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MIRACLE À LA FFN : LES SIX QUALIFIÉS SE RETROUVENT A VINGT-HUIT !

Six nageurs avaient réussis les minima olympiques à Montpellier. Ils sont 28 à disposer d’un billet pour Rio. Ce miracle, authentifié par le Saint-Père Francis Luyce, a été réalisé par l’apôtre Jacques Favre devant une assemblée cardinale. Six jours plus tôt, on aurait pu croire à un poisson d’avril. Mais là… On est prié d’applaudir !

Par Germaine NECKER

7 avril 2016

La FFN s’était mise dans la panade la plus totale avec des temps de qualification très durs, certes très utiles et même indispensables à la quête légitime de médailles, voire de places en finale.

Annoncés en début de saison les critères avaient été pris avec un extrême sérieux par les nageurs, nageuses et entraîneurs ainsi que par leur entourage. Résultat, avec seulement 6 qualifiés directs au sortir des championnats de France, « ils » sont obligés d’augmenter la liste des qualifiés en faisant appel aux critères qui étaient prévus pour compléter la sélection directe.

La sélection se fait donc au pourcentage le plus proche du temps demandé, version fédérale du jeu de cour d’école « au plus près du mur » que les moins de 50 ans n’ont pas connu. Et, pour les nécessités des relais ayant des chances de médailles chez les hommes en préservant si possible les meilleurs dans la réalisation des programmes individuels.

Et là, quand tu commences avec ces paramètres, ce n’est jamais très simple de s’en sortir sans polémique, quand on constate le très faible niveau international de certains athlètes retenus pour ce rendez-vous olympique.

De plus, comment justifier la politique fédérale et de la DTN avec 6 qualifiés seulement après 6 jours de compétitions à Montpellier? Et justifier également la liste des dirigeants élus (ou des familles d’élus) invités, hors les un ou deux qui sont directement en fonction utile au sein de l’équipe, et qui n’auront pas besoin eux de réaliser le moindre minimum ?

Comment justifier aussi le niveau d’encadrement technique indispensable au fonctionnement d’un collectif élite lors d’un événement majeur et dont le nombre d’accréditations possibles est directement lié au nombre d’athlètes engagés ? A ce niveau par exemple il est indispensable que les meilleurs bénéficient de leur entraîneur habituel.

Comment faire face à la pression des élus par ailleurs aussi électeurs, du CNOSF, du ministère, du public et des journalistes dans un sport devenu populaire ? Claude Fauquet faisait face à ces aléas avec conviction, panache et bravade. Aujourd’hui…

Francis Luyce, Président de la Fédération Française de Natation et Chef de Mission du CNOSF à Rio de Janeiro (eh ! oui) ne peut pas arriver sur place avec une petite équipe ! Au passage j’aimerais que l’on m’explique à quels critères d’excellence nos élus se soumettent ! Il serait sûr et certain de ramener des médailles, idéalement l’or dont l’éclat rejaillirait sur lui, qu’il s’y prendrait autrement.

Mais il y a la glorieuse incertitude du sport et l’or, l’argent et le bronze olympiques sont moins faciles à obtenir que les suffrages d’une élection fédérale. Il faut alors jouer aussi le nombre et prier le bon Dieu, ou le Christ Rédempteur du Corcovado, que la vraie élite s’en sortira malgré tout. Il a du y avoir du sport dans les couloirs fédéraux entre les défenseurs d’une ligne d’excellence et celle plus ouverte à satisfaire le plus grand nombre possible.

Les athlètes et leurs entraîneurs n’ont pas démérité, loin s’en faut, mais ont subi les effets de ces critères très difficiles. La fête nationale de la natation française a été gâchée à Montpellier dans une atmosphère tendue à l’extrême. Quand on voit au final la liste des qualifiés, on peut regretter quelques vraies joies partagées dans le bassin à l’arrivée des courses.

Quoi qu’il en soit, haut les cœurs pour se préparer aux échéances internationales à venir. De tout cœur avec vous.

Allez, les Bleus ??

COMMENT GAGNER DEUX DIXIEMES A LA LOTERIE…

…ET PERDRE UNE COURSE OU DEUX

EN FAISANT LE MALIN

« Ah, grand-père, si vous saviez, il a fait le buzz, ce 200 mètres, à Montpellier, avec cette arrivée à la gomme où le système n’a pas fonctionné. Tout le monde est tombé à bras raccourcis sur le chronométrage électronique, c’est bien fait pour ces arrogants, avec leurs airs d’infaillibles. 

 -Qu’est-ce tu dis, qu’est-ce tu dis ? Attends, parle sur mon oreille gauche, la droite, il reste plus rien, vu que je respirais à droite, à la fin de chaque séance, la piscine était vide, l’eau était toute entrée dans l’oreille…

– Je te parle du 200 mètres d’hier aux France. Tu te rends compte ces ploucs d’Omega ou de Megateck, le matériel de cochon ? Agnel touche 2e et devient 3e. Le matin, même chose en séries.

– Ah, voyez-vous ça, séries et finales, fromage et dessert en quelque sorte.

-Ben oui, grand-père. ça serait pas passé du temps de Fauquet, lui il était exigeant avec les nageurs, mais encore plus pour les conditions, c’est comme ça qu’on a commencé à bien nager. Ici, on veut faire la natation du 21e siècle avec ce président du Néanderthal qui économise sur le système chronométrique, et ce DTN qui prend ce sport pour Disneyworld. Alors tu en arrives à des chronométreurs qui « injectent » sans arrêt des « temps » parce que le système de chronométrage part en quenouille, et tu as vu comme je suis poli!

Faire ça à Agnel en plus, le champion olympique et du monde, ça la fout mal, ça fait complot, ils ont quelque chose contre lui ou pas ?

– Ah, vingt dieux, fiston, t’inquiètes pas, mon pote Papazian il va leur voler dans les plumes, et puis le p’tit Pellerin y va pas se laisser faire non plus…

-Mais grand-père attention, ça fait trois ans qu’il est plus à Nice, Agnel, alors Pellerin Papazian, tu n’y es plus du tout.

-Ah c’est vrai ça, j’y pensais plus. Ouh ! La mémoire immédiate fout le camp. Mais dis-moi, le gars, je me trompe pas, il est chez Laurent. Horter.

– Oui, il est à Mulhouse, mais Laurent, c’est le papa, doit avoir quatre-vingts ans, l’entraîneur c’est Lionel maintenant. Lionel Horter… Et ce coup des chronos fous, ça a recommencé avec une autre Mulhousienne, Fantine Lesaffre. Non, cette fédé, c’est insupportable. Une honte! Un scandale..

-Ah, fiston, fallait me le dire, je comprends tout !

– Qu’est-ce qu’il y a à comprendre ? S’il est Niçois, tu comprends rien, s’il est Mulhousien tu comprends tout ?

-Ah ! oui-oui, c’est ce qu’on apprenait à Mulhouse.

-De quoi tu parles ?

-Ben tu sais, comme chacun sait, le chronométrage manuel retranche deux dixièmes de seconde au temps. Problème de déplacement du son entre le pistolet du starter et l’oreille du chronométreur, plus le temps de réaction humain du pouce sur le chrono manuel. A l’arrivée, une différence moyenne de deux dixièmes : quand le gars a 53s80, l’électronique te donne 54s00.

– Bon. Et alors ?

– Et alors, ce madré de Laurent, il apprenait à ses nageurs à ne pas frapper la plaque à l’arrivée… Du coup, on avait recours au chronométrage manuel, et bingo, deux dixièmes de gagné. Les plaques ne marchaient jamais avec les Mulhousiens. Avec trente courses comme ça, c’était un beau pécule, quelques dizaines de points, ça pouvait aider l’équipe à aller en finale ou à gagner un match serré aux points, ou le nageur à battre un record, quand même il n’avait pas nagé plus vite.

– Tu es sûr de ce que tu dis ? C’est pas tes hallucinations ?

– Hallucinations mon cul, t’aurait répondu Zazie dans le métro. Y avait pas que ça, par exemple, ils faisaient disputer des compétitions dans le grand bassin de 50 mètres de Mulhouse en nageant dans le sens de la largeur de 25 mètres. C’était du petit bain, mais c’était du grand bain, puisque nagé dans le grand bassin…

-Oh, arrête, grand-père, tu délires.

-Tu délires ? Tu sais ce qu’elle te dit, Zazie ? Y a pas que ça, ils retenaient les bourses des nageurs, même Leveaux, le grand écrivain, 2,02m, plus grand encore que Crébillon fils, en parle, et puis ils s’étaient achetés des… (inaudible)

-Tais-toi grand-père, c’est du n’importe quoi.

-… sur des dotations publiques. Tu veux que je te lise les pages floutées du rapport ministériel concernant Mulhouse à la FFN ?? Je suis allé voir des exemplaires non floutés. Très bien écrit, tout de suite reconnu le style de Thierry Maudet, l’ancien directeur de l’INSEP. Précis, percutant. Ah ! S’il pouvait écrire dans Galaxie Natation !

– Ah !Bon ! Mais dans tout ça, Agnel ?

-Agnel ? Euh ! Comment dire ? Pellerin lui a appris le crawl. Bowman le lui a désappris. Horter lui a appris à gagner deux dixièmes à la touche.

-Et ça n’a pas marché.

-Non, t’as raison, ça n’a pas marché.

-Quelquefois tu m’étonnes grand-père. Je me demande si pour ton Alzheimer, tu ne fais pas semblant. »

Mac SAYNETE

(p.c.c. Eric LAMY)

MONTPELLIER (5): C’EST LE DEBUT DU CHAMPIONNAT DES REPÊCHAGES!

JACQUES FAVRE DE CINQ A SEPT

Eric LAMY

Mardi 30 Mars 2016

Rien n’est plus intéressant que la vie psychologique. Tenez, prenez le grand souci aujourd’hui des nageurs français. Il n’y en a pas un qui réussit les minima. On savait qu’il en irait ainsi, avec des minima à faire peur.

Or le comité de sélection a prévu une possibilité pour le DTN de choisir six nageurs complémentaires selon, disons-le comme ça, son bon plaisir. Pourquoi six ? Parce qu’ils l’ont écrit comme ça. Chiffre regrettable. Pourquoi ? Non pas en soi, il parait que c’est le premier nombre parfait. Mais parce que, dans mon idée au moins, le DTN devrait toujours avoir une possibilité de choix. Cette absence de voie a empoisonné la natation française pendant des années autour de la non-sélection de Roxana Maracineanu en 2001…

Mais ce droit du DTN n’aurait pas dû être quantifié, ou précisé. Le DTN aurait dû simplement avoir le droit d’ajouter à la sélection, point barre. Parce qu’il est le patron de la natation française et qu’il doit pouvoir agir librement dans l’intérêt de la natation française, ici pour former la meilleure équipe olympique…

Mais vous avez vu les textes de sélection ? C’est un exercice de pinaillage de haute volée, rédigé dans la crainte de l’erreur à ne pas faire… et la peur du pouvoir qui pourrait en résulter. Donc on constipe tout ça, on tatillonne à qui mieux mieux… On a mis six… 

Donc le droit du sélectionneurs, sa latitude personnelle a été élargie, ou limitée à six.. Pourquoi ? On sait pas. C’est à mi-chemin entre les cinq doigts de la main et les sept nains de Blanche-Neige, ça paraît raisonnable…

Ces six ne devraient pas obligatoirement être pris, ce n’est pas un droit, les nageurs ne devraient rien en attendre, c’est juste un corset qu’on desserre, une latitude, pour pouvoir effectuer une sélection qui tienne debout. Un tel ajout aurait permis de récupérer Sarnin en 2000, Roxana en 2001, etc., de conforter un relais, que sais-je, pallier un impondérable. Mais non, ça y est, le chiffrage de ce pouvoir du DTN fait son chemin. Les nageurs s’inquiètent déjà de qui sera choisi, Joly, Wattel, Pedurand, peuvent se mettre déjà sur les rangs, et s’inquiéter que ce ne soit pas un processus de concurrence sportif mais des petits arrangements entre amis qui pourvoient, bref ils se disent que les minima auraient dû être moins durs. Un joker, c’est toujours une bonne chose. Mais six jokers… Cela devient manipuler, chosifier… En lui donnant une liberté, les textes semblent avoir un peu plus contraint le DTN!

C’est y pas bête?

Si, à la fin, le DTN n’en choisit que trois, entre les nageurs, les entraîneurs, les parents et les amis, il y a en aura trois cents qui feront la tronche… S’il n’en choisit aucun, il va se faire mille ennemis. Bref, ça va piailler.

Si dans le règlement il avait été écrit seulement que le DTN avait autorité à ajouter à la sélection en fonction d’une stratégie de compétition internationale, sans autre précision, c’eut été parfait. Ce 6, cette spécification, devient, pour lui, non pas une libération, mais une pomme de discorde, voire une épine dans le pied, ou seulement un vilain bouton sur le nez.

Mais ce n’est peut-être pas grave. Qui sait, d’ici dimanche, on aura un nageur qualifié, Florent Manaudou, et six repêchés pour Rio ? Dans ce cas-là, je prône une union des fédérations de natation et de sauvetage. On l’aura bien mérité.

EN CHINE, TRICHER, C’EST JOUER

Éric LAHMY

Vendredi 25 Mars 2016

La pression sociale, le désir de réussite, la « perte de face » que constitue la défaite, font que le « beautiful loser » n’est pas une idée qui s’est imposée dans les pays asiatiques. La saga des tricheurs chinois dans l’Université US a fait l’objet d’un article de la revue Time. Les 270.000 Chinois représentent 31% des étudiants étrangers aux USA, où mêmes les dirigeants, tout en accusant les valeurs occidentales répréhensible, envoient leurs enfants étudier (la file du président Xi Ping est à Harvard). Ils représentent également 8 milliards de dollars injectés dans l’économie US !

Les histoires de triche sont quelque chose dans le système d’études chinois ! Nous ne dirons pas que la chose n’existe pas chez nous, mais elle n’a pas cet aspect mi industriel, mi artistique. Prenons les tricheries dans les examens du TOEFL (de compétence dans l’anglais, sésame pour les étrangers qui suivent des études universitaires). Selon Times, certains resquilleurs ont utilisé les décalages horaires entre les différents centres d’examens aux USA. En Chine, récemment, 2440 étudiants en pharmacie ont été coincés. Ils faisaient partie d’un programme d’achat de réponses sophistiqué qui employait des prothèses auditives sans fil et des ‘’effaceurs électroniques’’ destinés à envoyer l’information aux personnes testées. Après le dernier gaokao, examen d’entrée dans les collèges, les media ont publié les systèmes les plus raffinés – ainsi un stylo qui photographie et transmet les questions à un assistant !

ZHONGXIANG, LA RÉVOLTE DES ANTISÈCHES

Mais rien ne vaut peut-être la légende de Zhongxiang, dans le Hubei, qui, des années durant, connaissait des scores exceptionnels de réussite au goakao. Un peu trop exceptionnellement élevés ! Les autorités universitaires décidèrent donc d’envoyer des scrutateurs indépendants sur place. Leur présence provoqua un vent de révolte. 2000 personnes enfermèrent les scrutateurs à l’intérieur des salles. Cri de ralliement : « c’est injuste que nous ne puissions tricher. » Le sentiment parmi ces gens était que, comme tout le monde truandait, la seule façon de se trouver à égalité était de frauder aussi.

La méritocratie par des examens a une vieille histoire en Chine 2000 années. L’examen du gaokao constitue un quitte ou double redouté. Quand un bout de papier va décider ce que sera votre vie, la tentation de garantir son succès par tous les moyens est grande. En Chine, des officines de préparation d’examens ne sont rien d’autre que des maîtres à tricher. Bien sûr, la plupart de ces boites à bachot sont sérieuses, mais certaines ne promettent rien d’autre que les réponses aux questions à l’avance, ou encore garantissent des notes trop élevées pour être vraies.

BEIJING: At least 8,000 Chinese students studying in the US have been dismissed from schools last year. A majority 57 per cent were asked to leave because of poor academic performance, according to research done by an US agency that helps students to obtain admission in schools. The agency, WholeRen, released a white paper discussing results of a survey of Chinese students dismissed at all levels from 2013 to 2015. The white paper said that academic dishonesty, including cheating in exams and plagiarizing, was the second-largest cause of dismissal, with nearly 23 per cent of dismissed Chinese students expelled for this reason.BEIJING: At least 8,000 Chinese students studying in the US have been dismissed from schools last year. A majority 57 per cent were asked to leave because of poor academic performance, according to research done by an US agency that helps students to obtain admission in schools. The agency, WholeRen, released a white paper discussing results of a survey of Chinese students dismissed at all levels from 2013 to 2015. The white paper said that academic dishonesty, including cheating in exams and plagiarizing, was the second-largest cause of dismissal, with nearly 23 per cent of dismissed Chinese students expelled for this reason.Plus de 8000 Chinois étudiant aux USA sont expulsés des universités. 57% d’entre eux en raison de résultats trop faibles. La malhonnêteté, la triche aux examens, le plagiat, sont les causes de 23% de ces renvois des écoles.

La Chine en est arrivée à surveiller les examens d’entrée à l’Université avec des drones ! Les camions de surveillance radio haute technologie et les drones sont devenus partie intégrante du paysage autour des écoles à travers le pays, dans ce qui est un combat permanent contre les filouteries les plus inventives et « sophistiquées ». Plus de dix millions d’étudiants passent cet examen appelé « goako » ou test haut. Parmi les armes des resquilleurs, on trouve de tout, des smartphones plus petits et faciles à dissimuler. On a interdit tout métal, des jeunes filles ayant mis au point des relais antisèche à travers les armatures métalliques de leurs soutien-gorge, d’autres cousaient des dispositifs de communication dans leurs vêtements… Pendant un goako, 17.000 policiers redirigent la circulation, accroitre la sécurité et surveillent les attaques cardiaques des parents, toujours possibles vu l’état de nerfs. Récemment, un membre de l’université, qui faisait commerce lucratif des réponses aux questions de l’examen, une fois arrêté, a donné cinq autres substituts.

…Après ça, tricher en sport devient tout naturel…

NCAA (4): ELLE A, ELLE A, ELLA EASTIN, COMME LA FITZGERARD DE LA CHANSON, TOUT D’UNE GRANDE

MALGRÉ EASTIN, STANFORD, DISQUALIFIÉ

SUR 4X50 PERD DES POINTS PRÉCIEUX

Éric LAHMY

Vendredi 18 Mars 2016

Le tournoi NCAA est entré dans le vif du sujet, et dans la piscine de Georgie Tech, à Atlanta, on a enregistré un record universitaire de haute volée, des courses superbes et une élimination en relais qui a coûté cher aux Stanford girls du jeune coach Greg Meehan, et rapporté gros aux Californiennes-Berkeley de Terri McKeever.

L’affaire se présentait bien pour les troupes de Meehan. Le brun ténébreux, avec son faux air de Mark Spitz, qui a travaillé comme assistant de Dave Durden et Jon Urbanchek, deux grands coaches, dirige Stanford depuis 2014, et a produit Maya Di Rado et Felicia Lee, lança sur 200 mètres quatre nages, une Ella Eastin accrocheuse, qui a amélioré un record (polyuréthane) vieux de quatre ans, celui de Caitlin Leverenz, grignotant quelques centièmes, 1:51s65 contre 1:51s77 à l’issue de ce qui prit l’allure d’un duel avec Kathleen Baker. Les deux filles menaient de plus d’une longueur de corps à mi-course, après leurs prestations dans le couple papillon-dos. Un parcours en brasse supérieur et un finish solide en crawl assuraient le titre (et le record) à Eastin, superbe nageuse, très complète, qui améliora le record scolaire du 200 quatre nages de Missy Franklin, et a été (il y a trois semaines) la plus jeune nageuse de 400 yards quatre nages sous les quatre minutes (le genre de détails dont raffolent les Américains) avec 3:59s30, ce qui la laisse momentanément à trois secondes des 3:56s54 Katinka Hosszu. Elle ajoute à son brio en dos, papillon et crawl une capacité en brasse qui lui assure une compétence parfaite sur toutes les nages… Cette pétillante demoiselle devrait gagner aussi les 400 yards quatre nages.

LEAH SMITH GAGNE LES 500 YARDS MALGRÉ UNE « GROSSE FATIGUE »

Les 500 yards, sur les séries, paraissaient promis à Leah Smith, et elle n’a pas manqué à l’appel. L’intéressée l’a emporté d’une belle marge, mais non pas facilement, s’il faut en croire son interview : « j’ai atteint les 250 yards, et j’ai ressenti une énorme fatigue » a-t-elle témoignée. Chez une aussi formidable machine à nager que Leah, aguerrie aux efforts prolongés et douloureux des 400 et 1500 mètres, cette énorme fatigue se traduisit par des différences, au plan chronométrique, de l’ordre de la demi-seconde par cinquante yards, mais cela était amplement suffisant pour lui interdire d’effacer son record NCAA. La perte de vitesse peut être mise en lumière par le fait que Smith termina son dernier aller retour en 27s63 tandis que les gagnantes de la finale B, Ryan Gillian et Sarah Gibson, effectuaient cette partie de leurs parcours respectifs en 25s81 et 26s76 et que cinq des finalistes A finissaient plus vite que la gagnante. Heureusement pour elle, le train original de Smith avait aussi joué sur la fraîcheur de ses adversaires.

Les passages de Smith : 24s92, 51s19 (26s27), 1:17s99 (26s80), 1:45s11 (27s12), 2:12s45 (27s34), 2:39s90 (27s45), 3:7s63 (27s73), 3:35s48 (27s85), 4:3s70 (28s22), 4:31s33 (27s63). Manifestement, la fille n’a pas bien équilibré sa course, avec deux moitiés de 2:12s45 et 2:18s88. L’an passé, elle avait établi en séries des NCAA le record avec 2:13s24 et 2:17s13, ce qui est mieux en termes d’égalité d’allure, mais loin d’être parfait. En forçant un peu le trait, Smith a gagné ses 500 yards en partant comme pour 200 yards et en finissant comme sur 1650…

Bon, il n’empêche, la demoiselle a gagné son deuxième 500 yards des NCAA d’affilée, ce qui est plus que louable ! D’un autre côté, elle reste loin de l’incomparable Katie Ledecky, de deux ans sa cadette, qui a accompli la distance en moins de 4:30s à six reprises. McLean et Flickinger, 7e et 6e l’an passé, finissent dans un ordre inversé, 2e et 3e.

Le relais 200 yards (quatre fois 50) fut une bonne affaire pour Berkeley, équipe gagnante, et une fort mauvaise pour Stanford qui toucha avec sept centièmes d’avance pour se retrouver éliminée par le départ anticipé de la nageuse n° 4, Lindsey Engel. Les meilleurs temps au départ furent eux de Olivia Smoliga, Georgia, 21s46, Farida Osman, California Berkeley, 21s60, Liz Li, Ohio, 21s62, et Lia Neal, Stanford, 21s80. Béryl Gastaldello lançait les Texanes en 22s01.

Au bout de tout ça, Stanford, qui aurait pu mener la danse à la fin de cette première journée, se retrouvait loin derrière. Mais trois courses devaient encore être disputées après la course de Eastin…

500 yards: 1. Leah Smith, Virginia, 4 :31s33 ; 2. Brittany Mc Lean, Georgia, 4:33s05; 3. Hali Flickinger, Georgia, 4:33s35; Haley Lips, Indiana, 4:34s86; 5. Rose Bi, Michigan, 4:35s76; 6. Hannah Moore, NC State, 4:38s12; 7. Lindsey Clary, Ohio State, 4:38s44 ; 8. Mallory Comerford, Louisville, 4:41s28. Finale B : 9. Ryan Gillian, Michigan, 4 :38s43 ; 10. Sarah Gibson, Texas A&M, 4:39s63; 11. Rachel Muller, NC State, 4:39s97…

200 yards 4 nages: 1. Ella Eastin, Stanford, 1:51s65 (record US, ancient, Caitlin Leverenz, 1:51s77 en 2012); 2. Kathleen Baker, California Berkeley, 1:52s95; 3. Kirsten Vose, USC, 1:54s27; 4. Madisyn Cox, Texas, 1:54s80; 5. Lisa Bratton, Texas AM, et Kelly Naze, California Berkeley, 1:55s89.

4 fois 50 yards: 1. California Berkeley, 1:26s80; 2. Tennessee, 1:27s42 ; 3. Georgia, 1:27s53 ; 4. USC, 1:27s57 ; 5. Arizona, 1:27s81 ; 6. Virginia, 1:27s85 ; 7. NC State, 1:28s04.

PAIN POURRI ET JEUX FRELATES ? NON, LE PUBLIC N’EST PAS COUPABLE

Jeudi 12 novembre 2016

Un lecteur ou une lectrice qui signe cremail.ingwild nous envoie le courrier suivant concernant la pesante affaire de dopage qui a plombé l’athlétisme russe, le sport russe, la Fédération Internationale d’Athlétisme (voir nos articles précédents). Ce qu’il ou elle nous dit nous pousse à lui donner nos raisons de désaccord.

LE PRIX DES EXPLOITS

Du pain et des jeux, oui, formule Romaine, période que mon fils affectionne, et l’Antiquité d’une manière générale, mais s’il a écrit ça sur un site, c’est que pour lui nous, spectateurs, sommes aussi un peu coupables, et je pense qu’il a raison, les sportifs font une sorte de show, comme dans un cirque où on finit par les livrer aux lions une fois qu’on est las d’eux, la vrai question c’est: est ce que nous, spectateurs, continuerons à nous passionner pour le sport, si les grimpeurs du tour étaient moins impressionnants, si moins de records étaient battus….Cela ne veut pas dire qu’il faille se doper pour réussir des exploits. Comme il y a des génies, dans les sciences, l’art, les lettres, il y en a dans le sport mais ce serait peut être moins spectaculaire car pourquoi Usain Bolt ou Phelps font rêver, c’est pour leurs exploits, attention je ne dis pas qu’ils se dopent, je dis juste que les spectateurs aiment les exploits mais à quel prix? Là est la question. cremail.ingwild

 COCUS OUI, COUPABLES NON

 Les spectateurs ne sont pas plus coupables des spectacles qui leur sont offerts que les acheteurs des produits avariés que l’épicier a mis dans leur cabas. Confondre l’athlète dopé et le public dupé me semble une erreur de diagnostic et le signe d’un manque de concentration. Une offre truquée et menteuse ne pollue pas une demande sincère. Elle la fourvoie, elle la trompe et pour tout dire, non seulement nous ne nous trouvons pas COUPABLES d’y avoir cru, mais nous nous trouvons tous COCUS, ce qui n’est ABSOLUMENT pas la même chose. Et je ne crois pas que le public ait exigé que cela aille plus vite. C’est l’effet de la compétition de donner ce résultat. Quand j’avais dix-huit ans, le record du monde du 100 mètres nage libre était détenu par un Brésilien dans le temps de 53.6. Je me suis peut-être posé des questions sur l’avenir de ce record, j’ai apprécié les évolutions qui ont suivi, mais je ne me sens ni coupable, ni responsable du fait qu’un demi-siècle plus tard, un autre Brésilien ait nagé la distance en 46.92 ! Le record aurait été de 48.92, 49.92 ou 50.92 aujourd’hui, j’aurais pour lui le même respect. N’inversons pas les rôles, le public n’exige rien, il ne demande qu’à s’intéresser, parfois à s’extasier, il prend ce qu’on lui donne.

C’est le coup classique. Nous sommes dans une société où les coupables ne le sont jamais, c’est toujours la faute au fait qu’ils n’ont pas résisté à la tentation. Les banques sont responsables des fric-frac, les tiroir-caisse des attaques à main armée, les filles en jupe des agressions sexuelles, les joues sont responsables des gifles et les fesses des coups de pieds qui les atteignent! Une regrettée amie cherchait un jour à excuser Adolf Hitler, ce pauvre chéri « avait tellement souffert dans sa jeunesse. » Je voudrais qu’on cesse de nous prendre pour des idiots ! Concentrons-nous sur les faits, et, comme disent les Américains « ne perdons pas de vue le ballon. » Panem et circenses n’explique pas le comportement de Lamine Diack, riche administrateur sénégalais, ancien maire de Dakar, que d’aucuns présentaient comme un « présidentiable » dans son pays (où, il est vrai, on s’aperçoit qu’il n’y a pas que des Leopold Sédar Senghor) ; panem et circenses n’expliquera jamais que Gabriel Dollé ait trahi son serment d’Hippocrate, sa profession, son milieu, sa vocation, pour s’acoquiner avec des tordus, la lie du monde dirigeant sportif, alors que, déjà grassement rétribué et défrayé, il ne cessait, hypocritement, de mettre tout le monde en garde contre les tentations du dopage. Tout au plus pourrai-je paraphraser Nietzsche : « humain, trop humain. » Eric LAHMY

UN JOURNALISTE FOU AGRESSE KATINKA HOSSZU

Par Eric LAHMY                               Vendredi 22 Mai 2015

Le journalisme est un sport de compétition comme un autre. Il y a des fois où on est hors de forme. Où on connait l’humiliation de la grosse contre-performance. C’est arrivé à un certain Casey Barrett. Il a balancé dans le site de Swimming World un article fielleux tendant à démontrer que… Katinka Hosszu est dopée.

Casey base ses suspicions sur un certain nombre de paramètres d’une effrayante légèreté. « Tout le monde le chuchote mais personne n’ose le dire », écrit-il sans plaisanter. Les coaches « grognent » entre eux, parait-il. « Nul ne nage en compétition de façon aussi suivie [que Katinka], ni Phelps, ni Ledecky ni Lochte… Sa constance, sa facilité à récupérer, sa forme qui ne fléchit jamais… »

Cet article a provoqué une grosse polémique ; d’aucuns ont dénoncé de façon pas toujours heureuse, la propension des Américains à crier au loup quand il s’agit de nageurs étrangers. Une réponse significative a été signée par Tamas Gyarfas, président de la Fédération Hongroise de Natation :

« La Fédération hongroise de natation a lu avec le plus grand désarroi le commentaire outrageux publié sur sa plate-forme en ligne, diffamant Katinka Hosszu, un des membres les plus appréciés de la communauté aquatique, sinon par Swimming World, sans qu’aucune évidence n’étaye les points soulevés par l’auteur. Comme il est bien connu des membres crédibles de la presse internationale, Katinka Hosszu a été contrainte de subir nombre de tests, tout comme les autres athlètes d’élite, menés par la WADA, en et hors compétition. Elle les a tous passé. Compte tenu de cela, nous ne pouvons comprendre pourquoi une plate-forme aussi prestigieuse trouve-t-elle nécessaire de donner une assise à ces humiliantes spéculations accusatrices. Voilà qui n’est pas dans la ligne de l’approche que nous avons connu de Swimming World, qui a valu à votre magazine et à son site web leur reconnaissance internationale.

En tant que président de la Fédération Hongroise de Natation, je déclare que nous ne questionnerions jamais toute réussite de grands nageurs, pas seulement des Etats-Unis, même si certains d’entre eux semblent souvent surhumains – mais toujours admirés par nous.

Tamas Gyarfas. »

 

Bien entendu, il est très difficile de dire si quelqu’un se dope. On ne sait jamais. Mais se prévaloir de performances d’un athlète pour prétendre qu’’il se dope, c’est la négation, pure et simple, de la compétition. Je me souviens d’un sprinter français, Jean-Charles Trouabal, qui prétendait que Carl Lewis se dopait. Pourquoi ? Parce que Lewis, recordman du monde, courait le 100 mètres en moins de 10’’, pendant que lui, Trouabal, prétendait avoir « fait ce qu’il fallait » et courait en 10’’2. Donc, ces deux mètres cinquante qui le séparaient de Carl Lewis à l’arrivée étaient dus au dopage, il ne nourrissait aucun doute là-dessus. Sans s’en rendre compte, Trouabal s’était défini comme la limite humaine en matière de vitesse sur 100 mètres. S’était-il dit : « pour aller plus vite, je devrais me doper », puis, étape suivante d’un raisonnement à vide : « donc, les autres, qui y arrivent, se dopent » ? Un hurdler, Stéphane Caristan, avait tendance à fonctionner ainsi. N’ayant jamais été personnellement fichu de courir au lycée le 100 mètres en moins de 12’’, aurais-je dû, suivant ce type de raisonnement, estimer que toute personne qui courait la distance en 11’’ était dopée ? De la même façon montant sur un tatami en face de Teddy Riner, devrais-je penser de même, en m’éveillant trois jours plus tard sur mon lit d’hôpital : « pas de doute, ce mec se charge? »

Trouabal et Caristan sont-ils des idiots ? Non. L’un des deux est même assez intelligent. Mais tout les deux sont dans ce travers dénoncé par Freud selon qui, des personnes généralement subtiles, deviennent tout à coup incapables de raisonner logiquement dans un domaine particulier, fenêtre de leur esprit où se terrent leurs passions.

En-dehors d’un contrôle biologique dénonçant la présence d’un produit interdit, il est très rare de pouvoir parler dans l’absolu d’une performance douteuse. On l’a fait cependant au sujet d’une certaine Michelle Smith et « bingo », cette misérable nageuse irlandaise a fini par se faire prendre. Il faut dire que personne n’y croyait, c’était presque trop beau, une caricature ! Depuis toujours une nageuse moyenne de gamme, petite, boulotte, dotée de petites mains, de petits pieds. Entraînée par l’un des plus grands coachs du Canada et du monde, Deryk Snelling [coach de Lisa Borsholt, Leslie Cliff, Wendy Cook, Cheryl Gibson, Donna-Maria Gurr, Marybeth Rondeau, Susan Sloan, Klaus Bredschneider, Bill Mahony, Steve Pickell, Tom Ponting, Bruce Robertson, Mark Tewksbury, Dan Thompson, Gary et Steve Vandermuellen, Darren Ward, Mel Zajac, bref, une pointure], elle avait réussi à atteindre le milieu du tableau des engagées aux Jeux olympiques, disons 30e sur 60 dans ses courses de prédilection. Et Snelling estimait qu’elle ne pouvait faire mieux. Puis, mariée à Erik de Bruin, un lanceur hollandais dopé jusqu’à l’os et interdit de compétitions, qui se décida à l’ « entraîner »… elle devint championne olympique du 400 mètres libre, du 200 mètres quatre nages et du 400 mètres quatre nages, médaillée de bronze du 200 mètres papillon. Elle fut finalement convaincue d’un certain nombre de méfaits de dopage et disparut. Elle fut aussi la première athlète de natation sportive à utiliser une combinaison aux Jeux Olympiques d’Atlanta, aux USA, en 1996.

Quand on ne sait pas si une personne est dopée, il vaut mieux se mettre en position d’attente. Quand les Chinoises ont commencé à être accusées de se doper, en 1992, j’avais mis en avant le fait que dans un pays d’un milliard d’habitants, on pouvait imaginer qu’on pouvait trouver un nombre important de talents. Flottant dans le ciel des idées, ça me paraissait très juste, mais une fois posé sur le sol des réalités, j’avais tout faux : les Chinoises étaient massivement dopées !

L’apparence physique ? Il y a longtemps qu’on ne voit plus l’équivalent des Allemandes de l’Est des années 1972 et suivantes, avec leurs voix de basse et rasées de frais tous les matins ! En revanche, l’entraînement sévère change l’allure d’une femme (plus qu’un homme). Qui n’a pas eu une amie, une connaissance qui, à la suite d’un régime et d’un entraînement de jogging, de vélo ou de fitness s’est trouvée « transformée ». Qui n’a pas remarqué les différences d’allure entre des employées domestiques et des petites bourgeoises ? Qui n’a pas vu des mains de travailleurs de force, des cals d’haltérophiles ? Sait-on que le simple fait de s’exercer développe non seulement les muscles, mais les os et les tendons ?

Transformer les corps, cela est même l’argument de vente des salles de remise en forme. Mais la transformation continue à mesure que les entraînements se durcissent au-delà des normes de beauté acceptées. Imaginons une brave ménagère à 35% de graisse qui, après un an de salle et un régime, rejoint le « canon » qu’elle rêvait d’être à 25% de graisse. Maintenant, suivons la quand, se prenant au jeu, elle appuie sur l’entraînement et ses contraintes diététiques, une autre année passe, la voilà à 12-15%, avec des abdoms en carrés en chocolat, la peau sur les muscles, les deltoïdes qui saillent. A ce point, elle a rejoint Katinka Hosszu, Katie Ledecky, Dara Torres ou la pionnière Inge de Bruijn, voire les premières championnes culturistes Lisa Lyon et Rachel McLish. Si vous me dites qu’elles « ressemblent à des hommes », c’est parce que le muscle reste encore une conquête inachevée de la femme.

Ce qui est sûr, c’est qu’elles ne ressemblent plus aux femmes que nous croisons dans la rue et guère plus à celles qui hantent les « unes » de magazines ! En moyenne, les femmes « normales » (dans le sens qu’elles se trouvent dans la norme) ont un pourcentage de graisse nettement plus élevé que les hommes. Et, sumotori exceptés, les athlètes ont un pourcentage de graisse plus faible. Une femme athlète va se rapprocher, atteindre, voire dépasser les hommes « normaux » en termes de faible pourcentage de graisse. Sans que cela en fasse des « hommes. » Natalie Coughlin par exemple, reste considérée féminine parce que mignonne et attifée hors de l’eau, mais regardez-la bien : la peau sur les muscles ! Hosszu, quelques fois, sortie de l’eau, les muscles engorgés par l’effort, peut très bien choquer le regard et ne pas répondre à votre idéal romantique, mais fringuée Balenciaga, chaussée en escarpins à  talons hauts sexy, soutien-gorge pigeonnant rembourré, et coiffée par Alexandre, vous n’aurez sans doute pas Scarlett Johansson ou Monica Bellucci, modèles uniques, mais elle aura une toute autre allure…

Revenons à Swimming World. Arguments pour qu’elle se dope : aucun.

Arguments pour qu’elle ne se dope pas? Barrett avance la répétition de performances exceptionnelles. Or c’est tout au contraire sinon une preuve, du moins un signe que Hosszu ne craint pas d’apparaître, de gagner, et donc d’être testée. L’article premier du credo du dopé, c’est: que personne ne sache où me trouver. Hosszu, on n’a pas besoin de la chercher, c’est la nageuse la plus visible au monde… Sa bonne foi semble avérée : cette fille ne suit pas de « cure ».

Ses courses multiples ? Elles ont connu des précédents. Dans une demi-heure, j’ai vu aux Jeux olympiques de Montréal (ça fait quand même 39 ans) John Naber gagner un 100 mètres dos avec record du monde et terminer deuxième d’un 200 mètres nage libre à deux dixièmes de Bruce Furniss qui battait le record du monde. Plus récemment, Michael Phelps parvenait à retrouver son plein potentiel après une course en vingt-six minutes de nage souple, ce qui lui a permis ses exploits à répétition. Hosszu n’a eu qu’à faire de même…

Deuxième argument en sa faveur : elle est heureuse de nager, heureuse de gagner, elle respire la joie de vivre. Je n’ai pas connu de dopés heureux. Souriants, oui, mais avec quelque chose de cassé, ou de tordu, pas heureux, avec, tout le temps, l’air de vouloir se cacher…

Trois : elle ne fait pas de performances extraordinaires. Elle nage de façon très régulièrement solide. C’est cette constance qui est remarquable. Les dopés, c’est le contraire – encore que…

Quatre : on en a parlé : des transformations physiques sont liées à une perte de la proportion de graisse, ce qui donne une apparence de grosse musculature.

Elle est extrêmement athlétique. Mais cela partira quand elle arrêtera de nager, de soulever des poids et de compter les calories. Aujourd’hui, inutile de se lamenter, dans le style « de mon temps, ma petite dame ! », l’esthétique n’est pas de mise, on ne nage plus joli, on nage efficace, et les nageurs sont peut-être moins jolis, mais plus athlétiques.

Cinq : c’est une quatre nageuse. Elle est bonne partout, c’est ça qui lui fait gagner plusieurs courses.

Six : elle s’est fait une énorme réputation dans une compétition gonflée artificiellement par la FINA, qui ne représente pas ce qu’elle prétend. Les courses de la FINA World Cup ? Même pas une demi-finale des championnats d’Europe, quelquefois l’équivalent d’une bonne série de championnats du monde, parfois moins encore. D’ailleurs Chad Le Clos a obtenu chez les hommes des victoires à la tonne suivant le même principe qu’Hosszu… Faudra-t-il lui aussi le dénoncer,

 Voilà pourquoi j’ai écrit à Barrett la lettre suivante :

« Monsieur Barrett, s’il vous plait, laissez un vieux type vous dire quelque chose : faites votre travail, allez voir Katinka et son mari, demandez leur ce qu’ils font, comment elle s’entraîne, ce qu’elle mange, combien elle dort, comment elle se concentre, ce qui est nouveau, holistique ou révolutionnaire dans son entraînement de la natation (parce qu’elle a une conception de la natation), etc., etc., et si après cela, et après cela seulement, vous pensez que tout cela ne fait pas sens ou ne sent pas bon, écrivez-le. Tous les exemples que vous citez (sur des précédents) sont faux. En 1973, je savais et tout le monde dans l’élite française et l’équipe nationale française savait ce que les Allemands de l’Est faisaient, et j’en ai donné il y a quelques années la preuve à Peter Daland, l’article que j’écrivis en septembre 1973 dans L’Equipe au sujet de leur système. Mais je sais que pout vous, Américains, un savoir qui n’a pas atteint les USA n’est pas un savoir !

Et en Europe, vous auriez été le seul à ne pas savoir que Lance Armstrong était un cynique et non un merveilleux athlète (comme Greg Lemond, l’un des premiers, ne manqua pas de l’affirmer). Comparer Hosszu à Armstrong n’a pas de sens. Armstrong disposait d’énormes moyens pour tricher et de la complicité de la Fédération Internationale. Pas Hosszu.

Prenez ses performances des Coupes du monde 2013 et 2014 comme je l’ai fait. Elle réalisa ses meilleures performance au début de la Coupe, au sortir des championnats en grand bassin, où elle était au mieux de sa forme. Puis doucement ses performances allèrent en s’abaissant. De moins en moins de vitesse, à une ou deux exceptions.

Mieux. Tous les meilleurs nageurs du monde ne vont pas aux meetings de la Coupe du monde. Vous avez de bons nageurs, mais pas les grands. Quand Belmonte a nagé, Hosszu n’a pas gagné facilement. Si demain Melissa Franklin décidait de suivre toutes les courses Coupe du monde, Hosszu ne gagnerait pas un seul 200 mètres libre, pas un seul 200 mètres dos, et, rappelez-vous les NCAA, pas non plus beaucoup de 200 mètres quatre nages. Katinka Hosszu ne gagnera pas, je puis vous le dire. C’est pour cette raison que je ne compris pas qu’Hosszu soit la nageuse FINA en 2014, et non pas Ledecky. Ledecky fut énorme, écrasante, fantastique.

Hosszu est pour moi, jusqu’à ce que le contraire soit démontré, une formidable pionnière. Jusqu’à ce que le contraire soit démontré, je dirai qu’elle est vraie et honnête. Je l’aime, j’aime son sourire. J’aime sa nage, son enthousiasme. J’apprécie son courage, sa façon de travailler, la manière qu’elle a de se conduire avec les autres nageuses, sa décence. Je ne crois pas qu’elle nous décevra. Je suis aussi déçu par ces attaques que par les attaques qu’eurent à subir dans le passé Inge de Bruijn, et Dara Torres.

Mais qui sait ? J’espère seulement ne pas être déçu. »

Même si demain, à Dieu ne plaise, Katinka Hosszu tombait dans les filets de l’anti-dopage, et sincèrement je n’y crois pas, je dirai quand même que cet article de Swimming World est un très mauvais papier, et que son auteur a fonctionné comme ces montres cassées qui donnent l’heure exacte deux fois par jour.

PARK ET EFIMOVA, COUPABLES OU VICTIMES ?

Eric LAHMY à Montréal               30 Mars 2015

Y a-t-il quelque chose d’excessif dans le système de répression du dopage ? Peut-être que si. Dans sa rage à se défaire d’un système pernicieux – on voit par exemple comment le dopage semble avoir été « organisé » ces dernières années en Russie – est-ce que l’on n’a pas développé une stratégie du style « pas de prisonniers » qui revient à punir d’une main également ferme les tricheurs patentés et les victimes involontaires de confusions ou d’incidents ? C’est le sentiment qui me vient dans certains cas où le doute est possible – et, ces derniers temps, la Russe Julia Efimova et le Coréen Park Tae Hwon. Est-ce que je crois sincèrement qu’ils ne se sont pas volontairement dopés ? Je ne puis le dire. Mais qu’un très gros doute subsiste quant à leur culpabilité.

Il y a quelque chose qui me choque, humainement parlant, quand, d’un seul coup, on étiquette Park ou Efimova « dopés ». Voilà des athlètes qui ont été testés et testés pendant des années, qui sont manifestement propres, et qui se font avoir sur des incidents presque risibles. Efimova qui achète des compléments ou des suppléments alimentaires, il parait qu’il y a une différence, qui se fait assurer par le commerçant que le produit est rigoureusement propre, qui ne doit pas très bien lire dans l’alphabet romain (essayez de lire en cyrillique) les petits caractères qui auraient dû lui signifier son refus de consommer et qui devient une dopée…

Park, c’est encore pire. On lui fait une infiltration – opération banale s’il en est autour des sportifs, lesquels sollicitent anormalement leur carcasse – et le médecin qui effectue l’opération ignore tout des produits interdits lui injecte un stéroïde. Bien entendu, pour un champion de la dimension de ces deux là, il y a faute. Mais qu’ils soient punis de cette façon tranchante, inhumaine, me dérange un peu comme si les passagers d’une voiture accidentée étaient condamnés pour conduite dangereuse alors même qu’ils n’étaient pas au volant de la voiture.

Cela m’agace au plus haut point. Ai-je tant besoin de rôles modèles ? Il n’empêche. Tant qu’on n’aura pas prouvé que ces deux magnifiques personnes se sont dopées, Efimova et Park resteront à mes yeux de grands champions.

HUIT JOURS APRES

Mardi 17 Mars 2015

Les jours passent et renouvellent sans défaillance la certitude du départ définitif de Camille Muffat. Le pire est de visiter sur le web les traces de ce qui fut une grande nageuse, d’écouter les bribes d’interview, de goûter son intelligence en éveil, son talent de conteuse, l’humour, outre ce sérieux qu’on lui connaissait, d’y reconnaître un style déjà bien marqué, et se dire en écoutant ses mots, en redécouvrant sa voix, son sourire, que cette fille, justement, était plus qu’une nageuse. Se dire que l’on aurait tant aimé la connaitre… Que sa vie massacrée représente pour son entourage un tel appauvrissement, et la tentation d’un tel abattement. Ne jamais avoir parlé avec Camille Muffat en dehors d’une vague présence à une conférence de presse, et ressentir ce que je ressens aujourd’hui, un vertige d’absence, non point tant pour moi, bien sûr, mais pour sa famille et ses amis, a quelque chose de pétrifiant. C’est une douleur par sympathie. Ecouter les témoignages, réentendre sa voix, prendre conscience de l’humanité de cette personne, se pénétrer de sa force. Ce qui frappe aussi, c’est de sentir l’absolue sincérité de ses proches et des nageuses qu’elle a côtoyées, de ceux qui se sont sentis « assommés » par la tragédie. Loin d’être enfermée dans sa bulle, Camille, alors même qu’elle vivait avec une intensité difficile à égaler les exigences de son sport, était à l’écoute des autres, et partageait… Alors, voilà pourquoi ce « pas elle » de Yannick Agnel résonne-t-il si fort. Et nous contraint d’ajouter nos larmes non autorisées, nos larmes de contrebande, à l’affliction des siens. Mais aujourd’hui, qui sait, peut-être nous aurait-elle dit ne pas pleurer pour elle seulement, et nous rappellerait-elle qu’elle n’était pas seule, que, ce 9 mars, ils furent dix à périr ! Est-ce aussi parce qu’elle n’est plus là pour nous le dire qu’elle manque tant ? E.L.

CETTE ROXANA, QUELLE CLASSE!

Dimanche 15 février 2015

Par Eric LAHMY

Roxana qui vous savez a accueilli avec le fair-play qui la caractérise la nomination de Jacques Favre au poste de Directeur technique national qu’elle revendiquait. Elle aurait pu remercier le jury, féliciter son adversaire chanceux et lui souhaiter tous les succès pour le bien commun. Elle a pris une autre option. Surtout ne buvez pas ses propos tels que rapportés par L’Equipe, c’est du vitriol:

« Le choix que fait Francis Luyce, président de la Fédération, c’est de se faire une place sur la photo à Rio entre Florent Manaudou et Romain Barnier. La Fédération aurait dû depuis longtemps dépasser les 500.000 licenciés (303.000 actuellement), et ce n’est pas comme ça qu’elle y arrivera. C’est bien de s’occuper du haut niveau mais ce n’est pas dans l’intérêt général de la natation de s’occuper des intérêts d’un club. C’est un choix opportuniste. Le président ne s’inquiète pas de l’intérêt général et n’a pas de vision générale. J’y suis allé avec naïveté et ce choix révèle le vrai visage d’une personne qui ne s’occupe que de ses propres intérêts. La natation française a peut-être réussi à choisir un DTN, mais elle a besoin d’un nouveau président. ».

[Maintenant, je relis ce condensé de fiel et je me dis que tout ce venin n’a pas été dit comme ça. J’imagine une conversation de vingt minutes au bout de laquelle le journaliste a recueilli les propos les plus relâchés pour en faire ce concentré de violence verbale. Il n’empêche. Maracineanu ne peut plus plaider l’innocence de la jeunesse ou l’inexpérience. Cette quadragénaire devrait pouvoir mieux filtrer ses émotions.]

Ce qui est superbe dans cette déclaration à chaud, quelle que soit l’amertume de Roxana, c’est le procès d’intention qu’elle fait à Francis Luyce de vouloir avantager Marseille ! Dans le genre théorie du complot, ça se pose là.

…On doit reconnaître que le président ne mérite pas mieux parfois qu’un traitement de choc. Francis a toujours cultivé les défauts de ses qualités, mais souvent, il passe les bornes, et dans ces cas on se demande s’il ne devrait pas envisager la retraite. Il ne s’en rend pas compte, mais il nous arrive de nous croire en 1787 ! Il n’empêche. Devant cette attaque, on a presque envie de le défendre…et puis non, qu’il se débrouille. Ce n’est pas de lui qu’il s’agit. Mais de Jacques Favre. Le nouveau DTN, salué par une bordée acide. Dans l’affaire, le troisième larron, Philippe Hellard, a totalement disparu des écrans radars, entre la mini-star du commentaire télé et le promu du vendredi 13.

Que n’a-t-elle réagi, Roxana, avec la même énergie, quand Luyce était parti à la recherche de Lionel Horter, entraîneur de Mulhouse, fils du président de Mulhouse et de sa région et d’une vice-présidente de la Fédération, et frère du patron de l’équipementier de la Fédération, pour l’installer au poste de Directeur technique national, et ne s’est-elle pas élevée contre le fait que Luyce se trouvait en plein conflit d’intérêts, ou cherchait des alliés pour sa prochaine réélection ? (1)

Quel problème Maracineanu a-t-elle avec Marseille ? Que reproche-t-elle à ce club qui travaille bien, et qui a créé sa culture de la gagne ? Est-il concevable d’être la commentatrice technique des événements de natation sur la chaine publique et de montrer une ire aussi prononcée et aussi incompréhensible contre le Cercle ?

Un moment dépassé par Nice, le CNM est devenu LA force stable de la natation française. Une natation française dont on n’arrive pas à décider ce qui la caractérise le mieux, de l’énergie que lui confèrent ses sprinteurs et ses relais (presque tous Phocéens), ou de la fragilité que lui vaut l’absence de résultats de grande dimension internationale dans toutes les courses féminines (depuis la retraite subite de Camille Muffat) malgré quelques bons éléments, mais pas une seule grande nageuse – quoiqu’ Ophélie Aspord… superbe fondeuse de l’Aviron Bayonnais entraînée par Lucien Lacoste, et trois ou quatre filles, surtout de Nice, qui y sont presque). Une natation française également muette dans presque toutes les courses masculines à l’exception du 50 et du 100 mètres, du 100 mètres dos et des course en eau libre avec l’inoxydable Axel Reymond !

Or il faut bien le dire, le sprint français est fort aujourd’hui parce que Marseille a développé une école de sprint qui se compare à ce qui se fait de mieux au monde. Ceux qui hantent ce site savent que mon cœur penche pour le demi-fond, mais bon, il y en a d’autres, n’est-ce pas Lucas, Horter, Lacoste, pour défendre le quatre et le quinze.

La natation française forte, cela implique un Cercle fort, un Olympique de Nice fort, un Font-Romeu fort, un Mulhouse fort, un Lyon fort, un Toulouse fort, un Amiens fort, un Rouen fort. Avec cinq Cercles de Marseille, la natation française jouterait les Etats-Unis et plierait presque l’Australie ! (2)

Que signifie l’alinéa sur la photo de Luyce entre Barnier et Manaudou ? Est-ce qu’en nommant Roxana, il aurait eu droit à la photo entre Agnel et Horter ? D’ailleurs, à Rio, Luyce ne conduira pas la natation, mais la délégation française olympique dans son ensemble. Ceux qui veulent le voir le plus grand nombre de fois vont pouvoir se régaler, des photos de Luyce avec Renaud Lavillénie, Teddy Tamgho, Jérémy Azou, Teddy Riner, Clarisse Agbeneniou, etc., et si tout va bien Yannick Agnel, Florent Manaudou… dont on souhaite qu’ils soient tous les médaillés olympiques au Club France de Rio !

 

(1). Soyons clair. Nous ne reprochons pas de chic certains conflits d’intérêt ou certaines confusions de genres. Il est difficile, dans un microcosme aussi étroit que la natation, d’être parfaitement cohérent, d’assurer sa survie professionnelle et de, quelquefois assurer des rôles à la limite contradictoires. Le conflit d’intérêt ne se sanctionne d’ailleurs pas au plan pénal. Il est une réalité de la vie quotidienne. La question est : cette personne est-elle rigoureuse ? Se tient-elle correctement ? Sophie Kamoun, exemple type, a reconstruit sa carrière, après son adieu à Nike, autour de la profession d’agent de sportifs, métier terriblement difficile et incertain, et chronique à la télévision ! Mais bon, jusqu’à plus ample informé, Sophie a su scrupuleusement délimiter les genres, éviter les configurations malsaines, ne pas se mélanger dans ses casquettes, et on ne l’a jamais vu déraper. Son fonctionnement est satisfaisant, semble parfait, donc pourquoi chercher à la ‘’casser’’ ? A Mulhouse, le conflit d’intérêt est clair. Le tout est de savoir ce qu’on en fait…

(2). Et Luyce irait dormir au Panthéon, à côté de Victor Hugo ?