52e Trophée des Sept Collines

LE GRAND N’IMPORTE QUOI

Par Eric LAHMY                                                                  Lundi 15 Juin 2015

Au Trophée des Sept Collines, les Français étaient soit absents, soit très peu présents. Pour s’émerveiller, il valait mieux regarder Sarah Sjöström mater Pellegrini et Alshammar ou Boglarka Kapas gagner un joli 800 mètres.

 C’est drôle la natation française, ces derniers mois. C’est tout débraillé, ça n’est pas concentré, ni au sens littéral, ni au sens cérébral du terme, ça nage quand ça veut et ça ne veut pas beaucoup. On dirait un navire privé de gouvernail. Ou de capitaine? Regardez le week-end passé. Les Niçois ratent l’avion pour Rome, alors que la Fédération française avait insisté sur l’importance de cette étape dans la préparation des championnats du monde de Kazan. Or c’est, peu ou prou, le meilleur club français. Yannick Agnel, malade, déclare forfait. Or ça fait longtemps qu’il donne l’air de regimber avant la compétition et parait craindre de se voir étalonné par une performance. Florent Manaudou finit en papillon son 50 mètres brasse, reproduisant le geste du tricheur fondateur du papillon, l’Allemand Erich Rademacher, quatre-vingt-dix ans plus tôt, et se fait éliminer, ne participant pas, du coup, à la finale; puis il nage en séries du 100 mètres, se qualifie puis, encore une fois, ne nage pas la finale. On se demande bien ce que tout cela signifie, est-ce que monsieur Créatine prend les spectateurs pour des imbéciles? Mis bout à bout, ces comportements de fadas donnent l’idée d’un sport d’élite qui se délite, où tout le monde s’en moque et, au moment où le maître mot de professionnalisme est répété, d’une équipe de France où le je m’en fichisme le dispute avec non pas l’ameuristme – l’amateurisme, en sport et plus encore dans la natation est une belle idée – mais le dilettantisme, le bricolage approximatif et la fumisterie avérée. Oh! Que j’espère me tromper.

Mais tournons-nous vers ce qui marche au meeting de Rome, 52e Trophée des Sept Collines: Mehdy Metella gagne un bon 100 mètres devant deux “moyennes pointures”, le géant Flamand Sebastiaan Verschueren et le Nippon Shinri Shioura. Avec 48’’60, il frôle sa meilleure perf de l’année. Sur 50 mètres papillon, il se rate un peu en finale, où son temps ne fait qu’approcher celui qu’il a produit en qualifications, mais dans l’ensemble, ce qu’il fait est méritoire, il donne l’impression de bosser, de s’entêter à réussir. Coralie Balmy est un peu en-dessous de ses résultats précédents, sixième sur 200 et 800 mètres. On comprend que tout le monde n’est pas au même niveau de péparation, mais on voit que d’aucuns ne s’en portent pas plus mal.

La grande Suédoise Sarah Sjöström, par exemple, qui, après ses succès de la veille sur 100 mètres libre et 100 mètres papillon, a fait aussi fort, dimanche, sur 200 mètres, 1’55’’05, et sur 50 mètres papillon. Toujours aussi épatante. Les deux fois, celle qu’on pourrait appeler la Katinka Hosszu du sprint s’est payée deux anciennes qui ne veulent pas dételer, Federica Pellegrini sur 200 mètres et Thérèse Alshammer sur 50 mètres papillon. A noter aussi la Hongroise Kapas sur 800 mètres, et, sur 200 brasse messieurs, un Lituanien, Titenis.

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Mehdy Metella, France, 48’’60; 2. Sebastiaan Verschueren, Belgique, 48’’89; 3. Shinri Shioura, Japon, 49’’59. En séries, tous de France: Florent Manaudou, 49’’64; Loris Bourelly, 50’’64; Gregory Mallet, 50’’65; Fabien Gilot, 50’’97; Clément Mignon, 51’’25; Jordan Pothain, 51’’33; Paul Pijulet, 51’’97; Jordan Coelho, 52’’43; Camille Lacourt, 53’’07; Giacomo Perez Dortona, 53’’25.

200 mètres dos: 1. Luca Mencarini, Italie, 1’57’’83; 2. Christopher Ciccarese, Italie, 1’58’’27; 3. Peter Bernek, Hongrie, 1’58’’56; 4. Gabor Balog, Hongrie, 1’59’’40;… 7. Benjamin Stasiulis, France, 2’1’’35.

200 mètres brasse: 1. Giedrus Titenis, Lituanie, 2’10’’32; 2. Lucca Pizzini, Italie, 2’10’’79; 3. Flavio Bizarri, Italie, 2’11’’02

50 mètres papillon: 1. Andrei Govorov, Ukraine, 23’’44; 2. Piero Codia, Italie, 23’’55; 3. François Heersbrandt, Belgique, 23’’72; 4. Benjamin Proud, GBR, 23’’78; 5. Mateo Rivolta, Italie, 24’’21; 6. Mehdy Metella, France, 24’’27 (en série, 24’’03). En finale B, 4. Paul Pijulet, France, 24’’45; 7. Fabien Gilot, France, 24’’61. En séries, Jordan Coelho, France, 25’’15; Giacomo Perez Dortona, France, 25’’87.

200 mètres 4 nages: 1. Henrique Rodriguez, Brésil, 1’59’’50; 2. Simon Sjödin, Suède, 2’1’’02; 3. Davide Cova, Italie, 2’1’’16

DAMES.- 200 mètres: 1. Sarah Sjöström, Suède, 1’55’’05; 2. Federica Pellegrini, Italie, 1’56’’06; 3. Alice Mizzau, Italie, 1’59’’52; 4. Chiara Masini Luccetti, Italie, 1’59’’80; 5. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 1’59’’89; 6. Coralie Balmy, Francen, 2’0’’04. Finale B, 2. Margaux Fabre, 2’0’’86. En séries, Ophélie Cyrielle Etienne, France, 2’4’’62; Isabelle Mabboux, France, 2’4’’90.

800 mètres: 1. Boglarka Kapas, Hongrie, 8’23’’71; 2. Erica Musso, Italie, 8’28’’70; 3. Diletta Carli, Italie, 8’30’’44… 6. Coralie Balmy, France, 8’35’’67.

200 mètres dos: 1. Margherita Panziera, Italie, 2’10’’93.

200 mètres brasse: 1. Victoria Zenep Gunes, Turquie, 2’24’’18

50 mètres papillon: 1. Sarah Sjöström, Suède, 25’’23; 2. Inge Dekker, Pays-Bas, 25’’68; 3. Elena Gemo, Italie, 26’’04; 4. Therese Alshammar, Suède, 26’’28; … 7. Mélanie Hénique, France, 26’’71. En séries, Isabelle Maboux, 28’’71; Maria Elena Letang, 28’’96.

200 mètres 4 nages: 1. Szuszanna Jakabos, Hongrie, 2’12’’65; 2. Louise Hansson, Suède, 2’13’’86; 3. Stina Gardell, Suède, 2’14’’45. Finale B: 1.Fantine Lesaffre, France, 2’15’’57. En séries, Mathilde Cini, France, 2’26’’55.

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