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Quand l’eau libre est trop occupée

26 juillet 2013

Barcelone, 26 juillet 2013

A l’arrivée du 10.000 mètres dames des mondiaux, mardi, la double championne du monde britannique Keri-Anna Payne, fort déçue de sa quatorzième place, s’est répandue en récriminations au sujet de certains aspects de la course. « Tout s’est bien passé jusqu’à mi-course, mais ensuite, ce fut le carnage. » Au passage d’une bouée qu’elle abordait bien placée, affirment certains privilégiés qui ont pu admirer les ralentis de l’action, elle sortit loin derrière, comme avalée puis recrachée par  un peloton compact composé essentiellement de coudes, de genoux, de pieds.

Notre confrère Craig Lord (sur le site SwimVortex) s’est élevé contre les exactions impunies des épreuves d’eau libre. Au banc des accusées de pratiquer ce genre de manoeuvres musclées, les deux premières de la course, brésiliennes, étaient plutôt bien placées. Elles-mêmes ont (ingénument) avoué qu’au moment du sprint, elles avaient fait barrage afin d’empêcher qui que ce soit d’autre de passer.

Ce qui parait de bonne guerre. En revanche, il n’est guère douteux qu’une certaine violence puisse se manifester dans les courses en eau libre. On n‘y trouve pas de lignes, et il faut apprendre à nager droit, ou négocier les bouées, une gageure quand un paquet de nageurs arrivent ensemble et que chacun essaie en même temps de couper ‘’à la corde’’ sans se laisser enfermer. Donc il arrive qu’il  y ait des frottements, comme en demi-fond (course à pied) ou en cyclisme. Le problème dans l’eau c’est que ces violences, souvent perpétrées en-dessous de la ligne de flottaison, restent invisibles. L’hiver dernier, David Aubry, l’un des espoirs de la longue distance française, était en train d’attaquer aux championnats d’Europe juniors, mais l’Anglais de service ne lui en a pas laissé l’occasion. Un coup de ciseau dans un genou a mis fin à sa saison !

Les récriminations de Payne représentent le genre de discours classique qu’on entend aux arrivées des courses de fond. On peut le comprendre. Dans une épreuve excessivement longue et difficile, où l’on a dû jouer avec les éléments – soleil, courants, températures, vagues – saupoudrés de joyeusetés comme des méduses sans parler de la pollution (difficile de trouver une eau propre de nos jours après un siècle de rejets industriels ou domestiques), il ne s’est pas agi de nager, il a fallu se dépêcher, aller au bout de soi même, battre l’autre. Dans ce Purgatoire aquatique, l’Enfer, c’est les autres ! Alors, à l’arrivée, en-dehors des médaillés, ça peste. Je me souviens d’un mondial où la grande Anne Chagnaud, était arrivée quatrième, et ça n’avait pas l’air de lui plaire, à la fois épuisée et fumante de rage. Après six heures et neuf secondes dans l’eau, tuméfiée de coups de soleil et boursouflée de caresses de méduses dont une ou deux avaient visité l’intérieur de son maillot, Anne avait perdu quelque peu son sens de l’humour à froid ; elle était partie dans un discours où, si je comprenais bien ce qu’elle disait, tous les éléments lui avaient été défavorables et toutes celles qui étaient arrivées avant elle étaient dopées ! Fallait attendre le retour au calme, physiquement et mentalement …

On a pu suivre les déclarations du même tonneau des concurrents battus de Barcelone, ils avaient tous non pas une excuse, mais une batterie d’excuses : l’eau est chaude, l’eau est douce, donc elle manque de portance ; elle est salée, donc elle avantage l’autre là-bas ; l’eau était plate, elle a profité aux nageurs de piscines [nageur de piscine et constituer une insulte majeure] ; elle était agitée, comment peut-on nager là-dedans ; le dessin du parcours est une hérésie ; le champ de course est trop étroit, on ne pouvait pas passer ; il est trop large ; on ne s’est pas préparés pour ce type de parcours…

A ce moment, ce n’est pas ces gens-là qui parlent, c’est toute cette tension née du combat qu’ils viennent de mener.

Mais la vérité est que les grandes distances d’eau libre ne devraient pas être inscrites dans ces décors portuaires protégés de bouées. Le génie du grand fond, c’est la traversée : aller de A à Z, distants de 5, 10 et 25 kilomètres. Quand la FINA n’avait pas encore mis le nez dans ces courses, elles respectaient la tradition du raid nautique, où le nageur rejoint le statut du héros légendaire. Le sommet fut atteint, je crois, lors d’une course, non loin d’une côte, aux USA, qu’allait remporter John Kinsella. C’était une période de migrations de thons. Les gens du cru avaient signalé aux concurrents que ces thons ne représentaient aucun danger, mais qu’ils étaient toujours suivis par les prédateurs les plus hauts placés dans la chaîne alimentaire, lesquels il convient de préciser, ne sont pas les sardines. Foin de ces salades, les nageurs se mirent à l’eau ! Et quelques coachs, dont celui de Kinsella, qui suivaient en embarcation, embarquèrent des carabines. Pendant la course,  un banc de thons passa sous les concurrents. Et quelques instants plus tard, derrière eux, l’ombre massive d’un grand requin blanc glissa à l’aplomb, juste sous Kinsella, à la poursuite d’un repas plus substantiel qu’un nageur de 1,93m pour 97kg.

Bien entendu, il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de scénarii issus des « Dents de la Mer ». Mais enfin on peut noter que le seul accident fatal à déplorer en eau libre, ces dernières années, est une crise cardiaque provoquée par une hyperthermie, dans une eau à 30°. L’eau libre ferait peut-être mieux de retrouver ses bases, sa tradition, d’une traversée en ligne droite, et d’oublier ses circuits gommeux dans des ports, des bassins d’aviron… Là, on aura moins de close-combat, et plus de nage… libre.

En haut vol, Si se déchaîne, soucis pour Chen

 

25 juillet 2015

Barcelone, 15emes championnats du monde

En haut-vol dames, on a eu droit à Chine contre Chine. Chen Ruolin a réussi à gagner trois plongeons sur cinq, mais un souci au quatrième relativement foiré, fait qu’elle n’a pu revenir sur Si Yajie partie très forte et qui résiste. 12e, dernière de la finale, mais au moins satisfaite de s’y trouver, Laura MARINO se déclarait  « un peu déçue d’avoir raté un plongeon, mais sur le reste du concours, je suis plutôt satisfaite. Je n’étais pas trop stressée.  Je n’ai pas beaucoup de coefficients et même si j’ai des bonnes notes, elles sont multipliées par un chiffre moins important que mes concurrentes. Je compte bien y remédier l’année prochaine. Il va vraiment falloir que j’améliore mon deuxième plongeon. J’ai l’impression d’avoir franchi un palier cette année. Finale aux championnats du monde ça signifie que dans deux ans je pourrais jouer ma qualification pour les Jeux Olympiques. Ça me met vraiment en confiance pour les trois prochaines années. J’ai une blessure au nerf au niveau du coude à cause de la répétition des plongeons à 10 mètres. A force, ça m’a abîmé le nerf et désormais je plonge avec un strap. A la fin de la finale, ça commençait à me titiller, il est temps que je me repose. »

DAMES. HAUT-VOL.- Finale.- 1. SI Yajie, Chine, 392.15pts ; 2. CHEN Ruolin, Chine, 388.70pts ; 3. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 358.40pts ; 4. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 346,45pts; 5. Maria KURJO, Allemagne, 336,55pts ; 6. Pandelela Rinong  PAMG, Malaisie, 334,55pts; 7. Maria BETANCOURT, Venezuela, 328,35pts ; 8. Roseline FILION, Canada, 316,70pts; 9. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 311,00pts ; 10. Victoria LAMP, USA, 301,20; 11. Alejandra OROZCO, Mexique, 298,15pts; 12. Laura MARINO, FRANCE, 289,70pts.

 

La synchro comme le catch de nos grands-pères

25 juillet

Barcelone, 15e championnats du monde

Dans les années cinquante, le catch, ou lutte américaine, était très populaire en France. Il était considéré comme un sport de combat dangereux, en raison des coups portés. En réalité, ces coups étaient « chiqués », et le catch mimait la violence, le seul risque réel étant l’accident, lors d’un tombé où le catcheur ratait son effet et se faisait vraiment mal. Mais le préfet n’était pas trop convaincu de cette absence de danger et avait exigé que les résultats des combats soient déposés à l’avance à la Préfecture de police. Cette organisation méticuleuse avait un avantage pour René Moyset, le responsable de la rubrique Lutte de ‘’L’Equipe’’. Avant de partir en vacances, il apportait les résultats des « grands combats » de catch de tout le mois à venir.

Qu’est-ce que cette histoire vient faire pour accompagner des résultats de natation synchronisée ? Rien sauf que dans l’ensemble, les résultats de la synchro sont aussi prévisibles que les combats de catch du père Moyset. Ils sont, en fait, d’une fascinante prévisibilité, dans les places et dans les notes. Jusqu’à la sixième place, les équipes reçoivent des notes légèrement plus basses qu’en éliminatoires, parce que les juges « retiennent » les notes. Puis les dernières (les plus fortes) sont mieux notées, parce que les juges se lâchent. Aujourd’hui, deux plongeurs s’étaient ratés, qui sont passés de médaillés possibles à éliminés, d’autres se sont transcendés.  Les favoris de la nage en eau libre sont arrivés loin derrière. Il y a eu du sport. En synchro, aucune surprise, les résultats semblent reproductibles, figés d’une année à l’autre. les Françaises sont 10e. Comme prévu. Ce n’est pas forcément que les filles sont robotisées. Mais les juges?

NATATION SYNCHRONISEE.- DUO FINALE.- 1.Svetlana KOLESNICHENKO et Svetlana ROMASHINA, Russie, 97,680pts (48.680+49.000);  2. JIANG Tingting et JIANG Wenwen, Chine, 95,350pts (47.890+47.460); 3. Ona CARBONELL BALLESTERO et Margalida CRESPI JAUME, Espagne, 94,990pts (47.160+47.830); 4. Lolita ANANASOVA et Anna VOLOSHYNA, Ukraine, 92.620pts (46.320+46.300) ; 5. Yumi ADACHI et Yukiko INUI, Japon, 91,620pts (45,640+45,980); 6. Linda CERRUTI et Costanza FERRO, Italie, 89,170pts (44.430+44.740) ; 7. Evangelia PLATANIOTI et Despoina SOLOMOU, Grèce, 87,980pts (43.800+44.180); 8. Emilia KOPCIK et Stephanie LECLAIR, Canada, 87,370pts (43.760+43.610) ; 9. Olivia FEDERICI et Jenna RANDALL, Grande-Bretagne, 87,180pts (43.710+43.470) ; 10. Laura AUGE et Margaux CHRETIEN, France, 86,620pts (43.210+43.410) ; 11. KIM Jong Hui et RI Ji Hyang, Corée du Nord, 85,780pts (42.680+43.100) ; 12. Pamela FISCHER et Anja NYFFELER, 83.030pts (41.110+41.920).

L’allemand sans peine

25 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

On appelle ça le “team event”. Trois nageurs, dont au moins une femme, contre la montre. Départ toutes les minutes. Pas d’embouteillage à l’heure de pointe, pas de bagarres à cinquante sur un champ d’eau trop étroit ou pour négocier au plus près les virages des bouées, pas de coups en douce, technique karaté-water-polo, reçus d’un adversaire hargneux, et surtout pas d’excuses faciles, pas de ces lamentations à l’arrivée pour expliquer un résultat estimé insuffisant. Jeu d’équipe et chronomètre. Vitesse pure, cinq kilomètres. Bon, il y a, pour les Démosthène de la justification facile, encore les méduses, l’eau trop chaude ou trop froide, ou, bien sûr, “l’ordre de départ qui ne me convenait pas”, mais bon, certains arguments s’usent à force de servir.

Alors voilà, quand, dans le Team Event, on n’arrive pas à changer de rythme c’est qu’on est moins bons.

Les meilleurs ont donc gagné, et les meilleurs c’était les Allemands. Le truc, on l’a compris, consiste à amener le plus faible des trois du groupe à suivre le rythme par aspiration un peu comme dans les “bordures” cyclistes. Reichert est un sacré client et Lurz un ‘’monstre’’, bon an mal an, l’un des deux ou trois meilleurs du monde depuis quelques dix saisons. Harle, la fille, devra juste se coller au bon endroit, décalée mais pas trop, à hauteur de hanche, pour se laisser aspirer par l’un, ou l’autre, ou les deux. Ils partaient en 4eme position, derrière les Russes, les Néo-Zélandais et les Italiens, et quand ils ont démarré, Lurz, Reichel et Harle, on se serait crus à l’ouverture de la chasse. Ça ne rigolait pas, c’était industrieux, au sens productif de l’industrie allemande! Ils jouaient tellement les bolides que leurs coachs s’inquiétaient: trop rapides. Mais comme Harle suivait facile, comme en surfant sur la vague que créaient ses compagnons, ils ne baissèrent pas la cadence. Quand ils sont arrivés à la hauteur des Italiens, ceux-ci étaient en train de se délecter des Néo-Zélandais. Leur situation prit un tour insolite, comme un gros poisson qui va gober un petit poisson devant lui et s’aperçoit que derrière, un autre poisson encore plus mahousse va lui faire subir le même sort. En face de cet événement, les Transalpins ont eu cette révolte du fond de l’âme qui étreint la victime d’une injustice, d’autant qu’ils s’étaient ratés ici depuis le début des courses de Barcelone; ils se disent que c’en est trop, ils augmentent la cadence et se promettent: ‘’ils’’ ne passeront pas. Et d’accrocher l’allure. Pas longtemps. Ah! L’insulte! ‘’Ils’’ sont passés. Bon, les Allemands ont refait le coup trois fois, les Russes, sur la fin n’ont pas mieux résisté. Les Allemands leur avaient mangé trois minutes pour les rejoindre, et ils ont rajouté facile quatorze secondes afin de leur faire saisir l’humiliation. En 2011, à Shanghai, Lurtz et Harle avaient terminé 3e avec un autre compère, Jan Wolfgarten. Mais là, c’était le Nirvana!

Et les Français dans tout ça? Septièmes. Une bonne place, sans plus. La même que dans le contre la montre de Shanghai, en 2011, toujours avec Cattin-Vidal.
TEAM EVENT.- 1 Allemagne, 52’54’9’’ (Christian Martin REICHERT, 52’51’’1, 3 Thomas Peter LURZ 52’52’’9, Isabelle Franziska HARLE, 52’54’’9 ; 2 Grèce, 54’3’’3 ( Spyridon GIANNIOTIS, 54’0’’9, Antonios FOKAIDIS, 54’1’’5, Kalliopi ARAOUZOU, 54’3’’3 ; 3 Brésil, 54’3’’5 (Allan DO CARMO, 54’2’’, Samuel DE BONA, 54’3’’3, Poliana OKIMOTO CINTRA, 54’3’’5 ; 4 Australie, 54’16’’1 (Simon HUITENGA, 54’15’’5, Jarrod POORT, 54’15’’8, Melissa GORMAN, 54’16’’1 ; 5 Italie, 54’34’’ (Simone ERCOLI, 54’32’’3, Luca FERRETTI, 54’32’’7, Rachele BRUNI, 54’34’’ ; 6 Etats-Unis, 54’44’’7 (Andrew Douglas GEMMELL, 54’42’’4, Sean Patrick RYAN, 54’43’’1, Haley Danita ANDERSON, 54’44’’7) ; 7. FRANCE, 55’26’’3 (Damien CATTIN-VIDAL, 55’25’’8, Bertrand VENTURI, 55’26’’1, Aurélie MULLER, 55’26’’3 ; 8. Russie, 56’8’’7 (Evguenii DRATTCEV, 56’6’’9, Kirill ABROSIMOV, 56’8’’6, Elizaveta GORSHKOVA, 56’8’’7; 9 Hongrie, 56’9’’4 (Mark PAPP, 56’5’’8, Eva RISZTOV, 56’7’’6, Anna OLASZ 56’9’’4 ; 10 Nouvelle-Zélande, 56’12’’ (Kane RADFORD, 56’8’’6, Cara BAKER, 56’11’’7, Phillip RYAN, 56’12’’) ; 11. Afrique du Sud, 56’34’’7 (Chad HO, 56’33’’4, Daniel MARAIS, 56’34’’4, Kyna PEREIRA, 56’34’’7) ; 12. Canada, 57’13’’7 (Philippe GUERTIN, 57’8’’, Eric HEDLIN, 57’10’’7, Zsofia BALAZS, 57’13’’7; 13. Japon, 58’;14. Chine, 58’2’’6 ; 15. Argentine 58’12’’ ; 16. Mexique, 58’17’’7 ; 17. Venezuela, 58’59’’9 ; 18. Tunisie, 59’19’’4 ; 19. Kazakhstan, 1h0’15’’8 ; 20 Equateur, 1h0’32’’6 ; 21 Egypte, 1h1’2’’2 ; 22. Hong-Kong, 1h5’26’’9.

Les médaillés chinois posent une question d’appétit.

25 juillet 2013

Par Eric LAHMY

Barcelone, 15emes championnats du monde

« Les Chinois sont moins imbattables que par le passé. Leur niveau de vie s’est élevé, ils ont du bien-être, et, en sport, pour réussir, il faut avoir faim. » Voilà qui est bien vrai ! Ces fortes paroles ont été prononcées voici trois jours par Giorgio Cagnotto. Le père (et entraîneur) de Tania, intervenait peu après que sa ravissante enfant ait enlevé l’argent du plongeon au tremplin à un mètre, dont le titre est revenu, pour une misère, un dixième de point, à la Chinoise He Zi.

C’est un peu la même réflexion qu’on se faisait devant les images de Chris Froome, le vainqueur cachexique du Tour de France 2013, tant il parait dénutri. (Pour le faire gagner, la technique est simple. Son coach lui montre un saucisson, lui dit qu’il l’aura à l’arrivée. Après ça, Chris, il grimpe l’Alpe d’Hez comme si c’était une descente.)

Il est clair, sous ce rapport, que les Chinois Qin Kai et He Chong, respectivement médaillés d’argent et de bronze du tremplin de 3 mètres aux Jeux olympiques de Londres, quoique d’apparence beaucoup plus remplumés que la cadavérique gagnant de la Grande Boucle, ne doivent pas avoir grand’ chose à se mettre sous la dent ; ces deux morts de faim ont présenté les meilleurs totaux des demi-finales de l’épreuve en ce début d’après-midi à Barcelone, aux mondiaux de natation ! Ils devancent Evgueni Kouznetsov, tandis que le deuxième Russe de la compétition le champion olympique de Londres Ilya Zakharov, a paru se liquéfier, et finit par émarger en 14e position. Il sera privé de dessert. Une autre contre-performance a pétrifié la production du jeune Britannique Jack Laufer, qui avait joyeusement mené le concours matinal des qualifications avec 471,85pts, et à qui la demi-finale a été fatale. A 18 ans, Laugher est encore victime de ses nerfs, qui, l’an dernier à Londres, alors que ses concitoyens en attendaient beaucoup, s’est retrouvé 27e. A la place de son coach, je le mettrais à la cuisine anglaise. Avec ça, dans trois ans, il sera champion olympique.

MESSIEURS.- TREMPLIN 3 METRES (demi-finale).- 1.QIN Kai, Chine, 493,65pts; 2 HE Chong, Chine, 483,15pts; 3. KUZNETSOV Evgeny, Russie, 476,00pts; 4. Yahel CASTILLO, Mexique, 465,90pts; 5. Patrick HAUSDING, Allemagne, 447,75pts; 6. Grant NEL, Australie, 440,05pts; 7. Constantin BLAHA, Autriche, 438,50pts ; 8. Javier ILLANA GARCIA, Espagne, 434,45pts ; 9. Oleksandr GORSHKOVOZOV, Ukraine, 433,95pts; 10. Kristian IPSEN, USA, 427,55pts ; 11. Illya KVASHA, Ukraine, 420,95pts ; 12 Sho SAKAI Japon, 416,10pts ; 13. Stefanos PAPAROUNAS, Grèce, 414,50pts ; 14. Ilia ZAKHAROV, Russie, 414,20pts ; 15. Cesar CASTRO, Brésil, 409,65pts ; 16. Jack LAUGHER, Grande-Bretagne, 405,10pts ; 17. Yorick DE BRUIJN, Pays-Bas, 390,05pts ; 18. Stephan FECK, Allemagne, 361,35pts.

Svetlana Romashina bisse, comme de bien entendu

24 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Svetlana Romashina a ajouté le solo libre au solo technique à ces championnats du monde de Barcelone, ce qui ne sera une surprise pour personne, donc, et à l’Ukrainienne près, Anna Voloshyna voici cinq jours en solo technique et Lolita Ananasova aujourd’hui en libre (mais à la même place), il n’y a aucun changement dans les  sept premières place des deux soli. Hubaud, pour la France cède sa 10e position des qualifications pour une onzième place en finale.

SOLO LIBRE, Finale.- 1. Svetlana ROMASHINA 1989 Russie, 97,340pts (48,700+48,640) ; 2. HUANG Xuechen, 1990, Chine, 95,720pts (47,780+47,949) ; 3. Ona CARBONELL BALLESTERO, 1990, Espagne, 94,290pts (46,990+47,300) ; 4. Lolita ANANASOVA, 1992, Ukraine, 92,740pts (46,500+46,240) ; 5. Yukiko INUI, 1990, Japon, 91,600pts (45,970+45,630) ; 6. Chloe ISAAC 1991, Canada, 89,940pts (45,260+44,680) ; 7. Despoina SOLOMOU, 1990, Grèce, 88,800pts (44,440+44,360) ; 8. Jenna RANDALL ,1988, Grande-Bretagne, 87,590pts (43,620+43,970) ; 9. Linda CERRUTI ,1993, Italie, 87,590pts (43,870+43,720) ; 10. RI Ji Hyang, 1992, P.R. Corée, 84,910pts (42,150+42,760) ; 11. EstelAnais HUBAUD, 1996, France, 84,080pts (41,950+42,130) ; 12. Sona BERNARDOVA, 19762, République Tchèque, 83,690pts (41,660+42,030).

Pandelela perd la tête

25 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Entre les séries et les demi-finales du plongeon de haut-vol à 10 mètres, Chen Ruolin a remis de l’ordre dans la hiérarchie. La Britannique Tonia Couch est passée de la huitième à la deuxième place, la Malaise Pandelela Pamg a perdu de sa superbe en même temps que 36pts sur son total, et notre Française, Laura Marino, a fait ce qu’il fallait pour appartenir à la finale qui aura lieu demain jeudi 25.

DAMES. Demi-finales des 10 mètres.- 1. CHEN Ruolin, Chine, 373, 65pts; 2. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 368,15pts ; 3. SI Ya Jie, Chine, 341,85pts; 4. Roseline FILION, Canada, 327,45pts; 5. Maria KURJO, Allemagne, 317,60pts; 6. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 316,05pts ; 7. Maria BETANCOURT, Venezuela, 314,65pts; 8. Pandelela Rinong PAMG, Malaisie, 314, 15pts ; 9. Victoria Lamp, USA, 312,25pts ; 10. Laura MARINO, France, 303,25pts ; 11. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 302,40pts ; 12. Alejandra OROZCO, Mexique, 300,10pts.

Des Asiates de haut-vol

24 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Le plongeon de haut-vol est asiatique. Ça, on le sait. Deux Chinoises, Si Yajie et Chen Ruolin, accompagnées par une Malaise, Pandelela Rinong Pamg, sont les meilleures qualifiées au tremplin de haut-vol féminin, et nous serions bien en peine de vous dire laquelle pourra l’emporter. Si Ya Jie, 15 ans, aspect infantile, 1,57m, 45kg. Toute gamine, mais qui écume déjà les grands prix FINA. De la graine de renouveau pour le meilleur plongeon du monde. On ne présente pas Chen Ruolin,plongeuse de l’année 2010 désignée par la FINA. Quant à Pandelela Rinong PAMG, 20 ans, elle est bronzée individuelle à la plate-forme à Londres (Jeux), et en plongeon synchronisé à Rome en 2009 (mondiaux) et ici même, à Barcelone. C’est une Bidayuh de Sarawak, branche du groupe ethnique des Dayaks, plus connus sous l’appellation de « chasseurs de têtes » jusqu’au milieu du 20e siècle ;  elle chasse actuellement des têtes chinoises ; mais que nul ne s’inquiète : conformément aux traditions de la FINA, il est exclu que la jeune fille, respecte celle de ses ancêtres de décapiter ses ennemies vaincues.

Pour le reste, on compte cinq Asiatiques sur les sept premières de ces préliminaires. Le plongeon avantage les gabarits petits et légers, et donc leur convient.

DAMES. Eliminatoires des 10 mètres.- 1. SI Yajie, Chine, 360,35pts; 2. Pandelela Rinong PAMG, Malaisie, 351,05pts ; 3. CHEN Ruolin, Chine, 350,60pts; 4. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 328,25pts; 5. Amelia COZAD, USA, 325,20pts ; 6. Mai NAKAGAWA, Japon, 321,65pts ; 7. Fuka TATSUMI, Japon, 320,50pts; 8. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 317,25pts ; 9. Maria BETANCOURT Venezuela, 309,30pts; 10. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 309pts; 11 Alejandra OROZCO, Mexico, 303,45pts; 12 KIM Jin Ok, Corée du Nord, 302,55pts ; 13. Roseline FILION, Canada, 301,85pts ; 14. Laura MARINO, FRANCE, 298,65pts; 15 Maria KURJO, Allemagne, 294,05pts; 16. Ganna KRASNOSHLYK, Ukraine, 290,25pts; 17 Brittany BROBEN, AUS, 285,65pts ; 18. Victoria LAMP, USA, 279,25pts; 19. Ekaterina PETUKHOVA, Russie, 278,75pts; 20 Villo KORMOS, Hongrie, 278,05pts; 21. Yulia TIMOSHININA, Russie, 271,20pts; 22. Carolina MURILLO URREA, Colombie, 269,95pts; 23 Kieu DUONG, Allemagne, 266,60pts; 24. CarolAnn WARE, Canada, 260,90pts.

Ophélie Aspord perd avec panache la bataille navale

23 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Ce fut une course de dupes, quoiqu’on ne puisse dire qui fut dupé en l’espèce. Nous produirions pour notre part trois noms, ceux de la Hongroise Anna Olasz, de la Française Ophélie Aspord et de la Chinoise Yanqiao Fang. Mais certes il est beaucoup plus aisé d’émettre une telle hypothèse à tête reposée, en consultant les feuilles d’arrivée devant sa citronade, que de saisir la stratégie qui se joue, avec la tête dans la flotte, à moitié aveuglée par l’eau glauque du Port Vell de Barcelone, au milieu de la folie douce qui s’instaure à l’approche de l’arrivée d’un bras de fer de dix kilomètres nagé à fond les manettes, au milieu d’un banc serré d’autres bêtes de mer qui vos frôlent vos cognent, parfois vous boxent ou vous piétinent dans un battement de jambes qui oublie un instant sa fonction d’avancer pour celle de châtier l’impudent, l’importun, d’à côté, quand le corps n’est plus qu’une douleur qui se projette en avant à coup d’héroïsme, quand les poumons brûlent, quand les bras ne tournent plus que par une force d’habitude. Mais voilà : au trois quarts de la course, les trois jeunes femmes en question se trouvent, en compagnie de la Japonaise Kida et de la Canadienne Balasz à plus ou moins dix secondes de Kalliopi Araouzou, la Grecque qui mène alors la chasse à l’or. Dans ce quatrième quart de la course, les trois futures podiumisées, Okimoto, Cunha et Maurer, sont encore respectivement 3e, 4e, et 8e. Mais elles vont augmenter la cadence jusqu’à l’infernal. Toutes trois vont nager leurs derniers 2500 mètres peu ou prou UNE MINUTE PLUS VITE que le précédent, où elle n’ont pas particulièrement chômé. Or, dans cette phase terminale du parcours, Olasz, Aspord et Fang vont nager plus rapidement encore, leur revenant dessus, mais de trop loin. Et voilà. C’est comme cela que ce 10km conquis par DEUX Brésiliennes a éveillé les imaginations en direction de Rio et des Jeux 2012. Et sonné le glas d’autres ambitions et d’autres talents,  Les Italiennes Grimaldi, chargée d’or, d’argent, de bronze, dans toutes les courses de l’olympiade échue, 12e, Rachele Bruni, 23 ans, sextuple championne d’Europe, ici 31e, ou la championne olympique hongroise Eva Risztov, 9e.

DAMES.- EAU LIBRE. 10 KILOMETRES.- 1. Poliana OKIMOTO CINTRA (Brésil), 1h58’19’’2 ; 2. Ana Marcela CUNHA (Brésil), 1h58’19’’5 ; 3.  Angela Alexandra MAURER, Allemagne, 1h58’20’’2 ; 4 Kalliopi ARAOUZOU (Grèce), 1h58’21’’3 ; 5. Anna OLASZ (Hongrie), 1h58’22’’4 ; 6. Ophélie ASPORD (FRANCE),  1h58’23’’2 ; 7. Yanqiao FANG (Chine), 1h58’23’’2; 8. Rebecca Wilke MANN (USA), 1h58’23’’4; 9.  Eva RISZTOV (Hongrie), 1h58’23’’4 ; 10. Christine Elizabeth JENNINGS (USA), 1h58’23’’6 ; 11. Elizaveta GORSHKOVA (Russie),  1h58’24’’3 ; 12. Martina GRIMALDI (Italie), 1h58’24’’9 ; 13. Yumi KIDA (Japon), 1h58’25’’8 ; 14. Keri-Anne PAYNE (GBR),  1h58’25’’8 ; 15. Svenja Theresa ZIHSLER (Allemagne),  1h58’25’’8 ; 16. Yurema REQUENA JUAREZ (Espagne),  1h58’26’’4 ; 17 Erika VILLAECIJA GARCIA (Espagne),  1h58’27’’8 ; 18. Olga BERESNYEVA (Ukraine, 1h58’27’’9 ; 19.  Zsofia BALAZS (Canada), 1h58’28’’5 ; 20. Melissa GORMAN (Australie), 1h58’30’’9 ; 21. Marianna LYMPERTA (Grèce), 1h58’33’’ ; 22. Lizeth RUEDA SANTOS (Mexique), 1h58’36’’6 ; 23. Cara BAKER (Nouvelle-Zélande),  1h58’38’’5 ; 24. Vicenia NAVARRO (Vénézuela), 1h58’38’’5 ; 25. Célia BARROT (France), 1h58’41’’8.

Les filles dansent, les notes ronronnent

23 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

Le tiercé est bien dans l’ordre, Russie, Chine, Espagne. Parions qu’aucune tête ne dépassera en finale, à l’arrivée. Si l’on en croit les notes, les Françaises sont mieux techniquement qu’artistiquement.

DUO (préliminaires).- 1. Russie (48,570+48,660) 97,230 (Svetlana KOLESNICHENKO et Svetlana ROMASHINA); 2. Chine (47,610+47,470) 95,080 (JIANG Tingting et JIANG Wenwen); 3. Espagne (47,060+47,210) 94.270 (Ona CARBONELL BALLESTEROS et Margalida CRESPI JAUME) ; 4. Ukraine (46,300+46,230) 92,530 (Lolita ANANASOVA, Anna VOLOSHYNA); 5. Japon (45,630+45,840) 91,470 (Yumi ADACHI Yukiko INUI) ; 6. Italie (44,870+44,760) 89,630 (Linda CERRUTI et Costanza FERRO) ; 7. Canada (44,140+44,480) 88,620 (Emilia KOPCIK Stephanie LECLAIR) ; 8. Grèce (43,890+44,120) 88,010 (Evangelia PLATANIOTI et Despoina SOLOMOU; 9 Grande-Bretagne (43,560+44,120) 87,680 (Olivia FEDERICI Jenna RANDALL) ; 10. France (43,570+43,710)  87,280 (Laura AUGE Margaux CHRETIEN) ; 11 R.P. Corée (42,740+3,100) 85,840 (KIM Jong Hui et RI Ji Hyang ; 12. Suisse (41,680+41,690) 83,370 (Pamela FISCHER et Anja NYFFELER).