2018 : FINIS LES TRIALS AUSTRALIENS POUR LES JEUX DU COMMONWEALTH

Éric LAHMY

Samedi 22 Octobre 2016

Patron depuis octobre 2013 de l’équipe nationale australienne de natation, Jacco Verhaeren a joué un rôle important dans le redressement des « Dolphins », déstabilisés par des résultats décevants et le comportement « scandaleux » de leur équipe masculine aux Jeux olympiques de Londres, en 2012. Le Néerlandais doit être considéré comme l’un des meilleurs entraîneurs au monde, en raison des étonnants résultats obtenus avec « les Hollandais volants » Inge de Bruijn et Pieter Van den Hoogenband.

Mais après les Jeux de Rio, on doit admettre que les Australiens sont plus ou moins revenus à la case départ. Arrivés au Brésil avec un formidable potentiel, style dix médailles d’or et dix ou plus d’autres couleurs, accroché aux noms de Mitchell Larkin, Emily Seebohm, Cameron Mc Evoy, Kyle Chalmers, McKenzie Horton, Cate et Bronté Campbell, Madison Wilson – les meilleurs du monde sur 100 mètres messieurs, 50 et 100 mètres dames, 400 mètres et 1500 mètres (quoique Gregorio Paltrinieri) messieurs, 100 mètres et 200 mètres dos messieurs et dames et des relais formidables sur quatre fois 100 mètres libre et quatre nages, hommes et femmes.

Tous leurs favoris ont volé en éclats à l’exception de Mack Horton, vainqueur sur 400 mètres (mais en-dehors du coup sur 1500 mètres) et de Mitch Larkin, argenté sur 200 dos, et il a fallu l’inattendu (à ce niveau – et très précoce car, encore junior en 2017, il était considéré seulement comme un espoir) Kyle Chalmers pour leur sauver la mise. Leur relais quatre fois 100 mètres féminin a produit le résultat escompté tandis que le masculin, 1er (ex-æquo avec les Français) en théorie, a fini 3e, alors que les Français étaient « piégés » par un exploit de Michael Phelps au second parcours et peut-être aussi par leur choix affectif de relayeur qui a pu leur coûter cher, entre Gilot et Mignon, le genre de bêtise qui ne pardonne pas à un tel niveau.

Au bout du compte, pour reprendre une expression employée ailleurs, les voyants étaient au vert ; mais, conduits par un coach orange, les Australiens qui voyaient l’avenir en rose se sont retrouvés dans le rouge et se sont mis à broyer du noir !   

Verhaeren ne s’est pas laissé abattre (son contrat a été reconduit dès le 17 décembre 2015 par les décisionnaires australiens très favorablement impressionnés par son attitude et sa compétence) et court jusqu’aux Jeux de Tokyo-2020. Il a retroussé les manches, et reçu pour autant de debriefings, chacun des dix-neuf coaches impliqués dans l’aventure olympique, afin de saisir dans le détail tout ce qui a pu se passer de significatif à l’approche des Jeux et pendant les compétitions…

Il y a aussi que dans l’euphorie de l’avant Rio, on n’avait peut-être pas compté avec un côté gruyère de la natation australienne : un seul crack sur 100, 400 et 1500 et sur 100 dos chez les hommes, deux points forts chez les femmes, le sprint en crawl et le dos, et pour le reste, que des trous : rien de très solide sur 200 messieurs, ni en brasse, ni en papillon et guère mieux en quatre nages, et à près les mêmes déficiences chez les filles, où seulement deux courses très denses, le 100 libre et le 100 dos, cachaient un peu trop bien de grosses carences vitaminiques partout ailleurs.

La première décision de Verhaeren concerne la sélection pour les championnats du monde 2017, lit-on dans The Australian. Le programme en sera réduit : de 8 jours comme traditionnellement, à cinq jours. Les demi-finales seront abandonnées et on passera au vieux système séries-finales. Il semble que selon Verhaeren,  le passage des séries aux demi-finales ne constitue pas un obstacle assez sérieux pour les meilleurs, lesquels dès lors s’emploient assez peu et ne produisent pas de résultats significatifs. Dès lors, Verhaeren estime que le parcours obligé séries, demi et finale ne prépare pas les Australiens à ce qu’ils vont rencontrer à l’international en raison du manque de profondeur de leurs championnats nationaux. Les finales directement après les séries obligeront les nageurs à plus s’employer pour se qualifier, estime-t-il (on se souvient qu’en France, Claude Fauquet et son équipe avaient opté pour imposer des minima à chaque étape du parcours, contraignant ceux qui ambitionnaient une place à s’employer sans calculer)…

L’autre révolution est la décision de présélectionner l’équipe alors que jusqu’ici, et depuis quarante ans, l’équipe australienne était décidée à l’issue de « trials » comme pour les Jeux olympiques.

 SIMON CUSACK, COACH DES CAMPBELL : « PROTÉGER LES FAVORIS OLYMPIQUES »

SIMON CUSACK, l’entraîneur de Cate Campbell, a estimé qu’on aurait dû protéger les espoirs olympiques australiens du public à l’approche des Jeux. Cate Campbell a réalisé une contre-performance d’une magnitude rarement enregistrée : 52s06 record du monde à quelques semaines des Jeux, 51s97 lancée dans le quatre fois 100 mètres sans avoir réellement besoin de forcer et derrière ça un 53s24 dans la finale individuelle après 52s71 en séries, seuls ses nerfs qui l’ont lâchée veulent expliquer une telle contre-performance (1) et ceci malgré qu’elle souffrait d’une hernie. Cate est une gentille fille qui veut faire plaisir aux gens, et du coup, avant les Jeux, devenir une porte-parole de l’équipe est devenue une corvée qu’elle a assumée du mieux, explique Cusack. Au bout de tout ça, craignant de ne pas répondre à l’attente quelle avait perçu ainsi dans le public, elle s’est mise à trembler à l’idée de décevoir et a tout simplement raté ses courses.  McEvoy a lui aussi admis avoir subi la « pression »…

 (1). Coïncidence, à 52 ans de distance, l’histoire de Cate Campbell réédite celle du français Alain Gottvalles. Celui-ci nage un record du monde à quelques semaines des Jeux olympiques, en 52s9. Aux Jeux, il finit 5e de la finale en 54s2, à une seconde et trois dixièmes de son record. Campbell bat le record avec 52s06, puis nage aux Jeux en 53s24, à une seconde deux de son record. La principale différence c’est que les filles d’aujourd’hui nagent plus vite que les garçons de Tokyo 1964

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