2017 EN FRANCE, L’ANNÉE DE TOUS LES… (1) : EAU LIBRE

2017 EN FRANCE, L’ANNÉE DE TOUS LES SUCCÈS, EAU LIBRE

Éric LAHMY
Jeudi 23 Novembre 2017


Si les résultats 2017 de l’eau libre française ne vous plaisent pas, c’est que vous êtes très difficile. Le bilan, rappelons-le, c’est celui des championnats du monde de Budapest.
Côté femmes, Aurélie MULLER termine 2e du 5 kilomètres, où elle est battue par l’Américaine Audrey TWICHELL et devance la Brésilienne Anna Maria CUNHA. Sur 10 kilomètres, l’élève de Philippe LUCAS l’emporte devant la surprise, l’Equatorienne Samantha AREVALO et l’Italienne Arianna BRIDI. Le 25 kilomètres dames est la seule course de Budapest où un Français ne monte pas sur le podium (MULLER 8e) : CUNHA y gagne devant Sharon VAN ROUWENDAAL (Pays-Bas) et Arianna BRIDI.
Messieurs ? C’est très bon aussi, Marc-Antoine OLIVIER gagne sur 5 kilomètres devant l’Italien Mario SANZULLO et le Britannique Timothy SHUTTLEWORTH ; toujours OLIVIER est 3e des 10 kilomètres derrière Ferry WEERTMAN, Pays-Bas, et Jordan WILIMOVSKY, tandis que David AUBRY est 6e de la course. Axel REYMOND remporte les 25 kilomètres devant Matteo FURLAN, (Italie) et Evgueny DRATTSEV (Russie).
Après ce feu d’artifice des courses individuelles, le titre par équipes (mixte, deux garçons et deux filles) se présente sur le papier comme un match entre la France et l’Italie, mais notre formation, où OLIVIER et MULLER sont accompagnés des jeunes Océane CASSIGNOL et Logan FONTAINE, échappe à tous contrôles et l’emporte de loin ; les Italiens se voient ravir l’argent par les USA.
Au bout du compte, la France remporte en Hongrie quatre des sept médailles d’or mises en jeu (les trois autres se partagent entre les USA, les Pays-Bas et le Brésil). Avec six places de podiums, la France est bien devant l’Italie, 4 accessits, et fait deux fois mieux que les USA.
Pourquoi ça marche si fort ? C’est peut-être difficile à cerner. Ironiquement, dans l’esprit des gens, le succès s’explique plus mal que l’échec. Dans l’euphorie, on n’aime pas penser, seulement jouir de la victoire. Je ne sais si j’avais raison, le jour où j’ai inventé – ou repris quelque part – que l’échec rendait intelligent. Perdre perturbe, mais fertilise les neurones : on VEUT comprendre, trouver des raisons, on espère pouvoir rectifier le tir ; on est prêt à se perdre dans des tas d’explications, de justifications, Il n’y aurait eu qu’à, il fallait qu’on…
…Parfois, on attrape même un coupable !
Mais le succès, celui, ici, de l’eau libre, incite au relâchement, à la paresse, à chanter « on est les meilleurs. » Là les chercheurs d’explications, voire les Cassandre et autres donneurs de leçons, restent sans voix, ou, du moins sans écoute. On exige de faire taire les raseurs. De quoi s’inquiéter quand tout va bien ?
Mais il est quand même bon de s’interroger sur les causes d’un succès… Cela peut aider à le relativiser, le pondérer, et mesurer, et si l’on est astucieux, à le prolonger.

1. AURELIE MULLER

La première raison (la raison majeure) du succès de l’eau libre française s’appelle Aurélie MULLER. Elle a été élue meilleure nageuse du monde 2017, comme, deux ans plus tôt. On sait pourquoi. Sans elle, la France n’aurait pas de titre sur la distance olympique (10 kilomètres). MULLER a été championne du monde 2015, à Kazan, en Russie, après avoir été 2e des championnats d’Europe de Berlin en 2014 derrière sa camarade d’entraînement et ennemie de compétition Sharon VAN ROUWENDAAL. Elle a déjà une longue carrière, piscine et eau libre, quand elle décide de rejoindre le groupe d’entraînement de Philippe LUCAS ; ses débuts remontent à l’époque où elle se mesure à Laure MANAUDOU sur 800 mètres. Aurélie est très douée, mais MANAUDOU a un talent a faire peur et, au sommet de sa forme ne laisse rien passer. Aurélie monte en distance…
Ces quatre dernières saisons (2014-2017) elle a tout donné, tout apporté, même le pathos de sa douloureuse disqualification dans le 10 kilomètres olympique de Rio.
On se souvient que, deuxième de la course, à cent mètres de l’arrivée, « collée » par l’Italienne BRUNI qui se fait aspirer, Aurélie s’écarte franchement, bifurque et… se fait piéger par le dessin foireux de l’aire d’arrivée. Un choix compliqué et acrobatique effectué dans la foulée en une fraction de seconde suivi d’un autre, toujours dans l’urgence, de conserver l’argent face à l’Italienne, et MULLER se trouve éliminée sur réclamation.
Une Aurélie revancharde atteste en 2017 de sa mainmise sur la discipline. La voici qui gagne pour la deuxième fois, deux ans après Kazan, la course majeure. Cela fait quatre ans qu’elle se pose tout en haut de la hiérarchie mondiale.
Il ne faudra pas attendre grand’ chose dans l’eau pour elle en 2018. Aurélie nage depuis la rentrée à mi-temps et suit une formation. Elle sera diététicienne. L’eau libre donne à boire, mais pas à manger, les sponsors ne se bousculent pas, et il faut assurer l’après-carrière.

2. Philippe LUCAS

DEPUIS QUARANTE ANS, QU’IL PLEUVE OU QU’IL VENTE, LUCAS SE TROUVE AUX AURORES, SES CHRONOS EN BANDOULIERE, AU BORD D’UN BASSIN, A DIRIGER LA MANŒUVRE D’UNE BANDE DE PASSIONNES, QUI SE TROUVENT ETRE LE FER DE LANCE MORAL DE LA NATATION FRANÇAISE.

Le haut-niveau est souvent perçu, quand on l’analyse globalement, comme une affaire collective. Mais si l’on va à l’essentiel, ce ne sont jamais beaucoup de personnes qui font les résultats. Philippe LUCAS est de ceux là. A Budapest, sommet de la saison, il place Aurélie MULLER sur deux podiums, mais aussi Marc-Antoine OLIVIER, un nageur qu’il a « chipé » au Normand Èric BOISSIERE. Comme coach, il tient donc la boutique France. Sans Philippe, Aurélie aurait-elle été relancée de telle façon ces quatre dernières années ? Pas sûr du tout. Philippe LUCAS est reconnu comme technicien, mais plus encore comme meneur d’hommes (et surtout de femmes) d’exception.
C’est surtout un coach de fer, sans concession pour ses nageurs comme pour lui-même. Ça doit faire quarante ans, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il se trouve aux aurores, voire plus tôt, ses chronos en bandoulière, au bord d’un bassin, à diriger la manœuvre d’une bande de passionnés, qui se trouvent être le fer de lance moral de la natation française.
LUCAS n’a pas hésité à prendre des coups, année après année, pour assurer sa liberté d’action. On lui connait quelques défauts, certes, on ne va pas chinoiser là-dessus, mais on doit reconnaître qu’il n’a jamais cessé de se mettre en danger pour travailler et poursuivre les plus hautes ambitions.
LUCAS n’est pas le seul entraîneur de la longue distance française, il est seulement celui qui obtient les meilleurs résultats. Il entraîne d’ailleurs avec la Néerlandaise Sharon VAN ROUWENDAAL, la championne d’Europe 2014, championne olympique 2016, et la plus dangereuse adversaire de MULLER. Mais l’équipe de France, c’est aussi le groupe d’Eric BOISSIÈRE, lequel, pendant toute sa carrière, s’est fait plumer beaucoup d’éléments parce que Rouen n’a jamais offert les conditions permettant de les conserver. Eric a réussi à assurer de bonnes conditions pour sa dernière trouvaille, Logan FONTAINE, champion d’Europe et du monde junior 2017 ! Ajoutons Magali MERINO, entraîneur d’Axel REYMOND, le champion du monde des 25 kilomètres.

3. Stéphane LECAT

Dans un classement comme celui-là – un classement que je conçois plus comme un jeu que comme une stèle taillée dans la pierre –, il ne faut pas espérer établir une hiérarchie infaillible. LECAT est ici 3e, mais j’aurais pu le placer premier, ça m’a d’ailleurs démangé très fort.
Sans Stéphane, en effet, il est très difficile de savoir où l’eau libre française se trouverait.
Au départ, il est le plus grand champion français de natation de longues distances de l’histoire, et je remonte jusqu’à Roger Le MORVAN ou à Géo MICHEL. C’étaient des cadors, dans leur temps, et on pourra arguer à l’infini des exploits des uns et des autres, mais LECAT doit avoir la pointure au-dessus, enfin c’est mon avis, et je crois que le seul nageur de notre pays qui pourrait l’égaler est une femme, et c’est justement Aurélie MULLER.
LECAT, si vous préférez, c’est Aurélie MULLER, garçon, il y a vingt ans. Faut voir comment ils parlaient de lui, à l’International Swimming Hall of Fame de Fort Lauderdale, quand il y a dix ans, j’y passai huit jours pour la réalisation d’un livre. Le brave dirigeant qui m’avait demandé de l’aider à monter son dossier d’intronisation avait l’air d’ôter son chapeau chaque fois qu’il disait : LECAT. C’est sûr, là-bas, à l’ISHOF, LECAT était perçu comme un Mark SPITZ ou un Michael PHELPS français qui préférait nager 50 kilomètres que 400 quatre nages !
Mais le plus épatant restait à venir. Pour résumer, le meilleur nageur d’eau libre du monde des années 1990 est devenu à quarante-six ans le meilleur manager d’équipe d’eau libre du monde et sous sa direction, en relativement peu d’années, la France, qui se maintenait à un niveau honorable, a accéléré et a commencé à passer les grosses équipes, une par une et parfois plusieurs à la fois, Sud Africains, derrière, Australiens, derrière, Allemands, derrière, Britanniques, derrière, Italiens, derrière, et pour finir, en 2017, Néerlandais derrière…
J’ai demande à Frédéric BARALE, l’un des entraîneurs les plus capés de ces dernières années (il a coaché Coralie BALMY), et qui bosse aujourd’hui avec l’eau libre, quel était le plus qu’apportait LECAT dans l’équipe de France. « C’est quelque chose de particulier, a-t-il répondu alors qu’il s’apprêtait à diriger un stage à Alger avant de rejoindre dix jours Font-Romeu. « C’est comme à la guerre, il y a des capitaines qui vous disent d’attaquer à la baïonnette au coup de sifflet. Avec certains d’entre eux, on n’y va pas. Avec lui, on y va. Il a une telle compétence, une si grosse connaissance de son sujet, il a tellement tout fait ce qu’il demande à ses nageurs mieux que tout le monde que s’il vous dit d’y aller, vous ne pouvez pas ne pas lui faire confiance, vous savez que c’est ce qu’il faut faire… »
« Il a aussi une force qui consiste à mettre les problèmes de côté et de faire surgir la motivation de travailler ensemble. C’est le type qui fait bosser Eric Boissière et Philippe Lucas ensemble, et ça marche. »

« VOUS ETES DANS CET HOTEL 5 ETOILES, CE N’EST PAS MOI QUI L’AI CHOISI ; NE VOUS ATTENDEZ DONC PAS A RETROUVER ÇA A CHAQUE FOIS CAR ÇA NE SERA PAS LE CAS. »

« Il est vrai que les nageurs d’eau libre pratiquent une humilité qui a déserté, ces dernières années, la natation piscine. Ils sont capables de nager dans des conditions difficiles, sans jamais rechigner ; personne ne râle. Entraîneurs des nageurs de bassin juniors, j’ai retrouvé avec ceux de l’eau libre un plaisir d’entraîner, et dans cela, Stéphane LECAT est pour beaucoup. »
Ce souci de rusticité inhérent a sa spécialité de plein air (et de pleine eau), LECAT ne veut surtout pas l’abandonner : « l’an dernier, nous avons disputé un Coupe du monde à Abu Dhabi. L’équipe était logée dans un féérique hôtel cinq étoiles. Lecat les a tous réunis et la première chose qu’il leur a dit, c’est : « vous êtes ici, dans cet hôtel. Et ce n’est pas moi qui l’ai choisi ; ne vous attendez donc pas à retrouver chaque fois les mêmes conditions car ça ne sera pas le cas. »
BARALE approuve. Les anecdotes ne manquent pas où les nageurs de piscines deviennent des enfants gâtés. Aux mondiaux de Budapest, une nageuse se fait plus remarquer quand elle demande de changer de chambre (elle trouve la sienne « glauque ») que dans sa course (elle finira 17e). « Quand, dans des stages de clubs à Font-Romeu, ils préfèrent loger dans des chalets plutôt qu’à Latour, ce n’est pas admissible. Quand, lors d’un stage d’entraînement à Tenerife, ils ont loué des villas pour être plus près de la piscine et ne pas avoir à marcher dix minutes, et on sait que Michaël PHELPS n’avait pas ces exigences… »
Les marathoniens ne sont pas pollués par ces comportements de stars très éloignés de la frugalité qui bâtit le champion de sport, et, « avant les Jeux,  dit encore Barale, on partageait avec les Chinois une salle de musculation dont le sol était en terre battue. »

Un autre point important, c’est l’image que colporte LECAT dans le milieu de la natation. Parfois, dans les réunions FINA, dans certaines compétitions, où l’on se croirait, vu le niveau des responsables, dans un match régional, LECAT surplombe en termes de compétences. Mais aussi, « il connait tout le monde, il est respectueux et il est respecté. Vous savez, la France peut faire gaffe à le garder, parce que bien des fédérations étrangères aimeraient le récupérer. »


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11 comments:

  1. Aigues

    Louer une villa pour gagner 10 minutes de marche à pied pour aller à l’entrainement, certains y voient des caprices d’enfants gâtés et un manque d’humilité incompatible avec le statut de champion. D’autres y voient le souci du détail qui fait la différence à haut niveau et… qui caractérise les grands champions.

    De même, une fille qui ne dort pas de la nuit parce qu’elle ne se sent pas bien dans sa chambre pourra difficilement être à 100% pour la compétition du lendemain.

    Après, sur une discipline comme l’eau libre où il faut aimer souffrir, la frugalité et les « mauvaises » conditions de travail font partie d’un processus d’endurcissement qui est sans doute nécéssaire, et un excès d’humilité ne peut pas faire de mal. Mais cela ne se passe pas ainsi dans toutes les disciplines: un nageur de 50 réglé au milimètre doit penser que 10 minutes de marche c’est quelques joules de moins à mettre dans la course, un tennisman ne va pas accepter de préparer un tournoi sur herbe en s’entrainant sur terre battue, etc.

    1. Eric Lahmy *

      On peut certes toujours réprouver tout ce qui est dit dans cet article, notamment par Barale, avec des arguments rhétoriques qui ne correspondent pas à la réalité ou à ce qu’il essaie d’expliquer. Mais ses arguments sont issus d’une expérience concrète alors que vos assertions ont un petit goût théorique et trop généraliste. Bien sûr, il y a une panoplie de cas, mais ils ne peuvent être traités qu’au coup par coup !
      Par exemple, je pense que la jeune fille qui dort mal avant une compétition parce qu’elle ne se sent pas bien dans une chambre d’hôtel de bonne qualité dort mal pour de tout autres raisons que l’aspect de sa chambre d’hôtel. Elle dort mal parce qu’elle n’est pas concentrée sur son objectif, n’attend rien de la compétition, espère seulement y passer du bon temps, s’écoute un peu trop, est toujours inquiète avant les grands rendez-vous, et aurait mieux fait de ne pas être sélectionnée (rayer les mentions inutiles). La différence entre son comportement et celui des autres sélectionnés me parait être assez exactement ce qui lui manquera pour être à 100% dans la compétition.
      Par exemple aussi, sans être un expert des déplacements aux abords des stades en stages, louer des villas pour gagner dix minutes de marche avant l’entraînement ne pourra jamais être sérieusement considéré comme le signe d’un souci du détail qui caractérise les grands champions. Bien au contraire ! Dans le domaine
      Il peut en aller autrement si ces dix minutes se situent juste avant la compétition (et encore)…
      Compte tenu des « joules » qu’un sprinteur dépense de nos jours dans la salle de musculation, voir un danger dans dix minutes de marche avant l’entraînement (il ne s’agit plus ici de compétition) me semble une attitude mentale assez pusillanime.
      Bien entendu, tout cela doit être pondéré en fonction d’une multitude de détails et d’aléas, et je pense que chaque coach, chaque manager a son approche.
      Mais vous me donnez là un très beau sujet de réflexion et d’article. J’y ai déjà des éléments-clés, j’espère, si je me décide à l’écrire, ne pas oublier de vous parler de Mark Spitz à Berlin, de Peter Ustinov pendant la Seconde Guerre mondiale, des quatre victoires olympiques du discobole Al Oerter, de Yannick Noah capitaine de la Coupe Davis, de l’Art de la Guerre, de l’approche de la finale olympique des perchistes français aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 et de quelques autres réflexions qui me viennent à l’esprit…

      1. Aigues

        Ah mais je ne réprouve pas, je pense que ce qu’il dit est logique et correspond sans aucun doute à la réalité de sa discipline.

        Ce que je dis, c’est que ce n’est pas forcément transposable aux autres disciplines. Du coup la petite pique sur le manque d’humilité prétendu des nageurs de piscine (français?) – même si elle est peut-être méritée – n’est pas forcément utile. Et je suis le premier à « préférer » les sportifs humbles.

        1. Eric Lahmy *

          Cette petite pique n’est peut-être pas forcément utile en effet. Si j’en crois quelques échos reçus ici et là, elle n’est pas non plus forcément inutile!

      2. Pedro

        « Elle dort mal parce qu’elle n’est pas concentrée sur son objectif, n’attend rien de la compétition, espère seulement y passer du bon temps, s’écoute un peu trop, est toujours inquiète avant les grands rendez-vous, et aurait mieux fait de ne pas être sélectionnée (rayer les mentions inutiles).  »

        Quand on veut défendre mordicus une thèse, on écrit avec des œillères et on raconte souvent du grand n’importe quoi… Ce qui ne serait pas une première sur ce blog.

        1. Eric Lahmy *

          J’avais un ami journaliste qui me disait qu’il ne fallait pas perdre son temps à l’édification des imbéciles. Je vais suivre son conseil.

  2. Bernard Demure

    La densité du niveau des compétiteurs en eau libre est sans doute inférieure comparée à celle en bassin. Cela peut expliquer pourquoi une équipe « commando » a plus de chances de réussir. Cela n’enlève rien aux mérites des personnes que vous avez citées.

    1. Eric Lahmy *

      Qu’est-ce qui vous suggère que la densité des compétiteurs en eau libre est inférieure à celle des bassins ?
      Une simple illusion d’optique…
      …En finale du 50 mètres messieurs à Budapest, les perfs sont : Caeleb Dressel, 21s15 ; Bruno Fratus, 21s27 ; Ben Proud, 21s43 ; Vladimir Morozov, 21s46 ; Pawel Juraszeck, 21s47 ; Ari-Pekka Liukonnen, 21s67 ; Kristian Golomeev, 21s73, Cesar Cielo, 21s83,
      soit une différence de 0s68 pour un peu moins de 22 secondes d’effort.
      En finale des 10 kilomètres, les perfs sont : Weertman, 1h51’58s5 ; Wilimovsky, 1h51’58s6 ; Olivier, 1h51’59s2 ; Burrell, 1h52’0s8; Rasowszky, 1h52’1s7; Aubry, 1h52’1s9; Ruffini, 1h52’7s7; Dratsev, 1h52’10s1,
      Soit une différence de 11s6 pour un peu plus d’une heure cinquante d’effort.
      Qu’est-ce que cela signifie ?
      Si l’on rapporte les résultats du 50 mètres sur 10 kilomètres, les 0s68 qui séparent Dressel de Cielo sur 50 mètres correspondent à une différence de 1 minute et 40 secondes sur 10 kilomètres.
      D’un autre côté, si on réduit le champ des 10.000 mètres à une longueur de bassin olympique, la différence de temps entre Weertman et Dratsev correspond à 0s058 par 50 mètres.
      Toujours si l’on rapporte le 10.000 mètres à un 50 mètres, les six premiers de la course sont séparés par moins d’un centième de seconde et auraient été déclarés TOUS LES SIX, PREMIERS EX-AEQUO.
      On s’aperçoit dès lors que la densité de performances sur 10.000 mètres est incomparablement supérieure à celle des 50 mètres, et que la différence entre le vainqueur et le huitième du 10 kilomètres est comparativement plus étroite que celle qui sépare le vainqueur et le DEUXIEME des 50 mètres.
      Dès lors, je ne sais plus en quoi « une équipe de commando a plus de chances de réussir en eau libre qu’en sprint », et ce n’est sûrement pas en raison de la « faible densité » des performances.
      Ma conclusion provisoire est la suivante : pour tous les paramètres qui font la compétition, il est incomparablement plus difficile de réussir une action commando sur 10 kilomètres que sur 50 mètres, et par extension, quoiqu’avec des aménagements (je me sens de nuancer un peu, n’aimant pas trop les généralités), je prétendrai qu’il est plus difficile de gagner en eau libre qu’en nage de piscine…

      1. Aigues

        Sauf si l’eau libre en question est un bassin sans vague, Eva Risztov peut en témoigner.

        Je ne suis pas sûr que votre démonstration soit juste, le profil de course en eau libre ressemble à celui du cyclisme sur route, avec des échappées qui se «  » »réservent » » » pour un sprint final une fois l’écart avec le peloton suffisamment grand. L’écart final entre des concurrents proches est donc souvent l’écart resultant de ce sprint relativement court. Même sans parler d’eau libre, un gars comme Sun Yang dans un joueur où il est supérieur à Paltrinieri va se contenter de rester avec l’Italien pour le règler au sprint puisque c’est la tactique la moins risquée, il gagnera au final avec un écart plus court que s’il avait tout nagé tambour battant.

        Puis franchement, dans l’utilisation qu’on fait ici du mot « dense », un sprint avec 4 nageurs ex-aequo en 50.0, c’est moins dense que 48.0/48.5/49.0/49.5.

        1. Eric Lahmy *

          Tout ça je le sais très bien, j’ai suffisamment suivi de tours de France cyclistes pour m’en convaincre, mais je peux vous dire que si Weertman pouvait mettre plus de cinq dixièmes à la meute de nageurs, il partirait bien avant et de toute façon votre théorie de la densité de compétition comparée entre eau libre et piscine tombe à l’eau. Or, c’est cela le centre du sujet, à cela que j’entends répondre!
          Par ailleurs si l’on veut comparer à tout pris, Weertman n’est peut-être pas fichu de nager un 50 mètres en moins de 24 secondes, mais Dressel mettrait trois heures avant de finir un dix kilomètres!
          Par ailleurs, pas de confusion: quatre nageurs en 50 secondes, c’est moins rapide que vos nageurs étagés en 48s et 49s55, mais quoique vous disiez, c’est plus dense. C’en est même opaque!

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