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MARC DEBERGHES NOUVELLE PRÉSIDENT DU SUD-OUEST, MILITE POUR UNE NATATION SANS L’HUISSIER ET SANS LUYCE… …MAIS PAS FORCÉMENT AVEC SEZIONALE

Éric LAHMY

Samedi 18 Février 2017

Les élections de la nouvelle région du grand Sud Ouest,  réunissant Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes ont vu la victoire de Marc DEBERGHES. Ancien nageur de haut-niveau, père de Paule et de Fanny Deberghes (celle-ci championne de France du 200 mètres brasse) Marc Deberghes avait bien préparé son mouvement, attendant jeudi dernier, pour faire acte de candidature. Il avait souhaité un changement d’équipe. Il en est le bénéficiaire.

L’assemblée, qui s’est tenue à Artigues-près-Bordeaux, petite commune de la Gironde, a été assez houleuse, du moins au départ. Hélène TACHET DES COMBES, présidente de la région Aquitaine, vice-présidente de la FFN et candidate à cette élection, avait envisagé de faire venir un huissier, et certains des membres de l’assemblée s’étant opposés à une présence qu’ils jugeaient intempestive, un vote a été effectué, et la présence de l’huissier a été jugée  malvenue par la majorité. Autant dire que les prémisses étaient inquiétantes pour Hélène.

Tandis que M. Deberghes et le président sortant de Poitou-Charentes Jimmy PERSIGANT passaient haut la main, les consignes que leur groupe avait données étaient respectées, et Mme Tachet des Combes restait très en-dessous du score nécessaire pour entrer au Comité directeur.

Finalement, M. Deberghes était élu président, M. Persigant  devenait vice-président de la nouvelle région.

ET À LA FÉDÉRATION : NON À FRANCIS LUYCE, NI OUI NI NON À GILLES SEZIONALE

À la question de savoir « pourquoi » il avait gagné. « Je ne sais pas, a-t-il répondu. Mais nous avons bien préparé l’élection, beaucoup communiqué avec les clubs des régions, cherché à établir un programme cohérent. » D’après lui, Mme Tachet des Combes avait irrité par sa propension à ne pas déléguer ni partager : « l’anecdote de l’huissier est révélatrice de ce fonctionnement où elle décide seule, sans l’accord de personne. »

 La veille, Marc Deberghes nous avait assuré qu’il ne serait pas délégué à l’élection nationale, fin mars prochain, étant désireux de se consacrer à sa région. Samedi, après le vote, il affirmait avoir été contacté par une personne de l’équipe SEZIONALE afin de connaître ses intentions au sujet de la prochaine élection du président de la FFN.

Dans la perspective d’un affrontement entre celui-ci et l’actuel président Francis LUYCE, Marc Deberghes a affirmé sa conviction qu’il fallait « renouveler les cadres » et que « Francis Luyce devait s’en aller. »

Mais il n’a pas pour autant adoubé son rival, et reste dubitatif quant à la personnalité qui devrait diriger la fédération. « Je ne sais pas si Gilles Sezionale est l’homme qui convient à la présidence de la fédération. Pour l’instant, je reste avec mes doutes à son sujet et j’attends », a-t-il déclaré en substance à Galaxie Natation. Relent d’une méfiance d’un homme qui a appuyé son adversaire ? Possible…

Autant dire qu’au jour d’aujourd’hui, il est difficile d’interpréter les événements d’Artigues au regard de la prochaine élection nationale.

SUZANNE BENTABERRY (1922-2017) GRANDE FIGURE DE LA SYNCHRO

Éric LAHMY

Vendredi 17 Février 2017
Je repensais souvent à Suzanne Bentaberry, qui fut présidente de la commission fédérale de natation synchronisée et dont on annonce la disparition, ce mardi 14 février, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans. Née en 1922, Suzanne avait été nageuse, avant d’entraîner en natation (1er et 2ème degré). Elle avait travaillé en région, au sein de son club, l’ASPTT Toulouse, du Toulouse Nat’ Synchro et au Centre d’entraînement de Toulouse. Elle fut surtout une grande dirigeante…

Elle était douée d’une qualité rare : la sincérité. Je l’avais rencontrée pour la première fois aux championnats du monde de Belgrade, en 1973. J’étais déjà sur place, je venais d’assister à l’entrainement des nageurs américains quand le hasard me fit déboucher, à la piscine, sur un groupe de filles, françaises, qui étaient manifestement des compétitrices… mais de quel sport ? Ni leurs physiques, ni leurs conduites ne correspondaient pour moi au « référentiel » athlétique classique, des nageuses ou des plongeuses. Si mes souvenirs sont bons, je fus assez étonné (style: « ah, bon? ça existe?« ) d’apprendre que ces demoiselles pratiquaient une sorte de danse dans l’eau qu’on appelait les ballets nautiques (le terme rébarbatif de natation synchronisée n’avait pas encore été inventé), lesquels ballets se référaient, me disait-on, aux films hollywoodiens d’une grande star de l’après guerre, Esther Williams.

Je fus assez impressionné par cette découverte (un sport féminin !) pour lui dédier un « grand » article dans L’Equipe (au grand dam du leader de la rubrique, qui, en recevant mon texte, m’avait pris pour un fou), article pas très bien ficelé d’ailleurs, où Suzanne apparaissait. Mais, miracle de la communication téléphonique de l’époque, entre Belgrade et Paris, son nom s’était transformé, dans le journal, le lendemain, en Bordaberry.

Suzanne a été présentée, sur le site fédéral qui annonce son décès, comme une « grande dame » de la synchro, et je souscris à ce terme. Mais qu’on ne se figure pas, avec cette expression, une personne figée dans des attitudes. « Benta » était une bosseuse, une personnalité qui irradiait, dotée d’une voix, d’un rire, d’un enthousiasme. Suzanne ne posait pas, elle se posait. Avec Arlette Franco, elle fut une vraie dirigeante.

Elle devint le troisième côté d’un triangle vertueux d’où jaillit dans les années 1970 et 1980 la synchro française. Les  deux autres s’appelaient Muriel Hermine et Françoise Schuler. Muriel dans l’eau avec son talent et sa volonté hors-normes, Françoise sur la plage du petit bassin de l’INSEP avec son sens du travail, de la technique, de la discipline et de l’organisation, et Suzanne à la Fédération, cherchant à arracher aux dirigeants les ressources qui permettraient à la discipline de se développer. [Je soupçonne aussi Henri Sérandour, qui, sans être un fan, avait la synchro à la bonne, d’avoir joué sa partition.]

Le sport existait quelques jours par an, et peinait à donner un peu de chair à un calendrier étique. Il lui fallait aussi se transformer, abandonner des tenues handicapantes, comme ce ballet où l’on dansait le menuet de Mozart avec des vareuses en velours sur le corps.

Suzanne avait connu la minuscule épopée qu’avaient constituée les débuts de la natation artistique de chez nous, du temps de Josette Domont, Ria Gerner, Marie-Louise Morgen et Colette Thomas. Elle avait été un témoin du règne des Mouettes et du Nautic Club et des balbutiements d’une organisation, quand, grâce à l’accord d’Eugène Drigny, les ballerines avaient fait en 1947 une entrée qui ne fut ni remarquable, ni remarquée, à la fédération. Elle-même fut intronisée par Monique Berlioux, dont elle prit la place quand celle-ci s’éloigna en direction d’un avenir qui ferait d’elle le directeur du Comité International Olympique.

 « Quand j’ai pris la synchro, le sport vivait sur les clubs de Paris (avec les Mouettes), de Tours, du Havre, de Toulouse, m’expliqua-t-elle des années plus tard. Au niveau national, chez nous, Marie-Christine Charles, qui entraînait l’équipe de France, et Françoise Schuler, ce n’était pas l’amour. Leurs conversations tournaient à la discussion, que l’âpreté de leurs désaccords rendait interminables. » Entre les deux, Suzanne, ayant tôt compris laquelle représentait une possibilité de développement et d’excellence, fit vite connaître son choix. Il ne fut pas politique, mais sportif, psychologique et humain. C’était du Bentaberry tout craché : santé, clarté, honnêteté, intelligence, droit au but, réflexion mais pas l’ombre d’une hésitation au moment de décider, une fois l’objectif défini.

Schuler, avec son ouverture d’esprit et sa curiosité, représentait aux yeux de Suzanne, LA  chance, pour les ballets nautiques français, de s’ouvrir sur le large. Ainsi fut fait. Schuler s’en alla piquer les rétropédalages chez les poloistes, exigea des minima dans les courses de nage pour ses filles, et, raconte-t-elle, « quand les nageurs, les poloistes, ont vu comment Muriel s’entraînait, ce qu’elle se tapait en musculation, sa souplesse, la condition physique des filles, on n’a plus jamais entendu parler de balayettes. »

Suzanne avait un fameux caractère, et en faisait bon usage. Je dois admettre m’être toujours bien entendu avec les fortes femmes, et, en sport, quoique sans les angéliser, adorais voir s’épanouir ces personnalités bien affirmées, voire conquérantes, qu’étaient Suzanne et Monique  Berlioux, Suzanne Bentaberry, Sophie Kamoun ou, hors natation, la volleyeuse Odile Lesage, la judokate Brigitte Deydier.

Je me souviens avoir un jour entendu celle qui lui succéda à la fédé, Madeleine Bernavon, me faire cet aveu sans gloire : « Suzanne parlait trop, elle irritait ces messieurs, et elle s’est fait virer. Moi, je suis là, je ne dis rien, je ne les importune pas. » Oui, Suzanne fut virée aux élections de 1985, mais elle n’avait jamais fait tapisserie. Son énergie indisposait les hommes du comité directeur. Elle me raconta les faits vers 2006, lors d’un entretien téléphonique. A 83 ans, toujours bon pied, bon œil, bonne voix (et mauvaises épaules, qu’elle avait dû se faire reconstruire en chirurgie), elle m’avait raconté l’affaire :

« Aux élections de 1985 à la Fédération française de natation, je ne suis pas passée. Cette année, on avait fait un gros score. La natation, le plongeon, le water-polo, étaient rentrés des championnats d’Europe avec le drapeau en berne. On ne parlait que de la synchro, qui avait enlevé le ballet, l’argent du solo et du duo. Nous avions sauvé la mise de la natation française, et on agaçait. Le retour de bâton ne s’est pas fait attendre. Quatre ans plus tôt, j’étais passée avec le plus grand nombre de voix, et là, on a monté une cabale pour me rabattre mon caquet. Henri Sérandour, fort ennuyé, m’a proposé de me récupérer sur le contingent des dirigeants féminins. Mais j’avais travaillé comme un homme et je voulais être traitée comme un homme. J’ai pris l’avion le soir même pour Toulouse et démissionné de mes postes à la FINA et à la Ligue Européenne. » Suzanne était comme cela, sans ambiguïté, tout d’une pièce.

Vingt-trois ans après cette déconvenue, en 2008, Suzanne Bentaberry reçut la médaille du Comité Olympique, mais ce n’était pas seulement pour services rendus à la natation. Devenue maire de son village, Antignac, en Haute-Garonne, où elle avait vite fait la preuve de son entregent, de son intelligence et de son énergie, dès 1987, ayant noté une absence totale d’activités dans la vallée, elle avait fondé une association qui créa un parcours de canoë-kayak, lequel reliait les villages de Fronsac et d’Antignac, sur huit kilomètres des eaux vives de la rivière Pique, un affluent de la Garonne. Ce parcours fit d’Antignac un lieu de rencontres de rameurs et de rafteurs de France et de Navarre; il s’est doté depuis d’une base nautique très appréciée.

En 2013, Suzanne avait perdu son mari, Faustin.

 Ses obsèques auront lieu le lundi 20 février, 15 h, à Antignac (près de Luchon) où elle a été maire de nombreuses années. Ni fleurs, ni couronnes. Galaxie Natation s’associe au chagrin de sa famille.

ENTRE AQUITAINE, LIMOUSIN ET POITOU-CHARENTES, LE MATCH LUYCE – SEZIONALE OPPOSE HÉLÈNE TACHET DES COMBES ET JIMMY PERSIGANT

Éric LAHMY

Jeudi 16 Février 2017

La volonté affirmée de Francis LUYCE de se voir reconduit au poste présidentiel qu’il occupe depuis un quart de siècle (il a parfois exprimé, si Paris obtenait l’organisation des Jeux olympiques de 2024, le vœu de se représenter encore en 2020 pour se maintenir au poste jusqu’à cette date… et comme il n’aura alors que 77 ans…), cette volonté donc a donné aux élections dans les nouvelles régions le profil marquant qui est le leur : chaque candidat à la présidence de région est étiqueté pro LUYCE ou pro SEZIONALE (son rival déclaré à la responsabilité présidentielle). Il en est ainsi pour à peu près toutes les élections dans les régions.

Ce samedi, à Artigues, le découpage qui unit désormais l’Aquitaine au Poitou-Charentes et au Limousin ne permettra pas à la consultation de la grande région atlantique d’échapper à ce scénario, aussi réducteur semblera-t-il, et Hélène TACHET DES COMBES, pour tous, sera celle qui « roule » pour Gilles SEZIONALE, tandis que Jimmy PERSIGANT plaira aux sectaires de Francis LUYCE.

PERSIGANT ? On le présente ici et là un peu à l’image de son prédécesseur au poste en Poitou-Charentes, le regretté Louis VENZI (1940-2010), Loulou pour les copains, président historique des Canards Rochelais et selon d’aucuns « le Denis CADON de son époque », car juge arbitre à cinq championnats d’Europe, deux championnats du monde, et une fois aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

PERSIGANT, directeur de la piscine de La Rochelle, a hérité de Loulou sa verve et son côté bon enfant. Il n’a guère défrayé la chronique, sauf quand, alerté par Michel ROUSSEAU, il ouvrit les portes de la piscine à Philippe LUCAS, lequel, en rupture de point d’ancrage, passait un mauvais quart d’heure.

Son côté bon enfant, sa capacité, me dit-on, de se montrer gentil, aimable et de ne faire de peine à personne, l’a rendu populaire et constituera son arme majeure dans ce suffrage (il s’est déclaré candidat à la présidence de la nouvelle région), car pour le reste, le départ en retraite d’un grand entraîneur, Robert MENAUD (57 internationaux dans sa carrière) a en quelque sorte effacé Poitiers de la carte de la natation d’élite. Personne n’est indispensable, dit-on, mais un bon entraîneur n’est pas loin de l’être…

L’Aquitaine n’est d’ailleurs pas en bien meilleure position : grande par la surface, la nouvelle région demeure réduite en termes d’élite.

UNE CARRIÈRE VÉCUE COMME UNE « SUITE DE COÏNCIDENCES »

Hélène TACHET DES COMBES, dans les années 1970, a été une nageuse de niveau national ; à seize ans, en 1971, elle a fini  5e sur 200 mètres brasse aux critériums nationaux français. Présidente du département de la Gironde de 1996 à 2008, trésorière de l’Aquitaine de 1999 à 2008, elle quitte cette année ci le poste pour raisons professionnelles mais récupère celui de la Fédération. C’est une femme qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. « Elle a de bons côtés, n’est pas bête, mais louvoie », prétend une autre personnalité de sa région, qui, par ailleurs, se lamente de l’évolution de ce sport : « quand je vois ce qui se passe, je ne reconnais plus ma natation. »

Hélène présente sa carrière dans l’administration du sport comme une suite de coïncidences. « Il y a que j’aime faire des choses, et je me suis trouvée impliquée par Jean Boiteux et Michel Salles. Je cherchais de l’argent pour mon comité et je suis montée à la fédération. C’est là que j’ai rencontré  Francis (LUYCE). Elue à la Fédération, je me suis retrouvée trésorière adjointe auprès de Paulette Fernez ; cela m’allait car j’étais à l’origine inspecteur des impôts. C’est là que Paulette a eu une dépression et il a fallu la remplacer : je suis donc devenue la trésorière, et je n’aime pas faire les choses à moitié.

Avant les élections suivantes, LUYCE m’a demandé quels étaient mes projets, je lui ai dit que je souhaitais continuer et il m’a répondu qu’il n’en serait pas ainsi, vu qu’il avait promis le poste à Jean-Paul Vidor, le trésorier de sa région. Je suis passée d’une fonction concrète à un autre poste vaguement honorifique, sans projet, de vice-présidente. »

S’il l’a bombardée trésorière adjointe de la Fédération, c’est que LUYCE n’a pas toujours considéré Hélène TACHET DES COMBES comme une adversaire, une « femme à abattre. »

Alors, que s’est-il passé pour que, tout à coup, il lui coupe les ailes ? Peut-être pas grand’ chose. Peut-être ne sentait-il plus en Hélène le type d’allégeance qui lui plait tant, au confluent de l’admiration soumise et de la complicité ? Et le poste de trésorier pouvait révéler certains détails de sa gestion qu’il préférait ne laisser contempler qu’à un gars de sa région ? L’inspection, actuelle, de la Fédération par la Cour des comptes, diligentée, susurrent les bonnes langues, par le Ministre Thierry Braillard, désireux de se débarrasser du Phare de Dunkerque, pourra peut-être nous en dire plus. 

On conçoit qu’on ne peut gouverner une entité, en l’occurrence une fédération, sans un appui. C’est légitime. Et inévitable : impossible de faire sans. Ce qui ne laisse pas d’étonner, dans le cas de la natation française, c’est l’effort de déstabilisation constant, systématique, appuyé, névrotique, que consent l’actuel président, qui manœuvre pour conserver sa place, lance des hommes à lui dans toutes les régions, déstabilise ses opposants potentiels. Luyce ? On dirait en petit tout petit un Mao Tse Toung dirigeant depuis le sommet de l’Etat la révolution culturelle pour garder la main. Une exceptionnelle capacité de nuisance…

Son mode de fonctionnement (ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi, et ceux qui sont une fois contre moi le sont à jamais) a fini, à travers les années par cristalliser les hostilités en un bloc contestataire, par souder une équipe,  autour de chefs de file de qualité, comme Bernard DALMONT (Midi-Pyrénées), Jean-Jacques BEURRIER, qui devrait conserver son poste en Île-de-France, le 25 février; David WAGNER, qui a conquis le Grand Est ; Denis CADON, battu chez lui aux élections mais qui pourrait rester le maître du jeu ; Christiane GUÉRIN, battue par Daniel PLANCHE ; d’autres encore, tous fédérés autour de Gilles SEZIONALE, depuis longtemps très apprécié  de Claude FAUQUET, et dont la légitimité a grandi à partir de la Côte d’Azur. Gilles a joué sa partition dans le triomphe des nageurs niçois en 2012 !

COMMENT LE COMITÉ DIRECTEUR DE LA FÉDÉRATION EST DEVENU UNE GÉRONTOCRATIE

Aujourd’hui, les élections dans les régions ont pris l’allure d’un affrontement entre ceux qui n’en ont pas assez d’un quart de siècle de Francis Luyce, et ceux qui trouvent qu’il a fait son temps et qu’il est temps de donner sa chance à une autre génération de décideurs.

« Le dernier mandat de Luyce a tout gâché, c’est du n’importe quoi », explique Hélène TACHET DES COMBES. Elle n’est pas la seule à le penser. Jusque là, l’homme avait capitalisé sur les progrès de la natation, mais les résultats de moins en moins brillants de l’après Christian DONZÉ, à partir de 2013, ont noirci le tableau.

Les années ont accru la propension de LUYCE à s’entourer de féaux aux dépens s’il le faut des compétences. Tendance déjà marquée dans le passé. Il vit de façon tellement émotionnelle un désaccord qu’il parait ne pouvoir souffrir une façon de voir différente de la sienne. Il y a un côté excessif, tyrannique dans son personnage ; de ce fait, il n’a jamais cherché à attirer dans le comité directeur des personnalités, des créatifs, personnes souvent difficiles parce qu’exigeantes. Bien entendu, il n’a pu écarter tous ceux qui travaillaient bien, et devait parfois faire avec des gens assez brillants issus de l’élection dans leurs régions, qu’il supportait comme un moindre mal. Parfois aussi, certains de ceux qui l’ont accompagné n’étaient pas dénués de qualités, et des dirigeants comme Paulette FERNEZ, Henri WACHTER ou Michel SAUGET, d’autres encore ont beaucoup et bien travaillé.

Avec le temps, à sa préférence pour des personnalités rassurantes parce que sans aspérités, s’est ajouté un refus du rajeunissement des cadres. Tout le comité directeur s’est donc mis à vieillir en même temps que son chef. On imagine qu’une bonne assemblée devrait être un maillage de hardiesse et de prudence et donc d’expérience et de jeunesse, mais la jeunesse était devenue avec le temps un autre adversaire du président qu’il lui fallait conjurer car elle marquait son âge, par comparaison. Luyce a ainsi oblitéré, au niveau du comité directeur de la fédé, une génération entière. La Fédé est devenue une gérontocratie.

Cette entrave a déteint sur les héritiers présomptifs, contraints de se dessécher sur pied pendant que le président fermait les écoutilles de son club du troisième âge. Ceux qui essaient de prendre le relais admettent qu’ils ne sont plus très pimpants, et SEZIONALE, 59 ans, se désole d’avoir perdu quatre années en accordant foi aux propos de LUYCE quand, la main sur le cœur, il lui promettait carte blanche. Le président eut tôt fait de retrouver son côté « dictateur » quand il imposa par deux fois, avec Lionel HORTER et Jacques FAVRE, l’identité d’un directeur technique national qui ne faisait pas du tout l’unanimité…

LUYCE, GIROUETTE À TÊTE DE COCHON, UN VRAI PHÉNOMENE DE CIRQUE.

En général, les personnalités, ceux qui travaillent, les créatifs, finissent toujours par indisposer ce type de chef, parce que la vie en général et la vie associative en particulier, rendent pratiquement impossible un accord parfait, constant, de deux personnes de caractère sur les dossiers, la conception, la politique. Il faut alors savoir réfléchir ensemble, respecter le point de vue d’en face…

Il est certains points sur lesquels LUYCE parait ne pouvoir concevoir qu’on puisse nourrir sur un dossier une idée différente de la sienne. L’homme fait de toute remarque une affaire personnelle, comme si on remettait son statut en jeu alors qu’on cherchait à exposer une idée. Il prend alors une divergence d’idées pour une inconvenance, une insulte, ou une déclaration de guerre. Si en face de lui, l’autre s’appelle SEZIONALE, il biaise ou s’écrase, vu que le rapport de force l’impressionne ou l’inquiète. S’il s’agit d’un membre moins redoutable (et une femme fait souvent l’affaire) il passe en force et peut déterrer la hache de guerre.

Mais selon Hélène, LUYCE le soi-disant homme fort agace aussi par ses indécisions, ses tergiversations : « vous êtes avec lui, vous parlez de votre projet, vous tombez d’accord. Puis il retourne voir son cercle, et vous vous retrouvez à zéro. » Une girouette à tête de cochon, un vrai phénomène de cirque.

« Mais il y a aussi qu’avec le temps, il s’est totalement déconnecté du bassin. » Certes, il continue de fréquenter les piscines de ses hôtels cinq étoiles.

L’une des caractéristiques les plus éprouvantes du personnage, pour ceux qui l’ont servi, est « qu’une fois qu’il n’a plus besoin de vous, vous n’êtes plus rien pour lui », commente un de ceux qui l’ont longuement accompagné. Ce sentiment de n’être plus qu’une chaussette trouée provoque, on l’imagine, des perplexités et parfois des rancunes tenaces.

Hélène date le début de ses ennuis avec LUYCE de son peu d’enthousiasme à applaudir l’achat du siège fédéral de Pantin, qu’il présente toujours comme un de ses hauts faits. « Bien entendu, on ne pouvait demeurer au 148 avenue Gambetta, admet-elle. Mais je n’étais pas séduite par ces deux étages séparés par trois niveaux dans une tour, l’un au 14e et l’autre au 18e. Cela a d’ailleurs fini par scinder la fédération en deux… Il me semblait préférable d’avoir un lieu à nous, qui aurait son unité. On m’a depuis toujours rappelé mon ‘’opposition’’ à cette ‘’excellente affaire’’, la plus-value qu’ont pris ces deux étages. Mais je ne m’opposais pas, je proposais de mieux réfléchir. Et la plus value n’est pas si remarquable. Quand on ajoute au prix d’achat les gros investissements consentis pour mettre à neuf le siège fédéral, dans ce vieil immeuble, en réfection constante, aux sous-sols vétustes, dont les charges sont très élevées, je ne crois pas qu’on a tellement gagné. »

UNE RÉGION GÉANTE BIEN DIFFICILE IMPROBABLE À GÉRER

Hélène a convié à sa dernière assemblée régionale Claude FAUQUET, et l’ancien directeur technique ne s’est pas fait prier. Dans son allocution, ayant précisé que c’était la première fois qu’il était invité dans un événement de la natation, il s’est mis en mesure de « découper à la tronçonneuse » LUYCE et sa politique.

Toute saine analyse démontre que les temps sont devenus plus durs pour la natation française. La gouvernance est-elle totalement innocente de cette déshérence ? L’emploi que le patron fait de son pouvoir, à distribuer promesses et prébendes dans le but de se maintenir au détriment des forces vives du sport, l’amène à encourager et susciter l’arrivée en tête des régions toutes personnes qui voteraient en sa faveur à l’élection de la Fédération du 2 avril prochain. A force de se concentrer sur sa propre réélection, il néglige tout le reste… Or, après un directeur technique moins occupé à travailler qu’à récupérer Yannick AGNEL et un maximum de stages nationaux très rémunérateurs pour son fief de Mulhouse, et un deuxième directeur technique inexpérimenté, impréparé pour le job, et porté vers le dilettantisme, l’avenir ne pouvait être préparé : la soudure entre une équipe de France qui finissait son aventure et une jeune vague assez fragile n’a pas été faite, les ponts ont été coupés. 

Hélène affirme avoir « longtemps hésité » à se présenter dans la nouvelle région. « C’est un grand territoire, avec des zones géographiques hétérogènes, traversé de déserts de natation, pas tellement facile à faire vivre ; organiser sur une distance si grande des formation de nageurs de 14 ans, qu’on ne peut pas déplacer, est complexe. Sur tout cet ensemble, on ne trouve pas une piscine capable de recevoir les championnats de France, si ce n’est Limoges. Mais Limoges demande 8.000 € pour recevoir une telle organisation. Ou plus exactement, ils contraignent à prendre  Megatek, qui a le monopole du chronométrage électronique, et facture 8.000 € pour les championnats (1). Autre exemple des problèmes, Agen – dans le passé, nous avions la piscine gratuitement pour le week-end ; maintenant, c’est 1.500 € par jour. Il existe bien un projet à Mérignac, mais il ne sera pas finalisé avant quatre ou cinq ans. A Bordeaux, les piscines ne cessent de fermer. »

CANDIDATS FANTÔMES LOIN DES SENTIERS BATTUS

Hélène s’est trouvée incriminée dans une lettre anonyme qui a circulé dans son interrégion, derrière laquelle elle affirme deviner la patte de Marc DEBERGHES ; lettre l’accusant d’avoir sollicité trop de candidatures, 64 pour 32 places au Comité directeur ; de ce fait, il ne pouvait s’agir que de « candidats fantômes ». Hélène est vexée d’une attaque qui la vise.

Multiplier les candidatures permet certes, en faisant bloc, à une majorité assise d’empêcher son opposition de passer, mais le truc est aussi vieux que… le jeu démocratique ! Elle se défend d’avoir agi de façon perfide. « J’ai voulu élargir le champ des candidatures, et c’est ainsi par exemple que j’ai sollicité la présence d’une dame du rural. Il n’y a pas de manœuvre derrière cela, seulement un souci de réorganiser le terrain, et sortir des sentiers battus me parait intéressant. » Avoir 64 candidats pour 32 places, ça veut dire quoi ? Que 32 ne passeront pas, la belle affaire ! Mais il y en a que ça dérange…

DEBERGHES, un gaillard qui aime user de sa stature et donner de la voix, vient d’annoncer sa candidature, et évoque un « accord » entre Poitou-Charentes et Limousin. Luyce l’a-t-il délégué pour donner un style musclé, « casseur », à l’élection ? Ce serait charmant. A suivre…

 (1). Encore un de ces tripotages cosignés LUYCE pour pomper encore plus les clubs.

GRANT HACKETT CA NE S’ARRANGE PAS

Eric LAHMY

Jeudi 16 Février 2017

Les ennuis ne cessent de s’accumuler pour Grant Hackett, l’un des grands nageurs de demi-fond australien. Le double champion olympique et triple champion du monde du 1500 mètres a été arrêté à Gold Coast, est de l’Australie, par la police, après que son père Neville se soit senti contraint d’appeler au secours en raison de son comportement (crise de rage incontrôlable en état d’ivresse).D’après Neville, Grant est sous traitement, et il a refusé hier matin de se soigner alors qu’il était en crise, avant de sombrer dans une fureur noire.

Avec ses 1,98 mètres et ses 100 kilos et plus, il peut dans ces cas là paraître fort inquiétant. Grant a été relâché, puis a disparu pendant toute une journée. Âgé de 36 ans, Hackett a connu divers déboires, en raison, au départ, croit-on savoir, d’une accoutumance à certains médicaments. Après un mariage très starisé et célébré avec une chanteuse et parolière australienne, il a connu un divorce difficile. En 2014, il a suivi un traitement en clinique, aux Etats-Unis. Il a ensuite réussi un comeback assez impressionnant en natation, et il semblait que l’engagement physique de la natation l’avait rééquilibré – Michael Phelps avait connu des soucis équivalents, mais beaucoup moins graves, et s’était lui aussi parfaitement retrouvé dans l’eau. Mais les effets de cette médecine n’ont pas duré longtemps pour Hackett, qui s’est fait remarquer, immédiatement après les sélections australiennes, par une agression sur un autre passager, dans un avion, alors qu’il était pris de boisson. « Ni mes parents ni moi ne le reconnaissons, a expliqué son frère Craig. C’est bien son corps qui se trouve devant nous, mais l’esprit n’est plus là. »

DOYEZ EST-IL ELIGIBLE EN ÎLE-DE-FRANCE ?

Eric LAHMY

Mercredi 15 février 2017

Louis-Frédéric Doyez n’ayant pas démissionné de son poste de directeur de la Fédération française de natation, est-il possible qu’il soit candidat à un poste de membre du comité directeur régional de l’Île-de-France ? Il le croit. D’autres pensent qu’en l’absence d’une règlementation claire des élections régionales, une telle candidature constituerait un cas flagrant de conflit d’intérêt. C’est ainsi que s’il était élu, il pourrait demander à être l’un des trois délégués du Comité de l’Île-de-France à l’élection nationale, ce qui pourrait l’amener à élire ses patrons.

Certaines fédérations ont prévu une interdiction pour les salariés d’accéder à des postes d’élus. C’est ainsi que selon la Fédération française des sports d’aviron, « pour être candidat à un poste de membre du comité directeur régional il faut être licencié de la FFSA, âgé de plus de 16 ans, ne pas être salarié de la fédération, d’un de ses organes déconcentrés, ou d’une association affiliée et répondre aux conditions prévues dans les statuts fédéraux, en particulier les articles 15 et 19 interdisant la rétribution directe ou indirecte par un organisme fournisseur. »

De la même façon, pour la Fédération française de sport-boules, « des cas d’inéligibilité sont prévus, notamment pour les salariés de la Fédération Française de Sport Boules, d’une L.B.R. ou C.B.D. et les cadres techniques d’Etat. » L’interdiction de se présenter à l’élection, même régionale, englobe donc deux types d’employés fédéraux, techniciens et autres salariés. Quand on lit dans un règlement de la FFN que « le ou les cadres techniques mis à disposition, assistent, avec voix consultative, aux séances du Comité Directeur. Les membres du Comité Directeur ont le droit d’assister avec voix consultative aux réunions des organismes départementaux, » on comprend de façon elliptique que les cadres techniques ayant « voix consultative » ne sont pas éligibles. N’a-t-on guère songé aux autres salariés parce que la question ne s’est pas posée jusqu’ici ? C’est possible ; un dirigeant nous a indiqué cependant qu’un entraîneur de son comité départemental s’était un jour présenté à l’élection. Président de région, il trouvait cette démarche « illogique » et s’en enquit, posant la question de sa légitimité auprès de son directeur de la jeunesse et des sports. « Il m’a répondu : si tu l’interdis, tu vas devant des ennuis. » L’homme a été élu…

La Fédération française de Natation n’a donc pas clairement prévu ce cas de figure. En général, les personnes interrogées sont assez troublées par ce cas. Ancien directeur technique adjoint de la Fédération, Jean-Pierre Le Bihan estime que Doyez n’a pas le droit de se présenter à l’élection en Île-de-France. A son avis, on se trouve en plein conflit d’intérêt.

On y est même déjà jusqu’au trognon. Doyez n’a pas fait que se présenter. Il a demandé expressément de recevoir les lettres et les curriculum vitae des autres postulants. On aimerait savoir de quel droit il fait une telle demande. Manifestement, Doyez joue déjà les patrons… et les censeurs.

DROIT DE NON-REPONSE

Afin de répondre à mon récent article sur les élections en Île-de-France mettant sa personne en vedette, Doyez a envoyé un poulet qu’il a adressé à Jean-Jacques Beurrier, Raymonde Demarle, Guy Canzano, Laurent Viquerat, Laurent Neuville et Aline Michelet, dans lequel il parle de lui-même à la troisième personne du singulier. Cela doit chatouiller son orgueil. Si le moi est haïssable, le Louis en revanche…

On y lit ainsi que « Louis était déjà bénévole et militant à la Fédération avant d’y être salarié. Il a été Président de club et de comité départemental. Il a cessé ses fonctions en prenant plus de responsabilités à la Fédération, pour éviter les mélanges de genre. » Que ne continue-t-il pas dans cette direction, en ne se présentant pas à l’élection tout en étant Directeur de la Fédé, comble du mélange des genres?

Doyez expose dans sa non-réponse biaisée à mon article toutes ses vérités nuageuses sur sa démission de Directeur. L’absence d’une lettre de démission de l’intéressé a été avérée par le secrétaire général de la Fédération qui ne l’a jamais vue. Toutes les postures de Doyez sur son changement d’orientation, en l’absence de démission, ne sont rien d’autre que ce qu’elles sont, des postures, voire une imposture. Les chiffres que j’avais avancé au sujet de son indemnité de licenciement, qu’il fustige, ne sont pas comme il dit des « fantasmes », mais des supputations basées sur son ancienneté, les lois et le niveau de ses émoluments. Et, si j’étais son représentant syndical, c’est ce que j’essaierais de lui obtenir.

Il se défend d’attendre de recevoir une telle somme. Or j’ai seulement supposé que pour trop de raisons financières – indemnités, chômage – Doyez ne donnera pas sa démission ! Il peut la donner, ce n’est pas mon problème, mais je n’y crois pas.

Doyez se donne l’air de répondre, mais il le fait systématiquement de côté; il dit ainsi mensongèrement que je lui ai refusé un droit de réponse. Il sait bien que c’est faux. Je n’ai jamais refusé aucun droit de réponse, aucun commentaire, sur mon site, pas plus à Louis qu’à Pierre ou Jacques (sauf les spams bien sûr) !

J’aimerais d’ailleurs avoir beaucoup plus de contradicteurs parce que je crois que parfois du débat jaillit la lumière.

Les faits: il m’a envoyé sur ma boîte mail un texte (d’ailleurs injurieux) et a exigé que je le passe. J’ai refusé d’effectuer cette manoeuvre à sa place et lui ai indiqué qu’il devait l’envoyer en commentaire sur le site Galaxie Natation, commentaire qui passerait de façon automatique, sans même d’ailleurs que j’en prenne connaissance, comme tous les autres commentaires. Il a refusé.

J’ai à disposition nos emails respectifs qui prouvent ce que j’avance là. Je crois avoir transféré, depuis la création de mon site une fois ou deux un texte de ma boîte mail vers les commentaires de Galaxie à la demande de Bruno Dencausse parce que son commentaire ne passait pas, peut-être aussi des points de vue de Quentin Muffat, d’Anna Santamans ou de Marie Wattel, parce que nous nous étions entendus d’avance sur la procédure.

Depuis l’ouverture de Galaxie, j’ai toujours laissé passer les commentaires défavorables, et n’en ai JAMAIS refusé ou effacé un seul.

Doyez a demandé aussi aux récipiendaires de son poulet de « résister à cette action destructrice » que serait une réponse à son texte, et donc de ne pas me communiquer sa lettre. Raté !

Ah! Une dernière chose: il parait que Doyez parle bien. Mais qu’est-ce qu’il écrit mal!

GREGORIO PALTRINERI ALLONGE SON REGISTRE DE… 8500 METRES

Eric LAHMY

Mercredi 15 Févier 2017

La Fédération Italienne de natation a envoyé l’inscription de Gregorio Paltrinieri aux 10 kilomètres d’Eilat, le 26 mars prochain, me signale G. Necker. Il s’agit de la première course de l’édition 2017 de la Coupe LEN d’eau libre (laquelle se conclura les 16 et 17 septembre à Bracciano, en Italie.

L’Italien, champion d’Europe 2014, du monde 2015 et olympique 2016 du 1500 mètres, et donc invaincu dans les grandes compétitions sur la distance du demi-fond long, mais limité en vitesse (il le cède ainsi largement, en Italie, devant Gabriele Detti, sur 400 mètres), est sans doute, en raison des particularités de son registre, le mieux à même de réaliser un formidable parcours sur les distances plus longues, 5 et 10 kilomètres. Plus peut-être qu’Oussama Mellouli, champion olympique tunisien sur 1500 mètres à Pékin en 2008 et 10 kilomètres à Londres en 2012. Si Paltrinieri insiste dans cette voie, sa présence va renforcer une équipe italienne d’eau libre de haute valeur dont le niveau équivaut plus ou moins à ceux des Pays-Bas, de France et des Etats-Unis d’Amérique. Cependant, on ne sait pas trop si Gregorio continuera dans cette vois, et, par exemple, se présentera aux autres étapes européennes (1er juillet à Barcelone (10 km); 5 août à Navia (7,5 km); date non arrêtée à Bled; 24 août à Copenhague et 16 et 17 septembre à Bracciano (5 et 10 km).

Paltrinieri a expliqué qu’il n’est pas un vrai débutant en eau libre : « Tenter les 10 kilomètres, a-t-il déclaré, est une idée que j’ai depuis longtemps. J’ai toujours eu la passion de la mer, depuis mon enfance, et avant de me présenter au centre fédéral d’Ostie, je disputais des épreuves autant en piscine qu’en mer. J’étais encore un enfant et je cherchais ma voie : je ne savais pas si je réussirais à devenir un nageur en piscine ou de fond. Aussi, jusqu’à 15 ou 16 ans, j’ai nagé dans les deux disciplines. Par mon transfert à Ostie, j’ai partagé le projet technique fédéral guidé par Stefano Morini et nous nous sommes concentrés sur 1500 mètres, surtout à la suite de la saison 2012, des Jeux de Londres. J’avais dix-sept ans, et il était juste que je me concentre sur les objectifs quadriennaux sans m’engager dans des choix imprudents. Je n’ai jamais abandonné l’idée du fond. Ce qui a alimenté mon goût a été aussi l’adoption de conditions de nage qui avaient ma préférence avec des plans d’eau pas trop agités. Maintenant, je crois que c’est le bon moment de commencer. Mon envie croît et j’ai grande envie de me tester. Certes continuer à me préparer sur 1500 mètres reste ma priorité première mais je ne veux rien exclure quant à la poursuite de ma carrière et certes nager des distances plus longues en compétition ne me fera pas de mal quand il s’agira d’affronter les courses en piscine. Ce 10.000 mètres d’Eilat, je l’ai choisi parce qu’il précèdera de douze jours le 1500 mètres des championnats d’Italie (qualificatifs pour les mondiaux de Budapest) : il s’agit du même laps de temps entre les mêmes courses aux championnats du monde (Budapest, en 2017). Il s’agira donc d’une simulation intéressante. Je suis curieux et enthousiaste mais j’ai aussi un peu d’anxiété. » L’équipe d’Italie est très forte, la concurrence aguerrie. Son entraîneur, Morini, lui, a mis l’accent sur les enseignements d’une telle course : « pour préparer le 1500 mètres, Gregorio nage 16 kilomètres par jour. C’est suffisant pour nager un 10 kilomètres » a-t-il expliqué, ajoutant que le but projeté cette saison est le 10 km des universiades, le 27 août à Taipeh. Il estime qu’il est trop tôt pour dire si Paltrinieri visera la distance aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020.

 

EVA RISZTOV, CHAMPIONNE OLYMPIQUE 2012 DE L’EAU LIBRE A LONDRES, LA RETRAITE A 31 ANS

Dimanche 12 Février 2017

La Hongroise Eva Risztov, championne olympique du 10 kilomètres à Londres en 2012, ne disputera pas les championnats du monde 2017, à Budapest, en juillet prochain, devant son public. Elle a en effet décidé de prendre sa retraite, à 31 ans, après une belle et longue carrière.

Risztov apparut, toute jeune, au détour du siècle dans une forte équipe de nageurs hongrois. En 2002, elle enleva ainsi quatre médailles d’argent aux championnats d’Europe de Berlin (400m, 800m, 200m papillon, 400m quatre nages). L’année suivante, elle finissait les mondiaux de Barcelone en triple médaillée d’argent (400m, 200 m papillon, 400 m quatre nages), et arrachait son premier titre de meilleure nageuse hongroise de la saison. A ces performances, il convient d’ajouter les titres européens en petit bassin glanés entre les éditions 2002 (400 et 800 mètres), 2003 200 papillon) et 2004 (400 m quatre nages).

Eva Risztov, une grande fille à la fois assez mince et solide de 1,73m pour 64 kg, née le 30 août 1985 à  Hódmezővásárhely, Csongrád, affiliéee au Spartacus Sport Club de Budapest

4e du 400 mètres quatre nages et 8e du 200 mètres papillon des Jeux d’Athènes en 2004, Risztov annonça l’année qui suivit qu’elle prenait sa retraite au tendre page de 19 ans. Mais quatre années plus tard, elle reprenait le chemin des entraînements et tentait sa chance en eau libre. Une seconde carrière s’ouvrait à elle, qui culminait avec le titre des 10 kilomètres aux Jeux de Londres, où elle devançait de quatre centièmes l’Américaine Haley Anderson, après avoir nagé sur 400 mètres (16e) et 800 mètres (13e). Elle avait été aussi fini 7e du 10 km européen en 2010, été médaillée (2e du 1500m, 3e du 800 m) aux Européens en 2012, à Debrecen, et obtint l’argent des 10 kilomètres à Berlin derrière Sharon Van Rouwendaal.

Elle acheva sa carrière par une 13e place aux Jeux de Rio.

“A 31 ans, vous devez comprendre qu’il est temps de dire au revoir. Je sens que je ne puis rien offrir d’autre à mon sport, et il vaut mieux que je commence le prochain chapitre et démarre ma vie civile », a-t-elle déclaré. Elle entend lancer une nouvelle carrière dans la division sport d’une agence de « talents », TMC. E.L.

SAMEDI 25, ÉLECTIONS EN ÎLE-DE-FRANCE : LES BOUTS DE FICELLE DE FRANCIS L. NE DEVRAIENT NI LIGOTER, NI « ALIGOTER » LE RÔTI FRANCILIEN

A LA RESCOUSSE DU CHEF, LOUIS-FRÉDÉRIC DOYEZ DEVRAIT S’EN PRENDRE UNE BONNE

Éric LAHMY

Dimanche 12 février 2017

NOUS AVONS VU AVANT-HIER COMMENT DES ÉLÉMENTS INTRINSÈQUES À LA SITUATION ET UN CERTAIN NOMBRE DE MANŒUVRES LUYCIFÉRIENNES ONT PERMIS À UN HOMME SANS QUALITÉS, DENIS PERRET, DE DEVANCER LE PREMIER DE LA CLASSE, DENIS CADON, A L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉGION AUVERGNE-RHÔNE-ALPES. APRÈS LE SUCCÈS DE DANIEL PLANCHE EN BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ, LES ÉVÉNEMENTS SEMBLAIENT FAVORISER L’ACTUEL ET SEMPITERNEL PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION.

 Ce samedi 11, à Nancy, le Grand Est, en revanche, est revenu aux réformateurs du sport. Un certain suspense demeure au sujet de l’élection, samedi 18, de la Libournaise Hélène Tachet des Combes, que Luyce voue aux gémonies (c’est vrai, elle bosse, c’est mal vu), et pour qui, en fin de semaine, ce n’est pas gagné (mais pas perdu non plus – suspense)…

Mais le gros morceau, le 25, c’est l’Île-de-France, et il n’est pas interdit de penser que Francis LUYCE tente un coup fumant dont il espère que le dindon de la farce sera l’actuel président de la région la plus peuplée, Jean-Jacques BEURRIER…BEURRIER, qui se représente, a-t-il commis un faux pas le week-end passé, snobant le meeting parisien du SFOC, à Courbevoie (club avec lequel, nous dit-on, il n’a pas réussi à établir de bonnes relations), pour assister à celui de Nice ? Allez savoir. Lui-même s’en défend. Il n’a jamais désespéré d’associer le SFOC au plan de développement régional des clubs, explique-t-il, mais n’a jamais pu obtenir d’eux la condition sine qua non, de licencier tous leurs nageurs.

Mais voilà, BEURRIER a en quelque sorte laissé le terrain à… Francis LUYCE, qui, lui, ne lâche jamais de vue l’idée fixe de son élection, qui fait l’essentiel de sa vie cérébrale. Il a donc pu avancer quelques pions en l’absence du président de région. Il s’agit là d’une première : jamais, en 24 ans de règne à la fédération, LUYCE, qui s’est toujours présenté comme un représentant de la province contre Paris, n’a daigné assister à un meeting de natation francilien. Qui plus est, lui-même a imposé un règlement liant la labellisation du club à l’organisation de meetings nationaux ; labellisation qui a condamné le meeting de Courbevoie à être étiqueté régional. Il a donc préféré se montrer à un meeting régional, aux dépens d’un autre d’ampleur nationale : belle modestie.

Bien entendu, il est très difficile de dire ce que LUYCE pourra faire pour contrer BEURRIER, qui est solidement implanté, mais nul doute qu’il a travaillé d’arrache-pied à l’apparition d’un opposant à l’actuel président de région.

L’arme fatale sur qui LUYCE compte n’est autre que son directeur général, Louis-Frédéric DOYEZ. Ce personnage ambigu répond assez exactement à la définition du politique par Coluche, « cinq ans de droit, tout le reste de travers ».

A la Fédé, c’est bien simple, on appelle DOYEZ l’âme damnée de LUYCE. Le truc de ces deux répond d’ailleurs assez bien à une autre définition caustique de Coluche : « Luyce et Doyez, y en a un qui coupe les oignons et l’autre qui pleure. »

Une de ses particularités (assez récente) est de jouer à l’homme courageux et indépendant, par exemple sur son site Facebook, alors qu’il a accompagné pendant seize ans, jugulaire-jugulaire, Luyce dans ses manœuvres. A plusieurs reprises, il a ouvert en larbin de luxe du président, la voie qu’empruntait son maître, lors des réunions, à coups de fatwas pseudo-juridiques pour museler ceux qui tentaient de se mettre en travers de son chemin.

Mais ce n’est pas tout, il a une très haute opinion de sa personne, et je tiens à disposition un mail où il qualifiait son parcours fédéral de christique !

L’ART DE VOLER UN MEETING A SES INVENTEURS

Une belle embrouille de ces Croquignol et Filochard de la natation a été opérée lors de la nomination de l’actuel directeur technique national. Quand, après des mois de réunions du bureau directeur et d’atermoiements, LUYCE refusa la demande de l’ensemble du bureau d’ouvrir la course à la DTN à d’autres concurrents que les trois finalistes encore en lice, et désigna d’autorité Jacques FAVRE, DOYEZ rappela opportunément l’article du code du sport qui donnait le pouvoir de nomination du DTN au seul président.

Mais l’itinéraire suivi pendant des mois, l’épuisante série de réunions, de débats, de convocations des candidats, à laquelle le dit bureau avait été astreint, prouvait que LUYCE avait abandonné cette prérogative à son bureau. Lui arracher subitement ce privilège après tant d’efforts avait même quelque chose d’insultant.

DOYEZ eut moins de chance quand il tenta, plus récemment, de faire passer la réforme, tant voulue par LUYCE, du mode d’élection au scrutin de liste.

Il y a de l’anguille – mais une anguille aux yeux clairs, qui la joue sympa – chez DOYEZ. Il n’aime rien tant qu’étaler en comités réduits dans des cénacles restreints ses désaccords avec le président avant de revenir toujours frétillant aux pieds du chef au moindre appel.

Il m’avait d’emblée frappé par sa droiture, quand, en 2014, alors que nous échangions par mails dans une conversation qu’il avait initiée, il écrivait au ministère des sports pour tenter de faire interdire Galaxie Natation.

Un gentleman !

La même intransigeante honnêteté a transparu quand il lança la « Fluctuat », cette belle épreuve de nage en Seine, qui vaut aujourd’hui à la Fédération un procès que lui ont intenté Stephan CARON et Laurent NEUVILLE. Le concept leur appartenait, vu qu’ils l’avaient créé, et proposé à la Fédération. C’était, de leur part, faire montre d’une belle fidélité à l’institution fédérale à laquelle ils se sentaient attachés. DOYEZ malmena leur idée devant le comité directeur de la façon la plus péjorative, la discréditant, la présentant comme le projet de deux gugusses irresponsables, deux écervelés promis à un naufrage !

Ce grand visionnaire avait oublié de dire que Stéphan CARON, financier international, travaillait à Londres sur des budgets qui dépassaient de quelques coudées celui de la FFN et qu’il avait su organiser à Singapour un gros meeting international. Le prestige de CARON, l’un des plus grands champions de natation français du siècle, ainsi que son carnet d’adresse, pouvaient à eux seuls lui permettre de réussir son coup.

Cornaquée par ce visionnaire de DOYEZ, la Fédération avait refusé de s’associer à l’idée, de quelque façon que ce soit, ou même de l’appuyer. CARON et  NEUVILLE organisèrent donc, seuls, leur événement et… obtinrent un beau succès.

Dès lors, le couple LUYCE-DOYEZ n’eut eu de cesse de leur casser les reins, les court-circuitant auprès de la mairie de Paris et, disons le mot, leur volant le projet. LUYCE ordonna ou couvrit cette maraude, DOYEZ la pilota sans états d’âme en compagnie d’un autre phénix fédéral, Dominique BAHON. Lequel, bombardé responsable du Fluctuat, vanta à l’occasion sans vergogne aucune cette « preuve du savoir-faire fédéral. »

Savoir-faire en termes de rapines, j’imagine ?

Ce beau geste de fair-play, qui plus est, atteignait deux anciens champions, amoureux du sport, dont le plus capé, CARON, avait ramené deux médailles de bronze olympique et une d’argent mondial, des titres européens, sauvé l’honneur, pendant dix ans, conjointement avec Catherine PLEWINSKI, de la natation française et de sa fédération, tandis que le second, NEUVILLE, qui vit la natation depuis toujours avec une ferveur beaucoup moins bien payée que celle de LUYCE-DOYEZ, était en outre le conjoint de la directrice adjointe de la natation synchronisée et membre d’une commission fédérale.

Nous pourrions appeler ça : petits meurtres en famille…

Mais il est vrai, la fédération style Francis LUYCE est tellement soucieuse de la réussite de ses champions qu’elle ne va pas en plus les aider à monter un projet qui sert le sport.

Je pourrais évoquer ainsi pendant des heures ce merveilleux personnage, mais il est temps d’en revenir à l’élection, sans d’ailleurs le quitter. Depuis quelques mois, DOYEZ joue un jeu assez peu lisible. Peu de temps après les Jeux olympiques de Rio, il rédige une lettre critique de la gestion de Luyce et envoie ce courrier à quelques personnalités – dirigeants, entraîneurs – de la natation choisies par lui. Luyce ne parait pas trop s’émouvoir de ce texte, lui qui aime tant ne voir qu’une tête. A croire que le président est dans le coup… Ou peut-être a-t-il tellement besoin des services de son directeur qu’il accepte ses foucades ?

L’HOMME QUI N’A PEUR DE PERSONNE

Ceux qui reçoivent sa missive croient comprendre que DOYEZ démissionne. Je l’annonce dans Galaxie. DOYEZ se montre affecté par cette « interprétation »… Il n’a pas voulu dire ça, seulement déverser son trop plein d’états d’âme, dit-il.

… Même complicité, en fin d’année, entre LUYCE et DOYEZ quand celui-ci se voit recadré par Gilles SEZIONALE au sujet d’un travail juridique que le vice-président juge malencontreux. De quoi s’agit-il ? Du contrat que DOYEZ a proposé, qui devra lier la Fédération à Fred VERGNOUX. SEZIONALE, comme son rôle de président délégué l’autorise, lui demande de revoir sa copie. Il se souvient que VERGNOUX avait intenté un procès au Lagardère quand le club avait rompu son contrat ; aussi suggère-t-il de mieux « blinder » l’accord pour mettre la fédé à l’abri de certaines surprises… DOYEZ s’insurge : comment ça, on ose remettre en cause sa compétence ! Il se paie un pétage de câble luyciférien : à force de les subir, a-t-il pris les manières de son maître ?

Pour mieux souligner son ire, il envoie un mail railleur, insultant à ce SEZIONALE qui a osé récuser la qualité de son travail ! Le président de la Côte d’Azur n’aime pas le ton, exige des excuses.

Là, cet étrange directeur général, sur son site Facebook, bombe le torse, joue les fiers à bras, les indépendants, les rebelles sur les bords, se met en scène, se donne des attitudes. Même pas peur !

Ayant fait la preuve jouée de son courage inoxydable, DOYEZ annonce peu après, à grand fracas, sa prochaine démission. Spontanément, quand il clame sa décision, lors d’une réunion des vœux de la Fédération, l’assemblée (dirigeants, personnel, techniciens) applaudit (on ne saura jamais si elle salue l’homme ou se félicite de son départ, mais nous sommes quelques-uns à avoir notre idée là-dessus).

Il m’envoie par mail la nouvelle de son prochain départ, et laisse croire un peu partout que les chasseurs de têtes ont repéré de loin cet administrateur d’élite qu’il se trouve être.

Mais cette bruyante démonstration pourrait n’être qu’une opération de diversion, et le signe d’une connivence forte avec Luyce, lequel pleure presque le départ de son cher et tendre.

DÉMISSION, PIÈGE À CONS

Mais quel départ ? DOYEZ A EU BEAU MULTIPLIER LES SIMAGRÉES, IL N’A JAMAIS ENVOYÉ LA MOINDRE LETTRE DE DÉMISSION A LA FÉDÉRATION. Il a alerté verbalement un peu tout le monde à la fédé, m’a fait partager l’information (c’est bien la première et la dernière qu’il ne m’aura jamais donnée, et elle est fausse!), mais SON DÉPART RESTE, À L’HEURE OU J’ÉCRIS, SOIT UN VAGUE PROJET, SOIT PLUS VRAISEMBLABLEMENT UNE PURE ET SIMPLE FICTION, un effet classique d’annonce qui n’engage que ceux qui y croient. Pourquoi cela ? On peut y voir l’ébauche d’une manœuvre…

En clamant qu’il s’en va, DOYEZ se donne quatre mois avant de démissionner. Mais il lui suffira d’une minute, le 2 avril, pour se rétracter ! Pourquoi partirait-il volontairement de la Fédération ? L’opposition ne veut pas de lui ? Il serait bien bête de ne pas attendre qu’elle le vire. Pourquoi ? Parce que, bien entendu, son ancienneté et ses émoluments actuels, lui permettraient de rafler dans les cent mille euros de primes de licenciement. Je connais peu d’employés qui se passeraient de cette somme, et DOYEZ moins qu’un autre. L’idée qu’il démissionne, vue ainsi, parait presque risible.

Cela dit, j’attends avec impatience d’être démenti par les faits, par exemple dans la journée du 2 avril. Mais le plus tôt serait le mieux…

Alors, une manœuvre. Mais pourquoi ? Ce samedi 25 février, se jouent les élections en Île-de-France. Et DOYEZ s’y présente. Sa pseudo-démission lui permettrait presque de s’y exhiber en tant qu’opposant de Luyce, ou du moins que bénévole réformateur sans attaches, zélé, au secours de son sport préféré…

COMMENT MONTER UN CHEVAL DE TROIE EN ETANT QUATRE OU SIX

Après tout, il peut bien essayer de nous le faire croire. Quels que soient ses tours, son expérience, si l’on n’y regarde pas de trop près, plaide pour lui, son désir d’ « aider » pourrait être bienvenu. En face de ce beau mouvement de générosité apparente, que penser ? Doyez est-il, à la demande de Francis LUYCE, en train d’œuvrer en sous-main afin de susciter une opposition à Jean-Jacques BEURRIER, le président sortant de l’Île-de-France, qui affiche désormais clairement et sans ambiguïté son adhésion à Sezionale ?

D’un autre côté, DOYEZ ne s’apprête-t-il pas à trahir LUYCE et se positionner du côté de BEURRIER (et de l’ombre portée par SEZIONALE) ? C’est l’idée qu’il voudrait imprimer dans les esprits. Il pourrait aussi, s’il était élu au Comité directeur d’Île-de-France (rien n’est moins sûr), se contenter de jouer sa carte personnelle sans trop s’engager. D’ailleurs, son statut d’employé de la Fédération l’empêchera de se présenter au niveau fédéral…

Mais ce n’est pas si simple. D’abord, il n’arrive pas seul. Certaines candidatures (les dernières devraient atterrir lundi matin au siège du comité), ont plongé ceux qui en ont pris connaissance dans la perplexité. Il s’agit de personnes qui ne s’étaient jusqu’ici jamais manifestées dans ce cadre de la vie régionale, comme le président du SFOC, ou encore Philippe GESLAND, un entraîneur de masters du SFOC et de quelques autres clubs de la région parisienne, ou d’une nageuse masters du SFOC, Marie-Louise (Malou) VU VAN. Que des gens de Courbevoie, un club, on l’a dit, en délicatesse avec BEURRIER, et où LUYCE a fait son marché pendant deux journées la semaine passée. Vous avez dit bizarre ?

DOYEZ, donc, ne se contente pas de se présenter : il a monté une équipe avec l’aide du chef suprême. Pas seulement une équipe : un cheval de Troie…

Cheval de Troie dont l’entrée dans la place a été facilitée parce qu’en Île-de-France, il suffit d’être à jour de licence pour se porter candidat, sans obligation d’ancienneté (alors qu’il faut trois années d’appartenance à la fédé pour se présenter dans d’autres régions).

DOYEZ, LUYCE l’a déjà récompensé. Il l’a envoyé assister en Amérique du Sud à une compétition d’eau libre du cirque FINA. Il n’avait rien à y faire, mais que voulez-vous, c’est aux frais de la Fédé…

L’autre volet du plan LUYCE pour parvenir à ses fins en Île-de-France s’appelle Raymonde DEMARLE. On l’a vu dans notre article précédent, LUYCE l’a convaincue de s’attacher à son destin. DEMARLE y croit d’autant plus qu’elle est une groupie du président, qui lui a obtenu l’an passé je ne sais quel ruban. Pâmée de reconnaissance, elle se rendra à l’élection, prête à ferrailler pour le grand homme du Nord. Bien entendu, cette gentille personne ne part pas avec les faveurs des pronostics en face de BEURRIER, lequel parait solidement implanté. LUYCE avait auparavant sollicité une « foultitude » de candidats potentiels, tirés ou non de son Comité directeur, à mettre entre les pattes de BEURRIER pour lui faire mordre la poussière : Patrick FRADET (actuel président délégué de l’IdF, président de la commission informatique de la FFN), Evelyne CIRIEGI (secrétaire adjointe de l’IdF), Laurent VIQUERAT (président du RCF). Tous se sont récusés : CIRIEGI, membre du comité directeur de la Fédé entre 2008 et 2012, a d’autres fers au feu, étant aujourd’hui la présidente du Comité régional olympique et sportif de l’Île-de-France, n’était pas intéressée pour cette raison ; FRADET, qui ne semble pas affectionner les trahisons, n’a pas paru se passionner pour l’aventure. Et VIQUERAT estimait avoir une tâche suffisante dans son job de kinésithérapeute ; par ailleurs, VIQUERAT se situe dans le camp de SEZIONALE et la proposition de LUYCE constituait une assez grossière manœuvre du Phare Dunkerquois pour l’attirer dans son camp.

Au bout du compte, LUYCE a donc dû se contenter de « Raymonde », et c’est en raison de la faiblesse de l’argument qu’elle représente qu’il a envoyé DOYEZ avec sa tchatche d’avocat à la rescousse.

Mais, on l’a dit, il serait étonnant que BEURRIER se fasse surprendre. Aucune importance, car le plan B du groupe luyciférien consiste à envoyer SES délégués à l’élection présidentielle. Dans l’idéal, pour eux, cela serait DEMARLE, DOYEZ et, disons, GESLAND. De vous à moi, il va avoir du mal à imposer ses choix!

Malheureusement pour cet argumenteur, l’équipe d’en face s’est vue renforcer in extremis de quelques solides dialecticiens, délégués semble-t-il par SEZIONALE lui-même, et dont les rayons de morsure pourraient occasionner des dégâts. Ainsi Laurent NEUVILLE, animé par des intentions rien moins qu’amicales vis-à-vis de DOYEZ pour les raisons évoquées plus haut ; ou un autre Laurent, VIQUERAT, lequel sait donner de la voix, sans oublier le formidable Guy CANZANO, 87 ans, à la fois mémoire vivante et gage moral de la natation française, accompagné de son épouse. DOYEZ prétend n’avoir peur de personne. Peut-être. Mais en face de ce « bataillon sacré » qui va entourer samedi 25 BEURRIER, il risque d’avoir plus de mal que de peur.

DAVID WAGNER PREMIER PRÉSIDENT DU GRAND EST

UNE ÉLECTION SANS HEURTS NI HORTER

Éric LAHMY

Samedi 11 Février2017

David WAGNER, jusqu’ici président du comité de Loraine, a été élu par 76,34% des voix, président de la nouvelle région du Grand Est, née de la fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardennes..

L’élection s’est déroulée aujourd’hui à la maison régionale des sports de Lorraine, à Tomblaine, près Nancy, sans autre incident qu’un petit retard occasionné par un accident de circulation qui avait entravé le déplacement de Champenois. On enregistrait la présence de 82 clubs sur les 112 que compte la grande région. Le vote électronique a facilité et surtout hâté les choses, et après avoir voté les statuts de la région (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes) par 99% des votes, l’élection au comité directeur s’est tenu sans anicroche.

David WAGNER a été finalement élu président avec 384 voix (76,34%) pour, 94 voix contre (18,69%) et 25 bulletins nuls (4,97%).

L’événement a sans doute été l’élimination de tous les candidats du Haut-Rhin liés aux HORTER (Marie-Octavie HORTER, Marie-Pierre WIRTH, Laurent HORTER, etc.). Aucun d’entre eux n’a donc recueilli assez de suffrages pour entrer au comité directeur. Une première, qui illustre en quelque sorte les raisons pour lesquelles Laurent HORTER était si fortement opposé à la création de la nouvelle région, qu’il ne pouvait maîtriser.

Les consignes de vote en vue d’éliminer les Horter, dont l’égocentrisme tribal est très redouté, ont été scrupuleusement respectées.

Il n’est pas interdit de penser que les tracas ne font que commencer pour le clan. Une motion de défiance a été, d’emblée, déposée au sujet de la gestion et les comptes du comité d’Alsace, présidé depuis des décennies par Laurent HORTER. Un audit a été immédiatement commandé et un expert-comptable a été commissionné.

On ne peut certes savoir ce qu’il trouvera. Il suffira de dire que les HORTER géraient l’Alsace, à l’égal de Mulhouse, comme une « affaire de famille ». On y trouvait ainsi Laurent, président (et responsable administratif de l’ERFAN), Marie-Octavie, son épouse, secrétaire générale, Marie-Pierre Wirth, son ex-belle fille, trésorière adjointe et Lionel, son fils, membre du bureau. Il ne manquait que Pénélope.  

LES VOTES

ALSACE.- Nicolas JAEGER, 442 voix ; Ludovic BAVIERE, 431 voix ; Nathalie BISCH, 395 voix ; Cédric VALENTAK, 373 voix ; Isabelle CLAVERIE, 365 voix ; Stéphane METZGER, 357 voix ; Julien ERNEWEIN, 335 voix ; Stéphane PUCHOL, 330 voix ; Lionel MULLER, 329 voix.

Marie-Octavie HORTER, 144 voix ; Marie-Pierre WIRTH, 140 voix ; Jean-Claude GANGLER, 130 voix ; Laurent HORTER, 128 voix ; Mustapha ESSANAI, 121 voix ; Francine LAUBIN, 114 voix ; Daniel KESSLER, 102 voix ; Frédéric ROHRBACH, 60 voix.  

LORRAINE.- Viviane CHARABIAS, 450 voix ; Gilles VOLPATO, 441 voix ; Agnès FORT, 428 voix ; Michel CHEVALIER, 425 voix ; David WAGNER, 423 voix ; Xavier ASSFELD, 420 voix ; Laure GAUTHREAU, 414 voix ; Jean-Michel MATHI, 413 voix ; Jean-Christophe WERLE, 410 voix.

CHAMPAGNE.- Michel BAILLON, 442 voix ; Guy SABATIER, 433 voix ; Sandrine PIERRE, 408 voix ; Yves SEGUIN, 375 voix ; Etienne IENNY, 344 voix ; Dominique BONNARD, 229 voix ; Géraldine DOCQUIN-PEROTIN, 191 voix ; Jean-Pierre CANON, 151 voix.

TOUJOURS DIABOLIQUE, LUYCIFER NE CESSE DE TISSER SA TOILE

Éric LAHMY

Vendredi 10 février 2017

Ceux qui croient que le temps de Francis Luyce président de la Fédération s’achève (enfin) – groupe dont je fais partie par éclipses –  et qu’après vingt-quatre années de règne, le hiérarque de Pantin est prêt à jeter l’éponge, se tromperaient-ils? Luyce s’est fait appeler Louis XIV, mais en l’occurrence, il évoquerait plutôt Louis XI – « l’universelle aragne » – de par sa façon de tisser inlassablement la toile où se font prendre ceux qui croient en avoir fini avec lui.

Si Luyce a emprunté récemment un profil bas, et si les témoins, ces derniers mois, décrivent un chef « atone », asthénique, et prêt à rendre son tablier, il convient de ne pas oublier que l’homme vise haut dans l’exercice du coup bas, et que son absence de vision, son ignorance crasse de gestionnaire, sa carence consommée de leadership, son talent à s’entourer de lèche-bottes et de bras cassés, se doublent d’un redoutable sens de la stratégie dès qu’il s’agit de rassasier son appétit de prestige et de pouvoir. Six mois avant une élection, ce nain se transforme en géant…

Les élections successives de deux de ses féaux ou sympathisants, Daniel Planche (Bourgogne-Franche-Comté) il y a dix jours, et Denis Perret (ligue Auvergne-Rhône-Alpes) ce week-end passé, qui ont enlevé les deux régions en question, semblent avoir singulièrement conforté ses positions. Ces incidents de parcours devraient rappeler aux optimistes de l’opposition, placée sous la bannière de Gilles Sezionale, que Luyce, en coma dépassé quand il s’agit de crédibilité sportive, a conservé une bonne partie de son implantation dans le tissu fédéral et n’a rien perdu de ses capacités manœuvrières.

L’on pouvait croire, il y a dix jours encore, qu’un boulevard s’ouvrait pour une présidence Gilles Sezionale, mais l’affaire apparait désormais beaucoup plus incertaine. Cela n’a pas manqué d’étonner, même si, en réalité, tout le monde estimait que ces régions n’étaient pas gagnées d’avance.

Ce qui aide Luyce, c’est son talent à s’être fait une garde rapprochée où voisinent de superbes andouilles de Vire et de non moins admirables Pieds Nickelés. Il y puise des serviteurs dévoués… Il y a aussi que, non content, à l’instar de certains profils d’Audiard qui « osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnait », de passer en force où d’autres n’oseraient pas, Luyce ne se lasse pas d’utiliser les tempéraments d’hilotes qu’au fond il méprise tout en les cajolant, afin de tenir sa  boutique.

On nous conte ainsi qu’il a très récemment reçu dans son bureau Raymonde Demarle, au moins douze années de comité directeur, où elle occupe aujourd’hui une fonction de secrétaire générale adjointe, et qui se présente comme une vraie bosseuse, pétrie d’abnégation. Il ne l’a jamais trop calculée, avec cette muflerie misogyne que tout un chacun lui reconnait vu qu’elle le caractérise si bien. Mais voilà que ce jour-là, moins condescendant que d’habitude, il lui a demandé de l’aider à conserver son pouvoir, sans doute avec quelques trémolos dans la voix. Cette brave dame, toute ébaubie d’avoir été désignée et appelée à la rescousse par le grand homme, seul, selon elle en mesure de diriger la fédé, s’est trouvée une mission sacrée d’épauler ce cher président. Sa passion de secourir Luyce est activée par le fait que le propre fils de Raymonde, Alexandre, est employé par la Fédération au titre de « préparateur physique et physiologiste » !

En ces temps cyniques, la naïveté, activée par un sens bien compris de son intérêt personnel, parait toujours disposer d’un bel avenir.

Pour Luyce, on le voit, un bienfait n’est jamais perdu.

UNE DISTRIBUTION DE SUCETTES VIENT À BOUT DU BRAINSTORMING D’EN FACE

Mais revenons aux deux régions contestées gagnées par des dirigeants ouvertement pro-Luyce. Que s’y est-il passé ? Nous avons évoqué récemment l’élection de Daniel Planche en Bourgogne-Franche-Comté.

Dans l’Auvergne-Rhône-Alpes, pendant que Denis Cadon, homme dont la stature – référent juges et arbitres et des relations internationales, président de la commission des juges et arbitres, membre de l’importante commission de développement de la natation course – pourrait en imposer dans le monde fédéral, mais aussi, dans le civil – en raison d’un joli parcours à EDF et ERDF (directeur régional d’ENEDIS, ex-ERDF) –, pendant, dis-je, que Cadon imaginait depuis des mois un plan ambitieux pour la natation dans sa région et en France, il se faisait doubler sur le fil par un autre Denis, Perret, enseignant d’éducation physique, personnage rond, mais passablement éloigné de l’idée qu’on se fait d’un responsable, et dont on assure qu’on attend toujours UNE idée.

Perret est réputé ne s’être pas fait remarquer une seule fois pendant des années, si ce n’est en-dehors de son application à suivre le capo mafia, de n’avancer aucune suggestion, aucun argument sur rien et de rire bruyamment, en réunion, aux inévitables blagues salaces dont Francis Luyce truffe son discours.

Dans sa région, il faut certes admettre qu’il a travaillé assez aveuglément, suivant les préceptes luycifériens, à licencier à tour de bras tous les nageurs de son club et de la région du Lyonnais. Est-ce que cela doit être toute la politique fédérale ? Perret, homme de terrain, a comme autre défaut de ne rien trop partager, mais on accuse Cadon d’être un peu comme cela aussi. Il parait que les clubs lyonnais se sentaient un peu exclus en entendant Cadon mettre en avant son équipe (dont ils auraient eu l’impression de ne pas être). Tout cela est bien compliqué!

Si Cadon, par inclination, tentait (seul en France) avec les amis de son groupe, d’élever la réflexion, « pour soutenir nos clubs, développer la région et lui permettre de tenir sa place », Perret, lui, avançait au ras du terreau. Il avait ainsi, en juillet, à quelques mois de l’élection de la nouvelle région, ristourné à hauteur de 3€ par licence les clubs de sa région. Coût de l’opération, 61.000 Euros pour le comité. Voilà qui ne vaut sans doute pas un clou en termes de politique fédérale et ne nécessite guère de disposer d’un cerveau d’acier pour être décidé. Mais parfois, pour se faire élire, une distribution de sucettes surpasse tous les programmes : il est bon, en période électorale, de plaire aux clubs en leur rendant un peu de leur argent.

Cadon, de son côté, n’a-t-il pas suffisamment mesuré le côté stratégique de l’enjeu, n’a-t-il pas vu venir certaines critiques de ceux qui le trouvaient trop personnel dans sa démarche ? Des « retours » assez négatifs, concernant certains aspects de son action, auraient été signalés depuis sa base auvergnate. Il ne les aurait pas assez pris en compte. Mais ce sont certes des erreurs qu’on voit a posteriori.

SORTIR L’AUVERGNE DU ROUGE ET Y LAISSER DES PLUMES

Il faut certes tenir compte du fait qu’il avait hérité la présidence de l’Auvergne d’un redoutable personnage, Patrick Monego, qui préside toujours aujourd’hui Lempdes natation, et qui avait laissé les affaires dans une situation désastreuse…

Henri Sérandour, quand il était président de la Fédération, aurait exclu Monego du corps des CTR, mais le paroissien était revenu à la Fédé comme dirigeant par la grâce de Francis Luyce dont il devint même le président délégué lors de sa première élection. Démissionnaire de tous ses mandats en 1997, à la veille des mondiaux de Perth, il fut élu au Comité d’Auvergne en 2004, et conduit ensuite à la démission par les clubs suite à une gestion calamiteuse (et douteuse).

Cette mandature de Monego à la tête de l’entité, avait formidablement plombé celle-ci. À l’aide d’un trésorier indélicat, Jacques Peureux, il avait bien vécu sur le dos de la bête. À l’arrivée de Cadon à la présidence de région, il fallut effectuer un audit des dégâts, énormes au regard de la modestie de la cellule ; les commandements d’huissier pour dettes s’accumulaient ; les dettes vis-à-vis de l’URSSAF s’élevaient à 43.323€; 8.952€ de salaires n’avaient pas été honorés ; un véhicule de location, abandonné (!) à Bourges, avait conduit à une perte de 5.652€ de loyers, plus 816€ d’assurances. Le club de Lempdes, dont Monego était le président, n’avait pas remboursé 9.264€ de loyers mensuels d’un véhicule mis à la disposition du Comité régional tandis que deux véhicules neufs, d’une valeur de 25.000€ avaient été commandés par Monego sans avis du comité directeur, et livrés. Une dette de 25.000€ trainait vis-à-vis des comités régionaux. Des flux financiers douteux avaient été repérés entre le comité régional, le club de Lempdes et le club de Thiers, présidé par Jacques Peureux (depuis condamné pour comptes falsifiés) ; s’ajoutaient des contrats de travail non conformes, une condamnation aux prudhommes à payer 8.000€, un prêt de 10.000€ au comité, de la part de Monego, sans en informer le comité directeur…

Du fait de ce grand n’importe quoi, les budgets 2011 et 2012 avaient été rejetés par les clubs auvergnats, tandis qu’un audit financier réalisé par la FFN concluait à la non-sincérité des comptes du comité régional. 

Sortir l’Auvergne de tels décombres ne fut pas une sinécure… En quatre ans de gestion Cadon au cordeau, le résultat de l’Auvergne passait de – 47.000€ à +108.000€. Un effort méritoire qui ne semble pas avoir valu un surcroit de popularité à Cadon, mais qui, pourtant, aurait mérité d’être apprécié à sa valeur.

Comme Luyce n’hésite pas sur la qualité de ses gens, c’est donc ce Monego qu’il reçut en milieu d’année passée en compagnie de Dominique DELCHET et Juliette PUMAIN pour « préparer » l’élection à la ligue Auvergne Rhône Alpes… Ce trio n’alla pas très loin, et ne fut pas élu, mais il n’en avait pas moins été mandé par Francis pour embrouiller l’élection…

Au bout de tout ça, ni Cadon ni Perret ne surent provoquer un grand mouvement en leur faveur. Perret a été seulement élu en 7e position au Comité avec 503 voix, Cadon 13e avec 453 voix (sur 840 votes exprimés).

CADON TRÉBUCHE SUR L’ABSENCE D’UN PLAN « B »

Quand il fallut élire le président. Denis Cadon, présenté en premier par le bureau… fut rejeté par 53% des voix, représentant 39% des clubs ; son équipe s’aperçut un peu tard que, majoritaire dans le bureau, Cadon ne l’était pas en assemblée ; Perret fut donc lancé ensuite dans l’arène. Certains éléments jouèrent en sa faveur ; après des heures de débats, la fatigue s’emparait des présents qui ne comprenaient pas les enjeux et ne voyaient là qu’un duel d’égos; quelques-uns (ainsi les Lyonnais) vidèrent les lieux avant le vote ; au bout du compte, Perret recueillit 55% des voix… représentant 42% des clubs, et enleva le morceau. D’une certaine façon, tous deux étaient quelque part minoritaires, mais Perret n’en avait pas moins gagné la partie.

Cadon et les siens ont-ils mal joué ? C’est ce que prétendent quelques observateurs que j’ai interrogé. Mal élu au Comité directeur, il aurait dû, estiment-ils, sentir le danger et lancer quelqu’un de son groupe. Nul n’était mieux placé, pensent d’aucuns, que Jean-Luc Manaudou (le père de Laure et Florent), dirigeant apprécié, prestigieux par son seul nom, n’ayant pas d’ennemis, qui avait été élu au Comité directeur au premier tour avec 652 voix, 149 de plus que Perret et 199 de plus que Cadon ! D’autres en pinçaient pour Sami Cheikh. Quoiqu’il en soit, « leur tort était de n’avoir pas de plan B, » conviennent les observateurs.

Alors, est-ce tout bénéfice pour Francis Luyce, et la région ayant élevé à sa tête un disciple du Nordiste, votera-t-elle comme un seul homme en sa faveur, le 2 avril prochain ? Rien n’est moins assuré, car, accompagnant Perret, c’est Jean-Luc Manaudou et Sami Cheikh qui voteront au nom de la nouvelle région. Deux hommes qui, m’assure-t-on, devraient préférer Sezionale à Luyce…

Ce qui est perdu pour l’opposition est perdu, et gagné par le clan Luyce. Il reste quelques régions… Ainsi, Jimmy Persigant, luyciférien président du Poitou-Charentes, s’oppose à l’Aquitaine Hélène Taschet des Combes. Match incertain. D’un autre côté, dans l’Est, l’affaire est mal emmanchée pour les Horter qui, pour la première fois depuis un tiers de siècle, ont trouvé à qui parler. Mais c’est en Île-de-France que va se jouer la partie la plus périlleuse pour les deux camps. Selon plus d’un observateur, vu qu’à force de perdre des batailles, on finit par perdre la guerre, « si l’Île-de-France tombe du côté de Luyce, alors celui-ci sera réélu pour la septième fois président de la Fédération début avril. » Or le Nordiste a dépêché dans la région parisienne un de ses collaborateurs les plus efficaces, fakir expert en torsions en tout genre et son âme damnée : le directeur général de la Fédération. Avec pour mission d’enfumer et déstabiliser l’actuel président-candidat, Jean-Jacques Beurrier.

(à suivre : Combines luycifériennes autour de l’Île-de-France).