Claude (le fils), 13 ans, est chargé de mettre en lieu sûr l’ensemble des documents maçonniques de la Loge Volney. Pendant la guerre, il pratique plusieurs métiers avant de devenir Compagnon Charpentiers des Devoirs du Tour de France. Il lui faut pour cela réaliser un chef d’œuvre. C’est un escalier en colimaçon que ceux qui ont pu le voir qualifient de « superbe » (Patrice Prokop, le Directeur technique national de 1982 à 1994) ou d’ « extraordinaire » (Michèle Guizien). C’est lui-même qui dessinera plus tard les plans de sa maison, en Y, dans un lieu arboré, comme en pleine nature, sans voisins ni vis-à-vis. Parallèlement aux métiers qu’il exerçait, il était flûte traversière à l’orchestre philarmonique de Laval, dessinait, avait fondé le club « Sauveteurs Mayennais » dont la devise était Même au péril de ta vie

Initié dans la loge franc-maçonne familiale en 1945, Il épouse en 1953 Paulette, ceinture noire de judo qui enseigne la voie de la souplesse dans les écoles. La légende veut que, ce jour là, chef de troupe chez les scouts, on doit le chercher dans les bois parce qu’il a oublié qu’il se mariait ! Paulette dément. Ils auront trois fils, Claude (1953), Yann (1955) et Gilles (1956). En 1961, il suivra son oncle fâché avec le Grand Orient à la Loge Ambroise Paré.

UN CÔTÉ DRUIDE IMPROBABLE DE LA NATATION

Il est à l’origine du Judo-Club de Laval en 1950, et de Dinan en 1967. En 1961, il enseigne le sport à Laval. Entré à la Jeunesse et sports de Mayenne, il trouve une situation stable qui lui permet de se retrouver en famille. Inventif, il crée des matériels de sports : des buts de football, une rampe de plongée sous-marine, une table de référence pour la répartition des engagements cardiaques. Le voilà bombardé en 1965 Conseiller Technique Régional Natation et Sauvetage pour l’Académie de Rennes et la 3e région militaire. Vers 2007, il s’engage dans une nouvelle réflexion sur « l’enfantement de l’ère des cathédrales. »

Il partage ses passions entre le judo et la natation. Mais surtout, dit son ami René Schoch, 90 ans, qui était CTR du Lyonnais, « il ne s’arrêtait jamais ». Si l’homme est un projet, Lepage en vaut mille, car c’est le nombre de ses projets. Il avait mis au point la première table de cotation de natation, mettant en parallèle les résultats sur toutes les distance en fonction de ce qu’on savait des qualités physiques, aérobie et autres… En 1973, il publie « Initiation à l’entraînement en natation », ouvrage qui inclut la table Lepage. Il rédigera ensuite  la natation de 8 à 88 ans, toujours avec la table Lepage, et prône l’équilibre de course. Il est également l’auteur, en 2008, de « Jigoro Kano, un grand initié »,  sur l’inventeur japonais du judo. Pour mieux connaître son sujet, il se rend au Japon. En 1998, il fait quasiment le tour du pays, visite les lieux mythiques de la fondation de cet art martial, rencontre le maître Abe qu’il avait connu en 1950 à Toulouse. Les hôtels sont hors de prix, il dort donc avec les clochards et les chats dans un parc public. Il a soixante-et-onze ans…

PHILOSOPHIE ET BAINS GLACÉS

Mais c’est en Inde qu’il en bave le plus. A la recherche de Bouddah, il se retrouve à Katmandou. Marqué par l’indicible misère de ce pays qu’il quadrille « tout seul et le plus souvent à pied. Il se blesse, son pied s’infecte. Il faut l’hospitaliser, septicémie. » A peine sorti de l’hôpital, il s’en va entraîner pendant un mois le club de Saint-Laurent, en Guyane, en plein soleil de midi. 

C’est (comme Joahnn Wolfgang von Goethe) un fervent du bain glacé qui, dès 1946, organise une rituelle Coupe de Noël parmi les glaçons de la Mayenne et au Mans, et incorpore cette pratique dans son enseignement : « A Dinard, raconte Le Bihan, depuis 1970, il dirige à chaque Noël des stages de préparation des maîtres-nageurs-sauveteurs. Le stage se termine par un exercice de nage en mer – en Bretagne en hiver ! – et comme ça ne suffit pas, il exige que ses élèves passent sous une péniche afin d’apprendre à ne pas avoir peur sous l’eau. Là, on put dire que ses maîtres nageurs avaient passé le vrai diplôme, et pas à potasser dans des livres. »

M.N.S. à Palaiseau « mais avant tout entraîneur notamment au Mans dans les baignades des Pingouins de l’Huisne puis du C. O. Pontlieu, témoigne son aîné, Claude. C’est là qu’il établi les bases de ses principes d’entraînement. Il obtenait de remarquables résultats malgré les conditions  pénibles –température moyenne de l’eau 15,9 sur l’été. Le Sauvetage était également son centre d’intérêt, et il eut des nageuses sélectionnées aux Championnats d’Europe. » En 1965, il est directeur de la piscine Foch, à Brest. « Un ratage complet, mais un bon bassin », se souvient son aîné, qu’il a commencé à entraîner lors des tests d’étanchéité du bassin, avec entrainement tous les jours y compris le dimanche, deux fois, toute l’année ! Un an après avoir fondé la section natation du GMAP, le club de plongée de Brest, d’apnée et de nages avec palmes, il l’amène à la 6e place des clubs français. Devenu CTR en 1967, il lance les formations de MNS-éducateurs fédéraux pour répondre aux constructions de piscines, organise à Coëtquidan et Dinard des stages  régionaux de perfectionnement  de nageurs en  Septembre, à Noël et Pâques ; 80 nageurs environ y participent, à raison de deux à trois séances de natation par jour plus équitation, escrime, tir, course à pieds et parcours divers.

Son originalité de principe se retrouve dans son entraînement. Quand la séance est mal réalisée, il la refait faire. C’est aux nageurs de donner leurs temps dans les séries – une façon de mieux se connaître et intérioriser sa valeur. Ce qui fait dire à son fils qu’il « ne comprend  pas certains nageurs de haut niveau, dépendants. » Son enseignement de judo est également marqué par un respect des codes, « on commençait par ceinture ficelle, examen en japonais avec traduction et démonstration à gauche et à droite  pour ceinture blanche », explique Claude junior.

UN LAPON VENU DE NORVÈGE AVEC SON TROUPEAU DE RENNES

A Font-Romeu, il skiait l’hiver en short et torse nu. Schoch raconte aux gens qui s’étonnent de voir cet original qui trace sur la neige poitrail au vent que c’est en fait un Lapon venu de Norvège avec son troupeau de rennes. « Un jour, se souvient encore Schoch, on ne le voyait plus, et je me suis dit : « on rentre. » Marcel Ballereau, qui était avec moi, me dit : « pas question sans Claude. » On se met donc à le chercher, on voit des gens, on leur demande s’ils n’ont pas vu un esquimau, et on finit par le retrouver ; il s’était engouffré avec ses skis dans les branches d’un sapin dont il ne parvenait pas à se dépêtrer. »

Un jour, appelé en consultation en présence du préfet et de toutes les autorités intéressées au sujet de la construction d’une piscine à Brest, son directeur régional, qu’il accompagne et qui se méfie de son tempérament, lui recommande de surtout ne rien dire, sauf, ajoute-t-il, « si on vous le demande. » A la fin de la réunion, il n’a pas dit mot, quand un intervenant lui demande ce qu’il en pense. « Oui ! Tout à fait nul », rétorque-t-il tranquillement. Il est en fait braqué contre ces mini-baquets amovibles qu’il juge représenter une solution très insuffisante. Alerté par les huiles furibardes, le (légendaire) colonel Crespin, directeur des sports du Ministère, le convoque à Paris. Claude arrive rue de Châteaudun, au siège du Ministère, en chaussettes. Comme il vit pieds nus, il a oublié – ou pas jugé bon – de prendre des chaussures. D’ailleurs, il ne se déplace qu’en tongs. « Crespin, finalement, ne l’enguirlande pas trop, parce que Lepage, sur le fond, n’a pas trop tort, » raconte Schoch.

« PAS DE CLIM’ ! IL FAUT VIVRE AVEC LA NATURE »

A l’issue d’un stage aux USA où il se trouve en compagnie de Ginette Sendral-Jany, Pierre Balthassat (CTR de Lorraine qui l’a précédé dans la mort de quelques jours), Schoch et Catherine Grojean, ses compagnons se souviennent particulièrement de lui. « Un jour, raconte Schoch, nous avions loué une grosse voiture, et roulions à six dedans. Il faisait une chaleur épouvantable. J’avais beau mettre la climatisation, elle ne fonctionnait pas. On étouffait. Là, je me retourne, et je vois mon Claude qui avait baissé sa vite et me dit : « pas de clim’, il faut vivre avec la nature. »

Toujours lors du stage chez James Counsilman, il continue de se distinguer. Dans la piscine, raconte Catherine Grojean, il furète, s’affaire, mesure tout, la longueur et la largeur du bassin en yards. Counsilman s’étonne : « qu’est-ce qu’il fait là, cet indien. » « Doc », sans le savoir, a rejoint le sobriquet qu’on a donné en France à notre héros : le Mohican.

Il trouve une vraie complicité avec Raymond Catteau, le nordiste qui, au-delà d’une terminologie parfois fumeuse, a su libérer, après-guerre l’enseignement de la natation aux jeunes enfants de tout un matériel, les gilets, les planches qu’il rend obsolètes, et fait connaître la capacité de l’homme à flotter naturellement. Catteau et Lepage débattent longuement sur ces sujets d’enseignement et resteront amis, se verront régulièrement. Pendant les dernières années de sa carrière, il fera également bon ménage avec Patrice Prokop, quand tous deux sont conseillers techniques de Bretagne.

Toujours selon Schoch, Claude était « folklorique, mais sérieux. »  Il s’intéressait plus à la formation qu’à la haute compétition et, selon Jean-Pierre Le Bihan, « préférait former cent nageurs à 1’5s que dix nageurs à 1 minute » Même son de cloche chez Catherine Grojean qui vante sa compétence : « c’était un pionnier, curieux de tout. Il avait étudié la psycho-morphologie et vous expliquait qu’avec tel crâne, untel était finnois, ou breton. Il avait quand même un côté improbable druide de la natation. Par exemple, il a beaucoup travaillé avec Jacques Meslier. Tous deux faisaient partie d’une époque où l’on se posait beaucoup de questions. »

Le drame de sa vie sera l’accident qui rendra son aîné Claude paralysé. Le garçon a du talent, et Lucien Zins lui reconnait un potentiel de grand nageur. Un jour, par bravade, il tente de passer sur sa mobylette sous la barrière d’un passage à niveau et rate son coup. Cervicales atteintes, il passera sa vie dans un fauteuil, mais, fidèle à la tradition Lepage, ne se laissera pas abattre. Son père y veille : « Je lui dos deux vies, la première comme tout le monde, la seconde après mon  accident (en allant au travail par un temps exécrable). Tétraplégique, après une lettre d’encouragement, il m’a concocté un programme de natation auprès desquels ceux que j’avais connu comme sportif  était de la « gnognotte » ; je suis pratiquement le seul survivant de cette époque 76,  et j’ai passé le BEE 2 en 86.  J’ai entraîné 29 ans. Perfectionnement à national, natation, palme, et j’ai lancé des triathlètes… Papa fut le « dernier des Mohicans »  un guerrier au quotidien… »

Où VA L’ÉQUIPE DE FRANCE DE NATATION

1. LA DÉGRINGOLADE

 Éric LAHMY

Mardi 23 août 2016

Bien entendu, connaissant le monde tel qu’il tourne plus ou moins rond, je ne puis m’étonner que l’on se soit étonné des résultats de la natation française aux Jeux olympiques. Je ne dis pas que ces résultats sont tous dans une impeccable logique (les choses ne se passent pas comme ça). Mais bon, depuis Kazan en 2015 où Florent Manaudou dans un contexte particulier de victoires sur des épreuves FINA assez folkloriques avait trompé son monde autour de la valeur de l’équipe de France, seuls les amblyopes et les ignorants ne pouvaient pas les voir venir.

Mais il y a pire que l’absence de résultats. Divers témoignages attestent que l’équipe de France a développé sous l’impulsion de Jacques Favre une « culture d’entreprise » des plus rébarbatives dans laquelle le mensonge par omission et le mensonge pur à l’opinion ont une part importante. C’est un fonctionnement particulièrement odieux et inefficace qui ne pousse pas à l’analyse, et que Francis Luyce pratique à sa façon comme il respire. François Hollande, le président de la République, rapporte-t-on,  ayant rencontré cette équipe à Rio, AVANT LE DEBUT DES COMPETITIONS, les aurait croqués d’une  simple phrase: « ils se la jouent trop, pour les médailles d’or ».

Vous me direz : il ne s’agit là que d’une attitude. Mais si l’on accole cette remarque présidentielle aux résultats obtenus, on pourrait se demander si tous les soucis de l’équipe de France ne naissent pas là. D’une façon comptable, leur performance n’est pas nulle dans l’absolu. Deux médailles d’argent, (et une de bronze en eau libre) : les nageurs français auraient été heureux de s’en contenter à l’issue de la plupart des vingt-huit Jeux olympiques passés.

C’est d’ailleurs ce que suggérait le président du Comité Olympique Français (CNOSF), Denis Masseglia, dans son discours d’analyse des résultats de Rio. Sa réflexion a dû faire l’effet d’un baume au cœur à Francis Luyce. Masseglia, prenant l’exemple des Jeux de Sydney et de la seule médaille (d’argent) française, (celle de Roxana Maracineanu sur 200 mètres dos), rappelait que ce bilan n’avait pas soulevé à l’époque d’inquiétude dans l’opinion publique. Cela laisse donc entendre qu’on avait été bons à Rio. Je ne saurais trop souligner l’estime que je porte à Mr Masseglia, issu de l’aviron, homme de sport et d’exigence. Je ne sais pas s’il a trouvé tout seul ou si on lui a soufflé le parallèle entre Rio et Sydney. Toujours est-il qu’il me parait nécessaire non pas de corriger la situation dépeinte par M. Masseglia, mais de la compléter en la situant dans son contexte.

SYDNEY 2000 ET RIO 2016 CE N’EST PAS DU TOUT LA MÊME CHOSE

Aux Jeux de Sydney-2000, l’équipe de France – directeur technique Jean-Paul Clémençon, directeur de l’équipe Claude Fauquet – avait enregistré 14 records de France, par  Nicolas Rostoucher sur 400 mètres, 3’51s80, et sur 1500 mètres, 15’13s26 ; le relais quatre fois 100 mètres quatre nages hommes, 3’40s31 et 3’40s02 ; Solenne Figues sur 200 mètres, 1’59s67 ; Roxana Maracineanu, sur 100 mètres dos, 1’1s66, 1’1s61 et 1’1s10 ; et sur 200 mètres dos, 2’11s01 et 2’10s25 ; Karine Brémond sur 200 mètres brasse, 2’27s13 ; Cécile Jeanson, sur 200 mètres papillon, 2’10s78 ; le quatre fois 200 mètres femmes, 8’7s03 et 8’5s99.

L’équipe de France pour Sydney était plutôt musclée, mais non dépourvue de gras, et, pour beaucoup n’avait pas dépassé les demi-finales. La DTN n’avait pas encore révolutionné ses choix d’exigence au niveau des minima.

S’il est vrai que la France n’avait pas atteint à ces Jeux un vrai statut mondial, à aucun moment on ne pouvait parler de déception, parce que nul, par rapport aux espoirs qu’on devait nourrir raisonnablement à son sujet, n’avait déçu, et si le cas était, le nombre de records battus effaçait toute amertume…

La France n’avait pas réussi à enlever une seule médaille aux Jeux précédents, à Atlanta, en 1996, et n’apparaissait donc pas dans le classement des nations ; à Sydney, elle était sortie de ce néant pour se poser au 13e rang. C’était modeste, certes, à peine mieux que la 14e place de Rio. Mais celle-ci représente une dégringolade de dix places depuis Londres 2012 ; treizième à Sydney, c’était en quelque sorte la résurrection des morts, quatorzième à Rio évoquerait plutôt un largage sans parachute.

COMMENT STRAVIUS A-T-IL RATÉ SON OCCASION EN OR

Si j’ai du mal à considérer nécessairement l’argent de Florent Manaudou comme un échec, je comprends la déception. [Je saisis moins celle du relais, qui a effectué une remarquable fin de parcours. Mais Gilot, placé au départ en deuxième position dans la finale, et dont « ils » attendaient des miracles, avait été et n’était plus, fait qui était devenu aveuglant, pendant toute la saison 2016, pour tous ceux qui regardaient les choses à bonne distance].

Entre Manaudou, Camille Lacourt et Jeremy Stravius, on a assisté quand même à trois occasions manquées ou exploitées de façon incomplète. Stravius ? Voilà un nageur qui, après les séries du 200, déclare forfait pour les demi-finales, se jugeant incapable de nager les 1’45s qu’il faudra pour se classer. Sur 100 libre, c’est pire : il est sorti en séries. Or le garçon était en forme. Mais nageant dans la même série que Nathan Adrian, il aurait décidé de calquer sa course sur le champion olympique sortant, sachant que celui-ci « part vite » (1). Et ne s’aperçoit pas que, cette fois, Nathan part lentement, et l’entraîne à l’échec. Adrian évitera la sanction ultime, finissant 16e (et dernier qualifié pour les demi-finales), quand Stravius touchera derrière ! Quand on sait qu’ayant progressé en nage libre depuis les 47s97 de cet hiver, il se sentait capable de 47s5 ou 47s6 et que cela a été le temps du vainqueur, il y a de quoi se mordre les doigts.

Un tel incident peut être considéré comme une anecdote et passé à la trappe. Après l’avoir présumé hors de forme, je me dirais : Stravius n’a pas eu de chance. Mais Claude Fauquet en tire une leçon tout à fait différente : « je crois, explique-t-il, qu’on a complètement perdu cette culture que j’avais imposée en équipe de France, de nager vite d’entrée. Des gens entraînés comme ils le sont aujourd’hui sont en mesure de récupérer facilement de tels efforts. C’était le sens de ce que j’avais instauré avec les trois temps de qualifications : qu’on arrête de faire les malins. Il faudrait être Phelps pour se permettre ce genre de petit jeu – et encore ! »

Dire cela, c’est mettre le doigt où ça fait mal: sur la plaie. L’équipe de France a trébuché? Certes, mais à l’issue de ce que j’appellerais un auto-croche-pied. Assez vite et depuis huit ans, les héritiers ont bazardé les points forts de la stratégie fauquetienne, marquée par une réflexion rigoureuse sur les ressorts de la performance, pour les remplacer par des arrangements qui confondent efficacité et habileté. C’est comme ça qu’on décide de se passer des minima en séries aux sélections, qu’on abandonne les demi-finales, lesquelles permettent de mimer pour les meilleurs les conditions des Jeux olympiques, qu’on détruit de façon dramatique tout sentiment de confiance en revenant sur les critères des minima olympiques il est vrai mis en place par des fous furieux, tout en se félicitant dans un mensonge hallucinant d’avoir été rigoureux.

On qualifie les copains, transforme Bousquet en nounou de Florent Manaudou, on retient des remplaçants au relais quatre fois 200 mètres, s’offrant ainsi des sélections marseillaises en plus (ce ne sont d’ailleurs pas les seules), on se contraint du coup à les utiliser en raison des règlements et donc, avec le remplacement un peu surréaliste, de dernière minute, d’un Agnel défaillant par Joly, on achève de ne pas qualifier ce relais qui, à tort ou à raison, rêvait médailles.

L’échec est une chose. Mais il y a aussi le sentiment d’une déliquescence dans le management des équipes de France. On est passé de la réflexion de chaque instant, du décorticage tatillon, pensé, analytique, rationnel, de chaque obstacle potentiel, ainsi que d’une étude de tous les moyens de les contourner (qui me rendait parfois l’écoute  d’un Philippe Dumoulin presque comique de par la faculté qu’il avait  de débusquer tous les bugs possibles et imaginables là où je n’avais vu rien à redire), d’une façon d’appréhender la compétition internationale comme un champ de mines qu’on désarmait par avance, précautionneusement ; on est passé, dis-je, d’un système minutieux à un autre système dont je ne peux guère trop parler – puisque je n’y étais pas et que, de toute façon, ces gens étouffent toute velléité de communication – sauf à dire que ce système a produit la première fausse note collective d’une équipe de France de natation en grande compétition internationale depuis près de vingt ans.

A l’arrivée ? On est passé d’une équipe de France rayonnante à une équipe de France qui ne tient pas ses promesses.

L’interrogation qui me vient concerne Stéphane Lecat. Vu qu’il est le directeur des équipes de France, voilà, en théorie, le grand responsable du gâchis. Or, rien n’est moins sûr. Pourquoi ? Parce que Lecat a montré avec l’eau libre sa capacité à accompagner et à susciter des résultats. La médaille de bronze de Marc-Antoine Olivier au 10 km messieurs, après l’or d’Aurélie Muller aux mondiaux de Kazan (et cet argent raté à Rio), le titre mondial juniors de Logan Fontaine, l’intégration de Philippe Lucas dans l’équipe de France, et les résultats d’ensemble de l’eau libre, témoignent que l’ancien champion du monde n’a rien perdu de sa flottabilité, quand autour de lui, ils ont tous pris l’eau. Stéphane, me suggère-t-on, sait faire vivre une spécialité, il travaille bien quand on lui laisse les coudées franches. Bien évidemment ! Pris en sandwich entre Luyce et Favre au-dessus et Barnier en-dessous, trois personnalités assez compliquées, ça devient une tout autre affaire.  

Il serait farce que ce garçon joue le rôle du fusible dans la blague que Jacques Favre au scénario, Francis Luyce à la réalisation et Romain Barnier à la mise en musique ont montée de mains de maîtres.

Tiens, j’y songe J’ignore si Favre a pratiqué à l’approche des Jeux le jugaad, ce système D tiers-mondiste dont il se prévalait lors de sa nomination surprise au début 2015, mais alors je crois qu’il s’est pris les pieds dans ses bouts de ficelle.

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1). Je ne sais trop si Nathan Adrian part particulièrement vite, ne disposant pas de tous ses découpages de course. S’il est vrai qu’en finale des « trials », il passe relativement vite, 2e au mur, en demi-finales, il ne se situe sur le mur qu’en 23s14, en 3e position, et se signale surtout par un retour en 24s77, plus vite que tous les autres concurrents ; en série, il nage respectivement 23s26 (5e) et 25s17, et là encore est meilleur finisseur que partant. Stravius a dû penser que finir juste derrière Adrian le qualifierait, alors que l’Américain allait être le dernier qualifié pour les demi-finales. Cela s’appelle se prendre la porte sur le nez !

Il est possible que l’information sur laquelle s’était appuyé Stravius était obsolète. Aux trials 2012 (qui le conduiraient à son titre olympique), Adrian enlevait la finale en 48s10 avec passage en 22s69, 0s45 plus vite qu’en 2016. En demi-finale, il passe en 22s64 pour 48s33 ; mais aux préliminaires, il se contente de 49s17 et passage en 23s32. On peut dire que déjà en 2012, Adrian ne passait pas vite… en séries. Mais surtout, depuis, qu’il a appris à équilibrer ses courses.

RYAN LOCHTE PERD RALPH LAUREN ET SPEEDO

Mardi 23 août 2016

Quatre commanditaires de Ryan Lochte l’ont abandonné, a la suite de ses démêlés avec la justice brésilienne. Ralph Lauren, l’équipementier Speedo, Syneron-Candela (épilation !) et, semble-t-il aussi, Airweave (matelas). Les avis divergent, aux USA, dans l’entreprise, au sujet de savoir si Ryan Lochte, qui avait gagné 2.300.000$ de contrats publicitaires en 2012 (en plus des 30.000$ alloués par USA Swimming, risque de perdre sa force de vente. Sa fortune actuelle est estimée à 3 millions de dollars. Les nageurs que poursuit aujourd’hui le business sont Michael Phelps et Katie Ledecky, estiment en général les spécialistes de ces questions.