Catégorie : Billet

LE SPORT, L’ENNUI ET LA DISCIPLINE

Éric LAHMY

Jeudi 2 Novembre 2017

David Owen, dans le blog Inside the Games, a réservé sa dernière chronique (datée de mercredi 1er novembre) au champion du monde français du décathlon Kevin Meyer. Elle commence fort : « je n’avais jamais pensé que l’ennui puisse emmener un individu jusqu’à devenir le meilleur athlète complet de la planète. Et puis j’ai rencontré Kevin Meyer. »

Pour quelqu’un qui, comme moi, a toujours (enfin, depuis l’âge de vingt-cinq ans) estimé que l’ennui pouvait jouer un rôle non négligeable dans la carrière d’un champion, ces paroles étaient dignes de m’intriguer. Comment Owen, un journaliste expérimenté qui, après vingt années au Financial Times, écrit depuis des lustres  sur le sport, pouvait-il ignorer la relation intime entre l’ennui et la réussite sportive ?

Mais la preuve que des phrases peuvent prendre des significations différentes et méritent souvent d’être éclaircies, Owen, immédiatement après, donnait la clé du sens donné au terme ennui, en laissant la parole à Meyer : « j’ai pratiqué une quantité de sports, tennis, rugby, natation. Je me suis toujours ennuyé à l’entraînement. Quand je m’essayai en athlétisme, et que, chaque jour, nous travaillions une autre épreuve, je fus accroché parce que ce n’était jamais répétitif. »

L’ennui auquel je me réfère est différent de celui-ci. C’est ce type d’ennui qui fait que les grands champions sportifs, surtout dans des sports répétitifs comme la natation, sont si rarement issus de grandes villes. J’ai toujours pensé que Paris n’était pas le lieu idéal pour abriter un futur champion, il y a trop de distractions pour un jeune dans une capitale. En revanche, dans un patelin où il n’y a rien à faire…

J’étais encore étudiant quand je rencontrais John Konrads. L’Australien avait été le meilleur nageur du monde et détint à deux reprises, en 1958 et en 1960, les records du monde des 200, 400 et 1500 mètres. Il n’avait pas trente ans quand, travaillant en France, il était venu voir les nageurs universitaires qui s’entraînaient au centre Bullier, à Port-Royal, et je devais être assez au courant, déjà, à l’époque, des exploits des nageurs de son pays. Je dus lui demander pourquoi l’Australie régnait-elle sur la natation. Sa réponse ? « Mais c’est parce qu’il n’y a rien à faire dans ce pays. Les jeunes Australiens s’ennuient, et donc font beaucoup de sport. »

Le point soulevé par Konrads n’est pas faux. Si des tas d’activités encombrent vos journées, il ne vous restera jamais assez de temps pour vous investir dans une action nécessitant beaucoup de temps et un suivi comme, par exemple la natation. Dans le cas de Konrads, cette explication était fondamentale, et on le vit quand, étudiant à Los Angeles, ses performances s’en ressentirent. Alors qu’un Murray Rose, voire, dans une certaine mesure, un Tsuyoshi Yamanaka, dans les mêmes conditions, continuèrent de progresser et de se maintenir au sommet de la natation, Konrads disparut des radars. Et de raconter avec humour : « les Californiennes ont eu raison de ma carrière. »

Donc s’il est vrai que le rôle de l’ennui est fondamental dans la réussite sportive, celui de la discipline l’est autant.

BILLET: LA VIE DE COUPLE A UN BEL AVENIR

Mercredi 21 septembre 2016

Depuis qu’Angelina Jolie a demandé le divorce, je ne dors plus. Mais il parait que je doive me rassurer. Le vrai couple star reste uni: Francis Luyce et Jacques Favre ne se sépareront pas, eux. Le président va garder son directeur technique tout contre lui. Ça fait chaud au cœur. Et puis nul besoin de se préoccuper de la garde des enfants. En revanche, on va écarter Romain Barnier.

On comprend le choix de Luyce. Qu’a rapporté Barnier en tant que manager de Marseille depuis quelques années ? Trois ou quatre relais champions du monde, la gestion de Florent Manaudou, de Fabien Gilot, de Camille Lacourt, de Clément Mignon, de Mehdy Metella, de Bousquet et de quelques dizaines d’autres. C’est tout juste s’il a géré quelques champions olympiques, du monde et d’Europe, voire des Etats-Unis, ou attiré dans son club des nageurs d’Afrique du Sud, des Pays-Bas, du Venezuela, de Suisse, d’Algérie, de Tunisie,  et de je ne sais combien d’autres pays au monde. Il a mis Marseille sur la carte de la natation mondiale, d’accord, mais qui s’en fiche. Bref il n’a vraiment pas fait grand’ chose pour son sport et son équipe, et on pourra le virer sans aucun état d’âme. Dehors l’usurpateur !

Ah ! Favre, en revanche, une sacrée pointure. C’est un apôtre du jugaad, il a lancé Gavroche, les Lucioles, autant d’opérations auxquelles nous ne comprenons rien non pas parce qu’il n’y a rien à comprendre mais parce qu’elles sont très au-dessus  de nos compétences ; il survole vraiment, tellement d’ailleurs qu’il n’a aucun plan d’avenir, il n’en a pas besoin, il ne sait pas ce qu’il va faire, nous non plus, mais il est trop fort pour s’abaisser à ça ; il a émis des minima abscons pour Rio qui se sont effondrés, et qu’il a repris en sens inverse pour sélectionner n’importe qui ; il a laissé en venir aux mains deux de ses adjoints, dans son bureau, en sa présence, ou encore deux entraîneurs dans des lignes d’eau à Marseille, et encore s’échauffer des nageurs de relais tout cela sans rien dire; bref on a senti sa poigne c’est un vrai chef dans la ligne (brisée) de ce qui plait à Luyce, grand connaisseur d’hommes et de femmes, qui donc lui fait confiance à juste titre et qui, avant le départ pour les Jeux, avait déclaré sa « fierté » d’avoir choisi ce DTN que le monde allait nous envier, contre l’avis unanime de son bureau directeur de la Fédération, qui ne voyait en Favre qu’un usurpateur. Honte au bureau et bravo président.

Aujourd’hui, 21 septembre, a eu lieu en petit comité le premier debriefing de cette perle de DTN avec son « équipe rapprochée. » On sent que ça va voler haut et que des solutions inoxydables vont sortir de ces réflexions.

Moi je vous le dis. On va se régaler…

Éric LAHMY

 P.S. : Des personnes de la natation vont s’étonner de cette défense de Romain Barnier. Mais s’il a eu un comportement qui en a agacé quelques-uns, en frictionnant les oreilles d’un ancien champion olympique, et en jouant plus la carte Marseille que celle de l’équipe de France, je prétends que la faute en incombe au DTN. Je préfère quelqu’un de pas toujours facile mais concret et qui réalise comme Barnier… A part trois mots malheureux, que peut-on lui reprocher ?

COULÉ DANS LE BRONZE

BILLET

Mercredi 31 Août 2016

Les réactions des uns et des autres concernant le dopage et les « dopés » sont presque toujours soupçonneuses, pleines de colère et désenchantées. En voici une qui déconcerte parce qu’elle donne un son inaccoutumé. Ce n’est peut-être qu’une anecdote, mais elle  suggère une générosité dont nous ne sommes pas accoutumés.

Un lutteur indien, Yogeshwar Dutt, 60kg, avait enlevé une médaillé de bronze olympique à Londres. Après quatre ans, ne voilà-t-il pas le bronze devenir argent, les échantillons prélevés sur Besik Kudukhov, un Russe qui avait enlevé l’argent dans cette compétition, ayant révélé qu’il était dopé ? Ayant confirmé l’information, Yogeshwar a fait savoir qu’il désirait que la médaille d’argent reste en possession de la famille de Kudukhov.

Pourquoi la famille ? Dans l’année qui suivit les Jeux, Kudukhov, double médaille olympique et quadruple champion du monde, se tua dans un accident de voiture. Dutt a expliqué qu’il ne voulait pas de cette médaille d’argent. Il souhaite qu’elle reste ou soit rendue à la famille de Kudukhov « en signe de respect. » La compassion, a-t-il expliqué, lui parait être plus essentielle que la couleur d’une médaille. « J’ai été attristé d’apprendre ce contrôle positif. Kudukhov était un athlète extraordinaire dont je garde un bon souvenir. » On ne saurait affirmer que sa réaction eut été aussi généreuse face à un Kudukhov vivant, mais plus or qu’argent ou bronze, l’esprit chevaleresque de ce lutteur indien se révèle d’un métal inaliénable. Eric LAHMY

L’IDIOT DU VILLAGE OLYMPIQUE

Billet

La variété de la vie aquatique est étonnante. Nagent ainsi dans les océans des champions de l’intelligence, tels les cétacés, et les lamellibranches les plus obtus. Il en va de même dans les piscines.

Depuis plusieurs années maintenant, un flux d’infos en provenance des USA laissait supposer que Ryan Lochte, nageur d’exception, souffrait par ailleurs de certaines lacunes au plan du développement cérébral. Dans les milieux où l’on s’efforce de penser, aux USA – pays de Donald Trump, ne l’oublions pas -, on estime son quotient intellectuel, s’il pouvait s’inscrire, comme sur un thermomètre, en degrés, du côté de moins 273 : le zéro absolu. Ce qui ne parait pas l’empêcher d’être « hot », à preuve ses succès de télé-réalité. Sa théorie et sa pratique du mauvais goût ont permis à ce beau gosse mal fini quelque part de se classer, dans le monde insolite de la télé réalité, presque au niveau des sœurs Kardashian, ce qui situe la pointure du personnage.

Ses arguments, il est vrai, ne manquent pas. L’homme dispose de 130 paires de chaussures, dont sa préférée, a-t-il confié à John Mc Enroe, une horreur vert néon qui dit « Ryan » sur une semelle et « Lochte » sur l’autre. Les leit motiv qu’il éructe « houh, houh, yeah » forment une partie essentielle de son vocabulaire. [Un dictionnaire Ryan Lochte – Phiippe Lucas serait en préparation, long d’un quart de page]. Lochte, apologue de l’outrance et du mauvais goût, a martelé son souhait d’être la première personne à uriner dans la piscine du Mémorial Lincoln, à Washington. Cela, et quelques autres provocs, sont les signes de ce qu’il appelle son originalité. En 2012 ayant enlevé le 400 mètres quatre nages, il entendait monter sur le podium en ayant plaqué sur son sourire un dentier incrusté de diamants représentant un drapeau américain. Les dirigeants US l’incitèrent à recracher cette marque incisive de patriotisme sous prétexte qu’elle ne faisait pas partie de l’uniforme officiel de l’équipe nationale.

Régulièrement traité de « douchebag » –  appareillage utilisé pour la toilette intime féminine, mais qui, par métaphore signifie quelque chose comme blaireau ou connard -, ce débile léger, comme cela arrive parfois, paraît comme frôlé par l’aile du génie, par exemple quand il a prétendu être, je cite, « le Michael Phelps de la natation. » Mais il a fait fort pour son image, celle de son équipe et de son pays, avec cette troisième mi-temps de Rio de Janeiro où, dans une virée alcoolisée avec des potes de l’équipe US, Jimmy Feigen, 25ans, Jack Conger, 21 ans, et Gunnar Bentz, 20 ans, notre énergumène de 32 ans a participé à un relais des pissotières, détruit la porte des toilettes d’une station service, cherché querelle à l’employé qui entendait faire payer les dégâts et a fini par les tenir en joue, l’arme au poing ; enfin, il a prétendu avoir été attaqué par de faux policiers qui cherchaient à le détrousser.

Ayant réussi à quitter le Brésil avant que la justice ne réagisse, il devrait sortir indemne de l’aventure, selon certains observateurs, en raison surtout de sa teinte de peau. Un Lochte noir, aux States, aurait été médiatiquement lynché. Blanc, il sera lavé de tout soupçon. Nous laisserons la morale de cette histoire à Marina Hyde, chroniqueuse du Guardian, qui épiloguait au sujet de ce Phelps de la bêtise incarnée : « parce qu’avec ses plus jeunes compagnons de virée, il jouit du privilège du blanc, nous savons maintenant que Ryan va sortir indemne de cette histoire. Les commentateurs outragés qui tentent de lever un gant contre lui en seront pour leur peine. Avant de partir à Rio, Lochte exposait ses intentions : être célèbre ; être un styliste ; être un mannequin ; être une star de la télévision. Aucune de ces activités ne souffrira de ses méfaits au Brésil. Le premier monde civilisé n’est-il pas le lieu où d’innombrables idiots professionnels disposent de shows télévisés voués au spectacle des allers et retours de leur vie privée? Si je comprends bien, c’est ce qui nous différencie de l’animal. »

INTERDITS D’EMOTION

Cet été j’ai vu « The Shallows », un film dans lequel une surfeuse est attaquée par un requin qui est aux vrais requins  ce que Teddy Riner est à Mimi Mathy. Je ne crois pas qu’il passerait le contrôle antidopage, sauf au laboratoire de Moscou (le requin, pas Teddy Riner) !

Là-dessus, j’ai lu un article de Sciences et Avenir expliquant que de tels films sont nuisibles à la réputation des requins dont la population baisse dangereusement. Si vous me connaissez, vous ne vous étonnerez pas si j’ai immédiatement publié un commentaire de lecteur attirant l’attention sur un fait également très grave : le film « Jurassic World » a causé un tort considérable aux tyrannosaures qui ont de ce fait carrément disparu de la terre. Je me suis permis d’ajouter qu’à mon avis, ce n’était pas des films d’aventure outrageux qui faisaient du tort aux requins, mais bel et bien la consommation de soupes aux ailerons de requins dans le pays le plus peuplé du monde.
Je regrette de n’avoir pas insisté sur les cas dramatiques d’ « Alien » et de « Predator », dont le crédit s’est effondré au point que tous deux n’osent plus se présenter chez nous (pas une mauvaise chose). Mais je m’éloigne de mon sujet. Lequel est-il d’ailleurs ?

Oui, c’est cette propension générale de faire jaillir des sujets de morale à partir de prétextes erronés : ici, c’est un film préjudiciable à la réputation des requins, qui sont en fait des gentlemen des mers ; là, ce printemps, c’était un chanteur, Renaud, qui en accusait un autre, Jean-Jacques Goldman, de ne pas s’engager ; hier, c’était un entraîneur qui faisait les gros yeux à un nageur lequel, devenu commentateur, ne se contentait pas de fonctionner en ancien champion, et refusait la langue de bois ; je n’ai pas trop compris non plus pourquoi certains media tentent de ridiculiser tel Florent Manaudou ou Renaud Lavillénie parce qu’ils exprimaient leurs émotions. Ce sont des jeunes gens remarquables, qui voulaient tant gagner, qu’ils attendront un peu pour se satisfaire de l’argent. Moi je trouve qu’il nous en faudrait plus, des comme ça, cela me parait aussi louable de pleurer sur une médaille que de se satisfaire de son élimination en série.

Cela me rappelle une anecdote racontée par la tenniswoman Billie Jean King, qui évoquait le tempérament de gagneurs des Australiens. La bande était reçue par un joueur qui a présenté des amuse-gueules dans un joli plateau d’argent. « C’est quoi », lui a demandé quelqu’un ? « C’est ce que j’ai reçu pour avoir fini deuxième de tel tournoi », répond le gars. Et, raconte Billie Jean, écoutant cela, tous les joueurs présents entourèrent le bel objet et… pissèrent dedans en chahutant : « pas de trophées pour les deuxièmes. »  Un peu Australiens, Manaudou et Lavillénie ?

Eric LAHMY

MON ÉPOQUE POKÉMON

Eric LAHMY

Mercredi 17 août 2016

Je me trouvais le mois denier à Montréal quand la chasse aux Pokémon a été lancée. Je puis vous confirmer que ça été une affaire planétaire. Toute une jeunesse sur les dents ! Je ne comprenais pas plus que la ministre française Laurence Rossignol condamnée pour crise de lèse jeunesse par tous les beaux intellectuels qui abondent sur les réseaux sociaux, sans parler de la démagogie médiatique réunie, pour avoir dit une chose peut-être discutable, mais sensée. Comme j’ai un fils qui, tabernacle, se lançait dans la chasse, j’ai essayé de saisir les enjeux. Il m’a dit que cette épidémie touchait les gens de son âge (21 ans) parce qu’enfants à l’ère des Pokémon. Pour lui, cela  relevait de la nostalgie. A son avis, il y avait plusieurs avantages dans ce truc. Un, cela faisait sortir les jeunes plutôt que de rester enfermés devant leur écran ; deux ils se reconnaissaient dans la rue à leur comportement, et se mettaient à converser, à se filer des tuyaux.

En réfléchissant, je me suis dit que mon époque Pokémon, je l’ai vécue aussi, mais bien entendu avec un autre véhicule. C’était le journal de Spirou ! Entre mes dix et vingt ans, cet hebdomadaire belge a représenté un intérêt qui pouvait frôler le fanatisme. Dans Spirou, je me passionnais surtout pour les aventures de Buck Danny, un as de l’aviation, et mon meilleur ami, pour celles de Spirou et Fantasio (et Spip, et le Marsupilami, et le comte de Champignac.)… Je ne sais pas si c’était plus « culturel » que les Pokémon, sans doute quand même. D’abord mon ami, Georges Mifsud, est devenu professeur de dessin et aussi un sacrément bon caricaturiste ! Moi, ça m’a apporté un jour ma meilleure note en histoire, parce que j’avais lu dans une série du journal, Les Belles Histoires de l’Oncle Paul, une biographie d’Hannibal qui dépassait largement la leçon du livre d’histoire. Hannibal a fait fort dans mon devoir. Pour le reste, difficile à dire, mais encore aujourd’hui je vous donnerai par cœur les titres des 20 ou 25 premiers albums de Buck Danny et le nombre exact de vignettes dans chacun des dits albums. Bref, j’étais fada, t ce côté s’est déplacé vers mes fantasmes aquatiques. Aussi je ne vais pas trop me mouiller pour conspuer la dérive mentale de la manie Pokémon. Ma liste de nageurs préférés, dans le genre, se compare aisément à celle des 718 Pokémon des sept générations successives !

SILENCE LES NAGEURS

LES DOPÉS ONT PASSÉ LEUR BACH!

Eric LAHMY

Mardi 9 août 2016

Tiens, on n’entend pas les dirigeants internationaux. Enfin, pas trop. La grande embrassade de Cornel Marculescu venu à la rescousse de Sun Yang en se jetant dans ses bras après la victoire du chinois sdans le 200 mètres des Jeux olympiques de Rio est une façon de s’exprimer clairement.

De vous à moi, il me vient à l’esprit que Marculescu aurait pu se shooter pendant sa carrière, mais bon ce n’est qu’une idée. Voilà pour le directeur de la FINA. Le mois dernier, Cesar Maglione, l’antiquité qui préside la Fédération avait estimé que les auteurs du rapport de l’association mondiale anti-dopage accablant la Russie avaient outrepassé leurs droits en publiant leurs découvertes. C’était, expliquait-il, au mouvement olympique (CIO plus Fédérations internationales) de régler cette affaire (dans la discrétion qui s’impose)… Le CIO, c’est Thomas Bach, et ça ne respire pas la transparence… D’aucuns pensent d’ailleurs que régler signifie « enterrer » en l’occurrence, mais ce sont de mauvais esprits.

Parmi ces mauvais esprits, des gens comme Camille Lacourt, Michael Phelps, Lilly King, Mackenzie Horton (soutenu par son comité olympique). Alors, comme dirait Maglione, est-ce à eux de s’élever ainsi ? La réponse est (certes vous pouvez penser autrement) définitivement oui, à mes yeux. Parce que, comme Craig Lord ne cesse de le marteler semaine après semaine depuis des années, ayant pris ainsi le relais de Nick Thierry et de Karine Helmstaedt, la coupe déborde. Cela fait maintenant quarante-cinq ans que le lourd dopage d’Etat a fait son entrée dans la natation de compétition.

Presqu’un demi-siècle!, que la RDA, la Russie, de nombreuses nations de l’Est, la Chine et d’autres ont dopé leurs nageurs, ont remporté des tas de médailles, et, découverts ou pas, n’ont jamais été inquiétés, jamais officiellement remis en cause. Relisez les palmarès mondiaux et olympiques. Des nageurs convaincus de dopage, disposant des dossiers aussi sulfureux qu’incontestables, sont toujours là, par dizaines. Ils ou elles ont nagé dans les années 70, 80, 90, 2000, nous sommes en 2010 et les voyous cyniques se renouvellent, sont toujours là, la FINA enterre les dossiers, cède devant leurs exigences, les défend de façon opiniâtre, les soutient, les applaudit. La FINA a gravement échoué. Parce que ses priorité ne sont pas dans une exigence de sport propre.

Je sais. Le dopage n’a pas été seulement l’affaire des nations que je viens de désigner. Il a été pratiqué ailleurs. Chez nous. Dans tous les pays. La tentation du dopage est généralisée et on estime qu’un million de jeunes (culturistes, athlètes, joueurs professionnels, sans parler de ceux qui cherchent un plus dans leur vie sexuelle) utilisent des stéroïdes anabolisants aux USA. Je ne vais pas vous parler du cyclisme, quand même. L’athlétisme est lourdement touché par le mal. La natation non. Sans doute parce que le sport s’adresse à de très jeunes pratiquants, que leur dopage serait désastreux et que les parents ne les entraîneraient plus dans les piscines. Dans nos pays, le dopage a été énergiquement combattu. En Russie, il reste prévalent, et demeure vigoureux en Chine. L’Espagne a connu des jours sombres… Ceux qui sont contraints à rester propres veulent au moins se trouver à égalité de chances.

Le match est serré. Le sort du sport en est l’enjeu.

LE « SCANDALE » DU WATER-POLO, C’EST BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN !

Éric LAMY

Samedi 16 Avril 2016

Ayant battu les poloïstes français dans le cadre des sélections olympiques, les Canadiens, dans un premier temps satisfaits, hurlent maintenant  au voleur. Ils estiment que notre équipe a fait exprès de perdre ce match dans le but de rencontrer une équipe qui leur convenait mieux que celle qu’ils auraient dû affronter en tant que vainqueurs.

Au moment de leur rencontre, le 8 avril, Canadiens et Français étaient assurés de jouer en demi-finale. Leur match devait seulement déterminer l’identité de leur adversaire suivant. Le vaincu affronterait les Pays-Bas, le vainqueur l’Espagne. C’est ainsi que le lendemain la France se qualifia en abattant les Pays-Bas et que l’Espagne réduisit à néant les possibilités de qualifications des joueurs à la feuille d’érable.

Après coup, en y réfléchissant, les Nord-Américains furent pris du soupçon qu’ils s’étaient fait manœuvrer par plus malins, et qu’en perdant volontairement un match de poule, les Coqs l’avaient joué fine.

Au départ de ce mouvement pétitionnaire ayant ramassé des milliers de signatures, David Hart, 64 ans, un joueur et coach retraité de water-polo. Sélectionné olympique dans les équipe canadiennes entre 1976 et 1984, coach assistant de l’équipe féminine de son pays en 2000, ce brave garçon, ulcéré de voir son pays écarté des Jeux crie vengeance. Les Français ont laissé filer le match, c’est antisportif, ils ne doivent pas partir à Rio, dit-il.

Même si la FINA, dont le Directeur n’est autre qu’un ancien poloïste, M. Marculescu, qui n’en est pas à une roublardise près, a annoncé une enquête, on voit mal à quoi elle aboutirait. Tout le monde sait bien que pas une équipe n’ignore la composition de son tableau et ne suppute les rencontres suivantes en fonction du résultat du match en cours. Cette connaissance fait partie du jeu exactement comme un joueur d’échec prend le risque de perdre un pion pour prendre la reine de l’adversaire, etc.

Un précédent a été invoqué pour soutenir la demande d’Hart, celle de trois équipes asiatiques de badminton, Corée, Chine, Indonésie aux Jeux de Londres, en 2012, mais il ne tient certes pas la route. C’est la façon ostentatoire dont ces doublettes de badminton perdirent qui leur valut de copieux sifflets d’un public qui avait d’ailleurs payé fort cher les places sur les travées, puis la réprobation des télés qui avaient déboursé des millions pour retransmettre le spectacle affligeant de demoiselles qui faisaient exprès d’envoyer le volant dans le décor, enfin la réaction du CIO. Ces filles mal inspirées ne pouvaient par cette façon un peu idiote, disons-le, de déjouer, que s’attirer une sanction exemplaire.

LE PRÉCÉDENT DES HANDBALLEURS

Les poloïstes français ne se sont pas laissé, semble-t-il, compromettre dans une telle situation. Ont-ils laissé filer ? Ou se sont-ils abstenus de se placer avant le match dans une situation de « do or die » parce qu’il n’était pas essentiel de gagner ? Tout est dans le comportement, dans l’apparence.

Il est insolite d’entendre un coach canadien s’insurger au sujet d’un match perdu par son équipe, mais surtout cela semble être un mouvement désespéré, et voué à l’échec. Comme le souligne très justement Clémentine Blondet dans L’Equipe, « il n’y a pas de règle écrite obligeant une équipe à faire tout son possible pour gagner une rencontre. » On pourrait même ajouter qu’il est impossible de vérifier qu’une telle obligation a été respectée… Comment dire qu’un échec est dû à une contre-performance plutôt qu’à une décision volontaire de perdre ?

En fait le douteux précédent qui pourrait être invoqué en l’occurrence serait plutôt celui des handballeurs français qui avaient perdu volontairement un match alors que leurs emblématiques joueurs avaient fait parier leurs conjoints de fortes sommes… sur leur défaite ! On n’en est pas là avec nos poloïstes.

PERDRE PEUT ÊTRE BON POUR LA SANTÉ : L’HISTOIRE DE LITTLES ET TILLMAN

L’histoire des joyeux perdants dont je ne saurais dire si nos chers poloïstes sont, est moins exaltante que celle des vainqueurs, mais parfois beaucoup plus amusante! Je ne vous en raconterai qu’une, mais c’est de loin la meilleure. Elle concerne la boxe. Le 20 avril 1984, dans le tournoi des National Golden Gloves, sorte de championnat des Etats-Unis de boxe amateur, le tableau de 32 combattants des poids lourds de 200 livres (91kg)était réduit après quatre journées à quatre demi-finalistes (donc deux combats). L’un des deux vainqueurs de ces demis, Jonathan Littles, ayant éliminé son adversaire, Henry Tillman, aux points, crut bon de se livrer sur le ring à des manifestations de joie d’une bruyante exubérance. Le vaincu, Tillman s’approcha de Littles et lui dit alors : « veux-tu cesser de fanfaronner? Tu crois que tu as gagné parce que tu es le plus fort ? Non, tu as gagné parce que tu est un c.. et que je t’ai laissé gagner. Et tu sais pourquoi ? C’est parce que demain, c’est toi qui vas rencontrer ce gorille en finale. »

Et il désigna le gorille en question, Mike Tyson, qui venait de punir Richard Johnson dans l’autre demi-finale. Le lendemain, Littles, fut mis K.-O., et prit une telle raclée qu’il ne fut plus jamais le même homme. Tillman, lui, devint champion olympique des lourds la même année, disputa trois ans plus tard un championnat du monde professionnel contre Evander Holyfield et… fut finalement mis K.-O. par Tyson, en un round, en 1990, sans faire semblant cette fois, mais pour quelques millions de dollars!

Doit-on préciser que Littles n’a jamais protesté de la défaite volontaire de Tillman aux Golden Gloves?

WATER-POLO: TRISTES VAINQUEURS ET HEUREUX PERDANTS

Samedi 16 Avril 2016

AYANT BATTU LES POLOÏSTES FRANÇAIS DANS LE CADRE DES SELECTIONS OLYMPIQUES, LES CANADIENS, DANS UN PREMIER TEMPS SATISFAITS, HURLENT MAINTENANT  AU VOLEUR. ILS ESTIMENT QUE NOTRE EQUIPE A FAIT EXPRES DE PERDRE CE MATCH DANS LE BUT DE RENCONTRER UNE EQUIPE QUI LEUR CONVENAIT MIEUX QUE CELLE QU’ILS AURAIENT DU AFFRONTER EN TANT VAINQUEURS.

Germaine NECKER

Dans tous les sports d’équipe avec des poules de qualification, c’est le même débat à l’issue du 1er tour ou de la fin de chaque tour. Il paraîtrait même, dans les sports d’équipe que des classements de fin de championnats pourraient être influencés par la tournure du jeu d’une équipe en faveur ou en défaveur d’une autre ! Vous aviez entendu parler de ça ? Si j’ai bien tout compris on pourrait donc commencer un match en connaissant les conséquences d’une victoire ou d’une défaite sur la suite de la compétition et en ayant une idée derrière la tête. Je crains que l’on ait du mal à faire passer ça au rang des grandes découvertes du XXI ème siècle. Il y a toujours une équipe insatisfaite de son sort, et des doutes émis sur la glorieuse incertitude du sport. Nous avons les heureux gagnants, les tristes perdants, c’est dans la logique des choses, mais nous aurions aussi les tristes gagnants et les heureux perdants! Je ne suis pas assez expert dans les subtilités du jeu de water-polo pour émettre un avis. Juste triste de cette controverse alimentée a posteriori. Y a t-il eu des remarques émises pendant le match par les officiels canadiens? A la fin du match? Ou un rapport à la fin du match par les arbitres ou le comité technique? Je sais le milieu du water-polo assez chaud-bouillant pour réagir immédiatement pendant et juste après un match. Quand je dis « milieu », je parle bien entendu de la grande famille du water-polo. Toute connotation autre au mot « milieu » … pourrait être volontaire. Le match s’est terminé. Le match a été validé. Et le tournoi olympique qui en découle annoncé. Je ne pense pas qu’il y ait eu, tous sports collectifs confondus, de match annulé ou au résultat revu et corrigé après la fin d’un tournoi. Encore faudrait-il que les règles qui régissent ce sport aient prévu le cas et mis en place les moyens de se prémunir de l’éventualité d’une attitude de jeu permettant de perdre sciemment un match. Wait & See. Et dans cette attente nous vivons dans un monde formidable. Germaine Necker.

SCANDAL IN PROGRESS, ou PETITS ARRANGEMENTS ENTRE AMIS

COMMENT MARSEILLE FAIT TOMBER

THOMAS DAHLIA DANS LE PHOCÉE

 

LA FAÇON DE ZAPPER THOMAS DAHLIA, 2e du 100 METRES BRASSE, EN FAVEUR DE PEREZ DORTONA, EST-ELLE UN SIGNE QUE LES SELECTIONS DE JACQUES FAVRE NE SONT QU’UNE SOUPE AU PISTON MARSEILLAISE

Par Majat

Dimanche 10 Avril 2016

La DTN, avant même le début des championnats de France, avait imaginé son équipe-type à  emmener aux Jeux Olympiques.

Et celle-ci, telle que prévu, se dessine.

Toute l’équipe ?, non.

Que se passe-t-il avec le relais quatre fois 100 mètres quatre nages ? Sur le papier, pour la brasse, Giacomo Perez Dortona se qualifiait et l’affaire était réglée.

Patatras, GPD est 3e de la finale du 100 brasse.

S’il avait été 2e, on se serait arrangé et les 2 premiers, deux Marseillais, seraient partis pour nager le relais, on se serait mis d’accord  pour savoir qui aurait nagé quoi, série et finale.

Oui, mais voilà, Thomas Dahlia, dans le même stress que GPD, le bat et est 2e du 100 brasse.

Alors là, ça ne va plus, ça n’entre pas dans les plans, ça !!!

Comment faire maintenant pour shunter Thomas Dahlia ?

Eh bien la solution a été  trouvée. 

GPD est qualifié sur le 50 brasse aux Europe. Il va nager aussi le 100.

Si les quotas ne sont pas ouverts sur une course, personne ne peut s’inscrire sur cette course.

Mais qu’à cela ne tienne, il suffira qu’il fasse le temps FINA et il ira aux Jeux Olympiques.

Vous me direz, et Thomas Dahlia, 2e mais éliminé au profit du 3e?

N’est-ce pas un scandale?

Je reprends les mots de M. Favre « chacun des sélectionnés a gagné le droit d’aller vivre l’aventure olympique »

Qui a gagné  le droit d’aller vivre l’aventure olympique Thomas Dahlia, 2e, ou Giacomo Perez Dortona, 3e ?