INTERDITS D’EMOTION

Cet été j’ai vu « The Shallows », un film dans lequel une surfeuse est attaquée par un requin qui est aux vrais requins  ce que Teddy Riner est à Mimi Mathy. Je ne crois pas qu’il passerait le contrôle antidopage, sauf au laboratoire de Moscou (le requin, pas Teddy Riner) !

Là-dessus, j’ai lu un article de Sciences et Avenir expliquant que de tels films sont nuisibles à la réputation des requins dont la population baisse dangereusement. Si vous me connaissez, vous ne vous étonnerez pas si j’ai immédiatement publié un commentaire de lecteur attirant l’attention sur un fait également très grave : le film « Jurassic World » a causé un tort considérable aux tyrannosaures qui ont de ce fait carrément disparu de la terre. Je me suis permis d’ajouter qu’à mon avis, ce n’était pas des films d’aventure outrageux qui faisaient du tort aux requins, mais bel et bien la consommation de soupes aux ailerons de requins dans le pays le plus peuplé du monde.
Je regrette de n’avoir pas insisté sur les cas dramatiques d’ « Alien » et de « Predator », dont le crédit s’est effondré au point que tous deux n’osent plus se présenter chez nous (pas une mauvaise chose). Mais je m’éloigne de mon sujet. Lequel est-il d’ailleurs ?

Oui, c’est cette propension générale de faire jaillir des sujets de morale à partir de prétextes erronés : ici, c’est un film préjudiciable à la réputation des requins, qui sont en fait des gentlemen des mers ; là, ce printemps, c’était un chanteur, Renaud, qui en accusait un autre, Jean-Jacques Goldman, de ne pas s’engager ; hier, c’était un entraîneur qui faisait les gros yeux à un nageur lequel, devenu commentateur, ne se contentait pas de fonctionner en ancien champion, et refusait la langue de bois ; je n’ai pas trop compris non plus pourquoi certains media tentent de ridiculiser tel Florent Manaudou ou Renaud Lavillénie parce qu’ils exprimaient leurs émotions. Ce sont des jeunes gens remarquables, qui voulaient tant gagner, qu’ils attendront un peu pour se satisfaire de l’argent. Moi je trouve qu’il nous en faudrait plus, des comme ça, cela me parait aussi louable de pleurer sur une médaille que de se satisfaire de son élimination en série.

Cela me rappelle une anecdote racontée par la tenniswoman Billie Jean King, qui évoquait le tempérament de gagneurs des Australiens. La bande était reçue par un joueur qui a présenté des amuse-gueules dans un joli plateau d’argent. « C’est quoi », lui a demandé quelqu’un ? « C’est ce que j’ai reçu pour avoir fini deuxième de tel tournoi », répond le gars. Et, raconte Billie Jean, écoutant cela, tous les joueurs présents entourèrent le bel objet et… pissèrent dedans en chahutant : « pas de trophées pour les deuxièmes. »  Un peu Australiens, Manaudou et Lavillénie ?

Eric LAHMY

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4 comments:

  1. Baigneur

    C’est parce que vous ne regardez pas les bons films Eric :), je vous conseille « Soul surfer » (2011) sur l’histoire de Bethany Hamilton (la fille de) : vous y trouverez de vrais méchants requins, et une vraie morale admirable.

    1. Eric Lahmy *

      Oui j’ai été trompé par la critique qui parlait d’un presque-« Jaws » (que j’avais aimé). En fait le requin est « bidon », (j’ai eu droit à un longimanus pour moi tout seul en plongée à Charm El-Sheik en 1973 et il n’a pas eu l’air de me trouver comestible) mais tout ce qui concerne l’actrice est très bon. Je l’avais vue dans The Age of Adaline et elle capte l’intérêt.

    1. Eric Lahmy *

      Merci. Je connaissais son aventure mais n’avais rien vu de « construit » à son sujet. Comme quoi il n’y a pas besoin de podium olympique pour être championne!

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