BUDAPEST: SOUS L’EFFET DE KATIE LEDECKY, QUI ENLÈVE LE 1500 MÈTRES, PUIS GAGNE LES DEMI-FINALES DU 200 MÈTRES, LE DEMI-FOND FÉMININ SE DÉSERTIFIE

Éric LAHMY

Mardi 25 Juillet 2017

1500 DAMES. Avec Katie LEDECKY dans la course, on s’inquiète seulement de savoir qui aura la médaille d’argent. Course passionnante, à savoir qui entourera l’Américaine sur le podium… Bon, bien sûr, si la demoiselle consent à battre le record du monde, cela fera une ligne de plus. Voilà ce que c’est de banaliser l’exploit…

Le retrait de Leah SMITH de l’épreuve a agacé les blogueurs qui ont mis le doigt sur « l’égoïsme » supposé de la nageuse qui aurait dû savoir à l’avance qu’elle ne nagerait pas le 1500 ce qui aurait permis à une autre américaine (Hannah MOORE, 16’8s68) d’être engagée. Bien entendu, ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Leah, engagée sur 200, 400, 800, 1500m, 400 quatre nages et quatre fois 200m) n’a pas pris seule cette décision ! Deux 1500 mètres à la suite auraient contrarié sa forme, notamment sa prestation sur 200 mètres, où elle s’est qualifiée ric et rac. Ce scénario l’a surprise pour pas mal de raisons : d’abord parce que les Américains ont opté dans leurs courses des trials aux finales directes… C’est la meilleure des façons de ne pas préparer les mondiaux ! A Indianapolis, où en outre, derrière LEDECKY, la deuxième place lui était acquise, le 1er juillet dernier, Leah SMITH n’avait eu à nager qu’un 1500 mètres pour se qualifier. Là, il y en a deux, et en outre, il fallait se qualifier sur 200 avant de se taper trente longueurs de bassin à fond la caisse en finale, dans l’espoir vain de ne pas voir disparaître les pieds de Katie LEDECKY loin devant elle.

Se trouvant tout à coup devant l’impossibilité de réussir à nager le 200 ET le 1500, elle s’est défait de la plus longue course. Je ne vois pas là égoïsme de la nageuse (qui abandonne une médaille presque sûre sur 1500 mètres) mais un très probable calcul d’entraîneurs qui préfèrent perdre une possible médaille sur 1500 (l’or étant assuré par LEDECKY) que risquer de faire perdre des chances au relais quatre fois 200 mètres.

Katie LEDECKY gagne donc, à sa manière, et comme elle ne connait pas la fatigue, avant de se qualifier en 1’54s69, meilleur temps des demi-finales. Elle ne s’est pas ménagée, et a dû s’offrir un sacré combat rapproché avec la hargneuse Emma McKEON, encore en tête de sa demi-finale à vingt mètres du mur d’arrivée. LEDECKY, 1’54s69 et MCKEON, 1’54s99, que suivait la Russe POPOVA, en 1’55s08, passaient sous les 1’55s, tandis que PELLEGRINI réglait au sprint HOSSZU, 1’55s58 contre 1’55s98, dans la seconde demi.

Comment LEDECKY a-t-elle pu ainsi garder l’énergie de la victoire une heure après avoir exécuté son 1500 en 15’31s82, à six secondes de son record mondial ? Peut-être est-ce seulement qu’elle ne s’employa guère trop dans ses trente longueurs.  Pourtant, elle laissa Mireia BELMONTE, 2e en 15’50s89, à 19 secondes. Une jeune Italienne, Simona QUADARELLA, accompagnait ces deux filles sous les 16 minutes (15’53s86). Disons cependant que, chronométriquement, la spécialité n’a pas trop évolué ces dernières années. En 2013, LEDECKY ne gagnait-elle pas, en 15’36s53, devant Lotte FRIIS, 15‘38s88,  et Lauren BOYLE, 15’44s71? Et deux ans plus tard, à Kazan, les quatre premières, LEDECKY, 15’25s48, Lauren BOYLE, 15’40s14, Boglarka KAPAS, 15’47s09 et Lotte FRIIS, 15’49s, n’avaient-elles pas réussi une performance collective supérieure aux médaillées de Budapest ?

Alors ? L’effet LEDECKY n’est-il pas de désertifier le demi-fond féminin, en raison de l’impossibilité vécue par toutes ces filles de l’emporter ?

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