Catégorie : News

RANOMI DEFEND SON ROYAUME

14 juin 2013

Camille Muffat, manque de vitesse, défaut d’affûtage ou autre raison, n’a pas fait honneur à sa position flatteuse dans les bilans de l’année sur 100m. Les 54’’49 réalisés à Rome, en finale de la course du meeting des « Sept Collines », sont, à deux malheureux centièmes près, éloignés d’une seconde des 53’’51 qu’elle avait accrochés à Rennes. Tenant tête encore à Ranomi Kromowidjojo lors de la touche du mur du virage, 26’’53 contre 26’’50, toutes deux derrière l’autre Hollandaise, Femke Heemskerk, 26’’38, et la Suédoise Michelle Coleman, 26’’47, elle eut beau s’employer avec énergie dans le retour, échouant à un centième, une misère, d’Heemskerk, 54’’48, elle ne put que constater les dégâts quand la championne olympique lança sa puissante attaque et finit détachée en 53’’89. Dans le seconde longueur, Ranomi ravala la concurrence aux rangs de comparses ! Coleman finissait à une main du couple Heemskerk-Muffat, en 54’’58. Marco Belotti, d’Aniene, nettement détaché à mi-course, gagnait, lui, le 200m messieurs d’une longueur.

VERRASZTO UN, VERRASZTO DEUX

14 juin 2013

David Verraszto a continué le festival de l’excellence magyare, lors de la deuxième journée du cinquantième Trophée des Sept Collines, à Rome, en enlevant le 400m quatre nages avec un temps de 4’12’’32, septième de cette année au monde, à l’issue d’un parcours sans histoire. David, le fils de Zoltan Verraszto, qui fut lui-même en son temps un roi des quatre nages, et un prince du 200m dos, champion du monde, d’Europe, double médaillé olympique, David, donc, fit l’essentiel de la différence dans son parcours de brasse en 1’10’’01, à l’issue duquel il avait emmagasiné deux longueurs et demie d’avance sur Federico Turrini, le moins attardé de ses adversaires. Il n’y avait plus de course. Evelyn Verraszto, sa sœur, que Fabrice Pellerin entraîne à Nce et qu’on a pu voir récemment aux championnats de France de Rennes, aurait sans doute aimé rejoindre la plus haute marche qu’avait hanté cinq minutes plus tôt son aîné d’un an, mais Szuszanna Jakabos, sans même approcher sa meilleure performance de l’année, lui dama le pion : 4’38’’82 contre 4’40’’12.

LACOURT SE REVEILLE AU VIRAGE

14 juin 2013

Parcours sur 100m dos peinards, presque lénifiants, dans la seconde après-midi de finales du Trophée des Sept Collines, à Rome, où Camille Lacourt s’est contenté d’un temps honorable à défaut d’être stratosphérique. Le Marseillais s’est cependant essayé dans un exercice fort intéressant d’égalité d’allure, voire de train inversé, passant en seulement 27’’ au virage, en cinquième position, derrière Bastiaan Lijesen, Pays-Bas, 26’’30, les locaux des Fiamme Oro Roma Mirco Di Tora, 26’’35 et Stefano Pizzamiglio, 26’’80, entre lesquels croisait leur compatriote des Canottieri Aniene Matteo Milli, 26’’74. Après le virage, l n’y eut plus personne, que Lacourt, Lacourt, Lacourt. A l’arrivée, 54’’08, devant Lijesen et Di Tora, seuls autres sous les 55’’ avec 54’’64 et 54’’79. Ce genre d’exercice de quasi « negative split » nous rappelle, en moins prononcé, les petits jeux auxquels se prêtaient Yannick Agnel et Camille Muffat au meeting EDF de Paris, un mois avant l’aventure olympique de Londres. Lacourt et son entraîneur Romain Barnier ont –ils une idée derrière la tête ?

Côté filles, Cloé Crédeville, 1’1’’91, est restée collée à sa place des séries, derrière deux Italiennes, Ariana Barbieri, 1’1’’42, et Elena Gemo, 1’1’’54.

DES HONGROISES QUI PAPILLONNENT

14 juin 2013

Sur 200m papillon, premières courses de la seconde journée de finales du Trophée des Sept Collines, à Rome, les meilleurs résultats se situent côté féminin : Szuszanna Jakabos, Hongrie, frôle en 2’8’’19 les 2’7’’38 qui en font la 5e performeuse de la saison, tandis que sa compatriote Liliana Szilagyi, en 2’8’’48, établit la 8e performance mondiale de l’année. Elles devancent la Suédoise Martina Granstroem, 2’10’’19.Chez les hommes, un autre Hongrois, Bence Pulai, enlève un 200m papillon sans grand relief mais très disputé, avec six garçons dans 0’’34 ; Pulai, 1’58’’46, devance deux Italiens, Francesco Papone, 1’58’’60 et Matteo Pelizzari, 1’58’’63, le Brésilien Leonardo De Deus, 1’58’’66, le Français Jordan Coelho, 1’58’’80 et Alexandru Coci, un Roumain, 1’58’’80.

LACOURT EN POLE SUR 100M DOS

14 juin 2013

Les séries, ce matin de la  deuxième journée du Trophée des Sept Collines, à Rome, ont permis à Camille Lacourt de dominer la 5e et dernière série du 100m dos messieurs, passant au mur du virage légèrement derrière le local Stefano Pizzamiglo, 26’’72 contre 26’’57, puis effectuant un « retour » énergique, rejoignant l’arrivée en 54’’85 contre 55’’2 au romain, s’assurant un départ à la ligne 4 cet après-midi en finale. Cloé Crédeville, 1’2’’84, s’est qualifiée avec le 3e temps pour la finale du 100m dos dames dont les séries ont été dominées par Anna Barbieri, 1’1’’61. Jordan Coeho, en 2’1’’07, réussissait de justesse, l’accession à la finale, dans des séries de 200m papillon messieurs où seuls deux nageurs, le Roumain Alexandru Coci, 1’59’’85, et l’Italien Matteo Pelizzari, 1’59’’93, « franchissaient » deux minutes. Isabelle Mabboux, 4’53’’75 au 400m quatre nages dames, accédait elle aussi de justesse à la finale en dernière position d’un peloton emmené par un duo hongrois, Evelyn Verraszto, 4’46’’30, et Suzanna Jakabos, 4’36’’38. Léa Giraudon, qui représentait le Comité de l’Ile-de-France, 2’18’’66, manquait l’accession à la grande finale d’une très large seconde.

Comme
souvent dans les meetings européens de natation, c’était une journée de
Verraszto, puisque David, plus âgé d’un an qu’Evelyn, se qualifiait lui aussi
en pole sur 400m quatre nages messieurs, en 4’17’’25.

MANAUDOU DEVANT BOUSQUET

13 juin 2013

La réputation du sprint français a été bien défendue hier, à Rome, lors de la première journée du meeting des Sept Collines. Florent Manaudou a amélioré le record du meeting du 50m, en 21’’80, devant son « beau-frère » Frédéric Bousquet, 21’’94, tandis que Ranomi Kromowidjojo conduisait une rafle néerlandaise sur le sprint féminin, en 24’’1, devant Inge Dekker, 25’’12 et Femke Heemskerk, 25’’29. Enfin, Lotte Friis, la Danoise de Nice, signait un bon 16’5’’62 au 1500m.

Camille Lacourt n’a pas trouvé de rival dans la finale du 50m dos, qu’il a remporté dans un temps de 24’’68, nouveau record du meeting. Côté féminin, Cloé Credeville, 28’’97, a été nettement dominée sur la même distance par deux sprinteuses italiennes, Arianna Barbieri, 28’’44, et Elena Gremo, 28’’68. C’est aussi à la 3e place qu’a échoué Damien Joly, dont les 3’52’’06 n’ont guère pesé en face de Samuel Pizzetti, 3’49’’14 et le jeune Andrea Mitchell d’Arigo, 3’49’’94. Les Français semblaient abonnés aux médailles de bronze, Giacomo Perez D’Ortona, 1’0’’61 finissant derrière Fabio Scozzoli, 59’’95, et Andrea Toniato, 1’0’’52. Mehdi Metella et Jordan Coelho, pour leur part, se sont partagés la 4e place, ex-aequo, du 100m papillon, en 54’’23, gagné par Vitaly Melnikov, 53’’82 devant Evgueny Lazuka, 54’’08.

MUFFAT COPIE ET COLLE

 

13 juin 2013

Par Eric LAHMY

A cinq jours de distance, entre le meeting de Monte-Carlo et celui des Sept Collines de Rome, Camille Muffat a réalisé deux 400m qui font furieusement penser à un copié-collé. La Niçoise a nagé pratiquement de la même façon pour finir dans des temps très voisins. En fait, à Rome, aujourd’hui, Camille, plus que jamais la meilleure exposante de nage libre de l’année au monde, a nagé deux dixièmes plus vite qu’à Monte-Carlo, en 4’2’’64 contre 4’2’’84.

Ses temps de passage sont d’une similitude qui frise l’hallucination. A Monte-Carlo, ils étaient les suivants :27’’70, 58’’15, 1’28’’91, 2’0’’03,  2’31’’15, 3’2’’33, 3’33’’05, 4’2’’84. A Rome, Muffat est passée en 27’’84, 58’’17, 1’29’’05, 2’0’’21, 2’31’’13, 3’2’’43, 3’33’’24, 4’2’’64. La seule différence un tant soit peu notable est que Camille a terminé sa dernière longueur de bassin en quatre dixièmes de seconde plus vite à Rome qu’à Monte-Carlo. Pour finir, elle grappille sur son meilleur temps mondial de la saison, arraché à l’Australienne Bronte Barratt.

Il n’y a pas eu de bataille pour les places du podium. Camille a devancé en effet de deux longueurs Coralie Balmy, 4’5’’73, elle-même confortablement devant Federica Pellegrini, qui, après les 200m, se voyant nettement dominée, nagea en décontraction la longueur de bassin suivante, se laissant remonter pour jouer la tactique face à Lotte Friis, qu’elle parvint en effet à lui grller une seconde au sprint. La Danoise, royale sur 1500m, manque de vitesse, et dut s’incliner en 4’8 »13 contre 4’7’’73 à l’Italienne.

Cette course internationale fut aussi extrêmement française, puisqu’outre le doublé Muffat-Balmy, on pouvait noter que leurs deux suivantes s’entraînent l’une, Friis, à Nice avec Fabrice Pellerin (et Camille Muffat), l’autre, Pellegrini, depuis la mi-février à Narbonne, avec Philippe Lucas.

 

MISSY FRANKLIN « RAiSON D’AIMER L’AMERIQUE »

13 juin 2013

L’héroïne des courses de natation des Jeux olympiques de Londres, Missy Franklin pourrait-elle être « une des 50 raisons d’aimer l’Amérique » ? C’est du moins ce qu’on a pensé à la rédaction du Reader’s Digest (plus de 5 millions de lecteurs dans le monde), non pas seulement en raison de ses exploits nautiques, couronnés par quatre médailles d’or olympiques), mais pour la gentillesse naturelle avec laquelle elle fait toujours face aux exigences de la « gloire », comme aux demandes des télévisions, des photographes et de la gent journalistique.  Son message en direction des nageurs, les encourageant à ne pas abandonner leurs études, malgré les importantes charges de travail requises par la natation, semble avoir été également apprécié. D’alleurs, c’est la lgne de conduite qu’ adopté Franklin. Dans le monde de l’argent roi, Franklin a refusé, immédiatement après sa victoire olympique plus de 100.000 dollars de gains et près de dix fois plus en contrats commerciaux, afin de pouvoir conserver son statut d’amateur, indispensable pour pouvoir étudier et nager dans les championnats universitaires.

Pour une bonne partie, cette ligne de conduite digne d’éloge doit être imputé à ses parents. Au rebours d’autres géniteurs de champions, ils ne l’ont pas poussée à courir vers l’argent facile, et l’ont encouragée sur la voie des études.

Mais Missy Franklin, née en 1995, s’est toujours comportée d’une façon remarquable, avec dignité, sans affectation, et a refusé les voies de la facilité. Elle n’a pas cédé aux sirènes des grandes écuries de Floride et de Californie, et est restée attachée à l’entraîneur de ses débuts, à l’âge de cinq ans, Todd Schmitz, qui officiait dans un club de natation du Colorado et qui, surtout grâce aux résultats de celle dont il a fait la meilleure nageuse du monde, est entré dans l’équipe olympique US.    

QUAND CAMELIA POTEC ETAIT ATHLETE

Par Eric LAHMY

 

Camelia Potec, championne olympique du 200m en 2004, ensuite tournée vers des distances plus longues, 3e du 1500m des mondiaux de Rome en 2009 et a annoncé sa retraite en novembre dernier. Entraînée par Philippe Lucas depuis avril 2007. Son chant du cygne aux Jeux olympiques 2008, à Pékin, où elle manque le podium du 800m de 0’’08. Perrin est un coach légendaire. Major de sa promotion de l’INSEP, il a été le coach manager de la perche du Racing, dont les meilleurs éléments ont établi plusieurs records du monde et enlevé l’or et le bronze olympiques en 1984 à Los Angeles. Il est devenu le préparateur physique de Yannick Noah, de Guy Forget, puis de l’équipe de France de Coupe Davis, de Julie Halard, d’Amélie Mauresmo, de Mary Pierce, du Paris-Saint-Germain, entre autres, ans qu’un commentateur radio.

Perrin rencontre Philippe Lucas au Racing (Lagardère), tous les deux échangent des idées sur le sport. Pour Perrin, « les gens ont tort de voir en Lucas, malgré ses résultats, un gros primaire, c’est un homme qui a une connaissance très fine du sport. » L’estime doit être réciproque, car Lucas demande à Perrin d’ajouter du physique à Camelia Potec. Il aimerait qu’un travail proche de l’athlétisme tel que le préconise Perrin apporte des capacités explosives aux jambes, qu’elle pourrait intégrer dans ses départs, ses reprises de nage. « Ce que je lui faisais faire lui plaisait bien, se souvient Perrin. Elle n’était pas dépaysée, et je sentais qu’elle connaissait tout ça. » En une séance de trois quart d’heure à une heure par semaine, Potec effectue une gamme, « travail classique et aussi spécifique, de la vitesse, de la détente, des abdoms, des dorsaux. Je n’osais pas trop appuyer, car je prenais Potec vers 11 heures du matin, et je savais qu’elle s’était levée très tôt pour s’entraîner à six heures et qu’elle me paraissait parfois avoir déjà été assez secouée. Mas Lucas me rassurait, m’expliquait qu’elle tenait le coup. »

« A l’approche des Jeux de Londres, on a diminué. L’entraînement dans l’eau prenait le pas sur le reste. »

Perrin a aussi travaillé quelques séances avec Amaury Leveaux, qui l’a impressionné. « Ce garçon avait des qualités hors-normes ; en termes de détente, de qualité musculaire, je dirais que c’était un 6m en saut à la perche. On voyait que ce garçon avait derrière lui de l’entraînement physique assez poussé. »

Si Leveaux a bien tiré son épingle des Jeux de Londres, où il est médaillé d’or et d’argent avec les relais, Camelia Potec, en fin de course après douze ans de haut niveau, est restée loin des finales, sans parler des podiums. En novembre dernier, elle prenait sa retraite. Aujourd’hui, les moindres de ses faits et gestes semblent épiés en Roumanie, où récemment un bête accident de la circulation entre sa Mercedes et un scooter de livreur de pizzas qui refusait la priorité a été traité comme un événement majeur par la presse people !

L’ENDURANCE DU BEAU SEXE

Par Eric LAHMY

11 juin 2013

Le fait que quatre des six engagées femmes contre deux seulement sur dix engagés chez les hommes aient réussi à terminer aujourd’hui la course des 25 kilomètres des championnats de France de natation en eau libre, qui se sont tenus ce matin à Canet-en-Roussillon implique-t-il que les femmes seraient plus résistantes que les hommes ? Cette idée a parfois été défendue dans le passé par des techniciens des courses de longues distances sur route, comme dans la revue de course à pied Spiridon, de Noël Tamini. Des thèses « expliquaient » même cette supériorité supposée par le fait que la femme « est un athlète à ferment ». Référence était faite là à l’importance d’une activité élevée de ferments dans les fibres musculaires, dans l’endurance générale d’un athlète, à côté d’un cœur solide, de poumons vigoureux, d’une abondance d’hémoglobine dans le sang, d’un bon système endocrinien, d’un riche apport sanguin au niveau musculaire et d’un grand nombre de mitochondries dans les fibres musculaires. D’après ces auteurs, la femme était dotée d’une activité de ferments supérieure à celle des hommes, et que cela constituait un avantage sur les efforts longs.

Vrai ? Faux ? Toujours est-il que la comparaison des performances des femmes et des hommes sur des distances qui vont du sprint au grand fond n’avalisent pas clairement ces hypothèses. Le docteur Jean-Pierre Cervetti, médecin attaché au suivi médical des athlètes à la Fédération française de natation, reste prudent sur ce sujet :

« Je ne connais aucune étude qui étaye l’idée selon laquelle la femme est plus endurante que l’homme, plus adaptée à l’effort long, explique-t-il. Je crois qu’une quelconque supériorité de la femme en termes d’endurance est indémontrable. Il n’y a rien au plan énergétique, physiologique, qui puisse appuyer cette affirmation. En ce qui concerne la course de Canet-en-Roussillon, je crois que la cause des abandons a été due à une température assez basse de l’eau, de l’ordre de 17°. Les championnats ont d’ailleurs failli ne pas se dérouler pour cette raison. C’est peut-être pour cette raison que les femmes ont mieux tenu la distance, vu qu’elles disposent d’un pourcentage de graisse plus élevé que les hommes, et que cela pourrait constituer unavantage dans des conditions de température basse. »

Les concurrents ont-ils souffert d’hypothermie ? « Il aurait fallu pour le savoir prendre leur température à la sortie de l’eau. Ce qui est sûr, c’est que nager pendant près de six heures dans de l’eau à 17 ou 18° n’est pas une mince affaire, et d’ailleurs peut-être pas une très bonne idée. »