Category: Dirigeant

CHAVOOR [Sherman]

Natation. (1919-Gold River, 3 septembre 1992).États-Unis. Pendant ses trente-deux années d’enseignement, il amènera les élèves de son club privé de natation et de tennis (Arden Hills Swimming and Tennis Club), à Carmichael, en Californie, à enlever 31 médailles olympiques (dont 20 d’or) et à produire 83 records du monde, 100 records américains. A Arden Hills, ses meilleurs élèves s’appelaient Michaël Burton, Debbie Meyer et Mark Spitz. Sa méthode, basée sur d’énormes kilométrages, doubles de ce qui se pratiquait ailleurs, assura à ses élèves la suprématie sur les longues distances.

CASTELLANE [Jean DE]

CASTELLANE [Jean DE] Dirigeant. (Paris, 24 avril 1868-Paris, 13 septembre 1965).

Premier président de la Fédération française de natation, issu d’une illustre lignée provençale un peu essoufflée, les Castellane (prononcer : Caslane). Fils d’Anne-Marie Le Clerc de Juigne (1847-1932) et d’Antoine de Castellane (1844-1934), il est élu député du Cantal en 1902. Il a deux frères : Boniface (167-1932), dit Boni, un dandy de la belle époque, réputé homme le mieux habillé d’Europe avant de se ruiner (plus exactement ayant siphonné une belle partie de la fortune de son épouse, la laide, mais colossalement riche Anna Gould que les mauvaises langues trouvaient est « plus belle vue de dot ») et, une fois répudié, d’écrire son chef d’œuvre, L’Art d’Être Pauvre (1925) ; et Stanislas, un homme politique, maire de Marcenat, député du Cantal et Sénateur radical qui aura eu le tort, en 1940, de voter les pleines pouvoirs au Maréchal Pétain. Jean étudie au Collège Stanislas, puis à l’Ecole Militaire de Saumur d’où il sort officier de cavalerie, épouse en 1898 sa cousine la Princesse de Furstenberg, née Talleyrand-Périgord (1862-1948, dont Marcel Proust aurait fait la jeune princesse de Guermantes). Attiré par la politique, Jean quitte l’armée et se présente comme candidat libéral antiministériel aux élections législatives du 24 avril 1902, dans la circonscription de Saint-Flour (Cantal). Il est élu au premier tour de scrutin par 6300 voix contre 5892 à Monsieur Hugon, médecin, député radical sortant.

Ses adversaires, arguant que la campagne électorale « s’était manifestée par une véritable pluie d’or » (une tradition familiale, le même reproche avait été opposé à Stanislas) demandent son invalidation, qui est votée par 307 députés contre 229 le 9 juillet. A l’élection partielle qui suit, le 10 août 1902, le docteur Hugon le bat de justesse.

En 1914, Jean de Castellane reprend du service dans l’aviation, accomplit une mission en Italie puis commande un groupe d’auto-mitrailleuses. Enseveli par des éclats dans la nuit du  29 au 30 juillet 1917, il est dégagé et reprend aussitôt la tête de son unité. Il sera cité à six reprises pendant les quatre années de la guerre.

Elu Conseiller Municipal du quartier de l’Ecole Militaire en 1919, il fait aussi partie du Conseil Général de la Seine dont il est vice-président en 1922. Membre de la Commission du Vieux Paris, président de la Fédération Française de Natation de 1921 à 1941, vice-président en 1928, puis en 1930-1931 du Conseil Municipal de Paris, dans l’assemblée duquel il siège sans interruption jusqu’en 1944, date à laquelle il se retire de la vie politique.

Fiché comme collaborateur (il avait continué de siéger et d’assurer ses fonctions politiciennes pendant la guerre, mais on ne peut dire que sa collaboration ait dépassé un cadre mondain » comme des déjeuners au Ritz), il fut emprisonné à Fresnes où (Antony Beevor et Artemis Cooper, Paris Libéré, 1944-1949) « Jean de Castellane fut enchanté de rencontrer Sacha Guitry. Castellane était un vrai moulin à paroles ; comme Guitry partageait son goût des jeux de mots, les deux hommes ne cessaient de faire des plaisanteries sur leurs conditions de détention pour le moins déplaisantes et sur le sort qui les attendait. » Il est plus que probable que le dossier de Castellane était vide. Par tradition familiale d’extrême droite, il était cependant servi par une épouse « résistante dans l’âme » et devenue gaulliste, Viva, « la fille d’un poète bordelais, Despax » raconte son ami, le compagnon de la libération Pierre de Bénouville dans ses Mémoires de résistant (Avant que la Nuit ne Vienne). Castellane connaissait la résistance de Bénouville et avait hébergé des résistants comme Jacques Baumel alors qu’on pouvait le joindre à la RMN, les Renseignements généraux pétainistes ! Bénouville crédite son ami Jean de Castellane d’avoir été un des agents extrême-droite à avoir aidé la résistance.

Commandeur de la légion d’Honneur et Membre de l’Ordre de Malte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BOZON [Gilbert Fernand Charles]

Natation. (Troyes, 19 mars 1935-Tours, 11 juillet 2007). France. Triple recordman du monde : deux fois sur 100 mètres dos, à Troyes, avec 1’3’’3 (1952) et 1’2’’1 (1955) ; une fois sur 200 mètres dos, à Alger, 2’18’’3 (1953). éliminé en demi-finale des Jeux Olympiques de Melbourne en 1956, il avait conquis la médaille d’argent quatre années plus tôt aux Jeux d’Helsinki, en 1’6’’2 derrière de Japonais Oyakawa. Il fut encore recordman du monde du relais quatre nages, en 1953 avec Dumesnil, Lusien et Jany, et champion de France du 200 mètres en 1954 (ex-æquo avec éminente)… en réponse aux moqueries des nageurs de crawl qui raillent le nageur de dos censé pratiquer la « nage à reculons ». Du coup, toujours en 1954, aux championnats d’Europe de Turin, il enlève le 100 mètres dos (1’5’’1) et termine 2e avec le relais quatre fois 200 mètres, en compagnie de Boiteux, Montserret et éminente. Licencié à Châlons-sur-Marne, il avait été formé et entraîné au Racing Club des Cheminots de Troyes par un poissonnier passionné d’entraînement, Jacky Latour, qui l’emmena jusqu’à la médaille d’argent olympique. Mais sa deuxième place fut perçue en termes de défaite (manquant d’expérience, il commit une faute de train ; il était parti trop vite et avait ensuite, à bout de souffle, dû laisser passer Oyakawa). A la suite de quoi il quitta Latour pour Lucien Zins, qui « comprenait » mieux la compétition et dirigeait une grosse équipe au Troyes Olympique Natation. Ayant pris sa retraite en 1957, il se fixa à Tours comme entraîneur et animateur des Jeunesses Ouvrières. L’ouverture en 1962 d’une piscine d’hiver lui permit de créer un des pôles les plus performants de la natation française. Dans sa carrière, il a formé 36 internationaux et entraîné trois sélectionnés olympiques : son épouse, Sylvie Le Noach, Laurence Guillou et Christophe Bordeau. Le grand entraîneur de l’époque, on l’a dit, un poissonnier de profession, Jacques Latour, était l’homme qui avait formé Bozon. Mais en 1952, Bozon, recordman du monde, quittait Latour pour Zins. La chose est banale, mais Latour avait de bonnes raisons d’être ulcéré. Il avait appris la nouvelle par les journaux. Troyes était une grande ville de natation. Quatre clubs s’y partageaient les nageurs. Bozon était licencié à Châlons-sur-Marne, et s’entraînait au RCCT (Racing Club des Cheminots de Troyes). Zins, lui, dirigeait les destinées du Troyes Olympique Natation et avait de bons nageurs sous sa férule. Bozon l’avait préféré parce que, dit-il « il comprenait mieux la compétition. » Sous cet angle, Latour, technicien de grande valeur, manquait d’expérience, chose qu’il a admise devant des témoins.

Ayant quitté Troyes, Bozon se fixe à Tours, où il devient un animateur des jeunesses ouvrières (1957). En 1962, la piscine d’hiver change la donne.

Bozon a « sorti » 36 internationaux durant sa carrière, et entraîné trois sélectionnés olympiques : Sylvie Le Noach, qu’il épousera ; Laurence Guillou ; et Christophe Bordeau.

Nécrologie rédigée pour « L’équipe » Gilbert Bozon, mousquetaire des années 50

Triple recordman du monde, vice champion olympique, Gilbert Bozon, l’un des plus grands champions des années 1950, vient de s’éteindre des suites d’une longue maladie.

Entre 1946 et 1952, la natation française connut une embellie telle qu’on la considéra un temps comme la deuxième du monde. Ses trois mousquetaires s’appelaient Jean Boiteux, Alex Jany et Gilbert Bozon, qui s’est éteint la nuit dernière, des suites d’une longue maladie. Au cours de sa carrière, il battit trois records du monde en dos, deux sur 100 mètres, à Troyes, avec 1’3’’3 (1952) et 1’2’’1 (1955) ; un sur 200 mètres, à Alger, avec 2’18’’4 (1953). En 1952, aux Jeux olympiques d’Helsinki, il conquit la médaille d’argent du 100 dos. Il fut aussi recordman du monde du relais quatre nages (1953), champion d’Europe (1954).

Quand il prit sa retraite, en 1957, il s’installa à Tours et devint l’un des plus fins entraîneurs de l’Hexagone, à preuve les 36 internationaux qu’il sortit et les trois sélectionnés olympiques qui auréolèrent sa carrière : Sylvie Le Noach, finaliste olympique, devenue ensuite son épouse, Laurence Guillou et Christophe Bordeau., sans oublier sa fille, Alicia, l’une des meilleures nageuses françaises de ces dernières années.

Gilbert Fernand Charles Bozon était né à Troyes le 19 mars 1935 dans une famille modeste. Licencié à Châlons-sur-Marne, il avait été formé et entraîné au Racing Club des Cheminots de Troyes par Jacky Latour, fils de pisciculteurs, poissonnier et passionné d’entraînement.

Jacques Latour, autodidacte de la natation, était devenu, par sa curiosité et à force de recherches, un maître technicien. La pratique de la gymnastique, où sa grande taille ne lui permettait aucun à peu près, lui avait appris l’importance du geste juste. Il avait aussi remarqué qu’un lien étroit unissait la beauté d’un mouvement et son efficacité. Il enseigna donc à Bozon comme à ses autres nageurs ce style limpide, exact, qui est la marque des  grands.

Au physique, Gilbert n’avait rien d’un phénomène. Avec son 1,78m, aux Jeux Olympiques de 1952, disparaissait entre ses deux adversaires américains Taylor et Stack, qui frôlaient les deux mètres. Mais il disposait d’une bonne souplesse et surtout d’un battement de jambes énorme, hors normes, qui compensaient cette taille quelconque, une certaine lourdeur musculaire et un petit manque de tonus.

On pourrait aujourd’hui tenir la médaille d’argent olympique de Bozon comme un bel accomplissement, voire l’un des plus grands exploits du sport français. Mais elle fut vécue comme un échec, pire, comme un drame. Bozon et Latour savaient en effet, comme tout le monde autour d’eux, qu’il était le meilleur, le monstre sacré du dos mondial. Pour comprendre le choc que fut cette défaite, imaginez Laure Manaudou battue à Athènes en finale du 400 olympique !

C’est que Latour, technicien de classe, était très loin, comme manager, d’égaler Philippe Lucas ; il commit une série de fautes dont l’addition ne pardonna pas. D’abord, il se laissa embarquer dans un pari stupide ; ayant déclaré à six mois des Jeux que son élève battrait le record d’Europe du 100 dos en juin, il retrouva cette prophétie en gros titres dans les journaux et se sentit contraint de tenir sa parole ! Il amena Bozon à cet exploit, à la piscine parisienne des Tourelles, mais c’était atteindre la forme trop tôt. Ensuite, Latour exigea de Gilbert qu’il passe son CAP d’électricien, à deux mois du rendez-vous olympique d’Helsinki. Latour a fait son mea culpa : « Alban Minville, qui était le patron de la natation française avait proposé à Bozon de se préparer en bassin olympique à Lespinay, dans les meilleures conditions. Mais je l’ai forcé à rester passer son brevet sous prétexte que: « ce n’est pas la natation qui te fera manger. » J’ai eu tout faux. L’avenir a prouvé que c’est la natation qui l’a nourri. Son brevet d’électricien ne lui a jamais servi à rien, si ce n’est à perdre la finale olympique. »

 Gilbert resta à Troyes. Pour retrouver les sensations et les conditions du grand bassin, la municipalité de Troyes fit monter deux rails dans une gravière, et fixer deux planches : Gilbert nagea comme dans une ligne d’eau de 50m dans la gravière. « Entre le CAP et la gravière, il est arrivé sans tonus aux Jeux d’Helsinki, raconte Latour.

Toutes ces fantaisies firent en effet que Gilbert, aux Jeux olympiques, se retrouva émoussé ; comme par réaction, il eut un réflexe qu’on pourrait appeler de fuite en avant : il partit trop vite, et ne put empêcher le retour d’Oyakawa. Gilbert eut beaucoup de mal à finir 2e. Oyakawa avait nagé une grosse seconde moins vite que Gilbert deux mois plus tôt aux Tourelles !

L’effet de cette déception fut que, peu de temps après, Gilbert rejoignit un formidable homme de bassin, Lucien Zins, qui, troyen également, dirigeait une forte équipe, et lui apporta une autre approche du sport. La décision fit des vagues. « Le pire, raconte Latour, c’est que j’ai appris ça par les journaux. Zins lui avait offert un vélo et un survêtement. Mais bon, je comprends le gamin, ils étaient pauvres, sa mère était gravement malade et son père travaillait comme maçon. »

Bozon, lui, a donné une autre raison à son choix : Zins, dit-il, « comprenait mieux la compétition. Il y avait une approche de grand large, qui respirait mieux, loin de l’ambiance étriquée du club corporatif d’où je venais. »

Le changement d’entraîneur ne nuisit pas à sa progression. Sous la férule de Zins, Bozon améliora deux autres records mondiaux. Mais en 1956, forme perdue, il ne put faire mieux que demi-finaliste. En fait, il ne nageait presque plus ; il semble qu’il ne se soit rendu aux Jeux de Melbourne que parce que « c’était ça où la guerre d’Algérie. »

Carrière achevée, Bozon se fixa à Tours, où il devint entraîneur et animateur des jeunesses ouvrières. L’ouverture, en 1962, d’une piscine d’hiver lui permit de créer un des pôles les plus performants de la natation française. Gloire oubliée, il devint pendant près d’un demi-siècle cet entraîneur méticuleux et discret qui cachait une forme de timidité derrière un bouc méphistophélique. Il appréciait peu les média dont il semblait toujours se méfier et n’y livrait des confidences qu’au compte-goutte, ne s’écartant pratiquement jamais des considérations purement techniques. Ce qui ne l’empêcha guerre de former 36 internationaux, d’entraîner trois sélectionnés olympiques : son épouse, Sylvie Le Noach, Laurence Guillou et Christophe Bordeau et d’occuper pendant de longues années un poste d’entraîneur national. L’équipe adresse toutes ses condoléances à l’épouse de Gilbert Bozon, Sylvie, et à ses enfants, Dolorès, Gilles, Alicia et Clara.Éric Lahmy

BOWMAN [Bob]

(Columbia, Caroline du Sud, 1965-). Natation. USA. Connu comme l’entraîneur de Michaël Phelps, dont il dirigera le destin de nageur depuis les débuts et jusqu’à la fin de sa carrière internationale. Il grandit à Columbia, nage en 1983-85 en club à Tallahassee, mais n’est guère emballé par ses désultats. Diplômé en psychologie des enfants et en musique, éleveur de chevaux à ses heures perdues, pianiste, il devient coach de natation. Dans ce rôle, Bowman a la bougeotte. Coach assistant à Las Vegas Gold (1988-90), Cincinnati Pepsi Marlins (1990-91) et Napa Valley (1991-92). Patron de la Birmingham Swim League de 1992, il fait, en deux ans, entrer le club, qui est loin du 20e de la zone sud-est depuis plus de dix ans, dans les cinq premiers. Il est coach de Napa Valley (1994-96), du North Baltimore Aquatic Club (1996-2004), d’abord comme senior coach, puis comme coach haute performance (1999-2004). Dans ces neuf ans, il aide à produire trois champions des USA, 10 finalistes et 5 membres de l’équipe US. De 2005 à 2008, il est head coach de l’équipe masculine de l’Université du Michigan en remplacement de Jon Urbanchek, et du club attaché à l’école, les Wolverines. En septembre 2008, il retourne à North Baltimore.

Le fait qu’il entraîne Michaël Phelps lui assure une audience et un respect de la part de ses collègues entraîneurs. Dans son ouvrage « Beneath the Surface », Phelps, qui le rencontre alors qu’il à onze ans au NBAC le présente en ces termes : « Je ne pouvais rien faire qu’il laisse passer. Il donnait dix longueurs à vingt garçons, et si j’en faisais neuf, il me tombait dessus. Si j’arrivais avec une minute de retard, je le trouvais devant la porte à me demander « pourquoi ». Si j’arrosais un équipier quand il ne regardait pas, les yeux qu’il avait dans le dos le renseignaient et il me le faisait savoir. Bob me faisait peur… Une bourse d’étude avait amené Bob à l’Université d’Etat de Floride (FSU). Il fut élu capitaine des ‘’Séminoles’’ dans sa troisième année, mais avait tendance à « sur analyser » ce qu’il faisait dans l’eau. Diplômé en psychologie de l’enfant. Il se qualifia pour les nationaux US sur 100 mètres papillon, mais frustré par ses résultats, il abandonna la piscine. Compte tenu de son savoir, il lui sembla logique de s’orienter vers un métier d’entraîneur. Il devint assistant du Club Aquatique de la région de Tallahassee début 1986. Le coach en chef, Terry Maul, lui tendit une pile de livres, de magazines et d’articles sur la motivation, la stratégie et la technique d’entraînement. L’équivalent de deux mois de lectures, que Bob ingurgita en une nuit. Plus tard, Bob travailla avec les Marlins de Cincinnati. Il prit soin d’une nageuse de brasse, Michele Shroder, une personne très positive qui influença l’approche que Bob avait du coaching. Parfois Michele annonçait à Bob qu’elle allait réaliser quelque chose, même quand lui-même doutait de ses capacités. Il apprit à se nourrir de sa confiance, comme plus tard je crois qu’il s’est nourri de ma confiance. Michele nageait à l’Université du Texas. Bob travailla à Birmingham, Alabama, puis au club de la vallée de Napa. Il y entraîna Eric Wunderlich, un des cracks de la brasse US. En neuf années, il coacha dans sept endroits de cinq Etats différents. En 1995, tout allait bien, Wunderlich semblait pouvoir devenir son premier nageur retenu dans une équipe olympique. Il fut auditionné pour devenir le coach du prestigieux Dynamo d’Atlanta. Il avait essayé dès 1990 d’en devenir l’assistant entraîneur mais on l’avait écarté parce qu’il paraissait devoir mieux s’entendre avec les nageurs qu’avec les parents et les administrateurs. Cette fois encore, le Dynamo lui préféra un autre entraîneur et dans la même semaine Wunderlich lui apprit qu’il quittait le club. Bob songea à quitter la profession. Il se mit à étudier à l’Université d’Auburn en vue d’un diplôme de gestion d’exploitation agricole. Pendant ce temps, il travailla à temps partiel comme assistant dans l’équipe d’Auburn. Les Jeux olympiques approchaient, quand Murray Stephens, l’entraîneur chef du North Baltimore Aquatic Club (NBAC) le contacte. Stephens avait coaché Anita Nall, nageuse olympique à 16 ans en 1992, et coachait Beth Besford, qui allait enlever le 100m dos des Jeux d’Atlanta. Il veut Bowman qui résiste, et lui offre 35.000$ (il en gagne alors 10.000) par an. » Bowman entraînera donc Phelps vers la gloire.

Les succès de ses nageurs, Phelps en tête, lui assurent d’être élu entraîneur US de l’année 2001, 2003, 2007, 2008 et 2012. Il est coach assistant de l’équipe olympique US aux Jeux d’Athènes en 2004, chargé plus spécialement de l’entraînement de Phelps. Rebelote en 2008 et en 2012. Après les Jeux olympiques de 2012, saisi par le besoin de se ressourcer, il prend neuf mois sabbatiques. Dès son retour, il est sollicité par le champion olympique français Yannick Agnel, qu’il entraîne avant les championnats du monde de Barcelone.

BARNIER [Romain]

Natation. (Marseille, 10 mai 1976-). France. Nageur puis entraîneur français. Il enlève trois titres de champion d’Europe juniors en 1993, sur 100, 200 mètres et quatre fois 200 mètres. Déçu par sa non-qualification pour les Jeux d’Atlanta, il quitte en 1996 son club d’Antibes (entraîneur : Guy Giacomoni) pour l’Université d’Auburn (coach : David Marsh), la grande équipe universitaire US (8 titres NCAA entre 1997 et 2009), avec laquelle il nage (en compagnie de Lionel Moreau) en 1997, 98 et 99. Après des Jeux de Sydney (2000) ratés, il réussit des performances de qualité, 22’’52 au 50 mètres, 49’’21 au 100 mètres, 1’49’’39 au 200 mètres l’été suivant, puis, l’hiver 2001-2002, en petit bassin, 22’’05 au 50 mètres, 47’’53, record de France, au 100 mètres, 1’45’’45 au 200 mètres. 3e sur 100 mètres des championnats d’Europe (pb) en 2001. 4e du 100 mètres des championnats d’Europe de Berlin en 2002, il y enlève la médaille d’argent avec le relais français quatre nages. Champion de France du 100 mètres et du 200 mètres en 1993 et en 1996, il réussit en 2005 un triplé aux CF (pb), sur 100 libre, 50 et 100 papillon.

Romain Barnier, entraîneur à succès, se distingue : il n’a aucun diplôme d’entraîneur. Mais il ne semble pas en avoir besoin, se site tout en haut de la hiérarchie des entraîneurs français auxquels il participe à l’accès à un statut mondial ; il observe, à Antibes (coach : Guy Giacomoni), à l’Université d’Auburn (coach : David Marsh) et applique ce qu’il retient au Cercle des Nageurs de Marseille dont il devient manager en 2006. D’abord éloigné de l’entraînement proprement dit, il s’immisce dans le travail au bord du bassin. Il s’inspire des méthodes qu’il a suivies et qui ont participé à sa formation. Ses élèves comptent parmi les meilleurs sprinters du monde : Fred Bousquet, Fabien Gilot, Camille Lacourt, William Meynard, Rafael Munoz (Espagne), Roland Schoeman (Afrique du Sud), Inge Dekker et Fermke Heemskerk, plus tard (2011) Florent Manaudou. C’est un meneur d’hommes habile, qui « coache » avec maestria le relais quatre nages champion d’Europe 2010, qui laisse les Russes à quatre mètres. Pour les besoins d’un article (non publié), Romain Barnier, répondant à quelques questions précises, vers 2010, donne quelques clés de sa méthode :

ROMAIN BARNIER, HOMME DE METHODE

PAS PEUR D’EN FAIRE MOINS

« Dans l’entraînement tel que je le conçois, la question du kilométrage ne se pose pas. J’ai abandonné la peur liée au manque de kilomètres parcourus. La saison dernière, Marseille a fait deux préparations rapprochées. Donc deux affûtages, plus de repos et moins de distance nagée. Et ça a marché : nous avons été bons à l’Open de Paris et aux championnats d’Europe.

Un de mes leitmotive est : en faire le moins possible pour faire le mieux possible. Il ne s’agit donc pas d’en faire moins pour en faire moins, mais d’innover pour faire progresser les athlètes. Avec les effets bénéfiques sur la longévité sportive : j’ai des nageurs de 29-30 ans avec quinze ans de carrière.

En faire moins ? Ça peut être, au lieu de deux heures dans l’eau, passer une demi-heure d’explications qui vont aider à mieux nager pendant une heure et demie.

C’est quoi, un sport où on couvre 60km par semaine pour un effort de 47’’ dont 34’’ seulement sont passées à nager ? Je vois mal des coureurs de 400m (effort de temps équivalent à celui du 100m crawl) courir 60km par semaine. En athlétisme, plus d’un tiers du travail se passe en étirements. »

LE MODELE D’AUBURN

« Attention : on fait le travail. Fred Bousquet nage 30-35km par semaine, Gilot 45km (et 20 en période d’affûtage). Mais les kilomètres ne nous obnubilent pas.

Le souci de nager beaucoup, qu’on retrouve dans le BEESAN, le diplôme français d’entraînement, nous est venu des Russes. Moi, j’ai repris le modèle d’Auburn, en Alabama, un centre illustré par ses entraîneurs mythiques, Richard Quick, David Marsh, et qui qualifie facilement cinq nageurs ou plus à chaque Jeux olympiques. C’est plus à la carte, pas trop planifié. Quand je découvre quelque chose de nouveau, je l’intègre : c’est un choix pour rester créatif. Aujourd’hui, le CN Marseille est presque au niveau d’Auburn. »

1000 DECOUPES POUR UN 100 METRES

« A l’entraînement je n’attends pas de mes nageurs qu’ils soient vite, mais précis. Je recherche le geste parfait, le modèle technique.

Une course est une œuvre. Une symphonie, qu’on peut découper de mille façons : un 100m, c’est 67 coups de bras, 9, 4 ou 2 secteurs ; et chaque mouvement peut être à son tour découpé. On peut opérer une véritable dissection. »

LE NAGEUR CONSTRUIT SON FILM

« Les nageurs se copient. Voyez nager Agnel. Il a copié Camille Muffat. Gilot, en quatre ans, a « piqué des trucs » à Bousquet, comme son échauffement, son retour des bras tendus sur 50m et cette efficacité que Bousquet cherche dès le premier mètre à l’entraînement. Meynard, à côté de Schoeman, Gilot et Bousquet, peut emprunter à ces grands nageurs.

Même chose pour les entraîneurs : on progresse entouré d’autres personnes. Ici, à Marseille, nous sommes quatre, pour 21 nageurs. Nous nous parlons sans arrêt, nous nous critiquons. Le nageur va vers l’entraîneur qui lui convient. Il construit son film. Avoir plusieurs mentors, c’est bâtir son autonomie. Et le comble de l’art, pour tout enseignant, c’est de se rendre inutile : c’est pourquoi, le jour de la compétition, j’arrive mains dans les poches, sans chrono. Les autres disent : quelle arrogance. Et pourtant : si j’ai bien travaillé, je n’ai plus rien à faire. »

TECHNIQUE DE POINTE

« Les effets de ce travail technique ? A Budapest, Gilot a le meilleur virage de toute la finale du 4 fois 100m quatre nages ; Bousquet le meilleur 15m des ½ finales du 50m, et Meynard le virage (du 45 au 60m) le plus rapide de la finale du 100m. Notre Stephan Caron, 3e du 100m olympique en 1988, à Séoul, aurait gagné s’il avait eu les départs et les virages de son vainqueur, Matt Biondi. »

QUI EST LE PATRON

            « Bien entendu, c’est moi. J’essaie de leur donner le plus souvent l’impression qu’ils décident. »

BOISSIÈRE [Guy]

Natation. (Châteaudun, Eure-et-Loir, 11 mai 1929-21 décembre 2005). Arrivé à Rouen à la suite de son père, ses qualités de footballeur le firent remarquer par Jules Van Dooren, mais sa mère refusa de signer le contrat de professionnel qu’on lui proposait à seize ans. Il travailla donc dans l’entreprise paternelle et se mit à nager. Champion du monde militaire avec Alex Jany en relais quatre fois 200 mètres, il fut intégré par Lucien Zins dans les équipes de France comme entraîneur des espoirs. En 1973, il dirigea la préparation de Michel Rousseau qui enleva la médaille d’argent du 100 mètres aux championnats du monde, à Belgrade. En 1976, il découvrit parmi les jeunes de Rouen le jeune talent de Stephan Caron. Comme celui-ci, en raison de ses études, n’avait guère beaucoup de temps pour sa préparation, il en fit un sprinteur, et l’amena aux titres et aux records d’Europe. Il reprit le collier en 2000 pour assurer l’entraînement du sprinteur Julien Sicot. Entraîneur national des équipes de France dans les années 1970-1980.

 Article rédigé à la mort de Guy Boissière:

Guy Boissière, entraîneur jusqu’au bout

Guy Boissière, qui s’est éteint dans la nuit de mardi à mercredi, était à la fois l’un des derniers représentants d’une époque révolue de la natation française, et l’un des entraîneurs les plus modernes et les plus actuels. Malgré son âge et bien que ses grandes réussites courent de 1973 (médaille d’argent mondiale de Michel Rousseau) à 1992 (médaille de bronze olympique de Stephan Caron) ; malgré aussi les ennuis de santé qui ne l’avaient pas épargné depuis plus de vingt ans, il restait toujours en activité et suivait depuis 2000 l’un des meilleurs sprinteurs actuels, Julien Sicot. Ce personnage peu commun fut donc en quelque sorte, au titre d’entraîneur à succès, le contemporain à la fois d’Alban Minville, dans les années 1950, de Lucien Zins, Georges Garret ou Suzanne Berlioux jusqu’en 1972, de Michel Pedroletti et Guy Giacomoni vers 1980 et de Philippe Lucas aujourd’hui. Qui dit mieux ?

Non seulement Boissière était dans le coup, mais il était aussi aimé et estimé. Le 9 décembre dernier, à Trieste, à l’instant même où Laure Manaudou toucha le mur pour battre le record du monde du 800 mètres, son entraîneur Philippe Lucas eut ce geste aussi simple que magnifique de délicatesse : il appela depuis son cellulaire Guy Boissière pour lui donner la nouvelle. Les deux hommes conversèrent quelques instants, puis Lucas s’excusa : « je suis attendu par la presse. » L’attention, témoigne sa compagne, l’ancienne championne Catherine Grojean, bouleversa Boissière : jusqu’à la fin, le contact avait été maintenu.

Boissière ne s’accrochait pas à sa fonction d’entraîneur. Mais des jeunes nageurs continuaient de le solliciter, sensibles à cette belle figure paternelle, formidable de compétence et pétrie d’humanité.

Tout comme, début 1973, Michel Rousseau avait demandé une collaboration (qui avait donné la première médaille en championnats du monde de la natation française), Julien Sicot avait requis son aide, et ces derniers mois, un nageur de brasse de Canet, Jean Louis Fouesnant, était allé vers lui.

Pourquoi ? Parce que, dit encore Rousseau, « le temps avait beau passer, il restait le plus jeune, le plus moderne des entraîneurs ; comme il était ouvert sur la vie, sur les gens, sur tout, il a conservé un métro d’avance jusqu’au bout. »

Guy avait fait ses classes dans les années d’après-guerre. Il racontait comment l’entraîneur toulousain Alban Minville, avait reçu le super coach de l’équipe américaine, Robert Kiputh dans sa piscine et lui avait montré « le prochain champion olympique du 400m » à l’entraînement. Combien avez-vous de nageurs, avait demandé Kiputh ?  « Un seul, monsieur Kiputh, il s’appelle Jean Boiteux et il est le prochain champion olympique. » Ainsi fut fait.

Boissière était de cette race : muni d’un seul nageur, il s’en allait faire dérailler les armadas des quatre points cardinaux.

Il était né dans l’Eure et Loire, à Châteaudun, le 11 mai 1929, et se posa à Rouen, à la suite de son père, au temps de l’adolescence. Très tôt, il montra de belles dispositions en football, et fut remarqué à seize ans par Jules Van Dooren. Mais sa mère refusa de signer le contrat de professionnel que lui proposa le LOSC.

Guy se mit donc à travailler dans l’entreprise paternelle de peinture et à nager. Champion du monde militaire avec Alex Jany dans le relais quatre fois 200 mètres, il fut consacré par Lucien Zins comme entraîneur des espoirs. Parallèlement, il avait monté un club de première force à Rouen, les Vikings. Il prépara Michel Rousseau pour le mondial 1973, où, sur 100m, le Français finit à une coudée du gigantesque Jim Montgomery. Trois ans plus tard, Boissière découvrit parmi les jeunes de Rouen le jeune talent de Stephan Caron.

Il lui fallut pour cela l’œil du maquignon ; Stephan fut retenu en stage national à Font-Romeu où après l’avoir mesuré sous tous les angles, les responsables décrétèrent que Caron n’avait aucun talent pour la natation. Boissière haussa les épaules et dix ans plus tard, un palmarès sans précédent – une médaille d’argent mondiale en 1986, deux médailles de bronze olympiques en 1988 et en 1992 plus quelques records et titres européens – lui donna raison. Entre-temps, Boissière et Caron promenèrent à travers les piscines du monde entier un duo délicieux à la Don Quichotte et Sancho Pança (Caron mesure 2m) où la faconde du petit compensait le mutisme du grand.

Quelques alertes cardiaques et son émotivité (Boissière ne regardait jamais les courses de son nageur de peur d’y rester) firent croire que la retraite de Boissière suivrait celle de Caron. Et en effet, pendant des années, Guy se concentra sur son handicap de golfeur et sur sa nouvelle passion, la peinture… Même s’il se présenta aux élections fédérales où il fut élu avant-dernier devant un certain… Francis Luyce. Mais en 2000, il reprit le collier pour assurer, avec son fils éric (son successeur à la tête des Vikings), l’entraînement de Sicot.

Si la jeunesse est un état d’âme, Guy avait trouvé le secret de l’éternelle jeunesse. Il aimait la vie, ce qui est donné à beaucoup de gens, mais, chose plus rare, il aimait la faire aimer. « Quand une personne meurt, on ne veut rappeler que des bonnes choses, dit Michel Rousseau ; mais même en me forçant, il ne me vient que du bon de lui. » Éric Lahmy

Marc BEGOTTI ENTRE TECHNIQUE ET MUSCULATION

(Bonneville, Haute-Savoie, 20 mai 1958-). Entraîneur. Professeur de sport. Il commence à entraîner en 1981, est entraîneur national de 1998 à 2009, entraîneur olympique aux Jeux de Séoul, Barcelone, Sydney, Athènes et Pékin. Marc Begotti est l’un des premiers entraîneurs de natation en France à introduire le travail de musculation dans le programme d’entraînement, il est également à l’origine « des analyses de courses » qui permettent de proposer un entraînement ciblé. Passionné par l’enseignement de la natation, il place l’amélioration de l’efficience motrice au centre du processus d’entraînement dès 1981. Il emmène Catherine Plewinski pendant l’essentiel de sa carrière, entre 1982 (il a alors 24 ans, elle n’a pas encore quatorze ans) et 1993. Sous sa direction Plewinski remporte deux médailles de bronze olympiques, deux médailles d’argent et une de bronze en championnats du monde ainsi que cinq titres de championne d’Europe, deux médailles d’argent et deux de bronze européennes. Entraîneur national, il accompagne Franck Esposito (qui ne progresse plus depuis 5 ans) à partir de 1997 jusqu’à la fin de sa carrière. Esposito enlève sous sa direction trois des quatre (1991, 1997, 1999, 2002) titres européens de sa carrière, et sa seule médaille (argent) en championnats du monde, en 1998. Idem pour Solenne Figues à partir de 2002 (médaillée de bronze olympique 2004, championne du monde 2005 sur 200m), il entraine également Simon Dufour, Christophe Lebon et Alain Bernard et un grand nombre d’internationaux. En qualité d’entraîneur national il accompagne des entraîneurs de pôles : Michel Guizien, Jean Lionel Rey, Denis Auguin, Frédéric Barale. Après les Jeux de Pékin, Claude Fauquet, dont il est l’un des fidèles et l’un des adjoints, démissionne. Il ne fait guère bon, alors, de faire partie de cette phalange dont les mérites sont pourtant exceptionnels ! Il quitte la DTN et, malgré l’intérêt, qu’il fait connaître aux instances, pour la préparation des jeunes, à laquelle il a brillamment participé jusqu’alors, Christian Donzé, auquel il a fait de l’ombre quand tous deux travaillaient dans la même région, et qui le jalouse, ne lui offre aucune mission nationale. On lui préfère un administratif plein de bonne volonté mais dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas su préparer les équipes de jeunes aux championnats d’Europe juniors 2010 et 2011. C’est toute l’ironie de la fonction d’entraineur national : c’est quand elle n’est plus assumée qu’on s’aperçoit du plus qu’elle apportait. En pleine force de l’âge et au sommet de ses savoirs, Marc devient CTR de natation de sa région d’origine le Dauphiné-Savoie ; il s’intéresse particulièrement à la formation des entraîneurs, ayant comme objectif d’élever le niveau en natation de cette région. Depuis l’été 2013, on évoque la participation de Marc Begotti à une mission liée à l’information des entraîneurs, auprès de Denis Auguin.

BARBIT [Pierre]

Natation. (Choisy-le-Roi, 31 mars 1917-). France. Nageur, puis entraîneur. Il débuta à seize ans à Choisy-le-Roi sous la férule de Charles Copin, qui était à la fois un entraîneur et un affichiste publicitaire de grand talent. Comme il ne savait pas respirer dans l’eau, il fit du dos. Prisonnier de guerre, évadé, il entra dans la clandestinité, adhérant à un mouvement de résistance communiste. La paix retrouvée, il entraîna à Choisy-le-Roi, puis dirigea la piscine du Stade Gaëtan-Devaux, à Brive, avant de monter prendre en mains la section de natation du Racing club de France que dirigeait André Foucher-Créteau (1949-1961). Directeur de la piscine Molitor (1960-1962), premier Directeur technique de la natation française (1962-1964), il s’installa au Palm Beach de Cannes où il découvrit plusieurs talents, Jean-Philippe et Pierre Andraca, Patrice Mounier, Jean-Paul Biancamaria, qu’il fit tous monter avec lui à Paris quand il reprit la section natation du Racing où évoluaient déjà Bernard Vicente, Marc de Herdt et Jean-Paul Berjeau. Il créa une école de natation copiée sur les principes en vigueur aux états-Unis, mais à la mort de Foucher-Créteau, ce système novateur, mais payant, et tès rémunérateur, ce qui lui fut reproché, fut combattu et Barbit licencié. Il se concentra désormais sur son affaire de maillots de bains (Barbit Sports) tout en continuant d’entraîner, découvrant des talents comme celui de Sophie Kamoun avant de prendre sa retraite d’entraîneur, créa avec l’appui de Lucien Zins, vers cette époque, le Collège des Entraîneurs Français de Natation. En 1951 et en 1953 (4’31’’5), il réussit le rare exploit d’amener au record du monde le relais 4 fois 100m quatre nages du Racing, formé de Violas, Dumesnil, Arène et Éminente. Retiré à Sommières, près de Montpellier.

BARANY [Istvan]

Natation. (Eger, Heves, 20 décembre 1907-Budapest, 21 février 1995). Hongrie. Premier nageur européen à battre la minute sur 100 mètres, en 59’’8, quand il fut 2e derrière Johnny Weissmuller dans l’épreuve Olympique de 1928. Sa longue carrière s’étendit sur trois Jeux olympiques, ceux de 1924, 1928 et 1932, et il entra dans le relais quatre fois 200 mètres médaillé de bronze à Los Angeles, en 1932. En trois éditions des championnats d’Europe, en 1926, 1927 et 1931, il remporta sept médailles, dont quatre en or, deux sur 100 mètres, une sur 400 mètres et une dans le quatre fois 200 mètres (1931). Il gagna le 100 mètres en 1926, en 1’1’’2 devant Arne Borg, fut sévèrement battu par Borg en 1927, en 1’3’’2 contre 1’, et devança Szekely en 1931, nageant 59’’8. En 1931, il enleva aussi le 400 mètres, après une course serrée contre Jean Taris, en 5’4’’ contre 5’4’’2. Devenu docteur en droit et en sciences politiques, il signa dix-huit ouvrages sur la natation, fut secrétaire de la Fédération hongroise de natation et organisa les championnats d’Europe de Budapest (1958).

BABANINA [Svetlana Viktorovne]

Natation. (Tambov, Russie, 4 février 1943-). URSS. L’une des meilleures nageuses de brasse au monde, la Soviétique d’Ouzbékistan fut médaillée de bronze du 200 mètres brasse, en 2’48’’6, aux Jeux de Tokyo, en 1964, et championne du monde universitaire en 1965. Solide et harmonieuse (1,73m, 62kg), elle appartenait à une école soviétique dominatrice, avec Galina Prozumenchikova, avec qui elle se disputa la suprématie. Sociétaire du Spartak de Tachkent, elle établit deux records du monde du 100 mètres brasse, sa meilleure distance, qui n’était pas disputée aux Jeux olympiques de 1964, avec 1’17’’2 (1964) et 1’16’’5 (1965). Son parcours lancé en 1’15’’3 dans le relais quatre nages russe de 1964 où elle surpassa toutes ses rivales et reprit trois secondes à l’Américaine Cynthia Goyette fut le plus rapide de toutes les concurrentes. Mais collectivement, les Américaines, qui engageaient trois championnes olympiques individuelles, l’emportèrent, et les Russes furent 3emes. A Tokyo, jouant témérairement la carte de sa vitesse, elle lança sa course avec une extrême vivacité, mais ne put tenir ce rythme. Finalement elle fut devancée par deux jeunesses, Prozumenchikova, 15 ans, et l’Américaine Claudia Kolb, 14 ans.