Mois : août 2017

COUPE DU MONDE A EINDHOVEN : RECORDS DU MONDE DU 100 ET DU 200 POUR SARAH SJÖSTRÖM, DU 400 QUATRE NAGES POUR MIREIA BELMONTE

Éric LAHMY

Dimanche 13 Août 2017

Décidément, quand on se dit que Sarah SJÖSTRÖM pourrait connaître un petit coup de moins bien, rien n’est moins certain. Voici que la grande Suédoise, à l’étape d’Eindhoven de la Coupe du monde en petit bassin 2017, s’offre (entre autres) deux records du monde. Le premier ? Sur 100 mètres. En 50s58. L’ancien ? Pas très ancien, justement, qui était tombé à Moscou, le 3 août, soit huit jours avant. Avec 50s77. SJÖSTRÖM, qui avait essayé assez fort en séries (51s02) est passée en 24s49, deux centièmes plus vite que la fois précédente, et a terminé aussi un peu plus vite, en 26s09 contre 26s28 à Moscou. A un tel niveau, grignoter devient un art difficile, et les petits ruisseaux font les grands records. SJÖSTRÖM a dû se débarrasser d’une Ranomi KROMOWIDJOJO qui n’a jamais paru aussi en verve, depuis des années, et a signé un 51s17 de toute beauté, et de Cate CAMPBELL dont les devoirs de vacances, pendant sa saison sabbatique, sont assez réjouissants…

KROMOWIDJOJO allait devancer (d’un centième) SJÖSTRÖM sur 50 mètres papillon. Et SJÖSTRÖM continuait d’humilier la toute nouvelle championne du monde italienne du 200 mètres, Federica PELLEGRINI, sur sa distance fétiche. Menant tambour battant, la Suédoise passait en 25s99, 54s45, 1’22s61, pour finir en 1’50s43. C’était un autre record mondial. Le précédent lui appartenait depuis le 7 décembre 2014 (mondiaux de Doha) avec 1’50s78. PELLEGRINI, plus lente au démarrage, restait en troisième position jusqu’à l’avant-dernier virage, et passait HEEMSKERK qui l’avait devancée jusqu’alors.

Mireia BELMONTE provoquait une belle surprise, quand elle dominait Katinka HOSSZU sur la distance préférée de la Hongroise, le 400 quatre nages, et lui subtilisait le record du monde. On peut voir dans les résultats les passages de BELMONTE et de HOSSZU, et noter le remarquable parcours de brasse de l’Ibérique, tandis que Katinka coinçait dans cette partie de la course où elle avait souvent fait la différence dans le passé. BELMONTE en verve gagnait aussi le 800 mètres et le 200 mètres papillon, dont elle est en grand bassin la championne olympique et du monde… HOSSZU gagnait en revanche le 200 quatre nages, et aussi le 200 dos, en 2’0s05, après un temps en séries, 2’0s53, qui indiquait que son volontarisme reste toujours sans faille…

Alia ATKINSON refaisait le coup du « doublé » de brasse, aux dépens de Ruta MEILUTYTE.

Côté messieurs, on notait un beau 100 dos du Japonais Masaki K    ANEKO tandis que Kirill PRIGODA triomphait sur 200 brasse de Marco KOCH. Mais le grand homme du week-end restait ce grand spécialiste des meetings Coupe du monde qu’est le Sud-Africain Chad Le CLOS qui, non content de doubler 100 et 200 papillon, raflait le 100 libre aux dépens du Russe MOROZOV, vainqueur, lui, du 50 et du 100 quatre nages.

Le  Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, lui, dérobait le 1500 mètres à l’Italien DETTI.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 20s79.

100 libre : 1. Chad LE CLOS, RSA, 45s96; 2. Vladimir MOROZOV, RUS, 46s14; 3. Marco ORSI, ITA, 46s70.

400 libre : 1. Aleksander KRASNYKH, RUS, 3’38s35; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 3’38s42; 3. Gabriele DETTI, ITA, 3’38s85; 4. Ferry WEERTMAN, NED, 3’41s53.

1500 libre : 1. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 14’26s48; 2. Gabriele DETTI, ITA, 14’28s43.

50 dos : 1. Pavel SANKOVICH, BLR, 22s84.

100 dos : 1. Masaki KANEKO, JPN, 49s65; 2. Christian Erik DIENER, GER, 50s32; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 50s43; 4. Pavel SANKOVICH, BLR, 50s49.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 25s63; 2. Kirill PRIGODA, RUS, 26s; 3. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 26s10; 4. Renato PRONO, PAR, 26s34.

200 brasse : 1. Kirill PRIGODA, RUS, 2’2s15; 2. Marco KOCH, GER, 2’2s62; 3. Anton CHUPKOV, RUS, 2’2s83; 4. Nic FINK, USA, 2’4s14; 5. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 2’4s19; 6. Arno KAMMINGA, NED, 2’5s50 (en série, 2’4s14); 7. Yukihiro TAKAHASHI, JPN, 2’5s85 (en série, 2’5s48).

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 49s09; 2. Matteo RIVOLTA, ITA, 49s54; 3. Tom SHIELDS, USA, 49s90; 4. Yauhen TSURKIN, BLR, 50s13; 5. Joeri VERLI NDEN, CLB, 50s31.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 1’48s67; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’49s29; 3. Masayuki UMEMOTO, JPN, 1’52s12; 4. Pace Talmadge CLARK, USA, 1’52s30; 5. Joeri VERLINDEN, CLB, 1’52s85.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 50s70; 2. Kenneth TO, HKG, 51s95 ; 3. Kyle STOLK, NED, 52s18 ; 4. Philip Marvin HEINTZ, GER, 52s31.             

200 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 1’53s23 ; 2. Kirill PRIGODA, RUS, 1’53s81; 3. Clyde LEWIS, AUS, 1’54s54. 

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 50s58 (record du monde, ancien, 50s77 par elle-même le 3 août 2017, Moscou) ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 51s19 ; 3. Cate CAMPBELL, AUS, 51s75 ; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 52s08; 5. Andrea MUREZ, ISR, 52s98; 6. Olivia SMOLIGA, USA, 53s11 (en série, 52s86). En série, Kim BUSCH, NED, 53s06.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 1’50s43 (record du monde, ancien, 1’50s78, elle-même à Doha, 7 décembre 2014) ; 2. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’51s63 ; 3. Femke HEEMSKERK, NED, 1’52s24 ; 4. Melanie MARGALIS, USA, 1’53s66; 5. Andrea MUREZ, ISR, 1’54s67; 6. Mikkayla Paige SHERIDAN, AUS, 1’55s74.

800 libre : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 8’7s47; 2. Sarah KOHLER, GER, 8s12s45; 3. Kristel KOBRICH, CHI, 8’14s11.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 56s; 2. Olivia SMOLIGA, USA, 56s58; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 58s11 (en série, 56s95).

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’0s05; 2. Emily SEEBOHM, AUS, 2’1s15;

50 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 28s84; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 29s57.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 1’2s67; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 1’3s79; 3. Breeja LARSON, USA, 1’4s81

50 papillon : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s54; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s55 (même temps en série: 24s55) ; 3. Maalke DE WAARD, NED, 25s46 (en série, 25s39).

200 papillon : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 2’3s02 ; 2. Franziska HENTKE, GER, 2’4s28.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’5s01; 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’5s65; 3. Ella EASTIN, USA, 2’6s37 ; 4. Emily SEEBOHM, AUS, 2’6s40.

400 4 nages : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 4’18s94 (record du monde ; ancien, 4’19s46, par Katinka HOSSZU, à Netanya, Israël, le 2 décembre 2015) ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 4’25s18.

Passages de Belmonte, 59s38, 2’6s46, 3’19s24, 4’18s94, soit 59s38, 1’8s08, 1’12s78, 59s70.

Passages records d’Hosszu, 59s19, 2’4s32, 3’19s75, 4’19s46, soit 59s19, 1’5s13, 1’15s43, 59s71.

Passages d’Hosszu, 59s20, 2’3s79, 3’22s35, 4’25s18, soit 59s20, 1’4s59, 1’18s56, 1’2s83.

BERLIN APRÈS MOSCOU : KATINKA HOSSZU DAME LE PION À SARAH SJÖSTRÖM : UN À UN ?

Éric LAHMY

Samedi 12 Août 2017

Katinka HOSSZU, à Berlin, les 7 et 8 Août, a-t-elle un peu mieux joué que Sarah SJÖSTRÖM, dans le cadre de sa Coupe du monde ? C’est possible. Après avoir subi le feu de la Suédoise, à Moscou, la Hongroise a assez judicieusement choisi ses courses, et gagné toutes les quatre. SJÖSTRÖM s’est trouvée moins chanceuse.

Si l’on tient compte de ce qu’on croit savoir de son tempérament, Katinka ne s’est pas contentée de cela, et a essayé de battre un ou deux records du monde, afin de redresser la situation (étant menée aux points très largement par la Scandinave). En vain. Sur 400 mètres quatre nages, il s’en est fallu de peu, HOSSZU nageant la distance en 4’19s82, très près des 4’19s46 qu’elle avait signés, le 2 décembre 2015 à Netanya, en championnats du monde petit bassin. Le volontarisme de la Magyare est souligné par le formidable effort consenti d’entrée de jeu. Elle était chronométrée, à Berlin, dans les temps de 58s70 dans le parcours de papillon (contre 59s19 lors de son record), 2’2s82 après le dos (contre 2’4s32 à Netanya). Mais ensuite les choses se brouillèrent, la fatigue jouant en sa défaveur lors de la brasse, à l’issue de laquelle elle passait en 3’19s60 (contre 3’19s75 en 2015). Elle disposait dès lors d’une très faible avance, désormais, sur le record, avance qu’elle ne put maintenir. Il y a deux ans, HOSSZU avait terminé en 59s71, ici elle ne put faire mieux que 1’0s22. Un temps plus que méritoire, mais peut-être Katinka avait-elle commis une certaine erreur de train ? L’Espagnole Mireia BELMONTE, qui signait un beau 4’22s55 derrière elle, lui reprenait 1s26 dans le parcours de crawl.

Et SJÖSTRÖM ? Celleci trouva, sur 50 mètres, en Ranomi KROMOWIDJOJO, une adversaire (et donc, ce qu’on appelle en termes de stratégie militaire, une « alliée objective » d’HOSSZU). KROMOWIDJOJO se permit en effet le luxe de battre la Suédoise sur 50 libre.

Autre adversaire « objectif » de SJÖSTRÖM, le règlement clownesque concocté par la FINA qui la contraignait à passer par les séries de ce 50 mètres alors qu’en raison de son statut sur la distance, KROMOWIDJOJO atteignait directement la finale. SJÖSTRÖM, dès les séries, nageait fort vite, en 23s22, soit en une seconde et seize centièmes plus vite que la dernière qualifiée pour la finale, et à seulement 12 centièmes de son record mondial.

C’est là que KROMOWIDJOJO l’attendait et lui infligea une défaite un peu inattendue. On sait que la Néerlandaise championne olympique du 50 mètres en 2012 et toujours redoutable compétitrice, pouvait menacer à peu près n’importe qui sur l’aller retour d’un bassin de 25 mètres, mais de là à faire plier Sarah ! Celle-ci ne se laissa guère faire, qui battait son record personnel et mondial. Mais cela ne suffit guère. SJÖSTRÖM signait un temps de 23s00, et la Néerlandaise la devançait en 22s93.

SJÖSTRÖM, sur 200 mètres, battait la championne du monde italienne Federica PELLEGRINI et peut-être cette victoire, qui exigeait un peu plus d’endurance, pouvait expliquer son insuccès sur 50, ce qui est gagné en termes de résistance se perdant presque toujours en termes de « vitesse pure. » Mais SJÖSTRÖM commit sans doute une petite erreur en préférant aller chatouiller HOSSZU sur 100 mètres quatre nages plutôt que d’assurer une victoire presque certaine sur 100 papillon. Plantage stratégique, car non seulement HOSSZU la devança sur 100 quatre nages, mais elle gagna également la course de papillon où le choix de la Suédoise lui avait laissé le champ libre !

SJÖSTRÖM obtint une victoire sur KROMOWIDJOJO sur 50 mètres papillon, en revanche…

Le meeting de Berlin donna lieu à d’autres solides performances, tel un 45s23 au 100 libre par le Russe MOROZOV. Quelques doublés furent enregistrés, ainsi par le Polonais KAWECKI (100 et 200 dos), Chad LE CLOS (50 et 200 papillon), l’Allemand HEINTZ sur 200 et 400 quatre nages, et, côté filles, dans le faible espace que ne ravagèrent pas SJÖSTRÖM et HOSSZU, par la Jamaicaine Alia ATKINSON en brasse. HOSSZU réussissait, soit dit en passant, une victoire marquante, en dos, sur Emily SEEBOHM, en 2’0s37, après un temps en séries de 2’0s18 (autre tentative manquée de peu de record mondial).

Au bout du compte, malgré le talent des nageurs (et, de vous à moi, plus encore des nageuses), la Coupe du monde FINA a atteint un nouveau zénith en termes d’idiotie, avec son été en petit bassin, avec ses séries privées des nageurs d’élite, lesquels se retrouvent en finales directe, ce qui est le genre de triche organisée par le règlement, avec aussi, désormais, ses programmes tronqués.

Ce dernier point est un régal. A force de se vouloir aussi grosse que je ne sais quel boeuf, la grenouille FINA s’est trouvée avec une Coupe du monde rendue insipide par son fichu programme aberrant, sorte de non sens bourré d’épreuves qui se cannibalisent l’une l’autre et dont on ne sait plus trop bien à la fin à quoi elles correspondent, sauf à permettre à une athlète infatigable comme Katinka HOSSZU de chaluter les compétitions à son seul avantage.

Au lieu de réparer cette boursouflure par un amincissement général, et d’admettre que le programme de la FINA ressemble de plus en plus à un œdème, ce qu’on ne peut pas faire, au risque de se déjuger, on opère à coups de ciseaux conjoncturels : dans telle réunion, on enlève telles épreuves, dans telle autre d’autres. Bien entendu, on se demande pourquoi soigner un non sens par un autre non sens, mais c’est comme ça. La FINA a ficelé un noeud gordien dont elle ne sait pas comment se défaire…

 MESSIEURS.-  100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 45s23 ; 2. Chad LE CLOS, RSA, 45s78; 3. Kacper MAJCHRZAC, POL, 46s19; 4. Dominik KOZMA, HUN, 46s50; 5. Tom SHIELDS, USA, 46s58; 6. Konrad CZERNIAK, POL, 47s02; 7. Kyle STOLK, NED, 47s13

200 libre : 1. Dominik KOSMA, HUN, 1’41s03; 2. Kacper MAJCHRZAC, POL, 1’41s62; 3. Chad LE CLOS, RSA, 1’41s67; 4. Danas RAPSYS, LTU, 1’42s23; 4. Aleksandr KRASNYKH, RUS, 1’42s46; 5. Kyle STOLK, NED, 1’42s81; 6. Clyde LEWIS, AUS, 1’43s52.

1500 libre : 1. Gabriele DETTI, ITA, 14’18s33; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 14’21s53; 3. Wojciech WOJDAK, POL, 14’30s57; 4. Florian WELLBROCK, GER, 14’33s25; 5. Ruwen STRAUB, CLB, 14’39s38; 6. Ilia DRUZHININ, RUS, 14’54s15.

100 dos : 1. Radoslaw KAWECKI, POL, 49s97; 2. Masaki KANEKO, JPN, 50s29; 3. Pavel SANKOVICH, BLR, 50s70; 4. Grigory TARASEVICH, RUS, 50s75; 5. Mitchell LARKIN, AUS, 50s87; 6. Christian Erik DIENER, GER, 50s99; 7. Markus LIE, NOR, 51s02; 8. Tomasz POLEWKA, POL, 51s18.

200 dos : 1. Radoslaw KAWECKI, POL, 1’48s20 ; 2. Masaki KANEKO, JPN, 1’49s11; 3. Christian Erik DIENER, GER, 1’49s30; 4. Danas RAPSYS, LTU, 1’49s64.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 25s49; 2. Fabio SCOZZOLI, ITA, 25s77; 3. Kirill PRIGODA, RUS, 25s86; 4. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 26s09; 5. Renato PRONO, ITA, 26s23.

100 brasse : 1. Kirill PRIGODA, RUS, 56s35; 2. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 56s38; 3. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 56s57; 4. Fabio SCOZZOLI, ITA, 56s81; 5. Arno KAMMINGA, NED, 57s09; 6. Anton CHUPKOV, RUS, 57s43; 7. Fabian SCHWINGENSCHLÖGL, CLB, 57s57; 8. Basten CAERTS, BEL, 57s99.  

50 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 22s32; 2. Yuhen TSURKIN, BLR, 22s49; 3. Adam BARRETT, GBR, 22s53; 4. Tom SHIELDS, USA, 22s67; 5. Deividas MARGEVICIUS, LTU, 22s70.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 1’49s08; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’49s26; 3. Masayuki UMEMOTO, JPN, 1’52s80; 4. Philip Marvin HEINTZ, GER, 1’53s15; 5. Masaki KANEKO, JPN, 1’53s53; 6. Jonathan GOMEZ, COL, 1’53s59; 7. Joeri VERLINDEN, NED, 1’54s31

200 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 1’52s64; 2. Kirill PRIGODA, RUS, 1’54s05; 3. Kenneth TO, HKG, 1’54s97; 4. Kyle STOLK, NED, 1’55s27 (en série, 1’54s33); 5. Clyde LEWIS, AUS, 1’55s30; 6. Masaki KANEKO, JPN, 1’55s37. 

400 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 4’5s16; 2. Federico TURRINI, ITA, 4’5s73; 3. Ayrton SWEENEY, RSA, 4’6s72; 4. J. HEIDTMANN, GER, 4’7s20.

DAMES.- 50 libre: 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 22s93 (record du monde; ancien, 23s10 par Sarah SJÖSTRÖM) ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s00 ; 3. 3. Cate CAMPBELL, AUS, 23s62; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 23s93; 5. Tamara VAN VLIET, NED, 24s01; 6. Aleksandra URBANCZYK, POL, 24s31 (en série, 24s24); 7. Erika FERRAIOLI, ITA, 24s36; 8. Valerie VAN ROON, NED, 24s40 (en série, 24s38). En série, Kim BUSCH, NED, 24s41.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 1’51s56; 2. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’52s05; 3. Femke HEEMSKERK, NED, 1’52s23; 4. Mikkayla Paige SHERIDAN, AUS, 1’55s01; 5. Carla BUCHANAN, AUS, 1’55s08; 6. Robin NEUMANN, NED, 1’55s72 (en série, 1’55s56); 7. Blair EVANS, AUS, 1’56s48; 8. Marjolein DELNO, NED, 1’56s60.

400 libre : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 3’57s79; 2. Sarah KOHLER, GER, 4’1s03; 3. Mikkayla Paige SHERIDAN, AUS, 4’3s90; 4. Kristel KOBRICH, CHI, 4’5s40; 5. Dahlas ROGER, AUS, 4’5s77.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 26s15; 2. Kira TOUSSAINT, NED, 26s24; 3. Maalke DE WAARD, NED, 26s55 ; 4. Mimosa JALLOW, FIN, 26s56 ; 5. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 26s64

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’0s37 (en série, 2’0s18); 2. Emily SEEBOHM, AUS, 2’0s65; 3. Nadine LAEMMLER, CLB, 2’5s41; 4. Kira TOUSSAINT, NED, 2’5s47.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 1’3s16; 2. Jenna LAUKANEN, FIN, 1’4s56 ; 3. Fanny LECLUYSE, BEL, 1’5s81 ; 4. Arianna CASTILGLIONE, 1’5s84.  

200 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 2’18s96; 2. Rikke PEDERSEN, DEN, 2’19s52; 3. Fanny LECLUYSE, BEL, 2’19s96.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s57 (en série, 24s52); 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s95; 3. Maaike DE WAARD, NED, 25s24; 4. Aleksandra URBANCZYK, POL, 25s36; 5. Kimberly BUYS, BEL, 25s42.

100 papillon : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 55s86 (en série, 55s52); 2. Ilaria BIANCHI, ITA, 56s42; 3. Kimberly BUYS, BEL, 56s44; 4. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 56s97 (en série, 56s63); 5. Aliena SCHMIDTKE, GER, 57s33.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 56s91; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 57s30; 3. Alia ATKINSON, JAM, 58s12; 4. Jenna LAUKKANEN, FIN, 59s52.     

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’19s82; 2. Mireia BELMONTE, ESP, 4’22s55; 3. Blair EVANS, AUS, 4’29s56.

ROME : CHAD LE CLOS DEVANCE NATHAN ADRIAN SUR 100 LIBRE, UN TRIOMPHE DE L’ « ENERGY » !

Éric LAHMY

Samedi 12 Août 2017

ROME.- Grand bassin du Stadio del Nuoto, la piscine du traditionnel Trophée des Sept Collines et du mondial de Rome 2009. Natation spectacle by-night, les 8 et 9 août, orchestré par les professionnels de l’Energy Standard, et aussi opération caritative, laquelle, bien ordonnée, passe par les enfants. Dans ce meeting, l’Italie nage donc pour Save The Children, l’Australie pour Cure Brain Cancer, les USA pour Make a Splash et l’Energy Standard (club professionnel à base italo-ukrainienne) pour Tabletochki. (fonds international de charité de défense des enfants). Gala conduit par Massimiliano Rosolino et un visage avenant du showbiz italien, Giorgia Surina, commentaires techniques de Filippo Magnini, double champion du monde du 100 nage libre et capitaine de l’équipe italienne, etc., etc.

Sur 100 libre, Chad LE CLOS (quel talent) brûle la politesse à Nathan ADRIAN (48s38 contre 48s69). Le champion olympique de l’épreuve en 2012, peut être le sprinter le plus régulier et le plus médaillé de ces dernières années, il ne se fait pas moins surprendre par l’un des talents les plus éclectiques de l’époque, les plus proches de ce qu’a pu produire la natation mondiale dans le genre, avec Michael PHELPS et Ryan LOCHTE. Le record personnel de LE CLOS sur la course est de 48s16 (réussi à Chartres le 11 août 2015), et il a réussi un 48s38 à Dubaï en juin 2016…

En déroulant le programme, on note la performance de pointe de Gabriele DETTI, tout près de son record d’Italie, sur 400 mètres, avec 3’44s40 contre 3’43s36 en avril dernier. DETTI devance un Mykhaylo ROMANCHUK qui a marqué d’importants progrès cette saison et s’est permis de frôler l’or, sur 1500, derrière Greg PELLEGRINI, aux mondiaux de Budapest.

Kliment KOLESNIKOV a devancé Ryan MURPHY, le champion olympique américain, décidément bien malmené cette saison par tous les nouveaux talents qui se lèvent, dont le Kolesnikov en question, lequel l’a également devancé sur la distance double.

Alors que Chad LE CLOS enlevait le 100 papillon face à Piero CODIA et Tim PHILLIPS très menaçants jusqu’au bout, Chase KALISZ gagnait le 200 papillon devant LE CLOS, le 200 quatre nages devant Ryan LOCHTE et le 400 quatre nages devant… personne à moins de douze ou quinze mètres à l’arrivée. Une Sarah SJÖSTRÖM à l’économie triomphait sur 50 et 200 libre, 50 et 100 papillon, et désertait le 100 mètres qui revenait à Femke HEEMSKERK devant Cate CAMPBELL. Sur 200, SJÖSTRÖM se jouait de la championne du monde Federica PELLEGRINI, et faisait mieux que résister au fameux emballage final de l’Italienne, auquel elle opposait victorieusement l’atout formidable que constitue sa vitesse de base…

Emily SEEBOHM enlevait ses trois courses de dos ; l’Australienne réalisait, sur 100 dos, la performance la plus élevée des deux journées, si l’on considère les points FINA auxquels elle correspond. Leah SMITH, elle, signait un temps convaincant sur 400 libre… Divers relais achevaient ces journées.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Nathan ADRIAN, USA, 22s00.

100 libre : 1. Chad LE CLOS, RSA, 48s38 ; 2. Nathan ADRIAN, USA, 48s69; 3. Kyle CHALMERS, AUS, 49s08; 4. Jack CARTWRIGHT, AUS, 49s12; 5. Marco ORSI, ITA, 49s32; 6. Conor DWYER, USA, 49s40; 7. Sergii SHEVTSOV, UKR, 49s47; 8. Lucca DOTTO, ITA, 49s54.

200 libre : 1. Gabriele DETTI, ITA, 1’47s67.

400 libre : 1. Gabriele DETTI, ITA, 3’44s40; 2. Mykhaylo ROMANCHUK, UKR, 3’45s58; 3. Zane GROTHE, USA, 3’49s10; 4. Sergii FROLOV, UKR, 3’49s34; 5. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 3’50s01.

50 dos : 1. Ryan MURPHY, USA, 25s17; 2. Danas RAPSYS, LTU, 25s28.

100 dos : 1. Kliment KOLESNIKOV, RUS, 53s35 (record du monde junior, ancien 53s38 par lui-même) ; 2. Ryan MURPHY, USA, 53s37; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 53s82; 4. Jacob PEBLEY, USA, 54s15; 5. Danas RAPSYS, LTU, 54s73.

200 dos : 1. Kliment KOLESNIKOV, RUS, 1’56s65 ; 2. Ryan MURPHY, USA, 1’57s19 ; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 1’57s41; 4. Jacob PEBLEY, USA, 1’57s48.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 26s88; 2. Fabio SCOZZOLI, ITA, 27s02; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 27s08; 4. Kevin CORDES, USA, 27s49; 5. Nicolas FINK, 27s68.

100 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, et Fabio SCOZZOLI, ITA, 59s58 ; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 59s95 ; 4. Andrius SIDLAUSKAS, LTU, 1’0s55 ; 5. Jake PACKARD, AUS, 1’0s85; 6. Nicolas FINK, USA, 1’0s86; 7. Kevin CORDES, USA, 1’1s05; 8. Matthew WILSON, AUS, 1’1s08.

200 brasse : 1. Josh PRENOT, USA, 2’9s36; 2. Luca PIZZINI, ITA, 2’10s90; 3. Kevin CORDES, USA, 2’12s12; 4. Matthew WILSON, AUS, 2’12s44; 5. Andrius SIDLAUSKAS, LTU, 2’13s72; 6. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 2’14s01.

50 papillon : 1. Benjamin PROUD, GBR, 23s33; 2. Tim PHILLIPS, USA, 23s54; 3. Andrii KHLOPTSOV, UKR, 23s63.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 51s45; 2. Piero CODIA, ITA, 51s56; 3. Tim PHILLIPS, USA, 51s60; 4. Andrii KHLOPTSOV, UKR, 52s24.

200 papillon : 1. Chase KALISZ, USA, 1’56s72; 2. Chad LE CLOS, RSA, 1’57s61.         

200 4 nages : 1. Chase KALISZ, USA, 1’58s22; 2. Ryan LOCHTE, USA, 1’59s75. 

400 4 nages : 1. Chase KALISZ, USA, 4’9s67.

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s13; 2. Cate CAMPBELL, AUS, 24s43; Madison KENNEDY, USA, 24s86.

100 libre : 1. Femke HEEMSKERK, NED, 53s45; 2. Cate CAMPBELL, AUS, 53s56; 3. Federica PELLEGRINI, ITA, 54s24; 4. Michelle COLEMAN, SWE, 54s32; 5. Madison KENNEDY, USA, 54s98.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 1’55s51; 2. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’55s72; 3. Melanie MARGALIS, USA, 1’57s17; 4. Leah SMITH, USA, 1’57s35; 5. Michelle COLEMAN, SWE, 1’57s78; 6. Alice MIZZAU, ITA, 1’59s06.

Sjöström, 27s47, 57s23, 1’26s72, 1’55s51.

Pellegrini, 27s47, 57s05, 1’26s89, 1’55s72.

400 libre : 1. Leah SMITH, USA, 4’4s58; 2. Simona QUADARELLA, ITA, 4’9s74.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 27s68; 2. Olivia SMOLIGA, USA, 28s03; 3. Georgia DAVIES, GBR, 28s13; 4. Daryna ZEVINA, UKR, 28s29.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 59s02; 2. Olivia SMOLIGA, USA, 1’0s26; 3. Georgia DAVIS, GBR, 1’0s32; 4. Daryna ZEVINA, UKR, 1’0s53; 5. Margherita PANZIERA, ITA, 1’0s56; 6. Ali DELOOF, USA, 1’0s94.

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 2’7s86; 2. Daryna ZEVINA, RUS, 2’8s54; 3. Margherita PANZIERA, ITA, 2’9s89.

50 brasse : 1. Ruta MEILUTYTE, LTU, 30s59 ; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 30s67 ; 3. Ariana CASTIGLIONI, ITA, 30s94.

100 brasse : 1. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’7s16 ; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 1’7s36; 3. Bethany GALAT, USA, 1’7s55; 4. Tessa WALLACE, 1’7s85.

200 brasse : 1. Bethany GALAT, USA, 2’25s27; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 2’25s37; 3. Ruta MEILUTYTE, LTU, 2’25s62.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 25s79; 2. Farida OSMAN, EGY, 25s87.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 57s56; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s14.

200 papillon  : 1. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 2’10s09.     

200 4 nages : 1. Melanie MARGALIS, USA, 2’11s29 ; 2. Madisyn COX, USA, 2’11s64 ; 3. Sara FRANCESCHI, ITA, 2’12s83 ; 4. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 2’12s98.

400 4 nages : 1. Hannah MILEY, GBR, 4’38s10 ; 2. Madisyn COX, 4’39s57; 3. Bethany GALAT, USA, 4’41s53; 4. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’41s99; 5. Blair EVANS, AUS, 4’42s75.

LA COLÈRE ET L’APAISEMENT

Éric LAHMY

Mercredi 9 Août 2017

Savez-vous ce qu’il faut penser de la « voix du peuple » ? Difficile d’élaborer, en face d’elle, une ligne de conduite. Je vous parle de ça parce que, ces derniers jours, à Londres où se tiennent de très beaux championnats du monde, la Fédération Internationale d’Athlétisme a hésité à organiser la cérémonie de remise de médailles du 100 mètres plat à l’issue de la course.

L’épreuve a été gagnée par Justin GATLIN, l’athlète, nous dit-on, le plus détesté de l’époque. GATLIN, à chacune de ses apparitions sur le stade, est copieusement hué. La crainte du scandale faisait l’IAAF hésiter à organiser une remise de médailles! Le public lui reproche deux contrôles anti-dopage positifs, l’un aux amphétamines, l’autre à un anabolisant.

Comme dirait l’autre: que fait la police?

Au nom du principe de proportionnalité, le souhait de certains d’écarter des stades à vie de tels récidivistes, ne peut être exaucé. Or, le traumatisme (fort médiatisé d’ailleurs) que constitue, dans le sport, aujourd’hui, chaque contrôle positif, salit, dirait-on, de façon indélébile, ceux qui en sont les sujets. Voir ceux qui ont fraudé hanter le stade et surtout enlever des médailles en insupporte plus d’un.

Craig Lord, sur son site SwimVortex, a pris sur le sujet, en natation, une position de pointe. Il accompagne systématiquement d’un astérisque le nom de chaque contrevenant, quand l’actualité le contraint à en commenter les faits et gestes .

Marque infâmante qui, dans le cas du Chinois SUN Yang, après ses victoires mondiales, aboutit à ce qu’il n’eut pas même droit à ce que son nom soit cité. Lord désignait SUN sous le nom d’ « astérisque » tout le long de l’article. La Russe Julia EFIMOVA a été traitée de manière équivalente. Il s’agit d’un rejet total et semble-t-il définitif. Dans le passé, on marquait les criminels au fer rouge – flétrissure définitive, infamante.

On peut s’interroger sur la validité d’un tel extrémisme. Se doper est tricher, certes. Mais tricher, en football ou en water-polo, par exemple, conduit au pire à une expulsion temporaire. Une interdiction de jouer quelques matches peut s’ensuivre. Dans les cas les plus graves, elle couvre quelques rencontres, ou quelques semaines.

Par ailleurs, on peut distinguer des degrés dans la culpabilité d’un dopé. Il y a ce que j’appelle le dopage par accident. Il y a aussi les dopés « à l’insu de leur plein gré », selon la formule immortelle du cycliste Richard Virenque. Peut-on sérieusement comparer le cas de ces nageuses chinoises ou est-allemandes, innocentes et parfois même victimes, trafiquées par le médecin de leur équipe, avec celui de Lance ARMSTRONG, cynique de tempérament criminel, qui orchestrait lui-même les tricheries de son équipe ?

Il y a, sous cet angle, deux façons de voir le champion: soit comme on le voit traiter dans les sports olympiques, selon la  version anglo-saxonne, intransigeante, de la morale; soit comme un être que son statut place au-dessus des règles – Diego MARADONA et Lionel MESSI, dieux du foot, bâtis à force d’anabolisants et d’hormones de croissance sans que nul n’ait paru s’en offusquer, MARADONA encore, tricheur mégalo, corrompu, drogué jusqu’à l’os, dont rien ne parait devoir affecter l’aura divine que lui trouvent ses admirateurs.

Disons-le, cette rigidité là, que l’on voit faire tant de dégâts dans le monde politique, où qui « vole un œuf » est traité comme s’il avait tué père et mère, finit par être presqu’aussi dérangeante que l’attitude contraire…

C’est que les temps ont changé. En-dehors des limites du sport, dans la fiction, les héros du passé se sont perdus dans les sables de l’ambiguïté. L’antihéros leur a succédé : mesurez la distance entre Richard RIDDICK, le sombre personnage de Pitch Black, incarné à l’écran par Vin DIESEL, et Robin des Bois, joyeux maître de la forêt de Sherwood. Et goûtez la différence.

Les antihéros actuels, tissés d’autant de défauts que de qualités, font plus vrais, en cette époque de désillusions, que les chevaliers blancs du passé, qu’ils ont un peu ringardisé – et dont les profils, d’ailleurs, étaient plus compliqués qu’il n’y parait. L’Hercule romain, son modèle grec, n’étaient guère recommandables. Leurs actions les rapprocheraient du « cool bad guy » de Quentin Tarantino plus que du preux Lancelot du Lac (lequel, d’ailleurs, couchait avec l’épouse de son roi lige).    

Thomas BACH, le président du Comité International Olympique, s’est récemment déclaré pour la radiation à vie de ceux qui étaient convaincus de dopage. Une déclaration coûte certes moins qu’une action, et on se souvient des atermoiements, des manœuvres diverses du même BACH, l’an passé, pour se débarrasser de l’affaire du dopage organisé en Russie, de son peu d’empressement à sévir quand il le pouvait. Depuis Jean-Sébastien, les BACH, il est vrai, connaissent la musique, et plus encore l’art de la fugue.

Comment agir face à un athlète dont le dopage est avéré ? Peut-on le considérer comme un criminel ? Doit-on lui garder une éternelle aversion ?  

On a vu l’Australien Mackenzie HORTON et l’Américaine Lilly KING adopter, aux Jeux olympiques de Rio, des positions très agressives face à leurs adversaires directs, respectivement SUN Yang (Chine) et Julia EFIMOVA (Russie), bien trop protégés par la FINA, disons-le. Ces relations tendues perdurèrent jusqu’aux championnats du monde de Budapest. SUN et HORTON réussirent à se saluer sans trop de grimaces sur le podium du 400 mètres, où ils cohabitèrent un instant.

Quelle que soit la sympathie limitée que provoque SUN Yang, la radiation à vie n’est pas proportionnée à ses erreurs. Et le stigmate éternel, le signe infâmant pérenne, le doigt sur la faute, ne me parait pas très généreux. Il est bon qu’à un moment donné, la faute soit sinon oubliée, du moins pardonnée.

A la fin des mondiaux, ce 30 juillet, à l’issue de leur dernière rencontre individuelle, sur 50 brasse, on a pu voir KING et EFIMOVA parler, rire et échanger quelques mots dans l’eau. Interrogée au sujet de ce changement de comportement, l’Américaine expliqua qu’elle avait eu du plaisir à se confronter avec la Russe, que celle-ci avait, au fond valorisé ses courses, les avait rendues intéressantes. Elle semblait avoir pardonné la faute de la rivale. Deux jours plus tôt, une autre nageuse US, Bethany GALAT, l’avait précédée dans cette attitude. Deuxième du 200 brasse derrière la Russe, GALAT s’en alla féliciter EFIMOVA ; interrogée par les medias, elle expliqua qu’il lui paraissait naturel et congratuler la gagnante : « c’est une grande nageuse ; c’est une fantastique nageuse de brasse ; elle a produit une course phénoménale. Alors oui, je la félicite. Je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas. » Après le temps de la colère était venu celui de l’apaisement.

MARIE WATTEL PAPILLON HAUT : CHAMPIONNE DES USA, 57s53, RECORD DE FRANCE HORS POLYURETHANE

Eric LAHMY

5 Août 2017

Marie WATTEL empoche un deuxième titre, à l’open des USA, celui du 100 mètres papillon, après celui du 100 mètres libre. La Française, entraînée à l’année à Loughborough et licenciée à Montpellier, s’était qualifiée sans forcer, en séries, écopant le troisième temps, 59s34 derrière Amanda KENDALL, une nageuse très expérimentée, ancienne membre de l’équipe US, et la toute jeune Cassidy BEYER, 17 ans

En finale, la course se limita d’emblée à un duel entre KENDALL, passée en 27s08, et WATTEL, qui la précédait de huit centièmes, une misère. Dans le retour, le résultat demeura incertain, mais WATTEL l’emportait finalement dans le temps de 57s53 contre 57s87.

WATTEL améliorait son record de l’année, 58s66, de plus d’une seconde, et, dans le bilan national, passait Béryl GASTALDELLO, qui avait gagné le titre national aux championnats de France, à Schiltigheim. En 2016, elle avait nagé 58s30, son record personnel, et semblait plafonner depuis quelques années. La voici relancée. Elle se trouve désormais à distance raisonnable du record de France, 56s89, détenu depuis les championnats du monde de Rome, en 2009, avec 56s89.

En début d’après-midi, Fantine LESAFFRE avait donné l’impression de réaliser elle aussi l’exploit de l’emporter, sur 400 mètres quatre nages. Fantine avait hérité du meilleur temps en séries, 4’44s55, et menait la finale après un bon retour dans son parcours de brasse, mais ne put empêcher le retour de Sharli BRADY, une fille du Missouri qui empochait le titre en 4’42s70 contre 4’43s25 à LESAFFRE.

Jonathan ROBERTS de North Texas Nadadores, gagnait le 400 4 nages messieurs en 4’14s93. Le 100 papillon masculin revenait à Matthew JOSA, des California Aquatics avec 52s15.

US OPEN: DAMIEN JOLY AJOUTE L’ARGENT DU 400 A L’OR DU 1500

Eric LAHMY

4 Aoùt 2017

Damien JOLY a bien occupé la deuxième journée de ses championnats des Etats-Unis, à East Meadow, et s’il a eu un petit peu moins de chance que sur 1500 mètres la veille – il l’avait emporté – , il a fini 2e du 400 mètres. Les séries montraient que la « gagne » serait une affaire difficile. Le Français se qualifiait en 3’53s50, quatrième temps général, tandis que Matt HUTCHINS, un bon nageur de demi-fond néo-zélandais inscrit à l’Université de Wisconsin, signait le meilleur temps, 3’49s58, s’assurant une large marge de trois à quatre secondes sur les mieux qualifiés des finalistes, dont JOLY.

Pour le titre, HUTCHINS eut tôt fait de se détacher, et s’assurait à mi-course deux secondes (1’52s73 contre 1’54s35) sur le Français fort occupé pour sa part à tenir son rang face à Mitch D’ARRIGO et Jeff NEWKIRK (1’54s56 et 1’54s66). Le Néo-Zélandais maintint son avance, puis l’accentua, touchant en 3’48s41 avec deux longueurs d’avance sur le Français, 3’51s05, alors qu’un negative-split de Logan HOUCK le ramenait de la 7e à la 3e place, 3’51s91 après un passage à 1’56s37.

JOLY restait en-deçà de son meilleur de l’année (3’50s43 à Amiens en avril) et plus encore de son record, 3’48s86 en avril 2015. Dans un contexte de performances pas très élevé, mais extrêmement dense, Joris BOUCHAUT et Mathis CASTERA finissaient 11e et 13e en 3’52s52 et 3’54s22.

Privés de leurs ténors, les championnats des Etats-Unis ressemblent à un bon gros meeting, seulement très fréquenté, mais sans les grandes performances que peuvent produire ses élites, et sous ce plan, les absences des DRESSEL, LEDECKY, KALISZ et autres manquent cruellement. En outre, plusieurs de celles et ceux qui avaient disputé les sélections voici quelques semaines et en avaient fait le point d’orgue de leur saison sont depuis partis en demi-vacances.

Dans ce contexte, le 400 dames a été enlevé par une Erica SULLIVAN de 16 ans, en 4’9s43, treize secondes moins vite que le record mondial de Katie LEDECKY et quatre secondes derrière le record du meeting, 4’5s45 en… 1987 ! SULLIVAN devance Ashley TWICHELL, 4’10s89 et Taylor AULT, 4’11s12.

200 brasse dames : Chloe TUTTON, 2’24s80.

200 brasse messieurs : George HARLEY, Australie, 2’10s57

200 dos dames : Matea SAMARDZIC, Croatie, Scarlett Aquatics, 2’8s77 ; 2. ? Lisa BRATTON, 2’8s78.

200 dos messieurs: Jonathan ROBERTS, 1’56s88.

SARAH SJÖSTRÖM BAT DEUX RECORDS DU MONDE ET DOMPTE KATINKA HOSSZU

Eric LAHMY

Jeudi 3 août 2017

Sarah SJÖSTRÖM a dominé le tournoi Coupe du monde (premier de la saison) de Moscou, ces 2 et 3 août. L’héroïne des championnats du monde de Budapest a ratissé large : records du monde du 50 mètres et du 100 mètres nage libre.

Sur la plus courte de ces deux distances, elle a effacé le temps de la Néerlandaise Ranomi KROMOWIDJOJO en 23s10 contre 23s24. KROMOWIDJOJO avait réussi son temps à deux reprises, le 7 août 2013 à Eindhoven et le 12 décembre 2015 à Indianapolis. La double championne olympique de Londres, en 2012, était présente à Moscou, et le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a montré aucune complaisance vis-à-vis de la Suédoise. SJÖSTRÖM ayant remporté la 3e série en 23s51, la Hollandaise se dépêcha de rafler la mise, et gagna la quatrième série en 23s32 devant la grande Australienne Cate CAMPBELL, 23s99. SJÖSTRÖM eut le dernier mot, le soir en finale, record à la clé ; la Néerlandaise ne fut jamais très loin, mais, en 23s39, ne put seulement rééditer son temps du matin, sans parler de son record passé.

Sur 100 mètres aussi, SJÖSTRÖM s’emparait du record. Ses 50s77 prenaient la suite des 50s91 de l’Australienne Cate CAMPBELL, établis le 28 novembre 2015 à Sydney.

Suivant le principe du nouveau règlement, assez peu sportif, ridiculisé par Katinka HOSSZU, qu’a adopté la FINA (FINA, Fédération Internationale de Natation Antisportive), qui revient à engager directement les meilleurs nageurs sans passer par les qualifications, ni KROMOWIDJOJO ni SJÖSTRÖM n’eurent à courir le matin, à la différence d’HEEMSKERK, CAMPBELL, PELLEGRINI et autres. Rien que ça vous donne envie de ne pas s’intéreser au résultat.

SJÖSTRÖM l’emporta, donc, sans passer par la case séries, avec le record du monde, après avoir mené de bout en bout, d’abord face à CAMPBELL, qui tentait de s’accrocher, 24s61 contre 24s51 au mur des 50 mètres, et à KROMOWIDJOJO, 24s73 pour 51s14 à l’arrivée. La Suédoise gagnait également le 100 mètres papillon, et, sur 100 mètres quatre nages, ne le cédait que fort peu en face d’HOSSZU.

Le règlement de la Coupe du monde nouveau style a conduit les engagements de nageurs, puisqu’on n’a plus le droit, comme par le passé, de s’engager librement, tandis que le programme était ratiboisé. Ayant critiqué la prolifération abusive de courses, je ne pourrais me plaindre d’un resserrement, mais à quoi rime une étape de Coupe du monde de Moscou sans le 100 mètres libre messieurs, ou privé du 200 mètres dames ?

La grande perdante du changement de formule est, pour l’instant, Katinka HOSSZU, qui s’était fait une spécialité de s’engager partout, et donc de ramasser systématiquement un maximum de points. Ici, quoique gagnante du 100 dos, du 100 et du 200 quatre nages, et 2e du 200 papillon, elle n’a collationné « que » 57 points, contre 109 à SJÖSTRÖM, grâce aux points supplémentaires accordés aux records qu’elle a battus. Pourtant, l’autoproclamée « Dame de Fer » remporta son seul duel direct du week-end avec SJÖSTRÖM puisqu’elle la devança à l’issue d’une bataille férocement acharnée dans le 100 mètres quatre nages… 

 MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 20s93; 2. Pawel JURASZEK, POL, 21s25; 3. Sergei FESIKOV, RUS, 21s28.

200 libre : 1. Chad LE CLOS, RSA, 1’42s54 ; 2. Alexandr KRASNYKH, RUS, 1’42s69 ; 3. Mikhail VEKOVISCHEV, RUS, 1’43s26; 4. Nikita LOBINTSEV, RUS, 1’44s11; 5. Gabriele DETTI, ITA, 1’44s75. En série, Danila IZOTOV, RUS, 1’44s12, Marku LIE, NOR, 1’44s24.

400 libre : 1. Aleksandr KRASNYKH, RUS, 3’38s85 ; 2. Gabriele DETTI, ITA, 3’39s02; 3. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 3’39s88; 4. Wojciech WOJDAK, POL, 3’41s26.

50 dos: 1. Pavel SANKOVICH, BLR, 23s20; 2. Christian Erik DIENER, GER, 23s40.

200 dos : 1. Radoslaw KAWECKI, POL, 1’48s96 ; 2. Masaki KANEKO, JPN, 1’49s93; 3. Christian Erik DIENER, GER, 1’50s37.

100 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 56s30; 2. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 56s40; 3. Kiril PRIGODA, RUS, 56s80..

200 brasse : 1. Kiril PRIGODA, RUS, 2’2s16; 2. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 2’3s71; 3. Anton CHUPKOV, RUS, 2’4s08.

50 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 22s31; 2. Adam BARRETT, GBR, 22s55; 3. Yauhen TSURKIN, BLR, et Tom SHIELDS, USA, 22s60.  

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 49s13; 2. Adam BARRETT; GBR, 49s45; 3. Tom SHIELDS, USA, 49s55; 4. Matteo RIVOLTA, ITA, 49s77

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 51s04; 2. Sergei FESIKOV, RUS, 51s78; 3. Kenneth TO, HKG, 51s97; 4. Pavel SANKOVICH, BLR, 52s25.          

400 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 4’4s49; 2. Mitchell LARKIN, AUS, 4’7s93

 DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s10 (record du monde; ancien record, Ranomi KROMOWIDJOJO, 23s24); 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 23s39 (en série, 23s32); 3. Cate CAMPBELL, AUS, 23s93; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 24s14; 5. Aleksandra URBANCZYK, POL, 24s36 (en série, 24s26).

100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, 50s77 (record du monde ; ancien, Cate CAMPBELL, AUS, 50s91) ; 2. Ranomi KROMIWIDJOJO, NED, 51s14 ; 3. Cate CAMPBELL, AUS, 51s59 ; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 51s98; 5. Federica PELLEGRINI (ITA) et Veronika POPOVA (RUS), 52s99.

400 libre : 1. Federica PELLEGRINI, ITA, 3’57s80; 2. Mireia BELMONTE, ESP, 3’58s24; 3. Anna EGOROVA, CLB, 4’4s31; 5. Diana DURAES, POR, 4’5s38; 6. Kristel KOBRICH, CHI, 4’5s93.

800 libre : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 8s7s10; 2. Kristel KOBRICH, 8’18s88; 3. Emma ROBINSON, NZL, 8’21s58; 4. Anna EGOROVA, CLB, 8’21s84.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 26s35; 2. Maalke DE WAARD, NED, 26s55; 3. Alicia TCHORZ, POL, 26s69.

100 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 55s65 (en série, 55s52); 2. Emily SEEBOHM, AUS, 56s60; 3. Maria KAMENEVA, CLB, 57s09.

50 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 29s46; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 29s51; 3. Natalia IVANEEVA, RUS, 29s87.

200 brasse : 1. Rikke PEDERSEN, DEN, 2’19s84; 2. Marlia TEMNIKOVA, RUS, 2’20s14; 3. Alia ATKINSON, JAM, 2’20s63.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 55s70; ; 2. Svetlana CHIMROVA, RUS, 57s02.

200 papillon : 1. Franziska HENTKE, GER, 2’3s43; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 2’5s36; 3. Mireia BELMONTE, ESP, 2’5s75.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 57s02; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 57s10; 3. Emily SEEBOHM, AUS, 58s63; 4. Alia ATKINSON, JAM, 59s55; 5. Femke HEEMSKERK, NED, 59s57.       

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’4s76; 2. Emily SEEBOHM, AUS, 2’7s64; 3. Alicia TCHORZ, POL, 2’8s13.

MARIE WATTEL ET DAMIEN JOLY CHAMPIONS U.S.

Eric LAHMY

3 Août 2017

Deux Français champions des Etats-Unis, lors de la première journée des compétitions, ce mercredi, à East Meadow (New-York). Marie WATTEL a remporté le 100 mètres libre dames et Damien JOLY le 1500 mètres messieurs.

WATTEL a facilement devancé des adversaires un peu en-dessous de leur valeur. L’ex Niçoise, ayant signé à Montpellier tout en devenant étudiante à Loughborough, en Grande-Bretagne ne s’est pas contentée pourtant d’une victoire au rabais. Elle nage en 54s27, ce qui représente une amélioration de près d’une seconde de son record de la saison, 55s13 aux championnats de France à Schiltigheim, le 27 mai dernier. WATTEL s’était, le matin, qualifiée première, en 55s15.

Dans la finale, WATTEL ne laissait aucune chance à ses sept camarades de jeu. L’une des plus vite en action, elle menait d’une longue coudée sur le mur, atteint en 26s21, sur Amanda KENDALL et Courtney CALDWELL. Il n’y eut de lutte que pour la 2e place, Claire ADAMS, plus connue pour ses talents de dossiste venant titiller KENDALL, mais pratiquement au niveau des hanches de la Française.

L’exploit de Marie WATTEL est d’autant plus satisfaisant que la course-étalon n’était pas son point le plus fort jusqu’ici, puisqu’elle brillait surtout en papillon, voire sur 50. Elle se place en sixième position dans le bilan français tous temps

1.Malia METELLA, 53s49 (2009). 2. Camille MUFFAT, 53s51 (2013). 3. Charlotte BONNET, 53s65 (2017). 4. Céline COUDERC, 53s97 (2008). 5. Béryl GASTALDELLO, 53s98 (2015). 6. Marie WATTEL, 54s27. 7. Mathilde CINI, 54s44 (2016). 8. Alena POPCHANKA, 54s49 (2008). 9. Aurore MONGEL, 54s57 (2009). 10. Anna SANTAMANS, 54s93 (2016).

Damien JOLY n’a pas eu plus de mal à gagner le 1500 mètres. Parti très vite, sur un rythme ambitieux, fort de son état de finaliste olympique, le Français menait de trois secondes, aux 400 mètres, devant Joris BOUCHAUT qui s’était essayé lui, aussi, à un départ rapide. Vers les 500 mètres, atteints en 4’54s78, son rythme ralentit légèrement, passant autour de la minute chaque cent mètres. Son temps final, 14’55s46, lui redonnait la première place cette saison en France, abandonnée aux championnats de France au champion du monde d’eau libre, Marc-Antoine OLIVIER (15’5s08). Deux jeunes Américains, Logan HOUCK (15’1s70) et Andrew BRADY (15’17s90), s’intercalèrent entre Damien et BOUCHAUT (15’18s72), qui eut un mal fou à finir et se fit dépasser, pour la troisième position, avant les 1450 mètres. Mathis CASTERA, 6e en 15’28s05.

Jonathan ATSU, autre membre de la délégation française, eut moins de chance, sur 100 mètres. 13e des séries, puis des finales avec 50s68 et 50s86, il restait à bonne distance du trio de tête, Robert HOWARD, 49s04, Tate JACKSON, 49s11 (série, 48s99), Maxime ROONEY, 19 ans, et BJörn HORNIKEL, Allemagne, 49s25.

Autres courses : 200 mètres papillon messieurs, 1. Gunnar BENTZ, 1’56s34 ; 2. Miles SMACHLO, 1’57s73.

800 dames : 1. Ashley TWICHELL, 8’30s63 ; 2. Ashley NEIDIGH, 8’34s71; 3. Taylor AUGHT, 8’36s26;… 15. Francine LESAFFRE, France, 8’49s03.

200 papillon dames : Ruby MARTIN, 2’10s18.

US CHAMPIONSHIPS 2017 : L’EQUIPE DE FRANCE AUX CHAMPIONNATS US A NEW-YORK, PRIEE DE RAMENER DES MEDAILLES PAR JOLY, BOUCHAUT ET QUELQUES AUTRES

Eric LAHMY

Mardi 1er Août 2017

Demain mercredi débutent à East Meadow, lieu dit du Comté de Nassau, New York, dans l’île extrêmement populeuse de Long Island, et haut-lieu des grands sports populaires américains, les championnats des USA. Dates immuables, quels que soient les événements de la natation, par ailleurs, Jeux olumpiques ou championnats du monde (comme cette année). Comme en 2015, comme en 2016, après les championnats du monde et les Jeux. Pas le choix, se dirigent les dirigeants US, apparemment impavides, vu la structure de la saison US, probablement… Les championnats se concluront dimanche 6…

Pas de LEDECKY, pas de DRESSEL, aucune star, les membres de l’équipe US qui se trouvaient à Budapest ne seront pas là, direction des vacances bien méritées. Bien entendu, la valeur sportive des championnats US s’en trouve considérablement amoindrie.

Quelques Français seront là. C’était prévu. Celles et ceux qui ont raté les minima pour Budapest mais ont réalisé les minima A’ aux championnats de France de Strasbourg-Schiltigheim ont été conviés par la FFN à participer à cette compétition dans une équipe de France A’, finalement réduite à quelques individualités. A noter par exemple l’absence de POTHAIN, lequel aurait certes eu sa place à East Meadow, mais qui a privilégié des vacances, après une saison difficile et frustrante à jongler entre études et entraînements.

Par ordre d’entrée en scène dans les listes d’engagement telles que publiées, Marie WATTEL, placée à une flatteuse 5e place sur 100 mètres, affrontera une cohorte de nationales emmenée par Margo GEER, 25 ans, 54s66, et Courtney CALDWELL, 54s81.

Jonathan ATSU apparait 15e dans les listes, avec 50s61, sur 100 mètres, que domine le très jeune Maxime ROONEY, 49s00, qui pourrait passer pour un futur Caeleb DRESSEL.

Fantine LESAFFRE est enggagée sur 800 mètres, où ses 8’42s98 ne menacent pas, sur le papier, les 8’25s31 d’Ashley TWICHELL, ni même les 8’34s95 d’Erica SULLIVAN, 16 ans.

Damien JOLY pourrait avoir une chance sérieuse d’endosser un titre US, une rareté pour un Français, sur 1500 mètres, avec ses 14’48s90, temps d’engagement, et se situe 4e (en 3’50s43) du 400 mètres, dont le « favori » chronométrique est Matt HUTCHINS, 22 ans. Joris BOUCHAUT, 15’15s67 sur le papier, est 6e. Mathis CASTERA, 8e avec 15’21s71. Sur 400, outre JOLY, on retrouvera BOUCHAUT, 3’50s65 (6e), ATSU, 3’51s71 (7e), et CASTERA, 3’55s05 (13e).

Sur 400 quatre nages, Fantine LESAFFRE est tête de gondole avec 4’9s40, et CASTERA 13e chez les hommes, 4’24s55, trop loin de Gunnar BENTZ, 4’11.

Marie WATTEL, on la retrouvera ensuite dans la 11e course, le 100 papillon, où elle part avec le 3e temps d’engagement, 58s66, derrière la toute jeune Cassidy BAYER, 17 ans, 58s11, et l’expérimentée Amanda KENDALL, 58s27 ; et aussi sur 200 mètres libre, où elle se situe quand même assez loin, 24e, en 2’2s44.

Sur 200 messieurs, c’est Jonathan ATSU, lui aussi crédité du 3e temps d’engagement (1’48s15, derrière l’Italo-Américain Mitch d’Arrigo, 1’47s46, et Maxime ROONET, 1’47s47).

BOUCHAUT part avec les honneurs, sur 800, où ses 7’56s90 dominent les « psych sheets (feuilles d’engagement) juste devant Matt HUTCHINS, 7’56s93, et Damien JOLY, 7’58s96, tandis que Mathis CASTERA pointe à la 8e place avec 8’3s66.

En fin de championnats US, Marie WATTEL devrait nager le 50 mètres ; où elle pointe en 6e position en 25s46, et dont la super favorite est Madison KENNEDY, du Swim Mac Carolina, avec ses 24s39.