Catégorie : News

MANDATS PRESIDENTIELS, AGE LIMITE, SCRUTIN DE LISTE ET AUTRES REFORMES

Eric LAHMY

Mercredi 13 Décembre 2017

Dans un communiqué, la Fédération française de natation a annoncé ce mardi 12 décembre que « l’Assemblée Générale Extraordinaire de la Fédération Française de Natation, réunie le 9 décembre 2017 à Paris, a entériné à une très large majorité (plus de 73 % des voix) l’intégralité des dispositions statutaires et financières qui lui ont été présentées. »

« Désormais, continue le communiqué, il convient de retenir l’entrée en vigueur des mesures institutionnelles suivantes :

  1. Les mandats du Président de la Fédération Française de Natation sont limités à deux, qu’ils soient consécutifs ou pas.
  2. L’âge maximal de tout candidat à un poste de membre du Comité Directeur est limité à 70 ans au 1er janvier de l’année de l’élection.
  3. Le Comité Directeur est élu par chaque club affilié à la Fédération Française de Natation, au suffrage direct selon le principe : 1 licencié = 1 voix.
  4. L’élection du Comité Directeur se déroule au scrutin de liste mixte à un tour.
  5. La Fédération Française de Natation a désormais la possibilité de consulter les clubs affiliés sur tous sujets en lien avec la mise en œuvre de sa politique et/ou ses choix stratégiques. De même, plusieurs aménagements financiers entrent désormais en application avec, entre autres, la restauration des tarifs des transferts de la saison 2015-2016, plus avantageux, et surtout leur réversion intégrale au club quitté pour les athlètes en liste « Elite ».

L’ensemble de ces dispositions converge très nettement vers un objectif unique : remettre les clubs au cœur du dispositif fédéral en réformant la gouvernance de la Fédération Française de Natation et en assouplissant, à l’avantage des clubs, les règlements financiers. »

La première nouvelle importante de ce samedi est que la Fédération dispose d’une majorité pour gouverner et que l’opposition, si tant est qu’elle existe, est bien fourbue…

Les différentes décisions qui ont été prises sont d’importances diverses, certaines étant fondamentales, d’autres moins bien venues. La limitation à deux mandats présidentiels consécutifs ou pas (détail important, voir ce que la Russie a fait de cette limitation, permettant à Poutine et Medvedev de se relayer depuis 18 ans au poste suprême) évitera à l’avenir les présidences interminables. Francis Luyce, après six mandats et vingt-quatre années au poste, revendiquait une septième élection. Son successeur, Gilles Sezionale, n’espérant pas se présenter plus de deux fois (il a été élu à cinquante-neuf ans), était bien placé, pour des raisons personnelles autant qu’éthiques, de proposer une telle limitation.

La limite d’âge à 70 ans pour l’élection des membres du bureau répond au vieillissement irrésistible du bureau fédéral de Luyce, qui ne paraissait pas admettre facilement l’entrée de jeunes dirigeants et se plaisait à être entouré d’un comité directeur de sa génération. Tant et si bien qu’en mars 2017, la moyenne d’âge du Comité directeur était de l’ordre de 70 ans.

Il s’agit donc d’une réaction à ce qui ne fut peut-être pas un abus, mais représentait quand même une dérive. Je ne sais si l’art de faire des omelettes sans casser des œufs existe, mais si un comité directeur de 70 ans en moyenne n’est pas une bonne chose, la présence de quelques dirigeants de 70 ans et plus dans un panachage de générations ne m’eut pas paru néfaste. A son poste, Francis Luyce paraissait cuit, mais quelques-uns des anciens qui l’entouraient avaient toujours de la répartie…

Les élus de la chambre des représentants américaine ont en moyenne 58 ans, dans une fourchette allant de 28 ans à 84 ans, et leur job n’est pas plus facile que celui de membre du comité directeur de la FFN. En France, au Sénat, la moyenne d’âge, depuis septembre, est de 61 ans : Christine Lavarde, la benjamine, a 32 ans, le doyen d’âge, Gérard César, 82. Mais le Sénat n’est peut-être pas exemplaire ?

Si la limite d’âge reste donc à mes yeux discutable, en revanche, l’élection par les clubs selon le principe un licencié égale une voix change pour le meilleur le mode de scrutin fédéral. Jusqu’ici, le comité directeur (l’actuel comme les précédents) reste l’émanation d’une poignée de dirigeants régionaux à la fragile légitimité.

Le scrutin de liste mixte me parait être une innovation sans l’être. Au fond, il a toujours existé des listes de par le passé, à la différence qu’elles n’avaient rien d’officiel. C’étaient des dirigeants qui partageaient les mêmes idées, faisaient corps et se présentaient ensemble. Disons qu’on a formalisé quelque chose qui fonctionnait peu ou prou de façon naturelle. Autant dire qu’il s’agit d’une réforme passablement inutile dont la seule qualité est de se situer dans l’air du temps.

En revanche, la possibilité de consulter les clubs (sa base) par la fédération devrait permettre aux huiles fédérales de vérifier que leur politique a l’assentiment de tous.

Et l’abandon par la Fédération et les comités régionaux de la part du lion qu’elles captaient sur les transferts des « élites » est une mesure symbolique qui répond à une promesse de l’équipe actuelle.

RICHARD MARTINEZ: « DES MINIMA LOGIQUES ET COHERENTS »

Dimanche 10 Décembre 2017

SUITE À MON ARTICLE D’HIER SUR LES MINIMA (intitulé : l’abandon de la rigueur dans les minima français est bien confirmée), RICHARD MARTINEZ, DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL ADJOINT CHARGÉ  DE LA NATATION, M’ÉCRIT POUR DÉFENDRE SON PROJET. COMPTE TENU DE L’IMPORTANCE DE CE QUE L’AUTEUR DE CE PROJET EXPRIME SA VISION, ET POUR LUI DONNER LE MAXIMUM DE VISIBILITÉ, CE TEXTE QUI AVAIT ATTERRI EN COMMENTAIRES DEVIENT UN ARTICLE. JE ME SUIS PERMIS D’Y RÉPONDRE NON POINT POUR LE CONTRER, MAIS BIEN POUR DÉFINIR LES LIMITES DE MES ARTICLES DANS CE BLOG. SELON L’EXPRESSION CONSACREE, LES INTERTITRES SONT DE LA REDACTION.E.L.

RICHARD MARTINEZ : « NE CONFONDONS PAS CHAMPIONNATS D’EUROPE ET DU MONDE »

Je trouve que vous y aller un peu fort quand vous dîtes : « Si on les compare aux résultats des Europe 2014, des Europe 2016 ou des mondiaux de Budapest, on s’aperçoit que l’idée de minima durs, l’une des croyances de Claude Fauquet, a été proprement bazardée. »

Bien entendu les minimas demandés ne souffrent pas la comparaison avec le niveau mondial, mais les championnats d’Europe constituent une confrontation continentale et non intercontinentale, il nous a donc semblé logique et cohérent d’évaluer et dynamiser nos forces à l’aune de cette première réalité et difficulté, avant de s’attaquer aux plus hauts sommets mondiaux et olympiques.

À bien y regarder, les minimas proposés pour les épreuves individuelles ne me semblent pas aussi faciles que vous voulez bien le laisser croire :

  1. ceux-ci ont été établis sur la base du 12ème meilleur temps des séries des deux derniers Championnats d’Europe (Berlin 2014 et Londres 2016) pour les épreuves de 50, 100, 200 NL et 100 & 200 m de spécialité, 200 4N inclus, du 10ème meilleur temps des séries pour les 400, 800, 1500 NL (excepté pour les filles où nous sommes alignés sur le temps de sélection proposé par l’Eau Libre) et 400 4N, et le 8ème meilleur temps des séries pour les 50 de spécialité (car nous ne souhaitions pas étoffer notre sélection au bénéfice de nageurs qui ne pourront pas participer au JO au titre de ces épreuves),
  2. ils sont à réaliser en série, ce qui est une première en matière d’exigence concernant notre discipline ; il y a eu par le passé des temps imposés en série mais jamais ne correspondant à ceux imposés à réaliser en finale pour se qualifier.
  3. cette condition bien que nécessaire, ne suffit pas, puisque l’après-midi il est demandé aux nageurs et nageuses ayant satisfait à cette première condition de se classer en finale dans les quatre premier(e)s pour valider définitivement leur sélection.

Quant aux épreuves de relais je vous laisse le soin d’apprécier la différence, il n’y en avait pas, puisque la règle de sélection était la suivante : « L’ensemble des relais, dames, messieurs et mixtes seront engagés aux championnats d’Europe. »

Pour une analyse un peu plus objective des critères que nous avons proposés concernant Glasgow 2018, je suis près à vous joindre, si vous voulez bien me communiquer une adresse mail, quelques chiffres comparatifs entre ces derniers et ceux de Berlin 2014. A la lecture des écarts chronométriques observés je ne pense pas que nous soyons dans « l’abandon de la politique des minima forts voulue par Claude Fauquet » si tant est que notre devoir et notre salut soient de s’y tenir. Car vous noterez bien que pour Berlin, outre le fait que les temps de qualification demandés étaient à réaliser en finale, il y avait de surcroit en fonction de l’âge des nageurs deux grilles de minimas pour se qualifier, ce qui de fait rendait ces critères beaucoup plus faciles que ceux aujourd’hui, que vous qualifiez de laxistes s’agissant de Glasgow.

De mon point de vue, à deux ans des JO 2020, il y a nécessité de confronter nos meilleurs nageurs au niveau international, c’est le moment de laisser une équipe se construire et c’est également un moment clé dans l’olympiade pour susciter de nouvelles ambitions, capter de nouveaux talents en vue des JO de Paris… après il sera trop tard. Qui se souvient me disait Denis Auguin, qu’Alain Bernard a connu sa première sélection en grand bassin en 2006… avant d’être champion olympique en 2008.

Je ne pense pas que les règles de sélection telles que nous les avons définies, soient une formalité pour tous nos nageurs et nageuses, et si tel était le cas, nous serions pleinement satisfaits qu’il en soit ainsi, car cela voudrait dire que nous sommes sur la bonne voie s’agissant de nos objectifs pour les prochaines échéances olympiques à venir : Tokyo et Paris.

Personnellement je suis toujours ouvert à la critique quand celle-ci est objective, mais dans le cas présent cela m’est vraiment difficile.

Richard MARTINEZ

LES MINIMA EN SERIES CHANGENT EN EFFET QUELQUE CHOSE

Bonsoir Monsieur Martinez,
Je sais qu’il n’est rien de plus impoli que de rebondir sur un droit de réponse. Cela dit, j’utilise cette prérogative non point pour me donner le dernier mot, mais pour expliciter mon article initial à la lumière de vos judicieuses explications.

Sachez d’abord que j’ai beaucoup d’estime pour vous, que vous avez accumulé beaucoup d’estime de la part de tous ceux qui oeuvrent dans la natation, et que cette estime, vous l’avez méritée par votre incontestable carrière.

Je vous remercie ensuite pour cette réponse que je range dans la catégorie: polémique polie!

Il me semble également important de dire que je puis passer au tamis critique un mode de sélection sans prétendre à l’objectivité ni même être sûr d’en saisir pleinement l’intelligence. Si je donne parfois l’impression de me croire infaillible, je puis vous dire qu’il n’en est rien. C’est un mode de l’expression écrite qui veut ça. Si vous m’aviez devant moi et si je vous disais mes sentiments, vous sentiriez mes doutes. Je ne prends presque jamais mes articles comme des codes de lecture incontournables : à un moment je les lâche dans la nature avec l’impression d’avoir dit ce que je voulais dire. Mais en l’occurrence, il s’agit d’ESSAIS, au sens premier du terme, de tentatives de comprendre la vérité, mais bon moi aussi je me plante (sans doute plus que vous d’ailleurs).

Je suis donc très conscient de la fragilité du témoignage journalistique.

Je suis d’accord avec le fait que ces minima, étant exigibles en séries, changent pas mal de choses (même s’ils n’en restent pas moins des minima dans l’ensemble plus abordables que ceux du temps dont je fais l’éloge). Sauf me semble-t-il encore en demi-fond, mais peut-être est-ce en raison de ce que je les ai comparés aux Europe 2014 (trop près des Jeux olympiques, les Euros 2016, comme ceux des autres années olympiques, me semblent assez dévalués) et que le demi-fond européen a beaucoup progressé depuis, rendant les places en finales plus chères ?

J’avais également noté que les accès aux courses non-olympiques étaient plus difficiles, ce qui me parait une bonne chose, comme vous le soulignez : ces courses ne préparent pas aux Jeux olympiques.

Je n’ai pas examiné dans mon article les risques que ces minima du matin feraient courir d’une sélection compliquée comme par exemple quelqu’un qui ferait les minima en séries et se ferait battre en finale par quelqu’un qui ne les aurait pas fait, avec tous les regrets et les sentiments que cela pourrait faire naître. Disons que je sens la possibilité d’ennuis, mais bien entendu d’ennuis dont on ne sait pas précisément lesquels avant qu’ils se produisent… et dont je souhaite, bien entendu encore, qu’ils ne se présenteront pas. On touche du bois.

Dans ce cas là, je suis tout à fait sûr que vous serez l’homme de la situation et que vous saurez décider pour le mieux dans l’intérêt des nageurs et de l’équipe. Même si je ne représente que moi-même, j’ai confiance en vous et en votre intégrité (et je ne crois pas être le seul de cet avis). Cela aussi je tiens à le dire.

Je crois aussi saisir l’intérêt de cette démarche qui est la vôtre, et peut-être aussi le caractère de réponse à un sentiment que j’éprouvais quand les championnats de France voyaient leur sens « bouffé » par les minima. J’ai encore cette image d’Anna Santamans, en 2016, battant son record sur 50 aux France, gagnant le titre national et offrant une mine attristée après avoir vu qu’elle avait raté les minima olympiques de centièmes ! Et cette idée qui m’a traversé : je n’aime pas voir ça.

Mettre les minima en séries, c’est effectuer les sélections le matin, et rendre la parole aux championnats le soir en finale. Je ne sais pas si c’est dans votre intention, mais je puis y ajouter cette grille de lecture (à tort ou à raison). Et trouver que cela peut être une bonne chose… Enfin, c’est intéressant. Je suis curieux de voir ça: cette libération du nageur de compétition, et non plus de performance, dans la finale.

Il y a aussi que si je prétends que les minima difficiles ont été abandonnés (pas tant que ça, selon vous) et que si je rappelle l’importance qu’ils ont eu, a-t-on dit, dans la relance de la natation française en 2001 (confère l’éclat Maracineanu) et après, et malgré le ton que j’ai employé, fautivement d’ailleurs, je vous donnerai toujours raison de chercher autre chose. Je suis d’accord que j’aurais dû vous parler AVANT d’écrire cet article ce qui nous aurait évité une commotion.

Rapport à ces minima, Fauquet lui-même n’avait-il pas évoqué une fois l’idée que la natation française pourrait un jour s’en passer ?

Le seul point sur lequel j’hésite à vous donner raison est celui concernant le caractère des championnats d’Europe. Bien sûr, c’est une compétition continentale, et non intercontinentale. Mais je me permettrai de vous dire que j’ai comparé vos minima à la compétition qui se préparait. On ne sait jamais parfaitement ce qu’on va avoir devant soi, (et, étant depuis toujours un fieffé ratiocineur, je me souviens d’avoir un jour beaucoup fâché Patrice Prokop qui n’avait pas sélectionné un relais féminin dont il apparut après la bataille qu’il était compétitif pour une médaille européenne) mais c’est bien par rapport à la compétition européenne que j’ai mesuré la « difficulté » des minima français et que je les ai trouvé, peut-être ai-je faux, « en dents de scie ».

Quoiqu’il en soit, il me reste à vous souhaiter bonne chance, ainsi qu’à la natation française, et à espérer que les nageurs fassent des étincelles.

Bien à vous

Eric LAHMY

L’ABANDON DE LA RIGUEUR DANS LES MINIMA FRANÇAIS EST BIEN CONFIRMEE

Éric LAHMY

Samedi 9 Décembre 2017

Les minima français pour la saison prochaine sont connus. Pour résumer, ils sont assez faiblards pour les championnats d’Europe de Glasgow, en Ecosse (3-12 août 2018), sommet de la saison pour l’équipe nationale. Si on les compare aux résultats des Europe 2014, des Europe 2016 ou des mondiaux de Budapest, on s’aperçoit que l’idée de minima durs, l’une des croyances de Claude Fauquet, a été proprement bazardée.

Vue d’ici, l’équipe de France sera nombreuse et peu compétitive. Le niveau moyen demandé lors des épreuves entrant dans la sélection varie entre une possibilité de finale et une possibilité de demi-finale. Pour une raison que j’ignore, les courses où l’accès à la sélection seront les plus difficiles (et proches des caractéristiques voulues par Fauquet dans le passé) sont les 400 libre, 800 libre, 1500 libre, 50 dos, 50  brasse et 50 papillon messieurs et le 50 brasse dames. Ils sont en revanche assez relâchés sur 50, 100 et 200 libre, 100 brasse, 100 papillon et 200 quatre nages messieurs, et sur 50 libre, 200 libre, 100 dos, 100 brasse, 100 papillon, 200 papillon et 200 quatre nages dames.

DES MINIMA EN DENTS DE SCIE !

Ces minima semblent voyager entre une possibilité de finale (rarement) et un espoir de demi-finale (souvent) et ils devraient donner lieu à sélection d’une équipe de France aux valeurs incertaines, au regard du haut niveau mondial.

Les minima des relais, assez laxistes, rajouteront à cette impression d’une équipe qui sera présente certes, mais pas dans la compétition. On peut parier que tous les relais iront aux Europe de Glasgow, mais pas qu’ils seront de bonne valeur. Dès aujourd’hui, j’imagine nageurs et entraîneurs, ayant regardé ces minima, se dire : bon, c’est fastoche, on va se qualifier sans peine…

L’abandon de la politique des minima forts voulue par Claude Fauquet n’est pas une nouveauté. Beaucoup trop de petits intérêts personnels allaient à son encontre. Tel nageur que son club voulait emmener pour faire croire à son sponsor que son argent avait bien été investi. Le nageur ne valait pas le déplacement ? Il avait été sélectionné : mot magique…

Fauquet en faisait une pierre angulaire de sa politique : ne qualifier que les compétitifs, les finalistes, les « médaillables », c’était, pour lui, à la fois « dire la vérité aux nageurs » et produire une natation conquérante ; et qualifier plus facilement, c’était tourner le dos à une politique ambitieuse. Depuis 2009, on a patiemment détricoté tout cela, par faiblesse, par calcul ou par démagogie. On n’a peut-être pas volontairement menti, ou triché, mais le résultat est pareil.

On continue de biaiser, en promettant qu’on sera plus durs en 2019 pour les mondiaux, et intraitables en 2020 pour les Jeux olympiques. Vous y croyez ?

En conclusion, si ces minima pourraient convenir à la valeur actuelle de la natation française, ils ne constituent pas une réponse aux objectifs de compétitivité. Ils permettront de qualifier une équipe de France, certes, mais ne garantiront pas qu’elle sera pertinente.

Ci-dessous les minima pour les championnats d’Europe 2018 de Glasgow et la place qu’ils auraient donné aux championnats d’Europe de Berlin en 2014.

MESSIEURS

50 libre  22s35            13e

100 libre  49s17          13e

200 libre  1’48s29       12e

400 libre  3’49s46        6e

800 libre  7’57s62        8e

1500 libre  15’7s71      7e    

50 dos 25s20               7e

100 dos  54s86           10e

200 dos  2’0s42          14e

50 brasse  27s64         6e

100 brasse   1’1s30    13e

200 brasse   2’12s75  10e   

50 papillon   23s60       8e

100 papillon  52s78    15e

200 papillon  1’58s11 11e           

200 4 nages  2’1s34   12e   

400 4 nages  4’19s82 10e

4 fois 100 m  3’18s65  7e  

4 fois 200 m  7’15s84  5e

4×100 4 n       3’39s      8e

DAMES

50 libre  25s33            14e

100 libre 54s91             9e

200 libre  2’00s06       13e

400 libre  4’10s48       10e   

800 libre   8’34s96      10e  

1500 libre  16’28s       10e  

50 dos  28s48               8e  

100 dos  1’1s44           11e   

200 dos  2’13s03           9e            

50 brasse  31s14          7e

100 brasse  1’8s79      15e

200 brasse  2’28s59    12e     

50 papillon  26s14        7e

100 papillon  59s11     12e

200 papillon  2’11s85  12e       

200 4 nages  2’14s99  15e

400 4 nages  4’43s42   8e

4 fois 100 m  3’43s07   7 engagés, d’où finale directe

4 fois 200 m  8’1s02   8 engagés, d’où finale directe

4 fois 100 m 4 n  4’5s15  10e

Dans les relais mixtes 4 fois 100 quatre nages et libre, les minima sont à 3’50s29 et 3’28s76. GAG : les minima donnés par la DTN sont inversés, 3’50s29 pour le relais libre et 3’28s76 pour le relais quatre nages ! Les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes…

GROTHE PERFORMANCES EN DEMI-FOND : ZANE PEUT-IL RELANCER LES USA SUR LES LONGUES DISTANCES ?

Éric LAHMY

Vendredi 8 Décembre 2017

Zane Grothe, en battant les records américains des 500 et 1650 yards lors des championnats des USA d’hiver en petit bassin, qui se sont tenus fin novembre à Columbus, dans l’Ohio, s’est présenté comme le grand nageur US de demi-fond d’avenir. Sur 500, avec un temps de 4’7s25, il a effacé le nom du géant Clark Smith (2,06m) dont le record était de 4’8s42.

Il est difficile d’affirmer que cet exploit fait d’emblée de Grothe, qui mesure 21cm de moins que Smith, l’un des grands des courses correspondantes en grand bassin, le 400 et le 1500 mètres, et ceci pour plus d’une raison. La première, c’est que les Américains sont derrière, aujourd’hui, les Chinois (Sun Yang), les Australiens (Mackenzie Horton) et les Italiens (Detti et Paltrinieri). La seconde, c’est que l’auteur du précédent record, Clark Smith, ne s’était pas illustré en grand bassin, et que Grothe lui-même n’avait pu se qualifier dans l’équipe olympique en 2016, et avait dû se contenter, aux mondiaux de Budapest, de la 7e place du 400 mètres et de la 8e place de la finale du 800 mètres.

En outre Grothe, à 25 ans, passera difficilement pour un espoir, même si les cas d’évolution tardive, quoique rares, ne sont pas inexistants. Park était champion olympique à 19 ans, Sun à 21 ans, et Paltrinieri, à 17 ans, était 5e du 1500 des Jeux olympiques de Londres!

Maintenant, Grothe est en pleine progression, et en optant pour l’Université d’Indiana, après avoir nagé pour Auburn où il estimait plafonner (il avait même envisagé d’arrêter la natation), il semble s’être merveilleusement relancé, gagnant sur 500 yards cinq secondes sur son record personnel, qui était de 4’12s98 (en 2015).

A suivre donc…

Grothe livra là ce qu’on pourrait appeler une sorte de « course d’attente en tête », menant jusqu’aux trois cent yards avec entre un avant-bras et un yard et demi d’avance sur Mitch D’Arrigo qui essayait de lui mener la vie dure. Mais Grothe lança alors un sprint prolongé, nageant 49s68 et 49s18 les deux cents derniers yards, qui lui assura une avance de plus de cinq yards sur l’Italo-Américain.

Sur 1650 yards, les 14’18s25 de Grothe battaient le record du même Smith, 14’22s41, de quatre secondes, mais c’est cette fois dans les 1000 premiers yards que Grothe construisit son avance. Il passait ainsi aux 1000 yards en 8’40s47, contre 8’45s05 pour Smith, mais ensuite ne faisait que conserver son avance, à une demi-seconde près.

C’était décidément une mauvaise semaine pour Clark Smith, qui avait dû se retirer du meeting par invitations de Texas, en raison de problèmes cardiaques…

Quant à Grothe, 25 ans, qui vient d’une famille de nageurs, nous explique-t-on sur le site de Swim Swam, ses trois sœurs, l’aînée, Alexis, et ses cadettes, Natalie et Rachael, étant impliquée dans le sport (l’une à Calgary, l’autre au Colorado, puis à l’Université Keiser), il a pour sa part merveilleusement lancé la saison. .

Nathan Adrian a battu quant à lui ses propres records des championnats sur 50 (18s77 contre 18s81) et 100 yards (41s22 contre 41s31) et mis par opposition en exergue la supériorité intimidante du nouveau monstre sacré du sprint, Caeleb Dressel, dont les records sont posés à 18s20 et 40s00, et dont on ne voit pas qui pourrait l’approcher.

Nicolas Fink a battu le record des championnats du 100 yards brasse (51s04 par Cody Miller en séries) avec 50s80, devançant le dit Cody Miller, 50s98. Le record US, 50s04, reste à Kevin Cordes, lequel détenait aussi en 51s10 le record des championnats. Miller, lui, bat le record des championnats des 200 yards brasse en finale en 1’49s31 (ancien Kevin Cordes, 1’50s73). Le record US reste à Will Licon avec 1’47s91…

Plusieurs doubles victoires ont été enregistrées : outre Nathan Adrian, 50 et 100 yards, et Zane Grothe, 500 et 1650 yards, déjà évoqués, Ryan Murphy en dos, Chase Kalisz au quatre nages messieurs, Olivia Smoliga, sur 50 libre et 100 dos, Mallory Comerford, 100 et 200 libre, Ashley Neidigh sur 500 et 1650 yards, Kelsi Worrell, 100 et 200 papillon dames; mais Melanie Margalis enlève le pompon avec le 100 brasse et les deux courses de quatre nages…

50 yards : 1. Nathan Adrian, CAL-PC, 18s77; 2. Michael Andrew, RPC-MV, 19s17; 3. Andrej Barna, UOFLKY, 19s44.

100 yards: 1. Nathan Adrian, Cal-PC, 41s22; 2. Michael Chadwick, UMIZMV, 42s30; 3. Joshua Fleagle, UNO5OH, 42s41; 4. Matias Koski, UNO2GA, 42s97.

200 yards: 1. Matias Koski, UNO2GA, 1’32s95; 2. Zane Grothe, UN-1MR, 1’33s28; 3. Mitch D’Arrigo, GSC-FL, 1’33s51; 4. Joshua Fleagle, UNO5OH, 1’33s94.

500 yards: 1. Zane Grothe, UN-1MR, 4’7s25 (record US, ancien, Clark Smith, 4’8s42); 2. Mitch D’Arrigo, GSC-FL, 4’10s78; 3. Marwan El Kamash, IST-IN, 4’16s10.

1650 yards: 1. Zane Grothe, UN-1MR, 14’18s25; 2. Mitch D’Arrigo, GSC-FL, 14’43s87; 3. Marcelo Acosta, UOFLKY, 14’54s95.   

100 yards dos: 1. Ryan Murphy; Cal, 45s03; 3. Jacob Pebley, Cal, 46s06; 3. Grigory Tarasevich, Card., 46s53; 4. Bryce Bowman, Texas, 46s56.

200 yards dos: 1. Ryan Murphy, Cal, 1’38s32; 2. Jacob Pebley, Cal, 1’38s66; 3. Grigory Tarasevich, Card., 1’40s62.

100 yards brasse: 1. Nicolas Fink, ABSCGA, 50s80; 2. Cody Miller, SANDCA, 50s98; 3. Reece Whitley, PCACMA, 51s81; 4. Michael Andrew, PPC-MV, 51s95; 5. Nick Zito, WESTIL, 51s96.

200 yards brasse: 1. Cody Miller, SANDCA, 1’49s31; 2. Reece Whitley, PCACMA, 1’51s35; 3. Nicolas FINK, ABSCGA, 1’51s56.

100 yards papillon: 1. Josh Prenot, CAL-PC, 45s81; 2. Michael Salazar, OSU-OH, 45s98; 3. Noah Lense, OSU-OH, 46s17; 4. Michael Andrew, RPC-MV, 46s18.

200 yards papillon: 1. Noah Lense, OSU-OH, 1’42s22; 2. Brendan Burns, UMLYMA, 1’42s94.

200 yards 4 nages: 1. Chase Kalisz, ABSCGA, 1’41s79; 2. Ryan Murphy, CAL-PC, 1’42s29; 3. Josh Prenot, 1’42s84.

400 yards 4 nages: 1. Chase Kalisz, ABSCGA, 3’39s45; 2. Etay Gurevich, UOFLKY, 3’45s56. En series, Reece Whitley, PCACMA, 3’44s71.

DAMES.-

50 yards: 1. Olivia Smoliga, ABSCGA, 21s70; 2. Margo Geer, UNO4AZ, 21s72; 3. Mallory Comerford, UOLFKY, 21s88; 4. Kelsi Worrell, CARDKY, 21s98 (en série, 21s73); 5. Casey Fanz, UOFLKY, 22s04.

100 yards: 1. Mallory Comerford, UOLFKY, 46s70; 2. Kelsi Worrell, CARDKY, 47s48; 3. Margo Geer, UNO4AZ, 47s50; 4. Olivia Smoliga, ABSCGA, 47s86.

200 yards: 1. Mallory Comerford, YULFKY, 1’41s17; 2. Isabel Ivey, GSC-FL, 1’43s89; 3. Melanie Margalis, , SPA-FL, 1’44s64.

500 yards: 1. Ashley Neidigh, UNO3IN, 4’34s47; 2. Mallory Comerford, YULFKY, 4’35s78; 3. Erica Sullivan, SANDCA, 4’38s13.

1650 yards: 1. Ashley Neidigh, UNO3IN, 15’38s35; 2. Erica Sulliva, SANDCA, 15’40s42

100 yards dos: 1. Olivia Smoliga, ABSCGA, 51s23; 2. Bridgette Alexander, Un.KY, 52s28; 3. Isabel Ivey, GSC-FL, 52s29 (en série, 52s27); 4. Phoebe Bacon, NCAPPV, 52s36.

200 yards dos: 1. Ali Galyer, KY, 1’51s15 ; 2. Bridgette Alexander, KY, 1’51s92.

100 yards brasse: 1. Melanie Margalis, SPA-FL, 58s51; 2. Breeja Larson, NYACMR, 58s61; 3. Andrea Cottrell, CARDKY, 58s82.

200 yards brasse: 1. Breeja Larson, NYACMR, 2’7s48; 2. Andrea Cottrell, CARDKY, 2’7s98; 3. Ballay Bonnett, UN03KY, 2’8s39.

100 yards papillon: 1. Kelsi Worrell, CARDKY, 49s87; 2. Mallory Comerford, UOFLKY, 50s92; 3. Amanda Kendall, UNO2IN, 51s14.

200 yards papillon: 1. Kelsi Worrell, CARDKY, 1’53s16 (en série, 1’52s59); 2. Grace Oglesby, UOFLKY, 1’54s28.

200 yards 4 nages: 1. Melanie Margalis, SPA-FL, 1’52s63; 2. Isabel Ivey, GSC-FL, 1’55s77.

400 yards 4 nages: 1. Melanie Margalis, SPA-FL, 4’0s59; 2. Emma Muzzy, GATRVA, 4’6s72.

À L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME, C’EST PARTI POUR 2018, AVEC UN FRANCAIS DANS LE COUP!

Éric LAHMY

Vendredi 8 Décembre 2017

Hier, alerté par Ivonne Schmid, la directrice adjointe de l’International Swimming Hall of Fame (membre du jury de l’ISHOF, je n’avais pas rendu ma copie), j’ai bachoté sur les candidatures 2018 de l’institution, que je n’avais pu lui envoyer.  Ivonne Schmid, pardon, le Dr Ivonne Schmid, est une épatante personne qui, tout juste diplômée en éducation physique de l’Université Martin Luther en 2003, avait été recommandée à l’ISHOF en raison de son sérieux et de ses compétences.

Grâce à Bruce Wigo, à Bob Duenkel, et à Ivonne, qui faisaient alors tourner la boutique de l’ISHOF, je pus ramener voici un peu moins de dix ans des trésors de l’iconographie des débuts des ballets nautiques et de la natation synchronisée qui se trouve dans « Ballets Nautiques ».

Voir la jeune, charmante et très compétente directrice adjointe de l’ISHOF se charger de scanner, des jours durant, avec une patience d’ange, tous les documents que j’exhumais dans la considérable banque de données de l’institution, m’emplissait d’humilité. Pour moi, Ivonne, Bruce et Bob (sans oublier Buck Dawson, le fondateur de l’institution, que je rencontrai, sympathique octogénaire) sont indissociables de l’ISHOF et de l’incessant travail de popularisation de notre sport fourni par cette institution. Ce sont eux qui m’ont encouragé l’an passé à présenter la candidature de notre regrettée Camille Muffat au Hall of Fame. Je croyais devoir attendre encore un an pour des raisons règlementaires, mais Bruce me dit d’y aller. Le décès de Camille avait rendu obsolète, en l’occurrence, la règle des cinq ans. Je proposai aussi dans la foulée les noms d’Alain Bernard et de Georges Vallerey.

C’est à l’occasion de mon séjour de 2008 que Wigo me bombarda membre du jury de l’ISHOF ; depuis, je m’évertue à mériter cet honneur en aidant à choisir celles et ceux qui, chaque année, seront intronisés dans ce Temple de la Renommée nautique.

J’avoue peiner quelque peu dans les catégories « masters » où je mesure mal les valeurs relatives, et avoir quelque mal avec le water-polo (choisir un individu dans un sport collectif, dur-dur) mais décider entre les nageurs, marathoniens, plongeurs, poloïstes, nageuses synchronisées, sans oublier les contributeurs (catégorie qui englobe des mécènes, des dirigeants) me plait beaucoup, malgré quelques inquiétudes quant à la justesse de mes choix.

L’ISHOF a isolé une nouvelle catégorie, les pionniers, pour promouvoir des nageurs d’un passé lointain, dont les palmarès pâlissent par rapport aux modernes, en raison du manque de compétitions dans le temps passé, surtout avant la création des championnats du monde (en 1973).

ALFRED NAKACHE AU DEPART

Je vous annonce que, au départ de la cuvée 2018, se trouve le nom d’Alfred Nakache, le recordman du monde de brasse des années 1930, dit le nageur d’Auschwitz. L’ayant moi-même présenté, je ne peux faire moins que voter pour lui, et je crois qu’il a une bonne chance de passer, malgré une concurrence sévère : Joy Cushman, une dirigeante de ballets nautiques ; Du Du, plongeur, coach et historien du plongeon chinois des années 1960 ; Ann Fairlie, une dossiste sud-africaine, numéro un mondiale en 1966 ; Dana Kunz, un plongeur de très haut-vol spécialiste des plongeons de falaise, d’hélicoptère, et autres hauts faits périlleux et de cirque à vous faire dresser les cheveux sur le crâne ; Yoshihiro Yamaguchi, champion japonais qui ne put s’exprimer pendant sa période de grande forme en raison de l’interdiction du Japon de nager aux Jeux olympiques de Londres en 1948…

Ce qui m’étonne, après 52 ans de promotions, c’est la qualité des nageurs, plongeurs et autres poloistes qu’il reste à promouvoir. Pour l’année prochaine, les membres du jury auront du mal à départager. Rien que pour la natation de piscine, comment choisir, par exemple, entre Rebecca Adlington, la britannique championne olympique du 800 et du 1500 mètres des Jeux de Pékin ; l’étoile de la brasse US Amanda Beard ; l’une des meilleures dossistes du siècle, également formidable crawleuse et papillonneuse, Natalie Coughlin (USA) ; Brendan Hansen, distingué champion et recordman du monde US de brasse ; Misty Hyman, championne olympique US du 200 papillon et auteur d’une coulée costale de papillon unique en son genre ; Otylia Jedrzejcak, une Polonaise dont les affrontements avec Laure Manaudou furent légendaires ; Michael Klim, recordman du monde du 100 libre et médaillé olympique du 100 papillon ; John Nelson, recordman du monde du 400 célèbre dans les années 1964 et suivantes pour ses affrontements avec Don Schollander ; Stephanie Rice, la double championne olympique australienne des quatre nages de 2008 ; Jon Sieben, célèbre pour avoir tombé sur 200 mètres papillon Michael Gross avec son record du monde : Britta Steffen, double championne olympique allemande des 50 et 100 mètres nage libre ; Daichi Suzuki, champion olympique japonais du 100 dos ; et Libby Lenton-Trickett, multi-médaillée de sprint australienne.

Vous comprendrez que dans une pareille panoplie, vous voulez mettre tout le monde. Mon choix (douloureux) a été, dans l’ordre : Adlington, Suzuki, Rice et Coughlin… Mais bien entendu, je n’en suis pas particulièrement fier, parce que laisser de côté Klim, Nelson, Sieben, Hyman et Jedrzejczak, voire Hansen, ne me parait pas être particulièrement réconfortant, que peut-être Coughlin aurait dû être devant Adlington, que j’ai choisi Suzuki surtout parce qu’il est devenu un grand dirigeant, bref, gros mal de tête. D’autres membres du jury vont j’en suis sûr, rectifier mes choix subjectifs et je ne puis vous dire qui passera.

Même difficulté pour ce qui est des cracks de l’eau libre : les nageurs présentés cette année sont Fran Crippen (mort à 26 ans pendant une course) ; la Canadienne Marilyn Bell, qui a été à 16 ans la première personne à réussir la traversée du lac Ontario (en 20h59’, dans des vagues de 4 mètres de haut et une eau à 20° qui forcèrent les autres nageurs à l’abandon ; Marcella Mc Donald, qui a traversé le lac de Loch Ness (exploit monstrueux s’il en est), quinze fois la Manche, et autres interminables traversées ; le britannique et sud africain Lewis William Gordon Pugh, qui a effectué les traversées dans les condition extrêmes de froid ou dans des eaux mal fréquentées (crocodiles, requins, ours polaires), et nagé dans tous les océans ; enfin le Bulgare Petar Stoychev, champion du monde 2015 des 25 kilomètres.

Mon choix s’est tourné vers Stoychev et Bell.

L’ETRANGE MESAVENTURE DE JOHN NELSON

En lisant scrupuleusement les biographies présentées par le Hall of Fame, je suis tombé sur une anecdote fort intéressante concernant John Nelson. Je me souviens particulièrement de ce nageur, parce qu’il fit partie de la première génération de ceux dont je suivis la carrière, et mes premiers souvenirs de la natation sont restés très vivaces. A seize ans, il se qualifia dans l’équipe US des Jeux olympiques de Tokyo sur 400 et 1500 mètres. Aux Jeux, Nelson resta en-dessous de son temps des sélections, 4’14s9, qui lui aurait donné l’argent ex-aequo avec l’Allemand Wiegand, mais sur 1500 mètres, après avoir été distancé de plus de cinq secondes par les Australiens Windle et Wood, auteurs d’un départ rapide, il remonta, passa Wood et enleva l’argent avec 17’3s contre 17’1s7 à Windle.

L’année suivante, Nelson enleva le titre de champion des Etats-Unis sur 400, et en 1966, il battit en séries du championnat US, avec 4’11s8, le record du monde de Don Schollander, lequel reprit le record en finale avec 4’11s6 (Nelson finit second, avec 4’12s2). Nelson se fit un peu oublier pendant deux saisons, avant de se qualifier, aux Jeux olympiques de Mexico, sur trois distances : 200, 400 et 1500 mètres. Mais aux Jeux, il resta loin de ses temps des sélections et, outre un bronze sur 200 mètres, remporta seulement l’or avec le relais quatre fois 200 mètres.

Quarante-cinq ans plus tard, Peter Daland, le fameux entraîneur d’USC proposa Nelson à la nomination au Hall of Fame, et je pense que beaucoup s’étonnèrent. Compte tenu de l’abondance des grands nageurs aux formidables palmarès qui se pressent à l’entrée, Nelson, un titre de champion des Etats-Unis, un titre olympique en relais et une médaille d’argent sur 1500 mètres, n’a certes pas à rougir de son palmarès, mais se situe un peu en-dessous. Peter Daland expliqua son choix :

« Aux Jeux olympiques, les entraîneurs olympiques étaient Peter Daland et George Haines. Tous les deux pensaient qu’il était impossible pour Nelson de nager avec succès à l’altitude de Mexico sur les trois épreuves. Haines avait un nageur qui avait fini 4e au 1500 des sélections ; Daland avait un nageur qui avait fini 4e du 400 des sélections » (il s’agissait de Andrew Strenk) « tandis que George Haines avait un nageur 4e du 1500 mètres »  (Mike Wall).  « Selon Peter, au camp d’entraînement précédant les Jeux olympiques, Nelson fut entraîné différemment par les coachs, Daland le poussant sur 1500 mètres et Haines le préparant sur 200 et 400 mètres. » Nelson, qui, issu de Pompano Beach, nageait à l’Université de Yale (comme Schollander), que coachait Phil Moriarty, était licencié libre (individuel, unattached) en Floride, se trouva ainsi ballotté entre des calculs d’entraîneurs qui cherchaient plus ou moins consciemment à favoriser leurs ouailles. « Chaque entraîneur cherchait peut-être à faire Nelson abandonner une course au profit de son nageur… »

Aux Jeux, Nelson refit un temps (1’58s1) correspondant à celui des trials (1’56s64), perdant 1s5, ce qui correspondait à l’effet handicapant de l’altitude de Mexico. Mais sur les distances plus longues, son entraînement erratique lui coûta cher, et il perdit neuf secondes sur 400 (4’17s2 contre 4’8s15) et presque une minute et demie sur 1500 mètres (18’5s1 contre 16’40s25).

Daland qui resta longtemps persuadé de « l’égoïsme » de Nelson, changea d’avis sur le tard et admit qu’il avait peut-être ravi à Nelson la possibilité de remporter une médaille dans les trois courses où il était engagé. Dans les courses féminines, d’ailleurs, Debbie Meyer, gagnante des 200, 400 et 800 mètres, avait montré que c’était possible.

Ce revirement amena Daland à proposer le nom de John Maurer Nelson à l’ISHOF…

CAMILLE MUFFAT GLOIRE DU SPORT

ERIC LAHMY

Jeudi 7 Décembre 2017

Mardi dernier 5 décembre, Camille Muffat est devenue « Gloire du Sport ». La gloire, elle l’avait connue dans le 400 mètres libre des Jeux olympiques de Londres, en 2012, mais disons qu’elle vient d’être confirmée à ce titre et intronisée dans le temple de la renommée sportive qu’avait voulu il y a un peu plus de vingt ans Monique Berlioux. C’était à la Maison du Sport, au siège du Comité Olympique, à Paris, dont le président, Danis Masséglia, avait prêté l’amphithéâtre à l’association des internationaux, présidée aujourd’hui par le skieur Georges Mauduit, qui organise les gloires en question.

Je ne me souviens plus très bien de tous les récipiendaires de ce mardi, le basket avait été fortement honoré, avec Antoine Rigaudeau, excellemment représenté par Isabelle Fijalkolwsky herself, entre autres recordwoman des points marqués en équipe de France, et Elisabeth Riffiod, la grande demoiselle de Clermont (et modèle d’humilité) ; le football était bien loti également avec Manuel Amoros, arrière de choc(s) des années Platoche, et notre très vénéré ancien de L’Equipe Jacques Ferrand, 97 ans, une pointure du journalisme écrit (et bien écrit), doublé d’un gentleman et qui, après la retraite, s’était trouvé une passion pour les mathématiques ; un cycliste et capitaine d’équipe, Marc Madiot ; le roi des parachutistes, Jean-Michel PouletK dont le nom s’est perdu dans les nuages ; l’équipe française de ski des Jeux de Portillo, Jean-Michel Oprendek , un dirigeant escrimeur …

… Et donc Camille Muffat.

C’était l’occasion de m’émouvoir devant les images et les vidéos de cette championne et de tant regretter qu’une telle personne ait pu disparaître si prématurément dans un accident. Mais aussi pour moi de rencontrer ses parents, Laurence et Guy, que je n’avais jusqu’ici contactés que par courriel, et sa sœur, Chloé, qui vit et travaille aujourd’hui à Barcelone. Il ne manquait que Quentin, qui, études achevées aux USA, est aujourd’hui à Londres…

Une famille attachante, blessée et qui s’évertue à perpétuer le nom de leur fille.  

SUN YANG EN APPORTE LA PREUVE : ON PEUT AVOIR ÉTÉ DOPÉ ET RESTER POPULAIRE ! Éric LAHMY

Éric LAHMY

Mardi 5 Décembre 2017

Le triple champion olympique chinois Sun Yang vient de se voir attribuer par la Fédération internationale de natation un prix pour sa « contribution exceptionnelle à la popularité de la natation. » Le site britannique Inside The Games, qui donne l’information, parait s’en étonner. Sun Yang avait été suspendu secrètement pour dopage par sa fédération en 2014.

Vainqueur olympique du 400 et du 1500 mètres aux Jeux de Londres, en 2012, puis du 200 mètres aux Jeux de Rio en 2016, mais aussi médaillé d’argent sur 200 (2012) et du 400 (2016) et neuf fois champion du monde, Sun Yang a reçu son prix lors de la Soirée des Etoiles du Gala Aquatique mondial, à Sanya, préfecture du Hainan, dans le sud ouest de la Chine.

Le site britannique remarque que l’honneur fait à Sun n’a pas été mentionné par la FINA dans le communiqué de presse qui donnait la liste des autres vainqueurs de ce gala. Une peu honteuse, la FINA? On peut imaginer pourquoi. Bien que les dirigeants internationaux ne paraissent pas émus de distinguer des champions marqués par l’infamie d’un dopage positif, ils savent le peu de goût des medias (occidentaux, notamment), mais aussi de la communauté des nageurs, entraîneurs et dirigeants pour tout ce qui a trait au dopage. Aussi font-ils ça en petit comité…

Ecarté trois mois (17 mai-16 août 2014) des compétitions pour avoir été positif à la trimetazidine, un stimulant, il retourna à la compétition tandis que la fédération chinoise, ayant fait l’embargo sur l’information, annonçait son interdiction. Sun prétendit ignorer que le produit était interdit.

Inside the Games rappelle que Sun Yang n’a jamais été étranger à la controverse, qui fut même détenu une semaine en novembre 2013 pour avoir conduit sa Porsche Cayenne sans permis de conduire et avoir (malencontreusement) heurté un autobus ! Après les Jeux de Londres, il connut une période assez trouble, se rebellant contre son entraîneur afin de filer le parfait amour avec une jeune hôtesse de l’air, créant des conflits avec des supporters, ayant manifestement du mal à assumer un statut de célébrité qui le dépassait, et aussi à continuer de résister aux contraintes d’un sévère entraînement. Et peu de temps, cerise sur le gateau, on trouvait de la trimetazidine dans son métabolisme.

Sun Yang, depuis, a fait quelques progrès, pas seulement parce qu’on lui a aligné ses dents. Il a remercié ses différents mentors, sa famille, mais aussi la FINA de cette distinction. Policé, le garçon!

On eut aimé imaginer que le contrôle positif de Sun avait été accidentel. Mais la Chine a connu, depuis sa rentrée dans le giron mondial, dont elle s’était longtemps écartée pour des raisons politiques, de gros ennuis liés à l’utilisation de produits dopants, ce qui décourage toute naïveté concernant les méthodes utilisées avec ses sportifs. Méthodes qui avaient fait leurs preuves du temps de l’Allemagne de l’Est, et joyeusement recyclées. Une ancienne médecin de l’équipe olympique, Xue Yinxian, réfugiée en Allemagne, a parlé de dopage systématique, et de 1000 sportifs dopés au plus haut niveau dans les années 1980 et 1990.

En fait, toutes les médailles chinoises de l’époque sont entachées de produits interdits, a-t-elle prétendu. De nombreux incidents ont étayés ces affirmations, avec sept nageuses trouvées positives en 1994, aux Jeux asiatiques d’Hiroshima, peu de temps après les mondiaux où l’équipe chinoise avait brillé. Quatre ans plus tard, les douaniers australiens de l’aéroport de Sydney découvrirent dans les bagages d’une nageuse chinoise un drôle de casse-croute: assez d’hormones de croissance humaine pour en fournir à l’ensemble de l’équipe de Chine pendant toute la durée des championnats du monde qui devaient se dérouler à Perth. C’est pas pour nous, se sont écriés les Chinois, qui prétendaient en faire commerce. Alimentaire, mon cher Watson!

Discutable ou pas, la FINA a fait savoir qu’elle souhaitait que la distinction dont a fait l’objet Sun garantisse qu’il ne s’écarte pas du droit chemin dans la suite de sa carrière. Un argument dont la logique parait assez douteuse et qui revient à attribuer la légion d’honneur à un voleur dans l’espoir que cette décoration l’empêchera de récidiver.

« Comme vous le savez, ce gala s’est tenu en Chine et concerne la popularité de nageurs chinois en Chine, telle que requise par la natation chinoise, » ont encore déclaré les fédéraux… 

Une injonction à cesser de chinoiser, en quelque sorte.

QUAND GILLES SEZIONALE S’ATTACHE A TENIR SES ENGAGEMENTS DE CAMPAGNE  LA FEDE ENTRE EN DEMOCRATIE

LA DEMOCRATIE EN QUESTION A L’ASSEMBLEE GENERALE DE LA FFN DU 9 DECEMBRE 2017

Eric LAHMY

Mardi 5 Décembre 2017

       Ce samedi 9 décembre, l’assemblée générale de la FFN se réunit à Paris. Au programme, des modifications liées à la réforme de la gouvernance ; la limitation du nombre de mandats présidentiels est proposée (résolution n°4) ; on projette de réduire le « nombre de mandats du président à deux maximum, consécutifs ou non. » Ce texte nécessitera, pour être adopté, de réunir une « majorité qualifiée des deux tiers. »

       Autres réformes présentées comme essentielles ; parmi les conditions pour candidater au Comité directeur – c’est la résolution n° 5 – est proposée l’ « adoption à la majorité qualifiée des deux-tiers de la limitation de l’âge des candidats au Comité directeur à 70 ans au 1er janvier de l’année au cours de laquelle a lieu l’élection. »  La résolution n° 6 concerne, elle, l’ « adoption à la majorité qualifiée des deux tiers de la limitation de la candidature au Comité directeur aux personnes justifiant avoir été licenciées à la Fédération pendant trente-six mois consécutifs ou non. »

       Le président Sezionale et son groupe entendent aussi revoir certaines modalités d’élection du Comité directeur. Ainsi la résolution n° 7 prévoit-elle un vote direct des clubs, par correspondance lors des assemblées générales régionales, via un scrutin de liste mixte à un tour : une licence égale une voix. Une modalité expérimentée avec succès par la fédération française de volley-ball, dont les dirigeants de la FFN se sont pas mal inspirés.

       Innovation : la création d’une « Assemblée élective », formée des représentants directs des associations affiliées, et chargée d’élire les membres du Comité directeur. Dans cette assemblée, une licence égalera une voix. Changement, aussi, des modalités de vote, avec l’adoption du « vote électronique décentralisé », avant proclamation des résultats et élection du président lors d’une réunion nationale.

       L’équipe actuelle propose la mise en place d’un scrutin de liste mixte, avec « prime majoritaire » correspondant à 50% des sièges, et répartition des sièges restant à la proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu plus de 10% des voix, y compris celle arrivée en tête. Ce système permettra à l’équipe la mieux placée de gouverner en fonction de son projet sans devoir se soumettre à des contraintes de « panachages ». Panachage dont le synonyme le plus proche me semble être: combine.

       La volonté de favoriser une participation active des clubs dans la vie fédérale amène à proposer la résolution n° 8, laquelle prévoit l’adoption à la majorité simple de la possibilité de consulter les clubs sur tous les sujets liés à la mise en œuvre de la politique fédérale et/ou les choix stratégiques de la fédération.

       Ces différentes mesures sont inscrites dans l’adoption de statuts amendés de la Fédération. On ne réécrit pas les statuts, mais on remodèle certains articles en les rédigeant mieux ou en actualisant les textes (par rapport à la législation changeante des textes, essentiellement ceux inscrits dans le Code du sport).

DES PRINCIPES POUR L’ACTION

       Ainsi, dès l’article 1 des dits statuts, on ajoute une phrase concernant la philosophie de la FFN, et sur sa « mission de promouvoir et de propager, directement et/ou au moyen de ses organes déconcentrés, les valeurs de la natation », et, un peu plus loin, une autre sur un mode d’action fédéral : « la fédération peut, sur décision de son comité directeur, apporter un soutien financier sous forme de convention de trésorerie à ses ligues régionales ou à ses comités départementaux à titre exceptionnel. »

       Ces lignes inscrivent la double volonté d’établir des principes, et d’ouvrir la natation au-delà des limites du siège fédéral…

       Les réformes souhaitées par la présidence nécessitent  une large réécriture de certains articles du règlement intérieur de la FFN, ainsi ceux qui concernent les candidatures et l’élection du comité directeur, la période électorales, les listes de candidats, les modalités de vote, etc.

       La volonté de pouvoir consulter les clubs affiliés fait l’objet d’un ajout réglementaire.

       Certains amendements concernent le règlement disciplinaire de la FFN et celui de la profession d’agents sportifs.

       En résumé, si l’on saisit l’esprit de ces changements réglementaires, qu’est-ce qu’ils signifient ? Une certaine déconcentration des pouvoirs avec une possibilité d’intervention des régions, des départements et, désormais des clubs (jusqu’ici privés de toute possibilité d’action : ils n’existaient pour ainsi dire pas, n’ayant pas voix au chapitre) et un gros effort de démocratisation des votations et des pouvoirs de la Fédération et de son président.

       Ces changements ne doivent pas étonner, puisqu’il s’agit, pour M. Gilles Sezionale, de tenir ses engagements de campagne, lesquels ont abouti à son élection, le 2 avril dernier. Face au président sortant, M. Francis Luyce, lequel s’accrochait à son poste après 24 années de mandature et sollicitait un septième blanc-seign en attendant un huitième qui l’aurait amené, espérait-il, jusqu’au Jeux olympiques 2024 de Paris, son adversaire proposait (et confirme ici) une limitation de la présidence à deux mandats (successifs ou non). Comme en outre Luyce ne permettait pas à un sang neuf d’entrer au comité directeur, ce qui amenait un vieillissement continu de l’âge moyen (70 ans fin 2016), parallèlement à l’ancienneté du capitaine, on propose maintenant de ne pas permettre de se présenter à des candidats de plus de 70 ans (ce qui dès lors permet quand même d’être membre du bureau, pour certains jusqu’à 74 ans).

       Toutes ces propositions vont-elles être entérinées sans mal ? Il semble que oui, mais dans l’équipe du président, on s’attend à un certain nombre de désaccords, soit de principes, soit de détails, sur tout ou partie de cette refonte, issus de régions.

       L’une des critiques de ces points discutés ce samedi à Paris consiste à s’étonner que les Sezionale’s boys and girls se pressent de réformer tellement en amont de la prochaine élection. Critique que je trouve très mal venue, car en effet, M. Sezionale, en tenant immédiatement ses promesses de campagne, montre qu’il ne manipule guère, qu’il agit non pas en fonction d’une stratégie ou d’une tactique, mais bien au regard de principes. En partant de très loin, il prend même le risque de s’ôter toute possibilité de manœuvre de la onzième heure a la veille des élections de 2020 ou 2021.

       Par rapport à tout un machiavélisme au petit pied, je trouve cela, j’ose le mot, chevaleresque.

       Sur bien des points, en revanche, on pourrait bien sûr arguer et proposer des amendements ou des formulations différentes. On peut toujours imaginer une meilleure rédaction, soulever tel lièvre, telle chausse-trappe que les rédacteurs n’ont pas aperçus, prévenir des dysfonctionnements… On subodore que d’aucuns ne s’en priveront pas, mais on espère que les tempéraments constitutionnalistes ne se laisseront pas guider, outre un esprit vétilleux, par des visées partisanes ou des rêves de reconquête.

FEDERATION, REGIONS, DEPARTEMENTS, CLUBS : QUAND LE POUVOIR EST PARTOUT, TOUT LE MONDE EST RESPONSABLE

       Il n’est pas interdit de s’inquiéter d’un autre type de réflexes. Si M. Sezionale et sa garde rapprochée du Bureau ne paraissent pas craindre un amoindrissement de leurs prérogatives (que contrebalancerait, dès 2020, une élection la plus largement démocratique donnant enfin à la présidence une vaste assise populaire), les régions pourraient s’alarmer que tout supplément de pouvoir des clubs se traduirait par un affaiblissement parallèle et de sens inverse du leur. Bien sûr, seul le fonctionnement de ce type décentralisé de pouvoir pourra nous renseigner directement sur sa viabilité. Mais on est en droit de se demander en quoi une région devrait s’inquiéter de la vigueur des clubs, ceux-ci étant par définition ses propres constituants…

       …Exercer le pouvoir en adulte, ça ne devrait pas être régner, mais partager les responsabilités…

       Pour avoir parcouru assez vite toute cette littérature réglementaire qui précède et va nourrir les questionnements divers de l’assemblée, il me semble aussi que la fédération tente de s’aligner sur certaines propositions de son autorité de tutelle ministérielle. Il en va ainsi de l’adoption d’une charte d’éthique et de déontologie, dont les agents du ministère semblaient déplorer l’absence lors des différents audits qu’ils ont pu mener auprès de la fédé.

       Laquelle absence ne paraissait pas émouvoir l’ancien président de la fédération, qui, assez peu féru de déontologie déclarait à tort ou à raison qu’il suffisait de se référer aux textes inclus dans la charte du sport…

       Au sujet de cette charte dite d’éthique et de déontologie, on note la création d’un comité idoine – d’éthique et de déontologie, neuf membres : trois juristes, trois « techniciens » (science, médecine, technique), trois « personnalités reconnues par leur rayonnement ».

       Le Comité, tel que présenté, serait présidé par Sébastien ROUAULT, l’ancien champion d’Europe de demi-fond, et composé en outre de Marine Desjardins, François Prizac, Jean-Philippe Sollberger, Michel Billard, Sylvie Le Noach-Bozon, Alain Michelet, Alexandre Camarasa et Mathieu Rosset.

       Le texte présentant ce comité d’éthique m’a paru être pour l’instant mal écrit, plutôt laconique et fort incomplet. Il semble que ses rédacteurs ne soient pas allés au bout de son élaboration. Je ne puis presque rien dire au sujet de sa composition, ne connaissant personnellement, parmi ses membres, que Sylvie Le  Noach, laquelle en effet ne serait pas déplacée dans un comité d’éthique et de déontologie. Jean-Philippe Sollberger est avocat, conjoint et associé de Carine Sollberger (fille de Gilles Sezionale) et responsable du club de natation estivale niçois de Saint-André Natation Azur. Michel Billard, lui, est un ancien directeur de l’UFRSTAPS de Bourgogne et ancien président du comité départemental 71…

       Il est essentiel de savoir comment et dans quelles circonstances le comité d’éthique se réunit. Peut-il le faire de sa propre autorité ? Doit-il être convoqué et par qui ? Ses avis sont-ils consultatifs et quelle serait son autorité ? Le risque que je vois poindre à son sujet, c’est que le dit comité, s’il était composé essentiellement de personnalités proches du président (en l’occurrence, ici, M. Sezionale), verrait un soupçon entacher sa neutralité.

       Mais bien entendu, seul son fonctionnement nous dira ce qu’il en est…

       …Il n’empêche. Vous savez que je ne fais pas dans la flagornerie, mais tout me porte à croire que M. Gilles Sezionale s’attache à tenir ses promesses. Et de vous à moi, ça fait du bien.

FRANCE – ITALIE ? CHAMPIONNATS D’HIVER A RICCIONE ET MONTPELLIER : L’ITALIE BAT LA France, 138 POINTS A 120

Eric LAHMY

Lundi 4 Décembre 2017

Le même week-end, la France (à Montpellier) et l’Italie (à Riccione) font disputer leurs championnats nationaux d’hiver en petit bassin.  D’où l’idée de faire se rencontrer, par perfs interposées, sur le papier, sur l’ensemble du programme de natation, les « soeurs latines ».

Résultat ?

CLASSEMENT MESSIEURS : FRANCE, 52 pts ; ITALIE, 77pts

CLASSEMENT FEMININ, FRANCE, 68pts ; ITALIE, 61pts.

CLASSEMENT GENERAL, FRANCE, 120pts, ITALIE, 138pts.

Il ne s’agit que d’un jeu, et j’aurais pu titrer: ça ne s’est pas passé ce week-end! Les championnats respectifs des deux nations, par exemple, ne se sont pas déroulés de la même façon. Les France se sont tenus sur un profil classique, en quatre jours, avec séries le matin et finales le soir ; les Italiens ont préféré accélérer le film, et ont exécuté leurs championnats en deux jours, sur le principe des finales directes. On peut délirer sur les avantages et inconvénients des deux systèmes pour les nageurs.

A noter aussi que les deux as italiens du demi-fond, Gabriele DETTI, inflammation d’une épaule, et Gregorio PALTRINIERI n’étaient pas là. Sans PALTRINIERI, ça va beaucoup moins vite sur 1500. D’autres éléments auraient pu jouer. Par exemple, Federica PELLEGRINI, championne du monde de la distance, n’a pas nagé le 200 des Italiens, mais dans un match, elle aurait sans doute été engagée sur la course individuelle et dans le relais quatre fois 200m où sa présence aurait été susceptible de changer la donne. Bien sûr, la France a subi aussi des aléas défavorables, avec les blessures de METELLA et SANTAMANS.

J’ai opté pour un match à deux nageurs par nations. Dans chaque course, le vainqueur marque 3 points, le deuxième 2 points, le troisième 1 pts et le dernier ne marque rien. Doublement de points pour le vainqueur d’un relais, 6 pts, et 3 pts pour l’équipe battue. Je n’ai rien inventé, c’est une formule de pointage classique, utilisée dans le temps dans des rencontres au sommet entre les USA et le Japon 

Quelques aménagements: l’Italie n’ayant pas fait disputer à ses nationaux de 800 messieurs ni de 1500 dames, ces courses n’ont pas été possibles dans ce match.

En achevant ce pensum, je me suis dit que la formule du match entre des nations en natation parait périmée aujourd’hui. Elle a eu son succès dans un autre temps, quand les instances internationales n’avaient pas phagocyté l’essentiel d’un calendrier devenu en outre pléthorique.

Périmée, cela veut-il dire inintéressante ? Pas sûr, car elle donne une idée de la profondeur d’une natation.

La natation, aujourd’hui, est basée principalement sur le super champion. Les grands événements de notre sport sont peuplés d’arbres qui cachent les forêts. Un exemple tout trouvé : la Suède possède en Sarah SJÖSTRÖM la meilleure nageuse du monde. Mais derrière elle, les talents ne se bousculent pas vraiment. Sur une formule de match comme celle que je reproduis ici entre la France et l’Italie, la Suède serait probablement assez largement battue, encore que SJÖSTRÖM, placée sur toutes ses courses fortes, 50, 100, 200, 50 et 100 papillon, voire même 200 papillon et 100 quatre nages (c’est aussi une correcte dossiste, qui a battu le record de Suède dans cette discipline) pourrait réaliser un carnage et gagner la rencontre à elle seule… Dans le passé, un Mark SPITZ, un Michael PHELPS et aujourd’hui encore, une Katie LEDECKY ou une Katinka HOSSZU étaient ou sont capables de faire, seuls, la différence…

Dans un premier temps, je me suis étonné de voir les Françaises l’emporter. L’Italie ne dispose-t-elle pas avec Pellegrini d’une icône de la natation ? Certes, mais en-dehors d’elle, le niveau n’a rien d’exceptionnel. Sur fond de misogynie (?) ou d’indifférence, les nations latines n’ont guère trop poussé le sport féminin…

Ce succès sur papier signifie-t-il quelque chose ? Que les Françaises sont en train de remonter la pente et qu’autour de Charlotte BONNET et de Marie WATTEL, se dessine un avenir moins flou ?

Côté garçons, en revanche, parce que les Italiens disposent de solides atouts à peu près partout, mais aussi parce que nos jeunes [voir la nouvelle école, digne d’intérêt, que dessine à Amiens Michel Chrétien, avec les jeunes talents dont, pour l’instant, seul Maxime GROUSSET a propulsé ses 1,92m en haut de l’affiche, mais riche de Roman FUCHS (1,98m), Alexandre DERACHE (1,97m) et de quelques autres] ne sont pas encore arrivés à maturité.

 

MESSIEURS.-  50 libre : 1. Jeremy STRAVIUS, France, 21s50 ; 2. Marco ORSI, Italie, 21s52; 3. Lorenzo ZAZZERI , Italie, 21s53; 4. Maxime GROUSSET, Amiens, 21s68. FRANCE : 3. ITALIE : 3.
100 libre : 1. Lorenzo ZAZZERI, Italie, 46s46 ; 2. Luca DOTTO, Italie, 47s30.3. Maxime GROUSSET, France, 47s60 ; 3. Tom PACO PEDRONI, France, 47s98. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

200 libre : 1. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 1’43s48; 2. Filippo MEGLI, Italie, 1’43s92 ; Jordan POTHAIN, France, 1’44s10; Fabio LOMBINI, Italie, 1’44s60. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

400 libre : 1. Jordan POTHAIN, France, 3’40s38 ; 2. Roman FUCHS, France, 3’41s24 ; 3. Matteo CIAMPI, Italie, 3’42″56; 4. Filippo MEGLI, Italie, 3’43″69. FRANCE : 5. ITALIE : 1.
1500 libre : 1. David AUBRY, France, 14’34s71; 2. Francesco BIANCHI, Italie, 14’49s61; 3. Damien JOLY, France, 14’49s99; 4. Mario SANZULLO, Italie, 14’51s87. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

50 dos : 1. Simone SABBIONI, Italie, 23s20; 2. Jeremy STRAVIUS, France, 23s25 ; 3. Luca Matthew SPINAZZOLA, Italie, 23s50; 4. Paul Gabriel BEDEL, France, 24s42. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

100 dos: 1. Simone SABIONI, Italie, 49s96; 2. Lorenzo MORA, Italie, 50s81; 3. Jeremy STRAVIUS, France, 51s27; 4. Jordan POTHAIN, France,  52s75.  FRANCE : 1. ITALIE : 5.

200 dos : 1. Lorenzo MORA, Italie, 1’51s68; 2. Maxence ORANGE, France, 1’53s15. ; 3. Luca MENCARINI, Italie, 1’53s56 ; Geoffroy MATHIEU, France, 1’54s55. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

50 brasse: 1. Fabio SCOZZOLI, Italie,26″33 ; 2. Alessandro PINZUTI, Italie, 26″86 ; 3. Théo BUSSIERES, France, 27s06 ; 2. Thibaut CAPITAINE, France, 27s39. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

100 brasse : 1. Fabio SCOZZOLI, Italie, 57s38 ; 2. Théo BUSSIERE, France, 58s21 ; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, Italie, 58s59 ; 4. Jean DENCAUSSE, France, 58s83. FRANCE : 2. ITALIE : 4. 

200 brasse : 1. Jean DENCAUSSE, France, 2’6s34 ; 2. Claudio FOSSI, Italie, 2’7s66; 3. Edoardo GIORGETTI, Italie, 2’7s73 ; 4. Thibaut CAPITAINE, France, 2’7s84. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

50 papillon : 1. Jeremy STRAVIUS, 22s88; 2. Piero CODIA, Italie, 22″93 ; 3. Matteo RIVOLTA, Italie, 22″96 ; 4. Florian TRUCHOT, France, 23s70. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

100 papillon: 1. Jérémy STRAVIUS, France, 50s17 ; 2. Matteo RIVOLTA, Italie, 50s25; 2. Piero CODIA, Italie, 51s16 ; 4. Nans ROCH, France, 51s29. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

200 papillon : 1. Matteo RIVOLTA, Italie, 1’53s06; 2. Nans ROCH, Antibes, 1’53s71. 3. Filippo BERLINCIONI, CC Aniene, 1’54s31; 4. Jordan COELHO, 1’55s44. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

100 4 nages : 1. Simone ORSI, Italie, 52s12; 2. Jérémy STRAVIUS, France, 52s46 ; 3. Simone GENI, Italie, 53s00 ; 4. Jean DENCAUSSE, France, 54s15. FRANCE : 2. ITALIE : 4.  

200 4 nages : 1. Thomas CECCON, Italie, 1’55s14; 2. Lorenzo GLESSI, Italie, 1’56s42; 3. Guillaume LAURE, France, 1’57s82 ; 3. Théo BERRY, France, 1’58s21. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

400 4 nages : 1. Federico TURRINI, Italie, 4’8″20 ; 2. Lorenzo TAROCCHI, Italie, 4’10″58 ; 3. Emilien MATTENET, France, 4’14s29 ; 4. Nicolas DORIANO, France, 4’14s36. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

4 fois 100 libre : ITALIE  3’8s91 (Lorenzo ZAZZERI, 46s46, 2. Luca DOTTO, 47s30, Alessandro MIRESSI, 47s38, Ivano VENDRAMI, 47s77). FRANCE, 3’12s34 Maxime GROUSSET, 47s60 ; 3. Tom PACO PEDRONI, 47s98 ; 4. Charles RIOUX, 48s17.  Jordan POTHAIN, 48s59. FRANCE : 3. ITALIE : 6.

4 fois 200 m: 1. FRANCE, 6‘57s77 (Jeremy STRAVIUS, 1’43s48; Jordan POTHAIN, 1’44s10; 3. Jonathan ATSU, 1’45s01; 4. Roman FUCHS, 1’45s18); 2. ITALIE, 6’58s96 (Filippo MEGLI, 1’43s92 ; Fabio LOMBINI, 1’44s60 ; 3. Filippo MAGNINI, 1’45s10 ; 4. Matteo CIAMPI, 1’45s34). FRANCE :  ITALIE : FRANCE : 6. ITALIE : 3.

4 fois 100 4 nages : 1. ITALIE, 3’24s05(Simone SABBIONI, 49s96, Fabio SCOZZOLI, 57s38,Matteo RIVOLTA, 50s25; Lorenzo ZAZZERI, 46s46); 2. FRANCE, 3’28s37(Jeremy STRAVIUS, 51s27 ; Théo BUSSIERE, 58s21 ; Nans ROCH, 51s29, Maxime GROUSSET, 47s60). FRANCE : 3. ITALIE : 6.

CLASSEMENT MESSIEURS : FRANCE, 52 pts ; ITALIE, 77pts

 

DAMES.- 50 libre  : 1. Charlotte BONNET, Nice, 24s15 ; 2. Erika FERRAIOLI, Italie,, 24s26 ; 3. Marie WATTEL, Montpellier, 24s52 ; 4. Federica PELLEGRINI, 24s55. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

100 libre: 1. Charlotte BONNET, France, 52s04 ; 2. Marie WATTEL, France, 52s56; 3. Federica PELLEGRINI, Italie, 52s64; 2. Erika FERRAIOLI, Italie, 53s69. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

 200 libre : 1. Charlotte BONNET, France, 1’53s39 ; 2. Cloé HACHE, France, 1’55s17 ; 3. Laura Letrari, Italie, 1’56″26 ; 4. Stefania Pirozzi, Italie, 1’57″48. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

400 libre : 1. Charlotte BONNET, France, 4’1s95 ; 2. Simona QUADARELLA, Italie, 4’4s64 ; 3. Fantine FESAFFRE, France, 4’5s58 ; 4. Erica MUSSO, Italie 4’6s66. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

800 libre: 1. Simona QUADARELLA, Italie, 8’19s34; 2. Martina De MEMME, Italie, 8’21s15 ; 3. Fantine LESAFFRE, France, 8’24s86 ; 2. Adeline FURST, France, 8’30s49. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

50 dos : 1. Elena Di Liddo (CC Aniene) 26″80; 2. Silvia Scalia, Italie, 26″84; 3.Mathilde CINI, France, 26s85; 4. Mélanie HENIQUE, France, 26s92. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

100 dos : 1. Mathilde CINI, Valence, 57s94 ; 2. Silvia SCALIA, CC Aniene, 58s39; 3. Margherita PANZIERA, Italie, 58s59 ; 4. Pauline MAHIEU, Saint-André, 58s68. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

200 dos 1. Margherita PANZIERA, Italie, 2’3s15 ; 2. Camille GHEORGHIU, France, 2’6s73 ; 3. Carlotta TONI, Italie 2’7s58 ; 4. Fantine LESAFFRE, France, 2’9s49. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

50 brasse : 1. Charlotte BONNET, France, 30s34 ; 2. Arianna CASTIGLIONI, Italie, 30s50; 2. Martina CARRARO, Italie, 30s54. 4. Fanny DEBERGHES, France, 30s91. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

100 brasse : 1. Martina Carraro, Italie, 1’5″73 ; 2 Arianna Castiglioni, Italie, 1’6″23; 3. Fanny DEBERGHES, France, 1’6s29; 4. Charlotte BONNET, Nice, 1’6s30. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

200 brasse: 1. Francesca FANGIO, Italie, 2’22s56; 2. Giulia VERONA, Italie, 2’24s36; 3. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 2’23s59. 4. Fantine LESAFFRE, 2’24s90. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

50 papillon : 1. Mélanie HENIQUE, France, 25s59 ; 2. Marie WATTEL, France, 25s61 ; 3. Elena DI LIDDO, 25s99 ; 4. Ilaria BIANCHI, 26s31. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

100 papillon: 1. Ilaria Bianchi , Italie, 56″94 ; 2. Marie WATTEL, Loughborough, Montpellier, 56s96 ; 3. Elena Di Liddo, Italie, 57″12 4. Léna BOUSQUIN, Marseille, 59s85. FRANCE : 2. ITALIE : 4.
200 papillon : 1. Alessia POLIERI, Italie, 2’5s29; 2. Ilaria BIANCHI, Italie, 2’6s97 ; 3. Lara GRANGEON, France, 2’7s19 ; 4. Gwladys LARZUL, France, 2’12s58. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

100 4 nages: 1. Charlotte BONNET, France, 58s96 ; 2. Laura LETRARI, Italie, 59s97; 2. Ilaria CUSINATO, Italie, 1’0s42 ; 4. Mathilde CINI, France, 1’0s91.  FRANCE : 3. ITALIE : 3.

200 4 nages : 1. Ilaria CUSINATO, Italie, 2’9s20 ; 2. Fantine LESAFFRE, France, 2’9s25. 3. Anna PIROVANI, Italie, 2’9s51 ; 4. Charlotte BONNET, France, 2’10s24. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

400 4 nages : 1. Fantine LESAFFRE, 4’32s34 ; 2. Luisa TROMBETTI, 4’32s27 ; 3. Anna PIROVANO, 4’33s52 ; 4. Lara GRANGEON, 4’33s90. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

4 fois 100 mètres: 1. FRANCE, 3’32s98 (Charlotte BONNET, 52s04 ; 2. Marie WATTEL, 52s56; 3. Léna BOUSQUIN, 54s18; 4. Margaux FAVRE, 54s20. 2. ITALIE, 3’34s93 (Federica PELLEGRINI, CC Aniene, 52s64; 2. Erika FERRAIOLI, Aniene, 53s69; 3. Aglaia PEZZATO, Veneto, 54s02; 4. Giada GALIZI, Unicusano Aurelia, 54s58).FRANCE : 6. ITALIE : 3.

4 fois 200 mètres : 1. FRANCE, 7’44s68 (Charlotte BONNET, 1’53s39 ; 2. Cloé HACHE, 1’55s17 ; 3. Alizée MOREL, 1’57s91 ; Margaux FAVRE, 1’58s21) ; 2. ITALIE: 7’49s24 (Laura Letrari, Italie, 1’56″26 ; Stefania Pirozzi (Fiamme Oro Roma/CC Napoli) 1’57″48. Erica MUSSO, 1’57s53; Alice MIZZAU, 1’57s97). FRANCE : 6. ITALIE : 3.

4 fois 100 quatre nages : FRANCE, 3’53s23 (Mathilde CINI, 57s94 ; Fanny DEBERGHES, 1’6s29 ; Marie WATTEL, 56s96 ; Charlotte BONNET, 52s04 ; 2. ITALIE, 3’53s70 (Silvia SCALIA, 58s39 ; Martina CARRARO, 1’5s73 ; Ilaria BIANCHI, 56s94, Federica PELLEGRINI, 52s64). FRANCE : 6. ITALIE : 3. 

CLASSEMENT FEMININ, FRANCE, 68pts ; ITALIE, 61pts.

CLASSEMENT GENERAL, FRANCE, 120pts, ITALIE, 138pts.

 

« MON SACRE A LA TRONÇONNEUSE » : DAVID AUBRY DÉCROCHE « GOLIATH » JOLY AU BOUT D’UN SPRINT DE 1500 METRES

Éric LAHMY

Dimanche 3 Décembre 2017

David AUBRY, en enlevant à domicile, à Montpellier, le 1500 mètres, a réussi la performance majeure de la dernière journée des championnats de France d’hiver 2017. Il a devancé de quinze secondes en Damien JOLY un authentique finalise des Jeux olympiques (à Rio), et montré qu’un bon nageur d’eau libre peut s’imposer, en bassin, sur la plus longue distance du programme olympique.

JOLY, pourtant, avait lancé la course avec un courageux appétit. Il dévorait les longueurs et paraissait prêt à l’aventure solitaire. Mais aux 400 mètres, son avance était réduite à un petit mètre et deux aller retour de bassin plus loin, AUBRY lui était revenu sur le paletot. Ce fut un dur et long moment pour JOLY, car il devait éprouver le besoin de ralentir quand AUBRY, comme installé dans le rythme que Damien lui-même avait imposé, en redemandait, et travaillait dans la plus rigoureuse égalité d’allure. Aux 800 mètres JOLY donnait des bras au niveau des pieds de son adversaire, et deux cents mètres plus loin, son retard s’élevait à quatre secondes. Il avait lâché prise.

La bataille continuait, cependant, mais désespérée, car à sens unique, et AUBRY s’acharnait à abattre l’idole. A l’arrivée, il s’offrait un sacre à la tronçonneuse ! Son avance, de une secondes à mi-course, était passée à quinze secondes.

Soyons honnète. On ne peut s’extasier sur sa performance, 14’34s. Elle serait formidable en bassin olympique, mais dans le « petit bain », elle est « seulement » bonne.

AUBRY, 21 ans le 8 novembre, formé en piscine (ainsi par Éric BOISSIÈRE, à Rouen), a ensuite tenté l’aventure du large, avant de rejoindre Philippe LUCAS et Montpellier. L’été dernier, il était un peu frustré, ayant raté le bon wagon dans le sprint, de n’avoir fini « que » sixième des 10 kilomètres des mondiaux de Budapest (deux ans après avoir terminé 17e des 5 kilomètres des mondiaux de Kazan). Ce n’est pas un néophyte, déjà 3e junior mondial sur 5 kilomètres en 2012, je dirais que c’est seulement un jeune qui a été précoce dans sa discipline.

Camarade inséparable de Marc-Antoine OLIVIER, il a ces dernières années été devancé par celui-ci, mais il montre plus de qualités de vitesse que son copain et serait peut-être en mesure, si barré dans le long, de s’imposer dans une carrière de 1500 mètres ? A suivre…

Charlotte BONNET a dominé le 400 mètres dames dans un temps correct et a complété sa journée sur 100 quatre nages : doublé donc. Bon 100 mètres, également, de l’Algérien de Marseille Oussama SAHNOUN, lequel a largement devancé Maxime GROUSSET, médaillé mondial juniors et espoir de sa course. Marie WATTEL, pour sa part, n’a trouvé personne à sa mesure sur 100 papillon, laissant sa seconde à près de cinq mètres ! A l’arrivée, ses 56s96 représentent une bonne performance, qui améliore son record personnel, 57s45, établi l’an passé aux mondiaux juniors de Windsor. Passée comme une bombe, en 26s12,et sans doute trop vite, elle a eu quelque mal à finir, ce qui, a contrario, signifie qu’en équilibrant un peu mieux sa course aux Européens de Copenhague, dans dix jours… mais n’anticipons pas !

Jeremy DESPLANCHES, s’est aussi promené sur 200 quatre nages. Jeremy STRAVIUS, lui, a manqué ce qui aurait pu être le grand rendez-vous de la journée, sur 100 libre (criagnait-il SAHNOUN?), afin de se concentrer sur le 50 dos, mais le résultat s’est avéré moyen.

Après les épreuves, le DTN, Julien ISSOULIE, estimait que ce qui s’était passé était « encourageant pour la suite. » Bon, c’est son job de dire ça, mais on peut en accepter l’augure. A l’humour, je dirais que la situation de la natation française est peut-être grave, mais pas désespérée. Et puis pour pas mal de nageurs, l’objectif c’est de se trouver au sommet à Copenhague… A suivre donc…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Oussama SAHNOUN, Algérie, Marseille, 46s42 ; 2. Maxime GROUSSET, Amiens, 47s60 ; 3. Tom PACO PEDRONI, Nice, 47s98 ; 4. Charles RIOUX, Nice, 48s17.

1500 libre : 1. David AUBRY, Montpellier, 14’34s71; 2. ; 2. Damien JOLY, Montpellier, 14’49s99; 3. Mathis CASTERA, 14’59s56; 4. Paul BEAUGRAND, 17 ans, Antibes, 15’1s23.

50 dos : 1. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 23s25 ; 3. Paul Gabriel BEDEL, 24s42.

50 brasse : 1. Théo BUSSIERES, CN Marseille, 27s06 ; 2. Thibaut CAPITAINE, Cergy, 27s39.

200 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, Suisse, Nice, 1’54s45 ; 2. Guillaume LAURE, Antibes, 1’57s82 ; 3. Théo BERRY, Angers, 1’58s21.

DAMES.- 400 libre : 1. Charlotte BONNET, Nice, 4’1s95 ; 2. Fantine LESAFFRE, Montpellier, 4’5s58 ; 3. Sharon VAN ROUWENDAAL, Montpellier, 4’6s82 ; 4. Cloé HACHE, Marseille, 4’7s69.

200 dos : 1. Camille GHEORGHIU, Montpellier, 2’6s73 ; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, Pays-Bas, Montpellier, 2’6s89.

100 papillon : 1. Marie WATTEL, Loughborough, Montpellier, 56s96 ; 2. Léna BOUSQUIN, Marseille, 59s85.

100 4 nages : 1. Charlotte BONNET, Nice, 58s96 ; 2. Mathilde CINI, Valence, 1’0s91.