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Dave Salo, l’homme qui tua « le mythe de la distance »

20 juillet 2013

Par Eric LAHMY

“C’est un grand jour pour les Troyens” s’est exclamé Oussama Mellouli après avoir empoché le titre de champion du monde des 5km aujourd’hui à Barcelone. Que voulait dire le champion olympique (1500 mètres en 2008, 10 kilomètres en 2012) Tunisien? Que les Troyens (lisez: les ‘’Trojans’’, nom que se donnent les équipiers de l’Université de Californie du Sud) venaient de remporter les deux titres de champions du monde des 5 kilomètres: le féminin avec l’Américaine Haley Danita Anderson et le masculin avec lui-même, Mellouli.

Il s’agit d’un nouveau succès pour Dave Salo et ses compères d’USC, Catherine Voigt, John Urbancek et Kevin Clements. Salo est sans doute le coach le plus sous-estimé, et certainement le plus discret, le moins médiatisé, des USA. Mais il fait partie de la très petite phalange des coaches qui alignent des succès à répétition, un homme de la trempe des Paul Bergen, Jacco Verhaeren, Terri Mc Keever, et son histoire, atypique, mérite d’êtré évoquée

Dave est né à Rohnert Park, dans le comté de Sonoma, en Californie,). Diplômé en physiologie de l’exercice de l’Université de Long Beach, il nagea pour Jon Urbanchek, dont il apprécia le caractère méthodique et planifié des séances, malgré sa tendance à faire nager beaucoup. Il répondit à une annonce d’emploi : on cherchait un coach assistant pour le club de la ville de Downey. Six mois plus tard, il en devint l’entraîneur en chef. Six années passèrent, et il décida de passer son doctorat à USC où le légendaire coach Peter Daland lui proposa de l’assister auprès de l’équipe masculine. Salo, quand il n’étudiait ou n’entraînait pas, travaillait au laboratoire de neurobiologie. Il fraternisa avec deux physiologistes de l’exercice qui étudiaient les effets de l’activité aérobique sur les protéines de choc thermique. Ils lui affirmèrent le point de vue des scientifiques, selon qui « les entraîneurs de natation étaient les gens les plus niais au monde ». S’entraîner l’équivalent d’un marathon par jour pour une course de 200 mètres n’avait, disaient-ils, aucun sens.

Ebranlé et subjugué, il commença à bricoler l’idée d’un modèle d’entraînement dont le volume serait réduit et l’intensité très forte, si possible au rythme de la course. Il obtint de meilleurs résultats que ceux de la méthode classique et commença en 1983 à écrire une colonne dans Swimming World. Il y défiait les entraîneurs de s’intéresser à son modèle d’entraînement minimal, qui, expliquait-il, « est la philosophie de la science. » Les éditeurs présentèrent ses éditoriaux sous le titre : « le mythe de la distance. » Plusieurs lettres très critiques parvinrent à la revue, dont une de Bud McAllister, le coach de Janet Evans. La réponse de McAllister se résumait en une idée : « qui êtes-vous ? Vous n’êtes personne. » Salo se dit : « c’est vrai. »

Pour convaincre, il devait devenir quelqu’un. Il expérimenta d’abord sa méthode sur lui-même, préparant le marathon de Long Beach en douze semaines, sans pratiquement ne jamais courir plus de six à sept miles par jour. Il l’accomplit en 3h25’, infiniment plus vite que les 3h50’ qu’il avait espéré. Il abandonna l’USC et créa son club, l’Irvine Novaquatics, opérant un peu en marge du système. En 1995, l’attention fut attirée par Amanda Beard, une de ses nageuses, gamine de treize ans. On n’avait pas vu une telle précocité depuis Donna de Varona en 1960. D’autant que la jeune fille n’était pas surentraînée : seulement cinq séances hebdomadaires de 4 kilomètres contre neuf séances plus longues ailleurs. Beard enleva deux médailles d’argent en brasse et une d’or en relais quatre nages aux Jeux d’Atlanta, l’année suivante et fit une longue carrière.

Assez vite, Salo forma le dossiste Aaron Peirsol et, pour le malheur du relais quatre fois 100m français des Jeux de Pékin, le sprinter Jason Lezak. A sa grande satisfaction, tous ses élèves allaient durer. « Nous n’avons pas détruit leur développement à long terme, » se félicitera Salo.

Mais les vexations continuaient : « il fut longtemps un paria », dit Mitt Nelms, l’un des concepteurs de la natation moderne. « Quand les idées de Salo se transformèrent en succès tangibles, on aurait pu penser qu’il avait créé une révolution dans l’entraînement, mais il n’en fut rien. En partie parce qu’il ne parlait pas de ce qu’il faisait. En partie parce que les gens n’étaient pas ouverts au changement du paradigme. Le système américain est basé sur des mères à la maison de la classe moyenne qui se réunissent autour de la piscine et organisent des ventes de garage pour payer les 300$ par mois que requiert le directeur de la piscine pour être l’entraîneur. Nous avons maintenant un système de parents, de directeurs entraîneurs, de travailleurs à temps partiels et de bénévoles, et non un système de développement pensé, dont l’inertie est trop forte, incroyablement résistant au changement ».

Reconnu ou pas, Salo continue d’entraîner haut de gamme. L’an dernier, il a eu onze nageurs aux Jeux, dont les vainqueurs olympiques Mellouli et Rebecca Soni, Katinka Hosszu, Clément Lefert. A Barcelone, les Troyens ont commencé fort, et ce n’est sans doute pas fini.

Novella Calligaris, 40 ans après, toujours au top

20 juillet 2013

Par Eric LAHMY

Barcelone, 15e championnats du monde

Novella Calligaris, fut la première championne du monde de 800 mètres, voici quarante ans, en 1973 à Belgrade, en même temps que la première championne italienne de natation. Elle se trouve à Barcelone, en tant que commentatrice télévision. Novella a été une “star” énorme en Italie, un peu comme Christine Caron ou Laure Manaudou chez nous, ou encore Federica Pellegrini. Dans son pays, on disait « la » Calligaris, comme on aurait dit: « la Callas ». Mais c’est aussi une personne  à l’intelligence piquante, intègre, d’une franchise rafraichissante. Interrogée par des confrères, elle n’a pas hésité à donner son point de vue sur le parcours d’eau libre de Barcelone:

“ce champ de course est une grande piscine, comme celui de Hyde Park aux Jeux de Londres, l’an passé, ce qui fait perdre sa signification de nage de fond, qui doit offrir aux nageurs d’autres adversaires,  athmosphériques, comme les mouvements d’eaux, les courants, le vent, sans oublier les méduses et parfois les requins; et c’est devenu une grande surface plate, ce qui ramène le grand fond à une course très longue et un peu ennuyeuse.”

A la question de savoir, au sujet du 40eme anniversaire de son titre de championne du monde, si elle accepterait, le cas échéant, de présenter la médaille à la gagnante de sa course fétiche à Barcelone, “cela me plairait beaucoup, a-t-elle répondu, ce serait comme un rêve pour moi.”

“La natation a beaucoup changé, en bien et en mal, estime Calligaris. En bien parce que ce sport fait concurrence à l’athlétisme comme épreuve reine des Jeux.” Au sujet de Federica Pellegrini à qui on lui demandait de se comparer, “Si j’étais une duchesse, elle est une reine, parce qu’elle est beaucoup plus forte que je n’ai été, elle a battu dix records du monde, contre un pour moi.” Calligaris est là, la langue de bois s’en va. Evviva Novella!

Haley Danita Anderson, pas de murs, pas de virages, pas de soucis

20 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

L’Américaine Anderson, Haley Danita pour les intimes, ne s’est pas embarrassée de soucis tactiques, pour l’emporter à Barcelone, dans les cinq kilomètres. La médaillée d’argent du 10 kilomètres des Jeux de Londres, l’an passé, est partie tambour battant. Aux 2500 mètres, l’étudiante de l’USC, 21 ans patrouillait avec énergie en avant-garde. Dans son sillage, à juste une longueur, une Italienne, Martina Grimaldi, double championne d’Europe, et une Française, Aurélie Muller, toutes deux suivies de très près par les Brésiliennes Okimoto Cintra, Cunha et la gamine prodige US, Rebecca Mann, seize ans. Le champ de course tel qu’il a été délimité est étroit avec peu d’espace pour effectuer un dépassement, dans une eau plate et plane, et arriver à trois sur une bouée relève de la roulette, ou de l’embouteillage sur l’autoroute du 1er août. Finalement, à l’emballage, Anderson, forte de sa vitesse forgée dans les 500 yards (distance sur laquelle est devenue championne universitaire cet hiver) les 800 mètres et les 1500m de piscine, a contrôlé les Brésiliennes. Anderson, dont le credo de marathonienne aquatique est « pas de murs, pas de virages, pas de soucis », est couverte d’or tandis que les efforts de Muller, lui ont offert la neuvième place, comme Cattin-Vidal, chez les hommes. Ce qui est loin d’être une contre-performance, dans une arrivée en « paquet » de cinq… dont elle termine, malheureusement pour elle, la dernière.

5 KM DAMES
1. Haley Danita Anderson (USA) 56’34″2; 2. Poliana Okimoto Cintra, Brésil, 56’34″4; 3. Ana Marcela Cunha, Brésil, 56’44″7; 4. Kalliopi Araouzo, Grèce, 56’45’’3; 5. Isabelle Francisca Harle, Allemagne, 56’46’’2; 6. Cara Baker, Nouvelle-Zélande, 56’46’’2; 7. Martina Grimaldi, Italie, 56’46″3; 8. Rebecca Wilke Mann, USA, 56’46’’4; 9. Aurélie Muller, France, 56’46’’5; 10. Rachele Bruni, Italie, 56’48″1; …18. Ophélie Aspords, France, 57’6’’3;

Le 5000 sans surprise à Mellouli

20 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Les 5 kilomètres messieurs des championnats du monde de Barcelone sont revenus au favori logique, le Tunisien Oussama Mellouli. Plutôt que de l’eau libre, les concurrents donnaient l’impression d’évoluer dans une méga-piscine, ce qui avantageait peut-être le champion olympique des 1500 mètres des Jeux de Pékin et des 10 kilomètres des Jeux de Londres. Mais de toutes façons, en eau libre, sans « lignes d’eau » ni repères aussi omniprésents que des murs qui scandent le tempo comme autant de métronomes, et à plus de quarante concurrents (en l’occurrence 54, et 52 à l’arrivée) aux passages de bouées qui, comme le dit à juste titre Eric Boissière, l’entraîneur du Viking de Rouen Damien Cattin Vidal, ne se négocient guère comme des « virages-culbute », la meilleure tactique connue consiste encore à partir « comme une bombe » et à parvenir aux bouées avec une marge d’avance qui ne peut que s’accroître ensuite au prorata des encombrements dans lesquels les suiveurs et autres traînards sont virtuellement condamnés. L’ennui, c’est qu’à Barcelone, l’eau était plate et lisse, une topographie prisée par les médias, car elle permet de visionner beaucoup mieux la course, de la « rendre » par des images spectaculaires. Cet avantage ne peut se discuter, mais se paie par un affadissement des valeurs qui ont enrichi le mythe, et participé à la gloire des « traversées » de l’ère héroïque. Bolshakov et l’Italien Vanelli menaient à la moitié de l’épreuve, mais peu après, les ténors se mirent en branle : Mellouli, Hedlin, Lurz. Avec de tels lascars en guise de locomotives, c’était certes le bon train à prendre. Vers l’arrivée, puisqu’un sprint se précisait, Mellouli, sauf événement toujours possible, n’aurait su être battu. Il régla Hedlin et le grand Lurz sans coup férir.

Damien Cattin-Vidal réalisa une course solide, et obtint une honnête 9e place. Enzo Vial-Collet, dont on se demandait ce que pourrait être son comportement (il fut qualifié à partir de son 1500m des France à Rennes) ne fut pas ridicule, dans des conditions certes pas trop défavorables pour  un nageur de « bassin », et il se retrouva à 29 places et 29 secondes du vainqueur.

EAU LIBRE

5 KM.- 1.. Oussama Mellouli, Tunisie, 53’30’’40 ; 2. Eric Hedlin, Canada, 53’31’’6; 3. Thomas Peter Lurz, Allemagne, 53’32’’2; 4. Chad Ho, Afrique du Sud, 53’33’’7 ; 5. Jarod Poort, Australie, 53’34’’3 ; 6. Samel De Bona, Brésil, 53’34’’9 ; 7. Ivan Alejandro Enderica Ochoa, 53’36’’7 ; 8. Serge Bolshakov, Russie, 53’36’’8 ; 9. Damien Cattin-Vidal, France, 53’38’’4 ; …23. Philippe Guertin, Canada, 53’46’’4 ; …29. Enzo Vial-Collet, France, 53’59’’6

 

TAYLOR [June Darling]

(Toronto1928-27 juin 2013). Cette Canadienne fut la première championne internationale de son pays, et, contre toute logique nationale, première soliste championne des Etats-Unis ! (Le duo existait depuis quelques années). Elle remporta, en effet, aux USA, le titre de solo (hiver 1950), pendant qu’elle étudiait à l’Université de l’Ontario Ouest. De 1947 à 1951, en un temps où la musique commençait à peine d’être intégrée dans les  routines, elle enleva quatre titres canadiens (solo et duo avec sa sœur Gale), cinq titres américains (solo) et deux internationaux (solo). Elle était la seule rivale de Beulah Gundling, ballerine en avance sur son temps ; June participa aux exhibitions de synchro des Jeux olympiques d’Helsinki (1952) et des Jeux Panaméricains de Mexico (1955), où
elle aida a développement de l’équipe nationale mexicaine, et voyagea à travers
les USA avec son instructrice Billy McKeller pour promouvoir son sport, participant
à l’élaboration et la rédaction des règlements sportifs. Passée professionnelle, elle dirigea (et s’exhiba dans) plusieurs spectacles aquatiques qui voyagèrent à travers l’Amérique, avant de prendre sa retraite sportive en 1955. Mais elle ne s’éloigna guère de l’eau. Devenue hydrothérapeute, elle maria son goût du sport et son humanisme dans son métier, soignant les handicapés par la natation. Devenue Mrs Gregory, elle s’est éteinte à l’âge de 85 ans. E.L.

SHARON STOUDER (1948-2013)

20 juillet 2013

Nous recevons de Fort Lauderdale, siège de l’International Swimming Hall of Fame, la nouvelle de la disparition de Sharon Stouder, l’un des grandes nageuses de l’histoire. Sharon, qui s’est éteinte le 23 juin dernier, était âgée de 64 ans. On peut considérer que le sommet de sa carrière fut atteint aux Jeux olympiques de Tokyo, en 1964, quand elle enleva trois médailles d’or olympiques, s’assurant sa niche de légende de la natation (intronisation en 1972 au Swimming Hall of Fame).

La victoire, dans le 100 mètres papillon des Jeux olympiques de Tokyo, de cette écolière de quinze ans et dix mois, représenta un choc. Stouder, qu’entraînait Don Gambril, à City of Commerce, était une magnifique athlète, grande selon les canons de l’époque avec 1,73m, mince et très puissante à la fois (61kg). Mais sa réputation n’atteignait pas celle de Ada Kok, la recordwoman du monde au gabarit impressionnant, 1,83m, 85kg, qui ajoutait à la nage un entraînement de boxeur (sauts à la corde, punching ball). Si la surprise n’était pas feinte, elle n’était pas aussi justifiable à l’analyse. Ada avait battu le record du monde en 1’5 »1 au mois de mai, Sharon avait nagé 1’5 »4 aux championnats des USA, 1’5 »5 aux sélections US. Mais surtout, le temps de Kok avait été nagé à Blackpool, en eau de mer, dont la portance avantageait beaucoup cette fille surpuissante. Aux Jeux de Tokyo, Stouder prit dès les séries le commandement des opérations ; le record olympique, 1’9 »3 par Lynn Burke en 1960, avait été pulvérisé par ses deux compatriotes, Kathy Ellis (1’7’’8) et Donna de Varona (1’7’’5) avant qu’elle ne nage 1’7’’. Dans la première demi-finale, Stouder rencontra Kok une première fois, et l’emporta en 1’5’’6 contre 1’5’’9. En finale, Stouder domina nettement et les 1’4’’7, nouveau record du monde, qu’elle établit, constituaient encore, six années plus tard, la 2eme performance mondiale.

Ces événements se déroulèrent le 16 octobre. Mais trois jours plus tôt, Stouder faillit provoquer une surprise plus grande encore quand elle menaça, dans la finale du 100 mètres nage libre, Dawn Fraser (championne olympique 1956 et 1960, invaincue sur la distance depuis neuf saisons et considérée généralement comme LA nageuse du 20e siècle). Fraser passa en tête, mais utilisa un virage de demi-fond, en surface, bien moins efficace que la culbute de Sharon. Après la coulée, celle-ci se trouva à égalité avec Fraser qui l’emporta quand même en 59’’5 contre 59’’9. Sharon devint la deuxième nageuse à battre la minute. Elle partagea ensuite avec les membres de l’équipe US les titres olympiques et les records mondiaux sur 4 fois 100 mètres et quatre fois 100 mètres quatre nages. Deux mois plus tôt, aux championnats des États-Unis, elle avait gagné trois titres individuels, sur 100 mètres (60’’4), 100 papillon (1’5’’4) et 200 papillon (2’26’’4, record du monde). Ces exploits la firent élire « nageuse de l’année » par la chaîne de télévision ABC, les revues Swimming World et Sports Illustrated.

Son père lui avait appris à nager à quatre ans ; entraînée au Jack Roth Swim School de Temple City, par Jim Marcus, elle débuta en compétition à huit ans, gagnant deux courses lors de son premier meeting. A douze ans, elle occupait 20(!) premières places dans son age-group (catégorie d’âge) et fut élue nageuse des groupes d’âge de l’année (1961) par la revue American Swimmer. A 13 ans, elle enleva une deuxième place du championnat national (adulte). En 1963, elle participa au relais quatre nages vainqueur des Jeux Panaméricains. Entraînée par Don Gambrill, elle établit également deux records mondiaux sur 200m papillon, en 2’28’’1 et 2’26’’4 (1964). Etudiante à Stanford, université qui ne disposait pas de programme féminin à l’époque, elle tenta un hâtif « come-back » pour les Jeux de Mexico, en 1968, et manqua la sélection de deux millièmes! Elle termina 4e du 100 mètres papillon en 1’5’’02, dans le même centième que Toni Hewitt, course remportée par Ellie Daniels, 1’4’’81, devant Susie Shields, 1’4’83. Diplômée de Stanford, elle enseigna à l’Université de Santa Barbara tout en entraînant en natation, vécut quelque temps en Nouvelle-Zélande. Elle s’installa à Los Altos et dirigea le commerce de vêtements pour dames q’elle avait créé, pendant près de vingt ans, jusqu’à sa retraite, en 2004. E.L.

Barcelone, mondiaux de très haut vol

20 juillet 2013

Les championnats du monde de natation de Barcelone enregistrent déjà un premier record: celui du nombre de pays engagés : 181 nations dûment enregistrées, trois de plus qu’à Shanghai en 2011. 2293 concurrents s’affronteront en natation, plongeon, water-polo et synchro sur plusieurs sites qui accueillirent les Jeux olympiques de Barcelone, en 1992 (Palau San Jordi, piscine municipale de Montjiuc et les piscines Bernal Picornell) et les mondiaux 2003.

Pour la première fois, des compétitions de plongeon de très haut vol (considérées comme très spectaculaires) seront incluses dans les mondiaux. La production télévisée des championnats par TVE sera diffusée dans plus de 210 pays et territoires.

Nicolas D’Oriano et Léa Marchal ne manquent pas de fond

18 juillet 2013

Utrecht, Festival Européen de la Jeunesse

Avec ses performances réalisées lors des compétitions de la COMEN, fin juin à San Marino, (victoires sur 200 mètres, 400 mètres et 800 mètres) Léa Marchal avait démontré un beau potentiel de nageuse de demi-fond. Après un stage de quelques jours à l’INSEP, la Bisontine entraînée par Bryan Grandjean s’est bien défendue, à Utrecht, dans les courses du Festival Européen de la Jeunesse. 7e du 800 mètres hier, elle n’est pas passée bien loin (treize centièmes de seconde) d’un podium sur 400 mètres.

Deuxième du 1500 mètres, le Toeciste Nicolas d’Oriano a amélioré de trois secondes son record, 15’42’’37, établi en avrl derner à Châlons-sur-Saône aux championnats de France des jeunes. Il a été devancé par Marc Hinnawi, arabe israélien de Jaffa qui avait précédemment pulvérisé son record personnel de six secondes sur 400 mètres pour l’emporter en 3’57’’73, et, malgré son jeune âge, règne dans les compétitions adultes de son pays.

GARCONS.- 1500 mètres.-1. Marc HINNAWI (97) Israel, 15’33’’72  (800m, 8:17.10) ; 2. Nicolas D’ORIANO (97) France, 15’39’’66 (800m: 8’20’’56) ; 3. Andrea MANZI (97) Italie, 15’46’’49; 7. Logan VANHUYS (97) Belgique 16’02’’19 800m: 8:35.83

200 mètres papillon.- 1 Giacomo CARINI (97) Italie, 2’1’’41 ; 2. Athanasios KYNIGAKIS (98) Grèce, 2’2’’90 ; 3. Dmitry MALKOV (97) Russie, 2’03’’89 ; 4. Patryk ADAMCZYK (97) Pologne, 2’3’’97 ; 5. Zoltan DRIGAN (98) Hongrie, 2’4.42 ; 6. Matthias MARSEAU (97) France, 2’4’’65. En séries,2:06.79.

FILLES.- 400 mètres.- 1. Arina OPENYSHEVA (99) Russie,  4’17’’07; 2. Paula RUIZ BRAVO (99) Espagne, 4’19’’15; 3; Valeriia TIMCHENKO (99) Ukraine, 4’20’’37 ; 4. Léa MARCHAL (99) France, 4’20’’50.

100 mètres brasse (séries) : 19. Emma DRHOUIN (99) France, 1’17’’67.

Dencausse le dynamiteur et d’Oriano l’attentiste

17 juillet 2013

Utrecht, Festival Olympique de la Jeunesse Européenne

A Utrecht, aux Pays-Bas, les cadets (garçons nés en 1997 et 1998) et cadettes (filles nées en 1999 et 2000) européens en sont à leur deuxième journée. L’Allemagne, Israël, la Suède, la Grande-Bretagne, la Russie, la Hongrie et l’Espagne enlèvent des titres. Israël mise à part, il s’agit des nations qui, à la Pologne près, se sont placées aux championnats d’Europe juniors de Poznan, du 10 au 14 du mois. La valeur de ces natations semble ainsi se décliner dans toutes les catégories d’âge. Le constat n’est pas encourageant pour la France, qui, en l’espace de trois ans, a perdu ses positions chèrement acquises dans le passé chez les jeunes. Au plan des individualités, Jean Dencausse, après des séries et des demi-finales prometteuses, est passé comme une bombe aux cinquante mètres, devant l’ogre de la catégorie, Chupkov soi-même. Tous les autres étaient à plus d’un mètre. Puis il a connu un gros coup de fatigue. Résultat : 29’’43 à l’aller, 35’’35 a retour ! Un ‘’accident’’ sans doute, qui n’ôte rien au potentiel de ce dynamiteur. Chupkov perdit son titre pour l’avoir suivi. Intéressant aussi, le comportement de Nicolas D’Oriano, meilleur qualifié sur 400m, et très compétitif en finale où il a terminé 4e. Septième encore aux 300 mètres, il passa le Belge Thomas Thys avant le dernier virage et revint plus fort que tout son monde, en 28’’28, mais en partant d’un peu trop loin. Entre l’explosif Dencausse et le calculateur D’Oriano, l’équipe de France dispose de deux éléments qu’on aimerait voir évoluer, chacun dans son style…

GARCONS.- 50 mètres.- 1. Marek ULRICH (97) Allemagne, 23’’23 ; 2. Arseniy BADAMSHIN (97) Russie, 23’’43; 3. Alessandro BORI (97) Italie, 23’’53. (Demi-finales : Morozov, Russie, 23’’38).

200 mètres: 1. Hendrik ULRICH (97) Allemagne, 1’51’’29; 2. Ernest MAKSUMOV (97) Russie, 1’52’’93 ; 3. Marc VIVAS EGEA (97) Espagne, 1’52’’96 ; … 7. Thomas THIJS (97) Belgique, 1’53’’87 ; 8. Jean-Baptiste ABILY (97), France, 1’55’’37 (en séries, 1’54’’95).

400 mètres.- 1. Marc HINNAWI (97) Israël, 3’57’’73 ; 2. Ernest MAKSUMOV (97) Russie, 3’58’’44; 3. Guillem PUJOL BELMONTE (97) Espagne, 3’58’’53; 4. Nicolas D’ORIANO (97) France, 3’58’’75 ; 7. Thomas THIJS (97) Belgique,  4’0’’92.

200 mètres dos.- 1. Petter FREDRIKSSON (97) Suède, 2’4’’49; 2. Dominik VARGA (97) Hongrie, 2’5’’01; 3. Ziv KALONTAROV (97) Israël, 2’5’’78.

100 mètres brasse.- 1. Charlie ATTWOOD (97), Grande-Bretagne, 1’3’’19; 2. Anton CHUPKOV (97) Russie, 1’3’’26 (en demi-finales, 1’2’’57); 3. Nikola OBROVAC (98) Croatie, 1’3’’86. 6. Jean DENCAUSSE (97) France, 1’4’’78 (en séries, 1’3’’66 ; en demi-finales, 1’3’’46) ; 5. Basten CAERTS (97) Belgique, 1’5’’12.

100 mètres papillon.- 1. Matteo MASIERO (97) Italie, 55’’37 ; 2. Johannes TESCH (97) Allemagne, 55’’53;  3. Alberto LOZANO MATEOS (98) Espagne, 55.54; 8. Alexis BORISAVLJEVIC (97) Belgique, 56’’90.

400 mètres 4 nages.- 1. Igor BALYBERDIN (97) Russie, 4’24’’82; 2. Duncan SCOTT (97), Grande Bretagne 4’26’’28; 3. Joan CASANOVAS SKOUBO (97) Espagne, 4’26’’63; 8. Theo BERRY (97) France, 4’40’’13 (en séries, 4’35’’01).

4×100 mètres.-1. Russie, 3’27’’28 BADAMSHIN, 52’’41; SHOPIN, 51’’86; STEPANOV, 51’’49, MAKSUMOV, 51’’52); 2. Allemagne, 3’27’’90; 3. Grande-Bretagne, 3’27’’98; 6. Belgique, 3’30’’13 (BORISAVLJEVIC, 52’’47, VANGOETSENHOVEN, 52’’74, THIJS, 52’’12, TRAP 52’’80) ; 7. France 3’31’’93 (Julien PINON, 53’’74, Geoffrey RENARD, 53’’34, Jean-Baptiste ABILY, 51’’60, Guillaume GARZOTTO, 53’’25).

FILLES.- 100 mètres.- 1. Arina OPENYSHEVA (99) Russie, 55’’81 ; 2. Marrit STEENBERGEN (2000) Pays-Bas, 57’’81; 3. Marta CANO MINARRO (2000) Espagne, 57’’82.

800 mètres.- 1. Arina OPENYSHEVA (99) Russie, 8’49’’88; 2. Holly HIBBOTT (99) Grande-Bretagne, 8’50’’01; 3. Sveva SCHIAZZANO (99), Italie; 8’58’’48;… 7. Lea MARCHAL (99) France, 9’6’’70.

100 mètres dos.-1. Dalma MATYASOVSZKY (99) Hongrie, 1’2’’60; 2. Iris TJONK (2000) Pays-Bas, 1’2’’76; 3. Maryna KOLESNYKOVA (2000) Ukraine, 1’2’’93 (en demi-finale, 1’2’’72). En séries, Alexane Cormier, France, 1’6’’95, et 1’6’’60 en demi-finales.

200 mètres brasse.- 1. Abbie WOOD (99) Grande-Bretagne, 2’32’’87 ; 2. Tetiana KUDAKO (2000) Ukraine, 2’33’’35; 3. Beste SAMANCI (2000) Turquie, 2’33’’55.

200 mètres papillon.- 1. Carmen BALBUENA HEREDIA (99) Espagne, 2’15’’98 ; 2. Laura STEPHENS 1999 Grande-Bretagne, 2’17’’24 ; 3. Marina LUPERI (99) Italie, 2’17’’27.

200 mètres 4 nages.- 1. Greta SZILVASI (99) Hongrie, 2’19’’32; 2. Abbie WOOD (99) Grande-Bretagne, 2’19’’46; 3. Rosa Maria MAESO VALDES (99) Espagne, 2’19’’86.

400 Mètres 4 nages.- 1. Abbie WOOD (99) Grande-Bretagne, 4’51’’53; 2. Diana SHELUDCHENKO (99) Russie, 4’56’’23; 3. Dora SZTANKOVICS (99) Hongrie, 4’59’’73.

4×100 mètres.- 1. Russie, 3’51’’30 (SHIBAROVA, 58’’29, EGOROVA, 57’’72, CHESNOKOVA, 59’’01, OPENYSHEVA, 56’’28; 2. Allemagne, 3’52’’95; 3. Grande-Bretagne, 3’53’’74.

Romain Béraud en argent à Kazan

17 juillet 2013

Kazan, Russie, Universiades d’été

Les courses de natation des Universiades de Kazan se sont bien terminées pour les Français ; après la médaille d’argent hier, d’Anna Santamans, sur l’épreuve la plus courte, celle des 50 mètres nage libre dames, Romain Béraud a tâté du même métal dans l’épreuve la plus longue, les 10 kilomètres, sur le parcours tracé dans les eaux on ne peut moins « vives » du Centre d’aviron (selon la saine tradition inaugurée en 2005 par la FINA sur le site d’aviron des Jeux olympiques de Montréal, et continuée aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008). Creusé sur les berges du lac Kaban, il accueillera les courses de marathon des championnats du monde de natation 2015.

Kazan signifiant « chaudron » en russe, et Kaban voulant dire « sanglier », la seule évocation du décor rappelait furieusement une aventure d’Astérix. Notre Gaulois a terminé second (1h56’14’’4) des 10 kilomètres messieurs en eau libre à l’issue d’une course à trois, peut-être parce que se prénommant Romain, ce qui est un handicap dans les aventures d’Astérix, derrière un Obélix italien, Matteo Furlan, 1,94m, 80kg, vainqueur en 1h56’12’’4 sans doute parce qu’il était tombé dans la marmite ! L’Allemand Andreas Waschburger finissait troisième en 1h56’16’’3. Charlie Cuignet, deuxième Français, quatrième à 21’’4 du vainqueur. Béraud, 25 ans le 13 août prochain, qui nage à Sarcelles (entraîneur Gwen Bordais), a gagné cet hiver deux étapes sud américaines de Coupe du monde de marathon, à Santos, Brésil, et à Viedma, Argentine, et on le considère comme étant plus à l’aise dans les eaux chaudes.

L’épreuve féminine est revenue à l’Américaine Ashley Twichell, une « génération spontanée » en eau libre, qualifiée pour les mondiaux 2011 de Shanghai après sa deuxième incursion en-dehors des piscines. Aujourd’hui entraînée par Bill Rose à Mission Viejo, elle a fini détachée, en 2h5’0’’9, devant un quatuor se disputant chaudement les places d’honneur, Aurora Ponselli, Italie, 2e, 2h5’31’’9, Carla Sitic, Croatie, 3e, 2h5’32’’1, Emily Brunemann, USA, 4e, 2h5’32’’8, Jessica Walker, Australie, 2h5’34’’4.