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La synchro comme le catch de nos grands-pères

25 juillet

Barcelone, 15e championnats du monde

Dans les années cinquante, le catch, ou lutte américaine, était très populaire en France. Il était considéré comme un sport de combat dangereux, en raison des coups portés. En réalité, ces coups étaient « chiqués », et le catch mimait la violence, le seul risque réel étant l’accident, lors d’un tombé où le catcheur ratait son effet et se faisait vraiment mal. Mais le préfet n’était pas trop convaincu de cette absence de danger et avait exigé que les résultats des combats soient déposés à l’avance à la Préfecture de police. Cette organisation méticuleuse avait un avantage pour René Moyset, le responsable de la rubrique Lutte de ‘’L’Equipe’’. Avant de partir en vacances, il apportait les résultats des « grands combats » de catch de tout le mois à venir.

Qu’est-ce que cette histoire vient faire pour accompagner des résultats de natation synchronisée ? Rien sauf que dans l’ensemble, les résultats de la synchro sont aussi prévisibles que les combats de catch du père Moyset. Ils sont, en fait, d’une fascinante prévisibilité, dans les places et dans les notes. Jusqu’à la sixième place, les équipes reçoivent des notes légèrement plus basses qu’en éliminatoires, parce que les juges « retiennent » les notes. Puis les dernières (les plus fortes) sont mieux notées, parce que les juges se lâchent. Aujourd’hui, deux plongeurs s’étaient ratés, qui sont passés de médaillés possibles à éliminés, d’autres se sont transcendés.  Les favoris de la nage en eau libre sont arrivés loin derrière. Il y a eu du sport. En synchro, aucune surprise, les résultats semblent reproductibles, figés d’une année à l’autre. les Françaises sont 10e. Comme prévu. Ce n’est pas forcément que les filles sont robotisées. Mais les juges?

NATATION SYNCHRONISEE.- DUO FINALE.- 1.Svetlana KOLESNICHENKO et Svetlana ROMASHINA, Russie, 97,680pts (48.680+49.000);  2. JIANG Tingting et JIANG Wenwen, Chine, 95,350pts (47.890+47.460); 3. Ona CARBONELL BALLESTERO et Margalida CRESPI JAUME, Espagne, 94,990pts (47.160+47.830); 4. Lolita ANANASOVA et Anna VOLOSHYNA, Ukraine, 92.620pts (46.320+46.300) ; 5. Yumi ADACHI et Yukiko INUI, Japon, 91,620pts (45,640+45,980); 6. Linda CERRUTI et Costanza FERRO, Italie, 89,170pts (44.430+44.740) ; 7. Evangelia PLATANIOTI et Despoina SOLOMOU, Grèce, 87,980pts (43.800+44.180); 8. Emilia KOPCIK et Stephanie LECLAIR, Canada, 87,370pts (43.760+43.610) ; 9. Olivia FEDERICI et Jenna RANDALL, Grande-Bretagne, 87,180pts (43.710+43.470) ; 10. Laura AUGE et Margaux CHRETIEN, France, 86,620pts (43.210+43.410) ; 11. KIM Jong Hui et RI Ji Hyang, Corée du Nord, 85,780pts (42.680+43.100) ; 12. Pamela FISCHER et Anja NYFFELER, 83.030pts (41.110+41.920).

L’allemand sans peine

25 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

On appelle ça le “team event”. Trois nageurs, dont au moins une femme, contre la montre. Départ toutes les minutes. Pas d’embouteillage à l’heure de pointe, pas de bagarres à cinquante sur un champ d’eau trop étroit ou pour négocier au plus près les virages des bouées, pas de coups en douce, technique karaté-water-polo, reçus d’un adversaire hargneux, et surtout pas d’excuses faciles, pas de ces lamentations à l’arrivée pour expliquer un résultat estimé insuffisant. Jeu d’équipe et chronomètre. Vitesse pure, cinq kilomètres. Bon, il y a, pour les Démosthène de la justification facile, encore les méduses, l’eau trop chaude ou trop froide, ou, bien sûr, “l’ordre de départ qui ne me convenait pas”, mais bon, certains arguments s’usent à force de servir.

Alors voilà, quand, dans le Team Event, on n’arrive pas à changer de rythme c’est qu’on est moins bons.

Les meilleurs ont donc gagné, et les meilleurs c’était les Allemands. Le truc, on l’a compris, consiste à amener le plus faible des trois du groupe à suivre le rythme par aspiration un peu comme dans les “bordures” cyclistes. Reichert est un sacré client et Lurz un ‘’monstre’’, bon an mal an, l’un des deux ou trois meilleurs du monde depuis quelques dix saisons. Harle, la fille, devra juste se coller au bon endroit, décalée mais pas trop, à hauteur de hanche, pour se laisser aspirer par l’un, ou l’autre, ou les deux. Ils partaient en 4eme position, derrière les Russes, les Néo-Zélandais et les Italiens, et quand ils ont démarré, Lurz, Reichel et Harle, on se serait crus à l’ouverture de la chasse. Ça ne rigolait pas, c’était industrieux, au sens productif de l’industrie allemande! Ils jouaient tellement les bolides que leurs coachs s’inquiétaient: trop rapides. Mais comme Harle suivait facile, comme en surfant sur la vague que créaient ses compagnons, ils ne baissèrent pas la cadence. Quand ils sont arrivés à la hauteur des Italiens, ceux-ci étaient en train de se délecter des Néo-Zélandais. Leur situation prit un tour insolite, comme un gros poisson qui va gober un petit poisson devant lui et s’aperçoit que derrière, un autre poisson encore plus mahousse va lui faire subir le même sort. En face de cet événement, les Transalpins ont eu cette révolte du fond de l’âme qui étreint la victime d’une injustice, d’autant qu’ils s’étaient ratés ici depuis le début des courses de Barcelone; ils se disent que c’en est trop, ils augmentent la cadence et se promettent: ‘’ils’’ ne passeront pas. Et d’accrocher l’allure. Pas longtemps. Ah! L’insulte! ‘’Ils’’ sont passés. Bon, les Allemands ont refait le coup trois fois, les Russes, sur la fin n’ont pas mieux résisté. Les Allemands leur avaient mangé trois minutes pour les rejoindre, et ils ont rajouté facile quatorze secondes afin de leur faire saisir l’humiliation. En 2011, à Shanghai, Lurtz et Harle avaient terminé 3e avec un autre compère, Jan Wolfgarten. Mais là, c’était le Nirvana!

Et les Français dans tout ça? Septièmes. Une bonne place, sans plus. La même que dans le contre la montre de Shanghai, en 2011, toujours avec Cattin-Vidal.
TEAM EVENT.- 1 Allemagne, 52’54’9’’ (Christian Martin REICHERT, 52’51’’1, 3 Thomas Peter LURZ 52’52’’9, Isabelle Franziska HARLE, 52’54’’9 ; 2 Grèce, 54’3’’3 ( Spyridon GIANNIOTIS, 54’0’’9, Antonios FOKAIDIS, 54’1’’5, Kalliopi ARAOUZOU, 54’3’’3 ; 3 Brésil, 54’3’’5 (Allan DO CARMO, 54’2’’, Samuel DE BONA, 54’3’’3, Poliana OKIMOTO CINTRA, 54’3’’5 ; 4 Australie, 54’16’’1 (Simon HUITENGA, 54’15’’5, Jarrod POORT, 54’15’’8, Melissa GORMAN, 54’16’’1 ; 5 Italie, 54’34’’ (Simone ERCOLI, 54’32’’3, Luca FERRETTI, 54’32’’7, Rachele BRUNI, 54’34’’ ; 6 Etats-Unis, 54’44’’7 (Andrew Douglas GEMMELL, 54’42’’4, Sean Patrick RYAN, 54’43’’1, Haley Danita ANDERSON, 54’44’’7) ; 7. FRANCE, 55’26’’3 (Damien CATTIN-VIDAL, 55’25’’8, Bertrand VENTURI, 55’26’’1, Aurélie MULLER, 55’26’’3 ; 8. Russie, 56’8’’7 (Evguenii DRATTCEV, 56’6’’9, Kirill ABROSIMOV, 56’8’’6, Elizaveta GORSHKOVA, 56’8’’7; 9 Hongrie, 56’9’’4 (Mark PAPP, 56’5’’8, Eva RISZTOV, 56’7’’6, Anna OLASZ 56’9’’4 ; 10 Nouvelle-Zélande, 56’12’’ (Kane RADFORD, 56’8’’6, Cara BAKER, 56’11’’7, Phillip RYAN, 56’12’’) ; 11. Afrique du Sud, 56’34’’7 (Chad HO, 56’33’’4, Daniel MARAIS, 56’34’’4, Kyna PEREIRA, 56’34’’7) ; 12. Canada, 57’13’’7 (Philippe GUERTIN, 57’8’’, Eric HEDLIN, 57’10’’7, Zsofia BALAZS, 57’13’’7; 13. Japon, 58’;14. Chine, 58’2’’6 ; 15. Argentine 58’12’’ ; 16. Mexique, 58’17’’7 ; 17. Venezuela, 58’59’’9 ; 18. Tunisie, 59’19’’4 ; 19. Kazakhstan, 1h0’15’’8 ; 20 Equateur, 1h0’32’’6 ; 21 Egypte, 1h1’2’’2 ; 22. Hong-Kong, 1h5’26’’9.

Les médaillés chinois posent une question d’appétit.

25 juillet 2013

Par Eric LAHMY

Barcelone, 15emes championnats du monde

« Les Chinois sont moins imbattables que par le passé. Leur niveau de vie s’est élevé, ils ont du bien-être, et, en sport, pour réussir, il faut avoir faim. » Voilà qui est bien vrai ! Ces fortes paroles ont été prononcées voici trois jours par Giorgio Cagnotto. Le père (et entraîneur) de Tania, intervenait peu après que sa ravissante enfant ait enlevé l’argent du plongeon au tremplin à un mètre, dont le titre est revenu, pour une misère, un dixième de point, à la Chinoise He Zi.

C’est un peu la même réflexion qu’on se faisait devant les images de Chris Froome, le vainqueur cachexique du Tour de France 2013, tant il parait dénutri. (Pour le faire gagner, la technique est simple. Son coach lui montre un saucisson, lui dit qu’il l’aura à l’arrivée. Après ça, Chris, il grimpe l’Alpe d’Hez comme si c’était une descente.)

Il est clair, sous ce rapport, que les Chinois Qin Kai et He Chong, respectivement médaillés d’argent et de bronze du tremplin de 3 mètres aux Jeux olympiques de Londres, quoique d’apparence beaucoup plus remplumés que la cadavérique gagnant de la Grande Boucle, ne doivent pas avoir grand’ chose à se mettre sous la dent ; ces deux morts de faim ont présenté les meilleurs totaux des demi-finales de l’épreuve en ce début d’après-midi à Barcelone, aux mondiaux de natation ! Ils devancent Evgueni Kouznetsov, tandis que le deuxième Russe de la compétition le champion olympique de Londres Ilya Zakharov, a paru se liquéfier, et finit par émarger en 14e position. Il sera privé de dessert. Une autre contre-performance a pétrifié la production du jeune Britannique Jack Laufer, qui avait joyeusement mené le concours matinal des qualifications avec 471,85pts, et à qui la demi-finale a été fatale. A 18 ans, Laugher est encore victime de ses nerfs, qui, l’an dernier à Londres, alors que ses concitoyens en attendaient beaucoup, s’est retrouvé 27e. A la place de son coach, je le mettrais à la cuisine anglaise. Avec ça, dans trois ans, il sera champion olympique.

MESSIEURS.- TREMPLIN 3 METRES (demi-finale).- 1.QIN Kai, Chine, 493,65pts; 2 HE Chong, Chine, 483,15pts; 3. KUZNETSOV Evgeny, Russie, 476,00pts; 4. Yahel CASTILLO, Mexique, 465,90pts; 5. Patrick HAUSDING, Allemagne, 447,75pts; 6. Grant NEL, Australie, 440,05pts; 7. Constantin BLAHA, Autriche, 438,50pts ; 8. Javier ILLANA GARCIA, Espagne, 434,45pts ; 9. Oleksandr GORSHKOVOZOV, Ukraine, 433,95pts; 10. Kristian IPSEN, USA, 427,55pts ; 11. Illya KVASHA, Ukraine, 420,95pts ; 12 Sho SAKAI Japon, 416,10pts ; 13. Stefanos PAPAROUNAS, Grèce, 414,50pts ; 14. Ilia ZAKHAROV, Russie, 414,20pts ; 15. Cesar CASTRO, Brésil, 409,65pts ; 16. Jack LAUGHER, Grande-Bretagne, 405,10pts ; 17. Yorick DE BRUIJN, Pays-Bas, 390,05pts ; 18. Stephan FECK, Allemagne, 361,35pts.

Svetlana Romashina bisse, comme de bien entendu

24 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Svetlana Romashina a ajouté le solo libre au solo technique à ces championnats du monde de Barcelone, ce qui ne sera une surprise pour personne, donc, et à l’Ukrainienne près, Anna Voloshyna voici cinq jours en solo technique et Lolita Ananasova aujourd’hui en libre (mais à la même place), il n’y a aucun changement dans les  sept premières place des deux soli. Hubaud, pour la France cède sa 10e position des qualifications pour une onzième place en finale.

SOLO LIBRE, Finale.- 1. Svetlana ROMASHINA 1989 Russie, 97,340pts (48,700+48,640) ; 2. HUANG Xuechen, 1990, Chine, 95,720pts (47,780+47,949) ; 3. Ona CARBONELL BALLESTERO, 1990, Espagne, 94,290pts (46,990+47,300) ; 4. Lolita ANANASOVA, 1992, Ukraine, 92,740pts (46,500+46,240) ; 5. Yukiko INUI, 1990, Japon, 91,600pts (45,970+45,630) ; 6. Chloe ISAAC 1991, Canada, 89,940pts (45,260+44,680) ; 7. Despoina SOLOMOU, 1990, Grèce, 88,800pts (44,440+44,360) ; 8. Jenna RANDALL ,1988, Grande-Bretagne, 87,590pts (43,620+43,970) ; 9. Linda CERRUTI ,1993, Italie, 87,590pts (43,870+43,720) ; 10. RI Ji Hyang, 1992, P.R. Corée, 84,910pts (42,150+42,760) ; 11. EstelAnais HUBAUD, 1996, France, 84,080pts (41,950+42,130) ; 12. Sona BERNARDOVA, 19762, République Tchèque, 83,690pts (41,660+42,030).

Pandelela perd la tête

25 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Entre les séries et les demi-finales du plongeon de haut-vol à 10 mètres, Chen Ruolin a remis de l’ordre dans la hiérarchie. La Britannique Tonia Couch est passée de la huitième à la deuxième place, la Malaise Pandelela Pamg a perdu de sa superbe en même temps que 36pts sur son total, et notre Française, Laura Marino, a fait ce qu’il fallait pour appartenir à la finale qui aura lieu demain jeudi 25.

DAMES. Demi-finales des 10 mètres.- 1. CHEN Ruolin, Chine, 373, 65pts; 2. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 368,15pts ; 3. SI Ya Jie, Chine, 341,85pts; 4. Roseline FILION, Canada, 327,45pts; 5. Maria KURJO, Allemagne, 317,60pts; 6. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 316,05pts ; 7. Maria BETANCOURT, Venezuela, 314,65pts; 8. Pandelela Rinong PAMG, Malaisie, 314, 15pts ; 9. Victoria Lamp, USA, 312,25pts ; 10. Laura MARINO, France, 303,25pts ; 11. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 302,40pts ; 12. Alejandra OROZCO, Mexique, 300,10pts.

Des Asiates de haut-vol

24 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Le plongeon de haut-vol est asiatique. Ça, on le sait. Deux Chinoises, Si Yajie et Chen Ruolin, accompagnées par une Malaise, Pandelela Rinong Pamg, sont les meilleures qualifiées au tremplin de haut-vol féminin, et nous serions bien en peine de vous dire laquelle pourra l’emporter. Si Ya Jie, 15 ans, aspect infantile, 1,57m, 45kg. Toute gamine, mais qui écume déjà les grands prix FINA. De la graine de renouveau pour le meilleur plongeon du monde. On ne présente pas Chen Ruolin,plongeuse de l’année 2010 désignée par la FINA. Quant à Pandelela Rinong PAMG, 20 ans, elle est bronzée individuelle à la plate-forme à Londres (Jeux), et en plongeon synchronisé à Rome en 2009 (mondiaux) et ici même, à Barcelone. C’est une Bidayuh de Sarawak, branche du groupe ethnique des Dayaks, plus connus sous l’appellation de « chasseurs de têtes » jusqu’au milieu du 20e siècle ;  elle chasse actuellement des têtes chinoises ; mais que nul ne s’inquiète : conformément aux traditions de la FINA, il est exclu que la jeune fille, respecte celle de ses ancêtres de décapiter ses ennemies vaincues.

Pour le reste, on compte cinq Asiatiques sur les sept premières de ces préliminaires. Le plongeon avantage les gabarits petits et légers, et donc leur convient.

DAMES. Eliminatoires des 10 mètres.- 1. SI Yajie, Chine, 360,35pts; 2. Pandelela Rinong PAMG, Malaisie, 351,05pts ; 3. CHEN Ruolin, Chine, 350,60pts; 4. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 328,25pts; 5. Amelia COZAD, USA, 325,20pts ; 6. Mai NAKAGAWA, Japon, 321,65pts ; 7. Fuka TATSUMI, Japon, 320,50pts; 8. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 317,25pts ; 9. Maria BETANCOURT Venezuela, 309,30pts; 10. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 309pts; 11 Alejandra OROZCO, Mexico, 303,45pts; 12 KIM Jin Ok, Corée du Nord, 302,55pts ; 13. Roseline FILION, Canada, 301,85pts ; 14. Laura MARINO, FRANCE, 298,65pts; 15 Maria KURJO, Allemagne, 294,05pts; 16. Ganna KRASNOSHLYK, Ukraine, 290,25pts; 17 Brittany BROBEN, AUS, 285,65pts ; 18. Victoria LAMP, USA, 279,25pts; 19. Ekaterina PETUKHOVA, Russie, 278,75pts; 20 Villo KORMOS, Hongrie, 278,05pts; 21. Yulia TIMOSHININA, Russie, 271,20pts; 22. Carolina MURILLO URREA, Colombie, 269,95pts; 23 Kieu DUONG, Allemagne, 266,60pts; 24. CarolAnn WARE, Canada, 260,90pts.

Ophélie Aspord perd avec panache la bataille navale

23 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Ce fut une course de dupes, quoiqu’on ne puisse dire qui fut dupé en l’espèce. Nous produirions pour notre part trois noms, ceux de la Hongroise Anna Olasz, de la Française Ophélie Aspord et de la Chinoise Yanqiao Fang. Mais certes il est beaucoup plus aisé d’émettre une telle hypothèse à tête reposée, en consultant les feuilles d’arrivée devant sa citronade, que de saisir la stratégie qui se joue, avec la tête dans la flotte, à moitié aveuglée par l’eau glauque du Port Vell de Barcelone, au milieu de la folie douce qui s’instaure à l’approche de l’arrivée d’un bras de fer de dix kilomètres nagé à fond les manettes, au milieu d’un banc serré d’autres bêtes de mer qui vos frôlent vos cognent, parfois vous boxent ou vous piétinent dans un battement de jambes qui oublie un instant sa fonction d’avancer pour celle de châtier l’impudent, l’importun, d’à côté, quand le corps n’est plus qu’une douleur qui se projette en avant à coup d’héroïsme, quand les poumons brûlent, quand les bras ne tournent plus que par une force d’habitude. Mais voilà : au trois quarts de la course, les trois jeunes femmes en question se trouvent, en compagnie de la Japonaise Kida et de la Canadienne Balasz à plus ou moins dix secondes de Kalliopi Araouzou, la Grecque qui mène alors la chasse à l’or. Dans ce quatrième quart de la course, les trois futures podiumisées, Okimoto, Cunha et Maurer, sont encore respectivement 3e, 4e, et 8e. Mais elles vont augmenter la cadence jusqu’à l’infernal. Toutes trois vont nager leurs derniers 2500 mètres peu ou prou UNE MINUTE PLUS VITE que le précédent, où elle n’ont pas particulièrement chômé. Or, dans cette phase terminale du parcours, Olasz, Aspord et Fang vont nager plus rapidement encore, leur revenant dessus, mais de trop loin. Et voilà. C’est comme cela que ce 10km conquis par DEUX Brésiliennes a éveillé les imaginations en direction de Rio et des Jeux 2012. Et sonné le glas d’autres ambitions et d’autres talents,  Les Italiennes Grimaldi, chargée d’or, d’argent, de bronze, dans toutes les courses de l’olympiade échue, 12e, Rachele Bruni, 23 ans, sextuple championne d’Europe, ici 31e, ou la championne olympique hongroise Eva Risztov, 9e.

DAMES.- EAU LIBRE. 10 KILOMETRES.- 1. Poliana OKIMOTO CINTRA (Brésil), 1h58’19’’2 ; 2. Ana Marcela CUNHA (Brésil), 1h58’19’’5 ; 3.  Angela Alexandra MAURER, Allemagne, 1h58’20’’2 ; 4 Kalliopi ARAOUZOU (Grèce), 1h58’21’’3 ; 5. Anna OLASZ (Hongrie), 1h58’22’’4 ; 6. Ophélie ASPORD (FRANCE),  1h58’23’’2 ; 7. Yanqiao FANG (Chine), 1h58’23’’2; 8. Rebecca Wilke MANN (USA), 1h58’23’’4; 9.  Eva RISZTOV (Hongrie), 1h58’23’’4 ; 10. Christine Elizabeth JENNINGS (USA), 1h58’23’’6 ; 11. Elizaveta GORSHKOVA (Russie),  1h58’24’’3 ; 12. Martina GRIMALDI (Italie), 1h58’24’’9 ; 13. Yumi KIDA (Japon), 1h58’25’’8 ; 14. Keri-Anne PAYNE (GBR),  1h58’25’’8 ; 15. Svenja Theresa ZIHSLER (Allemagne),  1h58’25’’8 ; 16. Yurema REQUENA JUAREZ (Espagne),  1h58’26’’4 ; 17 Erika VILLAECIJA GARCIA (Espagne),  1h58’27’’8 ; 18. Olga BERESNYEVA (Ukraine, 1h58’27’’9 ; 19.  Zsofia BALAZS (Canada), 1h58’28’’5 ; 20. Melissa GORMAN (Australie), 1h58’30’’9 ; 21. Marianna LYMPERTA (Grèce), 1h58’33’’ ; 22. Lizeth RUEDA SANTOS (Mexique), 1h58’36’’6 ; 23. Cara BAKER (Nouvelle-Zélande),  1h58’38’’5 ; 24. Vicenia NAVARRO (Vénézuela), 1h58’38’’5 ; 25. Célia BARROT (France), 1h58’41’’8.

Les filles dansent, les notes ronronnent

23 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

Le tiercé est bien dans l’ordre, Russie, Chine, Espagne. Parions qu’aucune tête ne dépassera en finale, à l’arrivée. Si l’on en croit les notes, les Françaises sont mieux techniquement qu’artistiquement.

DUO (préliminaires).- 1. Russie (48,570+48,660) 97,230 (Svetlana KOLESNICHENKO et Svetlana ROMASHINA); 2. Chine (47,610+47,470) 95,080 (JIANG Tingting et JIANG Wenwen); 3. Espagne (47,060+47,210) 94.270 (Ona CARBONELL BALLESTEROS et Margalida CRESPI JAUME) ; 4. Ukraine (46,300+46,230) 92,530 (Lolita ANANASOVA, Anna VOLOSHYNA); 5. Japon (45,630+45,840) 91,470 (Yumi ADACHI Yukiko INUI) ; 6. Italie (44,870+44,760) 89,630 (Linda CERRUTI et Costanza FERRO) ; 7. Canada (44,140+44,480) 88,620 (Emilia KOPCIK Stephanie LECLAIR) ; 8. Grèce (43,890+44,120) 88,010 (Evangelia PLATANIOTI et Despoina SOLOMOU; 9 Grande-Bretagne (43,560+44,120) 87,680 (Olivia FEDERICI Jenna RANDALL) ; 10. France (43,570+43,710)  87,280 (Laura AUGE Margaux CHRETIEN) ; 11 R.P. Corée (42,740+3,100) 85,840 (KIM Jong Hui et RI Ji Hyang ; 12. Suisse (41,680+41,690) 83,370 (Pamela FISCHER et Anja NYFFELER).

He Zi contre Cagnotto, ou le plongeon comme tragédie antique

23 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

L’épreuve du tremplin à 1 mètre dames, remportée hier par la Chinoise He ZI devant l’Italienne Tania Cagnotto, restera sans doute l’une des plus âprement disputées de ces mondiaux de Barcelone, et mériterait d’entrer dans la mémoire de plongeon. L’ensemble des concurrentes avaient choisi les mêmes plongeons, qui se présentaient, pour He, dans cette disposition : quatre sauts carpés, 403B (saut périlleux et demi retourné), 203B (périlleux demi arrière), 303B (périlleux et demi renversé) 105B (double périlleux et demi avant), et un saut libre : 5333D ou périlleux et demi renversé avec une vrille et demie (seule des finalistes, Gobor avait opté pour un double périlleux et demi renversé (305) en lieu du 303, ce qui lui offrait donc un coefficient légèrement supérieur, et aussi, contrepartie inévitable, une opportunité supplémentaire de se rater…). « C’est un choix dans lequel toutes se retrouvent parce que les filles optent pour les plongeons dont le compromis entre le coefficient de difficulté et le risque d’échec leur parait le plus favorable, » nous expliquait à ce sujet la jeune entraîneur nationale Audrey Labeau. En l’occurrence, ces demoiselles ressemblaient à des parieuses, qui, course après course, misaient sur les mêmes chevaux. Et le plongeon à une course d’obstacle dans laquelle chacune déciderait où tenter l’oxer, où le vertical, où la rivière.

Dans ce jeu de poker, tel qu’il se joua en l’occurrence, He Zi commença par mener, 61,20pts à 57,60 pour Cagnotto et la 2e Chinoise, Wang, ex-aequo. Au 2e plongeon, les Chinoises exploitèrent leur périlleux demi arrière, assez catastrophique pour Wang qui recula à la 7e place et perdit là son option pour le titre. Cagnotto, elle, misa sur le 105B, ou double périlleux avant et les 0,3pts de difficulté en plus qu’il apportait, adossé à une exécution léchée, lui donna l’avantage. He suivait avec un périlleux et demi renversé (303B) tandis que l’Italienne proposait  le périlleux demi-arrière: deux belles exécutions, légèrement à l’avantage de l’Italienne, mais le coefficient rapportait plus à la Chinoise. Cagnotto menait encore, 184,70pts à 182,30pts.

Quatrième plongeon, difficultés équivalentes pour les jeunes femmes, 2,6, double périlleux et demi avant pour He, périlleux et demi renversé avec une vrille et demi pour Tania. Deux choses se passèrent là : primo He Zi fit bien moins bien que Cagnotto quelques minutes avant sur le même exercice ; secundo, Cagnotto sortit un joli plongeon et conforta son avance, mais sans se mettre à l’abri d’une surprise. La vigilance, le sang-froid, étaient plus que jamais indispensables…

Et ce qui devait arriver arriva. Dans un de ces moments où l’événement balaie tout et fige deux vies en destins, He, portée par l’enjeu et un coefficient favorable, sortit le meilleur plongeon de la soirée, et en tout cas le mieux noté. A l’issue d’une empoignade incroyable de densité, la petite et gracile Chinoise, six ans après son titre mondial acquis en 2007 à Melbourne, arrachait d’un minuscule dixième de point le titre à la Transalpine. Il s’agissait, affirmaient les augures, de la marge la plus petite par laquelle un titre de plongeon n’avait jamais été attribué de mémoire d’homme – ou de femme. « Un dixième de point, notait Bernard Pierre, qui, après presqu’un demi-siècle passé dans les piscines, suivait les compétitions depuis son poste de télévision, c’est une différence d’un demi-point sur un juge » Ou l’équivalent d’une épaisseur de maillot dans un sprint ! Autant dire rien. De tels impondérables, où une certaine forme de cruauté n’est pas absente, font la grandeur du sport, qui confine alors à une tragédie. « La Cagnotto », qui avait manqué le bronze olympique de deux dixièmes de point, et ne fut jamais championne du monde malgré une carrière gigantesque dans la durée et remarquable de par sa qualité, avait perdu, avait raté, à vingt-huit ans, et quatorze saisons après son entrée dans la lice, les cérémonies de ce qui aurait pu être son propre couronnement. E.L.

DAMES.- Tremplin de 1 mètre. FINALE.- 1. HE Zi, Chine, 307,10pts ; 2. Tania CAGNOTTO, Italie, 307,00pts; 3. Han WANG, Chine, 297,75pts; 4. Dolores MONZON HERNANDEZ, Mexique, 272,40pts; 5. Pamela WARE, Canada, 265,10pts; 6. Tina PUNZEL, Allemagne, 264,50pts; 7. Daria GOVOR, Russie, 256,45pts; 8. Uschi FREITAG, Pays-Bas, 254,60pts.

MESSIEURS.- Tremplin Synchro (qualifications).- 1. QIN Kai et HE Chong, Chine, 454,32pts ; 2. Evgeny KUZNETSOV et Ilia ZAKHAROV, Russie, 445,32pts; 3. Patrick HAUSDING et Stephan FECK, Allemagne, 427,68pts; 4. Illya KVASHA et Oleksiy PRYGOROV, Ukraine, 421,81pts ; 5. Michael HIXON et Troy DUMAIS, USA, 406,98pts ; 6. Jahir OCAMPO et Rommel PACHECO, Mexique, 404,97pts ;  7. Chris MEARS et Nicholas ROBINSON-BAKER, Grande-Bretagne, 388,82pts ; 8 ex-aequo. Stefanos HERNANDEZ PAPAROUNAS et Michail Nektarios FAFALIS, Grèce, et OOI Tze Liang et AZMAN Ahmad Amsyar, Malaisie, 382,97pts.

La technique aussi est russe

22 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Natation synchronisée.

EQUIPE, TECHNIQUE (finale).- Russie, 96.600 (48.200 48.400) (Vlada CHIGIREVA, Daria KOROBOVA, Alexandra PATSKEVICH, Elena PROKOFYEVA, Alla SHISHKINA, Maria SHUROCHKINA, Anzhelika TIMANINA, Alexandra ZUEVA); 2. Espagne, 94,400pts (47,100+47,300); 3. Ukraine, 93,300pts (46,600+46,700); 4. Japon, 92,200pts (45,900+46,300); 5. Canada, 90,300pts (45+45,300); 6. Italie, 89,900pts (44,800+45,100); 7. FRANCE, 87,200pts (43,300+43,900)-(Marie ANNEQUIN, Laura AUGE, Maeva CHARBONNIER, Margaux CHRETIEN, May JOUVENEZ , Chloé KAUTZMANN, Lauriane PONTAT, Lisa RICHAUD) ; 8. Grèce, 86,400pts (46,400+46).