Mois : décembre 2017

SARAH SJÖSTRÖM ET CAELEB DRESSEL CHAMPIONS 2017 SELON SWIMMING WORLD

Samedi 2 Décembre 2017

La Suédoise Sarah Sjöström a été nommée nageuse mondiale de l’année 2017 par la revue Swimming World, mettant fin au règne de quatre ans de l’Américaine Katie Ledecky. « Ledecky et Sjöström enlevèrent toutes deux trois titres individuels et une médaille d’argent aux championnats du monde de Budapest, mais la Suédoise de 24 ans a éclipsé six records du monde pendant l’année », peut-on lire dans la justification de ce choix effectué par la revue. « A la suite des mondiaux de Budapest, Sjöström s’est illustrée ensuite dans les meetings de la coupe du monde. Nageant dans les courses de sprint contre d’autres “légendes” comme Ranomi Kromowidjojo et Cate Campbell, toutes trois entrebattirent en effaçant de nombreux records mondiaux.”

Caeleb Dressel a été élu, lui, nageur mondial de l’année. Indiscutable, en raison de ses exploits de sprinteur, autant en crawl qu’en papillon, vainqueur à Budapest avec de très grosses performances sur 50 et 100 libre, 100 papillon, et les relais 4 fois 100m, 4 fois 100 quatre nages et 4 fois 100 mixte…

Les meilleurs nageurs mondiaux de « Swimming World » sont à mes yeux plus crédibles que ceux élus dans la liste de la Fédération Internationale de Natation, laquelle est parfois lourdement entachée de politique. Cela a paru éclatant ces dernières années quand systématiquement Katinka Hosszu fut préférée à Katie Ledecky, laquelle était perçue en raison de l’énormité de ses exploits en nage libre et en demi-fond plus précisément comme la meilleure nageuse du monde. Bien sûr, il ne s’agit pas là de mépriser les performances étonnantes de l’Iron Lady hongroise, mais en général, celle-ci pouvait passer alors comme… la deuxième nageuse au monde. La FINA l’avait sans doute préférée en raison de sa présence constante dans les meetings de la Coupe du monde, que beaucoup de gens ne considèrent pas comme des rendez-vous importants, et que d’ailleurs une majorité de nageurs snobent pour ces raisons.

Autre exemple de l’absence de goût de la FINA, quand elle avait préféré l’Américain Ryan Lochte au Chinois Sun Yang comme meilleur nageur des Jeux olympiques de Londres en 2012, en raison, a-t-il été dit, de ses interventions dans les relais de nage libre américains. Sun Yang, lui, avait réalisé le doublé du demi-fond avec record du monde du 1500m, meilleure temps mondial maillot de bain sur 400m, et avait partagé l’argent du 200 mètres (derrière le Français Yannick Agnel).

Parfois Swimming World, dans le passé, avait effectué des choix difficiles (cela dit, ces classements des champions de l’année sont toujours discutables, c’est peut-être cela le plus amusant de l’histoire) mais jamais aussi grossièrement orientés que ceux, bien souvent commerciaux, de la FINA. Eric Lahmy

Les nageurs mondiaux et continentaux de l’année 2017 selon Swimming World :

Monde: Sarah Sjöström (meilleure nageuse européenne) Caeleb Dressel (meilleur nageur américain)
Nageuse américaine: Katie Ledecky
Nageur européen: Adam Peaty
Région pacifique: Emily Seebohm et Sun Yang
Afrique: Farida Osman et Chad le Clos

CHARLOTTE BONNET MUSELLE UNE CLOÉ HACHE D’ABORDAGE SUR 200 MÈTRES NAGE LIBRE

Éric LAHMY

Vendredi 1er décembre 2017

Charlotte BONNET, papillonnant entre diverses courses, a réussi la meilleure performance de la deuxième journée des championnats de France petit bassin de Montpellier. Sur sa meilleure distance, le 200 mètres, elle a réalisé un temps de 1’53s39 ; quoique dominée de bout en bout et devancée finalement par la Niçoise d’une longueur de corps, Cloé HACHE, qui ne nous avait guère donné de bonnes nouvelles (au plan aquatique s’entend) depuis les championnats de France grand bassin 2016, a nagé, elle, 1’55s17, performance dont la valeur intrinsèque surpasse celle de tous les autres vainqueurs de la journée. Techniquement, ce 200 mètres n’a pas eu de rival, à Montpellier…

Passant en 26s37 au 50, 55s03 au 100 et 1’24s15 au 150, BONNET faisait fi de l’opposition, et optait pour une course solitaire contre le temps. Le train qu’elle s’imposait l’amena à caler légèrement dans le dernier quart de course, avalé en 29s24, après trois 50 en 26s37, 28s66 et 29s12. Mais HACHE, qui avait adopté un profil de course équivalent quoiqu’à un rythme inférieur, ne lui reprenait rien, et descendait chaque quart de son effort en 27s36, 29s02, 29s38 et 29s41. Autant dire qu’elle ne put à aucun moment contrer l’allure de BONNET. Il faut dire que la veille, HACHE avait démontré ses limites relatives, en vitesse, en face de la Niçoise, avec ses 54s40 au 100 mètres, loin des 52s04 à la Niçoise.

Mais ce peu de vitesse et ce bon 200 est peut-être un signe que Cloé peut aller vite sur 400 mètres, où elle est engagée. Son record sur la diatcne certes n’est que de 4’11s, mais il ne fait guère de doute selon moi qu’elle pourrait nager 4’1s ou 4’2s sur la distance si elle la prenait un peu au sérieux…

BONNET frôlait son record personnel, 1’53s17 à Angers il y a un an et treize jours, et on ne sait si l’on doit plus admirer sa régularité depuis quatre ans ou s’inquiéter du signal qu’une telle constance dévoile de limites techniques. Le cas HACHE est différent quoiqu’aussi mystérieux. A 18 ans, en 2014, Cloé, qui avait nagé la distance en 1’55s88, passait pour un espoir international, ou, à tout le moins, pour un atout en vue d’un quatre fois 200 mètres que la grande Camille MUFFAT, en humble guerrière du relais, avait médaillé de bronze, quasiment à elle seule, à Londres en 2012. On sait ce qu’il est advenu de ce relais à Rio : pas grand’ chose. Aujourd’hui, ayant grignoté 0s71 sur la distance, HACHE signe-t-elle un retour ambitieux ou une performance sans lendemain ? La parole est à elle !

Les autres courses n’ont pas été de ce niveau, mais ont donné à voir des duels intéressants.

L’Algérien Oussama SAHNOUNE a devancé Jeremy STRAVIUS dans un 50 mètres de valeur technique assez moyenne au plan mondial s’entend. Le sprinter maghrébin de Marseille (depuis deux saisons, après avoir appartenu à Talence) qui ne cesse de tomber ses records algériens avait été battu par l’Amiénois sur 100 papillon mais là il a battu son record personnel, 21s90, l’amenant à 21s26, soit en valeur très proche des 22s22 en grand bassin qu’il avait réalisé l’été dernier à Schiltigheim.

STRAVIUS, lui, six ans après son titre mondial du 100 dos, représente toujours la partie émergée de l’iceberg France sur la distance, mais avec une performance seulement honnête. David AUBRY, le plus rapide de nos nageurs d’eau libre, a réussi l’exploit de régler Damien JOLY sur 800 mètres. Jean DENCAUSSE a bataillé sur 200 brasse et dominé à l’énergie de « quatre nageur » suisse de Nice Jeremy DESPLANCHES, tout en battant d’un souffle son record, 2’6s34 contre 2’6s71 l’an dernier à Angers. Fanny LESAFFRE s’est surpassée pour devancer une Lara GRANGEON plus intéressée aujourd’hui par l’eau libre et restée à six secondes de sa meilleure valeur sur 400 quatre nages. Sur 50 papillon, une Marie WATTEL en constants progrès a manqué de deux centièmes le scalp de Mélanie HENIQUE ! Hugh !

MESSIEURS.-  50 libre : 1. Oussama SAHNOUNE, CN Marseille, Algérie, 21s26 ; 2. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 21s50 ; 3. Maxime GROUSSET, Amiens, 21s68.

800 libre : 1. David AUBRY, Montpellier, 7’38s83 ; 2. Damien JOLY, Montpellier, 7’41s48; 3. Marc-Antoine OLIVIER, Denain, 7’48s16.

100 dos : 1. Jeremy STRAVIUS, 51s27; 2. Jordan POTHAIN, 52s75

200 brasse : 1. Jean DENCAUSSE, Marseille, 2’6s34 ; 2. Jeremy DESPLANCHES, Nice, 2’6s84 ; 3. Thibaut CAPITAINE, Cergy Pontoise, 2’7s84.

200 papillon : 1. Nans ROCH, Antibes, 1’53s71.

DAMES.- 200 libre : 1. Charlotte BONNET, Nice, 1’53s39 ; 2. Cloé HACHE, Marseille, 1’55s17 ; 3. Anna EGOROVA, Montpellier, Russie, 1’57s03 ; 4. Alizée MOREL, 1’57s91 ; 5. Margaux FAVRE, Aqualove Montpellier, 1’58s21

100 brasse : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 1’6s29. En series, Charlotte BONNET, Nice, 1’6s30.

50 papillon : 1. Mélanie HENIQUE, Marseille, 25s59 ; 2. Marie WATTEL, Montpellier, Loughborough, 25s61.

400 4 nages : 1. Fantine LESAFFRE, Montpellier, 4’32s34 ; 2. Lara GRANGEON, Calédoniens, 4’33s90.