A GOLD COAST, LES AUSTRALIENS SE QUALIFIENT POUR LES JEUX DU COMMONWEALTH 

Eric LAHMY

Mercredi 28 Février 2018

A quelques semaines des Jeux du Commonwealth, l’élite de la natation australienne est réunie aux Hancock Prospecting Australian Swimming Trials de Gold Coast afin de se qualifier pour l’événement du sommet de la saison.  Sommet d’autant plus sommital que les Jeux, cette année, auxquels les nageurs des nations concernées prêtent plus d’importance qu’aux championnats du monde (!), se dérouleront en Australie et qu’il importe pour des tas de raisons de reluire à domicile.

Si la plupart des media insistent beaucoup sur les mérites de Cate Campbell, la diva locale, et sur ses capacités supposées de casser la baraque, The Courier Mail, quotidien de Brisbane et du Queensland, avait proposé à ses lecteurs « cinq nageurs à suivre » et placé dans l’ordre Emma McKeon, Kyle Chalmers, Ariarne Titmus, Mackenzie Horton et Emily Seebohm, et donné des explications de son choix. Emma McKeon est, à 23 ans, la nageuse ayant connu le plus de réussite de ces deux dernières années, ayant remporté dix médailles aux championnats du monde et quatre aux Jeux olympiques de Rio. Certes, je dirais quant à moi qu’elle n’a jamais GAGNÉ une grande course ni battu un grand record, mais elle est certainement très présente au niveau le plus élevé. Elle est de ce type de nageuses qui ne déçoivent pas.

A Gold Coast, Emma se proposait, aujourd’hui (28 février), un beau défi : deux de ses courses, le 200 crawl et le 200 papillon, se présentent dans la même journée du programme, à une distance d’1h30 pour les séries, et d’autour d’une heure pour les finales. Engagée dans les deux épreuves, Emma, avec son coach, attendait la dernière minute pour savoir si elle nagerait la seconde. Le 200 papillon représente un ajout récent à la panoplie de Mc Keon, qui disputait jusqu’ici 100 papillon et 200m libre, et avait ajouté l’an passé des prétentions sur 100 libre. Le 200 papillon australien, c’était ces dernières années et jusqu’aux Jeux olympiques de Rio, Madeline Groves, laquelle n’avait, au Brésil, manqué le titre olympique (enlevé par l’espagnole Mireia Belmonte) que de quelques centièmes de secondes… Mais Madeline Groves, qui s’entraîne avec McKeon, est du genre à la fois hyper-solide et assez inconstante, alors qu’Emma représente la régularité même de la fille très organisée doublée d’une forte compétitrice… L’idée qui sous-tendait cet ajout d’une distance particulièrement fatigante et difficile à nager, à son registre, serait, nous dit-on, d’égaler un record de médailles gagnées aux Jeux du Commonwealth, six, codétenu par Susan O’Neil et Ian Thorpe…

Bref, elle a au moins à moitié réussi son pari, Mc Keon, puisqu’elle s’est qualifiée avec 1’57s90, le 2e temps, au 200 libre, puis, quatre-vingt-dix minutes plus tard, avec 2’8s50, meilleur chrono des séries sur 200 papillon. Forte de ces données chronométriques, il faudrait une défaillance ou un malaise à l’issue d’un 200 libre qui parait âpre pour l’empêcher de tenter le doublé en finales…

The Courier Mail proposait ensuite comme deuxième nom à suivre Kyle Chalmers, le jeune homme qui a surpris tout le monde en devenant à 17 ans champion olympique du 100 mètres à Rio. Depuis, Chalmers a connu des ennuis avec son cœur, ennuis qui ont exigé une opération, et il n’a pas pu défendre son prestige aux championnats du monde de Budapest, l’été dernier. L’enjeu pour ce surpuissant garçon, n’est pas mince. Le 100 libre est l’épreuve masculine où se concentrent les meilleurs talents de la natation australienne. Au cours de la première matinée des sélections australiennes, Kyle s’est qualifié avec le troisième temps du 200 mètres, 1’47s41. Il devrait gagner en finale sa place dans le relais quatre fois 200 et ses chances de se qualifier dans la course individuelle sont loin d’être négligeables. Le 100, sa course fanion, en revanche, se dispute demain…

The Courier Mail présente ensuite son troisième nageur à suivre, et c’est une nageuse, Ariarne Titmus. Cette blondinette de dix-sept ans représente une espèce rare, la grande nageuse de Tasmanie, une île état isolée à l’extrême sud du pays continent dont elle est séparée par le détroit de Bass. Faiblement peuplée, la Tasmanie n’avait jamais produit de nageurs jusqu’ici ; déjà affublée d’un surnom, Terminator (je ne sais trop pourquoi, peut-être une référence un peu facile à Taz, le Diable de Tasmanie des cartoons hollywoodiens, peut-être parce qu’elle avait « terminé » l’an dernier le relais quatre fois 200m des mondiaux ???), Titmus a fait son entrée à l’international en 2017, et fini 4e sur 400 mètres, et 9e sur 200 mètres aux mondiaux de Budapest où elle a atteint un podium dans le relais quatre fois 200 mètres, avec les deux Emma, Wilson et McKeon, et Kotuku Ngawati. Bien vu, Courier Mail : Ariarne Titmus à dominé les séries du 200 et devancé McKeon avec un temps de 1’56s58…

Mackenzie Horton, à 21 ans, vient ensuite dans la liste. A 21 ans, Horton présente déjà un palmarès de briscard. Champion olympique du 400 à Rio, il a cependant déçu dans la mesure où l’Australie espérait le voir reprendre la couronne mondiale de la course mythique dont les derniers exposants majeurs pour l’Australie ont été Kieren Perkins et Grant Hackett.

Enfin, Courier Mail met en avant Emily Seebohm, la double championne du monde 2015 (100 et 200 dos). A 25 ans, Seebohm n’est plus une jeune nageuse, mais après avoir souffert d’une maladie, l’endométriose, elle a réussi à revenir suffisamment pour enlever le 200 dos des mondiaux de Budapest au nez et oserai-je dire à la barbe de Katinka Hosszu, et terminer 3e du 100 dos…

Cent fois menacée, depuis deux ans, dans sa suprématie aux antipodes (le 100 dos féminin est aujourd’hui après les 100 libre messieurs et dames la course forte des Australiennes), elle continue de tenir le cap.

Ce matin, Emma a archi-dominé les séries du 100 dos, nageant en 58s90 (plus vite que son 58s95 lors des séries des mondiaux de Budapest) et laissé très loin Hayley Baker (à ne pas confondre avec l’Américaine Kathleen Baker, son adversaire des mondiaux) qui n’a pu nager plus vite que 1’0s26, tandis que les jeunes qui lui causèrent quelques misères dans un passé proche, Kaylee McKeown, 16 ans, 1’0s70, et Minna Atherton, 1’1s08, paraissaient dépassées…

Quoi d’autre ? D’avoir suivi le programme de Courier Mail m’a permis de faire l’impasse sur Mitchell Larkin, Cate et Bronte Campbell, Madeline Groves et quelques autres. Mais on pourra, je le sens, revenir dessus.


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2 comments:

  1. o

    Il me semble que son paternel la surnomme Arnie. De la a Arnold il n’y a qu’une brasse et d’Arnold à Terminator … (Car elle attaque très bien ses courses)

    1. Eric Lahmy *

      Merci de l’explication. On va officialiser ça en attendant mieux. Ce qui est marrant aussi, c’est que je n’ai pas trouvé d’autres exemples d’Ariarne, qui est sans doute une déformation d’Ariane ou Ariadne et que le nom Titmus prend d’habitude deux ss finaux. Cette fille, dirait-on, ne fait rien comme les autres!!!
      Maintenant, à la fin du film, le Terminator est écrasé par… par… Ledeckyller??? Peut-être aux Pacific Games??

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