Mois : février 2017

PRESIDENCE DE L’ILE-DE-FRANCE : JEAN JACQUES BEURRIER ECRASE LA CONCURRENCE AVEC 88,5% DES SUFFRAGES

Eric LAHMY

Samedi 25 Février2017

Jean-Jacques Beurrier a été élu par plus de 88% des voix président de la nouvelle Ligue de l’Île-de-France de natation, qui s’est tenue ce samedi matin à partir de 9 heures, à l’issue des assemblées générales extraordinaire (vote des nouveaux statuts), ordinaire et élective, tenues à la D.R.J.S.C.S. d’Île de France, aux 6-8 rue Eugène Oudiné, Paris 13e .

Après que 32 des 35 candidats au Comité directeur aient été élus, le 32e et dernier étant le directeur général de la Fédération, Louis-Frédéric Doyez, M Beurrier a été présenté aux suffrages de l’assemblée, après avoir écarté Raymonde Demarle par le score sans appel de 27 voix contre 3 lors du vote du bureau. Que madame Demarle ait maintenu sa candidature était plutôt plus courageux que judicieux, compte tenu du faible score qu’elle avait obtenu parmi les candidats du Comité directeur.  

La proposition d’élire M. Beurrier a été accueillie par un oui franc et massif de l’assemblée, plus de 88% des présidents de clubs votant en sa faveur.
Dans la foulée, étaient désignés les délégués à l’élection nationale, le 2 avril prochain, par M. Jean-Jacques Beurrier, et confirmés par 92% des voix de l’assemblée.

En  filigrane à cette élection et à celle de M. Bernard Dalmon, président du Midi-Pyrénées, en Occitanie, c’est du plomb dans l’aile que prend le parti de la sixième réélection de Francis Luyce à la tête de la Fédération. L’équipe de Gilles Sezionale, selon certains calculs, disposerait de 63 à 70% des votes des délégués.

A suivre car ce n’est pas fini, Luyce n’ayant pas encore épuisé son crédit téléphonique…

UN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION, EST-CE INDISPENSABLE ?

Éric LAHMY

Mercredi 22 Février 2017

Si l’on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé ces dernières années à la Fédération française de natation, autour des personnalités de Francis Luyce, le président, et de Louis-Frédéric Doyez, le directeur général (« général de quoi, me questionnait un interlocuteur, on se demande, sachant qu’il ne gère que 20% du budget fédéral », mais passons), il faut remonter à quelques années.

Quand Claude Fauquet devint le Directeur technique national, il s’évertua à installer auprès de chaque direction administrative, un technicien. En collant un « double » technique, bombardé du titre de référent, auprès de chaque administration, il cherchait à s’assurer que le travail fédéral reste bien orienté. Cette façon de procéder était innovatrice, dans la mesure où elle permettait de rompre avec un fonctionnement en parallèle d’une administration et d’une technique qui, comme toutes les parallèles qui se respectent dans la géométrie euclidienne, ne se rencontrent jamais.

Mais dans la vie, les parallèles s’affrontent !

Ce type de binôme ne survécut pas longtemps au départ de Fauquet. Son héritier, Christian Donzé, n’y croyait pas. Pourquoi ? Difficile à dire. Cela venait, m’assure-t-on, de ce que Donzé était resté un nageur, ne voulait rien être d’autre, et ne voyait sa fonction qu’à travers le prisme de la natation-course, rien d’autre.

Et donc, Donzé récusa ce modèle (aussi parce que cette stratégie lui était étrangère?) Les attelages technicien-administratif tombèrent en désuétude.

L’histoire des quatre années de la direction de Donzé, peut être vue, d’un certain point de vue, comme une reprise par Luyce (et Doyez) du terrain conquis par Fauquet, dont la personnalité, sous une apparence benoite, était d’une solidité à toute épreuve. Fauquet est il est vrai un homme de convictions. Donzé aussi, mais il ne parut pas avoir des nerfs assez solides pour tenir le choc. Et fasciné par son objectif d’excellence, il oublia de conforter sa position…

Peut-être  aussi (surtout ?) ne s’adossa-t-il pas résolument sur ses techniciens, comme Fauquet. Lorsqu’il fallut se coltiner les pesées de Luyce, soucieux de son statut de patron, et même de Doyez, qui lui, semblerait plutôt avoir poursuivi un but plus compliqué et à long terme, d’asseoir un pouvoir, Donzé ne sut donc trouver, dans la DTN, un collectif qui l’aurait ressourcé. Fauquet a pu être critiqué, mais ses techniciens à la fédé faisaient bloc derrière lui (sauf Donzé !) parce qu’il était, de son côté, capable de les défendre avec un formidable dévouement.

Tout le monde raconte qu’au moment du triomphe de Londres, quand tous « ses » techniciens auraient pu l’entourer d’enthousiasme, Donzé, pour n’avoir pas assez partagé, était, étonnamment esseulé.

C’est difficile à croire !

Donzé était assez mal considéré lors de sa nomination. Le lendemain de son adoubement, L’Equipe fit paraitre une interview de… Lionel Horter, le nouveau directeur de la natation de course, et expédia l’arrivée du nouveau DTN en trois lignes. Ceux qu’il devait diriger ne l’appréciaient guère, en raison des critiques qu’il avait émises contre Fauquet. On prétendait même que Luyce l’avait choisi en fonction de ses propos défavorables vis-à-vis de son prédécesseur…

En quatre ans, cependant, il remonta son handicap, se fabriqua une légitimité, que soulignèrent, aux Jeux de Londres, des résultats sans précédent de l’équipe de France.

Sa côte était en hausse, il était devenu médiatique, on s’arrachait ses entretiens, et il avait l’écoute du ministère des sports. Mais à la Fédé, son statut restait incroyablement faible. Une sourde animosité l’entourait. Il aurait eu de violents échanges de courriels avec Luyce, Bahon et Doyez. C’est du moins le point sur lequel s’accordent les témoins, dans la DTN, que j’ai pu interroger.

Christian Donzé s’était en outre aliéné Luyce en raison d’un incident assez modeste, mais auquel le président accorda une grande importance. De quoi s’agit-il ?

Luyce en avait particulièrement voulu au DTN au sujet de Séverine Rosset. Que s’était-il passé ? Conseillère technique régionale du Nord, la région gérée par Luyce, Séverine avait démissionné pour assumer la fonction de directrice nationale de la natation marocaine. Quand elle décida de revenir en France, elle le fit sans que Luyce ne l’apprenne, et Donzé l’installa discrètement sur un poste de CTR en Bourgogne, la région dont elle était originaire. Luyce, surpris, affirma sans rire à son DTN qu’il ne lui « pardonnerait jamais » cette félonie.

Beaucoup plus pesant, Luyce refusa de prolonger le contrat de Donzé malgré ses succès londoniens, et parut s’amuser quand il affirma qu’il laisserait à son successeur le soin de décider s’il le reprendrait ! Le successeur, c’était Luyce, qui était le seul candidat à sa réélection! Mais toujours est-il que Donzé, le DTN français le plus bardé de médailles des Jeux olympiques de Londres, tous sports confondus, à Noël, retourna dans sa famille sans savoir s’il avait toujours son job. Le malheur voulut qu’il succombe d’une crise cardiaque lors d’une course de VTT. On mit en avant des antécédents familiaux pour expliquer cette tragique fin de parcours, mais les stress de ses dernières semaines d’existence ne firent rien pour épargner son cœur, et éclairèrent sur les belles qualités managériales de Luyce, patron reconnaissant et généreux vis-à-vis des serviteurs de la natation.

Après Donzé, ni Lionel Horter, ni Jacques Favre ne purent rien pour asseoir la Direction technique nationale. C’est alors que la méthode lancée par Fauquet qui revenait à doubler tout administratif d’un technicien, fut reprise, ou retournée. Doyez aurait collé auprès des services techniques un administratif.

Assurer une double représentation, accoler à chaque responsable technique un responsable administratif, cela peut-il soit vider les techniciens de leurs attributions, soit les contenir, les empêcher de travailler ? Est-ce instaurer une double loyauté, vis-à-vis du DG face au DTN?

Peut-on y voir une augmentation du pouvoir du directeur général, voire, comme j’ai pu l’entendre dire, une vampirisation de la DTN ?

Rien n’est sûr dans ce domaine, et certains référents administratifs auprès des techniciens  insufflent en fait une valeur ajoutée décisive au fonctionnement. D’assez remarquables personnes comme Joëlle Laville (vie de l’athlète), Catherine Arribe (formation) et Florence Garnier (recherche) amènent un plus dont tout le monde parait se féliciter. Il y en a d’autres, mais je ne puis vous parler que de ceux que je connais ou qui m’ont été chaudement recommandés. (J‘ai aussi rencontré ou n’ai eu qu’à me féliciter de l’efficacité dans leurs services, de Nicolas Menanteau, Charlotte Despreaux, et, il y a plus longtemps que ça, de Sophie Lardillat et de Dany Salles). (Il parait équitable de rappeler qu’un grand nombre de ces compétences ont été engagées par Doyez)…   

Il est en fait difficile de trouver vertueux un système lancé par le directeur technique et pernicieux ce même système quand proposé par le D.G, quelle que soit la méfiance qu’il inspire ici ou là.

C’est dans d’autres domaines qu’à mon avis Doyez, homme des plus compliqués, peut être répréhensible.

Mais bien entendu, on ne saurait ignorer combien les relations paraissent parfois difficiles à l’intérieur de la fédération, en haut de la hiérarchie, où le ménage à trois élus, technique, administratifs n’est pas aussi harmonieux qu’il pourrait – et devrait l’être.

C’est tellement vrai que Claude Fauquet n’avait pas souhaité la présence d’un directeur général auprès de lui. Et que, parmi les candidats DTN de 2012, l’un des plus sérieux d’entre eux avait proposé un plan d’action qui se passait de l’existence d’un Directeur général touche à tout. Dans ce projet, une direction des relations humaines aurait géré l’essentiel de ce qui fait le petit empire de Doyez, sans les empiètements.

 

L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME HONORE DEUX PIONNIERS CHINOIS, WU CHANYU (NATATION) ET ZHANG XIUNEL (PLONGEON)

Mardi 21 Février 2017

L’International Swimming Hall of Fame a fait connaître l’identité de quelques-uns de ses dix-sept “honorees” de l’année 2017, qui seront reçus dans une prochaine cérémonie, les 25-27 août à Fort Lauderdale. Au nageur de longues distances Walter Poenisch, présenté précédemment dans la journée, il convient d’ajouter les Chinois Wu Chuanyu et Zhang Xiunel.

WU CHANYU est mort il y a plus de soixante ans dans un accident d’avion, mais il fut l’un des champions sportifs les plus célèbres et révérés de Chine, nous révèle le communiqué de l’ISHOF. Longtemps après sa mort, le leader chinois MAO Tse Toung, lui-même féru de natation, aimait évoquer, semble-t-il, ses performances. Né (le 21 août 1928) et élevé à Java, dans l’Indonésie hollandaise, il fut recruté en 1951 par le Parti communiste chinois, qui était parvenu au pouvoir deux années plus tôt. Dès 1941, il avait été remarqué dans des compétitions en Indonésie, en améliorant le record de ce pays du 200 mètres papillon (lequel était alors un développement hétérodoxe de la brasse) et en devançant le champion batave. En 1948, il finit 32e du 100 libre des Jeux olympiques de Londres. En 1952, aux Jeux d’Helsinki, il disputa le 100 mètres dos, où Gilbert Bozon obtint la médaille de bronze, dans la série du Français Lucien Zins, en 1’12s3, 29e temps global. L’année suivante, il remporta le 100 mètres dos du 4e festival mondial de la jeunesse et des étudiants, à Bucarest dans le temps de 1’6s4. C’était approcher d’une seconde le meilleur temps mondial en grand bassin et record olympique de l’Américain Oshinobu Oyakawa. Son succès était tellement inattendu (et ses progrès, à 25 ans, tellement tardifs) que les organisateurs, raconte-t-on, n’avaient pas prévu d’enregistrement de l’hymne chinois et qu’ils se hâtèrent d’en emprunter un à la direction des épreuves d’athlétisme…

Wu ambitionnait alors d’améliorer le record du monde, mais il disparut dans un accident d’avion, le 29 octobre 1954, alors qu’il rejoignait son centre d’entraînement, à Budapest. L’appareil dans lequel il se trouvait s’écrasa sur le mont Sivukha, du côté de Krasnoyarsk, en Sibérie, tuant tous ses passagers.

ZHANG XIUNEL, une plongeuse devenue elle-même coach de plongeon, s’exprima à une époque où la Chine n’était pas inscrite à la FINA. Elle n’a donc aucun palmarès dans des épreuves sanctionnées internationalement. Coachée d’abord par Wang Shaogang, elle rejoignit en 1958 l’école de plongeon de Tianjin, coachée par Wu Chengxi. En 1963, aux premiers Jeux du GANEFO ( ou « Jeux des forces montantes », très politisés, 36 nations concurrentes), en Indonésie, elle enleva le haut-vol et fut 3e du tremplin. Une héroïne nationale était née, la légende s’emparant de ses exploits quand un reporter, Jeng Jeng, écrivit un roman et produisit un film sur la vie de la plongeuse. Ce film eut un impact immense et inspira des générations de Chinoises, imposant l’image (toujours très vivace, un demi-siècle plus tard) du plongeon en Chine. Elle-même enseigna ce qu’elle avait appris. A partir de 1973, ses élèves commencèrent à truster les titres de championnes de Chine. Éric Lahmy

WALTER POENISCH, « CONQUÉRANT » DU DÉTROIT DE FLORIDE ET « NAGEUR DE LA PAIX » HONORÉ PAR L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME

Mardi 21 Février 2017

L’International Swimming Hall of Fame de Santa-Clara a fait connaître l’identité de quelques-uns de ses dix-sept “honorees” de l’année 2017, des 25-27 août prochain à Fort Lauderdale. Tous les noms ont été donnés, mais un embargo sur l’info nous contraint à ne les servir qu’à mesure de la permission de l’ISHOF. Je m’autorise à vous dire que des Français en font partie. C’est la 53e année que l’ISHOF élit des nageurs, dirigeants, entraîneurs, etc., dans son Panthéon.

Aujourd’hui, sont révélés les noms du nageur de longues distance Walter Poenisch (Grove City) ; et des Chinois Wu Chuanyu et Zhang Xiunel.

« Perdue dans le temps et noyée par la publicité qui a entouré les tentatives d’autres nageurs de réaliser la traversée menant de Cuba à la Floride ces quarante dernières années, se situe l’histoire remarquable de Poenisch et de sa « nage pour la paix ». explique Bruce Wigo, président et CEO de l’ISHOF… Poenisch fut un des premiers à utiliser ses talents de nageurs pour une plus grande cause. »

Né le 11 juillet 1913, Poenisch était boulanger de profession, mais aussi un « homme fort », un concurrent de rodéos, ainsi qu’un nageur, lequel n’entra dans sa première compétition de nage qu’en 1963, à cinquante ans. Et pas un 50 mètres ! Mais les 60 miles (100 kilomètres) du marathon professionnel de Jim Moran dans le lac Michigan. Il ne put terminer son effort mais fut enthousiasmé par le sport et sortit de l’eau, quoiqu’épuisé, décidé à tenter de nager de plus longues distances encore.  Troublé par la crise des missiles entre les USA et l’URSS (octobre 1962) dont l’enjeu se situait à Cuba, et qui faillit tourner en affrontement nucléaire, il conçut l’idée d’un raid nautique de 90 miles soit autour de cent cinquante kilomètres, qu’il présenta comme un acte promouvant la paix.

Comme les USA et Cuba n’entretenaient aucune relation directe, il écrivit des lettres aux pays qui entretenaient des relations avec La Havane et commença à s’entraîner sérieusement. Mais les autorisations tant attendues ne vinrent pas, et, installé à Fort Lauderdale, en Floride, il continua de se démener afin d’entrer en contact avec les autorités cubaines, réalisant dans le cadre de sa préparation des raids de longues distances dans les détroits floridiens.

Il établit ainsi un record du monde de longue distance effectuée dans l’eau avec 122,5 miles, presque deux cents kilomètres, entre Key West et la pointe de la péninsule de Floride. En 1976, il reçut du gouvernement cubain l’autorisation de demander un visa qu’il ne reçut qu’en mars 1978. Le raid fut programmé pour le 11 juillet, date anniversaire de Poenisch.

Ce jour là, Fidel Castro porta un toast au nageur et à son geste pacifique. Selon les règles de la Fédérations Internationale des Nageurs et Plongeurs Océaniques, qui réglementait alors ce genre d’opérations, il eut le droit d’utiliser une cage anti-requins, des palmes pour protéger ses pieds de la cage et un snorkel, et eut le droit de sortir de l’eau à quatre reprises pour un temps qui ne pouvait excéder cinq minutes pour recevoir des traitements d’urgence, de la nourriture ou pour toute autre raison urgente.

Après trente-quatre heures d’efforts, il parvint à atteindre l’une des îles de l’archipel de Keys de Floride, Duck Key. Selon l’écrivain et journaliste David Heeren, qui couvrit son effort, « l’exploit de Walter est plus grand que la victoire sur l’Himalaya, car depuis plusieurs hommes ont triomphé du toit du monde, et il est resté le seul à vaincre le détroit de Floride. »

Walter Poenisch s’est éteint le 6 juin 2000.

MARC DEBERGHES NOUVELLE PRÉSIDENT DU SUD-OUEST, MILITE POUR UNE NATATION SANS L’HUISSIER ET SANS LUYCE… …MAIS PAS FORCÉMENT AVEC SEZIONALE

Éric LAHMY

Samedi 18 Février 2017

Les élections de la nouvelle région du grand Sud Ouest,  réunissant Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes ont vu la victoire de Marc DEBERGHES. Ancien nageur de haut-niveau, père de Paule et de Fanny Deberghes (celle-ci championne de France du 200 mètres brasse) Marc Deberghes avait bien préparé son mouvement, attendant jeudi dernier, pour faire acte de candidature. Il avait souhaité un changement d’équipe. Il en est le bénéficiaire.

L’assemblée, qui s’est tenue à Artigues-près-Bordeaux, petite commune de la Gironde, a été assez houleuse, du moins au départ. Hélène TACHET DES COMBES, présidente de la région Aquitaine, vice-présidente de la FFN et candidate à cette élection, avait envisagé de faire venir un huissier, et certains des membres de l’assemblée s’étant opposés à une présence qu’ils jugeaient intempestive, un vote a été effectué, et la présence de l’huissier a été jugée  malvenue par la majorité. Autant dire que les prémisses étaient inquiétantes pour Hélène.

Tandis que M. Deberghes et le président sortant de Poitou-Charentes Jimmy PERSIGANT passaient haut la main, les consignes que leur groupe avait données étaient respectées, et Mme Tachet des Combes restait très en-dessous du score nécessaire pour entrer au Comité directeur.

Finalement, M. Deberghes était élu président, M. Persigant  devenait vice-président de la nouvelle région.

ET À LA FÉDÉRATION : NON À FRANCIS LUYCE, NI OUI NI NON À GILLES SEZIONALE

À la question de savoir « pourquoi » il avait gagné. « Je ne sais pas, a-t-il répondu. Mais nous avons bien préparé l’élection, beaucoup communiqué avec les clubs des régions, cherché à établir un programme cohérent. » D’après lui, Mme Tachet des Combes avait irrité par sa propension à ne pas déléguer ni partager : « l’anecdote de l’huissier est révélatrice de ce fonctionnement où elle décide seule, sans l’accord de personne. »

 La veille, Marc Deberghes nous avait assuré qu’il ne serait pas délégué à l’élection nationale, fin mars prochain, étant désireux de se consacrer à sa région. Samedi, après le vote, il affirmait avoir été contacté par une personne de l’équipe SEZIONALE afin de connaître ses intentions au sujet de la prochaine élection du président de la FFN.

Dans la perspective d’un affrontement entre celui-ci et l’actuel président Francis LUYCE, Marc Deberghes a affirmé sa conviction qu’il fallait « renouveler les cadres » et que « Francis Luyce devait s’en aller. »

Mais il n’a pas pour autant adoubé son rival, et reste dubitatif quant à la personnalité qui devrait diriger la fédération. « Je ne sais pas si Gilles Sezionale est l’homme qui convient à la présidence de la fédération. Pour l’instant, je reste avec mes doutes à son sujet et j’attends », a-t-il déclaré en substance à Galaxie Natation. Relent d’une méfiance d’un homme qui a appuyé son adversaire ? Possible…

Autant dire qu’au jour d’aujourd’hui, il est difficile d’interpréter les événements d’Artigues au regard de la prochaine élection nationale.

SUZANNE BENTABERRY (1922-2017) GRANDE FIGURE DE LA SYNCHRO

Éric LAHMY

Vendredi 17 Février 2017
Je repensais souvent à Suzanne Bentaberry, qui fut présidente de la commission fédérale de natation synchronisée et dont on annonce la disparition, ce mardi 14 février, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans. Née en 1922, Suzanne avait été nageuse, avant d’entraîner en natation (1er et 2ème degré). Elle avait travaillé en région, au sein de son club, l’ASPTT Toulouse, du Toulouse Nat’ Synchro et au Centre d’entraînement de Toulouse. Elle fut surtout une grande dirigeante…

Elle était douée d’une qualité rare : la sincérité. Je l’avais rencontrée pour la première fois aux championnats du monde de Belgrade, en 1973. J’étais déjà sur place, je venais d’assister à l’entrainement des nageurs américains quand le hasard me fit déboucher, à la piscine, sur un groupe de filles, françaises, qui étaient manifestement des compétitrices… mais de quel sport ? Ni leurs physiques, ni leurs conduites ne correspondaient pour moi au « référentiel » athlétique classique, des nageuses ou des plongeuses. Si mes souvenirs sont bons, je fus assez étonné (style: « ah, bon? ça existe?« ) d’apprendre que ces demoiselles pratiquaient une sorte de danse dans l’eau qu’on appelait les ballets nautiques (le terme rébarbatif de natation synchronisée n’avait pas encore été inventé), lesquels ballets se référaient, me disait-on, aux films hollywoodiens d’une grande star de l’après guerre, Esther Williams.

Je fus assez impressionné par cette découverte (un sport féminin !) pour lui dédier un « grand » article dans L’Equipe (au grand dam du leader de la rubrique, qui, en recevant mon texte, m’avait pris pour un fou), article pas très bien ficelé d’ailleurs, où Suzanne apparaissait. Mais, miracle de la communication téléphonique de l’époque, entre Belgrade et Paris, son nom s’était transformé, dans le journal, le lendemain, en Bordaberry.

Suzanne a été présentée, sur le site fédéral qui annonce son décès, comme une « grande dame » de la synchro, et je souscris à ce terme. Mais qu’on ne se figure pas, avec cette expression, une personne figée dans des attitudes. « Benta » était une bosseuse, une personnalité qui irradiait, dotée d’une voix, d’un rire, d’un enthousiasme. Suzanne ne posait pas, elle se posait. Avec Arlette Franco, elle fut une vraie dirigeante.

Elle devint le troisième côté d’un triangle vertueux d’où jaillit dans les années 1970 et 1980 la synchro française. Les  deux autres s’appelaient Muriel Hermine et Françoise Schuler. Muriel dans l’eau avec son talent et sa volonté hors-normes, Françoise sur la plage du petit bassin de l’INSEP avec son sens du travail, de la technique, de la discipline et de l’organisation, et Suzanne à la Fédération, cherchant à arracher aux dirigeants les ressources qui permettraient à la discipline de se développer. [Je soupçonne aussi Henri Sérandour, qui, sans être un fan, avait la synchro à la bonne, d’avoir joué sa partition.]

Le sport existait quelques jours par an, et peinait à donner un peu de chair à un calendrier étique. Il lui fallait aussi se transformer, abandonner des tenues handicapantes, comme ce ballet où l’on dansait le menuet de Mozart avec des vareuses en velours sur le corps.

Suzanne avait connu la minuscule épopée qu’avaient constituée les débuts de la natation artistique de chez nous, du temps de Josette Domont, Ria Gerner, Marie-Louise Morgen et Colette Thomas. Elle avait été un témoin du règne des Mouettes et du Nautic Club et des balbutiements d’une organisation, quand, grâce à l’accord d’Eugène Drigny, les ballerines avaient fait en 1947 une entrée qui ne fut ni remarquable, ni remarquée, à la fédération. Elle-même fut intronisée par Monique Berlioux, dont elle prit la place quand celle-ci s’éloigna en direction d’un avenir qui ferait d’elle le directeur du Comité International Olympique.

 « Quand j’ai pris la synchro, le sport vivait sur les clubs de Paris (avec les Mouettes), de Tours, du Havre, de Toulouse, m’expliqua-t-elle des années plus tard. Au niveau national, chez nous, Marie-Christine Charles, qui entraînait l’équipe de France, et Françoise Schuler, ce n’était pas l’amour. Leurs conversations tournaient à la discussion, que l’âpreté de leurs désaccords rendait interminables. » Entre les deux, Suzanne, ayant tôt compris laquelle représentait une possibilité de développement et d’excellence, fit vite connaître son choix. Il ne fut pas politique, mais sportif, psychologique et humain. C’était du Bentaberry tout craché : santé, clarté, honnêteté, intelligence, droit au but, réflexion mais pas l’ombre d’une hésitation au moment de décider, une fois l’objectif défini.

Schuler, avec son ouverture d’esprit et sa curiosité, représentait aux yeux de Suzanne, LA  chance, pour les ballets nautiques français, de s’ouvrir sur le large. Ainsi fut fait. Schuler s’en alla piquer les rétropédalages chez les poloistes, exigea des minima dans les courses de nage pour ses filles, et, raconte-t-elle, « quand les nageurs, les poloistes, ont vu comment Muriel s’entraînait, ce qu’elle se tapait en musculation, sa souplesse, la condition physique des filles, on n’a plus jamais entendu parler de balayettes. »

Suzanne avait un fameux caractère, et en faisait bon usage. Je dois admettre m’être toujours bien entendu avec les fortes femmes, et, en sport, quoique sans les angéliser, adorais voir s’épanouir ces personnalités bien affirmées, voire conquérantes, qu’étaient Suzanne et Monique  Berlioux, Suzanne Bentaberry, Sophie Kamoun ou, hors natation, la volleyeuse Odile Lesage, la judokate Brigitte Deydier.

Je me souviens avoir un jour entendu celle qui lui succéda à la fédé, Madeleine Bernavon, me faire cet aveu sans gloire : « Suzanne parlait trop, elle irritait ces messieurs, et elle s’est fait virer. Moi, je suis là, je ne dis rien, je ne les importune pas. » Oui, Suzanne fut virée aux élections de 1985, mais elle n’avait jamais fait tapisserie. Son énergie indisposait les hommes du comité directeur. Elle me raconta les faits vers 2006, lors d’un entretien téléphonique. A 83 ans, toujours bon pied, bon œil, bonne voix (et mauvaises épaules, qu’elle avait dû se faire reconstruire en chirurgie), elle m’avait raconté l’affaire :

« Aux élections de 1985 à la Fédération française de natation, je ne suis pas passée. Cette année, on avait fait un gros score. La natation, le plongeon, le water-polo, étaient rentrés des championnats d’Europe avec le drapeau en berne. On ne parlait que de la synchro, qui avait enlevé le ballet, l’argent du solo et du duo. Nous avions sauvé la mise de la natation française, et on agaçait. Le retour de bâton ne s’est pas fait attendre. Quatre ans plus tôt, j’étais passée avec le plus grand nombre de voix, et là, on a monté une cabale pour me rabattre mon caquet. Henri Sérandour, fort ennuyé, m’a proposé de me récupérer sur le contingent des dirigeants féminins. Mais j’avais travaillé comme un homme et je voulais être traitée comme un homme. J’ai pris l’avion le soir même pour Toulouse et démissionné de mes postes à la FINA et à la Ligue Européenne. » Suzanne était comme cela, sans ambiguïté, tout d’une pièce.

Vingt-trois ans après cette déconvenue, en 2008, Suzanne Bentaberry reçut la médaille du Comité Olympique, mais ce n’était pas seulement pour services rendus à la natation. Devenue maire de son village, Antignac, en Haute-Garonne, où elle avait vite fait la preuve de son entregent, de son intelligence et de son énergie, dès 1987, ayant noté une absence totale d’activités dans la vallée, elle avait fondé une association qui créa un parcours de canoë-kayak, lequel reliait les villages de Fronsac et d’Antignac, sur huit kilomètres des eaux vives de la rivière Pique, un affluent de la Garonne. Ce parcours fit d’Antignac un lieu de rencontres de rameurs et de rafteurs de France et de Navarre; il s’est doté depuis d’une base nautique très appréciée.

En 2013, Suzanne avait perdu son mari, Faustin.

 Ses obsèques auront lieu le lundi 20 février, 15 h, à Antignac (près de Luchon) où elle a été maire de nombreuses années. Ni fleurs, ni couronnes. Galaxie Natation s’associe au chagrin de sa famille.

ENTRE AQUITAINE, LIMOUSIN ET POITOU-CHARENTES, LE MATCH LUYCE – SEZIONALE OPPOSE HÉLÈNE TACHET DES COMBES ET JIMMY PERSIGANT

Éric LAHMY

Jeudi 16 Février 2017

La volonté affirmée de Francis LUYCE de se voir reconduit au poste présidentiel qu’il occupe depuis un quart de siècle (il a parfois exprimé, si Paris obtenait l’organisation des Jeux olympiques de 2024, le vœu de se représenter encore en 2020 pour se maintenir au poste jusqu’à cette date… et comme il n’aura alors que 77 ans…), cette volonté donc a donné aux élections dans les nouvelles régions le profil marquant qui est le leur : chaque candidat à la présidence de région est étiqueté pro LUYCE ou pro SEZIONALE (son rival déclaré à la responsabilité présidentielle). Il en est ainsi pour à peu près toutes les élections dans les régions.

Ce samedi, à Artigues, le découpage qui unit désormais l’Aquitaine au Poitou-Charentes et au Limousin ne permettra pas à la consultation de la grande région atlantique d’échapper à ce scénario, aussi réducteur semblera-t-il, et Hélène TACHET DES COMBES, pour tous, sera celle qui « roule » pour Gilles SEZIONALE, tandis que Jimmy PERSIGANT plaira aux sectaires de Francis LUYCE.

PERSIGANT ? On le présente ici et là un peu à l’image de son prédécesseur au poste en Poitou-Charentes, le regretté Louis VENZI (1940-2010), Loulou pour les copains, président historique des Canards Rochelais et selon d’aucuns « le Denis CADON de son époque », car juge arbitre à cinq championnats d’Europe, deux championnats du monde, et une fois aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

PERSIGANT, directeur de la piscine de La Rochelle, a hérité de Loulou sa verve et son côté bon enfant. Il n’a guère défrayé la chronique, sauf quand, alerté par Michel ROUSSEAU, il ouvrit les portes de la piscine à Philippe LUCAS, lequel, en rupture de point d’ancrage, passait un mauvais quart d’heure.

Son côté bon enfant, sa capacité, me dit-on, de se montrer gentil, aimable et de ne faire de peine à personne, l’a rendu populaire et constituera son arme majeure dans ce suffrage (il s’est déclaré candidat à la présidence de la nouvelle région), car pour le reste, le départ en retraite d’un grand entraîneur, Robert MENAUD (57 internationaux dans sa carrière) a en quelque sorte effacé Poitiers de la carte de la natation d’élite. Personne n’est indispensable, dit-on, mais un bon entraîneur n’est pas loin de l’être…

L’Aquitaine n’est d’ailleurs pas en bien meilleure position : grande par la surface, la nouvelle région demeure réduite en termes d’élite.

UNE CARRIÈRE VÉCUE COMME UNE « SUITE DE COÏNCIDENCES »

Hélène TACHET DES COMBES, dans les années 1970, a été une nageuse de niveau national ; à seize ans, en 1971, elle a fini  5e sur 200 mètres brasse aux critériums nationaux français. Présidente du département de la Gironde de 1996 à 2008, trésorière de l’Aquitaine de 1999 à 2008, elle quitte cette année ci le poste pour raisons professionnelles mais récupère celui de la Fédération. C’est une femme qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. « Elle a de bons côtés, n’est pas bête, mais louvoie », prétend une autre personnalité de sa région, qui, par ailleurs, se lamente de l’évolution de ce sport : « quand je vois ce qui se passe, je ne reconnais plus ma natation. »

Hélène présente sa carrière dans l’administration du sport comme une suite de coïncidences. « Il y a que j’aime faire des choses, et je me suis trouvée impliquée par Jean Boiteux et Michel Salles. Je cherchais de l’argent pour mon comité et je suis montée à la fédération. C’est là que j’ai rencontré  Francis (LUYCE). Elue à la Fédération, je me suis retrouvée trésorière adjointe auprès de Paulette Fernez ; cela m’allait car j’étais à l’origine inspecteur des impôts. C’est là que Paulette a eu une dépression et il a fallu la remplacer : je suis donc devenue la trésorière, et je n’aime pas faire les choses à moitié.

Avant les élections suivantes, LUYCE m’a demandé quels étaient mes projets, je lui ai dit que je souhaitais continuer et il m’a répondu qu’il n’en serait pas ainsi, vu qu’il avait promis le poste à Jean-Paul Vidor, le trésorier de sa région. Je suis passée d’une fonction concrète à un autre poste vaguement honorifique, sans projet, de vice-présidente. »

S’il l’a bombardée trésorière adjointe de la Fédération, c’est que LUYCE n’a pas toujours considéré Hélène TACHET DES COMBES comme une adversaire, une « femme à abattre. »

Alors, que s’est-il passé pour que, tout à coup, il lui coupe les ailes ? Peut-être pas grand’ chose. Peut-être ne sentait-il plus en Hélène le type d’allégeance qui lui plait tant, au confluent de l’admiration soumise et de la complicité ? Et le poste de trésorier pouvait révéler certains détails de sa gestion qu’il préférait ne laisser contempler qu’à un gars de sa région ? L’inspection, actuelle, de la Fédération par la Cour des comptes, diligentée, susurrent les bonnes langues, par le Ministre Thierry Braillard, désireux de se débarrasser du Phare de Dunkerque, pourra peut-être nous en dire plus. 

On conçoit qu’on ne peut gouverner une entité, en l’occurrence une fédération, sans un appui. C’est légitime. Et inévitable : impossible de faire sans. Ce qui ne laisse pas d’étonner, dans le cas de la natation française, c’est l’effort de déstabilisation constant, systématique, appuyé, névrotique, que consent l’actuel président, qui manœuvre pour conserver sa place, lance des hommes à lui dans toutes les régions, déstabilise ses opposants potentiels. Luyce ? On dirait en petit tout petit un Mao Tse Toung dirigeant depuis le sommet de l’Etat la révolution culturelle pour garder la main. Une exceptionnelle capacité de nuisance…

Son mode de fonctionnement (ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi, et ceux qui sont une fois contre moi le sont à jamais) a fini, à travers les années par cristalliser les hostilités en un bloc contestataire, par souder une équipe,  autour de chefs de file de qualité, comme Bernard DALMONT (Midi-Pyrénées), Jean-Jacques BEURRIER, qui devrait conserver son poste en Île-de-France, le 25 février; David WAGNER, qui a conquis le Grand Est ; Denis CADON, battu chez lui aux élections mais qui pourrait rester le maître du jeu ; Christiane GUÉRIN, battue par Daniel PLANCHE ; d’autres encore, tous fédérés autour de Gilles SEZIONALE, depuis longtemps très apprécié  de Claude FAUQUET, et dont la légitimité a grandi à partir de la Côte d’Azur. Gilles a joué sa partition dans le triomphe des nageurs niçois en 2012 !

COMMENT LE COMITÉ DIRECTEUR DE LA FÉDÉRATION EST DEVENU UNE GÉRONTOCRATIE

Aujourd’hui, les élections dans les régions ont pris l’allure d’un affrontement entre ceux qui n’en ont pas assez d’un quart de siècle de Francis Luyce, et ceux qui trouvent qu’il a fait son temps et qu’il est temps de donner sa chance à une autre génération de décideurs.

« Le dernier mandat de Luyce a tout gâché, c’est du n’importe quoi », explique Hélène TACHET DES COMBES. Elle n’est pas la seule à le penser. Jusque là, l’homme avait capitalisé sur les progrès de la natation, mais les résultats de moins en moins brillants de l’après Christian DONZÉ, à partir de 2013, ont noirci le tableau.

Les années ont accru la propension de LUYCE à s’entourer de féaux aux dépens s’il le faut des compétences. Tendance déjà marquée dans le passé. Il vit de façon tellement émotionnelle un désaccord qu’il parait ne pouvoir souffrir une façon de voir différente de la sienne. Il y a un côté excessif, tyrannique dans son personnage ; de ce fait, il n’a jamais cherché à attirer dans le comité directeur des personnalités, des créatifs, personnes souvent difficiles parce qu’exigeantes. Bien entendu, il n’a pu écarter tous ceux qui travaillaient bien, et devait parfois faire avec des gens assez brillants issus de l’élection dans leurs régions, qu’il supportait comme un moindre mal. Parfois aussi, certains de ceux qui l’ont accompagné n’étaient pas dénués de qualités, et des dirigeants comme Paulette FERNEZ, Henri WACHTER ou Michel SAUGET, d’autres encore ont beaucoup et bien travaillé.

Avec le temps, à sa préférence pour des personnalités rassurantes parce que sans aspérités, s’est ajouté un refus du rajeunissement des cadres. Tout le comité directeur s’est donc mis à vieillir en même temps que son chef. On imagine qu’une bonne assemblée devrait être un maillage de hardiesse et de prudence et donc d’expérience et de jeunesse, mais la jeunesse était devenue avec le temps un autre adversaire du président qu’il lui fallait conjurer car elle marquait son âge, par comparaison. Luyce a ainsi oblitéré, au niveau du comité directeur de la fédé, une génération entière. La Fédé est devenue une gérontocratie.

Cette entrave a déteint sur les héritiers présomptifs, contraints de se dessécher sur pied pendant que le président fermait les écoutilles de son club du troisième âge. Ceux qui essaient de prendre le relais admettent qu’ils ne sont plus très pimpants, et SEZIONALE, 59 ans, se désole d’avoir perdu quatre années en accordant foi aux propos de LUYCE quand, la main sur le cœur, il lui promettait carte blanche. Le président eut tôt fait de retrouver son côté « dictateur » quand il imposa par deux fois, avec Lionel HORTER et Jacques FAVRE, l’identité d’un directeur technique national qui ne faisait pas du tout l’unanimité…

LUYCE, GIROUETTE À TÊTE DE COCHON, UN VRAI PHÉNOMENE DE CIRQUE.

En général, les personnalités, ceux qui travaillent, les créatifs, finissent toujours par indisposer ce type de chef, parce que la vie en général et la vie associative en particulier, rendent pratiquement impossible un accord parfait, constant, de deux personnes de caractère sur les dossiers, la conception, la politique. Il faut alors savoir réfléchir ensemble, respecter le point de vue d’en face…

Il est certains points sur lesquels LUYCE parait ne pouvoir concevoir qu’on puisse nourrir sur un dossier une idée différente de la sienne. L’homme fait de toute remarque une affaire personnelle, comme si on remettait son statut en jeu alors qu’on cherchait à exposer une idée. Il prend alors une divergence d’idées pour une inconvenance, une insulte, ou une déclaration de guerre. Si en face de lui, l’autre s’appelle SEZIONALE, il biaise ou s’écrase, vu que le rapport de force l’impressionne ou l’inquiète. S’il s’agit d’un membre moins redoutable (et une femme fait souvent l’affaire) il passe en force et peut déterrer la hache de guerre.

Mais selon Hélène, LUYCE le soi-disant homme fort agace aussi par ses indécisions, ses tergiversations : « vous êtes avec lui, vous parlez de votre projet, vous tombez d’accord. Puis il retourne voir son cercle, et vous vous retrouvez à zéro. » Une girouette à tête de cochon, un vrai phénomène de cirque.

« Mais il y a aussi qu’avec le temps, il s’est totalement déconnecté du bassin. » Certes, il continue de fréquenter les piscines de ses hôtels cinq étoiles.

L’une des caractéristiques les plus éprouvantes du personnage, pour ceux qui l’ont servi, est « qu’une fois qu’il n’a plus besoin de vous, vous n’êtes plus rien pour lui », commente un de ceux qui l’ont longuement accompagné. Ce sentiment de n’être plus qu’une chaussette trouée provoque, on l’imagine, des perplexités et parfois des rancunes tenaces.

Hélène date le début de ses ennuis avec LUYCE de son peu d’enthousiasme à applaudir l’achat du siège fédéral de Pantin, qu’il présente toujours comme un de ses hauts faits. « Bien entendu, on ne pouvait demeurer au 148 avenue Gambetta, admet-elle. Mais je n’étais pas séduite par ces deux étages séparés par trois niveaux dans une tour, l’un au 14e et l’autre au 18e. Cela a d’ailleurs fini par scinder la fédération en deux… Il me semblait préférable d’avoir un lieu à nous, qui aurait son unité. On m’a depuis toujours rappelé mon ‘’opposition’’ à cette ‘’excellente affaire’’, la plus-value qu’ont pris ces deux étages. Mais je ne m’opposais pas, je proposais de mieux réfléchir. Et la plus value n’est pas si remarquable. Quand on ajoute au prix d’achat les gros investissements consentis pour mettre à neuf le siège fédéral, dans ce vieil immeuble, en réfection constante, aux sous-sols vétustes, dont les charges sont très élevées, je ne crois pas qu’on a tellement gagné. »

UNE RÉGION GÉANTE BIEN DIFFICILE IMPROBABLE À GÉRER

Hélène a convié à sa dernière assemblée régionale Claude FAUQUET, et l’ancien directeur technique ne s’est pas fait prier. Dans son allocution, ayant précisé que c’était la première fois qu’il était invité dans un événement de la natation, il s’est mis en mesure de « découper à la tronçonneuse » LUYCE et sa politique.

Toute saine analyse démontre que les temps sont devenus plus durs pour la natation française. La gouvernance est-elle totalement innocente de cette déshérence ? L’emploi que le patron fait de son pouvoir, à distribuer promesses et prébendes dans le but de se maintenir au détriment des forces vives du sport, l’amène à encourager et susciter l’arrivée en tête des régions toutes personnes qui voteraient en sa faveur à l’élection de la Fédération du 2 avril prochain. A force de se concentrer sur sa propre réélection, il néglige tout le reste… Or, après un directeur technique moins occupé à travailler qu’à récupérer Yannick AGNEL et un maximum de stages nationaux très rémunérateurs pour son fief de Mulhouse, et un deuxième directeur technique inexpérimenté, impréparé pour le job, et porté vers le dilettantisme, l’avenir ne pouvait être préparé : la soudure entre une équipe de France qui finissait son aventure et une jeune vague assez fragile n’a pas été faite, les ponts ont été coupés. 

Hélène affirme avoir « longtemps hésité » à se présenter dans la nouvelle région. « C’est un grand territoire, avec des zones géographiques hétérogènes, traversé de déserts de natation, pas tellement facile à faire vivre ; organiser sur une distance si grande des formation de nageurs de 14 ans, qu’on ne peut pas déplacer, est complexe. Sur tout cet ensemble, on ne trouve pas une piscine capable de recevoir les championnats de France, si ce n’est Limoges. Mais Limoges demande 8.000 € pour recevoir une telle organisation. Ou plus exactement, ils contraignent à prendre  Megatek, qui a le monopole du chronométrage électronique, et facture 8.000 € pour les championnats (1). Autre exemple des problèmes, Agen – dans le passé, nous avions la piscine gratuitement pour le week-end ; maintenant, c’est 1.500 € par jour. Il existe bien un projet à Mérignac, mais il ne sera pas finalisé avant quatre ou cinq ans. A Bordeaux, les piscines ne cessent de fermer. »

CANDIDATS FANTÔMES LOIN DES SENTIERS BATTUS

Hélène s’est trouvée incriminée dans une lettre anonyme qui a circulé dans son interrégion, derrière laquelle elle affirme deviner la patte de Marc DEBERGHES ; lettre l’accusant d’avoir sollicité trop de candidatures, 64 pour 32 places au Comité directeur ; de ce fait, il ne pouvait s’agir que de « candidats fantômes ». Hélène est vexée d’une attaque qui la vise.

Multiplier les candidatures permet certes, en faisant bloc, à une majorité assise d’empêcher son opposition de passer, mais le truc est aussi vieux que… le jeu démocratique ! Elle se défend d’avoir agi de façon perfide. « J’ai voulu élargir le champ des candidatures, et c’est ainsi par exemple que j’ai sollicité la présence d’une dame du rural. Il n’y a pas de manœuvre derrière cela, seulement un souci de réorganiser le terrain, et sortir des sentiers battus me parait intéressant. » Avoir 64 candidats pour 32 places, ça veut dire quoi ? Que 32 ne passeront pas, la belle affaire ! Mais il y en a que ça dérange…

DEBERGHES, un gaillard qui aime user de sa stature et donner de la voix, vient d’annoncer sa candidature, et évoque un « accord » entre Poitou-Charentes et Limousin. Luyce l’a-t-il délégué pour donner un style musclé, « casseur », à l’élection ? Ce serait charmant. A suivre…

 (1). Encore un de ces tripotages cosignés LUYCE pour pomper encore plus les clubs.

GRANT HACKETT CA NE S’ARRANGE PAS

Eric LAHMY

Jeudi 16 Février 2017

Les ennuis ne cessent de s’accumuler pour Grant Hackett, l’un des grands nageurs de demi-fond australien. Le double champion olympique et triple champion du monde du 1500 mètres a été arrêté à Gold Coast, est de l’Australie, par la police, après que son père Neville se soit senti contraint d’appeler au secours en raison de son comportement (crise de rage incontrôlable en état d’ivresse).D’après Neville, Grant est sous traitement, et il a refusé hier matin de se soigner alors qu’il était en crise, avant de sombrer dans une fureur noire.

Avec ses 1,98 mètres et ses 100 kilos et plus, il peut dans ces cas là paraître fort inquiétant. Grant a été relâché, puis a disparu pendant toute une journée. Âgé de 36 ans, Hackett a connu divers déboires, en raison, au départ, croit-on savoir, d’une accoutumance à certains médicaments. Après un mariage très starisé et célébré avec une chanteuse et parolière australienne, il a connu un divorce difficile. En 2014, il a suivi un traitement en clinique, aux Etats-Unis. Il a ensuite réussi un comeback assez impressionnant en natation, et il semblait que l’engagement physique de la natation l’avait rééquilibré – Michael Phelps avait connu des soucis équivalents, mais beaucoup moins graves, et s’était lui aussi parfaitement retrouvé dans l’eau. Mais les effets de cette médecine n’ont pas duré longtemps pour Hackett, qui s’est fait remarquer, immédiatement après les sélections australiennes, par une agression sur un autre passager, dans un avion, alors qu’il était pris de boisson. « Ni mes parents ni moi ne le reconnaissons, a expliqué son frère Craig. C’est bien son corps qui se trouve devant nous, mais l’esprit n’est plus là. »

GREGORIO PALTRINERI ALLONGE SON REGISTRE DE… 8500 METRES

Eric LAHMY

Mercredi 15 Févier 2017

La Fédération Italienne de natation a envoyé l’inscription de Gregorio Paltrinieri aux 10 kilomètres d’Eilat, le 26 mars prochain, me signale G. Necker. Il s’agit de la première course de l’édition 2017 de la Coupe LEN d’eau libre (laquelle se conclura les 16 et 17 septembre à Bracciano, en Italie.

L’Italien, champion d’Europe 2014, du monde 2015 et olympique 2016 du 1500 mètres, et donc invaincu dans les grandes compétitions sur la distance du demi-fond long, mais limité en vitesse (il le cède ainsi largement, en Italie, devant Gabriele Detti, sur 400 mètres), est sans doute, en raison des particularités de son registre, le mieux à même de réaliser un formidable parcours sur les distances plus longues, 5 et 10 kilomètres. Plus peut-être qu’Oussama Mellouli, champion olympique tunisien sur 1500 mètres à Pékin en 2008 et 10 kilomètres à Londres en 2012. Si Paltrinieri insiste dans cette voie, sa présence va renforcer une équipe italienne d’eau libre de haute valeur dont le niveau équivaut plus ou moins à ceux des Pays-Bas, de France et des Etats-Unis d’Amérique. Cependant, on ne sait pas trop si Gregorio continuera dans cette vois, et, par exemple, se présentera aux autres étapes européennes (1er juillet à Barcelone (10 km); 5 août à Navia (7,5 km); date non arrêtée à Bled; 24 août à Copenhague et 16 et 17 septembre à Bracciano (5 et 10 km).

Paltrinieri a expliqué qu’il n’est pas un vrai débutant en eau libre : « Tenter les 10 kilomètres, a-t-il déclaré, est une idée que j’ai depuis longtemps. J’ai toujours eu la passion de la mer, depuis mon enfance, et avant de me présenter au centre fédéral d’Ostie, je disputais des épreuves autant en piscine qu’en mer. J’étais encore un enfant et je cherchais ma voie : je ne savais pas si je réussirais à devenir un nageur en piscine ou de fond. Aussi, jusqu’à 15 ou 16 ans, j’ai nagé dans les deux disciplines. Par mon transfert à Ostie, j’ai partagé le projet technique fédéral guidé par Stefano Morini et nous nous sommes concentrés sur 1500 mètres, surtout à la suite de la saison 2012, des Jeux de Londres. J’avais dix-sept ans, et il était juste que je me concentre sur les objectifs quadriennaux sans m’engager dans des choix imprudents. Je n’ai jamais abandonné l’idée du fond. Ce qui a alimenté mon goût a été aussi l’adoption de conditions de nage qui avaient ma préférence avec des plans d’eau pas trop agités. Maintenant, je crois que c’est le bon moment de commencer. Mon envie croît et j’ai grande envie de me tester. Certes continuer à me préparer sur 1500 mètres reste ma priorité première mais je ne veux rien exclure quant à la poursuite de ma carrière et certes nager des distances plus longues en compétition ne me fera pas de mal quand il s’agira d’affronter les courses en piscine. Ce 10.000 mètres d’Eilat, je l’ai choisi parce qu’il précèdera de douze jours le 1500 mètres des championnats d’Italie (qualificatifs pour les mondiaux de Budapest) : il s’agit du même laps de temps entre les mêmes courses aux championnats du monde (Budapest, en 2017). Il s’agira donc d’une simulation intéressante. Je suis curieux et enthousiaste mais j’ai aussi un peu d’anxiété. » L’équipe d’Italie est très forte, la concurrence aguerrie. Son entraîneur, Morini, lui, a mis l’accent sur les enseignements d’une telle course : « pour préparer le 1500 mètres, Gregorio nage 16 kilomètres par jour. C’est suffisant pour nager un 10 kilomètres » a-t-il expliqué, ajoutant que le but projeté cette saison est le 10 km des universiades, le 27 août à Taipeh. Il estime qu’il est trop tôt pour dire si Paltrinieri visera la distance aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020.

 

EVA RISZTOV, CHAMPIONNE OLYMPIQUE 2012 DE L’EAU LIBRE A LONDRES, LA RETRAITE A 31 ANS

Dimanche 12 Février 2017

La Hongroise Eva Risztov, championne olympique du 10 kilomètres à Londres en 2012, ne disputera pas les championnats du monde 2017, à Budapest, en juillet prochain, devant son public. Elle a en effet décidé de prendre sa retraite, à 31 ans, après une belle et longue carrière.

Risztov apparut, toute jeune, au détour du siècle dans une forte équipe de nageurs hongrois. En 2002, elle enleva ainsi quatre médailles d’argent aux championnats d’Europe de Berlin (400m, 800m, 200m papillon, 400m quatre nages). L’année suivante, elle finissait les mondiaux de Barcelone en triple médaillée d’argent (400m, 200 m papillon, 400 m quatre nages), et arrachait son premier titre de meilleure nageuse hongroise de la saison. A ces performances, il convient d’ajouter les titres européens en petit bassin glanés entre les éditions 2002 (400 et 800 mètres), 2003 200 papillon) et 2004 (400 m quatre nages).

Eva Risztov, une grande fille à la fois assez mince et solide de 1,73m pour 64 kg, née le 30 août 1985 à  Hódmezővásárhely, Csongrád, affiliéee au Spartacus Sport Club de Budapest

4e du 400 mètres quatre nages et 8e du 200 mètres papillon des Jeux d’Athènes en 2004, Risztov annonça l’année qui suivit qu’elle prenait sa retraite au tendre page de 19 ans. Mais quatre années plus tard, elle reprenait le chemin des entraînements et tentait sa chance en eau libre. Une seconde carrière s’ouvrait à elle, qui culminait avec le titre des 10 kilomètres aux Jeux de Londres, où elle devançait de quatre centièmes l’Américaine Haley Anderson, après avoir nagé sur 400 mètres (16e) et 800 mètres (13e). Elle avait été aussi fini 7e du 10 km européen en 2010, été médaillée (2e du 1500m, 3e du 800 m) aux Européens en 2012, à Debrecen, et obtint l’argent des 10 kilomètres à Berlin derrière Sharon Van Rouwendaal.

Elle acheva sa carrière par une 13e place aux Jeux de Rio.

“A 31 ans, vous devez comprendre qu’il est temps de dire au revoir. Je sens que je ne puis rien offrir d’autre à mon sport, et il vaut mieux que je commence le prochain chapitre et démarre ma vie civile », a-t-elle déclaré. Elle entend lancer une nouvelle carrière dans la division sport d’une agence de « talents », TMC. E.L.