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LE NEUVIÈME CANDIDAT – LES POSTULANTS À LA DTN SE MULTIPLIENT DE TROIS À HUIT… JACQUES FAVRE, QUI S’EST TOUT JUSTE RETENU D’AJOUTER SES PROPRES PRÉTENTIONS, SE SOUVIENT DE SES DEUX ANNÉES AU POSTE…

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Le nombre des candidats à la Direction technique de la Fédération française de natation a bondi, qui est monté de trois à sept la semaine passée, huit aujourd’hui. Pourquoi ? Au Ministère, on prétend que Gilles SEZIONALE aurait été déçu de ne trouver que trois noms de candidats au poste et demandé de retarder les délais de candidatures jusqu’au 30 juin (et donc aujourd’hui). Par ailleurs, on suggère que c’est le ministère qui a manœuvré en l’occurrence, n’ayant pas été convaincu par les trois candidats.

On désirait nommer un DTN pour huit ans (sept si ça continue de piétiner) et l’âge de deux prétendants, 62 ans pour Philippe DUMOULIN, 59 ans pour Richard MARTINEZ, aurait troublé l’autorité de tutelle. Faudra-t-il envoyer Francis LUYCE à la direction des sports pour qu’il y explique qu’on peut être (plus ou moins) fringant à 70 ans ?

Ici, on ne sait plus trop bien où se trouve le souhait de SEZIONALE de vouloir Laurent GUIVARC’H, s’il lui suscite des rivaux pour s’assurer que le poste le plus risqué de la natation français attire encore les vocations. A méditer…

La farce serait qu’après avoir auditionné les nouveaux impétrants, le ministère proposerait une short-liste dans laquelle ne se trouverait pas le nom de GUIVARC’H, dont la prestation, décontractée jusqu’à la désinvolture, à la veille d’un départ pour le Japon, aurait indisposé le jury ministériel. Allons bon…

Parmi tous les postulants, un qui hésite quand même un peu, mais se juge digne de tenter le coup, je vous le donne en mille, c’est Jacques FAVRE. L’ancien tenant du titre, viré promptement par SEZIONALE après les élections du 2 Avril.

FAVRE s’est fendu d’une lettre à la directrice des sports, qui a dû bien se marrer (mais elle ne nous l’a pas dit).

QUAND L’ANCIEN DTN FAIT LA LEÇON

Il s’agit très certainement d’une entreprise qui, si elle était sérieusement envisagée, aurait le moins de chances d’aboutir, ne serait-ce que parce que FAVRE avait mené campagne pour LUYCE contre SEZIONALE, jusqu’au 2 avril, une action que l’actuel président élu ne lui pardonnera pas. Mais dans ce document, FAVRE se donne la liberté d’agacer ceux qui l’ont écarté, presque de faire la leçon.

« Évincé depuis le 2 avril dernier du poste de DTN de la Fédération Française de Natation après deux ans d’exercice,… suite aux élections fédérales, ma mise à pied est intervenue sans entretien de la part du Président et/ou de son premier vice-président, alors qu’à aucun moment ma possible éviction n’avait été évoquée, se plaint FAVRE. Cet usage brutal, d’un autre temps, met en exergue la précarité du statut des DTN et montre la limite de la continuité de l’action publique. En tant que représentant de l’Etat, le DTN devrait être protégé au regard de la responsabilité qui lui incombe dans l’orientation des financements publics et dans le management des cadres techniques dédiés aux fédérations. »

Jacques FAVRE estime ainsi avoir été victime d’un « procès en sorcellerie ». De quoi s’agit-il ? De sa non appartenance au corps des cadres techniques et de sa connivence forte avec le Cercle des Nageurs de Marseille.

…Autant le dire tout de suite. Publier le point de vue de FAVRE n’est pas y adhérer. Mais donner son opinion… en la prenant comme le produit d’un regard devenu extérieur, après avoir été privilégié, dans le monde de la natation, ou du moins de la fédération, me parait légitime.

« LES NOUVEAUX DIRIGEANTS DE LA FÉDÉRATION NE SONT PAS SI NEUFS »

FAVRE suggère – ce n’est pas faux –que les nouveaux dirigeants de la Fédération ne sont pas si neufs qu’on le prétend : « j’ai laissé s’exprimer les « nouveaux » dirigeants de la FFN sur leurs « nouveaux » projets, dit-il, et ses réserves concernant leur nouveauté se distinguent dans l’emploi des guillemets. Pourtant ces derniers avaient entériné par leur vote unanime tous les programmes techniques et sportifs structurants présentés par la DTN en assemblées générales de 2015, 2016 et 2017. »

Bien entendu, ce n’est pas forcément en contrepoint de ses programmes « structurants » que SEZIONALE and co l’ont écarté. FAVRE a orchestré le blog du président candidat, avant les élections du 2 avril, donc agi contre ses adversaires, lors d’une campagne très dure, marquée de quelques coups bas du pouvoir en place. Il avait donc quitté en l’occurrence la réserve à laquelle sa position aurait dû le contraindre. Bref, il s’était déporté un peu, beaucoup, hors des clous.

QUAND MARSEILLE CERCLE AUTOUR DE PANTIN

Dès lors, FAVRE a beau  s’élever contre « une forme d’omnipotence présidentielle dans la gouvernance des fédérations et … les tendances corporatistes du monde du sport », l’ « omnipotence » du président vient de sa situation d’élu (pas du peuple, je dois l’admettre dans le cas de la FFN), alors que le DTN est un contractuel nommé et donc révocable (1). Il n’est pas sûr, comme le dit encore l’ancien DTN, que «  le déploiement des actions de la Fédération Française de Natation soit altéré par l’incapacité des membres du Bureau fédéral et du Comité Directeur à mener et à assumer une politique commune, », mais il est certain qu’à l’avenir l’argument du « président Luyce qui pèse sur les dossiers » ne pourra plus être évoqué. Il s’agira, pour SEZIONALE et ses amis, passés en première ligne, de conduire LEUR barque habilement…

Mais bon, l’idée avec laquelle s’amuse FAVRE, c’est : « puisque le poste de DTN auprès de la Fédération Française de Natation est de nouveau ouvert », de présenter à nouveau sa candidature. La bonne farce jouée à la rue Scandicci serait même galéjade, plus, galéjade marseillaise, car à côté d’une candidature de Romain BARNIER, elle aurait fait deux prétendants phocéens au siège directorial de la rue Scandicci, à Pantin. Qu’est-ce qu’on s’amuse !

FAVRE ne se cache pas d’avoir beaucoup aimé ses années de patron des techniciens, où, « en rupture avec les mœurs séculaires de la FFN », il « essaie de poser les jalons d’un management différent dont les effets, comme dans toute conduite du changement, devraient porter leurs fruits à moyen terme. Mon engagement a été total et constant. Il correspond aux valeurs inclusives que je porte. Je n’ai pas pu aller au bout de mon action. »

La lettre de FAVRE survole bien trop les faits, selon moi, dans sa rédaction, planant à hauteur de concepts, pour qu’on puisse la rattacher indubitablement à certains épisodes connus de son action, même s’il parait vouloir se dédouaner d’avoir conduit l’équipe de France de Rio à son échec (assez prévisible et très relatif, quoi qu’on ait pu dire ici ou là) dans un mouvement de « c’est pas moi, c’est les autres » discutable. Il accuse « un défaut de solidarité de certains dirigeants en place et… un manque de relais dans les régions soit par défiance, soit par négligence, soit par défaut de synchronisation de la politique commune sur les territoires. »

LES REPÊCHAGES, RENVERSEMENT OU RENIEMENT ?

Oublions le désastreux épisode des repêchages, sur lequel il refuse toute contrition, ajoutant même : « Je ne me dédouane pas des sélections de Rio ! J’assume avoir « renversé la table » pour essayer de présenter la meilleure équipe de nageurs et d’entraîneurs de l’olympiade pour représenter la France. Je n’ai aucun regret sur la sélection », ce qui oblitère l’effet négatif sur les nageurs de ce « renversement », en fait un reniement !

Oublions donc… Et admettons, ou feignons d’admettre.

« Malgré le discours d’apaisement des « nouveaux dirigeants », continue FAVRE, les résultats des élections laissent une fédération divisée sur les territoires et une Direction Technique Nationale encore une fois fragilisée. Le projet de déconstruction aujourd’hui en œuvre à la FFN, sur le mode participatif porteur du renouveau dans la gouvernance sera, encore une fois, contre-productif. La Direction Technique de la Fédération Française de Natation a déjà sécurisé une grande partie des actions pour l’olympiade à venir et s’est organisée, sous mon initiative, en maillant les nouvelles régions avec une équipe de Directeurs Techniques Régionaux. »

Disons cependant que son successeur  (quoique simple intérimaire) s’est attelé illico à la tâche de détricoter certains détails de son action. Il faudra y revenir.

FAVRE évoque son programme des jeunes (Gavroche), son projet de performance fédéral (PPF) dont il estime qu’ils « offrent une stabilité à l’institution. » Et d’ajouter : « La philosophie inclusive que j’ai préconisée pendant deux ans, en rupture avec les archaïsmes d’exclusion liée à la pratique du haut niveau est le cœur du débat. Le sport ne doit pas être vécu comme un sacerdoce expiatoire et personnel, comme une forme d’ascétisme du moine athlète, mais comme une expérience singulière et duale vers la réalisation créative du duo entraîneur/entrainé. »

INSCRIT EN CREUX DANS LE PROGRAMME DE SEZIONALE

« Au-delà de la pratique compétitive, une fédération ne se dirige pas comme une PME, le résultat ne se mesure pas uniquement au nombre de médailles olympiques ou de nouveaux licenciés, il devrait se mesurer aussi à l’aune [de] son impact sur la société. La prise en compte de l’impact social et citoyen du sport, en particulier à travers le plan « j’apprends à nager » ne se résume pas à la multiplication d’opérations sur des plages et à des incitations financières pour les clubs mais plutôt par des actions visant à accompagner des publics en difficulté plus éloignés de nos associations, il en va de la cohésion sociale de notre pays et non pas de la croissance du nombre de licences nouvelles. »

Les enjeux que propose ici FAVRE s’inscrivent parfois un peu trop clairement en creux dans ce que le programme sportif de SEZIONALE a eu l’air de négliger ou n’a pas voulu aborder, comme la formation de dirigeants, et d’entraîneurs, ou la refonte de la loi de 1901 (vaste débat), mais il parait persuadé que « les DTN au cœur des fédérations, pourraient être la clé de voûte au service de cette grande ambition commune, leur position est centrale, leur statut ne devrait pas être fragile. À quelques semaines de l’attribution des JO de 2024 à la France, notre pays est aujourd’hui une nation de sportifs, mais pas encore une nation sportive ; elle le deviendra certainement avec l’effet accélérateur des JO mais surtout en inscrivant le sport dans notre schéma sociétal à travers le sport santé, le sport en entreprise et en installant des politiques volontaristes fortes luttant contre toutes les formes de discrimination. Le chemin est encore long, pour la FFN, je pense être apte à le tracer en mettant en partage des idées novatrices issues de différents modèles de pensée, c’est aujourd’hui la seule méthode pour dépasser les limites de notre système qui appartient à l’ancien monde. Mais l’absurdité de la situation actuelle et la violence de l’interruption de ma mission pour des motifs, semble-t-il, « politiques » par les nouveaux élus de la FFN me pousseraient à reprendre à mon compte la réplique célèbre de Bartleby (2) : « je préférerais ne pas…»

Bien sûr, d’aucuns pourront songer qu’à travers une telle production littéraire, FAVRE rend au « système » la monnaie de sa pièce. Il semble prendre en riant le Ciel à témoin : « Je ne fais pas de règlement de comptes je note l’absurdité du système. Perdre un an encore c’est perdre 4 ans… »

 

(1). Il n’y a pas d’omnipotence, il y a la position de l’élu, intouchable pendant la durée de son mandat, plus forte que celle du contractuel. On sait ou on se sait pas (mais j’aime trop le raconter pour ne pas le raconter à nouveau), que le premier DTN de la natation française, nommé par le Ministère contre la volonté de la Fédération, Pierre BARBIT, ne put jamais ne serait-ce qu’entrer au siège de l’avenue Gambetta où les « fédéraux », comme dans tout bon western qui se respecte, ne lui attribuèrent jamais de bureau. En 1962, le Ministère jeta l’éponge et Lucien ZINS fut nommé.

(2). Personnage tragi-comique, super-héros de la passivité, d’une nouvelle d’Herman MELVILLE.

 

KATINKA, LA COUPE DU MONDE, LA DÉMOCRATIE SPORTIVE ET L’AVENIR CHANCELANT DE LA « FINATATION »

“Tu peux résumer tout ce qui ne va pas au monde”, disait ma mère, « par le fait que certaines personnes estiment qu’ils peuvent poser une serviette le matin et disposer d’une chaise d’hôtel toute la journée » (Andy RASKIN).

Éric LAHMY

Dimanche 26 Juin 2017

La lettre ouverte de Katinka HOSSZU qui remet en cause la politique de la Fédération internationale ne semble pas avoir fait trop de vagues pour l’instant… Pourtant, elle dénonce les errances de la gouvernance mondiale du sport.

Pourquoi ce faible écho ? Il se peut que les nageurs, d’ailleurs en pleine préparation des mondiaux, ne se passionnent guère pour les dysfonctionnements de la FINA et le peu de cas que l’organisation mondiale fait de leurs soucis. Il se peut que seule Katinka HOSSZU se trouve concernée par ce changement de règlement qui interdit à un nageur de présenter plus de quatre courses – alors qu’elle s’était ces dernières années engagée partout !

HOSSZU, ce faisant, était en quelque sorte devenue synonyme de coupe du monde… au point qu’il est difficile de savoir si la coupe du monde avait fait la marque d’HOSSZU ou HOSSZU la réputation de la coupe du monde.

La Hongroise a été choquée d’apprendre un changement de règles soudain, décidé sans respect de ce qu’est le principe d’une compétition, manifestement bâclé moins de deux mois avant son démarrage. Si elle a préparé le planning de cette WorldCup 2017-2018 avec son sérieux habituel, admirer la nonchalance avec laquelle la FINA a opéré au dernier moment des changements qui auraient dû être prévus plus d’un an à l’avance, je comprends son énorme révolte. Comment prendre au sérieux les ploucs dangereux de l’organisation mondiale?

Peut-être ceux qui ont lu sa missive ont-ils eu les mêmes sentiments que moi ? A la fois cette idée qu’enfin quelqu’un qui n’est pas Paolo BARELLI ou Craig LORD est en train d’émettre quelques vérités bien senties, et la sensation que Katinka a plutôt mal engagé la discussion.

La nageuse hongroise a bien utilisé le système et ne s’est jamais élevée, tant que ses règles l’avantageaient, contre les manières de la FINA. Elue à trois reprises nageuse mondiale de l’année contre certaines évidences en faveur de Katie LEDECKY, grâce à ses numéros dans le cirque WorldCup, elle n’a rien trouvé à redire à cela.

D’où vient cette gêne que je ressens en face de sa lettre ? D’une sorte de confusion, de contradiction entre, d’un côté, la générosité dans l’effort de Katinka HOSSZU, son courage, un engagement qui laisse rêveur. De l’autre le fait qu’elle ait systématiquement ratissé sans le moindre état d’âme cette épreuve bancale, incapable de décoller et mal en point qu’on appelle la Coupe du monde. HOSSZU est une vraie professionnelle du sport, il est vrai, mais sa pratique répond à sa rapacité…

Que les participants ne cessent de s’interroger sur le calendrier WorldCup  tordu imposé par l’organisation mondiale en fonction de ses lubies et de son désir d’inonder la saison de compétitions qui en arrivent à se cannibaliser, est chose avérée. Que la plupart des nageurs ne veulent ou ne peuvent s’engager dans cette formule, que la Coupe du monde ne présente aucune étape en Amérique du Nord comme du Sud, en Afrique ou en Australie, et soit centrée sur un continent, l’Asie, avec trois étapes entre Singapour et deux Emirats qui disposent de plus d’argent que de nageurs, tout cela n’a jamais dérangé Madame HOSSZU, bien occupée à faire son beurre.

Sa façon de partir du sort de ce vaisseau en détresse qu’est la Coupe du monde pour attaquer les pratiques de la FINA affaiblit à mes oreilles son propos. HOSSZU, parce que la coupe du monde lui a rapporté un million de dollars, estime qu’il s’agit de la grande épreuve internationale. Elle entend rabaisser les championnats du monde, qu’elle prétend être inférieurs à la Coupe. Or rien n’est moins vrai. Pour elle, et elle ne vous le dira pas, une Coupe du monde bancale et n’attirant pas même vingt pour cent des meilleurs nageurs lui convient parfaitement : c’est dans ce cas-là qu’elle a réussi ses jackpots, car moins elle y trouve d’opposition, plus elle ratisse large. J’appellerai cela une Coupe rêglée aux dimensions d’Hosszu…

Alors ? Katinka HOSSZU ne veut pas réformer la WorldCup. Elle veut seulement les plus gros bonus possibles, de façon à engraisser ses comptes en banque…

…Certes, l’argent, c’est le propos des professionnels.

 SOUS COUVERT DES PRINCIPES, HOSSZU NE DÉFEND-ELLE PAS  LÀ QUE SES INTÉRÊTS PERSONNELS ?

HOSSZU soulève à côté de cela, cet article de règlement étrange qui prévoit de qualifier d’emblée en finale le vainqueur de l’édition précédente, et celui qui amène à ne disputer qu’une partie du programme à chaque étape.

Ces fantaisies paraissent particulièrement insatisfaisantes. Elles le sont d’autant plus qu’elles sortent de nulle part, « out of the blue ». La première est carrément idiote et rétrograde. (1) La seconde répond au caractère pléthorique du programme FINA.

Mais une fois de plus le sentiment domine que Katinka défend ses intérêts personnels. Empêcher un nageur de se présenter dans plus de quatre courses en Coupe du monde dérange une dame qui a décidé de tout avaler, par ici la bonne soupe, et qui peut le faire grâce à une organisation très rigoureuse. HOSSZU, en Coupe du monde, se déplace et nage dans les meilleures conditions.

Or elle est bien la seule que cette limitation dérange aujourd’hui, car les autres ont déjà du mal, en deux jours, à enquiller quatre séries et quatre finales! Elle non. Son comportement est tellement atypique et hors normes qu’un entraîneur aussi dur et exigeant que Frédéric VERGNOUX m’a affirmé qu’il ne comprenait pas comment elle faisait.

Autant dire que dans cette critique, elle risque d’être seule. Michael PHELPS aurait pu faire écho à ses gémissements, mais il ne nage plus et n’a jamais disputé la WorldCup.

HOSSZU a été tellement avantagée par la formule qu’elle ne s’est pas rendu compte que la compétition avait, en partie de sa faute, du plomb dans l’aile.

La FINA, depuis quarante ans, a créé dans un mouvement qui s’est accéléré ces derniers temps, sans retenue encore et toujours plus d’épreuves, des 50 mètres de spécialités, des pelletées de relais comme ceux mixtes, des 800 mètres chez les hommes, des 1500 chez les femmes, des 100 mètres quatre nages, au point que les organisateurs d’étapes renâclaient en face de cette imbécile folie créatrice née du désir de « dépasser l’athlétisme » en médailles olympiques: on est parvenu à un point où ces courses s’enquillent, se bousculent et s’embouteillent, les unes derrière les autres, dans un programme délirant. Ce que la FINA a fait des meetings, en les estampillant FINA, c’est de les rendre obèses, pléthoriques, apoplectiques, ingouvernables. La natation devient de moins en moins lisible.

Utilisant semble-t-il des méthodes d’entraînement proches de l’Ultra Short Race Pace Training (USRPT), HOSSZU est parvenue à tout nager (sauf les courses masculines bien sûr) et à faire sauter la banque. Avec le temps, cette façon de truster, d’abord saluée par des étonnements admiratifs, a fini par agacer…

UN CHALUTAGE SYSTÉMATIQUE DU PROGRAMME

La réponse de la FINA à cette gloutonnerie gargant(hossz)uesque a été de limiter à quatre courses ce qu’un nageur a le droit de disputer. Cette décision a été vue, à juste titre, comme une décision anti-HOSSZU. Elle a été prise en catimini, comme d’habitude, sans consultation sérieuse… Mais elle correspond à un constat : le jeu d’HOSSZU, on l’a dit, après deux ou trois ans à susciter surprise et admiration, a fini par lasser. Mais surtout, les dirigeants de la FINA se sont aperçus qu’ils ne connaissaient pas aussi bien leur sport qu’ils le devraient…

Dans cette confusion d’épreuves qui fait leur orgueil, il arrive qu’un nageur supérieur pourrait tout gagner s’il le voulait. HOSSZU l’a montré. Dans le passé, Tracy CAULKINS, que je tiens pour la plus grande « quatre nageuse » de l’histoire, l’a démontré – vers 1980 dans un championnat des Etats-Unis de valeur d’ailleurs supérieure à celle d’un meeting FINA, battant les records US sur 100 et 500 yards, 100 yards dos, et gagnant des courses en brasse, en papillon plus bien entendu les épreuves de quatre nages. CAULKINS, à cette époque, aurait pu gagner toutes les courses du championnat des Etats-Unis si le programme avait été assez dilué, et en faire de même aux mondiaux si les nageuses de l’Est n’avaient pas été dopées jusqu’à l’os !

On a vu de même, en 2011, à des Jeux panarabes, Oussama MELLOULI gagner 15 médailles d’or et une d’argent. Le même MELLOULI a opéré des ravages en … coupe du monde 2008, enlevant 27 courses, terminant 6 fois 2e et deux fois 3e. Et je ne parle pas des razzias « sommitales » de Mark SPITZ et de Michaël PHELPS aux championnats des USA et aux Jeux olympiques, dans des conditions autrement difficiles que celles que rencontre HOSSZU… Katinka, elle, aux Jeux olympiques, a gagné 100 dos, 200 et 400 quatre nages et fini 2e du 200 dos, ce qui me parait plus fort que ces numéros de WorldCup… Or, ce ne sont « que » quatre courses.

En France, Lara GRANGEON, quoiqu’assez éloignée de ce niveau, s’est à plus d’une reprise amusée à monopoliser aux championnats de plusieurs îles du Pacifique. En 2011, elle a enlevé ainsi 17 médailles d’or, 3 d’argent et une de bronze aux championnats de Nouvelle-Calédonie, du 50 libre au 5 kilomètres en mer!

Ces nageurs démontrent combien le programme de la FINA, soi-disant étoffé pour « universaliser » la natation, est une pure inconséquence !

Mais Katinka ne vous le dira pas, puisque cette inconséquence la nourrit. Mariée avec son entraîneur, très aidée par ses sponsors sinon sa fédération, Katinka HOSSZU peut se déplacer dans le monde entier en restant en famille. Elle s’est parfaitement adaptée à la Coupe du monde et s’y trouve chez elle : et de remplir le tiroir-caisse.

MAIS OU SE TROUVE LE LAMAR HUNT DE LA NATATION ?

On a vu que l’an passé, Katinka HOSSZU, ayant réglé quelques comptes avec sa fédération, avait réussi à se payer successivement la peau de l’entraîneur national, puis du président…

Ce qui a si bien marché à l’intérieur du pays pourra-t-il être reproduit à l’international ? Ce n’est pas sûr. En soi, je ne crois pas que les dirigeants de la FINA aient tellement d’amis parmi les nageurs et les entraîneurs, en-dehors des dopés dont elle sauve la mise. Mais les nageurs sont en général jeunes, peu politisés, hyperconcentrés sur leurs perfs, et comme professionnels, n’ont pas forcément, tous, les mêmes intérêts. D’ailleurs, la FINA, sorte de club autocrate, se situe hors de portée de toute révolte démocratique.

La fameuse révolte de l’ATP à Wimbledon, il y a plus de quarante ans, dont HOSSZU assène l’exemple aux nageurs, ne risque pas de se reproduire en natation; elle n’avait rien de spontané, était orchestrée en sous-main, au-delà de l’ATP que dirigeait Cliff DRYSDALE, par un milliardaire, Lamar HUNT, occupé à monter un circuit tennistique pro et dissident, et qui mettait beaucoup de moyens dans l’opération. Les joueurs qui ne s’étaient pas présentés à Wimbledon se produisaient dans le juteux circuit de Lamar HUNT, et la Fédération internationale de tennis, dirigée par le Français Philippe CHATRIER, avait senti le vent du boulet: le projet de HUNT pouvait vider le tennis mondial de sa substance. Je ne vois pas le Lamar HUNT de la natation, encore moins la possibilité d’en voir débarquer un.

Si la Coupe du monde était viable, un circuit parallèle aurait déjà été tenté, ou envisagé. Il ne l’est pas. La natation, aux petits soins pour ses dirigeants, ne peut pas faire vivre ses nageurs. Et tant que la FINA aura le contrôle de l’éligibilité olympique, elle ne risquera rien, parce que l’image du sport se situe aux Jeux olympiques. Hors les Jeux, point de salut pour les nageurs…

Katinka HOSSZU risque d’être bien seule dans sa défense de la liberté de nager autant de courses qu’on le désire. Entre une majorité qui s’en fiche et ceux, nombreux, que sa boulimie énerve, elle va pouvoir compter ses alliés. Je ne sais quel dirigeant français expliquait qu’organiser la Coupe du monde en France ne servait à rien, puisque tout l’argent s’en allait chez Katinka HOSSZU ! Mettre 250.000 dollars sur un meeting et voir une nageuse partir avec la caisse à la fin du week-end n’est pas un rêve de dirigeant ou de nageur…

Il faudra quand même que quelqu’un le lui explique!

La limitation du nombre d’épreuves nagées pour un nageur est d’ailleurs la règle dans un certain nombre de compétitions interéquipes (Interclubs, NCAA), afin d’empêcher qu’une équipe, forte d’un très petit nombre de nageurs, ne gagne les championnats… Donc c’est une règle qui existe. En revanche, admettre en finale directe un vainqueur de la compétition précédente a quelque chose d’absurde et d’antisportif.

Alors ? Il est un peu dommage qu’’HOSSZU ait engagé le fer d’une façon qui me parait assez maladroite, et peut-être regrettable qu’elle n’ait pas cherché à contacter ses camarades nageurs ou à informer les membres de la commission des nageurs de la FINA (présidée par Jihong ZHOU, 17 membres, dont Alexandre POPOV, Vladimir SALNIKOV, Penny HEYNS, Camelia POTEC, Martina MORAVCOVA, Thiago PEREIRA et une Française, Virginie DEDIEU…)

Doit-on condamner pour autant sa révolte ? Certes pas. HOSSZU pourrait être une voix qui compte dans une critique fondée de la FINA; son énergie, sa volonté, son courage dans l’adversité, sont choses précieuses. Il lui faudra quand même apprendre à tenir compte du collectif.

 

(1) Aux débuts de Wimbledon, le vainqueur de l’année précédente était exempté de tournoi. Il rencontrait le vainqueur de celui-ci. Cette règle fut assez vite abandonnée.

 

SEPT COLLINES A ROME : UN 100 MÈTRES COSMIQUE (OU PRESQUE) REMPORTÉ PAR DOMINIK KOSMA

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

100 mètres nage libre de haute vole, remportée, cela n’arrive pas souvent, par un Hongrois (le pays est plus réputé pour ses spécialistes et ses fondeurs, et son dernier finaliste olympique sur 100 mètres a été, si mes souvenirs sont bons, Gyulia DOBAI en 1964). Dominik KOSMA, tel est son nom, c’est, sans vouloir le dévaloriser un peu n’importe qui; or il devance de justesse une pléiade de nageurs que seule l’électronique pouvait départager. Le Bas-Empire avait pris l’habitude, vers le 1er siècle de notre ère, de voir désigner par sa garde prétorienne, Empereur le premier venu, après avoir soigneusement expédié qon prédécesseur. C’est un peu l’élévation qu’a connu KOSMA, couronné ainsi roi de l’épreuve-reine. Tae-Hwan PARK, est à moins d’un mètre du vainqueur et entre les deux il n’y a que du beau monde. Dans la finale B, les meilleurs italiens devancent un certain Cesar CIELO, le recordman du monde brésilien, 12e au total de la course.

Le 200 brasse, enlevé par Marco KOCH, est presque égal en intensité. Et Daya SETO enlève le 200 quatre nages, prenant ainsi sa revanche sur David VERRASZTO qui l’a battu difficilement, la veille, dans un temps de 4’7s !

Une fois n’est pas coutume, les filles sont en retrait.La championne olympique Pernille BLUME enlève le 50 devant KROMOWIDJOJO…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Dominik KOSMA, HUN, 48s68; 2. Bruno FRATUS, BRA, 48s75; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 48s77; 4. Cameron McEVOY, AUS, 48s92; 5. Duncan SCOTT, GBR, 48s93; 6. Marcelo CHIERIGHINI, BRA, 49s00; 7. Lorenzo ZAZZERI, ITA, 49s10; 8. Tae-Hwan PARK, COR, 49s14. Finale B: 1. Luca DOTTO, ITA, 49s16; 2. Ivano VENDRAME, ITA, 49s30; 3. Gabriel SANTOS, BRA, 49s34; 4. Cesar CIELO, BRA, 49s36; 5. Sergi SHEVTSOV, UKR, 49s42; 6. Chad LE CLOS, RSA, 49s43; 7. HOANG Quy Phuoc, VIE, 49s46; 8. Ben SCHWIETERT, NED, 49s56.

200 dos : 1. Peter BERNEK, HUN, 1’57s45; 2. Christian DIENER, GER, 1’57s50.

200 brasse : 1. Marco KOCH, GER, 2’9s63; 2. Luca PIZZINI, ITA, 2’10s73; 3. Moises Daniel LOSCHI, ITA, 2’11s85; 4. Giedrus TITENIS, LTU, 2’12s05; 5. Ross MURDOCH, GBR, 2’13s23; 6. Mate KUTASI, HUN, 2’13s49; 7. Flavio BIZZARRI, ITA, 2’13s63 (en séries, 2’13s52). Finale B/ 1. WANG Boyou, CHN, 2’12s61. En série, Christopher ROTHBAUER, AUT, 2’13s27.

50 papillon : 1. Andriy GOVOROV, UKR, 23s01; 2. Nicholas SANTOS, BRA, 23s08; 3. Ben PROUD, GBR, 23s62. Finale B: 1. Piero CODIA, ITA, 23s63.

200 4 nages : 1. Daya SETO, JPN, 1’57s54; 2. David VERRASZTO, HUN, 1’59s25; 3. Simon THIAGO, BRA, 1’59s99 

DAMES.- 50 libre : 1. Pernille BLUME, DEN, 24s13; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO , NED, 24s39; 3. Tamara VAN VLIET, NED, 25s04 (en série, 24s97).

200 dos : 1. Kata BURIAN, HUN, 2’9s89 ; 2. Sian WHITTACKER, AUS, 2’10s65; 3. Margherita PANZIERA, ITA, 2’10s87.

200 brasse : 1. Molly RENSHAW, GBR, 2’25s38; 2. Rikke Moeller PEDERSEN, DAN, 2’25s40.

200 papillon : 1. Liliana SZILAGYI, HUN, 2’7s50 ; 2. Charlotte ATKINSON, GBR, 2’8s31.     

200 4 nages : 1. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 2’10s01; 2. Maria UGOLKOVA, SUI, 2’11s41 ; 3. Kotuku NGAWATI, AUS, 2’12s18 ; 4. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 2’12s36. nFinale B : 1. Hannah MILEY, GBR, 2’13s03

VENDREDI MAIGRE À ROME, SAUF POUR PEATY SUR 50 BRASSE ET PALTRINIERI SUR 1500 LIBRE

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

C’est une deuxième journée de meeting des Sept Collines assez riche en performances denses (pas un seul meeting, cette saison, qui l’approche) mais une journée moins géniale que la première, jeudi. Adam PEATY à 19/100e de son record du 50 brasse, c’est une bonne chose, mais après, c’est du solide sans plus. Bref, un vendredi plutôt maigre !

Avouons cependant que la régularité de Greg PALTRINIERI sur sa distance fétiche le 1500 mètres, régularité qui ne se dément pas, est rassurante. Le voici à onze secondes de son record de l’année, mais très loin devant MICKA, DERBYSHIRE et surtout HORTON qui avait semblé pouvoir le menacer avant les Jeux olympiques de Rio (il n’en fut rien).

Tamas KENDERESY améliore ses 1’54s89 de l’année, en 1’54s33, conforte sa 3e place de la saison du 200 mètres papillon messieurs derrière les Nippons Sakai, 1’53s71, et Seto, 1’54s28.

Après les perfs de Sjöström, les 53s07 de Ranomi Kromowidjojo au 100 mètres nage libre paraissent lents, mais ils permettent à la championne olympique de Londres (en 53s00 juste), d’améliorer sa place dans le monde en 2017 (13e en 53s72 depuis Eindhoven à 4e derrière la grande Sarah, 52s08, Cate et Bronte, 52s78 et 52s85 et devant Emma MCKEON, 53s12). KROMOWIDJOJO, avec sa grande fréquence de bras, reste une sprinteuse redoutée, mais sans plus dominer, et 53s07 sont proches de ses records des dernières années, 53s08 en 2016, 53s17 en 2015, 53s69 en 2014, 53s29 en 2013, 53s en 2012

MESSIEURS.-

200 libre : 1. Tae-Hwan PARK, COR, 1’46s89.

1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 14’49s06 ; 2. Jan MICKA, CZE, 15’1s42; 3. Tom DERBYSHIRE, GBR, 15’2s12; 4. Mackenzie HORTON, AUS, 15’5s64; 5. Anton Oerskov DEN IPSEN, DEN, 15’7s88; 6. Domenico ACERENZA, ITA, 15’11s39.

100 dos : 1. Christian DIENER, GER, 54s54; 2. Gabor BALOG, HUN, 54s59; 3. Matteo MILLI, ITA, 54s60; 4. Christoph WALKER-HEBBORN, GBR, 54s66; 5. Shane RYAN, IRL, 54s79.

50 brasse : 1. Adam PEATY, GBR, 26s61; 2. Joao GOMES JUNIOR, BRA, 26s95; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 27s03; 4. Andrea TONIATO, ITA, 27s41; 5. Fabio SCOZZOLI et Lorenzo ANTONELLI, ITA, 27s50; 7. Giedrus TITENIS, LTU, 27s60 ; 8. Mattia PESCE, ITA, 27s73. Finale B: 1. Johannes SKAGIUS, SUI, 27s75.

200 papillon : 1. Tamas KENDERESI, HUN, 1’54s33; 2. Chad LE CLOS, RSA, 1’54s87; 3. Daya SETO, JPN, 1’56s05; 4. Bence BICZO, HUN, 1’56s22; 5. Viktor B. BROMER, DEN, 1’56s69.        

400 4 nages : 1. David VERRASZTO, HUN, 4’7s47; 2. Daya SETO, JPN, 4’7s99; 3. Branndonn ALMEIDA, BRA, 4’15s30.

DAMES.-

100 libre : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 53s07; 2. Pernilla BLUME, DEN, 53s59; 3. Michelle COLEMAN, SWE, 53s64; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 54s00; 5. Charlotte BONNET, Nice, 54s36; 6. Federica PELLEGRINI, ITA, 54s48; 7. Maria UGOLKOVA, SUI, 54s88. Finale 8: 1. Nkotuku NGAWATI, AUS, 54s57.

800 libre : 1. Boglarka KAPAS, HUN, 8’23s71; 2. Simona QUADARELLA, ITA, 8’29s53; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 8’31s40.

100 dos : 1. Simona BAMRTOVA, CZE, 1’0s21; 2. Madison WILSON, AUS, 1’0s34; 3. Kira TOUSSAINT, NED, 1’0s57; 4. Georgia DAVIES, GBR, 1’0s67; 5. Kathleen DAWSON, GBR, 1’1s12; 6. Margherita PANZIERA, ITA, 1’1s17. Finale B: 1. Holly BARRATT, AUS, 59s89.

50 brasse : 1. Sarah VASEY, GBR, 30s73; 2. Imogen CLARK, GBR, 30s78

100 papillon : 1. Ilaria BIANCHI, ITA, 57s89 ; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s05; 3. Liliana SZILAGYI, HUN, 58s48; 4. Charlotte ATKINSON, GBR, 58s49; 5. Marie WATTEL, Loughborough et FRA, 58s81.

400 4 nages : 1. Hannah MILEY, 4’36s28; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’36s48 ; 3. Rosie RUDIN, GBR, 4’40s99; 4. Abbie WOOD, GBR, 4’41s27; 5. Carlotta TONI, ITA, 4’42s72 ; 6. Ilaria CUSINATO, ITA, 4’43s35.

ROME : PARK, PEATY ET PELLEGRINI, AUX SOMMETS DES SEPT COLLINES

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

Jeudi 23, en cette première journée du Trophée 2017 des Sept Collines, Tae-Hwan PARK a rappelé à Gabriele DETTI qu’il ne gagnerait pas facilement à Budapest. Le Sud Coréen, ancien champion du monde et olympique du 400 mètres traîne toujours à 27 ans sa binette de gendre idéal un peu décolorée par les désordres (dopage essentiellement) et dans le 400 de Rome, il a suivi DETTI comme son ombre avant de l’attaquer à mi-course, puis dans un duel rapproché, de le distancer lentement mais invinciblement. DETTI ne put répondre à une nouvelle accélération de PARK qui, dans un dernier 100 mètres en vitesse croissante (27s83 puis 26s81), le laissait dans l’impossibilité de revenir.

DETTI restait à deux secondes et demi de son record des championnats italiens, 3’43s36 en avril, et PARK n’améliorait pas ses 3’44s38 de la saison. Mais il n’avait manqué que le Chinois SUN pour faire de ce 400 un rendez-vous au sommet.

Mackenzie HORTON, le champion olympique australien, finissait à trois seconde du Coréen…

Le Britannique Adam PEATY se conduisait pour sa part comme d’habitude, en patron du 100 brasse, se défaisant d’un Nicolo’ MARTINENGHI inspiré et batailleur. A l’arrivée, les deux hommes étaient séparés d’un mètre environ, moins que ce que PEATY a l’habitude d’infliger comme avance à ses adversaires. MARTINENGHI, déjà recordman du monde junior, améliorait le record d’Italie de Fabio SCOZZOLI, 59s42, avec 59s31, qu’il poursuivait depuis les championnats d’Italie. Si le Britannique reste le grand favori de la course aux mondiaux de Budapest, il ne serait pas étonnant que le jeune « ranista » Italien l’accompagne sur le podium (ou les podiums, avec le 50 brasse).

Le Sud Africain Chad LE CLOS, co-médaillé d’argent à Rio avec Michael PHELPS et Laszlo CSEH avec 51s14, matait sur 100 papillon les deux meilleurs Italiens Piero CODIA et Matteo RIVOLTA, sans approcher les 51s29 qui constituent son meilleur cette saison.

Les 400, 200 et 1500 mètres dames se déroulaient dans la même après-midi dans cet ordre, dans moins d’une heure trente, ce qui rendait difficiles les doublons. Le 200 mètres paraissait particulièrement attractif, avec quatre des toutes meilleures nageuses actuelles de la distance. L’éternelle Federica PELLEGRINI, qui revenait d’une rencontre du Saint-Père au Vatican, volait-elle pour cela sur les eaux qu’elle transformait en lac de Tibériade ? Elle eut en tous cas le dernier mot après une course tactique et d’attente dans laquelle, pour commencer, Charlotte BONNET et Alice MIZZAU tentèrent vainement de suivre le rythme imposé par la Suédoise Michelle COLEMAN. Celle-ci semblait vouloir tenter quelque chose dont on ne peut dire si c’était un exploit chronométrique (comme répéter le rythme nécessaire pour gagner dans un mois à Budapest) ou la volonté d’assommer l’adversaire ; toujours est-il qu’elle caracolait en tête, et quand le ménage eut tout l’air d’être fait, PELLEGRINI (et Femke HEEMSKERK), qui s’étaient jusqu’ici réservées, et semblaient définitivement larguées, HEEMSKERK surtout, dont la tête se situait en arrière de battement de COLEMAN, parurent s’intéresser tardivement à la gagne. Elles n’auraient rien pu faire si COLEMAN, qui, au troisième virage, se trouvait dans un rythme de 1’55s (elle passait en 27s20, 56s48 et 1’26s07) et paraissait proche d’un exploit, se trouva tout à coup comme privée de combustible, et se mit à perdre la dynamique de son mouvement. PELLEGRINI et HEEMSKERK, qui terminaient andante allegretto en, respectivement 29s07 et 29s09, revenaient sur la téméraire, devenue languissante, Scandinave. L’Italienne l’emportait, et la Batave échouait à deux centièmes de surpasser la Suédoise… COLEMAN dut se dire que décidément, elle ne battrait jamais PELLEGRINI aux Sept Collines. L’an passé déjà, Federica l’avait emporté en 1’54s55 devant COLEMAN, 1’55s58

La jeune Hongroise Boglarka KAPAS gagnait le 400 mètres en 4’6s05, un temps un poil meilleur que son record de la saison (4’6s14), mais éloigné de son record de Hongrie, 4’2s37 en 2016 puis, une heure plus tard, finissait 2e du 1500 mètres remporté par QUADARELLA qui, en 16’3s55, améliorait le deuxième temps mondial de l’année de… KAPAS, 16’4s19… Mais très loin des 15’35s65 de Katie LEDECKY…

JEUDI.-

MESSIEURS-.

50 libre : 1. Bruno FRATUS, BRA, 21s86 (en séries, 21s81) ; 2. Ben PROUD, GBR, 21s95; 3. Cameron McEVOY, AUS, 21s96; 4. James MAGNUSSEN, AUS, 21s98.

400 libre : 1. Tae-Hwan PARK, KOR, 3’44s54; 2. Gabriele DETTI, ITA, 3’45s88; 3. Mackenzie HORTON, AUS, 3’47s58; 4. Mykhaylo ROMANCHUK, UKR, 3’48s48; 5. Jan MICKA, CZE, 3’49s13; 6. Jack McLOUGHLIN, AUS, 3’50s88; 7. James GUY, GBR, 3’52s20 (en séries, 3’52s09). Finale B: 1. Nicholas GRAINGER, GBR, 3’50s49; 2. Brandonn ALMEIDA, BRA, 3’51s24; 3. Anton Oerskov IPSEN, DEN, 3’51s43; 4. Davide CASARIN, ITA, 3’51s45; 5. Jacob HEIDTMANN, GER, 3’51s80.

PARK: 26s23, 54s76 (28s53), 1’23s46 (28s70), 1’52s24 (28s78), 2’21s06 (28s82), 2’49s88 (28s82), 3’17s73 (27s95), 3’44s54 (26s81).

DETTI: 26s30, 54s61 (28s31), 1’23s27 (28s66), 1’52s21 (28s94), 2’21s17 (28s96), 2’50s16 (28s99), 3’18s62 (28s46), 3’45s88 (27s26).

50 dos : 1. Richard BOHUS, HUN, 25s04; 2. Gabor BALOG, HUN, 25s12; 3. Matteo MILLI, ITA, 25s21; 4. Shane RYAN, IRL, 25s28; 5. Niccolo’ BONACCHI, ITA, 25s29.

100 brasse : 1. Adam PEATY, GBR, 58s72; 2. Nicolo’ MARTINENGHI, 59s31; 3. Giedrius TITENIS, LTU, 59s69; 4. Xiang LI, CHN, 1’0s43; 5. Lorenzo ANTONELLI, ITA, 1’0s56; 6. Fabio SCOZZOLI, ITA, 1’0s70; 7. Arno KAMMINGA, NED, 1’0s72.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 51s65; 2. Piero CODIA, ITA, 51s93; 3. Matteo RIVOLTA, ITA, 52s30; 4. Joeri VERLINDEN, NED, 52s37.

DAMES.-

200 libre : 1. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’56s16; 2. Michelle COLEMAN, SWE, 1’56s49; 3. Femke HEEMSKERK,  NED, 1’56s51; 4. Charlotte BONNET, Nice, 1’58s13; 5. Manuella LYRIO, ITA, 1’58s60; 6. Alice MIZZAU, ITA, 1’58s61; 7. Maria UGOLKOVA, SUI, 1’59s12 (en séries, 1’58s77); 8. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 1’59s33. Finale B: 1. Kotuku NGAWATI, AUS, 1’58s52; 2. Signe BRO, DEN, 1’59s08.

400 libre : 1. Boglarka KAPAS, HUN, 4’6s05; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’9s78; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 4’10s85; 4. Kiah MELVERTON, AUS, 4’10s98; 5. Hannah MILEY, GBR, 4’11s29.

1500 libre  : 1. Simona QUADARELLA, ITA, 16’3s55; 2. Bogliarka KAPAS, HUN, 16’16s79

50 dos : 1. Holly BARRATT, AUS, 27s57; 2. Etiene MEDEIROS, BRA, 27s82; 3. Simona BAUMRTOVA, CZE, 27s89; 4. Georgia DAVIES, GBR, 28s04; 5. Maaike DE WAARD, NED, 28s31 (en série, 28s01); 6. Tamara VAN VLIET, NED, 28s53. Finale B: 1. Kathleen DAWSON, GBR, 28s26. En série, Kira TOUSSAINT, NED, 28s46.

100 brasse : 1. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 1’7s35; 2. Martina CARRARO, ITA, 1’7s74; 3. Sarah VASEY, GBR, 1’7s76; 4. Rikke MOELLER PEDERSEN, DEN, 1’7s86.

50 papillon : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 25s59; … 7. Marie WATTEL, Loughborouh, FRA, 26s50.

KATINKA HOSSZU: NAGEURS, RÉVOLTEZ-VOUS

KATINKA HOSSZU DÉNONCE LE « CHAOS » DE LA FINA ET INCITE LES NAGEURS PROFESSIONNELS À LA RÉVOLTE

Éric LAHMY

Jeudi 22 Juin 2017

LA CHAMPIONNE HONGROISE KATINKA HOSSZU A PUBLIÉ CE 21 JUIN UNE LETTRE OUVERTE (EN ANGLAIS) À TOUS LES NAGEURS. CETTE MISSIVE REMET EN CAUSE LA GOUVERNANCE DE LA NATATION MONDIALE, ET PROPOSE D’ASSOCIER DÉSORMAIS LES NAGEURS PROFESSIONNELS AUX DÉCISIONS QUI SONT PRISES JUSQU’ICI PAR UNE AUTORITÉ REFERMÉE SUR ELLE-MÊME. BEAUCOUP DE RÉFLEXIONS NOUS SONT VENUES SUR CETTE LETTRE, SON AUTEUR, PEUT-ÊTRE LA MIEUX PLACÉE AUJOURD’HUI POUR LANCER UNE TELLE ACTION, ET LES CIRCONSTANCE DE CETTE PUBLICATION, MAIS IL M’A SEMBLÉ PLUS INTÉRESSANT – EN RAISON DE SON IMPORTANCE – DE LA PUBLIER TELLE QUELLE, DANS LA TRADUCTION FRANÇAISE QUE J’EN AI FAITE, ET DANS SA RÉDACTION ORIGINALE EN ANGLAIS, AFIN DE DE VOIR QUELLES RÉACTIONS ELLE POURRAIT SUSCITER…

 

Lettre à la Natation

Par KATINKA HOSSZU

Budapest, 21 Juin 2017

 

Chers confrères nageurs

Vous pourrez lire ces mots au milieu de la nuit ou juste avant l’aube. Je ne suis pas sûr quand vous en trouverez le temps, mais ce que je sais assurément et que de tous les athlètes d’élite du globe, les nageurs se lèvent le plus tôt et se couchent le plus tard. Cela n’est pas exactement par choix. La plupart d’entre nous avons à vivre deux vies. Tandis que nous luttons pour obtenir la grandeur dans la piscine, nous devons également nous débrouiller dans nos vies hors des bassins. Quand la Dame de Fer prépare les championnats du monde de Budapest, Katinka se prépare pour la vie d’après la natation. Quand le monde nous tient, nous les nageurs, pour les professionnels les plus durs et déterminés, nos dirigeants semblent penser que notre sport est amateur, et c’est exactement de cette façon qu’ils nous traitent.

Si la natation n’est toujours pas un sport professionnel, alors cela est le reflet du travail que la FINA a fait ces dernières décennies, non pas le reflet d’un des sports fondamentaux du développement athlétique de l’enfant. Il existe une raison pour laquelle bien des enfants ne vont pas à la natation compétitive ; elle est extrêmement exigeante. Si vous voulez devenir un nageur en 2017, vous devez avoir une certitude. Si vous ne vous situez pas dans le « top 5 »’ mondial, vous investirez plus que vous gagnerez. Cela vous semble-t-il intéressant ? Pas vraiment. Peut-on rendre la chose plus attractive ? Je suis certaine que nous le pouvons, aussi longtemps que la FINA nous aidera, au lieu de refouler les meilleurs athlètes en arrière.

« NOS DIRIGEANTS NE NOUS ECOUTENT PAS »

D’abord, ils devraient tendre la main et nous écouter, nous, les nageurs. Ils devraient nous écouter et ne pas décider des changements majeurs des règles sans notre apport dans le sujet. S’ils nous avaient demandé notre opinion, nous aurions pu leur dire que la Coupe du Monde a un énorme potentiel, mais que les nouveaux changements de règles sont destructeurs et hypocrites.

Tout le monde pense que les nouveaux règlements de la Coupe du monde ont été faits contre Katinka Hosszu. C’est partiellement vrai, parce qu’ils m’ont définitivement baisée, imaginez, je suis comme un de ces étudiants qui ont des 10 dans toutes les matières et qui en plus ont pris le dessin et de chant en activité extracurriculaires. Aussi, l’année suivante, on me dit que je ne peux plus effectuer d’activités extracurriculaires parce que mes succès dérangent le reste des étudiants. La vérité est que seul le prof est ennuyé.

Je pourrais me voir comme une victime, mais d’un autre côté, je reçois des avantages de la FINA que je n’ai jamais requis. Je ne veux pas avancer automatiquement en finales des compétitions de la FINA sur la base de mes résultats précédents en compétitions internationales. Je veux lutter pour les places de finale avec les nouveaux talents, les Iwasakis et les Egerszegis, et s’ils sont meilleurs que moi à l’âge de 14 ans, laissons-les montrer leur talent. Avec les nouveaux changements en Coupe du monde, ils vont partir avec un désavantage – ils devront également attendre que les nageurs du sommet deviennent vieux avant d’avoir droit à leur tour à l’avancement automatique en finales. C’est tout simplement injuste.

LES NOUVELLES REGLES DE LA COUPE DU MONDE SONT INJUSTES

Selon les nouvelles règles de la compétition, chaque épreuve ne sera pas nagée à chaque étape. Ainsi par exemple, le meilleur nageur allemand pourrait ne pas nager dans son pays parce que sa ou ses courses privilégiées ne seront disputées qu’à Moscou ou Eindhoven, mais pas à Berlin. Pourquoi la FINA érige-t-elle des règles qui sont nocives pour les nageurs, les organisateurs de la compétition, la Coupe du monde elle-même et la natation dans son ensemble ? Ces règles menacent l’avenir même du sport, aussi je ne puis les appuyer par mon silence.

Comment un sport peut-il étiqueter « innovations » de nouvelles règles destructives, limitatives de la participation des athlètes du sommet ? La NBA limiterait-elle une de ses plus grandes étoiles, Le Bron James, dans sa huitième participation à la grande finale l’année prochaine ? L’ATP va-t-elle rappeler à Nadal et Federer que leur temps est terminé ? En tant que visage actuel de la natation, je devrais être concentrée sur la préservation et l’extension de ma carrière en ne disputant pas un trop grand nombre de compétitions et de veiller à ce qu’on n’abuse pas de mon image, et me voici maintenant en train de lutter pour pouvoir me présenter à toutes les épreuves qu’il me plait et à continuer à populariser mon sport.

S’il vous plait, ne croyez pas que les dirigeants de la FINA ne savent pas tout ça. Ils désespèrent de conserver vivante l’importance et la prospérité des championnats du monde – un événement dont les revenus et profits ne sont pas partagés avec les athlètes – en détruisant la Coupe du monde, une compétition qui pourrait représenter à l’avenir une opportunité plus lucrative financièrement pour plusieurs nageurs ; la FINA, clairement, voit qu’elle pourrait desserrer son pouvoir total sur la natation mondiale si même seulement les images de quelques individualités pourraient dépasser celle de la FINA. Mon sujet ne concerne pas Katinka Hosszu, mais les nageurs ayant déjà réalisé qu’ils disposaient d’un pouvoir suffisant pour influencer l’avenir du sport.   

LES DIRIGEANTS DE LA FINA NE VEULENT PAS TRAITER LES NAGEURS COMME DES PARTENAIRES EGAUX DE NEGOCIATIONS

Je crois fort que la natation peut être un sport pro, mais pour cela, nous devons briser la vieille mentalité qui a dominé depuis de longues décennies, basée sur l’idéal tous sont égaux, mais parmi les égaux se trouvent de plus égaux que les autres. Les dirigeants de la FINA ont déjà décidé : ils ne veulent pas traiter les nageurs comme des partenaires égaux de négociation, et en sens contraire ils ont créé des règles destructives, qui limitent de façon spécifique nos opportunités. Au lieu de représenter le sport et les intérêts des nageurs, ils se concentrent exclusivement sur l’avancement de leurs propres intérêts professionnels et opèrent comme si l’on était en 1989 plutôt qu’en 2017.  

6,9 milliards. Selon la FINA, c’est le nombre de fois que les gens allumèrent leurs postes de télé pour suivre les championnats du monde de Kazan, en Russie. Ces mêmes personnes, qui se vantent au sujet de ces chiffres de retransmissions, prennent bien soin de nous dire qu’il n’y a guère d’argent dans la natation, en faisant un sport amateur. Si ce qu’ils nous disent est vrai, alors nous devrions voir combien de revenus sont générés par les droits télé. Si tous les nageurs se voient interdire le port des casques (à écouteurs) de leurs sponsors, depuis qu’un article d’un contrat signé par la FINA a spécifié une telle interdiction, pourquoi alors les nageurs ne sauraient-ils pas ce que la FINA retire de ce partenariat ? Pourquoi les nageurs ne pourraient-ils bénéficier de l’événement le plus achevé de leur propre sport ? Ceci sans même mentionner les logos sur les appareils !

LA FINA EST DANS UN CHAOS, ET PRATIQUE ZERO TRANSPARENCE

Il n’est pas exagéré de dire que la FINA est dans un chaos. Il y a un manque de transparence dans ses finances, le changement constant de ses règlements, et ses chefs sans vision. Au départ, cela peut sembler un peu effrayant, mais il est temps pour nous, les nageurs, de faire quelque chose au sujet de l’avenir de notre sport. Nous n’aurions pas même besoin d’être des pionniers. Il y a eu avant nous tant d’exemples exaltants dans d’autres sports.

Les règles de la NBA prévoient que la ligue doit rétrocéder plus de la moitié des Revenus Reliés au Basket aux joueurs ; exactement 51% des sommes vont aux athlètes, comme salaires, ni plus ni moins. De ce fait, autant la ligue que les athlètes ont les mêmes motifs. Ce système est transparent et juste. Savez-vous pourquoi la Ligue s’est-elle construite ainsi ? Non parce que les dirigeants de la NBA sont tellement généreux et ont offert ces pourcentages aux joueurs ? Non, c’est parce que les joueurs ont reconnu la puissance d’être unis et la NBA réalisa qu’elle n’était rien sans les athlètes.

En 1973, Nikola Pilic, le meilleur joueur yougoslave de tennis du temps fut banni de sa fédération pour avoir participé à une compétition professionnelle au Canada au lieu de jouer gratuitement dans son équipe nationale. Quand le tournoi de Wimbledon récusa sa participation sur les bases de sa sanction, Pilic fut furieux ! Le tennis se développait alors, et hommes d’affaires, agents, et télévision attendaient de recevoir leur part du gros argent que les joueurs pouvaient faire avec leurs performances. Ceux-ci savaient qu’ils devaient se préparer pour ce changement, et un an plus tôt ils établirent leur ATP (Association des Pro du Tennis). Pilic évoqua son interdiction au président de l’Association, lequel convainquit 50% des joueurs de signer une pétition selon laquelle, si Pilic ne jouait pas, ils ne joueraient pas. La Fédération internationale, les médias et le public raillèrent cette faible tentative des joueurs et parièrent sur un changement de position à la veille du tournoi, mais à la fin des engagements, seuls un britannique et quatre joueurs de l’Est étaient engagés, les 81 meilleurs joueurs du monde restant solidaires. Ce fut le plus minable Wimbledon de l’histoire, le public assistant à des matches de joueurs de troisième rang.

ON A RAISON DE SE REVOLTER

La Fédération Internationale fut forcée de réaliser que le pouvoir se situait dans les mains des joueurs, elle leva aussitôt la punition contre Pilic, donna aux athlètes la liberté de choisir où et quand ils voulaient jouer et avoir leur mot dans les changements de règlement. Dès lors dans les dix années qui suivirent, le tennis est devenu un des sports les plus profitables, pour les organisateurs, les joueurs et toutes les personnes impliquées. Nous devons apprendre du boycott de Wimbledon, parce que sans lui, il n’y aurait pas eu ces grands, les Agassi, Federer ou Djokovic. Leur message a la clarté du cristal : nous devons nous lever, et ne pas les laisser décider sans nous, quand et où nous pouvons nager et pour combien d’argent. Si les règles qu’ils ont créées sans demander notre avis sont nuisibles, illogiques et vaines, nous devons nous lever pour ce que nous croyons, parce que telle est notre responsabilité.

J’ai 28 ans, j’ai gagné 21 médailles aux Jeux olympiques, aux championnats du monde et d’Europe, et je suis sûr de me trouver dans la seconde moitié de ma carrière. Je pourrais mettre ma tête dans le sable, disputer encore quelques compétitions et vivre confortablement le reste de ma vie. Croyez-moi, je n’écris pas ceci pour moi mais pour les jeunes nageurs et les générations qui viennent ensuite.

N’est-il pas merveilleux de voir des enfants de huit ans courir vers nous et, admiratifs, nous demander des autographes ? N’est-il pas merveilleux que des adultes nous voient comme des modèles de rôles ? N’êtes-vous pas fier quand vous entendez un grand-père dire à son fils qu’on devrait être leur héros ? Pour eux et des millions de gens, nous sommes le sport de la natation. C’est pourquoi la façon de changer notre sport est notre responsabilité. L’opportunité a toujours été devant nous. Mais c’est à nous de prendre cette chance, et comme toute performance, nous devons commencer cela ensemble ; mais plutôt que de concourir les uns contre les autres, cette fois, nous devons combattre ensemble, comme une seule personne.

Katinka Hosszú

 

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS

Letter to Swimming

Budapest, 06.21.2017

 

Dear Fellow Swimmers,

 

You might be reading these words in the middle of the night or just before dawn. I am not sure when you find the time, but what I do know for sure is that from all of the elite athletes in the world, swimmers get up the earliest and go to bed the latest. This isn’t exactly by choice. Most of us have to live two lives. While we strive for greatness in the pool, we must also manage our lives outside the pool. While the Iron Lady is preparing for Worlds in Budapest, Katinka prepares for her life after swimming. Although the World sees us, swimmers, as one of the most hard working and determined professionals, our leaders seem to think our sport is amateur, therefore we are amateurs, and that is exactly the way they treat us. 

If swimming is still not a professional sport, then that is a reflection of the work FINA has been doing for the past few decades, not a reflection on the sport that is one of the fundamentals of childhood athletic development. There is a reason why many children do not stick to competitive swimming; it is extremely challenging. If you want to be a swimmer in 2017, you can know one thing is for sure, if you are not in the top 5 in the World, you will invest more than you will make. Does it sound attractive? Not really. Could we make it more appealing? I am certain that we can, so long as FINA helps us, instead of holding the best athletes back. 

First of all, they should reach out and listen to us, the swimmers. They should hear us out and not decide upon major rule changes without our input on the topic. If they would have asked for our opinion, we could have told them that the World Cup has huge potential, but the planned new rule changes are destructive and hypocritical.

Everyone thinks that the new World Cup rule changes are against Katinka Hosszu. That can be partially true, because they definitely screwed me over. Imagine, I’m like one of those students that got straight A’s in every class, plus took-on drawing and chorus as extra curricular activities. Then, the next year I’m told I cannot do extra curricular activities because my success was bothering the rest of the students. The real truth, however, was that it was only the teacher who was bothered.

I could view myself as a victim, but, on the other hand, I get advantages from FINA that I never requested. I don’t want to automatically advance to the finals of the World Cup competitions based on my previous results at international competitions. I want to race for the final spots with young talents, like Iwasakis or Egerszegis, and if they are better than me at the age of 14, let them show their talent. With the new World Cup rule changes they have to start from a disadvantage—they have to wait until the sport’s top athletes get old or finish their careers before they can have the advantage of automatic advancement to finals. This is just not fair. 

According to the new rules of the competition, every event won’t be offered at every stop. Now, for example, a top German swimmer might not compete in his own country because his main event (or events) will only be offered in Moscow or Eindhoven, but not Berlin. Why does FINA make rules that are harmful for the athletes, the organizers of the competition, the World Cup itself and swimming as a whole? These rules are risking the future of our sport, which I am not willing to support with my silence. 

How can a sport label rules “innovative” when they are actually destructive, limiting the participation of the sport’s top athletes? Will the NBA limit one of its biggest stars, LeBron James, in his eighth participation in the big final next year? Will the ATP try to remind Nadal and Federer that their time is over? As one of the current faces of swimming, I should be focused on preserving and extending my career by not taking on too many events and not having my image being overused. Instead, here I am fighting to be allowed to swim as much as I want and to continue to popularize my sport. 

Please don’t think that the leaders of FINA don’t know all of this. They are desperate to keep the importance of the World Championships alive and thriving – an event in which the revenues and profits do not get shared with the athletes – by destroying the World Cup, an event that could be in the future a more lucrative opportunity financially for many swimmers. FINA clearly sees that they could loose their complete power over the sport if even a few of the athlete’s images were to grow bigger than FINA’s. My story is not about Katinka Hosszu but about all the professional swimmers who have already realized they have enough power to influence the sport’s future.

I strongly believe that swimming can be a real professional sport, but for that we need to break the sport’s previous decades long mentality, which is based on the idea: everyone is equal, but among equals there should be more equals. FINA’s leaders have already decided: they do not want to treat the swimmers as equal negotiating partners, and instead they created destructive rules, which are specifically limiting our opportunities. Instead of representing the sport and the swimmers’ interests, they focus exclusively to please their own business interests while they operate as if it were 1989 rather than 2017. 

6,8 billion. According to FINA this is how many times people switched to the TV broadcasts of the 2015 World Championships in Kazan, Russia. These same people, who are bragging about these amazing broadcasting numbers, dare to tell us that there is no money in swimming, making it an amateur sport. If this is in fact true, why can’t we see how much revenue was generated from the broadcasting rights? If all swimmers are blocked from wearing headphones from one of their own personal sponsors, since one of FINA’s sponsorship contracts specifically blocks this, then why can’t the swimmers see exactly how FINA is benefitting from this partnership? Why can’t the swimmers benefit from the sport’s most popular international events? This is not even mentioning logos on apparel. 

It’s not an exaggeration to say that FINA is in chaos. There is the lack of transparency in the financials, the constantly changing rules, and leaders with no vision. At first it may seem a bit scary, but this is the time for us, the swimmers, to do something about the future of our sport. We wouldn’t need to be pioneers; there are so many inspiring examples from other sports before us.

Based on regulations in the NBA, the league has to give more than half of the yearly Basketball Related Income to the athletes; exactly 51% goes to the athletes as salary, not more, not less. Therefore both the league and the athletes have the same motives. This system is transparent and fair. Do you know why the league is set up this way? Not because the leadership of NBA was so generous and offered a percentage of the Basketball Related Income as a gift. It’s because the players recognized the power of being united and the NBA had to realize that without the players the league would be worth nothing. 

In 1973, Nikola Pilic, the best Yugoslavian tennis player of his time, was banned by his federation because instead of playing for the national team for free, he participated in a Canadian prize money competition. When the organizers of Wimbledon told Pilic that because of his sanction he couldn’t compete, he was furious. 

Tennis was on its rise at this time: businessmen, agents, and broadcasters were all waiting to come in for their cut of the big money that the players could make with their performances. The athletes knew that they had to be prepared for this change, so a year earlier they established ATP (Association of Tennis Professionals). Pilic told the president of the players association about his ban, who then convinced almost all of the 50 top tennis players to sign a petition which said, If he won’t play, we won’t either. 

The international federation, the media and the public laughed at the athletes for their weak attempt unify and everyone was sure that when the biggest tournament was about to start the athletes will change their mind. On the day of the draw, out of all the biggest stars, there was only one English and four East-European players set to compete. (The English player was there for patriotic reasons and the other four players because of their communist country’s pressure.) The other 81 players left united. And what was the result? The most awkward sporting event of all time, where the 300,000 fans could watch amateur third class players compete. It became clear, even the biggest, most prestigious event is worthless without the best athletes. 

The international federation was forced to realize, the power was in the player’s hands: they immediately cleared Pilic’s ban, gave the athletes the freedom to choose where and when they want to play and to let the athletes have a say on the most important decisions and rule changes of the sport’s future. 

From that point on there was no stopping: in the next 10 years the prize money increased tenfold and tennis has become one of the most profitable sports of all time, and not just for the organizers or the players, but for everyone involved.

We must learn from the boycott of Wimbledon, because without them there wouldn’t be greats like Agassi, Federer, or Djokovic. Their message is crystal clear: we have to stand up for ourselves, we don’t have to let them decide without us, when and where we compete and for how much money. If the rules – which they create without asking for our opinion – are harmful, illogical and pointless, we have to stand up for what we believe in because that’s our responsibility!

I’m 28 years old. I’ve won 21 gold medals in the Olympics, World and European championships, and I’m sure I am already in the back half of my career. I could put my head in the sand, compete a little longer and then live comfortably for the rest of my life. Believe me, I am not writing these words for myself, but for the younger swimmers and those generations who come after them. 

Isn’t it amazing when 8-year-old kids are running up to us with awe and asking for autographs? Isn’t it amazing when successful adults look at us as their role models? Aren’t you proud when you hear a grandpa tell his grandchild that we should be their heroes? For them and millions of people, we are the sport of swimming. This is why it is our responsibility how we change the future of swimming. 

The opportunity has always been right in front of us. But it is up to us to take the chance. Just like in any performance, we all have to start this together, but instead of us competing against each other, this time we have to fight together as one.

 Katinka Hosszú

CANET-EN-ROUSSILLON : JULIA EFIMOVA, 30s04 AU 50 BRASSE

Eric LAHMY

Mardi 21 Juin 2017

Une performance de Julia EFIMOVA n’avait pas été enregistrée, dans les résultats du meeting de Canet-en-Roussillon, le week-end dernier. Il s’agit du 50 brasse, que la Russe a gagné en 30s04, largement devant la Suédoise Jennie JOHANSSON, 30s77. Un résultat qui répond à la domination, par la multiple championne du monde et championne olympique russe, de la spécialité à Canet-en-Roussillon. Cette saison, EFIMOVA a nagé la longueur de bassin en 29s88 (avril dernier). Sous les 30 secondes, on compte jusqu’ici Ruta MEILUTYTE, 29s48 (2013), 29s74 (2015), 29s88 (2014) et 29s98 (2016), Jessica HARDY, 29s80 et Breeja LARSON, 29s95 ; et le record personnel d’EFIMOVA, 29s52, date de 2013

50 brasse : 1. Julia EFIMOVA (Russie), 30s04 ; 2. Jennie JOHANSSON (SWE), 30s77 ; 3. Jessica HANSEN (AUS), 30s83 ; 4. Jenna LAUKKANEN (FIN), 31s13.

SARAH SJÖSTRÖM, TRANSFORMER AQUATIQUE : SURVIVANTE DU POLYURÉTHANE, LA SUÉDOISE A L’ART DE SE RÉINVENTER

Éric LAHMY

Lundi 19 Juin 2017

RECORDWOMAN DU MONDE EN POLYURÉTHANE, CHAMPIONNE OLYMPIQUE APRÈS DEUX ANS DE GALÈRE, SARAH SJÖSTRÖM NE CESSE DE SE RENOUVELER. LA TROISIÈME VERSION DE CE TRANSFORMEUR AQUATIQUE ET HUMAIN EST ENCORE AMÉLIORÉE !

Peut-on trouver un dénominateur commun à deux aventures comme celles de Sarah SJÖSTRÖM et Katinka HOSSZU ? Les deux nageuses partagent certaines similitudes. Elles pratiquent plusieurs styles avec talent – papillon, crawl et dos pour l’une, dos, crawl, papillon mais aussi quatre nages pour l’autre. SJÖSTRÖM s’exprime cependant sur un registre plus court (50, 100 et 200) qu’HOSSZU qu’on a vu nager avec succès du 100 (dos) au 1500 libre. Mais quelque part, la Suédoise a été inspirée par la Hongroise, et elle a essayé de la battre à son jeu…

SJÖSTRÖM, avant de devenir une des nageuses dominatrices de l’époque, apparait à 14 ans, en 2008, aux championnats d’Europe, dont elle enlève le titre du 100 mètres papillon (en 58s44) en battant le record de Suède (58s38 en demi-finales), effaçant le nom d’Anna-Karin KAMMERLING et sa performance, 58s71. Mais en année olympique, un, les championnats d’Europe ne réunissent pas la fine fleur des nageurs du vieux Continent et, deux, ce ne sont pas toujours des nageurs au sommet de leur forme, sans compter que, trois, les Européennes sont assez loin de régner en papillon. On le verra aux Jeux de Pékin où les meilleures exposantes du vieux continent sur 100 mètres papillon, Jemma LOWE, Grande-Bretagne, et Inge DEKKER, Pays-Bas, se classent 6e (58s06) et 8e (58s54) de la finale.

Sarah, elle, est encore une toute jeune fille surdouée et pétrie de promesses qui termine 27e de la course olympique en 59s06. Dans le relais quatre nages, on lui préfère d’ailleurs Anna-Karin KAMMERLING, 27 ans, qui a battu deux fois le record du monde du 50 papillon, dont un à 25s27 en 2001. SJÖSTRÖM n’existe pas encore en crawl, où Therese ALSHAMMAR et Josefin LILLAGE dominent la place en Suède, et elle n’entre pas dans le relais quatre fois 100 mètres.

Un an plus tard, aux mondiaux de Rome, elle s’installe dans le relais, avec en séries le meilleur parcours parmi les Suédoises, 53s14 lancée ; le quatuor se qualifie en finale et bat le record de Suède, 3’35s31. En finale, où les Néerlandaises arrachent titre et record aux Australienne, la Suède est 5e. Et en papillon ? Sur 50, pour la Suède, c’est ALSHAMMAR à tous les étages, record national, 25s44, en séries, record du monde, 25s07 en demi-finales, et… panne en finale, 4e en 25s59, à onze centièmes du titre. SJÖSTRÖM, passe sans encombre séries (25s74), demis (25s76) et fait 6e de la finale (25s66), à 18/100e de la gagnante australienne Marieke GUEHRER. C’est cependant sur 100 mètres papillon qu’elle se révèle dans toute sa splendeur : première partout, en séries, 56s76 (record de Suède) ; en demi-finales, 56s44 (record du monde) ; en finale, 56s06, record du monde (devant Jessicah SCHIPPERS, Australie, 56s23) ! Autre démonstration, dans le relais quatre nages : Sarah, engagée… en dos, bat le record national avec 1’0s74.

Mais on sait que les combinaisons de bain en polyuréthane ont chamboulé la natation, et que derrière chaque record mondial, leur effet sur la glisse et la portance du nageur et de la nageuse fait des « miracles ».

Une révolte généralisée des techniciens conduit à leur interdiction pure et simple. Peut-être à cause de ses dimensions, sa puissance musculaire, ses entraîneurs ont-ils négligés certains détails de sa nage et aussi l’ont-ils poussée dans la direction d’un alourdissement, Sarah SJÖSTRÖM, comme beaucoup d’autres, perd beaucoup dans ce reniement technologique. Certes, elle est championne d’Europe 2010 devant Francesca HALSALL et Therese ALSHAMMAR, mais dans un temps, 57s32, d’une seconde trois dixièmes plus lent qu’à Rome. En revanche, elle confirme sa suprématie sur le 100 libre suédois avec deux parcours lancés de 53s77 dans le relais libre et de 53s73 dans le relais quatre nages. Elle finit d’ailleurs 4e du 100 libre en 54s16 derrière HALSALL, HERASIMENIA et HEEMSKERK (et 4e du 50 papillon en 26s14). Engagée dans le relais quatre fois 200, elle y réalise 1’56s70, lancée, ce qui en fait à coup sûr une finaliste potentielle d’une course qu’elle néglige de disputer en individuelle.

C’est pourtant sur 200 mètres que SJÖSTRÖM, aux championnats du monde de Shanghai, en 2011, va exprimer son potentiel de crawleuse : elle finit 4e de la finale (une place à laquelle elle semble souvent promise), derrière Federica PELLEGRINI, Kylie PALMER et Camille MUFFAT. Et en papillon ? 4e ex-aequo du 50 papillon (25s87) où triomphe Therese ALSHAMMAR, et 4e sur 100 (57s38) où une Américaine au physique arachnéen, Dana VOLLMER, s’impose à l’arraché devant Alicia COUTTS et LU Ying, 56s87 contre 56s94 et 57s06. SJÖSTRÖM, sans la combinaison magique, se bat bien, mais derrière : 57s29 en demis et 57s38 en finale.

VOLLMER n’a pas vraiment menacé le record du monde avec 56s47 en demi-finale, mais SJÖSTRÖM sait que derrière cette infériorité chronométrique apparente, se cache une supériorité technique de l’Américaine. La grande Suédoise, loin de valoir sa « marque » mondiale est clairement devancée…

Pour celles et ceux qui se trouvent dans sa situation, le choix n’existe pas. Il faut se réinventer ou sombrer. Et s’ils relèvent le défi, il y a toute une phase de réapprentissage. Après 2009, Federica Pellegrini, ses meilleures années derrière elle, refait quand même surface ; Stephanie Rice, séduisante « medleyer » australienne, sera moins dominatrice, mais après trois opérations aux épaules, et ceci peut expliquer cela ; Kirsty Coventry, Liu ZIge ou Gemma Spofforth ne remonteront jamais sur leur piédestal ; Paul Biedermann se situera entre deux eaux, Cesar Cielo, Fred Bousquet, Alain Bernard ou Amaury Leveaux s’en sortiront moins bien sans qu’on puisse garantir que l’âge, l’usure mentale n’ont rien eu à voir dans leurs difficultés.

[Il est très aléatoire de se baser sur ce genre de chiffres, qui sont rarement précis, mais je note qu’en 2008, Sarah SJÖSTRÖM, à quinze ans, pèse 70kg pour 1,81m, et qu’aujourd’hui, elle est annoncée à 68kg pour 1,86m (ce qui est assez difficile de croire). Il n’en reste pas moins qu’elle s’est allégée, ou qu’elle ne s’est pas alourdie, alors qu’elle a gagné 5 centimètres de taille.]

En 2012, aux Jeux de Londres, Sarah échoue en demis du 50 libre, avec le 14e temps, 25s08. La finale reviendra à KROMOWIDJOJO, en 24s05. Elle rate la finale du 100 mètres pour sept centièmes avec 53s93, et KROMOWIDJOJO l’emporte en 53s00. Et dans « son » épreuve, le 100 mètres papillon, dont elle est la recordwoman du monde ? Elle gagne la 5e série, mais n’est alors que 5e au classement général, loin de Dana VOLLMER dont la forme étincelle : 56s25 contre 57s45 à la Suédoise. Sarah remporte sa demi-finale, en 57s27, mais trois minutes plus tard, VOLLMER, 56s36, Alicia COUTTS, Australie, 56s85, et Jeannette OTTESEN, 57s25, la surpassent. En finale, SJÖSTRÖM passera OTTESEN, certes, mais pour la 4e place, et ses 57s17 la laissent « dans » les pieds de VOLLMER qui lui arrache le record mondial : 55s98…

SJÖSTRÖM apparait dans les relais suédois, le quatre fois 100, disqualifié, et le quatre nages, où elle est présentée en dos, et qui n’atteint pas la finale.

En 2013, à force de se reconstruire, Sarah sort doucement de son purgatoire. Elle gagne six-dixièmes dans son 50 mètres aux mondiaux de Barcelone, par rapport aux Jeux, 24s45 contre 25s05, progrès qui l’introduit en finale et lui offre la 4e place. KROMOWIDJOJO gagne encore, mais SJÖSTRÖM n’est plus qu’à 4 dixièmes. Sur 100 mètres, c’est un double exploit : en demi-finale, où elle efface le record de Suède avec 52s87. En finale, où derrière Catherine CAMPBELL, 52s34, elle ravit l’argent, 52s89, devant… KROMOWIDJOJO, 53s42. Dans les relais de sprint, la Suède manque de bonnes nageuses pour prétendre aux podiums…

Aux championnats d’Europe 2014 de Berlin, Sarah SJÖSTRÖM est redevenue une conquérante, et cela se voit autant sur 100 mètres, où elle se joue de Femke HEEMSKERK et Michelle COLEMAN, en 52s67 contre 53s64 et 53s75. Sur 50 mètres, elle se situe entre deux super sprinteuses, Francesca HALSALL, qui, en 24s32, la devance (24s37) d’une main, et Jeannette OTTESEN, 24s53. Le papillon est un duel entre elle et OTTESEN, qui la devance d’un centième sur 100 (56s51 contre 56s52), mais qu’elle bat largement sur 50 (24s98 contre 25s34). Dans le quatre fois 100 mètres, ses équipières parviennent à lui donner le relais avec une avance minime, qu’elle accroit avec un parcours lancé en 52s14.

Sarah interpelle la curiosité générale dans le relais quatre fois 200 mètres. Elle qui ne nage pas la course en individuelle, signe un temps, lancé, de 1’53s64. Or la championne d’Europe, l’Italienne Federica PELLEGRINI, n’a pas fait mieux que 1’56s01, pour l’emporter. Et Sarah vaut trois secondes de mieux que la meilleure Suédoise, Michelle COLEMAN. Elle n’aime guère l’épreuve, qu’elle trouve trop longue, mais ses entraîneurs essaient de la pousser dans cette direction…

L’idée de faire nager le 200 mètres individuel prend du poids aux championnats du monde de Kazan, quand au départ du relais suédois, en finale, Sarah SJÖSTRÖM signe un énorme 1’54s31. Dans cette épreuve, Katie LEDECKY, lancée, ne peut faire mieux que 1’55s64. LEDECKY a gagné l’individuelle en 1’55s16, devant Federica PELLEGRINI, 1’55s32 et Missy FRANKLIN, 1’55s49.

Cette performance de SJÖSTRÖM est le résultat d’un gros travail d’endurance et de vitesse. A Kazan, elle a battu le record du monde du 100 mètres papillon, en 55s64, gagné le 50 papillon en 24s96, été 3e du 50 libre, derrière Bronte CAMPBELL et KROMOWIDJOJO, 2e du 100 mètres, en 52s70, derrière Bronte CAMPBELL, 52s52, devant Cate, 52s82. Mais tout le monde s’ébahit devant son 200 mètres, parce que des personnalités comme Michael PHELPS et Katinka HOSSZU ont rendu les spectateurs de ce sport insatiables. Les coaches de SJÖSTRÖM continuent de l’encourager dans cette voie.

Finalement, SJÖSTRÖM, volontiers ou pas, va plus ou moins suivre la voie qu’ils lui ont tracée en vue des Jeux olympiques. Mais elle se refusera toujours à s’aligner sur 200 mètres papillon !

C’est aux Jeux olympiques de Rio que SJÖSTRÖM a fait savoir qu’elle quittait son entraîneur de toujours, Carl JENNER, pour tenter une nouvelle aventure, auprès de Johann Wallberg. Pourquoi lui ? Parce que cet entraîneur national a été l’entraîneur, le compagnon, et le père de l’enfant de Therese Alshammar, qui a été l’inspiratrice de la jeune SJÖSTRÖM.

Je pense aussi qu’il s’agit pour elle de se recentrer sur ce que son gabarit, ses fibres musculaires et son tempérament lui dictent, le sprint court et prolongé. Sans préjuger de ce qui se passera à Budapest, on voit ce qu’un hiver selon cette approche lui a apporté. Une position extrêmement forte sur les quatre courses de vitesse, en libre et en papillon.

Carl Jenner, depuis ses onze ans. Après la déception de Londres, elle eut une explication avec son coach, et fut près de le quitter. On ne peut en dire autant après Rio. Mais « je ne voulais pas finir une aventure sur un échec. »

Tout porte à croire qu’après le sommet de Rio, Sarah tente un autre 8000 à Budapest.

CANET-EN-ROUSSILLON : SARAH SJÖSTRÖM LES A SCIÉES (SUÉDOIS)

Éric LAHMY

Lundi 19 Juin 2017

Sarah SJÖSTRÖM a assuré deux doublés de sprint, en nage libre et en papillon, avec des performances d’un niveau systématiquement exceptionnel. La Suédoise domine plus que jamais son sujet – et ses adversaires. On a vu hier qu’en 52s08, elle avait frôlé les records du monde et d’Europe du 100 libre de un et deux centièmes. Sur 50 libre, avec 23s85, elle a approché de deux centièmes son meilleur temps de l’année, réalisé le 10 avril à l’Open de Suède, à Stockholm.

En papillon, elle a nagé 24s95 et 55s76. Ce second temps est son record saisonnier, et, en attendant que les Américaines s’expriment sur ces épreuves, donnent à SJÖSTRÖM non seulement de dominer, mais en quelque sorte de représenter une classe à part ! Chaque fois qu’elle se met à l’eau, elle effectue des performances que nulle autre au monde ne peut égaler…

Sur ce plan, le 100 mètres nage libre représentait un véritable « exemple pédagogique » de sa puissance de feu, dans le contexte. En finale, s’étaient qualifiée, deux sœurs australiennes, les CAMPBELL, championnes du monde l’une en 2013, l’autre en 2015, et la co-championne olympique canadienne, Penelope OLEKSIAK. Le reste de la finale était d’une qualité telle que Charlotte BONNET, qui ambitionne une finale mondiale, ne put y accéder – il est vrai qu’on peut réunir dans un meeting un plateau supérieur aux mondiaux, puisqu’aux mondiaux ne peuvent entrer que deux nageurs par nation, alors qu’à Canet-en-Roussillon, on avait autant de filles (ainsi quatre Australiennes qui n’étaient pas piquées de hannetons) au départ des séries.

A l’arrivée, SJÖSTRÖM laissait l’aînée des CAMPBELL au niveau de ses hanches, et les autres plus loin derrière !

ÉMILY SEEBOHM A RETROUVÉ LA SANTÉ

Il n’y a pas eu que SJÖSTRÖM et son formidable numéro. Sur 200 dos, Emily SEEBOHM établissait un record de la saison, 2’6s66. Elle s’emparait aussi du 50 et du 100 dos. Malade, l’an passé, elle offrait un triste spectacle, celui d’une double championne du monde qui n’en pouvait mais ! Santé retrouvée, elle sera la fille à battre à Budapest.

Katinka HOSSZU n’exécute plus ces numéros de folle, s’engageant sur routes les distances, et ne réussit même plus aussi bien ses courses. Sur 200 dos, dont elle est la vice-championne olympique, elle a fait, ici, 4e, battue par SEEBOHM, USTINOVA et RUCK. Sur 100 dos, elle s’est qualifiée, avant de déclarer forfait pour la finale. Elle a cependant enlevé ses deux épreuves fétiches en quatre nages…

Julia EFIMOVA a enfin délivré le grand 100 brasse qui manquait à son registre ; sachant la vitesse supérieure démontrée par la Russe sur 50 et sur 200, elle donne l’impression, sur la distance intermédiaire, qu’il lui manque quelque chose, la faculté de conjuguer ce double potentiel. Là, avec un temps de 1’4s82, elle passe pour la première fois les 1’5s qu’elle avait seulement tutoyés en 2013, avec 1’5s02 à Barcelone…

MEHDY METELLA ASSURE SON DOUBLÉ

Sur 100 mètres, Mehdy METELLA, qui occupe la 6e place du bilan mondial 2017 avec 48s23, n’a pas eu à se surpasser (48s62) pour devancer la crème de la crème australienne, McEVOY et MAGNUSSEN, excusez du peu. Et sur 100 papillon, il accroche à son palmarès Laszlo CSEH et Chad LE CLOS, ce qui n’est pas rien non plus, en héritant d’un joli temps chronométrique…

Sur 200 papillon, le Hongrois KENDERESI frôle son meilleur temps de l’année (qui en fait le 3e performeur de la saison derrière les Nippons Sakai, 1’53s71, et Seto, 1’54s28, avec 1’54s98 contre 1’54s89 en avril à Debrecen.

Auteur d’un doublé sur 200 et 400 mètres, Alexandr KRASNYKH, 22 ans aujourd’hui 19 Juin, sur la distance la plus longue, s’est offert la 6e place de la saison. Le garçon est plus connu pour les performances en petit bassin (vice-champion du monde 2016 à Windsor).

Anton CHUPKOV, qui gagne 100 et 200 brasse, se situe, sur la plus longue épreuve, en 3e position dans le monde…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Bruno FRATUS, BRA, 21s92.

100 libre : 1. Mehdy METELLA, Marseille, 48s62 ; 2. Cameron McEVOY, AUS, 48s96 ; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 48s99 ; 4. Jérémy STRAVIUS, Amiens, 49s21 (en séries, 49s17) ; 5. Bruno FRATUS, BRA, 49s32 ; 6. Filippo MAGNINI, ITA, 49s48 ; 7. Lucca DOTTO, ITA, 49s49 (en séries, 49s29). Finale B : 1. Shinri SHIOURA, JPN, 48s95 ; 2. Hanser GARCIA HERNANDEZ, CUB, 48s96.

200 libre : 1. Alexandr KRASNYKH, RUS, 1’47s36 ; 2. Jérémy STRVIUS, Amiens, 1’47s89.

400 libre : 1. Alexandr KRASNYKH, RUS, 3’46s93; 2. Filip ZABOROWSKI, POL, 3’47s28; 3. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 3’48s47; 4. Wojciech WOJDAK, POL, 3’48s99

800 libre : 1. Wojciech WOJDAK, POL, 7’50s18; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 7’52s50; 3. Mackenzie HORTON, AUS, 7’54s53; 4. Filip ZABOROWSKI, POL, 7’55s75.

50 dos : 1. Jérémy STRAVIUS, Amiens, 25s28; 2. Taylor DALE, USA, 25s29; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 25s32. En séries, Ryan SHANE, AUS, 25s32.

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 54s11. En séries, Taylor DALE, USA, 54s73

200 dos : 1. Radoslaw KAWECKI, POL, 1’57s47.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 27s07; 2. Felipe LIMA, BRA, 27s26 (en séries, 27s14); 3. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 27s58; 4. Andrei NIKOLAEV, RUS, 27s61; 5. Richard FUNK, CAN, 27s78 (en séries, 27s77).

100 brasse : 1. Anton CHUPKOV, RUS, 59s53; 2. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 59s66; 3. Arno KAMMINGA, NED, 1’0s51; 4. Richard FUNK, CAN, 1’0s65; 5. Fabio SCOZZOLI, ITA, 1’0s97.

200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, RUS, 2’7s46; 2. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 2’10s94; 3. Erik PERSSON, SWE, 2’11s47; 4. David HORVATH, HUN, 2’13s85.

50 papillon : 1. Andrei GOVOROV, RUS, 23s05.

100 papillon : Mehdy METELLA, Marseille, 51s63 ; 2. Laszlo CSEH, HUN, 51s87 ; 3. Chad LE CLOS, RSA, 51s92 ; 4. Joeri VERLINDEN, NED, 52s21.

200 papillon : 1. Tamas KENDERESI, HUN, 1’54s98; 2. Laszlo CSEH, HUN, 1’56s39 ; 3. Chad LE CLOS, RSA, 1’56s64.         

200 4 nages : 1. Jérémy DESPLANCHES, SUI, 1’59s11. 

 

DAMES

50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s85; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s35; 3. Pernille BLUME, DAN, 24s47; 4. Anna SANTAMANS, Marseille, 24s74; 5. Bronte CAMBELL, AUS, 24s77; 6. Sandrine MAINVILLE, CAN, 24s97; 6. Tamara VAN VLIET, NED, 24s98 (En séries, 24s64). Finale B: 1. Catherine CAMPBELL, AUS, 24s88; 2. Chantal VAN LEDEGHEM, CAN, 25s05.

100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 52s08 ; 2. Catherine CAMPBELL, AUS, 53s03; 3. Michelle COLEMAN, SWE, 53s36; 4. Emma McKEON, AUS, 53s52; 5. Penny OLEKSIAK, CAN, 53s64; 6. Bronte CAMPBELL, AUS, 53s66; 7. Femke HEEMSKERK, NED, 54s15 (en séries, 54s14); 8. Sandrine MAINVILLE, CAN, 54s26. Finale B: 1. Charlotte BONNET, Nice, 54s44; 2. Madison WILSON, AUS, 54s78; 3. Chantal VAN LANDEGHEM, CAN, 54s93 (en séries, 54s73). En séries, Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 54s29; Brittany ELMSLIE, AUS, 54s70

200 libre : 1. Michelle COLEMAN, SWE, 1’56s22 ; 2. Emma McKEON, AUS, 1’56s29 ; 3. Femke HEEMSKERK, NED, 1’56s51 ; 4. Charlotte BONNET, Nice, 1’57s11 ; 5. Veronika POPOVA, RUS, 1’57s22 ; 6. Madison WILSON, AUS, 1’58s60. En séries, Katinka HOSSZU, HUN, 1’57s89 ; Madeline GROVES, AUS, 1’58s67.

400 libre : 1. Ajna KELESY, 16 ans, HUN, 4’6s42; 2. Veronika POPOVA, RUS, 4’7s17; 3. Holly HIBBOTT, GBR, 4’9s71; 4. Sharon VAN ROUWENDAAL, NED, 4’10s95.

800 libre : 1. Ajna KESELY, HUN, 8’31s50; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, NED, 8’33s56.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 28s13; 2. Maaike DE WAARD, NED, 28s34.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 59s57; 2. Taylor RUCK, CAN, 1’0s46; 3. Daria K. USTINOVA, RUS, 1’0s55; 4. Elizabeth SIMMONDS, GBR, 1’0s58; 5. Holly BARRATT, AUS, 1’0s92

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 2’6s66; 2. Daria-K. USTINOVA, RUS, 2’8s76; 3. Taylor RUCK, CAN, 2’9s54; 4. Katinka HOSSZU, HUN, 2’10s17; 5. Elizabeth SIMMONDS, GBR, 2’10s71.

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’4s82; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’6s79; 3. Jessica HANSEN, AUS, 1’7s06; 4. Jessica VAL MONTERO, ESP, 1’7s25; 5. Taylor McKEOWN, AUS, 1’7s35

200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’20s15; 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’24s41; 3. Chloe TUTTON, GBR, 2’24s42; 4. Jessica VAL MONTERO, ESP, 2’25s86; 5. Victoria ZEYNEP GUNES, TUR, 2’26s33; 6. Rikke MÖLLER PEDERSEN, DAN, 2’26s41; 7. Katie MATTS, GBR, 2’26s50.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s95; 2. Rikako IKEE, JPN, 25s79

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 55s76; 2. An SEMYON, COR, 57s28; 3. Penny OLEKSIAK, CAN, 57s32; 4. Rebecca SMITH, CAN, 58s11; 5. Alys THOMAS, GBR, 58s16; 6. Rikako IKEE, JPN, 58s29; 7. Liliana SZILAGYI, HUN, 58s40; 8. Kimberley BUYS, BEL, 58s67.

200 papillon : 1. Suzuka HASEGAWA, JPN, 2’6s94; 2. Alys THOMAS, GBR, 2’8s16.     

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’11s16; 2. Hiroko MAKINO, JPN, 2’12s34; 3. Erika SELTENREICH-HODGSON, 2’13s07.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’37s73; 2. Erika SELTENREICH-HODGSON, CAN, 4’39s64; 3. Viktoria ZEYNEP GUNES, TUR, 4’40s33.

LISA GRAF RECORD ALLEMAND DU 200 DOS DAMES EN 2’7s63

LISA GRAF RECORD ALLEMAND DU 200 DOS EN 2’7s63

Éric LAHMY

Lundi 19 Juin 2017

Lisa GRAF, déjà gagnante du 100 mètres dos des championnats d’Allemagne, a réussi le doublé, enlevant le 200 mètres et y ajoutant un nouveau record allemand, en 2’7s63. Elle succède à Jenny MENSING, tenante du record depuis 2012 et deuxième de la course dimanche. Graf, qui aura 25 ans le 13 novembre prochain, a été éliminé en demi-finales des mondiaux de Kazan et des Jeux de Rio, a réussi là une performance susceptible de la qualifier en finale (à Rio, la médaille de bronze était échue avec 2’7s54 à la Canadienne Hilary CALDWELL)… Le champion du monde du 200 mètres brasse Marco KOCH s’est imposé sur sa distance favorite dans un temps moyen pour lui. Sarah KOHLER, qui zavait gagné le 400, remporte le 800.

MESSIEURS.-

200 libre : 1. Poul ZELLMANN (Essen), 1’47s14 ; 2. Clemens RAPP (Neckarsulmer), 1’47s85.

200 brasse : 1. Marco KOCH (Darmstadt), 2’10s68; 2. Max PILGER (Essen), 2’12s12.

100 papillon: 1. Marius KUSCH (Munchen), 51s8

DAMES

50 libre : 1. Nina KOST (Heidelberg), 25s21.

800 libre : 1. Sarah KÖHLER (Frankfurt), 8’29s97; 2. Celine RIEDER (Saar Max Ritter), 8’33s03

200 dos : 1. Lisa GRAF 2’7s63 (record d’Allemagne, ancien, Jenny MENSING, 2’8s30) ; 2. Jenny MENSING (Wiesbaden), et Sonnela Öztürk (Spandau), 2’10s37

100 papillon : 1. Aliena SCHMIDKE (Magdebourg), 58s02 ; 2. Franziska HENTKE (Magdebourg), 58s56.