Mois : septembre 2018

SARAH SJÖSTRÖM OU L’ART DE SE RELANCER PAR LA COMPETITION

Eric LAHMY

Je me répète, c’est sans doute l’âge, mais je trouve que plus on multiplie le nombre de courses, plus ce sont les mêmes noms qui apparaissent sur les feuilles de résultats. Je trouve ça lassant, parfois. Vous direz que c’est moi, mais je me dis que parfois, c’est le programme qui radote…

On a donc pris les mêmes que la veille et que l’avant-veille, et on a recommencé pour terminer le meeting de Kazan, par une troisième journée où Sarah SJÖSTRÖM s’est à nouveau montée comme la fille en grande forme…

La Suédoise a gagné le 100 libre devant Femke HEEMSKERK (et en fait trois Néerlandaises) et le 100 papillon devant la Belge Kimberley BUYS. Sarah a déclaré au Suédois Sport que, satisfaite bien entendu d’avoir gagné, elle n’était guère contente du temps : « j’ai tellement de fois nagé plus vite que ça, je suis toujours en recherche d’une bonne raison de m’exciter pour une compétition. »

Comme on la comprend. La motivation, c’est ce qu’il ya de plus dur à trouver quand on domine tellement le sujet. La solitude du professionnel de natation se trouve là. Se relancer, encore et toujours se relancer, quand on a tout gagné, des années durant…

C’est sa force, de se relancer. Mais parfois c’est dur…

Elle a beau savoir, par exemple, qu’à Fort Lauderdale, ville de Floride, le 3 mars 2018 a été déclaré jour de Sarah SJÖSTRÖM est qu’elle la seule nageuse à être capable de s’inscrire régulièrement, semaine après semaine, et donner de la pâture aux journaux, en Suède, entre deux nouvelles sur le football…

Peut-être attend-elle avec impatience de rencontrer, bientôt, Rikako IKEE, avec qui elle va s’entraîner pendant une dizaine de jours au Gloria Sports, la base du club d’Energy Standard, dont elle est membre. Un croisement annoncé au Japon et dont Swim Swam s’est fait l’écho récemment. Une réunion qui peut motiver Sarah? La jeune Japonaise, recordwoman du monde junior, n’a-t-elle pas nagé plus vite qu’elle sur 100 papillon cette saison ? Et n’y a-t-il pas là de quoi le réveiller ?

En tout cas, IKEE intrigue les Suédois et les journaux ont évoqué cette surprenante fille au visage qui évoque un (gracieux) masque de Kabuki et qui annonce vouloir s’attaquer désormais au record mondial du 100 papillon… de SJÖSTRÖM.

Un autre doublé que celui de la Suédoise a été réussi par Katinka HOSSZU , avec le 200 dos et le 200 quatre nages. Si la Magyare n’est plus ce qu’elle était, il en reste assez pour régner dans des courses où le mieux qu’on peut lui opposer est la Russe PRIKHODKO et une autre Hongroise, Zsuzsanna JAKABOS.

UN 200 BRASSE MONDIAL AVEC TROIS RUSSES: CHUPKOV, PRIGODA ET DORINOV

A domicile, ce sont les Russes qui ont produit des étincelles. Sur 200 mètres brasse, où c’est allé joliment vite, avec un match à trois réduit à deux après les 100 mètres entre CHUPKOV, vainqueur final, PRIGODA et DORINOV. En finale, il y avait six Russes, un Néerlandais, KAMMINGA, et un Hongrois… Trois écoles de brasse peuvent produire un 200 brasse d’un tel niveau, la Russe, la Britannique et la Japonaise…

L’Ukrainien GOVOROV est le recordman du monde du 50 papillon en 22s27 et il gagne en 22s87. Il donne un coup d’arrêt à la domination impressionnante, la veille, de MOROZOV, qui laisse passer aussi Michael ANDREW.

Je ne sais si certaines courses méritaient le statut « Coupe du monde », prenez le 400 quatre nages messieurs, gagné le 4’20s, le 800 dames remporte par la jeune ZHOU, 16 ans, loin devant une HOSSZU méconnaissable ; les nageurs n’y sont pour rien, on ne va pas les critiquer d’avoir gagné lentement, mais bon, cela fait petit meeting…

 

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Blake PIERONI, USA, 1’47s32 ; 2. Chad LE CLOS; Afrique du Sud, 1’48s10.

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 53s99; 2. Michael ANDREW, USA, 54s36

200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, Russie, 2’7s59 (29s98, 1’3s11, 1’35s36); 2. Kirill PRIGODA, Russie, 2’8s75 (29s29, 1’2s41, 1’35s80); 3. Mikhail DORINOV, Russie, 2’9s86 (29s91, 1’3s22, 1’36s66); 4. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’12s07; 5. Ilya KHOMENKO, Russie, 2’13s54.

50 papillon : 1. Andriy GOVOROV, Ukraine, 22s87 ; 2. Michael ANDREW, USA, 23s19 ; 3. Vladimir MOROZOV, Russie, 23s38 ; 4. Oleg KOSTIN, Russie, 23s42 ; 4. Ryan COETZEE, Afrique du Sud, 23s45.

400 4 nages : 1. David VERRASZTO, Hongrie, 4’20s68.

 

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 52s99 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 53s63 ; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 53s71.

800 libre : 1. Chanzhen ZHOU, Chine, 8’35s03

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’10s13; 2. Irina PRIKHODKO, Russie, 2’11s00.

50 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s92.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s42 ; 2. Kimberley BUYS, Belgique, 58s33.

200 4 nages  : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’12s71 (en séries, 2’11s51).

MEETING DE KAZAN: SJÖSTRÖM BALAIE HOSZZU SUR 200, MOROZOV FAIT LE MENAGE DANS LE SPRINT

SJÖSTRÖM BALAIE HOSZZU SUR 200, MOROZOV FAIT LE MENAGE DANS LE SPRINT

Eric LAHMY

Dimanche 9 Septembre 2018

Si un doute demeurait au sujet de savoir qui allait prendre le dessus dans le classement de la Coupe du monde à l’issue de ce premier meeting de Kazan, en Russie, des deux protagonistes majeures, la Suédoise Sarah SJÖSTRÖM ou de la Hongroise Katinka HOSSZU, le résultat du 200 mètres nage libre a été décisif en la matière.

SJÖSTRÖM est royale sur la distance, mais elle l’a pour ainsi dire abandonnée l’an dernier afin de se consacrer au sprint, qui convient mieux à son tempérament et où, aux mondiaux, elle n’avait pas à se frotter à la terreur des bassins, Katherine LEDECKY et à la « divina » Italienne Federica PELLEGRINI, entre autres sirènes de bassins…

SJÖSTRÖM se distingue par son fort tirant d’eau et sa vigueur de sprinteuse, mais dans son registre, c’est le 100 mètres où elle obtient les résultats les meilleurs. Le 200 lui sied mais un petit peu moins bien, disons qu’il se place aux limites de son éventail. Si l’on devait trouver l’équivalent artistique de Sarah, elle n’est pas la diva assoluta, la Callas si vous préférez (Shane GOULD fairait l’affaire, ou encore Katinka HOSSZU, voire Kathy LEDECKY, laquelle mélange Callas et colosse). N’est pas Callas ou Gould qui veut, et Sjöström craint sans doute de se casser les dents sur ce qui ne lui appartient pas, un peu comme Milena FRENI s’était plantée sur la traviata !

Mais dans sa comptabilité Coupe du monde, le 200 mètres redevenait intéressant, et SJÖSTRÖM a pris le départ…

HOSSZU, c’est un peu différent. Je ne saurais dire si elle est meilleure nageuse que SJÖSTRÖM, mais il est à peu près sûr que ses chances augmentent avec la distance et que le 200 lui convient mieux. Cependant, HOSSZU 2019 n’est pas HOSSZU 2016, et cela s’est vu à Kazan. Elle n’a pas existé pour la gagne, qui a été disputée entre SJÖSTRÖM et HEEMSKERK. Il faut dire qu’HOSSZU a commencé sa soirée par un 400 mètres quatre nages, le genre d’effort assez ruineux pour la santé.

Devant, la Néerlandaise a été contrainte de laisser filer la Suédoise dans la troisième longueur, et n’est jamais revenue. Les passages de SJÖSTRÖM, 27s03, 56s62, 1’26s10, 1’55s98 ; d’HEEMSKERK, 27s38, 57s03, 1’27s18, 1’56s89.  

Une grosse performance a été obtenue sur 100 mètres, où MOROZOV, non sans mal, a repoussé en 48s26 l’Américain Blake PIERONI, spécialiste de 100 et 200, 48s30. MOROZOV a en outre gagné le 50 dos où il s’est payé un autre Américain, Michael ANDREW. Et Chad LE CLOS a réglé au plus juste, sur 200 papillon, Daniil PAKHOMOV. Kira TOUSSAINT a battu d’un centième son record néerlandais du 100 dos dames et Yulia EFIMOVA a régné sur 100 brasse.

On a appris non loin de là que les habitudes de dopage ne sont pas éliminées en Russie où l’agence de dopage annonce que 113 contrôles « positifs » ont été enregistrés ces derniers temps. On doit y trouver pas mal d’haltérophiles, mais quand même… Dur de chasser le naturel…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 48s26 ; 2. Blake PIERONI, USA, 48s30 ; 3. Pieter TIMMERS, Belgique, 49s22.

1500 libre : 1. Iaroslav POTAPOV, Russie, 15’27s92.

50 dos : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 24s43 ; 2. Michael ANDREW, USA, 24s49 ; 3. Mitchell LARKIN, Australie, 25s35.

50 brasse : 1. Felipe LIMA, Brésil, 26s90 ; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 27s24 ; 3. Michael ANDREW, USA, 27s30.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’56s58 ; 2. Daniil PAKHOMOV, Russie, 1’56s90

200 4 nages : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’59s47.

DAMES.- 200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’55s96 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’56s89.

100 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 59s80 (record) ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 1’0s77.

100 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’5s94 ; 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 1’7s56 ; 3. Daria CHIKUNOVA, Russie, 1’7s58.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 25s39.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’37s82

SJÖSTRÖM REPREND DU BON PIED LE CHEMIN DE LA COUPE DU MONDE ET SPRINTE A TOUT CASSER

Eric LAHMY

Samedi 8 Septembre  2018

Sarah SJÖSTRÖM a sauvé d’une certaine médiocrité la première journée de la première réunion de Coupe du monde de la saison 2018, qui s’est tenue dans la piscine de Kazan, laquelle avait accueilli les championnats du monde en 2015…

La Suédoise n’a pas réussi d’exploit ultime, style record du monde, ça devient quand même bien difficile à battre, mais elle a ratiboisé le record de la Coupe du monde, qui n’est donc pas l’Everest ni même le K2, mais un 8000, si vous voyez ce que je veux dire.

C’était sur 50 mètres nage libre, et elle a signé un temps de 23 secondes 83. Elle a laissé une ancienne championne olympique de l’épreuve, Ranomi KROMOWIDJOJO, un mètre derrière, ce qui est disons confortable eu égard du caractère ramassé de l’effort.

Sarah SJÖSTRÖM a « échoué » à 16/100e de son record du monde, un temps de 23s67 réussi à Budapest, lors des championnats du monde 2017 (le 29 juillet), autant dire combien cet « échec » apparait relatif. Derrière, trois filles se disputaient sa deuxième place et dans le même mouvement, KROMOWIDJOJO a devancé d’un rien Femke HEEMSKERK et la Russe Marila KAMENEVA.

D’autres bonnes performances ont émaillé cette journée. C’est ainsi que Kira TOUSSAINT a gagné un fort honnête 50 dos, que CHUPKOV a dû sortir le grand jeu en brasse contre LIMA, qu’ANDREW a squeezé LE CLOS et KUIMOV en papillon, et que MOROZOV a ensuite coincé ANDREW sur 50 libre. A noter le 200 brasse de SIMONOVA, connue également pour ses prestations en nage avec palmes (records du monde) et, malheureusement, son contrôle de dopage positif en 2016 !  

Katinka HOSSZU a repris ses bonnes habitudes et continué d’encombrer les épreuves de son envahissante présence. Elle comble des vides parce que pas mal de courses n’ont rien de formidable, mais elle conserve son remarquable appétit. L’iron lady a gagné le 400 mètres et le 200 papillon et n’a coincé que face à Toussaint en dos.

Ça n’est pas allé très vite partout, HOSSZU dans son 400 nage à 8 secondes du record de la Coupe du monde de Lauren BOYLE, 4’12s09 contre 4’4s26 et ¨POTAPOV a huit secondes du record de la Coupe de James GUY, 3’54s contre 3’46s76. Mais si on oublie le chrono, les courses ne sont pas forcément inintéressantes. Sur 400 Verraszto et Wu sont au coude à coude et tout à coup Potapov encore 5e part comme s’il allait rater son train et finit en 27s pour ramasser tout le monde.

Parfois, comme sur 200 dos messieurs, ça tourne à la démonstration. Mitchell LARKIN l’emporte avec trois secondes sur son suivant, MALYCEV.

Sur 400 mètres messieurs et dames on a Hongrie, Russie, Chine. La Russie parce qu’elle organise. La Hongrie et la Chine parce qu’elles jouent le jeu de la Coupe du monde… Ce n’est pas le cas de tous. Au fond, si on oublie ce titre ronflant de FINA World Cup, on est dans un bon petit meeting des familles.

Mais quand même… Merci SJÖSTRÖM !

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 21s49 ; 2. Michael ANDREW, USA, 21s99 ; 3. Andrii GOVOROV, Ukraine, 22s03.

400 libre : 1. Iaroslav POTAPOV, Russie, 3’54s78.

100 brasse : 1. Anton CHUPKOV, Russie, 59s53; 2. Felipe LIMA, Brésil, 59s73; 3. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 59s99; 4. Kiril PRIGODA, Russie, 1’0s12

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’57s23;

100 papillon : 1. Michael ANDREW, USA, 51s96 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, et Egor KUIMOV, Russie, 52s ; 4. Ryan COETZEE, Afrique du Sud, 52s10 ; 5. Daniil PAKHOMOV, Russie, 52s28.

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s83 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s55 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 24s64 ; 4. Maria KAMENEVA, Russie, 24s68 ; 5. Kim BUSCH, Pays-Bas, 24s96.

400 libre : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’12s09.

50 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 28s18 ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 28s37 ; 3. Marlia KAMENEVA, Russie, 28s38 (en séries, 28s31). En séries, PILATSCH, Autriche, 28s56.

200 brasse : 1. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’23s86 ; 2. 2. Daria CHIKUNOVA, Russie, 2’25s29.

200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’8s93 ; 2. Zsuzsanna JAKABOS, Hongrie, 2’9s13     

KIRSTY COVENTRY, « GOLDEN GIRL » ET MINISTRE DES SPORTS DU ZIMBABWE A TRENTE-QUATRE ANS

Eric LAHMY

Samedi 8 Septembre 2018

Une ministre des sports peut-elle en cacher une autre? La preuve vient d’en être faite! Trois jours après que Roxana Maracineanu soit nommée ministre des sports en France, une autre nageuse a été appointée au poste équivalent dans son pays. Il s’agit de Kirsty Leigh COVENTRY et le pays en question est le Zimbabwe. Le président Emmerson Mnangagwa (le Macron local), en réformant le cabinet ministériel afin d’en faire « une équipe diverse, dynamique, jeune et resserrée, disposant des talents et de l’expérience pour atteindre nos buts », l’a annoncé ce vendredi 7 septembre.
Il convient de préciser que Coventry semble avoir hérité d’un plus large ministère que sa correspondante française, puisqu’il comprend la jeunesse, les sports, les arts et les loisirs.

Kirsty est comme Maracineanu une nageuse de dos. Mais si Roxana fut championne du monde, ce qui n’est pas rien, Coventry aurait pu prétendre pendant quelques années au titre de meilleure nageuse du monde, toutes distances confondues. Si ce titre, purement électif, organisé alors par la revue Swimming World, lui a échappé, elle a été bombardée nageuse africaine des années 2004, 2005, 2007, 2008, 2009, 2011, 2012, 2015 et 2016 ; elle est aussi, ex-aequo avec Krisztina Egerszegi, la nageuse olympique la plus décorée de l’histoire, et la sportive la plus médaillée d’Afrique. Son grand exploit est d’avoir enlevé à deux reprises le titre olympique du 200 mètres dos dames (en 2004 et 2008). Elle a nagé dans tous les championnats du monde, en grand comme en petit bassin, de 2000 à 2016, est septuple championne du monde et quintuple recordwoman du monde. Malgré une grande difficulté à dépasser l’ère polyuréthane, dont les caractéristiques lui convenaient, elle s’est acharnée à revenir. Si aux Jeux de Rio, en 2016, porteuse du drapeau du Zimbabwe, elle a fini seulement 6e du 200 mètres dos, après avoir été presque vaincue par un genou disloqué et une pneumonie aux Jeux de Londres en 2012 (6e des 200 dos et 200 quatre nages), cette performance démontre plus peut-être que celles de l’époque où tout lui était facile la force de son engagement et la valeur de son esprit sportif…

Sa carrière de championne achevée, Kirsty est restée très active dans le monde du sport, au plan administratif et dirigeant, et à 34 ans, elle dispose d’une biographie dirigeante des plus conséquentes.

En 2015, elle avait lancé son association chargée de la lutte contre la noyade dans son pays.

Vice-présidente du Comité olympique zimbabwéen, membre du Comité International Olympique depuis 2013, elle préside depuis février dernier la Commission des Athlètes, est membre de la Commission de coordination des Jeux de la XXXIIe Olympiade (Tokyo 2020), de la commission de la chaîne télévisée olympique ; de la Commission d’évaluation des Jeux de la XXXIIIe Olympiade (Paris 2024). Auparavant elle avait fait partie de la WADA et de la commission athlétique de cette institution chargée de la lutte anti-dopage. Elle est également l’une des vice-présidents de la Commission exécutive de l’Association Internationale de Surf. Cette semaine, infatigable activiste, elle recevait à Harare deux athlètes de chaque pays africain dans une opération dont le but est d’encourager les sportifs à devenir des dirigeants sportifs…

Le rôle de Kirsty Coventry ne sera pas décoratif, si l’on en croit Enoch Muchinjo, journaliste de The Telegraph, qui écrit, depuis Harare, « les deux sports les plus populaires du Zimbabwe, le cricket et le football, sont en totale déconfiture financière après des années de fantaisies administratives et de possibles corruptions de la part d’administrateurs de l’époque du président Mugabe.«  Coventry est d’une autre trempe. Quand, après ses succès, le président lui offrit une prime de 100.000 dollars, une somme importante au Zimbabwe, elle distribua l’essentiel de cet argent en charités…

D’autres nageurs ont occupé des fonctions éminentes dans leurs gouvernements, ainsi le champion olympique hongrois Attila Czene (Atlanta 1996, 200 mètres quatre nages), qui a été ministre des sports et ministre des ressources nationales vers 2011.

 

LE BONSOIR DE CLEMENT MIGNON

Eric LAHMY

Vendredi 7 Décembre 2018

« Bonsoir à tous,

A 25 ans, j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière en compétition. Certains pourront dire que c’est tôt pour arrêter mais il était difficile pour moi de prendre du plaisir ces derniers mois. J’ai connu des victoires et des défaites, des joies et des peines mais je me retire sans regrets car la natation m’a beaucoup apporté 😌

C’est une page qui se tourne et je tiens à remercier toutes celles et ceux qui m’ont accompagné durant ma carrière : entraineurs, médecins, kinés, partenaires (particulièrement MP Michael Phelps France pour leur intérêt et leur soutien sans faille) et mes co-équipiers du Cercles des Nageurs de Marseille  également. Enfin je tiens à vous remercier, vous qui me suivez depuis le début de près ou de loin. Vous avez toujours été présents dans les bons, comme dans les mauvais moments 🙏

C’est donc loin des bassins et loin du chlore que j’ai décidé de nourrir de nouvelles ambitions et de nouveaux projets …

Merci à tous pour votre soutien 🤗 je ne l’oublierai jamais !

Clément. »

Tel est le texte par lequel Clément Mignon a annoncé sur son site officiel son abandon de la natation…

…Clément Mignon n’avait pas été aux mondiaux 2017,  Budapest. Mais on l’avait retrouvé aux championnats d’Europe de Glasgow, ou bien était-ce son fantôme, interrogeait Stefano Arcobelli, le chroniqueur italien qui s’est fendu d’un joli article le concernant : car, quand dans la série du relais quatre fois 100 mètres, il eut signé un bien triste temps de 50s07, à deux secondes de son record, il dut se sentir coupable de la non qualification de l’équipe de France.
La Grèce précéda de 27 centièmes le quatuor qui en d’autres temps régnait sur le monde, luttait avec les Américains, les Australiens et les Russes pour les honneurs ultimes.
Est-ce à cet instant que Clément Mignon décida d’arrêter, de dire stop, comme il vient de l’annoncer ? Quatrième sprinteur français de l’histoire avec un temps de 48s01, il avait nagé en séries des Jeux de Rio en 48s57, puis il avait joué sa partie dans la course qui allait donner l’argent aux Français. Un peu avant les Jeux, il avait obtenu le bronze individuel, en 48s36. Lorsque Manaudou, Gilot et tutti quanti se retirèrent du jeu, et quand Jeremy Stravius connut des hésitations et( des coups de moins bien, c’était sur Clément Mignon que l’on pensait devoir s’appuyer désormais, et assurer la transition.
A 24 ans, de nos jours, on n’est plus un jeune nageur. Mais on n’est pas encore assez vieux pour ne plus pouvoir envisager que la retraite. D’innombrables aventures personnelles le montrent et Jeremy Stravius, qui a cinq ans de plus, fait un audacieux pari en sens contraire après avoir donné l’impression de vouloir rayer les heures de piscine de son emploi du temps.
La natation au niveau où elle se pratique à l’international, est une ascèse, une forte exigence. Etudier l’informatique, la nouvelle direction qu’a décidé de prendre Mignon, cela aurait été jouable dans le cadre très entouré d’une université anglo-saxonne, mais la France a raté il y a trop longtemps ce virage de l’éducation où se sport joue sa partition. Mignon avait senti dans l’après Jeux olympiques, avec son long séjour australien et les résultats décevants qui suivirent, ce qu’il a appelé « une spirale négative. »
Maîtresse exigeante, la natation ne vous rend pas toujours les efforts que vous faites pour elle. En 2017, Mignon avait beaucoup nagé sous la férule de Mathieu Burban, augmentant largement son temps dans l’eau, son kilométrage, de 40-50 km à 70-80 km hebdomadaires. Gros effort psychologique et physique, mais qui eut un sens s’il avait préparé des courses de demi-fond. A l’arrivée, comme il l’avoua à Laurent Lahontan pour SwimSwam en décembre 2017, quoiqu’infatigable à l’entraînement, il nageait un 100 plus lentement. Comme disait l’Australien Mitt Nelms de ce type de préparation, ce chat avait été préparé comme un chien.
Ce genre d’aventures laisse des traces et Mignon n’a pas été la seule victime de ce type d’approche.
L’année suivante, après quatre ans de Cercle des Nageurs de Marseille, Mignon partait avec la bénédiction de son club en Australie, dans le Queensland, plus exactement à l’Université de Bond., et il semble qu’il ait beaucoup apprécié l’expérience auprès de l’entraîneur Richard Scarce et de nageurs de qualité comme Cameron McEvoy, Madeleine Wilson, Matt Stanley, Alex Graham
Sprinter de talent exprimé un peu tard, retraité un peu tôt, Clément Mignon aura connu une carrière trop courte, au regard de notre époque. Il rejoint ces grands nageurs trop vite éloignés des bassins pour exprimer durablement leur énorme potentiel comme Yannick Agnel ou Florent Manaudou, dans un type de scénario qui menace d’ailleurs de se reproduire avec Jordan Pothain et Damien Joly. Il part sans doute à un mauvais moment, pour la natation française, dont il aurait pu être le leader naturel – en sprint.

N’ATTENDONS RIEN DU MINISTERE DES SPORTS, C’EST L’IMPUISSANCE INSTITUTIONNALISEE

 L’entraîneur et conseiller technique de natation Claude Lepage fils avait réagi sur ce site à la nomination d’une nouvelle ministre des sports, laquelle nous intéressait particulièrement parce que ancienne championne du monde, Roxana Maracineanu est issue de la natation et, par des voies un peu en marge (consultante télé, fondatrice d’Educateam, une association qui se chargeait d’éduquer les enfants à vaincre leur peur de l’eau), elle  n’a jamais vraiment quitté ce monde.

Lepage faisait part de son scepticisme, ou de son pessimisme, non pas dirigé en direction de l’impétrante, mais de l’institution : le ministère, comme l’Etat français dans son ensemble, nous dit-il, est condamné à l’impuissance, coquille vide, simple interface, dit-il, d’une Europe gouvernée par les administration européennes elles-mêmes inféodées au pouvoir de l’argent roi…

Ci-dessous, il s’efforce de préciser sa pensée, suite à certaines critiques de sa première intervention. E.L.

POURQUOI ROXANA MARACINEANU ECHOUERA

par Claude LEPAGE

Vendredi 7 septembre 2018
Beaucoup de gens placent  des espoirs sur la nomination de notre ancienne championne du monde de natation, Roxana Maracineanu, pour réaliser une politique de développement du sport. Malheureusement ils se leurrent.

Comme tous ses prédécesseurs elle  est condamnée pour la simple raison que nous ne sommes plus dans le temps de la politique.
Triste constat des conséquences de notre intégration dans une Europe technocratique qui dissout progressivement les Etats nations tels que le notre. Nos sommes passés au stade « gestion des affaires courantes ». Et cela porte sur tous les domaines de la vie des peuples.
Cela figurait dès le début dans le traité de Rome. Les étapes furent franchies petit à petit avec comme passages importants, Maastricht en 92 puis 2007 Lisbonne.
Ces dernières années nous avons vécu des réformes fondamentales.
Réformes territoriales avec les communautés d’agglomérations et les régions. Elles ont pour particularités de détruire les fondements même de nos identités. Les communes naquirent dès le 12 è siècle quant aux régions historiques elles descendaient des anciennes provinces dont certaines ont conservé une forte personnalité.
Le projet européen conçu par les Américains est destiné à vassaliser  notre continent.  Ceci  a des conséquences très différentes selon les pays en raison de leurs histoires respectives. Certains de nos voisins y trouvent même leur compte.
Pour ces raisons, la nature de l’Etat, en France a changé. A l’origine l’Etat est l’organisation qui permet de gérer le Bien Commun dans l’intérêt des populations. Cela s’est inversé ; L’Etat est devenu  un outil pour le profit des « puissances » qui agissent à Bruxelles via leurs lobbies.
Dès les années 80  cela s’est mis insidieusement en forme. La Loi Avice qui conféra le statut de service public aux fédérations fut une préparation à la dissolution des services de la Jeunesse et des Sports. Pour mémoire la création des structures ERFAN INFAN…. vise à se substituer aux C.T.R. d’autrefois dans la formation des cadres ; formations qui elles- mêmes sont devenues de véritables cursus  scolaires rigides et impliquant des supports permanents.
Comme les collectivités territoriales délèguent la gestion de leurs équipements notamment nautiques, à des sociétés privées dont le but est de gagner de l’argent comme toute société privée, la notion de service public disparait. Qu’on le veuille ou non. Les piscines sont devenues des lieux  de décadence à la romaine (aquabike, gym, et tutti quanti} dont le but est de satisfaire une clientèle hédoniste.
Les réactions observées ici et là démontrent que la  nouvelle situation générale n’a toujours pas été comprise. Les gens croient que les politiques ont toujours un pouvoir. Ce ne sont que des interfaces, des pantins destinés à présenter les programmes comme s’ils en étaient les responsables, alors qu’ils ne sont que les porte-paroles médiatiques  des Administrations qui, elles, sont directement connectées à Bruxelles.
Cela concerne tous les aspects de notre existence, tant privée que publique.
Nouveau totalitarisme qui se manifeste dans tous les aspects de la vie parce que nous n’avons pas vu venir les choses, confortablement installés dans une richesse matérielle spirituellement mortifère. Le Sport est un splendide exemple d’un échec patent dans la voie de la liberté.

ROXANA MARACINEANU MINISTRE DES SPORTS: COMBIEN DE DIVISIONS?

Eric LAHMY

Mercredi 5 Septembre 2018

Réagissant à la nomination de Roxana Maracineanu au poste de ministre des sports, Claude Lepage, conseiller technique de natation, nous écrit : « Pour ma part, je n’en attends rien. parce qu’il faut avoir une vision politique de l’activité qu’on doit administrer, avoir un financement à la hauteur des ambitions ce qui apparemment n’est pas la volonté du Chef de l’Etat ou du 1 er ministre.
La femme est de valeur et elle n’est donc pas personnellement mise en cause c’est tout un ensemble et dans un contexte de développement de gestion des piscines en DSP, la part du « politique » fond. Les Jeux de 24 qui devraient être un fouet stimulant seront un gouffre financier. Et puis je me méfie toujours de ces nominations qui résultent souvent de magouilles et marchandages. »

On se souviendra de deux des ministres majeurs qui ont imprimé leur marque ces dernières années, Bergelin et Buffet, en raison de leurs lois sur le sport pour Bergelin et sur la lutte contre le dopage pour Buffet. D’ailleurs, ce qui aurait dû être la loi Bergelin s’est appelée loi Bambuck, lequel arriva au poste immédiatement après et n’eut qu’à la signer. Le mérite du socialiste Bambuck est cependant de ne pas avoir jeté aux orties le travail de son prédécesseur gaulliste, mais bien au contraire de l’avoir achevé.

Un ennui, avec le ministre des sports, c’est qu’il ne dure pas. Depuis 47 ans, l’institution au faîte du sport français, le Comité national olympique et sportif a connu quatre présidents : Claude Collard, Nelson Paillou, Henri Sérandour et Denis Masséglia. Dans le même laps de temps, ont défilé vingt-deux ministres ou secrétaires d’Etat au gouvernement.    

Laura Flessel sera restée au poste seize mois. Epoque stratégique pendant laquelle la France a obtenu l’organisation des Jeux olympiques. Mais cinq cents jours, ce n’est pas assez.

Il y a aussi ce caractère que je ressens un peu artificiel de la nomination. Ce n’est pas le cas, mais d’une certaine façon, Flessel et Maracineanu semblent venir de nulle part.

De même, une ministre comme Flessel, ou comme Maracineanu, ne pèse pas politiquement. Je veux dire par là que, quel que soient l’intelligence, le courage, la volonté d’agir et l’intégrité de ces personnes, elles n’ont pas de poids politique en termes électoraux, et que ce poids est bien la seule chose que respectent les politiciens. Nicolas Hulot, qui vient de démissionner pour avoir mesuré combien un ministre de l’écologie ne pouvait faire grand’ chose en face des intérêts, a mis l’accent sur ce caractère fragile d’un ministre « choisi » dans la société civile.

Dans le jeu d’alliances, de stratégies, de comptage permanent des voix, l’ascendant moral d’un Hulot ne pèse pas, au moment des décisions, s’il n’a aucun allié dans le microcosme. On peut lui appliquer la sentence de Staline vis-à-vis du Pape Pie XII : « Le Vatican, de combien de divisions dispose-t-il ? »

Le poste est très flatteur, voire prestigieux et pas mal rémunérateur, mais les leviers de pouvoir qu’il représente ne se situent pas à forcément ce niveau.

Il y a aussi que l’entourage du ministre ne lui appartient pas à tous les coups, et peut lui être partiellement imposé par une autorité supérieure. Je crois me souvenir de l’affrontement entre le ministre rocardien Roger Bambuck et son directeur des sports Philippe Graillot, imposé par la présidence.

Il y a enfin la complexité de la tâche, et la faiblesse endémique des moyens.

Mais pour ce qui concerne la natation, je pense que Roxana Maracineanu aura à cœur d’aider un tant soit peu son sport d’origine. Comment ? C’est à voir…

ROXANA MARACINEANU AUX COMMANDES DE L’AIRBUS

Eric LAHMY

Mardi 4 Septembre 2018

Je ne sais plus qui a dit un jour que pour être ministre des transports, il n’est nul besoin de savoir piloter un Airbus. Mais on peut transposer ce propos au sport. Ce n’est que mon point de vue, mais de tous les ministres des sports qui sont passés pendant que j’étais actif dans le journalisme, les purs sportifs (Mazeaud, Calmat, Drut, Bambuck et Lamour), équivalents sportifs du pilote d’Airbus, me marquèrent moins que les politiques Edwige Avice, Christian Bergelin et Marie-George Buffet, puis, plus tard, Valérie Fourneyron. Si je me souviens de Laura Flessel comme d’une championne très sympathique, je ne sais quoi en dire, comme ministre…

J’imagine que la nomination de Roxana MARACINEANU au poste de ministre des sports en étonnera plus d’un. Cela ne signifie pas que Roxana représente un choix aberrant. Je me souviens que la première championne du monde française de natation comme d’une femme intelligente et active. Polyglotte (comme beaucoup de Roumains), plus remarquable dans l’eau par sa volonté et son courage que par des dons innés exceptionnels, elle avait eu la chance d’arriver dans une époque de flottement dans le dos mondial, où après le fin du règne de Kristina Egerszegi, le niveau général avait quelque peu reculé et aucune personnalité n’émergeait.

Mais dans ce contexte où elle sut jouer sa carte avec opportunisme, il fallait quand même saisir cette possibilité, qui se présentait, de se distinguer. Roxana sut le faire, de remarquable façon.

Maracineanu a su, pratiquement la seule de son époque avec peut-être Virginie Dedieu, concilier la natation au plus haut niveau et des études sérieuses (1). Quand beaucoup d’autres jouaient la carte d’un professionnalisme qui n’offrait guère beaucoup d’issues, soit parce que le sport constituait leur seul recours, soit parce que très peu empressés de jongler douze mois sur douze avec un calendrier de fou, Roxana, elle, n’hésitait pas à s’acharner, à prendre des risques, à se couper du chemin des piscines pendant de longues périodes pour préparer tels examens indispensables.

C’est de cette façon qu’elle ne fut pas qualifiée aux championnats du monde 2001 pour avoir manqué de quelques centièmes de seconde l’un des trois temps requis pour chaque course (séries, demi-finales et finale) sur 200 mètres dos. Ces quelques centièmes manqués en demi-finale lui coûtèrent donc le voyage aux mondiaux de Fukuoka, cette année, et créa une formidable polémique entre elle-même et Claude Fauquet, le DTN de l’époque, qui avait pris et maintenu sa décision de ne pas l’emmener contre vents et marées.

Ce différend aliéna Maracineanu et Fauquet. Le hasard fit que je les rencontrais en 2012 je crois dans le cadre d’une émission, suite aux Jeux olympiques, organisée par l’excellent Jean-Philippe Lustyk. Roxana était déjà à l’époque semble-t-il une commentatrice télé des programmes de natation auprès de l’incontournable Alexandre Boyon en compagnie de Michel Rousseau. Elle commença très fort dans ce rôle, où son apport technique fut appréciable. Il semble ensuite qu’elle ait essayé d’élargir son assiette, donnant l’impression de vouloir concurrencer Boyon, ce qui rendit leur couple télé moins performant. Toujours est-il que dans l’émission de Lustyk, Roxana ne parut pas avoir pardonné à Fauquet son intransigeance…

Je ne sais pas si cette rancune exprimée pendant des lustres n’aliéna pas les quelques 80 « techniciens » de la Fédération, quand elle fut proposée comme directeur technique de la FFN. Toujours est-il que Roxana, passée au rang de favorite du ministère, fut attendue avec un mélange d’effroi et de mauvaise volonté qui s’entendait de loin, dans les nombreuses conversations que j’eus avec quelques CTR. A la Fédé, on craignait qu’elle ne devienne le cheval de Troie de Mulhouse, en raison de ses liens avec les Horter, alors que Lionel venait de débarquer du navire après avoir mené une politique très personnelle. On sait ce qu’il advint de sa candidature. Jacques Favre fut nommé par Luyce et au lieu de Mulhouse, on eut Marseille.
J’ai ouie dire que Roxana fut affectée par cet échec. Elle avait pas mal d’idées qu’elle aurait aimé appliquer à ce poste. Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’elle saurait rebondit, quatre ans plus tard, à un poste ministériel…

Une coïncidence fit que depuis fort longtemps, j’habitais Clamart, dans les Hauts-de-Seine, où elle vint poser ses pénates avec mari et enfants, et se lança en politique (socialiste), ce qui nous donna une occasion ou deux d’échanger au téléphone. Elle avait lancé une opération me semble-t-il bénévole et en tout cas fort sympathique d’enseignement de la natation aux enfants. Ses séances se déroulaient dans le centre aquatique de Malakoff-Chatillon que je fréquentais ; par ailleurs, elle avait amené une jeune nageuse synchronisée et journaliste, Caroline Ragusa, avec qui j’avais pas mal échangé en vue d’un diplôme de fin d’études qu’elle préparait sur les ballets nautiques, à couvrir ce sport auprès d’elle lors des mondiaux de natation.

J’ai une anecdote amusante (même si elle ne m’amusa guère sur le moment) qui sonna le glas de nos relations.

Je lui avais offert (ainsi qu’à Claude Fauquet) un livre que j’avais écrit sur la natation synchronisée au cours de cette fameuse émission de Lustyk. Elle me rappela quelques temps plus tard, me dit qu’elle avait commencé à lire mon bouquin dont elle avait apprécié le style d’écriture ; l’étendue de mes sources la frappa, parce qu’elle cherchait, en bonne professionnelle qu’elle était, à se documenter ; elle me proposa, puisque nous étions voisins, de déjeuner et d’échanger un de ces jours…

J’adore partager sur la natation et Maracineanu n’était pas n’importe qui ; à quelque temps de là, je me dis qu’il fallait concrétiser ce projet. Je lui téléphonais pour lui assurer que je n’avais pas oublié sa demande d’informations. Je l’entendis comme dans un rêve me rétorquer qu’elle n’était pas ce genre de femme, qu’il valait mieux que je comprenne bien je ne sais plus quoi et me raccrocha presque au nez. M’avait-elle confondu avec Dominique Strauss-Kahn, et mes bouquins de natation avec des estampes japonaises ? Je ne saurai sans doute jamais quelle mouche l’avait piquée ce jour là… Mais ce jour là, madame la future ministre ne m’avait pas impressionné.

(1) Hormis les « Américains » comme Clément LEFERT

MADISYN COX INNOCENTEE, RETOUR DANS LA COMPETITION

Lundi 3 Septembre 2018

L’Américaine Madisyn COX, médaillée de bronze du 200 mètres quatre nages et championne du monde avec le relais quatre fois 200 mètres en 2017 à Budapest (Hongrie), qui avait été convaincue de dopage, a vu ramener sa peine (interdiction de nager) de deux ans à six mois par la Cour d’Arbitrage du Sport.

Le 5 février dernier, au cours d’un test effectué hors compétition à Austin, Texas, la nageuse de 23 ans avait été testée positive à la trimetazidine. Bannie pour deux ans par la Fédération Internationale, elle a fait appel.

Si la FINA admit que la nageuse n’avait pas délibéréement ingéré ce médicament, elle indiquait ne pas pouvoir réduire l’interdiction de nager, la source du produit interdit n’ayant pas été déterminée.

COX avait conclu que la contamination ne pouvait venir que de l’eau, avant de décider de tester un supplément multivitaminique, Cooper Complete Elite Athletic. Elle avait pris de ce produit depuis sept années sans avoir trébuché sur un test de dopage. Mais des traces de trimetazidine furent détectées lors du test qu’accompagnaient la FINA et l’agence anti-dopage US, USADA, effectué par le laboratoire de Salt Lake City. Convaincu par l’évidence, la Cour arbitrale a ramené l’interdiction de nager de COX de deux ans à six mois. Son interdiction de compétition ayant démarré le 2 mars, elle s’est achevée ce 2 Septembre. « Ces mois ont représenté une sinistre et douloureuse expérience que je ne souhaite à aucun athlète d’élite honnête et propre » a-t-elle déclarée. Je sais que tout supplément, même une multivitamine supposée ne contenir que les éléments indiquées sur la notice, peut être suspecte. Je conseillerais à tout athlète qui choisit de supplémenter son alimentation de consulter les informations contenues dans les publications de l’antidopage, mais aussi de s’assurer qu’ils ont été testés. »  

L’incident ayant écarté Madisyn COX des compétitions nationales, elle n’a pu faire preuve de sa forme ni ne pourra vraisemblablement revenir dans le circuit avant 2020, les championnats des Etats-Unis 2018 servant d’épreuve de qualification de toute une série de compétitions internationales jusqu’aux mondiaux 2019. Dès lors il ne lui resterait plus qu’à préparer les sélections olympiques pour les Jeux de Tokyo en 2020.