AMAURY LEVEAUX, GRAND (2,02m) ÉCRIVAIN

JOURNÉES SUR L’EAU SOIRÉES SOÛLO

Par Eric LAHMY                                         Vendredi 12 Juin 2015

Sans son titre racoleur, le livre d’Amaury Leveaux n’eut pas été à jeter aux chiens. Il recèle des pages où je suis en accord avec ce qu’il dit. Ou plutôt que je prends comme un témoignage, sans obligation d’adhérer. Mais il y a trop de faiblesses, d’imprécisions, d’erreurs, de fautes. Ce bouquin est une production littéraire de série B à la française, cochonnée du début à la fin, sauf en ce qui concerne la syntaxe et l’orthographe. Ni corrigée, ni vérifiée. Passe encore qu’il s’adresse à un (grand) public qui n’existe pas. La natation ne se prête guère trop à agréger des foules compactes, d’où cette idée de créer un scandale. « Sexe, drogue et natation », tu parles. Il a vendu ça à Fayard, un plus ou moins grand nom de l’édition parisienne, chapeau. J’espère qu’ils ont fait du blé, parce que ce n’est pas ça qui changera leur épicerie en épicerie fine.

Je me suis tellement épuisé à relever et à rectifier les erreurs de cet ouvrage et à m’interroger sur ses approximations que je m’étais dit : plutôt que de faire une critique du livre de Leveaux, « je vais me contenter de les relever, façon de corriger sa copie, et présenter ça tel quel. » Mais bon, cela m’a semblé oiseux.

Il en va chaque fois ainsi qu’un livre dans ce style de sujet est publié en France : l’effort éditorial est tellement faible que le texte ressemble plus à un article très long et un peu bâclé qu’à une création. Quand je compare avec ce qui se fait en Australie ou aux Etats-Unis, avec la minutie et la compétence qui ont abouti aux livres de Shane Gould, Ian Thorpe, Natalie Coughlin ou Dara Torres, et le plaisir de lire, la confiance que cela donne dans les auteurs, ce que publie le pays de Voltaire apparait hâtif, bâclé… On n’a pas le niveau !

Il faudra dire par exemple à Leveaux que Christine Caron est vice-championne olympique aux Jeux de Tokyo en 1964 et non pas à Mexico en 1968. Mais il y a mieux. Quand, page 130, décrivant la finale du relais quatre fois 100 mètres des Jeux de Pékin, en 2008, dans laquelle il prend le départ pour la France, Amaury écrit que le Sud-Africain Lyndon Ferns nage en 47’’24, record du monde, alors que c’est l’Australien Eamon Sullivan (Ferns nage 48’’15) ; dans le même souffle, il s’arroge personnellement un temps de 47’’48, « un très bon temps, précise-t-il, que bien peu de nageurs ont réalisé dans leur carrière » (bravo Leveaux) : en fait, il a nagé 47’’91, s’est fait prendre un mètre vingt-cinq par Sullivan, et a donné le relais à la 4e place derrière l’Australie, les USA, le Canada, à Gilot qui va revenir placer la France en 2e position et non pas en 3e comme il le dit. Leveaux note qu’il y a huit centièmes à l’arrivée entre les USA vainqueurs et la France, et ajoute que ces huit centièmes font quatre centimètres, or à la vitesse de course du 100 libre messieurs, huit centièmes font 16 centimètres.

Il donne une raison du bouleversement des places, décidé au dernier moment, dans le relais français, qui a fait couler beaucoup d’encre. « Ce revirement de dernière minute a été dicté par des considérations de pur marketing, expose-t-il. Si c’est Alain Bernard qui termine la course en tête, l’impact médiatique de la victoire sera bien plus grand grâce à sa notoriété et à sa cote de popularité », etc., etc. [Cette décision avait été présentée par Marc Begotti pour des raisons techniques – le nageur le plus rapide en dernier, Alain Bernard, qui sera champion olympique individuel quelques jours plus tard –, et entérinée par Claude Fauquet et tous les entraîneurs. Rationnellement, elle se tenait, et reste après la défaite la plus séduisante. Ceux qui ont parlé après coup d’une erreur de distribution ont seulement démontré que, munie de roues, ma tante Adèle serait un autobus].

LE BEAU GOSSE AUTO-PROCLAMÉ

Ce tissu d’idioties péremptoires, d’erreurs, de mensonges et d’approximations jette le discrédit sur le reste, fatalement. Leveaux a la mémoire qui flanche, il fabrique des pseudo-souvenirs où il a le beau rôle, et ne parait pas toujours connaître le sens, ou l’impact des mots. Mais nul ne doute qu’il s’en moque un peu. Leveaux a écrit ce bouquin pour se poser et régler des comptes.

Se poser ? Le mec nourrit des complexes ! Je ne connais pas un seul nageur de l’équipe de France qui se soit qualifié sérieusement de « beau gosse. » Lacourt plaisante sur son physique, et Agnel se définit comme l’homme au visage élastique. Amaury, qui, il est vrai, a un nez au milieu de la figure et une bouche au-dessus du menton, se décrète beau gosse, se vante aussi, quoiqu’entre les deux il n’y a pas photo, de ressembler à Gilot [Bon, il n’a pas dit Brad Pitt ou Johnny Depp.]

Il n’empêche, il est beau par décret et par association, puisque des gens sans doute distraits le confondent avec Gilot (dont la prestance physique est du coup assurée de façon magique). Sa vanité rassurée, ça ne suffit pas. Il scie la branche des autres : Florent Manaudou ? Des muscles qui ne servent à rien. Yannick Agnel ? Un faux intello, un mec surfait (bien entendu, lectures de Gogol ou d’Asimov mises à part, Agnel a passé un bac S avec mention en étant champion d’Europe juniors, mais ça ne dérange pas Amaury, bac moins cinq sans mention, qui entend en découdre sur ce terrain). Lacourt, raconte encore Leveaux ? Encore un malentendu : il a fait bouger ses cheveux au sortir de l’eau et ça a donné une belle photo (eh ! bien, il n’a qu’à essayer, on verra ce que ça produira). Lacourt, il est vrai, avec sa gueule d’ange, époux d’une ancienne miss France, ça doit l’agacer, Leveaux, d’autant qu’en 2011, le Marseillais d’adoption avait ratissé tous les bons plans en termes de contrats et envoyé aux oubliettes Alain Bernard lui-même !

Parlant de Bernard, il a quelques égards pour lui, Amaury, mais non sans le jalouser aussi, à mesurer leurs respectives ouvertures de « unes » dans L’Equipe, sans paraître se rendre compte qu’un record du monde et une médaille d’argent du 100 mètres en petit bassin, sa spécialité, c’est bien, mais quand même moins que l’or et le record en bassin olympique. D’ores et déjà, Leveaux avertit : il sera jaloux de celui qui lui enlèvera son record du 100 mètres.

On l’a compris: sa technique est celle des tyrans: couper les têtes qui dépassent. Dans son témoignage, Amaury se veut témoin de l’accusation. L’une de ses idées sous-jacentes est qu’un complot l’a maintenu éloigné des succès médiatiques  qu’il méritait en rabaissant ses performances. Il est vrai qu’il a été un de nos grands nageurs. Maintenant, essayer de comprendre pourquoi on ne lui a pas fait fête autant qu’il l’aurait voulu n’est pas tâche aisée. Ayant été journaliste à L’Equipe pendant 43 ans et responsable ou « leader » de sa rubrique natation pendant 20 ans, je dois humblement avouer mon ignorance de toute action concertée du quotidien à son encontre. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu. Mais ses explications, sur fond de fièvre obsidionale, me paraissent fantaisistes.

VICTIME D’UN COMPLOT MONDIAL

Bien sûr, que la responsable de communication de la boîte qui défend les intérêts d’un nageur soit (comme prétend Amaury) l’épouse du responsable de la natation de L’Equipe, cela peut aider, mais pas plus que ça. Chaque jour, les informations se font concurrence à la conférence de rédaction de midi, et c’est cette concurrence qui va déterminer la place qui est la vôtre. On connait l’exemple fameux de Farah Fawcett, dont la mort, le même jour que Michaël Jackson, est, de ce fait, totalement passée inaperçue. Par ailleurs, si Alain Bernard a eu droit à pleine page à la une du journal, le directeur de la rédaction hésitera à remettre cinq jours après une nouvelle fois sa première page à la natation.

Il est possible aussi que les fâcheries de Leveaux avec des journalistes lui aient porté préjudice. Même s’il est sûr que le patron de la natation du quotidien, Benoit Lallement, a ses têtes, pèse sur les choix rédactionnels et trie les sujets, je vois mal une directive du style : on ne parle pas de Leveaux s’il fait une bonne performance. Il est vrai aussi qu’on a eu à partir d’un certain moment nombre de nageurs de haute volée pour un sport dont la fenêtre médiatique reste modeste. Regardez le sort de Jeremy Stravius, la faible audience d’Esther Baron, Solenne Figues, Clément Lefert et, relativement, Camille Muffat… Bref, on le voit, les aléas ne manquent pas. Leveaux préfère l’opinion tranchée et complotiste…

Un exemple de ses analyses paranoïaques : les records du monde en petit bassin, battus le 7 décembre 2008 à Angers par Alain Bernard, copieusement commentés et repris en une de L’Equipe, et par Leveaux les 12 et 13 décembre à Rijeka en Croatie, qui aurait eu droit à beaucoup moins de place. Leveaux, indigné, monte à partir de là une théorie qui relève de l’affabulation pure et simple. Ce qu’il ne dit pas, c’est que le 7 décembre 2008, la grande nouvelle sportive, c’est Sébastien Loeb qui fait gagner le championnat du monde des constructeurs automobiles à son constructeur Citroën; en face, ce chrono du tout nouveau champion olympique du 100 mètres Alain Bernard fait belle impression; mais que le 13 décembre, c’est football partout, avec choc Lyon-Marseille à Gerland en tête du championnat, clasico Barcelone-Madrid en Espagne et Bayern contre Hoffenheim, au coude-à-coude pour le titre en Allemagne. Si l’on ajoute qu’à Rijeka, dix-sept records du monde en petit bassin ont été battus, ce qui a relancé la furieuse polémique des combinaisons appelées alors le « dopage technologique », on comprend que ce week-end là, les 44:94 de notre héros ont eu un peu plus de mal à générer beaucoup d’enthousiasme…

A côté de ça, Gaston Lagaffe grand format, geignard, mal dans ses baskets, où il va, Leveaux ? Une longue plainte parcourt ses pages. Rien n’est assez bien pour lui. A plus d’une reprise, Amaury, qui estime toute boisson au-delà de 6° recevable, se plaint de devoir nager dans une eau à 26°, voire 28°. Il doit confondre natation et hammam. Il ne serait pas un peu chochotte, des fois le grand dadais ?

LEVEAUX, L’EXEMPLE À NE PAS SUIVRE

A part ça, comment un type qui, comme tout un chacun a pu l’admirer dans « Fort Boyard », s’effraie tant des serpents, pratique-t-il avec un tel plaisir la langue de vipère ? Amaury vous le dit, il entend déniaiser son lecteur. Lui raconter l’envers du décor. Il fait œuvre pédagogique Avec un tel professeur, on se régale. Or, l’envers du décor, on le connait : le sport est d’une exigence terrible ! L’entraînement prend des proportions inusitées. Il le sait bien, Amaury, « nageur professionnel, ce n’est pas une vie. »

La boîte de nuit, alors ? Elle n’est pas l’envers du décor de la piscine. Si des nageurs veulent y aller, pourquoi pas ? Tous les jeunes veulent aller en boîte. Et quelques-uns, comme Amaury, s’y « éclater », c’est-à-dire, au bout du compte, se mettre minables. Il y a ceux qui boivent un jus, et ceux qui se bourrent la gueule. C’est deux conceptions différentes. Pour le reste, tout le monde devrait s’en foutre.

L’ennui, avec les pochtrons, c’est qu’ils s’ingénient à fabriquer d’autres pochtrons. C’est une secte. Ils ne conçoivent pas de boire en face de quelqu’un qui est à l’eau. A notre première rencontre, Antoine Blondin m’avait traité de salaud parce que j’avais commandé un jus de fruits. Amaury, qui ne travaille pas le coude haut qu’à la piscine, fait plus fort. L’abbé Pistre, célèbre rugbyman en son temps, expliquait les violences dans son sport d’un péremptoire : « prenez un salaud, mettez-le dans le rugby, il y trouvera une nouvelle occasion de se conduite en salaud. » Mettez un pochtron dans la natation…

Leveaux explique qu’il n’a pas de ligne de vie, ni le moindre principe d’alimentation, et il ne sait nulle part où s’arrêter ; en plus, il donne l’exemple. Page 57, Leveaux raconte : « un soir je propose aux copains de faire un tour en ville. » Et cite : Gilot, Stasiulis, Bousquet, Lacourt, Perez, Meynard. Tous censés aller manger une glace. Mais quand « le serveur prend la commande, je m’offre une pinte, » avoue le héros de l’histoire. Les autres suivent, trois tournées générales s’enchaînent. Qui c’est qui les a mis sur cette voie ? Oui, c’est ça, c’est Amaury, il d’abord proposé une glace, puis a obliqué vers l’alcool. Là, toute la bande entre dans une dérive pas possible : on leur propose open bar contre photos, les nageurs sifflent les bouteilles, invitent les filles… Le lendemain dans l’eau est un supplice mais ils repartent en boîte le soir.

Ayant mis tout le monde dans le brouillard avec il est vrai leur assentiment enthousiaste, dans une aventure où ils perdront la moitié de leur prime (représailles fédérales), voilà qu’il cafte dans son bouquin et conclut : « La natation, c’est des hypocrites », etc. Amaury, en l’occurrence, n’est pas hypocrite. Mais propagateur de son mode de vie. Ce noceur adore faire tomber les autres. Il les trempe, puis les dénonce. Indiscipliné, lui ? Mais puisqu’ils le sont tous, explique ce bon copain…

Alors bien entendu, pour conclure son dévergondage, il décrète : la piscine ça sert à s’amuser. Pas à nager. C’est son droit. Mais enfin, que connait-il de la raison d’être des piscines ? Du rôle dans la lutte contre les noyades ? Ce qui inquiète des gens de la natation, c’est qu’il n’est pas le seul à œuvrer dans ce sens. Toute une industrie du loisir aquatique s’efforce de s’emparer des piscines, et est entrain d’y parvenir, ce qui menace de détruire les fondements de la natation de compétition et de ce qu’elle fait vivre en termes de pratique, d’enseignement, de sécurité et d’aventure collective. Les piscines sont détournées de leur destination, de leur fonction. Dans notre société de déconstruction tous azimuts, cette valeur, parmi tant d’autres, est mise à l’épreuve.

A l’époque des combinaisons, il volait sur l’eau Leveaux. Pas besoin d’abdos, pas besoin de trop de travail, avec des segments comme les siens. Après 2009, quel que soit son talent, il reste un très fort nageur mais n’a plus la même dimension, et les médailles qu’il a récupérées sont des médailles de relais, soit des quarts de médailles dont les autres parts appartiennent à Gilot, Bousquet, Agnel, et consorts. Dès 2010, aux championnats d’Europe, il n’est plus que remplaçant du relais quatre fois 100 mètres avec Boris Steinmetz et sur 50 mètres les Marseillais, Bousquet et Gilot lui ont mis deux à zéro. Au printemps 2012, il monte sur le podium européen sur 200 mètres, mais le temps qu’il y réalise, 1’47’’89, ne lui aurait pas valu d’être finaliste aux Jeux de Londres, où il finit 18e du 50 mètres.

De façon bizarre, il n’évoque pas le jour où il s’est fait  voler la place, à Rome, en 2009, où  avoir choisi Meynard à sa place pour la finale a vraisemblablement coûté la médaille d’or au quatre fois 100 mètres tricolore! Là, il y a eu une vraie erreur technique qui n’était que de l’incompétence, mais sur laquelle il aurait pu plaquer ses fantasmes obsidionaux.

HISTOIRES CROUSTILLANTES À VÉRIFIER

N’en déplaise à Leveaux, l’alcool est moins présent que l’eau dans la natation. Bien sûr, des nageurs ne l’ont pas attendu pour s’arsouiller. Je me souviens,  jeune journaliste, avoir vu mon premier nageur de l’équipe de France, incapable de se tenir debout, et vomir tout ce qu’il savait pour s’être mis mal à la fin d’une Coupe latine de natation. J’avoue que cela m’a fait drôle, mais j’ajoute qu’en dix ans de natation, je n’avais jamais vu un nageur boire une goutte l’alcool. Une autre fois, avec Michel Pedroletti, on s’étonnait de voir un ou deux nageurs fumer. Mais tout cela ne m’a jamais intéressé. Pour une anecdote dans ce genre, je savais qu’il y avait cent filles et garçons qui se tenaient bien – enfin dans les limites qu’on peut demander à des jeunes gens en pleine santé. 

Ce qui est amusant, c’est de voir Leveaux, avec ses théories, s’être entraîné avec Philippe Lucas et à Mulhouse, où il a trouvé, dit-il, la culture casque à pointe. Tiens, en passant,  Amaury s’étonne que le club de Mulhouse orthographie son nom Leveau et invente une raison très soupçonneuse, mais lui-même orthographie Donzé Donzet. Comme quoi…

Soyons juste. Amaury n’a pas que des vachardises à balancer sur les uns et les autres. Ses points de vue ne sont pas que négatifs. « Le Mulhouse Olympique Natation est d’un point de vue strictement sportif l’un des meilleurs de France. Pour le reste c’est un sacré bazar. » Ce qu’il dit du club, cette main mise des Horter, est pure vérité.

« Je n’ai commencé à être payé qu’en 2004. » Ça l’étonne. Mais en 2003, il n’est qu’un junior prometteur qui, en natation, au plan pécuniaire, ne vaut pas lourd. Il est entièrement pris en charge par le club, et ne se rend même pas compte que cela coûte de l’argent. Le système mulhousien est comme ça. On en pense ce qu’on veut, mais avec ses imperfections, ses zones d’ombre, il a assuré au club d’être, avec le Cercle, à Marseille, le seul en France à disposer de ses installations.

Ce qui précède et bien d’autres bévues rendent méfiant quand notre héros balance d’autres anecdotes croustillantes (ou affligeantes). Par exemple il raconte le 50 mètres des mondiaux 2009, où il finira 3e. Avant les demi-finales, un de ses « camarades » lui demande de ne pas forcer pour lui laisser une chance. Bien sûr, une demande aussi inopportune, ne serait-ce que pour déstabiliser un adversaire, est toujours possible. Qui est ce quémandeur importun ? Il n’y a qu’un autre Français dans la course, Bousquet, trop sûr de lui pour ça. Alors, un étranger ?

Leveaux explique ensuite qu’en stages les Chinois se déplacent avec des sosies des nageurs dans l’équipe. En cas de contrôle anti-dopage, on présente le « double » du nageur ou de la nageuse concerné(e). Là aussi, très possible, vu la maîtrise mondiale de la triche par les Chinois, dans tous les domaines, mais le fait que l’anecdote soit rapportée par Leveaux provoque ma suspicion.

C’est dire le raté que représente son témoignage. Malgré cela, il est passé pas trop au large d’un bon document, Leveaux. Mais il est incohérent, pas assez sérieux pour susciter la confiance.

Et maintenant ? Je l’imaginais très bien participer dans  son nouveau demi-monde à tous les dîners de con, en ville, à la place d’honneur. Il n’en est rien! Il vise haut. « Je multiplie les activités. Je suis consultant pour la chaîne beIN Sports où je commente les épreuves de natation, » commence-t-il. Ce qui ne parait pas le gêner, alors que beIN Sports a signé un contrat avec la Fédération française de natation, qui, depuis la sortie du bouquin, ne veut plus entendre parler de lui.

Pour le reste, ce ne sont pas les projets qui manquent, « Grandes Gueules du Sport » sur RMC, courtier d’assurance pour Gras Savoye, rugby sur neige des Six Stations, cours de natation, vente de son image et conseil. Un petit pécule, un bric-à-brac dont il assure qu’il va lui permettre de vivre…

Il rappelle aussi avoir étudié à Sciences Po’, un an, trois fois par semaine. Moi aussi, je m’en souviens. J’avais émis alors l’idée de le photographier en cours, rue Saint-Guillaume. On m’avait expliqué poliment qu’Amaury Leveaux ne passait jamais.

 

* Amaury Leveaux. Sexe, drogue et natation. Fayard (Paris).

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7 comments:

  1. lodewijk

    Merci pour l’article ! Quelques bricoles à corriger :
    – Jeux de Pékin en 2008 et pas 1988
    – Sébastien Loeb a fait sa carrière chez Citroën, pas Renault.

    1. admin *

      Merci, et rectifié. Mes lecteurs sont formidables! Ne le répétez pas à Leveaux, j’avais également confondu le Canada avec l’Afrique du Sud. Ah! Ces erreurs ne seraient pas passées si j’avais été relu par le comité de Fayard!

      1. lodewijk

        Peut-être que Fayard aurait mis à votre disposition quelqu’un qui ne connaît pas la natation pour prendre des notes pendant une conversation à bâtons rompus…comme cela a dû être le cas pour A. L. Mais même ainsi , il y a des choses difficiles à comprendre, comme cette « erreur » sur son temps du 100nl à Pékin. Cela reste son record ! Bref, sacré Amaury.

        1. lodewijk

          À mon tour de me prendre les pieds dans le tapis (de bain) : le record d’AL (47″76) a été réalisé en série du 4*100 et non en finale (47″91).

          1. admin *

            Sur le correcteur de Fayard à ma disposition, j’ironisais, bien sûr! Vu la « qualité de son texte à l’arrivée.
            En effet ce n’est pas son record personnel, en finale du relais. En fait son 47:91, c’est très loin d’être un mauvais temps, mais s’inventer un 47:48 qui n’existe que dans son imagination et le commenter élogieusement, c’est tout Leveaux. Et tout Leveaux consiste à se féliciter et à dénigrer les autres, ce qui est quand même trop facile!
            Ce qu’on appelle l’édition, l’editing pour faire dans le coup, consiste à corriger un texte. Sur le plan syntaxique et grammatical, Fayard a fait le boulot. Mais ils ont dû prendre pour vérités d’Evangile ses délires et approximations. Comme il prend des airs de spécialiste alors qu’il n’est qu’un hurluberlu…Quand il est dans le subjectif, comment répondre, même si quelques-uns savent qu’il est ridicule? Comment contrer ainsi son « témoignage » à la « Eyes Wide Shut »concernant une « chanteuse célèbre », nue, à quatre pattes, tenue en laisse par un baron des médias, dans une soirée de fous?… Mais quand ce qu’il raconte se cogne aux faits prouvés et mesurés, c’est là qu’on peut le prendre au piège et découvrir l’imposture que représentent ses affabulations. On ne peut pas jouer avec un score, avec une performance. En plus, parvenir à compiler quatre erreurs dans un quatre fois 100 mètres, une par nageur, et qui plus est par quelqu’un qui était dans le relais et qui entend commenter pour une chaîne de télé en contrat avec la FF Natation, on reste bouche bée.

  2. lodewijk

    J’avais bien compris votre ironie concernant le correcteur, pas d’inquiétude ! Et oui, effectivement, on reste bouche bée. Certains grands sportifs ne sont pas vraiment fins connaisseurs de leur propre sport, et même si l’on en a déjà eu maints exemples, c’est toujours décevant d’en avoir la confirmation.

    1. admin *

      Sur ce que j’ai pu entendre ces dernières années, c’est Alexandre Boyon journaliste et Sophie Kamoun technicienne. Mais si on me demandait mon avis, ce qui n’arrivera pas, j’essaierais Eric Boissière. Il est un des tous meilleurs entraîneurs français, possède une grande culture de natation, il part à la retraite d’entraîneur bientôt, et c’est un ancien journaliste qui phosphore bien avec une bonne capacité d’élocution. (Par curiosité, j’aimerais aussi savoir comment fonctionne Camille Lacourt, je trouve qu’il a de belles réparties – mais j’ignore s’il connait assez la natation). Et Agnel dans quelques années?

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