Catégorie : Natation

RALPH FLANAGAN

Mercredi 14 janvier 2015

FLANAGAN [Ralph Drew].Natation. (ou Miami, Floride, 14 décembre 1918-Los Alamitos, Orange, Californie, 8 février 1988).

États-Unis. Demi-finaliste à treize ans du 1500 mètres aux Jeux de Los Angeles, en 1932, membre de l’équipe vice championne olympique du 4 fois 200 mètres aux Jeux de Berlin, en 1936, où il fut aussi 4e du 400m (4’52’’7) et 5e du 1500 mètres (19’54’’8). Ce nageur du Greater Miami (Biltmore) Aquatic Club détint deux records du monde et vingt-six records américains, remporta vingt titres nationaux. Il détint à un moment tous les records des États-Unis du 220 yards au mile.

FIORAVANTI: DE L’OR EN BRASSE

Par Eric LAHMY

Mardi 13 Janvier 2014

FIORAVANTI [Domenico] Natation (Trecate, près de Novara, 31 mai 1977-). Italie. Il débute à neuf ans dans la foulée de son aîné Massimiliano. Il s’impose en 1998, avec neuf titres italiens, deux ans après ses premiers titres nationaux (qui ne lui valent pas sélection olympique à Atlanta). Il est donc l’une des meilleurs nageurs de brasse du monde depuis quatre ans quand sa forme éclatante lui permet, en 2000, aux Jeux olympiques de Sydney, de réussir le doublé en brasse que nul n’a réalisé avant lui, remportant le 100 mètres en 1’0’’46 (devant Glenn Edward « Ed » Moses, USA) et le 200 mètres en 2’10’’87 (devant Terence Parkin, RSA), après avoir été à deux reprises, en 1999 à Istanbul et en 2000 à Helsinki champion d’Europe du 100 mètres brasse. En 2001, aux mondiaux de Fukuoka, il enlève l’argent du 100 (derrière Sloudnov) et le bronze sur 50 brasse et parvient en finale sur 200 mètres brasse. Blessé à l’épaule droite, il est opéré en mai 2002, et participe aux mondiaux 2003, à Barcelone, avant que la faculté ne décèle une hypertrophie cardiaque (épaississement des parois) mal de caractère génétique, lors de sa préparation des Jeux olympiques de 2004, qui poussent les responsables médicaux, à titre de précaution, à le contraindre à clore sa carrière, riche de 32 titres nationaux. Furieux d’être stoppé contre son gré et d’avoir vu son cas étalé dans les journaux, Fioravanti demandera un million d’Europe de dommages-intérêts à l’hôpital Galliera, qui a décelé et fait connaître son mal, pour rupture du secret médical. En 2011, il devient le 13e nageur italien intronisé à l’International Swimming Hall of Fame.

SHARON FINNERAN, UNE VIE BIEN NAGEE

Par Eric LAHMY

Mardi 13 Janvier 2015

FINNERAN [Sharon Evans]. Natation. (Rockville Centre, New-York, 4 février 1946-). États-Unis. Soeur d’un plongeur olympique des Jeux de 1972, Mike Finneran, et fille d’une officielle aux Jeux de Montréal, en 1976, cette nageuse de demi-fond, petit bout de femme de 50kg pour 1,60m commence à nager à Pine Crest, en Floride, près de Fort Lauderdale, où elle vit, à l’âge de dix ans et montre vite de belles aptitudes ainsi qu’une propension au travail acharné, déterminé. Fait qui conduit sa famille à chercher le meilleur endroit pour elle pour s’entraîner. Ce sera en 1962, à seize ans, chez George Haines à Santa Clara, où elle cotoiera Don Schollander, Donna de Varona, Terri Stickles, avant de passer fin 1964 au Los Angeles AC de Peter Daland en raison d’une bourse d’études qui lui est attribuée par USC, l’université à laquelle le club est attenant. Elle établit six records du monde, ainsi sur 200 mètres papillon (2’31’’2 et 2’30’’7 en 1962), 800 mètres libre (9’36’’9 en 1964) et 400 mètres quatre nages (5’27’’4 et 5’21’’9 en 1962), enlève dix titres américains sur plusieurs distances, dont un sur 1650 yards en 1964, et l’or du 400 mètres libre aux Jeux panaméricains, en 1963. Elle est enfin médaillée d’argent sur 400 mètres quatre nages (5’24’’1), entre les deux autres concurrentes américaines, son équipière de Santa-Clara De Varona, très large vainqueur, en 5’18’’7 et juste devant Martha Randall, 3e, 5’24’’2, aux Jeux olympiques de Tokyo en 1964 (où le Santa Clara Swimming Club a qualifié 13 nageurs et nageuses !). Sa fille, Ariel Rittenhouse, est une plongeuse olympique en 2008. Elle est restée très impliquée dans le sport, comme entraîneur en Caroline du Sud et nageuse de compétitions masters.

CORREIA Maritza

Par Eric LAHMY

CORREIA [Maritza]. Natation. (San Juan de Porto Rico, 23 décembre 1981-). USA. Nageuse d’origine portoricaine, Maritza grandit en Floride avec ses parents et ses deux frères aînés. Ses parents, issus de la Guyane, et d’ascendance africaine et latine, ont étudié en Grande-Bretagne ; à l’Université, sa mère a joué au tennis et son père pratiqué l’aviron. Elle débute en natation à sept ans pour raisons médicales, afin d’effacer une scoliose. Deux ans plus tard, la natation est devenue son sport de prédilection. Elle nage au Brandon Blue Wave Swimming Club, puis à l’école technique de Tampa Bay. Elle domine les championnats cadets (1997) et juniors (1999) sur 50 mètres. Inscrite à l’Université de Georgie, elle est alors entraînée par Jack Bauerlé et Whitney Hite. Cette spécialiste des 50 et 100 nage libre est salué comme la première nageuse noire (définition aussi floue que discutable) à détenir un record américain, un record du monde, et à participer aux Jeux olympiques pour les USA. Mais pour commencer, elle échoue aux sélections olympiques des Jeux de Sydney, en 2000, et tombe dans une longue phase dépressive. Elle se ressaisit, s’entraîne très sérieusement, à raison de 14.000 mètres par jour, six jours par semaine. Qualifiée pour les mondiaux 2001, elle devient co-championne du monde avec les relais quatre fois 100 mètres et quatre fois 200 mètres à Fukuoka. En 2002, dans les compétitions en petit bassin de la NCAA (université), elle établit des records américains sur 50 et 100 yards nage libre. Médaillée d’argent avec le relais quatre fois 100 mètres aux Jeux d’Athènes, en 2004, elle triomphe aux Jeux mondiaux universitaires en 2005, avec quatre victoires, sur 50 mètres et dans les trois relais. Mais vingt ans de natation rattrapent ses épaules, dont elle souffre de plus en plus. Encore très présente aux Jeux Panaméricains 2007 (or avec les relais quatre fois 100 mètres et quatre fois 100 mètres quatre nages), elle se retire de la compétition après les championnats américains (petit bassin) en décembre 2007, bloquée par l’arthrite (l’épaule droite) et deux tendinites de la coiffe des rotateurs, une par épaule. Employée par la société Nike, elle est restée proche de la natation.

Haley COPE

Par Eric LAHMY

COPE [Haley] Natation. (Crescent City, Californie, 11 avril 1979-). USA. Toute jeune, Haley Cope s’est fixé deux buts dans sa vie : battre un record du monde de natation et poser nue dans Playboy. En octobre 1999, cette blonde de 1,80 mètre pose parmi les « filles du Pac-A10 » sous le nom de guerre de Natasha Paris, afin de satisfaire les règlements de la NCAA. Elle a joué avec l’idée de se faire appeler pour l’occasion Terri McKeever (le nom de son entraîneur) avant d’avoir le bon goût d’y renoncer. Six mois plus tard, au départ d’un relais quatre fois 50 mètres quatre nages, elle établit un record mondial du 50 mètres dos en 27’’25, et un autre, celui du relais, en 1’49’’23, avec Staciana Stitts, Prapharsal « Waen » Minpraphal et Joscelyn Yeo (future membre du Parlement de Singapour). Enfin, elle devient championne du monde 2001 du 50 mètres dos à Fukuoka (Japon). Née d’une mère de 17 ans et du boy-friend de cette dernière, âgé de 21 ans, elle passe l’essentiel de sa tendre enfance à Chico, une commune rurale du comté de Butte, en Californie, dans une situation de précarité qui lui ouvre accès aux repas gratuits à l’école. Comme la maison n’est pas dotée d’air conditionné, elle passait son temps à la piscine et, racontent ses parents, sait nager avant de marcher. [Elle-même a noté, en enseignant ses propres enfants, qu’à deux ans, s’ils ne savent pas nager à proprement parler, les petits peuvent avancer, se déplacer dans l’eau (elle emploie le verbe « locomote ») sur plusieurs mètres en utilisant uniquement leur technique de nourrisson.] Elle se lance dans la compétition à onze ans aux Chico Aqua Jets. Deux ans plus tard, sa mère, nouvelle mariée, décide de se déplacer avec son mari. Haley, ayant appris que sa nouvelle destination, le Maine, était un désert en terme de natation, décrète qu’elle restera avec son père, un demi clochard qui avait enfanté trois filles de trois femmes différentes, toutes aussi jolies, fêtardes, entêtées et intenables. Cette décision est due surtout à ce qu’Haley s’est attachée à son jeune entraîneur, Brian Clark. Celui-ci, qui a étudié et nagé à Yale, non content de l’entraîner, est devenu son plus proche confident. Et tous deux finiront par se marier en octobre 2002. Quoiqu’alors âgée de 23 ans, Cope précise qu’elle a décidé de l’épouser à douze ans. « Je me souviens du moment exact. Deux semaines avant mon 13e anniversaire, j’avais un conflit avec une de mes amies de classe. Elle me dit : ‘’si toi et Brian êtes si proches, tu ferais mieux de coucher avec lui’’. Je me mis à y penser, et me dis qu’elle avait probablement raison. Toujours est-il que je me suis mariée avec Brian. » Parmi les qualités qu’elle trouve à ce coach, il y a que Clark est un entraîneur humain : une seule séance par jour, volume allégé, programmes variés, séries nagées à bonne vitesse. Clark contacte Terri McKeever, l’entraîneur de Cal Berkeley, et lui vante sa protégée. McKeever lui offre une bourse partielle, 2000$, un pactole pour la grande pauvreté de Cope, qui s’empresse d’accepter. L’année suivante, en raison de ses résultats, elle aura droit aux 4000$ de la bourse entière. Nageuse de talent, elle est ce qu’on appelle une personnalité ingérable, que McKeever supportera avec une patience d’ange. « Plus les gens apprenaient à connaître Cope, plus ma cote d’entraîneur s’élevait à leurs yeux », racontera McKeever à son sujet. Ayant peu nagé jusqu’à son entrée à Berkeley, Cope, malgré ses sineries et autres cabrioles, se transforme en une championne incontestée. En une saison, elle passe de 56’’4 à 54’’85 sur 100 yards dos, puis continue de progresser à la poursuite de son équipière Natalie Coughlin qu’elle veut (en vain) dépasser, et améliorera encore ses records à 24 ans. Elle est championne du monde en petit bassin ( sur 100 dos) à Moscou en 2002. Elle se qualifie pour le 100 mètres dos olympique d’Athènes en 2004, termine 8e de la finale. Enfin, elle atteint le dernier objectif avoué de sa tendre enfance en 2004, posant nue pour Playboy Magazine. Depuis, elle se passionne pour l’enseignement de la natation pour les tout petits et a ouvert un centre de bébés nageurs chez elle, à Chico.

COOPER (Badcock) [Margaret Joyce]

Par Eric LAHMY

COOPER (Badcock) [Margaret Joyce] Natation. (Domaine de Troup, Ceylan, 18 avril 1909-Chichester, West Sussex, 22 juillet 2002). Grande-Bretagne. Joyce Cooper apprend à nager à Ceylan, où son père, connu sous le nom de « Spindles » (broches) en raison de sa haute taille et de sa maigreur, possède une plantation de thé. Il avait étudié à Harrow dont il avait détenu le record du mile en course à pied. La mère de Joyce, nageuse, continuait à se baigner à quatre-vingt-dix ans passés. Joyce est la deuxième de quatre filles, et aime la natation, parce que, expliquera-t-elle, c’est là seulement qu’elle peut battre sa sœur aînée. C’est le seul sport qu’elle pratique aussi parce que, très frêle et on ne peut moins costaude, elle ne peut ni grimper à la corde, ni faire un équilibre sur une barre. De plus, ses jambes n’ont pas de force. Mais il faut croire que cette antiathlète possède une rare affinité avec l’eau. Une fois plongée dans l’élément liquide, ses handicaps disparaissent… Sa famille s’installe dans le sud britannique après la Première Guerre mondiale. Si c’est une époque héroïque pour les nageurs, elle l’est plus encore pour les nageuses. Il est très difficile pour elles de s’entraîner en Grande-Bretagne, les piscines sont pour ainsi dire réservées à une clientèle exclusivement masculine, et les règlements interdisent aux deux sexes de se baigner ensemble. Comme en outre son entraîneur, Howcroft, est un homme, trouver un endroit où ils peuvent se rejoindre représente un tour de force ! Ils y parviennent cependant, en général dans des piscines découvertes. Ce n’est pas tout : les costumes de bain étant strictement réglementés, les sœurs se fournissent dans des surplus américains, où les tenues de bain pour femmes sont beaucoup plus légères. Pour finir, Joyce se retrouve accusée dans un journal britannique de revêtir un costume « indécent » qui est le modèle standard américain. Affiliée au Mermaid Club, elle nage en dos, quand elle voit, en 1925, la championne britannique Vera Tanner nager le nouveau style à la mode, le crawl, et s’y essaie avec la ferme détermination de la battre. Howcroft la soumet à des exercices qui lui permettent de se renforcer physiquement, car, on l’a dit, elle est dotée de la fameuse souplesse de la nageuse, elle ne dispose d’aucune force physique. Lorsqu’elle se présente aux sélections olympiques, elle est effarée par la longueur du bassin de 50 mètres, vu qu’elle n’a  jamais nagé que dans un bassin de 20 yards (18,2 mètres) !  Malgré ça, elle sera quatre fois médaillée olympique : de bronze sur 100 mètres libre (derrière les Américaines Albina Osipovich et Eleanor Garatti-Saville, et sur 100 mètres dos derrière Marie « Zus » Philipsen-Braun et Ellen King, puis d’argent avec le relais quatre fois 100 mètres britannique aux Jeux d’Amsterdam en 1928 ; de bronze sur quatre fois 100 mètres à Los Angeles en 1932, où elle finit aussi 6e sur 100 mètres dos, 4e sur 400 mètres libre et réalise le 4e temps des demi-finales sur 100 mètres, ce qui l’aurait qualifiée à notre époque, mais ne lui permit pas de nager la finale, étant seulement retenues les trois premières de chaque demi-finale. Multi médaillée aux Championnats d’Europe entre 1927 et 1931 (argent sur 100 mètres libre dans la même temps que la gagnante néerlandaise Maria Vierdag, or du 4 fois 100 mètres à Bologne en 1927, argent sur 400 mètres, 100 mètres dos et quatre fois 100 mètres, bronze sur 100 mètres), elle est quatre fois championne de l’Empire britannique (l’ancêtre des Jeux du Commonwealth) en 1930 (sur 100 et 400 yards libre, 100 yards dos, et avec le relais quatre fois 100 mètres – en compagnie de sa sœur Doreen). Au cours de sa carrière, elle remportera 19 titres nationaux anglais. Elle nage également en « eau libre », exécutant le parcours de la course Oxford-Cambridge à la nage. Mariée à John Charles « Felix » Badcock (West Ham, Londres, 17 janvier 1903-Petersfield, Hampshire, 29 mai 1979), médaillé olympique d’aviron (or du quatre sans en 1932, argent du huit en 1928), elle aura deux fils, Felix et David, qui seront des rameurs de compétition. Elle ne disputera plus jamais de courses après son mariage, même si, nageant parfois en présence de son entraîneur, celui-ci lui assure qu’elle n’a jamais nagé aussi vite. Elle racontera, à la fin de sa vie, que deux nageuses françaises de passage à Londres, l’ayant vu nager, l’encouragent vivement à reprendre sa carrière ! En vain : ni l’époque, ni son mari ne la poussent dans cette voie… Une femme mariée se devait de rester à la maison et de dorloter sa famille !

CATHY FERGUSON,  »TOMBEUSE » DE KIKI CARON

Aux Jeux olympiques de Tokyo, en 1964, Cathy Ferguson remporta le titre devant la Française Christine Caron et une autre Américaine, Giny Duenkel. Dans la course, ces trois filles améliorèrent le record du monde (que Duenkel avait ravi à Caron.

FERGUSON [Cathy Jean] Natation (Stockton, Californie, 17 juillet 1948-). États-Unis. Championne olympique du 100 mètres dos des Jeux Olympiques de Tokyo, où six des huit finalistes présentes ont détenu ou détiennent des records du monde en dos. Elle-même, détentrice de celui du 200 mètres dos, l’emporte en 1’7’’7, devant Christine Caron, (1’7’’9) 2e, et Virginia Duenkel, (1’8’’) 3e, qui, en 1’8’’3, le détenait depuis dix-huit jours. Ce succès assure à l’ondine de Burbank sa place dans le relais quatre nages américain, et donc une autre médaille d’or et un autre record mondial. Issue du système des groupes d’âge que la natation américaine mit en place en 1956, Ferguson nage au Los Angeles AC de Peter Daland. « Après ma victoire, je pris conscience que je n’avais pas gagné seule, qu’il s’agissait d’une victoire pour un ensemble de gens. Par exemple, j’avais seize ans, je n’avais pas de permis de conduire, et si ma mère ne m’avait pas accompagnée à la piscine, je n’aurais pas pu nager. » Cathy Ferguson est poussée notamment par son père, qui n’a lui-même que trente-six ans à l’époque des Jeux de Tokyo, ayant fondé une famille très jeune. A une époque où le travail de la force est considéré comme contre-productif en natation, ce père installe une salle de poids et haltères dans son garage, et Cathy soulève des charges additionnelles et acquerra une force physique, une puissance physique considérables, par rapport aux autres nageuses. « Nous n’avions pas des conditions favorables à un bon entraînement, s’est-elle souvenue en 2011. L’eau était froide, nous n’avions pas de lunettes de nage et le chlore était intolérable. Les bretelles des maillots de bains entraient dans la chair et nous faisaient saigner. » Son succès au 200 mètres dos, à égalité avec Judy Humbarger, aux championnats US 1965, amène à dix le nombre de ses titres américains. Cette année, elle sera devancée par Christine Caron, à ces championnats US, sur 100 mètres dos. Cathy Ferguson nagea jusqu’en 1967. Quoique toujours présente dans les compétitions, elle joua au basket-ball au collège de Glendale où elle étudiait, le collège ne disposant pas d’une piscine. Plus tard, elle enseignera la natation en Californie, à Long Beach puis enseignera l’éducation physique entre

MARGARET JOYCE COOPER, NAGEUSE A CONTRE-COURANT

COOPER (Badcock) [Margaret Joyce]. Natation. (Domaine de Troup, Ceylan, 18 avril 1909-Chichester, West Sussex, 22 juillet 2002). Grande-Bretagne. Joyce Cooper apprend à nager à Ceylan, où son père, connu sous le nom de « Spindles » (broches) en raison de sa haute taille et de sa maigreur, possède une plantation de thé. Il avait étudié à Harrow dont il avait détenu le record du mile en course à pied. La mère de Joyce avait été une nageuse, et continuait à se baigner à quatre-vingt-dix ans passés. Joyce est la deuxième de quatre filles, et aime la natation, parce que c’est là seulement qu’elle peut battre sa sœur aînée. C’est le seul sport qu’elle pratique aussi parce que, très frêle, elle ne peut grimper à la corde ou faire un équilibre sur une barre, et ses jambes n’ont pas de force. Sa famille s’installe dans le sud britannique après la Première Guerre mondiale. Il est très difficile de s’entraîner en Grande-Bretagne, où les piscines sont orientées vers une clientèle exclusivement masculine et les règlements interdisent aux deux sexes de se baigner ensemble. Comme de plus son entraîneur, Howcroft, est un homme, il est difficile de trouver un endroit où ils peuvent se retrouver ! C’est en général des piscines découvertes. Les costumes de bain étant strictement réglementés, les sœurs se fournissent dans des surplus américains. Joyce finit par être accusée par un journal britannique de revêtir un costume « indécent » qui est en fait le modèle standard américain. Nageuse de dos, elle voit en 1925 la championne britannique Vera Tanner nager le nouveau style à la mode, le crawl, et s’y essaie avec la ferme détermination de la battre. Howcroft lui permet de se renforcer physiquement, car si elle est souple, elle ne dispose d’aucune force physique. Lorsqu’elle se présente aux sélections olympiques, elle est effarées par la longueur du bassin, n’ayant jamais nagé que dans un bassin de 20 yards !Membre du Mermaid Club, elle sera quatre fois médaillée olympique : de bronze du 100 mètres libre (derrière les Américaines Albina Osipovich et Eleanor Garatti-Saville, et du 100 mètres dos derrière Marie « Zus » Philipsen-Braun et Ellen King, d’argent avec le relais quatre fois 100 mètres britannique en 1928, de bronze du quatre fois 100 mètres en 1932, où elle est 6e sur 100 mètres dos, 4e sur 400 mètres libre et réalise le 4e temps des demi-finales sur 100 mètres). Multi médaillée aux Championnats d’Europe entre 1927 et 1931, elle est quatre fois championne de l’Empire britannique en 1930 (sur 100 et 400 yards libre, 100 yards dos, et avec le relais quatre fois 100 mètres en compagnie de sa sœur Doreen). Au cours de sa carrière, elle remportera 19 titres nationaux anglais. Elle nage également en « eau libre », exécutant le parcours de la course Oxford-Cambridge à la nage. Mariée à John Charles « Felix » Badcock (West Ham, Londres, 17 janvier 1903-Petersfield, Hampshire, 29 mai 1979), médaillé olympique d’aviron (or du quatre sans en 1932, argent du huit en 1928), elle aura deux fils, Felix et David, qui seront des rameurs de compétition. Elle ne disputera plus jamais de courses après son mariage, même si, nageant parfois avec son entraîneur, celui-ci lui assure qu’elle n’avait jamais nagé aussi vite, et, témoignera-t-elle à la fin de sa vie, deux nageuses françaises de passage à Londres tentent de la pousser à reprendre sa carrière ! Mais ni l’époque, ni son mari ne la poussent dans cette voie…

Rebecca Brown, étoile filante

BROWN [Rebecca Kate] Natation. (Brisbane, 8 mai 1977-). Australie. Précoce recordwoman du monde sur 200 mètres brasse, en mars 1994, ce beau gabarit de 1,78m pour 62kg améliora la marque mondiale d’Anita Nall, en 2’24’’76 contre 2’25’’35. Ce record tint debout pendant cinq ans. Moins chanceuse en compétition, Brown ne tint pas les espoirs nés de son exploit. Elle fut largement battue par sa compatriote Samantha Riley aux Jeux du Commonwealth de Victoria (Canada), cette même année 1994, terminant seconde autant sur 100 mètres (en 1’8’’02 contre 1’9’’40) et 200 mètres brasse (en 2’25’’53 contre 2’30’’24). Aux mondiaux de Rome, elle ne put faire mieux que, deux fois, 4e, nageant les distances en 1’10’’06 et 2’28’’97. Elle ne put se qualifier pour les Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996, ou pour les Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur en 1998 et annonça qu’elle abandonnait la compétition. Mais l’opportunité de nager aux Jeux olympiques à domicile (à Sydney, en 2000) la fit sortir de sa retraite. Une victoire sur 200 mètres brasse (2’23’’41) aux championnats du monde en petit bassin qui se tinrent à Athènes en mars 2000 sembla montrer un regain de forme. Deux mois plus tard, elle se qualifiait dans l’équipe olympique australienne avec un temps de 2’28’’98. Aux Jeux, qualifiée 12e à l’issue des séries (en 2’28’’24), elle ne put passer le cap des demi-finales, 14e en 2’29’’90. Elle annonçait la fin de sa carrière après les Jeux.

 

WENDY COOK, REINE SANS SA COURONNE

COOK (HOGG) [Wendy Elisabeth]. Natation. (Vancouver, 15 septembre 1956-). Canada. Après avoir, enfant, échoué par deux fois à son examen de niveau débutant en natation, Wendy Cook n’arrêta pas de progresser dans ce sport, jusqu’à établir, à dix-sept ans, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, avec un temps de 1’4’’78, le record du monde du 100 mètres dos, au départ du relais quatre fois 100 mètres quatre nages de son pays aux Jeux du Commonwealth 1974, lui assurant la victoire. A ces mêmes Jeux, cette nageuse de belle taille et racée (1,75m, 64kg) enleva 100 mètres et 200 mètres dos. Entraînée par Deryk Snelling aux Canadian Dolphins de Vancouver, elle obtint une médaille de bronze un an plus tôt, aux championnats du monde 1973. Dès 1972, à quinze ans, aux Jeux olympiques, elle a été 5e du 100 mètres dos en 1’6’’70. En 1974, elle fut championne des États-Unis d’hiver et d’été sur 200 mètres dos et double championne (100 mètres et 200 mètres dos) de Grande-Bretagne et du Canada. En 1976, elle épouse l’entraîneur de natation Doug Hogg, et, après avoir frôlé le record mondial du 200 mètres dos de Richter (2’18 »69 contre 2’18 »41) termine 4e du 100 mètres dos des Jeux olympiques de Montréal derrière deux Allemandes de l’Est dopées et l’autre Canadienne Nancy Garapick. Comme toutes les nageuses de cette époque, elle fut de la génération qui ne put accéder aux podiums en fonction du dopage d’Etat systématique institué en RDA et dans d’autres pays communistes.

Diplômée en éducation physique, après avoir tâté du métier d’entraîneur de natation, Wendy Cook-Hogg s’est dirigée vers l’enseignement ; en 2013, elle est directrice d’école (école Pinewood, à Cranbrook, en Colombie britannique).