PANPACIFICS : USA VAINQUEURS MAIS NON SANS COMBATTRE

LES NAGEURS DES ETATS-UNIS ONT PRESQUE TOUT GAGNE MAIS NIPPONS, AUSTRALIENNES ET CANADIENNES SE SONT BIEN BATTUS

Eric LAHMY

Mardi 14 Août 2018

La dernière journée des rencontres « panpacifiques » a donné un ensemble de résultats étincelants. La journée comme les précédentes a été en général dominée par les Etats-Unis, mais Japonais, Australiens et Canadiennes leur ont opposé la plus fière des résistances…

Katie LEDECKYa a gagné le 1500 mètres dans un temps moyen pour elle, mais formidable pour toute autre nageuses Battue sur 200 mètres, talonnée (ou presque) par Ariarne TITMUS sur 400, elle a devancé de 21 secondes la première de ses adversaires, quatre filles en moins de cinq secondes les unes des autres.

Jack McLoughlin, vainqueur du 400, a été devancé sur 800 par les deux Américains, Grothe et WILIMOVSKY. Ippei WATANABE a du se battre pour devancer l’Australien Zac Stubblety-Cook. Cinq hommes séparés par sept dixièmes témoignent de l’intensité des luttes. Dans ce contexte, la longueur de corps par laquelle Ryan MURPHY a dominé Ryosuke IRIE fait presque l’effet d’un gouffre. On retrouve cette âpreté des combats dans le relais quatre nages où le quatuor des Etats-Unis arrache la victoire devant une formation japonaise très inspirée par l’air du pays et où un parcours de 46s91 de Kyle Chalmers ne peut empêcher l’Australie de finir troisième…

Les autres grands moments de cette ultime journée de PanPacifics concernent le 200 dos dames où Kathleen BAKER, battue sur la distance inférieure dont elle détient le record du monde par celle qu’elle avait dépossédée, la Canadienne Kylie MASSE, s’est reprise sur 200 dos, à l’issue d’une course énergique qu’elle a dominée de bout en bout, difficilement ; et dans le relais quatre nages, quand Cate CAMPBELL, dernière relayeuse australienne a repris le mètre d’avance que ses équipières avaient offert à Simone MANUEL, puis l’a distancée d’une distance équivalente grâce à un parcours accompli en 51s19.

MESSIEURS.- 800 mètres: 1. ZANE GROTHE, USA, 7’43s74 (record); (56s26 1’55s55 2’54s74 3’53s75 4’51s92 5’49s87 6’47s86); 2. JORDAN WILIMOVSKY, USA, 7’45s19 (56s86 1’55s84 2’55s24 3’54s33 4’52s74 5’50s81 6’48s75) 3. JACK MCLOUGHLIN, Australie, 7’47s31; 4.  GUILHERME COSTA, Brésil, 7’51s67; 5. ROBERT FINKE, USA, 7’52s57.

200 m dos : 1. RYAN MURPHY, USA, 1’53s57 (record PP) (26s42, 54s87, 1’23s76); 2. RYOSUKE IRIE, Japon, 1’55s12; 3. AUSTIN KATZ, (USA), 1’56s00; 4. MITCHELL LARKIN, Australie, 1’56s02.

200 m brasse :  1. IPPEI WATANABE, Japon, 2’7s75 (record PP), (29s26, 1’1s94, 1’34s95) 2. ZAC STUBBLETY-COOK, Australie, 2’7s89 (29s65, 1’2s40, 1’35s75); 3. MATTHEW WILSON, Australie,  2’8s22 (29s11, 1’1s59, 1’34s75); 4. YASUHIRO KOSEKI, Japon, 2’8s25 (29s, 1’2s01, 1’35s29); 5. JOSHUA PRENOT, USA, 2’8s44 (29s35, 1’1s98, 1’34s93); 6. LIZHUO WANG, Chine, 2’11s49; 7. YUNSONG LIU, Chine, 2’12s27;

400 m 4 nages 1. USA, 3’30s20 (RYAN MURPHY, 52s70, ANDREW WILSON, 59s15, 1’51s85, CAELEB DRESSEL, 50s64, 2’42s49, NATHAN ADRIAN, 47s71; 2. JAPON, 3’30s25 (RYOSUKE IRIE 52s61, YASUHIRO KOSEKI, 58s62, 1’51s23, YUKI KOBORI, 51s19, 2’42s42, KATSUMI NAKAMURA, 47s83); 3. Australie, 3’30s52 (MITCHELL LARKIN, 53s18, JAKE PACKARD, 59s03; 1’52s21, GRANT IRVINE, 51s40, 2’43s61, KYLE CHALMERS, 46s91).

DAMES.- 1500 mètres:  1 KATIE LEDECKY, USA, 15’38s97 –(59s25, 2’2s23, 3’4s68, 4’7s85, 5’10s65, 6’13s40, 7’16s43, 8’19s41, 9’22s42, 10’25s60, 11’28s66, 12’32s06, 13’35s07, 14’37s99); 2s KIAH MELVERTON, Australie, 16’0s08 (1’1s50, 2’5s85, 3’10s26, 4’14s44, 5’18s39, 6’22s60, 7’26s80, 8’30s92, 9’35s26, 10’39s60, 11’43s95, 12’48s51, 13’53s26, 14’57s81); 3s LEAH SMITH, USA, 16’0s82; 4 KAREENA LEE, Australie, 16’3s26; 5s HALEY ANDERSON, USA, 16’4s26; 6s MADELEINE GOUGH, Australie, 16’4s62; 7s ASHLEY TWICHELL, USA, 16’7s49s

200 m dos : 1. KATHLEEN BAKER, USA, 2’6s14 (record PP) (29s36, 1’0s88, 1’33s00); 2. TAYLOR RUCK, Canada, 2’6s41 (29s78, 1’1s52, 1’33s91); 3. REGAN SMITH, USA, 2’6s46 (record du monde junior) (29s75, 1’1s54, 1’34s05); 4. KYLIE MASSE (Canada) 2’7s00 (29s82, 1’2s08, 1’34s50); 5. KAYLEE MCKEOWN, Auatralie, 2’7s01 (30s11, 1’2s36, 1’34s88); 6. EMILY SEEBOHM, Australie, 2’7s12 (29s83, 1’2s04, 1’35s01); 7. NATSUMI SAKAI, Japon, 2’8s18s Finale B: 1. HALI FLICKINGER, USA, 2’9s22; 2. ANNA KONISHI, Japon, 2’9s44; 3. OLIVIA SMOLIGA, USA, 2’9s67s.

200 m brasse: 1. MICAH SUMRALL, USA, 2’21s88; 2. LILLIAN KING, USA, 2’22s12; 3. SATOMI SUZUKI, Japon, 2’22s22; 4. REONA AOKI, Japon, 2’24s46; 5. SYDNEY PICKREM, Canada, et KELSEY WOG, Canada, 2’24s73.

4 fois 100 quatre nages: 1. AUSTRALIE, 3’52s74 (record PP) (EMILY SEEBOHM, 59s28, JESSICA HANSEN, 1’5s82, 2’5s10, EMMA MCKEON, 56s45, 3’1s55, CATE CAMPBELL, 51s19; 2. USA, 3’53s21 (KATHLEEN BAKER, 59s41,  LILLIAN KING, 1’4s86, 2’4s27, KELSI WORRELL DAHLIA 56s72, 3’0s99, SIMONE MANUEL, 52s22); 3. JAPON, 3’55s03 (NATSUMI SAKAI, 59s20, REONA AOKI, 1’6s84, 2’6s04, RIKAKO IKEE, 55s48, 3’1s52, TOMOMI AOKI, 53s51); 4. CANADA, 3’55s14 (KYLIE MASSE, 58s63, KELSEY WOG, 1’7s28, 2’5s91, REBECCA SMITH, 57s51, 3’3s42, TAYLOR RUCK, 51s72).


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4 comments:

  1. Doug

    Cate Campbell 51’19 c’est potentiellement dans les eaux du record du monde! Les 55’48 de Rikako Ikee sont également impressionnant… Et d’une manière générale la natation japonaise fait très fort je trouve, surtout en relais. Ça risque de faire mal à Tokyo! La natation masculine marque aussi le pas sur la natation féminine. Les hommes, à part 2-3 flèches, ont eu du mal à se renouveler, enfin il me semble.

    1. Eric Lahmy *

      Oui je suis d’accord avec cette analyse.
      Pour ce qui concerne les filles par rapport aux garçons. Je ne sais pas trop si votre remarque s’adresse à la natation en général ou à l’équipe du Japon, parce qu’elle est vrai, il me semble, dans les deux cas.
      Depuis longtemps maintenant, je trouve que les nageuses sont plus régulières à haut niveau que les garçons. Dans neuf meetings sur dix, que ce soit aux USA, en Europe ou en Asie, je voyais que les filles avaient préparé plus sérieusement que les garçons. En tout cas, elles avaient eu plus de réussite que les garçons et il me semble clair que c’est parce qu’elles sont plus disciplinées. Après ça, il y avait bien sûr un Nathan Adrian ou un Chase Kalisz (il y en a d’autres) qui ont ce professionnalisme.
      Alors est-ce que cela répond à votre impression que les filles performent mieux ? Je le croirais.
      Pour ce qui concerne le Japon. Ces dernières années, le Japon a présenté l’équipe la plus complète au monde, en ayant pourtant du mal à monter sur la plus haute marche du podium mondial ou aux Jeux. Maintenant, les Jeux vont avoir lieu à Tokyo et ils ont fait tout le boulot préliminaire pour pouvoir prétendre tout casser à domicile. Chez les filles, IKEE, que vous signalez à juste titre, est un formidable joker, jeune, pratiquement au sommet et en progression régulière. Il y a aussi OHASHI qui est en 2018 la patronne des quatre nages en attendant que les Chinoises ne parlent aux Jeux asiatiques. Chez les garçons en revanche, les leaders pourraient bien être vieillissants (mais rien ne dit qu’ils ne sont pas remplacés par les jeunes Japonais).
      Moi, je suis frappé par la densité toujours croissante des performances. On ne peut plus désigner dans la plupart des courses, un favori, il y en a toujours plusieurs qui sont armés pour gagner. Dans ces conditions, je trouve remarquable qu’on arrive toujours à trouver Ryan MURPHY, ou un Chase KALISZ, ou cette étonnante Katie LEDECKY qui a réussi à banaliser l’exploit.

  2. Aigues

    Les américaines ont été battues par le même adversaire (l’Australie en l’occurrence) sur les trois relais. Je pense que ça fait très très longtemps que ça ne leur était pas arrivé. Cela donne l’impression d’une USA qui sous-performe et d’une Australie qui fait mieux que prévu (je sais que vous n’achetez pas l’impact du jetlag mais je garderai quand même cette compétition en mémoire à ce sujet) mais la natation US n’ayant pas de point faible, elle fait quand même le plein de médailles là où Australiens et Japonais ne sont pas présents.

    Et si je ne dis pas de bêtises, entre les jeux du commonwealth et les panpacs, la Campbell vient de nager les quatre 100m lancés les plus rapides de l’histoire, je n’aurais jamais pensé la voir aussi forte après 2016.

    En parlant de relais, petite clin d’oeil pour les relais philippins qui se sont alignés et qui ont subit de très sévères écarts. Je préfère largement cela aux lignes d’eau vides.

    1. Eric Lahmy *

      Le jetlag peut quand même être retenu pour une compétition secondaire comme les PanPacifics où les équipes ne se donnent pas le temps de s’acclimater à l’heure. Mais dans l’ensemble, dans le sport moderne, j’ai trop de contre-exemples pour me dire que le jetlag est moins un argument qu’une excuse… Si vous préférez, il n’est pas démontrable…
      Le 4 fois 100 messieurs US avait gagné en 3’11s67 mais a été disqualifié en raison d’une faute de coach : il a nagé dans un autre ordre que celui indiqué.
      Sur quatre fois 200 dames, Schmidt plante les USA. Allison Schmidt nage trois secondes moins vite au départ du relais que dans la course individuelle des championnats US. Le potentiel de ce relais était 7’41s7 et il nage 7’44s37. Il n’empêche que les Australiennes ont très bien nagé.
      Pour le reste, qu’est-ce que cela prouve ? Qu’une course reste une course, aléatoire et fragile comme la vie…
      La force collective des USA est comme vous le constatez un donné depuis toujours, normal : un système efficace, avec un criblage serré universités-clubs, de l’argent, et une population dense. Le Japon est aussi fortement peuplé, à la différence de l’Australie dont la population est clairsemée et qui de ce fait à mon avis ne peut pas remplir toutes les cases. Et plus on augmente le nombre d’épreuves, plus c’est compliqué pour eux. Quand ils ont tout gagné ou presque, en 1956, il y avait treize courses au programme des Jeux olympiques, maintenant il y en a 41.
      Je me demande si le fait que Campbell ait monopolisé les records lancés ne vient pas aussi du fait que la Suède n’a pas d’équipe qui permettrait à Sarah Sjöström, sa seule rivale chronométrique, d’en faire autant. Sjöström n’a nagé aucun relais aux Europe 2018. Quant à Simone Manuel, elle peut les taper dans une course au titre, mais nage généralement moins vite…
      Vous avez également raison pour les Philippins, puisque l’essentiel est de participer !

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