Catégorie : News

CAMILLE MUFFAT GLOIRE DU SPORT

ERIC LAHMY

Jeudi 7 Décembre 2017

Mardi dernier 5 décembre, Camille Muffat est devenue « Gloire du Sport ». La gloire, elle l’avait connue dans le 400 mètres libre des Jeux olympiques de Londres, en 2012, mais disons qu’elle vient d’être confirmée à ce titre et intronisée dans le temple de la renommée sportive qu’avait voulu il y a un peu plus de vingt ans Monique Berlioux. C’était à la Maison du Sport, au siège du Comité Olympique, à Paris, dont le président, Danis Masséglia, avait prêté l’amphithéâtre à l’association des internationaux, présidée aujourd’hui par le skieur Georges Mauduit, qui organise les gloires en question.

Je ne me souviens plus très bien de tous les récipiendaires de ce mardi, le basket avait été fortement honoré, avec Antoine Rigaudeau, excellemment représenté par Isabelle Fijalkolwsky herself, entre autres recordwoman des points marqués en équipe de France, et Elisabeth Riffiod, la grande demoiselle de Clermont (et modèle d’humilité) ; le football était bien loti également avec Manuel Amoros, arrière de choc(s) des années Platoche, et notre très vénéré ancien de L’Equipe Jacques Ferrand, 97 ans, une pointure du journalisme écrit (et bien écrit), doublé d’un gentleman et qui, après la retraite, s’était trouvé une passion pour les mathématiques ; un cycliste et capitaine d’équipe, Marc Madiot ; le roi des parachutistes, Jean-Michel PouletK dont le nom s’est perdu dans les nuages ; l’équipe française de ski des Jeux de Portillo, Jean-Michel Oprendek , un dirigeant escrimeur …

… Et donc Camille Muffat.

C’était l’occasion de m’émouvoir devant les images et les vidéos de cette championne et de tant regretter qu’une telle personne ait pu disparaître si prématurément dans un accident. Mais aussi pour moi de rencontrer ses parents, Laurence et Guy, que je n’avais jusqu’ici contactés que par courriel, et sa sœur, Chloé, qui vit et travaille aujourd’hui à Barcelone. Il ne manquait que Quentin, qui, études achevées aux USA, est aujourd’hui à Londres…

Une famille attachante, blessée et qui s’évertue à perpétuer le nom de leur fille.  

SUN YANG EN APPORTE LA PREUVE : ON PEUT AVOIR ÉTÉ DOPÉ ET RESTER POPULAIRE ! Éric LAHMY

Éric LAHMY

Mardi 5 Décembre 2017

Le triple champion olympique chinois Sun Yang vient de se voir attribuer par la Fédération internationale de natation un prix pour sa « contribution exceptionnelle à la popularité de la natation. » Le site britannique Inside The Games, qui donne l’information, parait s’en étonner. Sun Yang avait été suspendu secrètement pour dopage par sa fédération en 2014.

Vainqueur olympique du 400 et du 1500 mètres aux Jeux de Londres, en 2012, puis du 200 mètres aux Jeux de Rio en 2016, mais aussi médaillé d’argent sur 200 (2012) et du 400 (2016) et neuf fois champion du monde, Sun Yang a reçu son prix lors de la Soirée des Etoiles du Gala Aquatique mondial, à Sanya, préfecture du Hainan, dans le sud ouest de la Chine.

Le site britannique remarque que l’honneur fait à Sun n’a pas été mentionné par la FINA dans le communiqué de presse qui donnait la liste des autres vainqueurs de ce gala. Une peu honteuse, la FINA? On peut imaginer pourquoi. Bien que les dirigeants internationaux ne paraissent pas émus de distinguer des champions marqués par l’infamie d’un dopage positif, ils savent le peu de goût des medias (occidentaux, notamment), mais aussi de la communauté des nageurs, entraîneurs et dirigeants pour tout ce qui a trait au dopage. Aussi font-ils ça en petit comité…

Ecarté trois mois (17 mai-16 août 2014) des compétitions pour avoir été positif à la trimetazidine, un stimulant, il retourna à la compétition tandis que la fédération chinoise, ayant fait l’embargo sur l’information, annonçait son interdiction. Sun prétendit ignorer que le produit était interdit.

Inside the Games rappelle que Sun Yang n’a jamais été étranger à la controverse, qui fut même détenu une semaine en novembre 2013 pour avoir conduit sa Porsche Cayenne sans permis de conduire et avoir (malencontreusement) heurté un autobus ! Après les Jeux de Londres, il connut une période assez trouble, se rebellant contre son entraîneur afin de filer le parfait amour avec une jeune hôtesse de l’air, créant des conflits avec des supporters, ayant manifestement du mal à assumer un statut de célébrité qui le dépassait, et aussi à continuer de résister aux contraintes d’un sévère entraînement. Et peu de temps, cerise sur le gateau, on trouvait de la trimetazidine dans son métabolisme.

Sun Yang, depuis, a fait quelques progrès, pas seulement parce qu’on lui a aligné ses dents. Il a remercié ses différents mentors, sa famille, mais aussi la FINA de cette distinction. Policé, le garçon!

On eut aimé imaginer que le contrôle positif de Sun avait été accidentel. Mais la Chine a connu, depuis sa rentrée dans le giron mondial, dont elle s’était longtemps écartée pour des raisons politiques, de gros ennuis liés à l’utilisation de produits dopants, ce qui décourage toute naïveté concernant les méthodes utilisées avec ses sportifs. Méthodes qui avaient fait leurs preuves du temps de l’Allemagne de l’Est, et joyeusement recyclées. Une ancienne médecin de l’équipe olympique, Xue Yinxian, réfugiée en Allemagne, a parlé de dopage systématique, et de 1000 sportifs dopés au plus haut niveau dans les années 1980 et 1990.

En fait, toutes les médailles chinoises de l’époque sont entachées de produits interdits, a-t-elle prétendu. De nombreux incidents ont étayés ces affirmations, avec sept nageuses trouvées positives en 1994, aux Jeux asiatiques d’Hiroshima, peu de temps après les mondiaux où l’équipe chinoise avait brillé. Quatre ans plus tard, les douaniers australiens de l’aéroport de Sydney découvrirent dans les bagages d’une nageuse chinoise un drôle de casse-croute: assez d’hormones de croissance humaine pour en fournir à l’ensemble de l’équipe de Chine pendant toute la durée des championnats du monde qui devaient se dérouler à Perth. C’est pas pour nous, se sont écriés les Chinois, qui prétendaient en faire commerce. Alimentaire, mon cher Watson!

Discutable ou pas, la FINA a fait savoir qu’elle souhaitait que la distinction dont a fait l’objet Sun garantisse qu’il ne s’écarte pas du droit chemin dans la suite de sa carrière. Un argument dont la logique parait assez douteuse et qui revient à attribuer la légion d’honneur à un voleur dans l’espoir que cette décoration l’empêchera de récidiver.

« Comme vous le savez, ce gala s’est tenu en Chine et concerne la popularité de nageurs chinois en Chine, telle que requise par la natation chinoise, » ont encore déclaré les fédéraux… 

Une injonction à cesser de chinoiser, en quelque sorte.

QUAND GILLES SEZIONALE S’ATTACHE A TENIR SES ENGAGEMENTS DE CAMPAGNE  LA FEDE ENTRE EN DEMOCRATIE

LA DEMOCRATIE EN QUESTION A L’ASSEMBLEE GENERALE DE LA FFN DU 9 DECEMBRE 2017

Eric LAHMY

Mardi 5 Décembre 2017

       Ce samedi 9 décembre, l’assemblée générale de la FFN se réunit à Paris. Au programme, des modifications liées à la réforme de la gouvernance ; la limitation du nombre de mandats présidentiels est proposée (résolution n°4) ; on projette de réduire le « nombre de mandats du président à deux maximum, consécutifs ou non. » Ce texte nécessitera, pour être adopté, de réunir une « majorité qualifiée des deux tiers. »

       Autres réformes présentées comme essentielles ; parmi les conditions pour candidater au Comité directeur – c’est la résolution n° 5 – est proposée l’ « adoption à la majorité qualifiée des deux-tiers de la limitation de l’âge des candidats au Comité directeur à 70 ans au 1er janvier de l’année au cours de laquelle a lieu l’élection. »  La résolution n° 6 concerne, elle, l’ « adoption à la majorité qualifiée des deux tiers de la limitation de la candidature au Comité directeur aux personnes justifiant avoir été licenciées à la Fédération pendant trente-six mois consécutifs ou non. »

       Le président Sezionale et son groupe entendent aussi revoir certaines modalités d’élection du Comité directeur. Ainsi la résolution n° 7 prévoit-elle un vote direct des clubs, par correspondance lors des assemblées générales régionales, via un scrutin de liste mixte à un tour : une licence égale une voix. Une modalité expérimentée avec succès par la fédération française de volley-ball, dont les dirigeants de la FFN se sont pas mal inspirés.

       Innovation : la création d’une « Assemblée élective », formée des représentants directs des associations affiliées, et chargée d’élire les membres du Comité directeur. Dans cette assemblée, une licence égalera une voix. Changement, aussi, des modalités de vote, avec l’adoption du « vote électronique décentralisé », avant proclamation des résultats et élection du président lors d’une réunion nationale.

       L’équipe actuelle propose la mise en place d’un scrutin de liste mixte, avec « prime majoritaire » correspondant à 50% des sièges, et répartition des sièges restant à la proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu plus de 10% des voix, y compris celle arrivée en tête. Ce système permettra à l’équipe la mieux placée de gouverner en fonction de son projet sans devoir se soumettre à des contraintes de « panachages ». Panachage dont le synonyme le plus proche me semble être: combine.

       La volonté de favoriser une participation active des clubs dans la vie fédérale amène à proposer la résolution n° 8, laquelle prévoit l’adoption à la majorité simple de la possibilité de consulter les clubs sur tous les sujets liés à la mise en œuvre de la politique fédérale et/ou les choix stratégiques de la fédération.

       Ces différentes mesures sont inscrites dans l’adoption de statuts amendés de la Fédération. On ne réécrit pas les statuts, mais on remodèle certains articles en les rédigeant mieux ou en actualisant les textes (par rapport à la législation changeante des textes, essentiellement ceux inscrits dans le Code du sport).

DES PRINCIPES POUR L’ACTION

       Ainsi, dès l’article 1 des dits statuts, on ajoute une phrase concernant la philosophie de la FFN, et sur sa « mission de promouvoir et de propager, directement et/ou au moyen de ses organes déconcentrés, les valeurs de la natation », et, un peu plus loin, une autre sur un mode d’action fédéral : « la fédération peut, sur décision de son comité directeur, apporter un soutien financier sous forme de convention de trésorerie à ses ligues régionales ou à ses comités départementaux à titre exceptionnel. »

       Ces lignes inscrivent la double volonté d’établir des principes, et d’ouvrir la natation au-delà des limites du siège fédéral…

       Les réformes souhaitées par la présidence nécessitent  une large réécriture de certains articles du règlement intérieur de la FFN, ainsi ceux qui concernent les candidatures et l’élection du comité directeur, la période électorales, les listes de candidats, les modalités de vote, etc.

       La volonté de pouvoir consulter les clubs affiliés fait l’objet d’un ajout réglementaire.

       Certains amendements concernent le règlement disciplinaire de la FFN et celui de la profession d’agents sportifs.

       En résumé, si l’on saisit l’esprit de ces changements réglementaires, qu’est-ce qu’ils signifient ? Une certaine déconcentration des pouvoirs avec une possibilité d’intervention des régions, des départements et, désormais des clubs (jusqu’ici privés de toute possibilité d’action : ils n’existaient pour ainsi dire pas, n’ayant pas voix au chapitre) et un gros effort de démocratisation des votations et des pouvoirs de la Fédération et de son président.

       Ces changements ne doivent pas étonner, puisqu’il s’agit, pour M. Gilles Sezionale, de tenir ses engagements de campagne, lesquels ont abouti à son élection, le 2 avril dernier. Face au président sortant, M. Francis Luyce, lequel s’accrochait à son poste après 24 années de mandature et sollicitait un septième blanc-seign en attendant un huitième qui l’aurait amené, espérait-il, jusqu’au Jeux olympiques 2024 de Paris, son adversaire proposait (et confirme ici) une limitation de la présidence à deux mandats (successifs ou non). Comme en outre Luyce ne permettait pas à un sang neuf d’entrer au comité directeur, ce qui amenait un vieillissement continu de l’âge moyen (70 ans fin 2016), parallèlement à l’ancienneté du capitaine, on propose maintenant de ne pas permettre de se présenter à des candidats de plus de 70 ans (ce qui dès lors permet quand même d’être membre du bureau, pour certains jusqu’à 74 ans).

       Toutes ces propositions vont-elles être entérinées sans mal ? Il semble que oui, mais dans l’équipe du président, on s’attend à un certain nombre de désaccords, soit de principes, soit de détails, sur tout ou partie de cette refonte, issus de régions.

       L’une des critiques de ces points discutés ce samedi à Paris consiste à s’étonner que les Sezionale’s boys and girls se pressent de réformer tellement en amont de la prochaine élection. Critique que je trouve très mal venue, car en effet, M. Sezionale, en tenant immédiatement ses promesses de campagne, montre qu’il ne manipule guère, qu’il agit non pas en fonction d’une stratégie ou d’une tactique, mais bien au regard de principes. En partant de très loin, il prend même le risque de s’ôter toute possibilité de manœuvre de la onzième heure a la veille des élections de 2020 ou 2021.

       Par rapport à tout un machiavélisme au petit pied, je trouve cela, j’ose le mot, chevaleresque.

       Sur bien des points, en revanche, on pourrait bien sûr arguer et proposer des amendements ou des formulations différentes. On peut toujours imaginer une meilleure rédaction, soulever tel lièvre, telle chausse-trappe que les rédacteurs n’ont pas aperçus, prévenir des dysfonctionnements… On subodore que d’aucuns ne s’en priveront pas, mais on espère que les tempéraments constitutionnalistes ne se laisseront pas guider, outre un esprit vétilleux, par des visées partisanes ou des rêves de reconquête.

FEDERATION, REGIONS, DEPARTEMENTS, CLUBS : QUAND LE POUVOIR EST PARTOUT, TOUT LE MONDE EST RESPONSABLE

       Il n’est pas interdit de s’inquiéter d’un autre type de réflexes. Si M. Sezionale et sa garde rapprochée du Bureau ne paraissent pas craindre un amoindrissement de leurs prérogatives (que contrebalancerait, dès 2020, une élection la plus largement démocratique donnant enfin à la présidence une vaste assise populaire), les régions pourraient s’alarmer que tout supplément de pouvoir des clubs se traduirait par un affaiblissement parallèle et de sens inverse du leur. Bien sûr, seul le fonctionnement de ce type décentralisé de pouvoir pourra nous renseigner directement sur sa viabilité. Mais on est en droit de se demander en quoi une région devrait s’inquiéter de la vigueur des clubs, ceux-ci étant par définition ses propres constituants…

       …Exercer le pouvoir en adulte, ça ne devrait pas être régner, mais partager les responsabilités…

       Pour avoir parcouru assez vite toute cette littérature réglementaire qui précède et va nourrir les questionnements divers de l’assemblée, il me semble aussi que la fédération tente de s’aligner sur certaines propositions de son autorité de tutelle ministérielle. Il en va ainsi de l’adoption d’une charte d’éthique et de déontologie, dont les agents du ministère semblaient déplorer l’absence lors des différents audits qu’ils ont pu mener auprès de la fédé.

       Laquelle absence ne paraissait pas émouvoir l’ancien président de la fédération, qui, assez peu féru de déontologie déclarait à tort ou à raison qu’il suffisait de se référer aux textes inclus dans la charte du sport…

       Au sujet de cette charte dite d’éthique et de déontologie, on note la création d’un comité idoine – d’éthique et de déontologie, neuf membres : trois juristes, trois « techniciens » (science, médecine, technique), trois « personnalités reconnues par leur rayonnement ».

       Le Comité, tel que présenté, serait présidé par Sébastien ROUAULT, l’ancien champion d’Europe de demi-fond, et composé en outre de Marine Desjardins, François Prizac, Jean-Philippe Sollberger, Michel Billard, Sylvie Le Noach-Bozon, Alain Michelet, Alexandre Camarasa et Mathieu Rosset.

       Le texte présentant ce comité d’éthique m’a paru être pour l’instant mal écrit, plutôt laconique et fort incomplet. Il semble que ses rédacteurs ne soient pas allés au bout de son élaboration. Je ne puis presque rien dire au sujet de sa composition, ne connaissant personnellement, parmi ses membres, que Sylvie Le  Noach, laquelle en effet ne serait pas déplacée dans un comité d’éthique et de déontologie. Jean-Philippe Sollberger est avocat, conjoint et associé de Carine Sollberger (fille de Gilles Sezionale) et responsable du club de natation estivale niçois de Saint-André Natation Azur. Michel Billard, lui, est un ancien directeur de l’UFRSTAPS de Bourgogne et ancien président du comité départemental 71…

       Il est essentiel de savoir comment et dans quelles circonstances le comité d’éthique se réunit. Peut-il le faire de sa propre autorité ? Doit-il être convoqué et par qui ? Ses avis sont-ils consultatifs et quelle serait son autorité ? Le risque que je vois poindre à son sujet, c’est que le dit comité, s’il était composé essentiellement de personnalités proches du président (en l’occurrence, ici, M. Sezionale), verrait un soupçon entacher sa neutralité.

       Mais bien entendu, seul son fonctionnement nous dira ce qu’il en est…

       …Il n’empêche. Vous savez que je ne fais pas dans la flagornerie, mais tout me porte à croire que M. Gilles Sezionale s’attache à tenir ses promesses. Et de vous à moi, ça fait du bien.

FRANCE – ITALIE ? CHAMPIONNATS D’HIVER A RICCIONE ET MONTPELLIER : L’ITALIE BAT LA France, 138 POINTS A 120

Eric LAHMY

Lundi 4 Décembre 2017

Le même week-end, la France (à Montpellier) et l’Italie (à Riccione) font disputer leurs championnats nationaux d’hiver en petit bassin.  D’où l’idée de faire se rencontrer, par perfs interposées, sur le papier, sur l’ensemble du programme de natation, les « soeurs latines ».

Résultat ?

CLASSEMENT MESSIEURS : FRANCE, 52 pts ; ITALIE, 77pts

CLASSEMENT FEMININ, FRANCE, 68pts ; ITALIE, 61pts.

CLASSEMENT GENERAL, FRANCE, 120pts, ITALIE, 138pts.

Il ne s’agit que d’un jeu, et j’aurais pu titrer: ça ne s’est pas passé ce week-end! Les championnats respectifs des deux nations, par exemple, ne se sont pas déroulés de la même façon. Les France se sont tenus sur un profil classique, en quatre jours, avec séries le matin et finales le soir ; les Italiens ont préféré accélérer le film, et ont exécuté leurs championnats en deux jours, sur le principe des finales directes. On peut délirer sur les avantages et inconvénients des deux systèmes pour les nageurs.

A noter aussi que les deux as italiens du demi-fond, Gabriele DETTI, inflammation d’une épaule, et Gregorio PALTRINIERI n’étaient pas là. Sans PALTRINIERI, ça va beaucoup moins vite sur 1500. D’autres éléments auraient pu jouer. Par exemple, Federica PELLEGRINI, championne du monde de la distance, n’a pas nagé le 200 des Italiens, mais dans un match, elle aurait sans doute été engagée sur la course individuelle et dans le relais quatre fois 200m où sa présence aurait été susceptible de changer la donne. Bien sûr, la France a subi aussi des aléas défavorables, avec les blessures de METELLA et SANTAMANS.

J’ai opté pour un match à deux nageurs par nations. Dans chaque course, le vainqueur marque 3 points, le deuxième 2 points, le troisième 1 pts et le dernier ne marque rien. Doublement de points pour le vainqueur d’un relais, 6 pts, et 3 pts pour l’équipe battue. Je n’ai rien inventé, c’est une formule de pointage classique, utilisée dans le temps dans des rencontres au sommet entre les USA et le Japon 

Quelques aménagements: l’Italie n’ayant pas fait disputer à ses nationaux de 800 messieurs ni de 1500 dames, ces courses n’ont pas été possibles dans ce match.

En achevant ce pensum, je me suis dit que la formule du match entre des nations en natation parait périmée aujourd’hui. Elle a eu son succès dans un autre temps, quand les instances internationales n’avaient pas phagocyté l’essentiel d’un calendrier devenu en outre pléthorique.

Périmée, cela veut-il dire inintéressante ? Pas sûr, car elle donne une idée de la profondeur d’une natation.

La natation, aujourd’hui, est basée principalement sur le super champion. Les grands événements de notre sport sont peuplés d’arbres qui cachent les forêts. Un exemple tout trouvé : la Suède possède en Sarah SJÖSTRÖM la meilleure nageuse du monde. Mais derrière elle, les talents ne se bousculent pas vraiment. Sur une formule de match comme celle que je reproduis ici entre la France et l’Italie, la Suède serait probablement assez largement battue, encore que SJÖSTRÖM, placée sur toutes ses courses fortes, 50, 100, 200, 50 et 100 papillon, voire même 200 papillon et 100 quatre nages (c’est aussi une correcte dossiste, qui a battu le record de Suède dans cette discipline) pourrait réaliser un carnage et gagner la rencontre à elle seule… Dans le passé, un Mark SPITZ, un Michael PHELPS et aujourd’hui encore, une Katie LEDECKY ou une Katinka HOSSZU étaient ou sont capables de faire, seuls, la différence…

Dans un premier temps, je me suis étonné de voir les Françaises l’emporter. L’Italie ne dispose-t-elle pas avec Pellegrini d’une icône de la natation ? Certes, mais en-dehors d’elle, le niveau n’a rien d’exceptionnel. Sur fond de misogynie (?) ou d’indifférence, les nations latines n’ont guère trop poussé le sport féminin…

Ce succès sur papier signifie-t-il quelque chose ? Que les Françaises sont en train de remonter la pente et qu’autour de Charlotte BONNET et de Marie WATTEL, se dessine un avenir moins flou ?

Côté garçons, en revanche, parce que les Italiens disposent de solides atouts à peu près partout, mais aussi parce que nos jeunes [voir la nouvelle école, digne d’intérêt, que dessine à Amiens Michel Chrétien, avec les jeunes talents dont, pour l’instant, seul Maxime GROUSSET a propulsé ses 1,92m en haut de l’affiche, mais riche de Roman FUCHS (1,98m), Alexandre DERACHE (1,97m) et de quelques autres] ne sont pas encore arrivés à maturité.

 

MESSIEURS.-  50 libre : 1. Jeremy STRAVIUS, France, 21s50 ; 2. Marco ORSI, Italie, 21s52; 3. Lorenzo ZAZZERI , Italie, 21s53; 4. Maxime GROUSSET, Amiens, 21s68. FRANCE : 3. ITALIE : 3.
100 libre : 1. Lorenzo ZAZZERI, Italie, 46s46 ; 2. Luca DOTTO, Italie, 47s30.3. Maxime GROUSSET, France, 47s60 ; 3. Tom PACO PEDRONI, France, 47s98. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

200 libre : 1. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 1’43s48; 2. Filippo MEGLI, Italie, 1’43s92 ; Jordan POTHAIN, France, 1’44s10; Fabio LOMBINI, Italie, 1’44s60. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

400 libre : 1. Jordan POTHAIN, France, 3’40s38 ; 2. Roman FUCHS, France, 3’41s24 ; 3. Matteo CIAMPI, Italie, 3’42″56; 4. Filippo MEGLI, Italie, 3’43″69. FRANCE : 5. ITALIE : 1.
1500 libre : 1. David AUBRY, France, 14’34s71; 2. Francesco BIANCHI, Italie, 14’49s61; 3. Damien JOLY, France, 14’49s99; 4. Mario SANZULLO, Italie, 14’51s87. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

50 dos : 1. Simone SABBIONI, Italie, 23s20; 2. Jeremy STRAVIUS, France, 23s25 ; 3. Luca Matthew SPINAZZOLA, Italie, 23s50; 4. Paul Gabriel BEDEL, France, 24s42. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

100 dos: 1. Simone SABIONI, Italie, 49s96; 2. Lorenzo MORA, Italie, 50s81; 3. Jeremy STRAVIUS, France, 51s27; 4. Jordan POTHAIN, France,  52s75.  FRANCE : 1. ITALIE : 5.

200 dos : 1. Lorenzo MORA, Italie, 1’51s68; 2. Maxence ORANGE, France, 1’53s15. ; 3. Luca MENCARINI, Italie, 1’53s56 ; Geoffroy MATHIEU, France, 1’54s55. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

50 brasse: 1. Fabio SCOZZOLI, Italie,26″33 ; 2. Alessandro PINZUTI, Italie, 26″86 ; 3. Théo BUSSIERES, France, 27s06 ; 2. Thibaut CAPITAINE, France, 27s39. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

100 brasse : 1. Fabio SCOZZOLI, Italie, 57s38 ; 2. Théo BUSSIERE, France, 58s21 ; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, Italie, 58s59 ; 4. Jean DENCAUSSE, France, 58s83. FRANCE : 2. ITALIE : 4. 

200 brasse : 1. Jean DENCAUSSE, France, 2’6s34 ; 2. Claudio FOSSI, Italie, 2’7s66; 3. Edoardo GIORGETTI, Italie, 2’7s73 ; 4. Thibaut CAPITAINE, France, 2’7s84. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

50 papillon : 1. Jeremy STRAVIUS, 22s88; 2. Piero CODIA, Italie, 22″93 ; 3. Matteo RIVOLTA, Italie, 22″96 ; 4. Florian TRUCHOT, France, 23s70. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

100 papillon: 1. Jérémy STRAVIUS, France, 50s17 ; 2. Matteo RIVOLTA, Italie, 50s25; 2. Piero CODIA, Italie, 51s16 ; 4. Nans ROCH, France, 51s29. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

200 papillon : 1. Matteo RIVOLTA, Italie, 1’53s06; 2. Nans ROCH, Antibes, 1’53s71. 3. Filippo BERLINCIONI, CC Aniene, 1’54s31; 4. Jordan COELHO, 1’55s44. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

100 4 nages : 1. Simone ORSI, Italie, 52s12; 2. Jérémy STRAVIUS, France, 52s46 ; 3. Simone GENI, Italie, 53s00 ; 4. Jean DENCAUSSE, France, 54s15. FRANCE : 2. ITALIE : 4.  

200 4 nages : 1. Thomas CECCON, Italie, 1’55s14; 2. Lorenzo GLESSI, Italie, 1’56s42; 3. Guillaume LAURE, France, 1’57s82 ; 3. Théo BERRY, France, 1’58s21. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

400 4 nages : 1. Federico TURRINI, Italie, 4’8″20 ; 2. Lorenzo TAROCCHI, Italie, 4’10″58 ; 3. Emilien MATTENET, France, 4’14s29 ; 4. Nicolas DORIANO, France, 4’14s36. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

4 fois 100 libre : ITALIE  3’8s91 (Lorenzo ZAZZERI, 46s46, 2. Luca DOTTO, 47s30, Alessandro MIRESSI, 47s38, Ivano VENDRAMI, 47s77). FRANCE, 3’12s34 Maxime GROUSSET, 47s60 ; 3. Tom PACO PEDRONI, 47s98 ; 4. Charles RIOUX, 48s17.  Jordan POTHAIN, 48s59. FRANCE : 3. ITALIE : 6.

4 fois 200 m: 1. FRANCE, 6‘57s77 (Jeremy STRAVIUS, 1’43s48; Jordan POTHAIN, 1’44s10; 3. Jonathan ATSU, 1’45s01; 4. Roman FUCHS, 1’45s18); 2. ITALIE, 6’58s96 (Filippo MEGLI, 1’43s92 ; Fabio LOMBINI, 1’44s60 ; 3. Filippo MAGNINI, 1’45s10 ; 4. Matteo CIAMPI, 1’45s34). FRANCE :  ITALIE : FRANCE : 6. ITALIE : 3.

4 fois 100 4 nages : 1. ITALIE, 3’24s05(Simone SABBIONI, 49s96, Fabio SCOZZOLI, 57s38,Matteo RIVOLTA, 50s25; Lorenzo ZAZZERI, 46s46); 2. FRANCE, 3’28s37(Jeremy STRAVIUS, 51s27 ; Théo BUSSIERE, 58s21 ; Nans ROCH, 51s29, Maxime GROUSSET, 47s60). FRANCE : 3. ITALIE : 6.

CLASSEMENT MESSIEURS : FRANCE, 52 pts ; ITALIE, 77pts

 

DAMES.- 50 libre  : 1. Charlotte BONNET, Nice, 24s15 ; 2. Erika FERRAIOLI, Italie,, 24s26 ; 3. Marie WATTEL, Montpellier, 24s52 ; 4. Federica PELLEGRINI, 24s55. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

100 libre: 1. Charlotte BONNET, France, 52s04 ; 2. Marie WATTEL, France, 52s56; 3. Federica PELLEGRINI, Italie, 52s64; 2. Erika FERRAIOLI, Italie, 53s69. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

 200 libre : 1. Charlotte BONNET, France, 1’53s39 ; 2. Cloé HACHE, France, 1’55s17 ; 3. Laura Letrari, Italie, 1’56″26 ; 4. Stefania Pirozzi, Italie, 1’57″48. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

400 libre : 1. Charlotte BONNET, France, 4’1s95 ; 2. Simona QUADARELLA, Italie, 4’4s64 ; 3. Fantine FESAFFRE, France, 4’5s58 ; 4. Erica MUSSO, Italie 4’6s66. FRANCE : 4. ITALIE : 2.

800 libre: 1. Simona QUADARELLA, Italie, 8’19s34; 2. Martina De MEMME, Italie, 8’21s15 ; 3. Fantine LESAFFRE, France, 8’24s86 ; 2. Adeline FURST, France, 8’30s49. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

50 dos : 1. Elena Di Liddo (CC Aniene) 26″80; 2. Silvia Scalia, Italie, 26″84; 3.Mathilde CINI, France, 26s85; 4. Mélanie HENIQUE, France, 26s92. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

100 dos : 1. Mathilde CINI, Valence, 57s94 ; 2. Silvia SCALIA, CC Aniene, 58s39; 3. Margherita PANZIERA, Italie, 58s59 ; 4. Pauline MAHIEU, Saint-André, 58s68. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

200 dos 1. Margherita PANZIERA, Italie, 2’3s15 ; 2. Camille GHEORGHIU, France, 2’6s73 ; 3. Carlotta TONI, Italie 2’7s58 ; 4. Fantine LESAFFRE, France, 2’9s49. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

50 brasse : 1. Charlotte BONNET, France, 30s34 ; 2. Arianna CASTIGLIONI, Italie, 30s50; 2. Martina CARRARO, Italie, 30s54. 4. Fanny DEBERGHES, France, 30s91. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

100 brasse : 1. Martina Carraro, Italie, 1’5″73 ; 2 Arianna Castiglioni, Italie, 1’6″23; 3. Fanny DEBERGHES, France, 1’6s29; 4. Charlotte BONNET, Nice, 1’6s30. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

200 brasse: 1. Francesca FANGIO, Italie, 2’22s56; 2. Giulia VERONA, Italie, 2’24s36; 3. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 2’23s59. 4. Fantine LESAFFRE, 2’24s90. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

50 papillon : 1. Mélanie HENIQUE, France, 25s59 ; 2. Marie WATTEL, France, 25s61 ; 3. Elena DI LIDDO, 25s99 ; 4. Ilaria BIANCHI, 26s31. FRANCE : 5. ITALIE : 1.

100 papillon: 1. Ilaria Bianchi , Italie, 56″94 ; 2. Marie WATTEL, Loughborough, Montpellier, 56s96 ; 3. Elena Di Liddo, Italie, 57″12 4. Léna BOUSQUIN, Marseille, 59s85. FRANCE : 2. ITALIE : 4.
200 papillon : 1. Alessia POLIERI, Italie, 2’5s29; 2. Ilaria BIANCHI, Italie, 2’6s97 ; 3. Lara GRANGEON, France, 2’7s19 ; 4. Gwladys LARZUL, France, 2’12s58. FRANCE : 1. ITALIE : 5.

100 4 nages: 1. Charlotte BONNET, France, 58s96 ; 2. Laura LETRARI, Italie, 59s97; 2. Ilaria CUSINATO, Italie, 1’0s42 ; 4. Mathilde CINI, France, 1’0s91.  FRANCE : 3. ITALIE : 3.

200 4 nages : 1. Ilaria CUSINATO, Italie, 2’9s20 ; 2. Fantine LESAFFRE, France, 2’9s25. 3. Anna PIROVANI, Italie, 2’9s51 ; 4. Charlotte BONNET, France, 2’10s24. FRANCE : 2. ITALIE : 4.

400 4 nages : 1. Fantine LESAFFRE, 4’32s34 ; 2. Luisa TROMBETTI, 4’32s27 ; 3. Anna PIROVANO, 4’33s52 ; 4. Lara GRANGEON, 4’33s90. FRANCE : 3. ITALIE : 3.

4 fois 100 mètres: 1. FRANCE, 3’32s98 (Charlotte BONNET, 52s04 ; 2. Marie WATTEL, 52s56; 3. Léna BOUSQUIN, 54s18; 4. Margaux FAVRE, 54s20. 2. ITALIE, 3’34s93 (Federica PELLEGRINI, CC Aniene, 52s64; 2. Erika FERRAIOLI, Aniene, 53s69; 3. Aglaia PEZZATO, Veneto, 54s02; 4. Giada GALIZI, Unicusano Aurelia, 54s58).FRANCE : 6. ITALIE : 3.

4 fois 200 mètres : 1. FRANCE, 7’44s68 (Charlotte BONNET, 1’53s39 ; 2. Cloé HACHE, 1’55s17 ; 3. Alizée MOREL, 1’57s91 ; Margaux FAVRE, 1’58s21) ; 2. ITALIE: 7’49s24 (Laura Letrari, Italie, 1’56″26 ; Stefania Pirozzi (Fiamme Oro Roma/CC Napoli) 1’57″48. Erica MUSSO, 1’57s53; Alice MIZZAU, 1’57s97). FRANCE : 6. ITALIE : 3.

4 fois 100 quatre nages : FRANCE, 3’53s23 (Mathilde CINI, 57s94 ; Fanny DEBERGHES, 1’6s29 ; Marie WATTEL, 56s96 ; Charlotte BONNET, 52s04 ; 2. ITALIE, 3’53s70 (Silvia SCALIA, 58s39 ; Martina CARRARO, 1’5s73 ; Ilaria BIANCHI, 56s94, Federica PELLEGRINI, 52s64). FRANCE : 6. ITALIE : 3. 

CLASSEMENT FEMININ, FRANCE, 68pts ; ITALIE, 61pts.

CLASSEMENT GENERAL, FRANCE, 120pts, ITALIE, 138pts.

 

« MON SACRE A LA TRONÇONNEUSE » : DAVID AUBRY DÉCROCHE « GOLIATH » JOLY AU BOUT D’UN SPRINT DE 1500 METRES

Éric LAHMY

Dimanche 3 Décembre 2017

David AUBRY, en enlevant à domicile, à Montpellier, le 1500 mètres, a réussi la performance majeure de la dernière journée des championnats de France d’hiver 2017. Il a devancé de quinze secondes en Damien JOLY un authentique finalise des Jeux olympiques (à Rio), et montré qu’un bon nageur d’eau libre peut s’imposer, en bassin, sur la plus longue distance du programme olympique.

JOLY, pourtant, avait lancé la course avec un courageux appétit. Il dévorait les longueurs et paraissait prêt à l’aventure solitaire. Mais aux 400 mètres, son avance était réduite à un petit mètre et deux aller retour de bassin plus loin, AUBRY lui était revenu sur le paletot. Ce fut un dur et long moment pour JOLY, car il devait éprouver le besoin de ralentir quand AUBRY, comme installé dans le rythme que Damien lui-même avait imposé, en redemandait, et travaillait dans la plus rigoureuse égalité d’allure. Aux 800 mètres JOLY donnait des bras au niveau des pieds de son adversaire, et deux cents mètres plus loin, son retard s’élevait à quatre secondes. Il avait lâché prise.

La bataille continuait, cependant, mais désespérée, car à sens unique, et AUBRY s’acharnait à abattre l’idole. A l’arrivée, il s’offrait un sacre à la tronçonneuse ! Son avance, de une secondes à mi-course, était passée à quinze secondes.

Soyons honnète. On ne peut s’extasier sur sa performance, 14’34s. Elle serait formidable en bassin olympique, mais dans le « petit bain », elle est « seulement » bonne.

AUBRY, 21 ans le 8 novembre, formé en piscine (ainsi par Éric BOISSIÈRE, à Rouen), a ensuite tenté l’aventure du large, avant de rejoindre Philippe LUCAS et Montpellier. L’été dernier, il était un peu frustré, ayant raté le bon wagon dans le sprint, de n’avoir fini « que » sixième des 10 kilomètres des mondiaux de Budapest (deux ans après avoir terminé 17e des 5 kilomètres des mondiaux de Kazan). Ce n’est pas un néophyte, déjà 3e junior mondial sur 5 kilomètres en 2012, je dirais que c’est seulement un jeune qui a été précoce dans sa discipline.

Camarade inséparable de Marc-Antoine OLIVIER, il a ces dernières années été devancé par celui-ci, mais il montre plus de qualités de vitesse que son copain et serait peut-être en mesure, si barré dans le long, de s’imposer dans une carrière de 1500 mètres ? A suivre…

Charlotte BONNET a dominé le 400 mètres dames dans un temps correct et a complété sa journée sur 100 quatre nages : doublé donc. Bon 100 mètres, également, de l’Algérien de Marseille Oussama SAHNOUN, lequel a largement devancé Maxime GROUSSET, médaillé mondial juniors et espoir de sa course. Marie WATTEL, pour sa part, n’a trouvé personne à sa mesure sur 100 papillon, laissant sa seconde à près de cinq mètres ! A l’arrivée, ses 56s96 représentent une bonne performance, qui améliore son record personnel, 57s45, établi l’an passé aux mondiaux juniors de Windsor. Passée comme une bombe, en 26s12,et sans doute trop vite, elle a eu quelque mal à finir, ce qui, a contrario, signifie qu’en équilibrant un peu mieux sa course aux Européens de Copenhague, dans dix jours… mais n’anticipons pas !

Jeremy DESPLANCHES, s’est aussi promené sur 200 quatre nages. Jeremy STRAVIUS, lui, a manqué ce qui aurait pu être le grand rendez-vous de la journée, sur 100 libre (criagnait-il SAHNOUN?), afin de se concentrer sur le 50 dos, mais le résultat s’est avéré moyen.

Après les épreuves, le DTN, Julien ISSOULIE, estimait que ce qui s’était passé était « encourageant pour la suite. » Bon, c’est son job de dire ça, mais on peut en accepter l’augure. A l’humour, je dirais que la situation de la natation française est peut-être grave, mais pas désespérée. Et puis pour pas mal de nageurs, l’objectif c’est de se trouver au sommet à Copenhague… A suivre donc…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Oussama SAHNOUN, Algérie, Marseille, 46s42 ; 2. Maxime GROUSSET, Amiens, 47s60 ; 3. Tom PACO PEDRONI, Nice, 47s98 ; 4. Charles RIOUX, Nice, 48s17.

1500 libre : 1. David AUBRY, Montpellier, 14’34s71; 2. ; 2. Damien JOLY, Montpellier, 14’49s99; 3. Mathis CASTERA, 14’59s56; 4. Paul BEAUGRAND, 17 ans, Antibes, 15’1s23.

50 dos : 1. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 23s25 ; 3. Paul Gabriel BEDEL, 24s42.

50 brasse : 1. Théo BUSSIERES, CN Marseille, 27s06 ; 2. Thibaut CAPITAINE, Cergy, 27s39.

200 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, Suisse, Nice, 1’54s45 ; 2. Guillaume LAURE, Antibes, 1’57s82 ; 3. Théo BERRY, Angers, 1’58s21.

DAMES.- 400 libre : 1. Charlotte BONNET, Nice, 4’1s95 ; 2. Fantine LESAFFRE, Montpellier, 4’5s58 ; 3. Sharon VAN ROUWENDAAL, Montpellier, 4’6s82 ; 4. Cloé HACHE, Marseille, 4’7s69.

200 dos : 1. Camille GHEORGHIU, Montpellier, 2’6s73 ; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, Pays-Bas, Montpellier, 2’6s89.

100 papillon : 1. Marie WATTEL, Loughborough, Montpellier, 56s96 ; 2. Léna BOUSQUIN, Marseille, 59s85.

100 4 nages : 1. Charlotte BONNET, Nice, 58s96 ; 2. Mathilde CINI, Valence, 1’0s91.   

ITALIE, SIMONE SABBIONI A BON DOS : RECORDS DU 50 ET DU 100

Éric LAHMY

Dimanche 3 Décembre 2017

Les Italiens sont des gens pratiques. Pour eux, la natation en petit bassin, l’hiver et qui plus est au début décembre, ne doit pas représenter un grand événement. Puisqu’il faut tenir des championnats d’Italie et y compléter l’équipe nationale qui se rend à Copenhague aux championnats d’Europe, ils font le minimum, juste ce qu’il faut. Cela a donné des finales directes, compactées dans deux jours de compétition. Vite fait bien fait, les championnats d’hiver 2017 de Riccione, l’inévitable lieu de rendez-vous transalpin, ont donc donné lieu à quatre demi-journées bien pleines où les finales se tenaient dans les séries.

Mais avant, les honneurs. Pour Stefano Morini, qui empoche pour la quatrième année consécutive le « meilleur entraîneur d’Italie ». Incontestable, quand on sait que Morini est l’entraîneur de Greg Paltrinieri et de Gabriele Detti (son neveu : fils de sa propre sœur). Il a pourtant eu, parait-il, du mal, cette année, à s’imposer, car il lui a fallu devancer un autre super coach transalpin, Matteo Giunta, lequel a conduit Federica Pellegrini au titre mondial du 200 mètres (devant sa majesté Ledecky), et un certain Christian Minotti, le coach de la nouvelle étoile du demi-fond italien, Simona Quadarella.

DETTI et PALTRINIERI, les deux faux jumeaux mais vrais champions du demi-fond, étant absents, le premier blessé, le deuxième retour d’un stage australien ayant préféré rentrer chez lui avant de ré attaquer en direction de Copenhague, le 1500 mètres est revenu à un trio venu de l’eau libre, Francesco BIANCHI s’imposant devant SANZULLO, médaillé d’argent des 5 kilomètres des mondiaux de Budapest, et RUFFINI.

Simone SABBIONI, ex-recordman du monde junior de la course (en grand bassin), vainqueur du 50 dos en 23s20, bat le record italien en 23s06 au départ d’un relais « mixte ». L’ancien, 23s09, lui appartenait depuis 2015 : trois centièmes de gagnés en deux ans, faut le faire ! SABBIONI devient aussi le premier Italien sous les cinquante secondes sur 100 dos, avec 49s96. L’ancien record lui appartenait : 50s57 le 4 décembre 2015 à Netanya (Israël). Pour expliquer sa forme, il met en avant une salutaire coupure à la fin de l’été et une bonne implication dès la rentrée, stage en altitude à l’appui.

D’autres records tombent : Matteo RIVOLTA, des Fiamme Oro (police d’état) de Rome efface en 1’53s06 sur 200 papillon les 1’53s72 de Niccolo’ BENI en novembre 2009. Margherita PANZIERA, livrée à elle-même dès le départ – elle gagnera avec quatre secondes d’avance – efface elle un record de Federica PELLEGRINI, celui du 200 mètres dos, 2’3s16 contre 2’3s75 pour la « Divina » le 22 novembre 2013 à Viareggio. Marco ORSI grignote trois centièmes sur son temps du 100 quatre nages avec 52s12 contre 52s15, à Massarossa le 13 novembre 2015.

Lorenzo ZAZZERI, beau nageur doublé d’un artiste (passionné de dessin) gagne un 100 libre où il devance Luca DOTTO et les deux jeunes espoirs du sprint, Alessandro MIRESSI, 19 ans, et ses 2,02m, et Ivano VENDRAME, 20 ans.

Et « la » PELLEGRINI ? Elle va bien, mais se dit qu’elle ne sait pas si, l’âge venant, elle saura s’entraîner sans trop de soucis physiques pour maintenir son niveau. Affectée un peu par la retraite de MAGNINI, qui fut son compagnon pendant des années, mais dont on ne sait plus trop s’il le reste (il aurait été « remplacé » par Gabriele DETTI, suggèrent quelques revues people locales. « Sé non à vero, è ben trovato » (si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé), faisait dire au XVIe siècle Giordano Bruno à l’un de ses personnages. Formule ô combien actuelle !

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Marco ORSI (Fiamme Oro Roma/Uisp Bologna) 21″52 ; 2. Lorenzo ZAZZERI Esercito/Fiorentina NC) 21″53 ; 3. Andrea VERGATI (Can Vitorino da Feltre) 21″57. 100 libre : 1. Lorenzo ZAZZERI (Esercito) 46″72 ; 2. Luca DOTTO (Carabinieri/Larus Nuoto) 47″30 ; 3. Alessandro MIRESSI (Fiamme Oro Roma/CN Torino) 47″38. 200 libre : 1. Filippo MEGLI, Florentia, 1’43s92 ; 2. Fabio LOMBINI, De Aker, 1’44s60 ; 3. Filippo MAGNINI, CC Aniene, 1’45s10 ; 4. Matteo CIAMPI, Livorno, 1’45s34. 400 libre : 1. Matteo CIAMPI, Livorno, 3’42s56; 2. Filippo MEGLIO, Fiorentia, 3’43s69; 3. Alex DI GIORGIO, CC Aniene, 3’44s16. 1500 libre : 1. Francesco BIANCHI, Aniene, 14’49s61; 2. Mario SANZULLO, Canottieri Napoli, 14’51s87; 3. Simone RUFFINI, CC Aniene, 14’55s65. 50 dos : 1. Simone SABBIONI, Swim Pro SS9, 23s20; 2. Luca Matthew SPINAZZOLA, Unicusano Aurelia, 23s50. 100 dos : 1. Simone Sabbioni (Esercito/Swim ProSS9) 49″96 RI; lui-même, 50″57 (Netanya, 4/12/2015) ; 2. Lorenzo MORA (FF Rosse) 50″81; 3. Matteo MILLI (SMGM Team Nuoto Lombardia) 51″20. 200 dos : 1. Lorenzo MORA, FF Rosse, 1’51s68; 2. Luca MENCARINI, CC Aniene, 1’53s56. 50 brasse : 1. Fabio SCOZZOLI (Esercito/Imolanuoto) 26″33 ; 2. Alessandro PINZUTI (Sport Cortona) 26″86. 100 brasse : 1. Fabio SCOZZOLI, Imolanuoto, 57s38 ; 2. Nicolo’ MARTINENGHI, Brebia, 58s59. 200 brasse: 1. Claudio FOSSI (SMGM Team Nuoto Lombardia) 2’7″66; 2. Edoardo Giorgetti (Fiamme Oro Roma/CC Aniene) 2’7″73; 3. Flavio BIZZARRI (Carabinieri/CC Aniene) 2’8″02. 50 papillon : 1. Piero CODIA, CC Aniene, 22″93; 2. Matteo RIVOLTA, Roma, 22″96. 100 papillon : 1. Matteo RIVOLTA, FF Oro Roma, 50s25; 2. Piero CODIA, CC Aniene, 51s16. 200 papillon : 1.Matteo RIVOLTA (Fiamme Oro Roma) 1’53″06 Record, précédent Niccolò BENI 1’53″72 (Riccione, 21/11/2009); 2. Filippo Berlincioni (CC Aniene) 1’54″31; 3. Matteo PELIZZARI (CC Aniene) 1’54″42. 100 4 nages : 1. Marco ORSI (Fiamme Oro Roma/Uisp Bologna) 52″12 RI, précédent, lui-même, 52″15 (Massarosa, 13/11/2015) ; 2. Simone Geni (Uisp Bologna) 53″00: 3. Fabio Scozzoli (Esercito/Imolanuoto) 53″06. 200 4 nages : 1. Thomas CECCON, Villafranca, 1’55s14; 2. Lorenzo GLESSI, Gorizia, 1’56s42. 400 4 nages : 1. Federico TURRINI, Livorno, 4’8″20 ; 2. Lorenzo TAROCCHI, CC Aniene, 4’10″58.

DAMES.- 50 libre : 1. Erika Ferraioli (Esercito/CC Aniene) 24″26; 2. Federica Pellegrini (CC Aniene) 24″55; 3. Aglaia Pezzato (Esercito/Team Veneto) 24″68. 100 libre : 1. Federica PELLEGRINI, CC Aniene, 52s64; 2. Erika FERRAIOLI, Aniene, 53s69. 200 libre 1. Laura LETRARI, Bolzano, 1’56″26 ; 2. Stefania PIROZZI (Fiamme Oro Roma/CC Napoli) 1’57″48. 400 libre : 1. Simona QUADARELLA, CC Aniene, 4’4s64 ; 2. Erica MUSSO, Andrea Doria, 4’6s66; 3. Linda CAPONI, Empoli, 4’7s02. 800 libre : 1. Simona QUADARELLA (FF Rosse/CC Aniene) 8’9″34 ; 2. Martina De MEMME (Esercito) 8’21″15 ; 3. Diletta CARLI (Fiamme Oro Roma/Tirrenica Nuoto) 8’22″15. 50 dos : 1. Elena DI LIDDO, CC Aniene, 26s80; 2. Silvia SCALIA, CC Aniene, 26s84. 100 dos : 1. Silvia SCALIA, CC Aniene, 58s39; 2. Margherita PANZIERA, CC Aniene, 58s59. 200 dos : 1. Margherita PANZIERA (Fiamme Oro Roma/CC Aniene) 2’3″16 RI; ancien,  Federica Pellegrini 2’3″75 (Viareggio, 22/11/2013); 2.Carlotta TONI (Eercito/RN Florentia) 2’7″58; 3. Giulia RAMATELLI (Sergio De Gregorio) 2’7″93. 50 brasse : 1. Arianna CASTIGLIONI, Insubrika, 30s50; 2. Martina CARRARO, Azzurra 91, 30s54. 100 brasse : 1. Martina CARRARO, 1’5s73; Arianna CASTIGLIONE, 1’6s23. 200 brasse : 1. Francesca FANGIO, Lombardia, 2’22s56; 2. Giulia VERONA, Lombardia, 2’24s36. 50 papillon : 1. Elena DI LIDDO, CC Aniene, 25s99 ; 2. Ilaria BIANCHI, Azzurra 91, 26s31. 100 papillon : 1. Ilaria BIANCHI , Italie, 56″94 ; 2. Elena Di LIDDO, Italie, 57″12. 200 papillon : 1. Alessia POLIERI, Imolanuoto, 2’5s29; 2. Ilaria BIANCHI, Azzurra 91 2’6s97. 100 4 nages : 1. Laura LETRARI, Bolzano, 59s97; 2. Ilaria CUSINATO, Team Veneto, 1’0s42. 200 4 nages : 1. Ilaria CUSINATO (Fiamme Oro Roma/Team Veneto) 2’9″20; 2. Anna Pirovano (SMGM Team Nuoto Lombardia) 2’9″51; 3. Laura LETRARI (Esercito/Bolzano Nuoto) 2’9″72. 400 4 nages : 1. Luisa TROMBETTI, Rari Nantes Torino, 4’32s27 ; 2. Anna PIROVANO (17 ans), SMGM Lombardia, 4’33s52.

DOUBLÉ DE JEREMY STRAVIUS, CHARLOTTE BONNET AU SPRINT

Éric LAHMY

Samedi 2 Décembre 2017

Championnats de France 2017 en petit bassin de Montpellier. Troisième journée. Jeremy STRAVIUS (200 libre et 50 papillon) réussit un nouveau doublé de titres en une journée et Charlotte BONNET, sur 50 mètres, semble avoir marqué des progrès importants en vitesse en petit bassin ; elle en était à 24s75, la voici rendue à 24s15, qui devance deux sprinteuses patentées, WATTEL qui continue elle aussi de progresser en vitesse, et HENIQUE. SANTAMANS, soucis d’épaules, ne peut pas défendre son titre. Fantine LESAFFRE explose son record du 800 mètres et le met à parité avec son temps en grand bassin (8’42s98) pour s’emparer du titre devant Adeline FURST tandis qu’Aurélie MULLER paie son passage de deux à un seul entraînement par jour dans une année, disons semi-sabbatique. Mathilde CINI s’améliore d’une seconde sur 100 dos pour devancer clairement Pauline MAHIEU laquelle elle ne progresse que d’un centième de seconde. Loin de son top, GRANGFEON peine un peu à devancer sur 200 papillon VAN ROUWENDAAL.

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 1’43s48; 2. Jordan POTHAIN, Alp’38, 1’44s10; 3. Jonathan ATSU, DTOEC, 1’45s01; 4. Roman FUCHS, Amiens, 1’45s18.

100 brasse : 1. Théo BUSSIERE, CN Marseille, 58s21 ; 2. Jean DENCAUSSE           , CN Marseille, 58s83 ; 3. Thibaut CAPITAINE, Cergy Pontoise, 58s94.

50 papillon : 1. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 22s88; 2. Julien HENX, Talence et Luxembourg, 23s28; 3. Florian TRUCHOT, Orléans, 23s70.

400 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, Suisse, Nice, 4’5s55; 2. Emilien MATTENET, Charleville, 4’14s29 (record 17 ans); 3. Nicolas DORIANO, Marseille, 4’14s36.

DAMES.- 50 libre  : 1. Charlotte BONNET, Nice, 24s15 ; 2. Marie WATTEL, Montpellier, 24s52 ; 3. Mélanie HENIQUE, Marseille, 24s63.

800 libre : 1. Fantine LESAFFRE, Montpellier, 8’24s86 ; 2. Adeline FURST, Obernai, 8’30s49 ; 3. Alizée MOREL, CTOEC, 8’30s62.

100 dos : 1. Mathilde CINI, Valence, 57s94 ; 2. Pauline MAHIEU, Saint-André, 58s68.

200 brasse : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 2’23s59.

200 papillon : 1. Lara GRANGEON, Calédoniens, 2’7s19 ; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, Pays-Bas, Montpellier, 2’7s87 ; 3. Gwladys LARZUL, TOEC, 2’12s58.

LA RETRAITE A 35 ANS POUR FILIPPO MAGNINI, DOUBLE CHAMPION DU MONDE DU 100 METRES (2005 et 2007)

Samedi 2 Décembre 2017

Filippo Magnini abandonne la natation. Alors qu’il venait de gagner le bronze du 200 mètres nage libre des championnats d’Italie en petit bassin, le champion du monde du 100 mètres nage libre de 2005, à Montréal, a simplement déclaré aux journalistes éberlués qui l’écoutaient, micros tendus, dans la tribune de presse, qu’il avait choisi de s’en aller sur une note heureuse.

A côté de lui, un ami, Luca Dotto, Magnini expliquait à tout le monde, pendant que la compétition continuait, nageurs qui se préparaient, entraîneurs et dirigeants, qu’ils étaient sa famille ayant commencé à nager en compétition à huit ans et en ayant maintenant trente-cinq. La natation est encore ma vie, mais je commence à fatiguer un peu, et cela même mentalement. C’est le moment d’affronter la vie hors piscines. Ça a été une vie merveilleuse. Je laisse la natation capitaine de l’équipe, et avec du bronze, le même métal remporté pour la première fois aux championnats en 1991, lors de ma première course, à neuf ans. »

Magnini, qui voit quand même son avenir dans le milieu natation, a été l’un des nageurs italiens les plus capés de l’histoire, qui se heurta à des monstres de ce sport comme Alexandr Popov, Ian Thorpe, Pieter Van Den Hoogenband ou Michael Phelps, et c’est tout à son honneur que dans ce contexte, il ait pu remporter deux titres mondiaux sur 100 mètres, à Montréal en 2005 et à Melbourne 2007, doublé que seule Biondi et Popov avaient réussi avant lui. Il fut l’un des premiers à pouvoir nager des 100 mètres de façon stratégique, terminant parfois plus vite qu’il ne commençait. En 2007, cette stratégie de retour gagnant l’amena à l’emporter à égalité la course fanion en 48s43, à égalité avec le Canadien Brent Hayden, après être passé en 23s24 et en septième position à mi-course,  et avoir ramassé tout le monde dans la seconde longueur. En 2005, il sécha dans la seconde moitié Roland Schoeman, gagnant en 48s12, record des championnats, devant le Sud-Africain, 48s28.

Magnini fut aussi trois fois champion d’Europe, à Madrid en 2004, Budapest en 2006 et Debrecen en 2012 (il avait alors 30 ans). Son palmarès compte près de cinquante médailles internationales : 21 d’or, 16 d’argent e 12 de bronze entre les Jeux olympiques, les mondiaux et les Européens. 

SARAH SJÖSTRÖM ET CAELEB DRESSEL CHAMPIONS 2017 SELON SWIMMING WORLD

Samedi 2 Décembre 2017

La Suédoise Sarah Sjöström a été nommée nageuse mondiale de l’année 2017 par la revue Swimming World, mettant fin au règne de quatre ans de l’Américaine Katie Ledecky. « Ledecky et Sjöström enlevèrent toutes deux trois titres individuels et une médaille d’argent aux championnats du monde de Budapest, mais la Suédoise de 24 ans a éclipsé six records du monde pendant l’année », peut-on lire dans la justification de ce choix effectué par la revue. « A la suite des mondiaux de Budapest, Sjöström s’est illustrée ensuite dans les meetings de la coupe du monde. Nageant dans les courses de sprint contre d’autres “légendes” comme Ranomi Kromowidjojo et Cate Campbell, toutes trois entrebattirent en effaçant de nombreux records mondiaux.”

Caeleb Dressel a été élu, lui, nageur mondial de l’année. Indiscutable, en raison de ses exploits de sprinteur, autant en crawl qu’en papillon, vainqueur à Budapest avec de très grosses performances sur 50 et 100 libre, 100 papillon, et les relais 4 fois 100m, 4 fois 100 quatre nages et 4 fois 100 mixte…

Les meilleurs nageurs mondiaux de « Swimming World » sont à mes yeux plus crédibles que ceux élus dans la liste de la Fédération Internationale de Natation, laquelle est parfois lourdement entachée de politique. Cela a paru éclatant ces dernières années quand systématiquement Katinka Hosszu fut préférée à Katie Ledecky, laquelle était perçue en raison de l’énormité de ses exploits en nage libre et en demi-fond plus précisément comme la meilleure nageuse du monde. Bien sûr, il ne s’agit pas là de mépriser les performances étonnantes de l’Iron Lady hongroise, mais en général, celle-ci pouvait passer alors comme… la deuxième nageuse au monde. La FINA l’avait sans doute préférée en raison de sa présence constante dans les meetings de la Coupe du monde, que beaucoup de gens ne considèrent pas comme des rendez-vous importants, et que d’ailleurs une majorité de nageurs snobent pour ces raisons.

Autre exemple de l’absence de goût de la FINA, quand elle avait préféré l’Américain Ryan Lochte au Chinois Sun Yang comme meilleur nageur des Jeux olympiques de Londres en 2012, en raison, a-t-il été dit, de ses interventions dans les relais de nage libre américains. Sun Yang, lui, avait réalisé le doublé du demi-fond avec record du monde du 1500m, meilleure temps mondial maillot de bain sur 400m, et avait partagé l’argent du 200 mètres (derrière le Français Yannick Agnel).

Parfois Swimming World, dans le passé, avait effectué des choix difficiles (cela dit, ces classements des champions de l’année sont toujours discutables, c’est peut-être cela le plus amusant de l’histoire) mais jamais aussi grossièrement orientés que ceux, bien souvent commerciaux, de la FINA. Eric Lahmy

Les nageurs mondiaux et continentaux de l’année 2017 selon Swimming World :

Monde: Sarah Sjöström (meilleure nageuse européenne) Caeleb Dressel (meilleur nageur américain)
Nageuse américaine: Katie Ledecky
Nageur européen: Adam Peaty
Région pacifique: Emily Seebohm et Sun Yang
Afrique: Farida Osman et Chad le Clos

CHARLOTTE BONNET MUSELLE UNE CLOÉ HACHE D’ABORDAGE SUR 200 MÈTRES NAGE LIBRE

Éric LAHMY

Vendredi 1er décembre 2017

Charlotte BONNET, papillonnant entre diverses courses, a réussi la meilleure performance de la deuxième journée des championnats de France petit bassin de Montpellier. Sur sa meilleure distance, le 200 mètres, elle a réalisé un temps de 1’53s39 ; quoique dominée de bout en bout et devancée finalement par la Niçoise d’une longueur de corps, Cloé HACHE, qui ne nous avait guère donné de bonnes nouvelles (au plan aquatique s’entend) depuis les championnats de France grand bassin 2016, a nagé, elle, 1’55s17, performance dont la valeur intrinsèque surpasse celle de tous les autres vainqueurs de la journée. Techniquement, ce 200 mètres n’a pas eu de rival, à Montpellier…

Passant en 26s37 au 50, 55s03 au 100 et 1’24s15 au 150, BONNET faisait fi de l’opposition, et optait pour une course solitaire contre le temps. Le train qu’elle s’imposait l’amena à caler légèrement dans le dernier quart de course, avalé en 29s24, après trois 50 en 26s37, 28s66 et 29s12. Mais HACHE, qui avait adopté un profil de course équivalent quoiqu’à un rythme inférieur, ne lui reprenait rien, et descendait chaque quart de son effort en 27s36, 29s02, 29s38 et 29s41. Autant dire qu’elle ne put à aucun moment contrer l’allure de BONNET. Il faut dire que la veille, HACHE avait démontré ses limites relatives, en vitesse, en face de la Niçoise, avec ses 54s40 au 100 mètres, loin des 52s04 à la Niçoise.

Mais ce peu de vitesse et ce bon 200 est peut-être un signe que Cloé peut aller vite sur 400 mètres, où elle est engagée. Son record sur la diatcne certes n’est que de 4’11s, mais il ne fait guère de doute selon moi qu’elle pourrait nager 4’1s ou 4’2s sur la distance si elle la prenait un peu au sérieux…

BONNET frôlait son record personnel, 1’53s17 à Angers il y a un an et treize jours, et on ne sait si l’on doit plus admirer sa régularité depuis quatre ans ou s’inquiéter du signal qu’une telle constance dévoile de limites techniques. Le cas HACHE est différent quoiqu’aussi mystérieux. A 18 ans, en 2014, Cloé, qui avait nagé la distance en 1’55s88, passait pour un espoir international, ou, à tout le moins, pour un atout en vue d’un quatre fois 200 mètres que la grande Camille MUFFAT, en humble guerrière du relais, avait médaillé de bronze, quasiment à elle seule, à Londres en 2012. On sait ce qu’il est advenu de ce relais à Rio : pas grand’ chose. Aujourd’hui, ayant grignoté 0s71 sur la distance, HACHE signe-t-elle un retour ambitieux ou une performance sans lendemain ? La parole est à elle !

Les autres courses n’ont pas été de ce niveau, mais ont donné à voir des duels intéressants.

L’Algérien Oussama SAHNOUNE a devancé Jeremy STRAVIUS dans un 50 mètres de valeur technique assez moyenne au plan mondial s’entend. Le sprinter maghrébin de Marseille (depuis deux saisons, après avoir appartenu à Talence) qui ne cesse de tomber ses records algériens avait été battu par l’Amiénois sur 100 papillon mais là il a battu son record personnel, 21s90, l’amenant à 21s26, soit en valeur très proche des 22s22 en grand bassin qu’il avait réalisé l’été dernier à Schiltigheim.

STRAVIUS, lui, six ans après son titre mondial du 100 dos, représente toujours la partie émergée de l’iceberg France sur la distance, mais avec une performance seulement honnête. David AUBRY, le plus rapide de nos nageurs d’eau libre, a réussi l’exploit de régler Damien JOLY sur 800 mètres. Jean DENCAUSSE a bataillé sur 200 brasse et dominé à l’énergie de « quatre nageur » suisse de Nice Jeremy DESPLANCHES, tout en battant d’un souffle son record, 2’6s34 contre 2’6s71 l’an dernier à Angers. Fanny LESAFFRE s’est surpassée pour devancer une Lara GRANGEON plus intéressée aujourd’hui par l’eau libre et restée à six secondes de sa meilleure valeur sur 400 quatre nages. Sur 50 papillon, une Marie WATTEL en constants progrès a manqué de deux centièmes le scalp de Mélanie HENIQUE ! Hugh !

MESSIEURS.-  50 libre : 1. Oussama SAHNOUNE, CN Marseille, Algérie, 21s26 ; 2. Jeremy STRAVIUS, Amiens, 21s50 ; 3. Maxime GROUSSET, Amiens, 21s68.

800 libre : 1. David AUBRY, Montpellier, 7’38s83 ; 2. Damien JOLY, Montpellier, 7’41s48; 3. Marc-Antoine OLIVIER, Denain, 7’48s16.

100 dos : 1. Jeremy STRAVIUS, 51s27; 2. Jordan POTHAIN, 52s75

200 brasse : 1. Jean DENCAUSSE, Marseille, 2’6s34 ; 2. Jeremy DESPLANCHES, Nice, 2’6s84 ; 3. Thibaut CAPITAINE, Cergy Pontoise, 2’7s84.

200 papillon : 1. Nans ROCH, Antibes, 1’53s71.

DAMES.- 200 libre : 1. Charlotte BONNET, Nice, 1’53s39 ; 2. Cloé HACHE, Marseille, 1’55s17 ; 3. Anna EGOROVA, Montpellier, Russie, 1’57s03 ; 4. Alizée MOREL, 1’57s91 ; 5. Margaux FAVRE, Aqualove Montpellier, 1’58s21

100 brasse : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 1’6s29. En series, Charlotte BONNET, Nice, 1’6s30.

50 papillon : 1. Mélanie HENIQUE, Marseille, 25s59 ; 2. Marie WATTEL, Montpellier, Loughborough, 25s61.

400 4 nages : 1. Fantine LESAFFRE, Montpellier, 4’32s34 ; 2. Lara GRANGEON, Calédoniens, 4’33s90.