CATE CAMPBELL, 50s25, RECORD DU MONDE PETIT BASSIN SUR 100 MÈTRES

PRINTEMPS AUSTRAL POUR CATHERINE CAMPBELL, AVEC RECORD DU MONDE PETIT BASSIN SUR 100 MÈTRES, 50s25

Éric LAHMY

Première des trois journées des championnats d’Australie, petit bassin (Hancock Propecting short course championships), qui se tiennent à Adelaïde, sud australien.  L’ancien record (pas si ancien, puisque vieux de deux mois et demi), avec 50s58, appartenait à Sarah SJÖSTRÖM.

On se souvient que la grande Suédoise, au meeting d’Eindhoven en petit bassin, le 11 août dernier, s’était offert, entre autres, deux records du monde, dont celui du 100 mètres, en 50s58. L’ancien datait du 3 août. À Moscou, toujours en meeting et toujours SJÖSTRÖM avait nagé la distance en 50s77. À Eindhoven, pour faire mieux, SJÖSTRÖM était passée en 24s49, deux centièmes plus vite qu’à Moscou, et avait terminé encore plus fort, en 26s09 contre 26s28. Pour l’emporter, SJÖSTRÖM avait dû se débarrasser de Ranomi KROMOWIDJOJO, laquelle avait signé un temps de 51s17 de toute beauté. Et la troisième de la course se trouvait être… Catherine CAMPBELL, en 51s75.

Hier, en conférence de presse, Campbell, qui masquait mal sa joie, se souvenait de cette course où la Suédoise l’avait laissée à une longueur de corps : « je nageais à ses côtés, et en respirant, je voyais ses pieds, et c’était assez démoralisant. Mais c’est en même temps très motivant, et j’étais très motivée pour revenir et donner cent pour cent à la natation – je ne suis pas finie dans ce sport. »  

Onze semaines plus tard, la grande Catherine, ayant, retour de Jeux olympiques vécus comme catastrophiques ou presque, achevé sa saison 2016-2017 semi-sabbatique (marquée par des présences aux championnats d’Australie et à divers meetings) est repartie du bon pied sur le sentier de naguère.

Car son grand retour commence fort : 50s25 au 100 mètres, record du monde en petit bassin, battu au cours de la première journée des championnats d’Australie (de printemps) en petit bassin, quand on songe qu’il y a trois mois le record du monde était de plus de 51 secondes…

Campbell est passée à mi-course en 24s21, soit 0s28 plus vite que Sjöström en août, et a terminé avec un tout petit peu plus de vitesse dans la seconde moitié de son effort (26s04 contre 26s09). Autant dire qu’elle a construit l’essentiel de la différence avec l’ancien record mondial dans le premier 50 mètres, sans le rien perdre dans le retour.

« C’est bon de nager vite, exultait Catherine. J’ai quelques semaines de bon entraînement derrière moi, à travailler très dur. C’est bon de voir que cela commence à payer. Par deux fois, je me suis rendue à l’entraînement en me disant, oh là là, le retour est dur. Mais le corps a de la mémoire, et comme je nage maintenant depuis longtemps, le fait de couper a sans doute été la meilleure chose que je n’ai jamais faite. Cela m’a rafraichie et redonné un amour pour ce sport, une nouvelle perspective. Je sui plus motivée que jamais pour les Jeux du Commonwealth. »

On ne se risquera pas à chercher une équivalence de ce temps avec le grand bassin ; les différences de dextérité entre les nageuses dans les virages et les coulées, voire les divergences de fonctionnement, pour une nageuse, entre telle et telle course, rendent très aléatoires, personnelles, incertaines et variables d’une course à l’autre les valeurs relative en grand et en petit bain. La seule chose qui est sure, c’est que ça a nagé vite: l’aînée des Campbell est en forme !

Pendant trois longueurs, elle a montré cette supériorité déconcertante, à la fois physique et technique, cette beauté de style, cette longueur de nage et cette précision du mouvement qui en font une des nageuses les plus esthétiques dans l’eau – même si, hors de l’élément liquide, sa taille et sa structure physique déconcertent un peu… Sa dernière longueur, en revanche, a été conduite à la cravache (seize attaques de bras contre huit dans la première longueur !).

Il ne faudrait pas commettre l’erreur de croire l’Australienne invincible au regard de cet exploit. Catherine Campbell détenait le record du monde du 100 mètres (grand bassin) en 52s06, quand elle se présenta aux Jeux de Rio, ce qui ne l’empêcha pas de se faire démolir en finale olympique, 6e en 53s24. Campbell est revenue au plus haut niveau, certes, mais il lui reste encore à démontrer que sa fragilité mentale, étalonnée par une série de contre-performances depuis les Jeux olympiques de 2008 ne lui jouera pas encore de vilains tours…

KYLE CHALMERS VAINQUEUR DU 100 METRES, PAS MAL POUR UN CARDIAQUE

…Neuf minutes après ce 100 mètres à retenir, où la « petite sœur » Bronte finissait une grosse longueur derrière, surpassant de peu Emma McKEON qui ne cesse d’achever et de parachever son passage du demi-fond au sprint (prolongé), se jouait le 100 masculin. Il était remporté par le champion olympique, Kyle CHALMERS, dans un temps anodin, en l’absence des autres ténors australiens de la distance, comme Cameron MCEVOY. Il s’agit quand même d’un beau résultat pour le jeune Chalmers, retour d’une délicate opération, en juin dernier, exigée par des ennuis cardiaques…

Sur 400 messieurs, on notait également une absence de marque, celle du champion olympique (et médaillé d’argent mondial) McKenzie HORTON. David McKEON l’emportait en menant de bout en bout. Temps quelconque.

200 dos dames, Emily SEEBOHM est redevenue solitaire. Il y a deux ans, le dos féminin australien était devenu probablement le premier du monde, avec Madison WILSON, Holly BARRATT, Hayley BAKER et des gamines de 14 à 16 ans comme Minna ATHERTON qui s’entrebattaient au niveau des records mondiaux juniors. L’époque semble révolue : SEEBOHM, seule pro australienne en dos, passe en 59s23, avec une longueur d’avance sur Sian WHITTAKER et toutes les autres loin. Après, elle conserve l’avance. Mais elle reste à trois secondes du « top » mondial (Katinka HOSSZU, 1’59s23 en décembre 2014 et elle-même, 1’59s49 en novembre 2015).

100 brasse dames : La Lituanienne Ruta MEILUTYTE  n’a que vingt ans, mais on a l’impression qu’elle a toujours été là. La championne olympique de Londres, en 2012, et du monde à Barcelone en 2013 ne domine plus aussi bien, et, sans que je puisse dire si c’est un souci d’ordre physiologique ou psychologique, elle ne sait toujours pas équilibrer son effort. Cela se voyait un peu quand elle gagnait, mais ça crève les yeux quand elle perd, confère sa finale perdue dans le 100 brasse des mondiaux de Kazan où elle est dévorée par le retour de la Russe EFIMOVA. Ici, après sa mise en action d’une efficacité inchangée, elle passe avec 50 centimètres d’avance sur Jessica HANSEN au premier virage, presqu’un mètre au deuxième, mais l’Australienne la devance d’un rien à la touche.

Le roi japonais du quatre nages mondial, Daya SETO, a dominé le 200 papillon, en tête de bout en bout, malgré un finish couci-couça, 15s13 dans les derniers vingt-cinq.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Kyle CHALMERS, 47s72 ; 2. Andrew ABOOD, 48s06.

400 libre : 1. David McKEON, 3’42s79 ; 2. Joshua PARISH, 3’44s25

50 dos : 1. Bobby HURLEY, 24s02.

50 brasse : 1. Grayson BELL, 27s03.

200 papillon : 1. Daya SETO, Japon, 1’51s60; 2. David MORGAN, 1’53s37; 3. Nicholas BROWN, 1’53s66.

DAMES.- 100 libre : 1. Catherine CAMPBELL, 50s25 (record du monde, ancien Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 50s58 ce 11 août 2017 ; record du Commonwealth, ancien C. Campbell, 50s91 le 27 novembre 2015) ; 2. Bronte CAMPBELL, 52s01 : 3. Emma McKEON, 52s25 ; 4. Shayna JACK, 53s17; 5. Brittany ELMSLIE, 53s29; 6. Madison WILSON, 53s56.

Temps de passage:

  1. Cate Campbell, 11s50, 24s21 (12s71), 37s20 (12s99), 50s25 (13s05).
  2. Bronte Campbell, 11s95, 25s03 (13s08), 38s51 (13s48), 52s01 (13s50).
  3. Emma MCKEON, 11s98, 25s31 (13s33), 38s93 (13s62), 52s25 (13s32).

800 libre : 1. Jessica ASHWOOD, 8’20s41; 2. Kiah MELVERTON, 8’21s49; 3. Madeleine GOUGH, 8’23s86

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, 2’2s72; 2. Sian WHITTAKER, 2’5s05.

100 brasse : 1. Jessica HANSEN, 1’5s61; 2. Ruta MEILUTYTE, Lituanie, 1’5s69.  

50 papillon : 1. Cate CAMPBELL, 25s56; 2. Emma McKEON, 26s14

400 4 nages : 1. Blair EVANS, 4’29s20; 2. Émily SEEBOHM, 4’33s65; 3. Barbora ZAVADOVA, Tchécoslovaquie, 4’33s78

 

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