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SCHILTIGHEIM, 3è journée : CHARLOTTE BONNET TOUTE SEULE : 1’55s80 AU 200

Éric LAHMY

Jeudi 25 Mai 2017

Schiltigheim nous a concocté une troisième après-midi de finales sans grande saveur, ni bien consistante, ni délicieuse, mais pour finir, une Charlotte au dessert a quelque peu relevé l’ordinaire et en tout cas sauvé l’affaire !

En effet, Charlotte Bonnet a répondu à ceux qui désespéraient de la voir progresser comme à ceux qui la voyaient tenir les grands rôles.

Son record personnel, 1’56s16, datait maintenant de deux années, puisqu’il avait été réussi au meeting 2015 de Canet-en-Roussillon. Manifestement, Charlotte était « scotchée », à un niveau certes honorable…  Voici qu’elle fait mieux ! 1’55s80…

Ma correspondante G. Necker, qui tient à jour ses bilans, avait collationné dix performances de l’intéressée, de 2013 à 2017, qui tournaient entre 1’56s16 et 1’56s73. Donc la régularité a toujours été au rendez-vous, aux environs de la huitième mondiale à deux nageuses par nation. On se souvient d’ailleurs que Charlotte a terminé huitième de la course des Jeux de Rio en 1’56s29 après s’y être qualifiée en 1’56s26 (séries) et 1’56s38 (demi-finales).

L’une de ses dix perfs optimales date d’ailleurs de 2013. Bonnet, après avoir signé un temps de 1’56s82 en séries, avait réalisé 1’56s63 en demi, avant de se défaire un peu en finale. Ses finales personnelles, aux mondiaux, se situent d’ailleurs souvent en qualifications : manque de marge !

Deux originalités distinguent sa course de Schiltigheim. La plus évidente, c’est qu’elle est passée enfin sous les 1’56s. Loin de nous l’idée de succomber au fétichisme des chiffres. Ses 1’55s80 ne la font que modestement changer de statut, et cela même s’il est vrai que la Niçoise se situe à une hauteur désormais où les progrès se tassent, ou les duels sont, façon de dire, au couteau, ou un dixième peut faire une différence. Aujourd’hui, en-dehors de Katie Ledecky et Sarah Sjöström, personne ne révolutionne ses temps sur la distance.

Par rapport à l’adversité, c’est comme si Bonnet était passée de la huitième à la septième place. Cela fait plaisir, c’est la bonne direction, mais cela ne va pas loin…

UN DÉPART RAPIDE

La deuxième originalité de la course de Charlotte est la façon dont elle a été nagée, avec passages en 26s71, 55s64, 1’25s78, pour un temps de 1’55s80; soit 26s71, 28s93, 30s14, 30s02. Elle est passée en 55s64 pour finir en 1’0s16, très loin de l’équilibre de course. Il y a longtemps, me semble-t-il, qu’elle ne s’était pas essayée à ce jeu du départ résolument ultra-rapide… Dans son précédent « top-10 » courses, elle n’était jamais passée plus vite que 56s20, et n’avait jamais terminé moins vite que 1’0s31. Son précédent record, 1’56s16, était un assez bon exemple d’équilibre de course, avec passage en 56s69, retour en 59s47. Son record au premier 50 d’un 200m, 26s95, datait de la finale olympique de Rio, où elle s’efforça de s’accrocher au rythme des meilleures. A Strasbourg, aujourd’hui, elle passe en 26s71…

L’exploit de Charlotte Bonnet pourrait bien avoir qualifié (ou pas) le relais quatre fois 200 mètres féminin pour les mondiaux : en effet, elle a souscrit à l’exigence spécifiée dans le règlement qui précise qu’ « un nageur est sélectionné à titre individuel sur l’épreuve constitutive dudit relais ». A l’addition, son temps et ceux de ses trois suivantes donne 7’55s73. Le minimum demandé est de 7’54s93. Avec les prises de relais, cette addition des temps de 7’55s73 donne un potentiel de 7’53s6. Il manque seulement à ce relais une quatrième solide… A suivre…

Tout le reste de la journée s’est situé très en dessous de la qualification pour Budapest. On a eu droit à des championnats intéressants, mouvementés, à défaut d’être relevés. Ainsi deux nageurs d’eau libre, Marc-Olivier Antoine et David Aubry, sont montés sur le podium des 800 mètres au détriment des spécialistes. Sur 100 dos, Thomas Avetand s’étant qualifié en séries avec un temps de 54s78, Benjamin Stasiulis trouva l’énergie pour le battre, mais en « seulement » 54s79. Avetand, faut-il dire, contre-performait un peu (55s20), tandis que Geoffroy Mathieu, le vainqueur du 200 dos, ne pouvait enlever que la finale de consolation, après une promenade en séries à presque deux secondes de son potentiel !

Paul Lemaire devançait Jordan Coelho à la touche sur 200 papillon. Il y a eu comme ça des tas de petits coups d’Etat, de changements de régime, de chamboulements, l’apparition de nouveaux noms… Cela va-t-il donner un tonus à cette natation entre eux rives ? On le souhaite.

MESSIEURS. –  800 libre (minimum, 7’51s19) : 1. Marc-Olivier ANTOINE, Denain, 7’55s61 ; 2. Joris BOUCHAUT, D Toulouse OEC, 7’56s90 ; 3. David AUBRY, Montpellier Métropole, 7’57s67

100 dos (minimum, 53s99) : 1. Benjamin STASIULIS, Marseille, 54s79 ; 2. Thomas AVETAND, Amiens, 55s20 (en séries, 54s78) ; 3. Paul-Gabriel BEDEL, Marseille, 55s41 (en séries, 55s17) ; 4. Maxence ORANGE, Nantes, 55s77 ; 5. Oleg GARASYMOVYTCH, Avignon, 55s81 ; 6. Thibault DELECLUZE, Gravelines, 55s83. Finale B : 1. Geoffroy MATHIEU, Clermont, 55s56.

200 papillon (minimum 1’56s72) : 1. Paul LEMAIRE, D Toulouse OEC, 1’58s05 ; 2. Jordan COEHLO,  Vanves, 1’58s07 ; 3. Matthias MARSAU, D Toulouse OEC, 1’59s17.

DAMES.- 200 libre  (minimum, 1’57s74): 1. Charlotte BONNET, Nice, 1’55s80 (26s71, 55s64, 1’25s78, 1’55s80); 2. Margaux FABRE, A.S. Montpellier, 1’58s70; 3. Alizée MORAL (D Toulouse OEC, 1’59s93; 4. Manon VIGUIER, Nice, 2’1s30.

50 brasse  (minimum, 30s94): 1. Solène GALLEGO, D. Toulouse OEC, 31s74; 2. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 31s80

200 quatre nages (minimum, 2’13s01): 1. Fantine LESAFFRE, Montpellier Métropole, 2’13s58 ; 2. Cyrielle DUHAMEL, Béthune, 2’14s82.

2EME JOURNEE DES CHAMPIONNATS : AURELIE MULLER, SEULE, A VISE JUSTE

2EME JOURNEE DES CHAMPIONNATS : AURELIE MULLER, SEULE, A VISE JUSTE

Eric LAHMY

Mercredi 24 Mai 2017

Aurélie Muller vise juste. Au bout de son 1500 mètres, nagé seule, se qualifier pour les mondiaux par une marge d’une demi-seconde ! Elle peut donc doubler 10 kilomètres et 1500 mètres (et bien sûr nager si ça lui chante 5 et 25 kilomètres).

Sur 200, on s’est convaincu qu’il y a un problème Pothain aux championnats de France. L’héritier d’Agnel et Stravius s’est fait subtiliser l’héritage, et c’est ATSU qui a réalisé ce forfait. Les temps additionnés des quatre premiers est moins sinistre que sur le papier, mais reste en-dessous des minima.
Minima contre lesquels on a beaucoup lutté en vain, parfois de fort peu, cette après-midi. Béryl Gastaldello sur 50 dos, Lara GRANGEON sur 200 papillon et même Théo BUSSIERES en progrès sur 100 brasse, n’ont pas été très éloignés…

MESSIEURS.- 200 libre (minimum mondial, 1’47s15) : 1. Jonathan ATSU, DTOEC, 1’48s15 ; 2. Jordan POTHAIN, Alp’38, 1’48s66; 3. Lorys BOURELLY, DTOEC, 1’48s83; 4. Clément MIGNON, Marseille, 1’49s30 (en séries, 1’49s04) ; 5. Alexandre DERACHE, Amiens, 1’50s18 (en séries, 1’50s07).

100 m brasse (minimum mondial 1’0s26) : 1. Théo BUSSIERE, Marseille, 1’0s62 ; 2. Quentin COTON, Antibes, 1’1s80 ; 3. Wassim ELLOUMI, Tunisie et Millau, 1’1s94 ; 4. Tanguy LESPARRE, Cannes, 1’2s11.

400 4 nages (minimum mondial 4’17s88) : 1. Jérémy DESPLANCHES, Nice, 4’13s11

DAMES.- 1500 mètres  (minimum mondial, 16’25s04) : 1. Aurélie MULLER, Sarreguemines, 16’24s34 ; 2. Julie BERTHIER, Mulhouse, 16’48s65 ; 3. Coralie CODEVELLE, Sarcelles, 16’52s49 ; 4. Océane CASSIGNOL, Montpellier Métropole, 16’58s49.

50 dos (minimum, 28s01) : 1. Béryl GASTALDELLO (Marseille), 28s21.

200 papillon  (minimum, 2’9s35): 1. Lara GRANGEON, Calédonie, 2’9s35 ; 2. Sharon Van Rouwendaal, Pays-Bas, Montpellier, 2’12s31 ; 3. Solweig PICAULT, Canet, 2’13s96 ; 4. Gwladys LARZUL, DTOEC, 2’14s93.

SCHILTIGHEIM, PRESENTATION DE LA TROISIEME JOURNEE

QUE VAUT MATHIEU SUR 100 METRES DOS?

Mercredi 24 Mai 2017

Deux courses d’intérêt international, le 100 dos messieurs où les semi-retraites de Stravius et de Lacourt permettent d’entrevoir du neuf, et le 200 mètres dames où Charlotte Bonnet va jouer encore le premier rôle.

JEUDI 25 MAI 2017, épreuve n°15

800 libre MESSIEURS

MINIMUM : 7’51s19

Record de France : 7’48s28 Sébastien ROUAULT, Mulhouse, 7 août 2010

Champion de France : Damien JOLY, Antibes, 7’52s75

Leaders mondiaux 2017 1. Gabriele DETTI, ITA, 7’41s64 ; 2. SUN Yang, 7’48s33; 3. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 7’48s89.

Les Français en 2017: 17. Joris BOUCHAUT, 7’58s19; 26. Jordan POTHAIN, 8’0s44.

***Damien JOLY n’a certes pas épuisé son potentiel sur cette distance non-olympique, assez “bâtarde » du programme de demi-fond, mais il n’est pas le seul (voir Mackenzie HORTON, 39e avec 8’1s75 et qui doit valoir quinze secondes de mieux.

 

JEUDI 25 MAI 2017, épreuve n°16

50 brasse DAMES

MINIMUM : 30s99

Record de France : 30s96, Sophie DE RONCHI TURBAN, Massy, 24 avril 2009.

Championne de France : Fanny DEBERGHES, PTTM, 31s97.

Leaders mondiaux 2017 : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 29s88; 2. Imogen CLARK, GBR, 30s21; 3. Sarah VASEY, GBR, 30s30.

Françaises en 2017: 45. Charlotte BONNET, 31s87; 51. Fanny DEBERGHES, 31s98.

***Souci de la brasse française, que l’on retrouve sur toutes les distances, 50, 100 et 200, chez les hommes comme chez les femmes. Difficile de dire à quoi c’est dû !

 

JEUDI 25 MAI 2017, épreuve n°17

200 papillon MESSIEURS

MINIMUM : 1’56s72

Record de France: 1’54s62 Franck ESPOSITO, Antibes, 18 avril 2002

Champion de France : Jordan COEHLO, Vanves, 1’56s49.

Leaders mondiaux 2017 :1. Masato SAKAI, JPN, 1’53s71; 2. Daya SETO, JPN, 1’54s28; 3. Tamas KENDERESI, HUN, 1’54s89.

Français en 2017: 21. Jordan COEHLO, 1’56s70; 104. Matthias MARSAU, 2’0s58.    

***Seul pour le titre, seul pour la qualification mondiale, Jordan COEHLO est un autre de ces spécialistes esseulés e notre natation, qui ne doivent qu’à leur volonté et à leurs désirs d’avancer… Bien sûr, c’est un confort de n’avoir pas d‘adversaires, mais ce n’est pas cela qui vous enseigne la compétition ni provoque l’émulation.

 

JEUDI 25 MAI 2017, épreuve n°18

200 4 nages DAMES

MINIMUM : 2’13s01

Record de France : 2’9s37, Camille MUFFAT, Nice, 26 avril 2009.

Championne de France : Lara GRANGEON, CNC, 2’12s68.

Leaders mondiaux 2017  1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’9s38; 2. Sydney PICKREM, CAN, 2’9s56; 3. Yui OHAASHI, JPN, 2’9s96.

Françaises en 2017 : 40. Cyrielle DUHAMEL, 2’13s68; 46.Fantine LESAFFRE, 2’13s90.

***A 17 ans, Cyrielle Duhamel se positionne pour la première fois en tête de séries tandis que Lara Grangeon a disparu es écrans radar et s’est plutôt exprimée en papillon et sur les longues distances.

 

JEUDI 25 MAI 2017, épreuve n°19

100 dos MESSIEURS

MINIMUM : 53s99

Record de France : 52s11 Camille LACOURT, CNM, 10 août 2010

Champion de France : Camille LACOURT, CNM, 52s97.

Leaders mondiaux 2017 : 1. Jiayhu XU, CHN, 51s86; 2. Evgeny RYLOV, RUS, 53s13; 3. Matt GREVERS, USA, 53s31.

Français en 2017: 35. Benjamin STASIULIS, 54s74 ; 105. Paul-Gabriel BEDEL, 55s84 ; 110. Thomas AVETAND, 56s00.

***Qualifié dans quelques media de nageur « prodige » on ne sait pas trop pourquoi, vu qu’il est 109e mondial à 23 ans, qualifié cet hiver pour les mondiaux en petit bassin, on va voir ce qu’AVETAND, 23 ans,  pourra faire en grand bassin. Son record, 55s13 l’an passé, est à une grosse seconde du niveau demi-finaliste mondial. Deux Marseillais, Benjamin STASIULIS, plus nageur de 200 dos, et Paul-Gabriel BEDEL, sont devant… Il faut ésormais compter aussi avec MATHIEU, vainqueur du 200 dos, et tout dépend aussi de ce que Camille LACOURT et Jeremy STRAVIUS décident, en s’alignant, ou pas, sur l’épreuve.…

 

JEUDI 25 MAI 2017, épreuve n°20

200 libre DAMES

MINIMUM : 1’57s74

Record de France: 1’54s66. Camille MUFFAT, ONN, 6 juin 2012

Championne de France : Charlotte BONNET, Nice, 1’56s32.

Leaders mondiaux 2017 :1. Michelle COLEMAN, SWE, 1’55s64 ; 2. Emma MCKEON, AUS, 1’55s68 ; 3. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’55s94.

Françaises en 2017: 6. Charlotte BONNET, 1’56s54 ; 68. Alizée MOREL, 1’59s98.

***La densité des performances fait que Charlotte Bonnet est 6e mondiale à moins d’une seconde, mais que cette seconde parait très dure à gagner, et qu’elle semble-t-il montré des limites en plafonnant depuis des années. A 22 ans, Charlotte est dans la moyenne d’âge des finalistes potentielles : PELLEGRINI, 29 ans le 5 août prochain, pratiquement lors des mondiaux, Coleman, 23ans, MC KEON, 23ans, Katie LEDECKY, 20 ans, Rikako IKEE, 17 ans ce 4 juillet, AI Yanhan, 15 ans, LI Bingjie, 15 ans (date de naissance?). Et derrière, il y a du monde qui se presse, HEEMSKERK, HOSSZU, SAVARD, STEENBERGEN, et une seconde américaine qui pourra être MARGALIS, MANUEL, ou… qui d’autre ?

En France, cinq filles se trouvaient sous les deux minutes, il n’en reste que deux, et Cloé Hache, qui avait si bien progressé jusqu’aux France de Montpellier, a disparu corps et bien, ce qui fait du relais quatre fois 200 mètres un rêve enfoui ! Bien dommage… 

SCHILTIGHEIM, PRESENTATION DEUXIEME JOURNEE

ENJEU NUMERO UN, LE QUATRE FOIS 200, QUOIQUE MAL PARTI SUR LE PAPIER…

MERCREDI 24 MAI 2017, épreuve n° 8

1500 libre DAMES

MINIMUM : 16’25s04

Record de France : 16’3s01 Laure MANAUDOU, CN Melun, 14 mai 2006

Championne de France : Sharon Van ROUWENDAAL, NED et Montpellier, 16’31s17, et Julie BERTHIER, Mulhouse, 16’36s94.

Leaders mondiales 2017 : 1. Boglarka KAPAS, HUN, 16’4s19 ; 2. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 16’8s73 ; 3. Simona QUADARELLA, ITA, 16s10s66

Les Françaises 2017 : Adeline FURST, 16’36s29 ; 76. Aurélie MULLER, 16’42s54.

« Inexistence » au niveau mondial des Françaises (mais elles ne sont pas les seules), dans un contexte assez monopolisé où les Américaines, dont la « tyrannique »Katie LEDECKY, ne se sont pas encore exprimées cette année. Le 1500 mètres dames est devenu chez nous un succédané de nos surdouées de l’eau libre comme le montrent Adeline FURST, Aurélie MULLER, Coralie CODEVELLE et autres…

MERCREDI 24 MAI 2017, épreuve n° 9

100 mètres brasse messieurs

MINIMUM : 1’0s26.

Record de France : 58s64, Hugues DUBOSCQ, Le Havre, 27 juillet 2009.

Champion de France : Théo BUSSIERE, CNM, 1’1s35.

Leaders mondiaux 2017 : 1. Adam PEATY, GBR, 57s79; 2. Zibei YAN, CHN, 58s92; 3. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 59s26.

Les Français 2017 : 95. Théo BUSSIERE, 1’1s83; 208. Jean DENCAUSSE, 1’3s09

***Une course « éclopée » en France, qui avait donné de bons résultats avant de ne tenir pendant des années que par Giacomo PEREZ DORTONA, un niveau en-dessous de celui que hantait Hugues DUBOSCQ. Le bilan pré-championnats est très faible, et condamne, s’il en était besoin, par dessus le marché, tout espoir de relais quatre nages performant… On a vu que l’an passé, le volontarisme qui a mené à sélectionner aux Jeux olympiques de Rio un relais qui n’avait pas sa place, justement en raison de la brasse, n’a servi à rien. Le relais est resté scotché en séries. Alors que Camille LACOURT en dos, Jeremy STRAVIUS en papillon et Clément MIGNON en crawl totalisaient pratiquement le même temps que leurs correspondants anglais, auteurs du meilleur total es séries, Théo BUSSIERES se faisait prendre 3 secondes 73, soit plus de cinq mètres, par un énorme Adam PEATY, dans le parcours de brasse. Au total, les Français se retrouvaient en 10e position. Le quatuor français, l’année précédente, avait fini 3e des mondiaux de Kazan… C’est la vie ! Vous le voyez sur le podium à Budapest ?

 MERCREDI 24 MAI 2017, épreuve n° 10

200 mètres papillon DAMES

MINIMUM : 2’9s21

Record de France : 2’5s09, Aurore MONGEL, Mulhouse, 29 juillet 2009

Championne de France : Lara GRANGEON, CN Calédonien, 2’7s87.

Leaders mondiales 2017 : 1. Suzuka HASEGAWA, JPN, 2’6s29 ; 2. Franziska HENTKE, GER, 2’6s84; 3. Hiroko MAKINO, JPN, 2’6s92.

Les Françaises 2017 : 49. Lara GRANGEON, 2’11s99; 175. Camille WISHAUPT, 2’15s72.   

***La Japonaise HASEGAWA, 17 ans, est pour l’instant avec son remarquable temps de 2’6s29, la numéro un. Sur son résultat de Montpellier l’an passé, Lara GRANGEON avait opéré une approche intéressante, mais qu’en reste-t-il ? A-t-elle pu maintenir la pression en année post-olympique ? Pour l’instant, elle n’en donne pas l’impression.

MERCREDI 24 MAI 2017, épreuve n° 11

400 mètres 4 nages MESSIEURS

MINIMUM : 4’17s88

Record de France 4’16s97 Anthony PANNIER, Braud St. Louis, 23 avril 2009

Champion de France : Nicolas D’ORIANO, DTOEC, 4’20s03

Leaders mondiaux 2017 : 1. Chase KALISZ, USA, 4’11s43; 2. David VERRASZTO, HUN, 4’10s01; 3. Daya SETO, JPN, 4’10s22

Les Français 2017 : 120. Ambroise PETIT, Antibes, 4’24s83 ; 133. Quentin COTON, Antibes, 4’25s75.

***L’un des sujets de perplexité de Claude Fauquet était celui-ci : comment se fait-il que toute notre approche des jeunes, qui se fait sur les quatre nages, ne donne pas de nageurs de quatre nages ? Un vrai sujet de réflexion pour tous les « yaqua » et les « fautquon », votre serviteur inclus, et un bel exemple d’évidence qui ne fonctionne pas ! Dix ans après que notre DTN mythique se soit fait cette remarque, elle est plus que jamais d’actualité. Ambroise PETIT, qui mène la danse en France, est éloigné de huit secondes du record d’Anthony PANNIER, et à cinq de plus que le haut niveau actuel…

MERCREDI 24 MAI 2017, épreuve n° 12

50 mètres dos DAMES

MINIMUM : 28s01

Record de France : 28s01 Béryl GASTALDELLO, CNM, 15 août 2015.

Championne de France : Mathilde CINI, Valence, 28s58.

Leaders mondiales 2017 : 1. Yuanhui FU, CHN, 27s36; 2. Xuer WANG, CHN, 27s55; 3. Xiang LIU, 27s56.

Les Françaises 2017 : 43. Mathilde CINI, 28s63; 60. Mélanie HENIQUE, 28s84.

***Le minimum est hors de portée de nos représentantes.

MERCREDI 24 MAI 2017, épreuve n° 13

200 mètres MESSIEURS

MINIMUM : 1’47s15

Record de France :1’43s14, Yannick AGNEL, ONN,  30.7.2012.

Champion de France : Jeremy STRAVIUS, 1’46s18.

Leaders mondiaux 2017 : 1. SUN Yang, CHN, 1’44s91 ; 2. James GUY, GBR, 1’45s55; 3. Duncan SCOTT, 1’45s80.

Les Français 2017 : 77. Lorys BOURRELLY, 1’49s21. 78. Jordan POTHAIN, 1’49s23.

***Absence annoncée des Français sur une course où Yannick Agnel avait pesé de toute sa classe entre 2010 et 2013 ou 2014. Jeremy STRAVIUS semblait être sur une orbite haute à l’approche des Jeux olympiques, où il s’est malheureusement raté en séries du 100 mètres et a préféré les relais à ses chances personnelles sur 200… Ni MIGNON, ni STRAVIUS, encore moins AGNEL, qui tenaient le haut u pavé en 2016, ne sont plus dans le paquet des leaders, et personne… Au plan individuel, Jordan POTHAIN est le mieux placé pour le titre, mais par une performance tardive, Lorys BOURRELLY vient lui porter une salutaire contestation. Après la déception du 400, va-t-il tenter un gros coup?

Un relais quatre fois 200 mètres est-il envisageable ? Les éléments manquent trop pour le dire, mais avec POTHAIN, 1’49s23, BOURRELLY, 1’49s21, ATSU, 1’49s75, MIGNON, 1’50s91, ça ne va pas assez vite. Si l’on se réfère aux minima demandés, 7’10s77, on est loin du compte. A l’addition, ces quatre jeunes gens donnent 7’19s10, et même si on enlève les prises de relais, soit 2s1, ils se retrouvent à sept secondes des exigences techniques pour participer aux mondiaux…

Ceci dit, rien ne leur interdit de nager beaucoup plus vite à Schiltigheim.

 

MERCREDI 24 MAI, épreuve n° 14

Quatre fois 100 libre DAMES.

 

SCHILTIGHEIM (1):GEOFFROY MATHIEU SECOUE LE 200 DOS, TITRE ET BILLET POUR BUDAPEST

Eric LAHMY

Mardi 23 Mai 2017

Deux visas pour les mondiaux de Budapest, lors de la première journée des championnats de France, à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg. Le Clermontois Geoffroy MATHIEU, qui s’est révélé sur 200 mètres dos. La néo-Marseillaise Anna SANTAMANS qui a confirmé sur 50 mètres et annoncé qu’elle n’était pas venue seulement pour ça…

Sur sa médaille de bronze de l’an dernier sur la distance, on l’aurait peut-être mis dans notre tiercé. Mais pas tellement plus haut. C’est que Geoffroy MATHIEU, 19 ans, a créé l’évènement, sur 200 mètres dos. On voyait plutôt Stasiulis, mais c’est ce qui s’appelle avoir des visions, parce qu’il n’y avait pas plus de STASIULIS que de beurre en branche. Absent… Un autre Marseillais assurait le service, Paul-Gabriel BEDEL. Mais Mathieu était trop fort, qui visait, au mieux sans doute, autour de 1’58s et s’émerveillait d’avoir récolté 1’57s04. La natation est un sport précis et à partir d’un certain niveau, on grignote des centièmes. Mathieu a croqué une seconde ! Il est passé en 27s88, 57s82, 1’27s88, ce qui donne, cinquante par cinquante, 27s88, 29s94, 30s06 et 29s16. Grosse fin de course, donc, domination d’emblée, pour le titre, mais ensuite, un sprint précieux pour obtenir son visa pour Budapest ! Il se trouvait « dans un  nuage », disait-il.

Cet hiver, aux France petit bassin, il avait été en-dessous de sa valeur, en raison d’une gastroentérite au sortir d’une grosse période d‘entraînement. Son record personnel, il l’avait amené, à Stockholm, le 8 avril dernier, à 1’59s96, et l’an passé, aux France de Montpellier, il était rendu à 2’0s03. C’est donc une grosse progression que réalise l’élève de Bruno VERWEIRDE au Stade clermontois. Etudiant en école supérieure de chimie à Clermont-Ferrand, Mathieu tait plutôt nageur de petit bassin jusqu’ici. Il faisait partie des jeunes nageurs en stage au Japon (Nagano) cet hiver.

C’est fou ce qu’un nouveau minois fait du bien dans un sport qui ne bouge pas. Le 200 dos a été assez décoiffant sous cet angle, car les trois premiers de la course n’ont jamais trop été à pareille fête. BEDEL et BRUN, qui entouraient Mathieu sur le podium, ne se séparaient que de deux centièmes de seconde, à trois secondes de leur vainqueur.

ANNA SANTAMANS NE S’ARRETE PLUS AU 50

Anna SANTAMANS, qui s’est aussi qualifiée pour Budapest, est en revanche une assez vieille connaissance. On s’interrogeait à son sujet, parce que jusqu’ici, en 2017, elle n’avait pas trop donné signes de vie. Elle passait un cap délicat, après toute une carrière à Nice, en s’exilant pour Marseille. Mais elle a gagné, facilement, devant HENIQUE qui avait eu tendance, récemment, à la devancer et qu’on voyait bien la menacer. Sortie de l’eau, Anna ne s’emballait pas.  » C’est un temps que j’aurais pu faire à l’entraînement, je n’en retiendrai pas grand-chose. Je suis vraiment venue ici pour réaliser de bonnes performances sur le 100 nage libre et le 100 papillon », expliquait-elle… Jusqu’ici, Anna avait préféré longtemps se cantonner sur une longueur de bassin olympique. Puis elle s’était mise sur du plus long. Voyons ce que son transfert aura pyu lui apporter dans ce sens.

POTHAIN COMME UNE FLAMME QUI S’ETEINT

Schiltigheim n’a pas fait que des heureux. Pothain a gagné le 400 mètres, mais, par rapport à ses ambitions, s’est bel et bien planté. 3’50s05 ne représente pas le service minimum pour ce finaliste olympique de Rio.  » Je ne suis pas satisfait, même déçu, je prends une grosse claque, expliquait-il après l’épreuve. Pendant la course je pensais être bien en dessous de ce temps. J’avais vraiment la sensation d’avoir bien bossé, c’est difficile mais ce n’est que le premier jour de ces championnats et je ne compte ne pas me laisser abattre. » Son début de course, surtout les cent premiers mètres était assez prometteur, mais c’est après que la machine a cafouillé. Les temps de passage sont éclairants à ce sujet : 25s85, puis 53s87 soit 28s02, voilà qui est très bien, point de vue chrono. Du 100 au 150, il nage 28s47. Mais après cela, c’en est fini : 29s30, 29s39, 29s54, 29s78, et pour terminer 29s71, voilà qui donne quatre allers et retours en 53s87, 57s77, 58s93 et 59s49. Il donne l’effet d’une flamme qui s’éteint doucement. Sa deuxième moitié de course en 1’58s42 est inférieure en valeur aux 1’55s71 finaux de Joris Bouchaut, 1’57s68 de Damien Joly, 1’57s97 de Jonathan Atsu, 1’58s26 du Tunisien Mehdi Lagili, 1’58s02 e Mathis Castera : les cinq autres nageurs classés derrière dans cette finale ont « fini » plus vite que lui, et cela doit vouloir dire quelque chose… Mais quoi ?

Sur 50 papillon, Mehdy METELLA a devancé Jérémy STRAVIUS, le 100 brasse dames n’a donné lieu à aucune surprise, Fanny DEBERGHES devançant Charlotte BONNET et Solène GALLEGO, et le 400 quatre nages dames est revenu sans combattre à Fantine LESAFFRE, mais aucun autre minimum mondial n’était au rendez-vous. Vue d’aujourd’hui, l’équipe qui se rendra à Budapest en juillet ne sera pas très fournie, mais qui s’en étonnera ?

MESSIEURS.-400 libre (minimum mondial, 3’47s43) : 1. Jordan POTHAIN, Nautic Club Alp’38, 3’50s06 ; 2. Joris BOUCHAUT, D. Toulouse OEC, 3’50s65 ; 3. Damien JOLY, Montpellier Métropole, 3’50s80.

200m dos (minimum mondial, 1’57s58) : 1. Geoffroy MATHIEU, Stade Clermont, 1’57s04 ; 2. Paul-Gabriel BEDEL, CN Marseille, 2’0s46 ; 3. Christophe BRUN, D. Toulouse OEC, 2’0s48.  

50m papillon (minimum mondial 23s29): 1. METELLA Mehdy, CN Marseille, 23s61 2. Jérémy STRAVIUS, Amiens Métropole, 23s88 ; 3. Paul PIJULET, D. Toulouse OEC, 24s12.

4x100m libre : 1. Amiens Métropole, 3’18s37 ; 2. CN Marseille, 3’19s36 3. Dauphins Toulouse OEC, 3’20s68

 DAMES.- 50m libre (minimum mondial, 24s82) : 1. Anna SANTAMANS Anna, CN Marseille, 24s71 ; 2. Mélanie HENIQUE, CN Marseille, 25s11 ; 3. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 25s22.

100m brasse (minimum mondial, 1’7s22): 1. Fanny DEBERGHES, ASPTT Montpellier, 1’9s18 ; 2. Charlotte BONNET, O. Nice, 1’9s57 ; 3. Solène GALLEGO, D. Toulouse OEC, 1’9s69.

400m 4 nages (minimum mondial, 4’38s91) 1. Fantine LESAFFRE, Montpellier Métropole, 4’41s64 ; 2. Cyrielle DUHAMEL, Béthune Pélican, 4’46s11 ; 3. Coralie CODEVELLE, AAS Sarcelles, 4’51s10.

CHAMPIONNATS DE FRANCE (23-28 MAI), J – 1: SERVICE POTHAIN!

Eric LAHMY

Lundi 22 Mai 2017

Demain première journée des championnats de France de Schiltigheim. Jordan POTHAIN nagera la première finale, sur 400 mètres messieurs, et son résultat pourrait bien donner l’ambiance!

MARDI 23 MAI, épreuve n°1

400 LIBRE MESSIEURS

MINIMUM : 3’47s43

Record de France 3’43s85 Yannick AGNEL, Nice, 23 mars 2011.

Champion de France : Jordan POTHAIN, 3’47s77.

Leaders mondiaux 2017 :  1. SUN Yang, CHN, 3’42s16 ; 2. Gabriele DETTI, ITA, 3’43s46; 3. Mack HORTON, AUS, 3’44s18.

Les Français 2017 : 28.Jordan POTHAIN, 3’49s29; 42. Damien JOLY, 3’50s43.

***Un peu de potentiel, mais le temps reste brumeux. Psychologiquement, un bon 400 mètres pourrait « déverrouiller » et lancer les championnats de France, et bien entendu, Schiltigheim compte sur Jordan POTHAIN, révélation de 2015, confirmation de 2016. Où en est-il ? Il n’a pas satisfait ses ambitions du début de saison et se trouve, avec son temps du Golden Tour d’Amiens, dont il s’est déclaré déçu, largué par l’élite. Et Damien JOLY reste le seul en mesure de lui porter contestation, sans aller très « haut » sur la distance, étant entendu que son meilleur se trouve sur 1500. Tout ça pour dire que Pothain est trop seul et dans une position pas très avantageuse. Il lui faut gagner trois secondes pour rejoindre le peloton des finalistes potentiels, et encore une ou deux secondes supplémentaires pour disputer une médaille, et on ne voit personne pour le pousser. A lui de surprendre. L’an dernier, il avait réalisé de bons coups et, comme disait Francis Blanche dans le sketch du Sar Rabindranath Duval avec Pierre Dac : « il peut le faire. On applaudit bien fort »

Mais, comme répondait Dac (du Dac au tac) : « n’applaudissez pas trop vite. Attendez d’avoir lu le rapport. »

MARDI 23 MAI 2017, épreuve n° 2.

100 BRASSE DAMES

MINIMUM : 1’7s22

Record de France : 1’7s97, Sophie DE RONCHI, 23 mars 2011.

Championne de France 2016: Fanny DEBERGHES, 1’8s61.

 Leaders mondiales 2017: 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’5s90; 2. Lily KING, USA, 1’6s20; 3. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’6s30.

Les Françaises: 81. Fanny DEBERGHES, 1’9s70; 211. Camille DAUBA, 1’10s84.

***Cela fait des années maintenant que la France n’a plus une grande représentante en brasse. La dernière manifestation au plus haut niveau d’une Française se situe aux Jeux olympiques de 1984, quand Catherine POIROT enlevait une médaille de bronze à Los Angeles en 1’10s69, ce qui commence à dater. Puis vint Pascaline LOUVRIER, extrêmement précoce, puisqu’elle fut championne de France à 12 ans, 5 mois et 20 jours (L’Histoire Ardennes) et probablement numéro une mondiale de cet âge ; sur 100 mètres, le record de Pascaline, 1’10s14, tint 19 ans, et quand Anne-Sophie Le PARANTOËN le porta à 1’8s68, elle manqua de deux dixièmes la finale aux mondiaux 2007 de Melbourne. Le record de France actuel, détenu par Sophie de RONCHI, 1’7s97, a été établi à Strasbourg en 2011, et on ne le voit pas menacé. Aujourd’hui, on peut supposer que la meilleure française sur la distance est Charlotte BONNET, laquelle est loin de prétendre à être une spécialiste, et, d’ailleurs, la nage rarement. Fanny DEBERGHES, la tenante, peut-elle conserver son titre ? Sur les rankings, avec ses 1’9s70, elle parait même imbattable… Au niveau des jeunes, Camille Mallet, 16 ans, Amiens, 1’11s, et Emma ONOLFO, 15 ans, Nice, 1’12s46, sont en pointe. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Nul ne peut le dire. A ces âges, Ruta MEILUTYTE, certes très précoce, était championne olympique et recordwoman du monde…

MARDI 23 MAI 2017, épreuve n° 3

200 DOS MESSIEURS

MINIMUM : 1’57s58

Record de France: 1’56s39 Benjamin STASIULIS, Amiens, 23 mars 2012

Champion de France 2016 : Benjamin STASIULIS, 1’58s48.

 Leaders mondiaux 2017 : 1. Evgueny RYLOV, RUS, 1’53s81; 2. Jiayu XU, 1’54s03; 3. Kliment KOLESNIKOV, RUS, 1’55s49.

Les Français: 43. Geoffroy MATHIEU, 1’59s96; 88. Benjamin STASIULIS, 2’1s52.

***Geoffroy Mathieu, 20 ans, arrive, mais reste encore à distance du plus haut niveau.

Ici aussi, cela ne va pas fort de façon assez endémique. Le 100 mètres dos français, depuis la Deuxième Guerre mondiale, a produit des stars incontestables, comme Lucien ZINS, Georges VALLEREY, Gilbert BOZON, Robert CHRISTOPHE, Franck SCHOTT, Jeremy STRAVIUS et Camille LACOURT, et un seul très bon nageur de 200 dos, Frédéric DELCOURT (et un peu Simon DUFOUR) ! Benjamin STASIULIS a été notre porte-drapeau pendant des années sur la distance, et, à 31 ans, il se trouve confronté à une génération emmenée par Geoffroy MATHIEU, 20 ans, seul sous les deux minutes. Derrière, on note le jeune Mewen TOMAC, 16 ans, originaire de Caen et entraîné désormais à Amiens sous l’œil expert de Michel CHRETIEN, mais bien entendu, ses 2’2s94 réussis le 30 avril dernier sont très loin du niveau requis en compétition adulte…

MARDI 23 MAI 2017, épreuve n° 4

400 4 NAGES DAMES

MINIMUM : 4’38s91.

Record de France : 4’36s61 Lara GRANGEON (2016)

Championne de France 2016 : Lara GRANGEON, 4’36s61.

 Leaders mondiales 2017 : 1. Hannah MILEY, GBR, 4’34s12; 2. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 4’35s01; 3. Yui OHAASHI, JPN, 4’35s35

Les Françaises : 32. Fantine LESAFFRE, 4’43s01; 48. Cyrielle DUHAMEL, 4’45s76.

***La néo Montpelliéraine Fantine LESAFFRE est à cinq secondes de son record de 2016 et Lara GRANGEON a l’air larguée. Disons que cette course a rarement donné de grandes exposantes en France, depuis la regrettée Camille MUFFAT et l’on voit mal une Française tirer son épingle du jeu cet été à Budapest sur la distance qui demande beaucoup de talent et beaucoup de travail… Evolution intéressante, cependant, de Cyrielle DUHAMEL (Béthune).

MARDI 23 MAI 2017, épreuve n° 5

50 PAPILLON MESSIEURS

MINIMUM : 23s29

Record de France : 22s84 Frédéric BOUSQUET CNM, 22 avril 2009, et Florent MANAUDOU, CNM, 2 août 2015.

Champion de France 2016 : Mehdy METELLA, 24s29.

Leaders mondiaux 2017 : 1. Nicholas SANTOS, BRA, 22s61; 2. Benjamin PROUD, GBR, 22s80; 3. Oleg KOSTIN, RUS, 23s27.

Les Français 2017: 12. Mehdy METELLA, 23s58; 81. Jeremy STRAVIUS, 24s28

***Mehdy METELLA est à une seconde, ce qui peut être beaucoup trop pour être comblé sur une distance brève. Et derrière (voire devant), il n’y a vraiment personne, vu que cet excellent handballeur de Florent MANAUDOU ne parait pas trop s’intéresser à son potentiel en natation !

MARDI 23 MAI 2017, épreuve n° 6

50 LIBRE DAMES

MINIMUM :  24s82

Record de France: 24s58 Malia METELLA, DTOEC, 1er août 2009.

Championne de France 2016 : Anne SANTAMANS, 24s59.

Leaders mondiales 2017 : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s83; 2. Pernilla BLUME, DEN, 24s11 ; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s34.

Les Françaises 2017: 23. Mélanie HENIQUE, 25s11; 32. Anna SANTAMANS, 25s29.

***Perdues dans la foule, les deux Françaises habituelles de la course. Mélanie HENIQUE est 16e à deux par nation, Anna SANTAMANS, qui avait été si régulière pendant toute l’olympiade passée et dominait chez nous, se situe au-delà de la 20e place. Jusqu’ici, relatif point fort de notre natation féminine, on ne sait plus très bien où se situe notre 50 dames. 

MERCREDI 23 MAI 2017, épreuve n° 7

RELAIS QUATRE FOIS 100 METRES MESSIEURS

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LES MINIMA FRANÇAIS POUR BUDAPEST

Les minima français pour Budapest qu’avait proposé Jacques FAVRE équivalent aux 16èmes places des Jeux olympiques de Rio, et, pour les courses non-olympiques, aux 12èmes places des championnats du monde de Kazan. Ils sont donc plus « faciles » que ceux qui avaient été demandés par Claude Fauquet à partir de 2001 et jusqu’en 2008 au temps du « renouveau » de la natation française. Cependant, ils ne permettent pas, à première vue, d‘espérer une équipe de France pléthorique. Laurent Guivarc’h, le DTN a fait savoir qu’il n’y aurait pas de repêchages, ce qui nous parait d’une saine politique. D’ailleurs des repêchages trahiraient un manque d‘ambition : ces minima correspondent au niveau de la compétition internationale.

D’aucuns les ont trouvé trop faibles, d’autres disent qu’ils ne permettront pas d’envoyer une équipe assez nombreuse. C’est possible, mais qu’elle soit critiquée des deux côtés est le signe que Favre avait trouvé un juste milieu ? Une stratégie possible pour l’équipe de France serait, par exemple, de partir sur des critères pas trop difficiles cette année 2017, puis de les durcir  chaque saison, pour atteindre la rigueur d‘un potentiel de finales aux Jeux de Tokyo 2020… E.L.

Epreuves individuelles .- DAMES.- 50 Nage Libre 24.82. 100 Nage Libre 54.50. 200 Nage Libre 1:57.74 400 Nage Libre 4:8.34. 800 Nage libre 8:33.73. 1500 Nage Libre 16:25.04. 50 Dos 28.01. 100 Dos 1:0.61. 200 Dos 2:10.68. 50 Brasse 30.99. 100 Brasse 1:7.22. 200 Brasse 2:25.91. 50 Papillon 25.91. 100 Papillon 58.15. 200 Papillon 2:9.21. 200 4 Nages 2:13.01. 400 4 Nages 4:38.91.

MESSIEURS.- 50 Nage Libre 22.10. 100 Nage Libre 48.58. 200 Nage Libre 1:47.15. 400 Nage Libre 3:47.43. 800 Nage Libre 7:51.19. 1500 Nage Libre 15:1.97. 50 Dos 24.93. 100 Dos 53.99. 200 Dos 1:57.58. 50 Brasse 27.20. 100 Brasse 1:0.26. 200 Brasse 2:11.11. 50 Papillon 23.29. 100 Papillon 52.08. 200 Papillon 1:56.72. 200 4 Nages  1:59.77. 400 4 Nages 4:17.88.

Relais .-  4×100 Nage Libre Dames 3:38.35 4×200 Nage Libre Dames 7:54.93 4×100 4 Nages Dames 4:00.84.

4×100 Nage Libre Messieurs 3:15.19. 4×200 Nage Libre Messieurs 7:10.60. 4×100 4 Nages Messieurs 3:35.17.

SCHILTIGHEIM, 23-28 MAI 2017, J – 2 LA FRANCE A LA RECHERCHE DE SA PLACE DANS LE MONDE AVANT LES CHAMPIONNATS DE FRANCE 2017

Eric LAHMY

Dimanche 21 Mai 2017

Cet article est également publié sur le site SwimSwam Français

Pour justifier sa septième candidature à la présidence de la Fédération française de natation, l’estimable Francis Luyce expliquait cet hiver qu’ayant amené la natation au niveau d’excellence qu’il lui trouvait alors, il voulait parfaire son œuvre dans les quatre prochaines années.

On peut en effet admirer le résultat de sa politique, dès avant les France de Schiltigheim, avec le sentiment qu’on était tout près du but.

Quelque chose d’une catastrophe…

Les média l’ont bien senti. D’après un ami introduit dans les milieux, des coupes claires ont été opérés dans les programmes sportifs des radios et des organes de presse concernant la natation. L’engouement des années Manaudou, Agnel, Muffat et tutti quanti est bien fini. L’hiver arrive. En battant Luyce aux élections, Sezionale a sans doute causé quelques pleurs à son prédécesseur, mais il lui aura évité pas mal de grincements de dents pendant les onze semaines qui vont des France de Strasbourg (13-18 mai) aux monde de Budapest (12-28 juillet) !

Un échec annoncé

Luyce n’est sans doute pas le seul responsable de la situation de fiasco vers laquelle on se dirige. Mais il l’a en quelque sorte orchestrée, en voulant quitter son rôle d’arbitre pour celui de premier dernier décideur, être en quelque sorte « président DTN ». C’était sortir de ses prérogatives, et se mettre en danger, sauf en cas de réussite éclatante. Ses choix, ces dernières années, ont brisé l’élan par la mis en place soit d’adversaires du programme qui avait donné des résultats, soit d’hommes à lui.

Certes, pour l’essentiel, la valeur de la natation se situe au sein des clubs, et que quelque chose ne tourne pas rond à ce niveau. Quoi ? Selon notre fidèle correspondante Germaine Necker, qui s’appuie sur les bilans FINA 2017 des cinq cents premiers nageurs de chaque course, la natation française manque de fond. Nos « pôles » France, explique-t-elle, travaillent sur un nombre trop faible d’éléments. Est-ce pour cela que dans les bilans mondiaux, le nageur français parait aussi menacé d’extinction que la girafe africaine et le rhinocéros d’Asie ? On n’a pas seulement trop peu de nageurs dans les dix ou vingt premiers, on n’en a guère assez dans les listes de cent, deux cents ou cinq cents. De la même façon, nos jeunes se font rares. De quoi est-ce le signe ? D’une natation qui manque de moyens, ne brasse pas assez d’éléments, qui ne travaille pas assez, qui ne renouvelle pas ses compétences et qui n’a ni continuité, ni renouvellement…

Voilà pour les symptômes et les constats. Il va maintenant falloir, forts de ces diagnostics, soigner la malade, et j’imagine que Gilles Sezionale et son équipe s’y sont mis. Le choix qui a été fait de la personnalité du DTN, Laurent Guivarc’h – en admettant qu’il soit confirmé – me parait intéressant. Après, il faudra mettre les mains dans le cambouis.

La situation pré-championnats de Schiltigheim, on la voyait venir depuis quelques temps. Des entraîneurs, des connaisseurs comme Claude Fauquet, Marc Begotti ou Philippe Dumoulin nous la prédisaient il y a peut-être trois ans déjà. D’autres comme Frédéric Barale, Richard Martinez, Marc Planche ou Patricia Quint s’en étaient inquiétés ainsi lors d’une enquête sur les faiblesses de notre natation féminine. (1) Beaucoup d’autres en faisaient état au hasard de conversations…

Schiltigheim est une chose. Les championnats du monde de Budapest en sont une autre. On aura toujours un champion de France pour chaque épreuve disputée, mais on n’aura pas un candidat à la finale et au podium dans plusieurs d’entre elles (et d’ailleurs, peu de qualifiés en fonction des minima). La grande aventure du relais quatre fois 100 mètres, qui fut – dans une certaine continuité aux trois quarts marseillaise – LA vraie saga de notre natation est sans doute finie…

Un relais se gagne à cinq, pas à trois

Certes, le 100 s’est trouvé un patron en Mehdy Metella, et Jeremy Stravius et Clément Mignon sont encore là, mais un étage au-dessous, et pour combien de temps, et un relais se fait plutôt avec cinq ou six nageurs, pas avec trois. Des candidats à la quatrième place, il y en aura toujours. Mais ils sont encore tendres, et que ce soient les Amiénois Maxime Grousset ou Alexandre Derache, le Grenoblois Pothain ou de nombreux Toulousains, ce sont tous des nageurs à plus de 50 secondes qui ne pourront aider le relais à moins de nager sous les 49 secondes…

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LES MINIMA FRANçAIS POUR BUDAPEST

Epreuves individuelles .- DAMES.- 50 Nage Libre 24.82. 100 Nage Libre 54.50. 200 Nage Libre 1:57.74 400 Nage Libre 4:8.34. 800 Nage libre 8:33.73. 1500 Nage Libre 16:25.04. 50 Dos 28.01. 100 Dos 1:0.61. 200 Dos 2:10.68. 50 Brasse 30.99. 100 Brasse 1:7.22. 200 Brasse 2:25.91. 50 Papillon 25.91. 100 Papillon 58.15. 200 Papillon 2:9.21. 200 4 Nages 2:13.01. 400 4 Nages 4:38.91.

MESSIEURS.- 50 Nage Libre 22.10. 100 Nage Libre 48.58. 200 Nage Libre 1:47.15. 400 Nage Libre 3:47.43. 800 Nage Libre 7:51.19. 1500 Nage Libre 15:1.97. 50 Dos 24.93. 100 Dos 53.99. 200 Dos 1:57.58. 50 Brasse 27.20. 100 Brasse 1:0.26. 200 Brasse 2:11.11. 50 Papillon 23.29. 100 Papillon 52.08. 200 Papillon 1:56.72. 200 4 Nages  1:59.77. 400 4 Nages 4:17.88.

Relais .-  4×100 Nage Libre Dames 3:38.35 4×200 Nage Libre Dames 7:54.93 4×100 4 Nages Dames 4:00.84.

4×100 Nage Libre Messieurs 3:15.19. 4×200 Nage Libre Messieurs 7:10.60. 4×100 4 Nages Messieurs 3:35.17.

 

 (1)     Enquête que je n’ai pas publiée. Il m’avait semblé, malgré des témoignages en ce sens, notamment de Patricia Quint et de Didier Barale, difficile de justifier, ou de mesurer, un caractère purement féminin dans les soucis de la natation française. En tout cas, je n’étais parvenu à aucune conclusion satisfaisante, même si, à l’évidence, il y avait une carence particulièrement prononcée des filles en France. Je ne pouvais  dire s’il s’agissait d’un manque de talents, de méthodes, d’intérêt pour les nageuses, peut-être un peu de tout ça, et d’autres facteurs encore ? Bref, je n’avais trouvé aucune solution… Entre-temps, malheureusement, les filles n’ont pas rejoint les garçons, mais les garçons ont rétrogradé en direction des filles !

EDITH VAN DIJK, REINE DES EAUX ET DES PAYS-BAS

Jeudi 18 Mai 2017

DIJK [Edith « Piaf » Van]. (Haastrecht, 6 avril 1973- ). Pays-Bas. Championne de longue distance, elle a dominé ces épreuves pendant une décennie, se construisant un palmarès étoffé. Elle a enlevé six titres de championne du monde, sur 10 et 25 kilomètres à Honolulu en 2000, sur 25km à Charm el Cheik en 2002 et à Barcelone en 2003, sur 10 et 25km à Montréal en 2005. A ces titres, elle a ajouté les médailles d’argent sur 5km à Perth en 1998, sur 25km à Fukuoka en 2001, à Dubaï en 2004 et à Séville en 2008, ainsi que les médailles de bronze sur 25km à Perth, sur 20km en 2003 et sur 5km en 2005. En championnats d’Europe, elle a gagné en 2002 à Potsdam sur dix et vingt-cinq kilomètres, après avoir fini 2e sur 25km en 1995 à Vienne et en 2000 à Helsinki. Vivant à Wonju et nageant pour le club SG Hoorn Zeemacht, entraînée par son époux (depuis 2003), le nageur de fond Hans van Goor, elle s’est illustrée, outre les grandes compétitions officielles, sur le circuit Coupe du monde, ainsi sur les ultra longues distances de plus de 70km en Argentine et au Brésil. Elle a traversé la Manche en 2003 en 9 heures 8 minutes entre Douvres et Calais. En revanche, elle manquait de vitesse et ne put se qualifier aux Jeux olympiques de 2004 sur 800 mètres. Elle annonça sa retraite à la fin de l’année 2005, mais reprit le collier en 2007 à l’annonce d’une course d’eau libre sur 10 kilomètres aux Jeux de Pékin. Elle parvint à enlever l’argent aux mondiaux de Séville, mais fut seulement 14e de la course aux Jeux. Elle fut finaliste à l’élection de sportive de l’année aux Pays-Bas en 2001, 2002 et 2003. Eric Lahmy.

COMMENT NELSON DIEBEL, USA, REBELLE SANS CAUSE, ÉCHANGEA TROIS ANNEAUX AUX OREILLES CONTRE CINQ ANNEAUX OLYMPIQUES

Éric LAHMY

Mardi 16 Mai 2017

DIEBEL [Nelson W]. Natation. (Hinsdale, Illinois, 9 novembre 1970-). Etats-Unis.

Jeune « rebelle sans cause », rendu furieux par le divorce de ses parents, éternellement à la recherche d’un mauvais coup, expulsé d’une école pour avoir boxé un écolier, toujours entre deux rixes, deux drogues, deux cigarettes ou deux verres, ne négligeant pas même de petits larcins, Nelson Diebel est amené à la natation, dans une école privée du New Jersey, la Peddie school, par un (pieux?) mensonge. Dans un questionnaire scolaire, il s’invente un hobby, la natation. Il se souvient en effet que sa mère, cherchant, dans le passé, par tous les moyens, à le fatiguer afin qu’il consente à dormir le soir (il est suractif) l’a traîné à un cours de natation. Malgré son manque d’assiduité, il a nagé les 100 yards brasse en 1’8s à douze ans. Il n’empêche, se baptiser nageur représente, avouera-t-il plus tard, « l’un des plus gros mensonges jamais proférés dans ma vie. »

Maintenant, il lui faut assumer sa frauduleuse déclaration. Reçu avec sa mère par l’entraîneur Chris Martin, un ancien nageur de Yale, 1,88m, 110kg, il a droit à un beau laius : « la première chose que je veux que tu saches, c’est que je suis un tyran ; la deuxième, c’est que s’il doit y avoir une bagarre ici, ce sera avec moi. » Après dix minutes d’aboiements, Dave Martin disparut. Cet homme « était la réponse à mes prières », se souvient Marge. Un superbe article de Kelli Anderson dans SPORTS ILLUSTRATED du 29 Juin 1992 raconte l’anecdote et l’histoire de Diebel :

https://www.si.com/vault/1992/06/29/126752/swimming-life-in-the-fast-lane-one-time-hellion-nelson-diebel-is-now-a-contender-for-olympic-gold

En 1986, Diebel fume deux paquets de cigarettes par jour et après quelques longueurs, il crache ses poumons, accroché à la rigole, des minutes entières. Mais à raison de quatre heures d’entraînement quotidiens, sept jours sur sept, son hypercativité se fendilla, ses cigarettes, sa drogue et son alcool s’évaporèrent.

En 1988, il en était rendu à la cinquième place des 100 brasse et à la huitième des 200 des sélections US pour les Jeux olympiques de Séoul : de quoi se convaincre qu’il pourra faire un jour les Jeux.

Une semaine après les sélections, il récupère de l’entraînement long par de l’affutage, et retrouve son hyperactivité. Trouve un jeu très intéressant, qu’il appellera « une expérience de la gravité », qui consiste à se jeter d’un balcon d’un troisième étage qui donne directement sur le bassin ; au troisième essai, il se rate, tombe sur la plage et se fracture les deux poignets. Quand Dave Martin voit les dégats aux rayons X, il le croit perdu pour la natation. Les poignets, dit-il, n’étaient pas seulement cassés. Ils étaient en miettes… Cinq heures trente d’opération plus tard, une vis permanente et quatre temporaires, huit semaines de platre et deux semaines de thérapie, il reprend l’entraînement, jambes seules, pendant des semaines… L’année suivante, 1989, il est champion des USA des 200 yards brasse.

SPORTS ILLUSTRATED raconte cette anecdote concernant l’affutage : « Je lui demandai pendant combien de temps il s’était affuté pour le championnat, raconte Barrowman (champion olympique et recordman du monde du 200 brasse). Moi, c’était d’une semaine à dix jours. Diebel me dit qu’il y va doucement pendant cinq semaines et demie. Je me dis : n’importe quoi. Mais les trois semaines suivantes, on s’entraîne tous pour les PanPacifique, beaucoup pour plusieurs d’entre nous. Nelson, lui, restait dans le bassin dix minutes par jour. Avant le meeting, je dis à mon coach : si Diebel nage bien après huit semaines d’affutage, j’abandonne, j’arrête de nager à jamais. Et vous savez quoi ? Il bat son record ! »  [Aux PanPacifics 1989, Mike Barrowman gagne le 200 brasse en 2’13s09, record du monde, devant Nelson Diebel, 2’14s94].  

Nelson Diebel n’en continue pas moins d’être Nelson Diebel. Quand, en 1990, il ajoute un troisième anneau à ses précédents piercings aux oreilles : « t’es cinglé, hurle Martin ? Tu portes déjà plus de joaillerie de ma mère. Je te signale que cette année, tu gagnes 100 et 200 brasse. » Et, en effet, il gagne. Et arrête avec les boucles, quand il s’aperçoit que les tatouages font bondir le coach ! Va pour les tatouages.

A un an des Jeux cependant, il est seulement 24e nageur du monde et souffre, outre les poignets, des épaules (tendinite chronique). Vainqueur surprise des sélections olympiques US avec un nouveau record américain du 100 mètres brasse, 1’1s49, puis 1’1’’40 (ancien record, Steve Lunquist, 1’1s65 en finale des Jeux de Los Angeles), on le croit quand même inférieur aux meilleurs nageurs de la spécialité.

Martin ne l’en félicite pas moins en ces termes : « Dieu te dédommage pour ces six années de moi. » Ses épaules douloureuses le contraignent à couper dans son kilométrage. Il l’emporte finalement, sur 100 brasse, aux Jeux olympiques, devant l’un des monstres de la spécialité, le Hongrois Norbert Rozsa, en  1’1’’50 contre 1’1’’68 (Rozsa détient le record mondial en 1’1s29), monte sur le podium le crâne recouvert d’un bandana aux couleurs du drapeau, refuse la main sur le cœur, mais craque un peu d’émotion ! Il empoche une deuxième médaille d’or avec Jeff Rouse en dos, Pablo Morales en papillon et Jon Olsen en crawl, dans le relais quatre nages des États-Unis (record du monde en 3’36s93).

Nelson Diebel, depuis, n’a cessé de nager, mais sans ambition compétitive…

DAVID DICKSON, CAPITAINE AUSTRALIEN ET COACH ANTIBOIS

Lundi 15 Mai 2017

DICKSON [David]. (Batu Gajah, Malaisie, 20 février 1941-).

Spécialiste des courtes distances (100 mètres et 200 mètres), il enleva trois médailles de bronze de relais olympiques, sur 4×200 mètres à Rome en 1960, sur 4×100 mètres et 4×100 mètres quatre nages à Tokyo en 1964 (année où il fut le capitaine de l’équipe australienne de natation). Devenu entraîneur d’Antibes (et de Pierre Andraca) et entraîneur national en France dans les années 1970, il retourna en Australie où il milita pour la création d’un Institut National des Sports (à Canberra) sur le modèle français de l’INSEP de Paris. Membre du Comité olympique australien depuis 1989.