Catégorie : Natation

LASZLO CSEH POULIDOR HONGROIS

L’ARGENT N’A PAS TOUJOURS FAIT SON BONHEUR

Eric LAHMY

 _______________________________________________Mercredi 8 Juillet 2015

CSEH [Laszlo] Natation. (Budapest, 3 décembre 1985-). Hongrie.

Après avoir débuté sa carrière, à la fin du siècle, auprès de Planagy Szolt, il rejoint, pour une grande dizaine d’années, Gyorgy Turi au sport club de Kobanya, il retourne en 2015 son premier coach, auprès duquel il espère retrouver un intérêt nouveau dans sa pratique. Tout en s’entraînant, il consulte des psychologues qui seront censés l’aider à briser sa litanie de places d’honneur – derrière les vainqueurs ! Il pense parfois, en effet, que des défaites face à Phelps et lochte pourraient être provoques par une faille psyhcologique. Entre-temps, Cseh a beaucoup bourlingué pour trouver le grand succès auquel il rêve, la médaille d’or olympique. Il a ainsi côtoyé Ryan Lochte au SwimMac des USA, où l’a attiré l’entraîneur italien Admir Kajo Kajevic, se préparant sous David Marsh. Mais Planagy Szolt a surtout décidé qu’il lui fallait oublier ses distances passées, et se concentrer sur… le 100 mètres papillon.

En attendant le déclic qui se produira – ou pas – à Kazan ou à Rio, Cseh arbore à 29 ans un gros palmarès de nageur professionnel ; il est, avec Ryan Lochte (et plus que lui) et de nombreux autres, un nageur d’élite qui a souffert de la comparaison avec Phelps. Si l’on suit l’accumulation lancinante de ses titres, on s’aperçoit qu’il n’a pas gagné grand-chose entre les Jeux olympiques et les mondiaux en grand bassin, mais qu’il a souvent été là pour les médailles. Un seul titre, de champion du Monde du 400 mètres quatre nages, en l’absence de Michael Phelps, 2e en 200 mètres quatre nages derrière Phelps, 3e du 100 mètres dos, cela à Montréal, en 2005 ; Deux ans plus tôt, à Barcelone, il a été 2e du 400 mètres quatre nages derrière Phelps ;  3e, 2e et 3e du 200 mètres quatre nages en 2007 (Melbourne), 2009 (Rome) et 2011 (Shanghai), 3e du 400 mètres 4 nages en 2009, enfin 2e du 100 mètres papillon en 2013 (Barcelone). Au plan olympique, on le trouve argenté ou bronzé deux fois sur 200 mètres quatre nages (2008, 2e, 2012, 3e), une fois sur 200 papillon (2008, 2e), deux fois sur 400 4 nages (2004, 3e, 2008, 2e). Avant les Jeux de 2004, il s’est cassé un pied lors d’un camp d’entraînement et rétrograde d’une place par rapport à l’argent conquis en 2003. En revanche, son palmarès européen est étoffé. Entre 2004 et 2014, on le retrouve sur la plus haut marche du podium à 12 reprises, sur 100 mètres dos (2004), 200 mètres papillon (2012), 200 mètres 4 nages (2006, 2008, 2010, 2012, 2014), 400 mètres 4 nages (2004, 2006, 2008, 2010, 2012). Il enlève aussi 16 titres de champion d’Europe en petit bassin.

La « défaite » qui parait l’affecter le plus se situe sur 200 mètres papillon, à Pékin. En effet, dans cette course, il a remonté Phelps dans la troisième longueur. Mais, a-t-il raconté à Karen Crouse, « chaque fois que vous croyez pouvoir défaire Phelps, il s’élance vers un nouveau sommet. » Reprenant une partie de son retard à Phelps dans la 3e longueur, il laissa échapper quelques fractions de seconde au virage… Finalement Phelps l’emporta en 1’52’’03, record du monde, devant Cseh, 1’52’’70, record d’Europe, Takeshi Matsuda, Japon, 1’52’’97, record d’Asie, et Ross Burmester, Nouvelle-Zélande, 1’54’’35, record d’Océanie.

 

CROS LE NAGEUR QUI AIMAIT TRAINER EN LONGUEURS

                                                                                         Lundi 27 Avril 2015

CROS [Sylvain] Natation. (Clermont-Ferrand, 2 juin 1980-). France. Il débute à Vichy Cusset Bellerive à la suite de son frère aîné dans le groupe de Ghislaine Patureau (1986-8), passe, en fonction d’une mutation de son père, dans un excellent centre formateur, au Stade clermontois, avec Pierre Robin, Hervé Lacort, puis Anne-Marie Sanciaume (1988-92), rejoint Christos Paparrodopoulos au Cercle Nautique Havrais, où il nage au côté de David Abrard et Hugues Dubosc et effectue de gros progrès (1996-2000). Il est alors un bon nageur de dos, quand il arrive à Strasbourg, où le très décrié entraîneur, Jean Douchan Le Cabec, aux méthodes de gourou (« sans même m’avoir vu nager, raconte Sylvain, il me dit : je ferai de toi le meilleur nageur de 1500 du monde ») le fait nager quinze kilomètres par jour la première année, 20 kilomètres la seconde, 25 kilomètres la 3e, et finit à 30 kilomètres par jour, ce qui ne s’est jamais vu dans le monde de la natation, même si on a raconté – sans aucune certitude – que les Japonais avaient expérimenté ces distances folles ! Cros, 80kg pour 1,90m, termine 3eme du 1500 mètres – sa meilleure distance – du championnat d’Europe à Istanbul en 1999 en 15’18’’26, améliorant le record, 15’21’’45 de Franck Iacono. Mais l’année suivante, la méthode du kilométrage à tout crin atteint ses limites et produit ses contre-finalités. La progression s’enraye. Trop nager (30 kilomètres dans l’eau représentent, en temps, l’équivalent de 145 kilomètres sur terre !) ne peut se faire qu’au détriment de la technique et, bien entendu, de la fraîcheur… Cros n’en voudra pas à LeCabec de ses excès. Il estime à avoir appris de ces expériences limites. Cros rencontre alors son grand copain, de trois ans son cadet, Guy-Noël Schmitt dont il dira qu’il lui aura montré ce qu’étaient la persévérance et le courage. Passé à Cannes (2000-2006), entraîné par Lionel Volkaert (alors qu’il est licencié à Clichy), côtoyant Stephan Perrot, Johan Bernard, et, très vite, Schmitt venu le rejoindre, il enlèvera en tout, entre ses années Strasbourg et Cannes, six titres de champion de France, 1500 mètres en 1998 et 1999, 400 mètres en 1999, 2000, 2001, 2002, outre les relais quatre nages de Clichy vainqueurs auxquels il participe en 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005. Il termina sa carrière à Antibes (2006). Il monte avec deux amis un club de sauvetage côtier, tout en nageant dans la catégorie « masters » (record du monde C1).

JUNE CROFT, BELLE ET VICTIME DU DOPAGE

                                                                              Dimanche 27 Avril 2015

CROFT [June Alexandra]. (Ashton-in-Makerfield, Manchester, Lancashire, 17 juin 1963- ). Grande-Bretagne. Grand talent barré de bien des podiums par le dopage d’Etat des Allemands de l’Est, qui visait surtout les filles, quand même plus faciles à viriliser !, cette belle (1,70m, 60kg) styliste fut championne du Commonwealth à Brisbane sur 100 et 200 mètres (devant Tracey Wickham) en 1982, année où elle fut 7e du 200 (dont elle dominait les bilans mondiaux avec son temps de Brisbane, record du Commonwealth en moins de deux minutes) et sur 400 mètres aux championnats du monde de Madrid. Elle représenta le Royaume-Uni dans trois éditions successives des Jeux olympique et enleva le bronze du 400 mètres en 1984, à Los Angeles, en 4’11’’49 (derrière l’Américaine Tiffany Cohen et l’autre Britannique, Sarah Hardcastle), quatre ans après avoir gagné l’argent avec le relais 4×100 mètres 4 nages à Moscou, en 1980. A Los Angeles, elle fut aussi 6e du 100 mètres et du 200 mètres libre. Elle appartenait aux Wigan Wasps et s’entraînait sous la direction de Keith Bewley à la piscine de Wigan. Dotée d’une nage longue, esthétique, elle détint de nombreux records britanniques de 1974 à 1984.

CROCKER, « PAP » DONT PHELPS FUT LE DAUPHIN

                                                                                                     Dimanche 24 Avril 2015

CROCKER [Ian]. Natation. (Portland, Maine, 31 août 1982-). USA. Champion et recordman du monde (50’’40), du 100 mètres papillon, à Montréal, en 2005, où il fut vainqueur du relais 4 fois 100 mètres quatre nages. Il a glané cinq médailles olympiques, et fut le premier nageur sous les 51’’ au 100 mètres papillon. Il en amena le record du monde à 50’’98, puis à 50’’40. Il gagna deux médailles d’or et une d’argent aux mondiaux 2003 de Barcelone, puis de même à ceux de 2005.

Il était le seul nageur au monde à pouvoir s’opposer, à armes égales, Michael Phelps, sur 100 mètres papillon. Fort de ses 1,95m pour 86kg, face au suractif Phelps, il présentait un profil d’artiste, qui aime la photo, la guitare, Bob Dylan, la cuisine…

Il commenca à nager en 1989 et battit plusieurs records de l’Etat du Maine dans les catégories d’âge.

Sa carrière olympique commença aux Jeux de Sydney, en 2000, quand plus jeune des seize demi-finalistes du 100 mètres papillon, à dix-huit ans et vingt jours,  il fut 4e (52’’44) dans une course serrée, remportée par Lars Frolander, 52’’, devant Michael Klim, 52’’18, et Geoff Huegill, 52’’22 ; et champion olympique avec le relais quatre fois 100 mètres 4 nages qui battit le record du monde et où lui-même nagea son parcours en 52’’10, moins vite que l’Australien Huegill, 51’’33. Mais ce n’était que prémisses d’une époque où deux nageurs se disputeraient la couronne du 100 mètres papillon, Michael Phelps et lui-même…

En 2001, il est 2e du 100 mètres papillon, sa grande épreuve, aux mondiaux, en 52’’25 contre 52’’10, derrière Lars Frölander qui réussit là l’exploit de faire suivre l’or olympique par l’or mondial.

En 2002, s’il gagne la course des Panpacific, c’est Phelps, qui ne s’est pas engagé dans l’épreuve individuelle, qui nage dans le relais quatre nages. Aux mondiaux 2003 (Barcelone), lors des demi-finales, le 25 juillet, Andreii Serdinov, en 51’’76, et Michaël Phelps, en 51’’47, améliorèrent l’un après l’autre le record du monde de l’épreuve qui appartenait à Michael Klim avec 51’’81, et Crocker paraissait dépassé. Mais en finale, il produisit l’effort nécessaire pour l’emporter, passant sous les 51’’. Phelps était battu de 12/100e, en 51’’10, Serdinov plus nettement, en 51’’59. Crocker nagea 50’’76 à Long Beach en 2004, se qualifiant pour les Jeux où il partait favori. Mais cette fois, souffrant, comme on le vit sur 4 fois 100 mètres où sa contre-performance coûta l’or et l’argent à son équipe qui termina 3e, comme dans le 100 libre individuel où il finit 17e, il fut en-dessous de sa meilleure valeur, et, après l’avoir devancé dans la 2e demi-finale, Michaël Phelps remporta la finale, 51’’25, devant Crocker, 51’’29 et Serdinov, 51’’36. Mais Crocker, en raison de ses excellentes relations avec Phelps qui refusa de lui prendre sa place, conserva son poste dans le relais 4 nages et enleva l’or avec le record du monde.

En 2005, Crocker, avec cette aptitude à signer ses meilleurs temps quand nécessaire, que signalait son entraîneur Eddie Reese, retrouva sa pleine santé : après avoir enlevé l’argent du 50 mètres papillon, il remporta le 100 mètres papillon en 50’’40, record du monde, et devança très largement (une longueur) Michael Phelps, 51’’65, après l’avoir littéralement laissé sur place au départ, et viré avec 0’’73 d’avance. Cette victoire lui assura cette fois sans contestation sa place dans le relais quatre nages vainqueur (où il effectua son parcours de papillon en 50’’39).

En 2006, Crocker se maintint à un assez haut niveau de performances, et remporta le relais des Panpacific, 3’31’’79 en avalant son parcours en 50’’92. Il gagna également le 100 mètres papillon, que Phelps avait négligé pour se concentrer sur 200 papillon, 200 et 400 quatre nages, et les relais de nage libre. Sans Phelps, Crocker l’emporta très largement, en 51’’47, devant deux Japonais, Ryo Takayasu, 52’’59, et Takashi Yamamoto, 52’’71.

Mondiaux 2007. Dans la course individuelle, Phelps, qui, fort de la leçon des mondiaux 2005, le devança de 0’’05 dans une course où non seulement Crocker domina de bout en bout, mais parut gagner sur le mur. Phelps touchait en 50’’77 contre 50’’82. Crocker ayant perdu la place en finale du relais, un départ anticipé de sa part causa, aux mondiaux 2007, la disqualification, en séries, du relais américain quatre fois 100 mètres 4 nages ! Erreur freudienne! Car elle empêchait Phelps d’atteindre son programme, gagner huit médailles d’or mondiales.

Encore présent sur 100 mètres papillon aux Jeux de Pékin, en 2008, Crocker, en 51’’13, y fut 4e derrière Phelps, 50’’58, Milorad Cavic, 50’’59, et Andrew Lauterstein, 51’’12, ratant le bronze d’un centième de seconde. En 2009, il a lancé une école de natation, située à Austin et Dallas, avec d’anciens équipiers, Neil Walker et James Fike.

KIM WELSHONS, ORIGINALE ET SYNCHRO

Par Eric LAHMY                    Montréal, Samedi 28 Mars 2015

Kim Welshons, une des championnes US de natation synchronisée du temps où l’activité revendiquait moins son caractère sportif et plus ses origines artistiques, et  s’appelait plutôt ballets nautiques, voire danse aquatique, s’est éteinte, ce 5 mars 2015, chez elle, entourée de l’affection de sa famille et de ses amis, après une courte lutte contre un cancer du pancréas. Kim Welshons,  née en 1950 à Carlsbad, en Californie, grandit à Santa Clara avec sa sœur Kris. Toutes deux étaient des gymnastes et des nageuses, et les ballets aquatiques devinrent une passion commune. Toutes deux atteignirent un niveau élevé de perfection dans leur domaine de prédilection.

Cette figure des ballets nautiques des Etats-Unis des années 1960, fut l’une des rares nageuses de l’époque à avoir joui d’une longue carrière. Sa mère, Kathryn (Achelis, qui lui a survécu) était entraîneur de natation et maître nageur sauveteur à Danville, dans le nord de la Californie, où la famille résidait, et ceci lui facilité les choses. Kim débuta, donc, avec sa sœur Kris (Bennet), en club, à Oakland, avant de rejoindre l’équipe dominante, les Santa Clara Aquamaids. Kim avait été, à douze ans, en 1963, la plus jeune gagnante de l’histoire des Jeux panaméricains. Très complète : brillante soliste, duettiste et équipière remarquable, très forte en figures imposées, elle enleva 13 titres US – dont trois soli et trois duos en 1968 et 1969 – et 14 titres internationaux, et était présentée comme la championne du monde. Très belle dans l’eau, elle donnait l’impression de ne produire aucun effort ; originale dans le choix des thèmes de ses routines, fort demandée en-dehors des compétitions, elle effectua deux exhibitions commandées par l’épouse du président des USA, Lyndon Johnson, devant un parterre d’hommes d’état. A vingt ans, elle devint entraîneur national du Mexique. Diplômée en biomécanique de l’Université d’état de San Diego, elle était parvenue à rééduquer son père, paralysé d’un bras à la suite d’une attaque, par un travail en piscine, là où la médecine classique avait échoué. À la suite de ce succès, elle ouvrit un centre de rééducation, Aquatic Enhancements. En 1994, cette championne originale devint (seule femme à ce poste) membre de la Commission de boxe de Californie.

FRAN CRIPPEN, ET SOUDAIN LE DRAME…

Lundi 9 Mars 2015

CRIPPEN [Francis « Fran »] (Bryn Mawr, Pennsylvanie, 17 avril 1984-Fujaira, Emirats arabes unis, 23 octobre 2010). USA.

Nageur de longues distances des USA, mort en course. Il débute la natation à six ans sur la trace de sa sœur Maddy. Trois de ses sœurs sont des nageuses de compétitions. Maddy (10 juillet 1980-), l’aînée de la famille, est championne universitaire NCAA du 400 mètres quatre nages en 1999 pour l’Université de Villanova, et termine 6e du 400 mètres 4 nages des Jeux de Sydney (2000). Claire (1988-), Université de Virginie, accède aux finales nationales et NCAA. Teresa (Conshohocken, Pennsylvanie, 12 avril 1990-), 1,78m, nageuse au talent étonnamment versatile, entraînée à Germantown par Richard Schoulberg, puis à l’Université de Floride par Gregg Troy, est championne panaméricaine sur 200 mètres dos et avec le relais quatre fois 200 mètres, 2e du 400 mètres 4 nages en 2007 à Rio de Janeiro, 2e du 200 mètres papillon des PanPacifics 2010 derrière la recordwoman du monde australienne Jessicah Schipper. Après avoir nagé en piscine, Francis effectue en 2006 une transition très réussie dans les longues distances. Il représente l’Université de Virginie où il étudie la sociologie et pour laquelle il accède à 11 places d’All American. Plus tard, il nagera pour Germantown (Fort Washington) et la marque Tyr. Il enlève sept médailles internationales, dont cinq en eau libre. Médaillé de bronze aux Goodwill Games en 2001 à Brisbane, Australie, 2e du 400 mètres et du 1500 mètres des Jeux Panaméricains 2003, à Saint Domingue, en République Dominicaine, il est encore 2e aux PanPacifics 2006, sur 10 km (eau libre). De 2006 à 2010, il représente les Mission Viejo Nadadores (coach, Bill Rose). En 2007, il gagne le 10 kilomètres des Jeux Panaméricains de Rio de Janeiro, au Brésil. 3e de la même épreuve des mondiaux 2009, il gagne, l’année suivante, la course aux PanPacifics, à Irvine, Californie. Ses titres nationaux US ont été acquis sur 800 mètres (2), 5 kilomètres (2) et 10 kilomètres (2). Il meurt lors d’une course en eau libre, à Fulairah (Emirats Arabes). La semaine précédente, il a gagné l’étape de Cancun. Aux Emirats, un équipier, Alex Meyer, s’étonne de ne pas le voir à l’arrivée. Deux heures après la course, des plongeurs repèrent son corps, flottant entre deux eaux, à cinq cents mètres de la plage. Plusieurs nageurs, dont le vainqueur Thomas Lurz, se sont plaints de la chaleur de l’eau, qui avoisine les 30° Celsius, et plusieurs d’entre eux ont souffert de symptômes de coups de chaleur, trois étant même brièvement hospitalisés. Crippen, vers les huit kilomètres, se plaint à son entraîneur d’avoir soif, mais il n’abandonne pas la course.

LORRAINE CRAPP AUX SEIZE RECORDS DU MONDE

Lundi 9 Mars 2015

CRAPP [Lorraine Joyce] Natation. (Sydney, 17 octobre 1938-). Australie. Championne d’Australie sur 220 yards dès 1951 à treize ans, elle est la meilleure nageuse du monde en 1956, avant Dawn Fraser, et la première ondine à franchir  la « barrière » des cinq minutes aux 400 mètres. Entraînée par Harry Gallagher avant, à seize ans, de le quitter pour Frank Guthrie, elle est encore une écolière de quinze ans et neuf mois, à Burwood, dans les Nouvelles-Galles-du-Sud, quand elle s’affirme aux Jeux du Commonwealth de Vancouver, en 1954, en gagnant les 110 yards en 1’5’’8 et les 440 yards en 5’11’’4. Elle améliore quatre records mondiaux en une seule course, le 15 août 1956, sur 200 mètres, 2’19’’3, 220 yards, 2’20’’5, 400 mètres, 4’50’’8, et 440 yards, 4’52’’4. Le record du monde du 400 mètres, détenu depuis seize ans par Ragnhild Hveger en 5’0’’1, est battu de 9’’3. Mais ce n’est pas tout. Deux mois plus tard, Crapp réitère son quadruple exploit en un, sur les mêmes distances, cette fois dans les temps de 2’18’’5, 2’19’’1, 4’47’’2 et 4’48’’6. Le même jour, 20 octobre, elle bat aussi, au départ d’un relais, le record du monde du 100 mètres et des 110 yards de Dawn Fraser, en 1’3’’2 contre 1’3’’3, ce qui amène son total de records de la journée à six. Une semaine plus tard, à Melbourne, elle porte le record du 100 mètres à 1’2’’4. Pas étonnant, en procédant ainsi, qu’elle ait amélioré 23 records du monde (16 individuels) dans sa carrière. Aux Jeux Olympiques de Melbourne, en décembre 1956, Crapp, battue de 0’’3 au 100 mètres – 1’2’’ contre 1’2’’3 – par Fraser, l’emporte sur cette dernière d’une douzaine de mètres sur 400 mètres, en 4’54’’6 contre 5’2’’5. Toutes deux participent au relais australien vainqueur en 4’17’’1 (Crapp, qui finit pour l’Australie, nage son parcours lancé en 1’3’’1, le temps le plus rapide de toutes les relayeuses). Lorraine est une perfectionniste, et elle s’entraîne avec les garçons, tant elle est supérieure aux autres filles. D’un physique normal (1,67m), elle est surtout dotée d’un battement excellent, le meilleur de tous les Australiens, hommes compris – Forbes Carlile la chronomètre en 37’’ sur 55 yards – ce qui fait que son style de nage s’apparente plus à celui des Américains (battement à six temps) qu’à celui des Australiens, basé sur la prépondérance des bras et sur un battement trainant à deux temps. Ainsi, son fort battement lui permet de laisser glisser sa main plus longtemps au lieu, comme ses équipiers, de se placer tout de suite en position de traction.

[Selon Gallagher, cependant, ce fort battement était ce qui l’avait empêchée de devancer Fraser sur 100 mètres. En effet, expliquait-il, quand elle voulait accélérer, cette intention se traduisait instinctivement chez elle par un forçage sur son battement, alors qu’elle aurait dû au contraire augmenter sa cadence de bras. Il est intéressant de noter qu’un tel constat avait amené, cinquante ans plus tard ; Guennadi Touretsky à enseigner à Klim un retour aérien des bras tendus, technique qui, expliquait-il, contrecarre la tendance du sprinteur qui appuie sur les jambes à ralentir son action des bras.]

En 1955, une grave infection d’une oreille fait redouter une fin de carrière prématurée. Elle se retire seulement après les Jeux Olympiques de Rome, en 1960, où, grande forme dépassée, elle nage en 1’4’’7, dans le relais australien médaillé d’argent (4’11’’3).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BUSTER CRABBE, LE TARZAN « BIS »

Lundi 9 Mars 2015

CRABBE [Clarence Linden « Buster »]. Natation. (Oakland, Californie, États-Unis, 7 février 1908-Scottsdale, Arizona, 23 avril 1983). États-Unis. Champion olympique, il succéda à Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan à l’écran comme il lui avait succédé sur les podiums. Il fut vainqueur du 400 mètres des Jeux olympiques de 1932 (devant le Français Jean Taris), quatre ans après avoir été médaillé de bronze du 1500 mètres. Les deux hommes nageaient dans des lignes opposées et avaient du mal à se voir. Taris mena la course avec vivacité, Crabbe partant plus prudemment. Mais dans la deuxième moitié de course, l’Américain revint, et toucha d’une main devant, en 4’48’’4 contre 4’48’’5. Le troisième de la course, le Japonais Oyokata, était distancé de quatre secondes… On a dit que ce succès lui ouvrit les portes de Hollywood. En effet, il avait été refusé en 1931 pour reprendre le rôle de Tarzan, et avait interprété, dans une pâle copie, intitulée Le Roi de La Jungle, le personnage principal, Kapa, l’homme lion ! Or le succès de ne nanar fut assuré par le 400 mètres victorieux et les businessmen d’Hollywood eurent l’idée de créer une « rivalité » entre Weissmuller et Crabbe. Californien de naissance, celui-ci s’était retrouvé, à l’âge de dix-huit mois, à Hawaii où ses parents s’étaient installés. Il apprit à nager à l’école de Puna Hou (Honolulu), où, sportif et athlétique, il se distingua aussi en football, en basket et en athlétisme. S’il ne battit qu’un seul record du monde, sur 880 yards, 10’20’’4, en 1930, il remporta onze titres américains d’été, dont celui du mile à cinq reprises (1927-1931).

Sa victoire olympique le lança donc au cinéma, où il fit une carrière florissante de héros pour la jeunesse. Septième Tarzan de l’écran, il fut aussi Buck Rodgers, Captain Gallant, Flash Gordon et joua dans soixante-cinq westerns. Raillé pour ses capacités d’acteur, lui-même en plaisantait et le regrettait tout à la fois : « on a dit que j’ai commencé très bas puis que je me suis stabilisé. Mais on ne m’a jamais appris à jouer, et sans cela, j’aurais pu atteindre un bon niveau. »

LYNNE COX, LE BRISE GLACE HUMAIN

Jeudi 5 Mars 2015

COX [Lynne]. Natation. (Boston, Massachusetts, 1957-). États-Unis.

Nageuse de grand fond (eau libre), spécialiste des eaux glacées, elle apprend à nager avant ses deux ans dans les lacs du Maine. Quand, en 1969, ses parents quittent le New Hampshire pour Los Alamitos, en Californie, elle rejoint le coach Don Gambrill à Philips 66. Celui-ci, voyant qu’elle s’ennuie dans des allers-retours de bassin, l’encourage à s’engager dans des courses en eau vive. Les nécessités du demi-fond dans les eaux glacées vont l’amener à étoffer sa silhouette, et elle atteindra 82kg pour 1,68m, augmentant sa flottabilité et sa résistance aux conditions de froid extrême. En 1971, à quatorze ans, elle effectue avec quatre amies la traversée des 40 kilomètres du détroit de Catalina en 12h36 ; mais surtout, le froid, les vagues, la solitude, le sentiment de libération qu’elle en ressent, provoquent en elle une sorte d’extase. C’était, dit-elle, comme si on avait ouvert une cage vers la liberté ; elle se transforme alors en démolisseuse de records : celui, absolu (hommes et femmes) de la traversée de la Manche (9h57’ en 1972, puis 9h36’ en 1973), celui de la traversée du détroit de Catalina en 8h48’ en 1974 ; elle effectue les « premières » du détroit de Cook (32km), des détroits de Magellan (Chili, 1976), de Behring et du Cap de Bonne-Espérance, ainsi que les traversées des détroits d’Oresund et Skagerrak (Scandinavie). Elle fait preuve d’une bravoure insensée, et reçoit en hommage le surnom de la femme ours polaire. Elle effectue trois fois la traversée des Aléoutiennes, celle du cap de Bonne Espérance en 1979. Elle est en 1988 la première femme à traverser le lac Baïkal, et en 1992 le lac Titicaca, à 3810 mètres d’altitude, etc. Sa traversée du détroit de Behring, 2,7 miles en 2h16’, dans une eau à moins de 1° où un homme ne peut survivre plus de trois minutes (!) le 7 août 1987, demeure son plus étonnant exploit ; il effare les physiologistes qui l’observent ; à l’occasion, les Soviétiques ouvrent pour la première fois depuis 47 ans leur frontière ; Lynne Cox est reçue par le président Ronald Reagan, et Mikhaïl Gorbatchev fait longuement référence à Lynne dans un toast lors de sa réception à la Maison Blanche. Elle nage en 2002 dans l’Antarctique, franchissant la distance de 1700m en vingt-cinq minutes. Elle dispose d’une attaque longue et lente et d’un battement de jambes proche de zéro, propices aux efforts les plus démesurés…

*Auteur d’une autobiographie, Swimming to Antartica, inscrit parmi les 50 meilleurs livres de 2004 dans le classement d’Amazon, elle a aussi raconté deux ans plus tard sa rencontre avec un bébé baleine, dans Grayson, un ouvrage traduit en français sous le titre : Le Cri de la Baleine.

KIRSTY COVENTRY, LEGENDE AFRICAINE

COVENTRY [Kirsty]. Natation. (Harare, Zimbabwe, 16 septembre 1983- ). Zimbabwe.

Une des héroïnes des Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004, où elle enlève le titre du 200 mètres dos, l’argent du 100 mètres dos et le bronze du 200 mètres quatre nages. Ses succès olympiques connaissent un retentissement énorme dans son pays, nation très pauvre et agitée de forts soubresauts politiques et sociaux. Elle-même a réalisé ses plus beaux exploits chronométriques en utilisant les combinaisons polyuréthane, ce qui peut mettre en doute par exemple sa légitimité à succéder, sur 200 mètres dos, à la Hongroise Kristina Egerszegy. Mais pas sa domination dans la natation de son époque. Assez discrète depuis des années, elle s’entraîne toujours, aux USA, et ambitionne de nager encore aux Jeux de Rio.

Coventry mesure 1,73m et avoue 59-60kg.  Elle n’est pas présentée généralement comme une personne spécialement douée, mais sa nage est puissante, fluide, efficace, et dégage une impression de force. Issue d’une famille sportive (un oncle international de rugby), Kirsty reçoit ses premières leçons de natation de sa mère, à dix-huit mois. Ses parents possèdent au Zimbabwe une entreprise, Omnichem, spécialisée dans les produits chimiques domestiques. Les week-ends, la famille aime se rendre au grand lac artificiel de Kariba, formé par un barrage sur le fleuve Zambèze, pour pêcher en famille, observer les grands animaux, éléphants, impalas, hippos, zèbres, giraffes, qui viennent boire. Kirsty commence à nager à six ans dans un club local, Highlands, puis plus tard, dans un autre club, Otters, entre dans sa première équipe du Zimbabwe à neuf ans. A douze ans, elle signera aux Pirates, où elle sera entraînée par un couple, les Mathieson. Comme on ne peut chauffer suffisamment la piscine l’hiver, Kirsty est une athlète polyvalente, qui court, fait du hockey sur gazon afin d’améliorer sa force et sa condition physique. Elle partage une ligne d’eau avec cinq autres enfants. En 2000, c’est déjà une nageuse accomplie, qui parvient en demi-finale du 100 mètres dos (1’2’’55, 12e temps) et finit 18e du 200 mètres 4 nages des Jeux de Sydney. Elle a dix-sept ans quand elle est recrutée par l’Université d’Auburn, en Alabama, dont l’équipe de natation, les « Tigers », est entraînée par Kim Brackin. Là, elle découvre l’entraînement collectif, ce qui, témoigne Brackin, lui rend les choses plus faciles, ses buts personnels prenant un caractère moins prioritaire. Elle-même déclare apprécier la vie de groupe où elle « compte cinquante frères et sœurs. » Et les impératifs de la compétition à l’entraînement (il lui faut « gagner » à chaque séance, tous les jours) lui conviennent. Emmenés par cette polyvalente surdouée, les Tigers enlèvent les prestigieux titres NCAA qui font l’elles la meilleure équipe universitaire des USA. Ses exploits d’universitaire sont innombrables, le plus remarquable étant de gagner trois titres individuels deux années de suite, en 2004 et 2005. On a dit plus haut ses succès d’Athènes, en 2004. Elle gagne le 200 mètres dos en 2’9’’19 devant la Russe Stanislava Komarova, 2’9’’72, l’Allemande Antje Buschschulte et la Japonaise Reiko Nakamura, ex-aequo en 2’9’’88. Sur 100 mètres dos, elle termine en 1’0’’50, entre Natalie Coughlin, gagnante en 1’0’’37, et Laure Manaudou, 3e en 1’0’’88. Sur 200 mètres quatre nages, elle est 3e en 2’12’’72 derrière l’Ukrainienne Yana Klochkova, 2’11’’14 et l’Américaine Amanda Beard, 2’11’’70. Un an plus tard, rebelote, aux mondiaux 2005 de Montréal, elle remporte aisément 100 mètres dos et 200 mètres dos, finit 2e du 200 mètres 4 nages en 2’11’’13, et, nouvelle adjonction à son programme, du 400 mètres 4 nages, en 4’39’’72, derrière l’Américaine Katie Hoff, 2’10’’41 et 4’36’’07. C’est là, dira-t-elle, qu’elle prend conscience de sa valeur sur 400 mètres 4 nages. Sur 100 mètres dos, qualifiée à l’économie, elle nage dans une ligne du bord, la une, et l’emporte (1’0’’24) d’une demi-longueur devant Buschschulte (1’0’’84) et une Coughlin sans éclat (1’0’’88). Sur 200 mètres dos, elle plane, gagne avec une grosse longueur, 2’8’’52 ; 2e, Margaret Hoelzer, USA, son équipière d’Auburn, 2’9’’94. Elle est désignée comme la meilleure nageuse de la compétition : championne des championnes du monde en quelque sorte.

Kim Brackin décide de prendre une année sabbatique, et trouve en 2006 une autre Université, Texas. Coventry, elle, peut-être un peu perdue sans son coach, se blesse à un genou et ne peut nager de janvier à mai. Par manque de préparation, elle ne brille guère aux PanPacifics 2006. Aux mondiaux 2007, à Melbourne, ayant retenu le 400 mètres 4 nages, elle connait les hauts et les bas que réserve un programme surchargé. Elle se retient trop en demi sur 100 mètres dos, nage une grosse seconde plus lentement qu’en séries (1’1’’73 contre 1’0’’57) et se retrouve éjectée de la finale ! Vingt minutes plus tard, elle enlève l’argent (2’10’’76) du 200 mètres quatre nages derrière Katie Hoff (2’10’’13). Disqualifiée pour virage incorrect en séries du 400 mètres 4 nages, elle se couvre d’argent du 200 mètres dos derrière son « ennemie intime » Margaret Hoelzer, 2’7’’54 contre 2’7’’16 (record américain). Elle améliore en février 2008 au grand prix du Missouri le record mondial du 200 mètres dos de la « mythique » Krisztyna Egerszegi (vieux de 16 ans, 2’6’’62 en 1991) en 2’6’’39, après avoir approché cette marque à Chiba  en août 2007 avec 2’6’’83. C’est le premier record du monde battu dans le maillot de bain Speedo LZR Racer, inaugurant une guerre technologique de funeste mémoire. Elle progresse sur 100 mètres dos : 59’’85 à Chiba, au Japon, puis 59’’47 à Columbia, après que Coughlin ait fait passer le Record du Monde de 59’’44 à 59’’21 en séries.

A Pékin, elle s’affirme une fois de plus comme une nageuse marquante, est championne olympique du 200 mètres dos en 2’5’’24 devant, revanche de Melbourne, Margaret Hoelzer, USA, 2’6’’23, enlève les médailles d’argent du 100 mètres dos (59’’19 derrière Coughlin, 58’’96), et des 200 mètres et 400 mètres quatre nages, derrière la nouvelle reine des « medley », l’Australienne Stephanie Rice, 2’8’’59 contre 2’8’’45 et 4’29’’89 contre 4’29’’45. Seul son résultat sur 100 mètres dos a le don de la décevoir. Coventry n’a-t-elle pas battu le record olympique en séries, en 59’’ juste, et le record du monde en demi-finale, en 58’’77 ? Elle peut dès lors considérer son parcours en finale comme une course ratée ! De la même façon, elle domine les séries du 200 mètres 4 nages avec un record olympique de 2’9’’53 que Rice battra de plus d’une seconde. Son entraîneur dira plus tard que Kirsty retirera de ces belles performances un sentiment d’échec : son but caché n’était-il pas de gagner ces quatre courses en battant les records mondiaux ?

En 2009, les aléas de sa vie personnelle (cancer de sa mère), affective (elle doit rompre ses fiançailles alors qu’elle avait acheté une maison) et de la situation politique au Zimbabwe (réforme agraire signifiant la dépossession des blancs) la perturbent énormément, mais elle se reprend à l’entraînement. Aux mondiaux, elle parvient à conserver un haut niveau de performances, remportant le 200 mètres dos en 2’4’’81 (RM) à l’issue d’un duel farouche avec la Russe Anastasia Zuyeva, 2’4’’94. Elle termine 2e du 400 mètres 4 nages en 4’32’’12, derrière Katinka Hosszu, Hongrie, 4’30’’31, 4e du 200 mètres 4 nages malgré un temps de 2’8’’94 (mais c’est l’explosion des combinaisons, dont, d’ailleurs, elle-même profite). Cette course est enlevée par Ariana Kukors en 2’6’’15, record du monde. Coventry, à l’issue d’une course ratée de bout en bout, 8e du 100 mètres dos, aux mondiaux de Rome. Sur 100 mètres, en outre, elle perd son record mondial, battu par Zuyeva avec 58’’48. Aux mondiaux 2011, à Shanghai, Coventry est en-dehors des finales sur 200 mètres 4 nages (9e), 400 mètres 4 nages (14e) et 200 mètres dos (12e), et ne s’engage pas sur 100 mètres dos. Nageuse en polyuréthane, elle n’avance plus lors du retour au maillot simple. Mais elle n’en continue pas moins d’aligner des longueurs, et d’annoncer : je nagerai à Rio de Janeiro… Après avoir erré entre Monaco et Johannesburg, elle a trouvé son port d’attache à Charlotte, en Caroline du Nord, dans le groupe emmené par David Marsh, le « Swim Mac Team Elite ».