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Séries : Pellegrini et Charlotte Bonnet font « coucou »

30 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Camille Muffat avait parlé de 200 mètres avant les championnats du monde; elle pensait que cette épreuve pourrait lui apporter de nouvelles satisfactions, alors qu’elle ne voyait plus autant de possibilities de progrès sur le 400 mètres. Il est certes trop tôt pour dire si elle sera exaucée, mais elle « remporte » les séries de l’épreuve, devançant Katinka Hosszu qui risque d’être la grande nageuse de Barcelone (encore que Ledecky a bigrement marqué son territoire), Federica Pellegrini qui effectue un retour assez tonitruant sur une distance où ce renard de Lucas, son entraîneur « francese » affirmait qu’il ne fallait rien attendre d’elle. Belle prestation de Charlotte Bonnet qui progresse lentement mais sûrement. L’an passé, Charlotte, aux Jeux olympiques de Londres, plafonnait à 1’57’’78, lancée, dans le relais médaillé de bronze. Aux championnats de France d’hiver, elle réussissait 1’57’’36. Ici, elle est à la bagarre avec Pellegrini et se permet de réussir un meilleur temps que Missy Franklin, Melanie Costa ou Bronte Barratt.

DAMES 200 METRES (séries)1. MUFFAT Camille, FRANCE, 1’56 »53 (26 »76 56 »24 1:26.39); 2. HOSSZU Katinka HUN 1’56 »73 (27.12 56.56 1:26.35); 3. PELLEGRINI Federica, ITA, 1’56 »79 (27.61, 57.19, 1:27.27); 4. BONNET Charlotte, FRANCE, 1’56 »82 (27 »58 57 »05 1’27 »16); 5. FRANKLIN Missy, USA, 1’56 »90 (27.19 56.68 1:26.66); 6. COSTA SCHMID Melanie, ESP, 1’57 »01 (27.32, 56.52, 1:26.73); 7. BARRATT Bronte, AUS, 1:57.14; (27.79, 57.16, 1:27.21); 8. HEEMSKERK Femke, NED, 1’57 »44 (27.56, 57.10, 1:27.45)

Van Der Burgh met le feu au 50 brasse

Battu dans son épreuve du 100 mètres brasse, le champion olympique sud-africain Cameron Van Der Burgh a montré sa détermination en frôlant son record mondial dans les séries du 50 mètres brasse, en 26 »78. Le record, 26 »67, avait été établi il  a exactement quatre ans et un jour, aux Mondiaux 2009 de Rome. Le Brésilien Felipe Ferreira Lima, deuxième, est devancé nettement, d’un tiers de seconde et Sprenger, le vainqueur du 100 mètres brasse, à plus d’une demi-seconde.

MESSIEURS. 50 METRES BRASSE  (séries).- 1. VAN DER BURGH Cameron, RSA, 26’’78; 2. LIMA Felipe, BRA, 27 »11 ; 3. SNYDERS Glenn, NZL 27 »27 ; 4. SPRENGER Christian, AUS, 27 »30.

Gare au boeuf Spanghero

30 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Le responsable du contrôle antidopage de la FINA, le docteur Andrew Pipe, a prévenu les nageurs des risques que pouvaient leur faire encourir certains suppléments alimentaires. Le fait est bien connu, certains produits commercialisés sous l’étiquette de ‘’suppléments’’, de ‘’compléments’’, d’ ‘’alicaments’’ ou autres ‘’produits’’ diététiques contiennent en fait des produits interdits par l’agence antidopage, avec le risque, pour les consommateurs, d’apparaître ‘’positifs’’ au contrôle.

Les affaires Tyson Gay et Asafa Powell (ex-recordman du monde du 100 mètres plat, en athlétisme) ont conduit les limiers de lanti-dopage à soupçonner des produits alimentaires supplémentés, dont on pense qu’ils pourraient être à l’origine des ennuis des susnommés.

Dès avant le début des compétitions, le docteur Pike avait, dans une réunion des chefs des différentes équipes présentes, attiré leur attention à ce sujet. « Une vaste majorité de ces produits sont fabriqués aux Etats-Unis où aucune régulation de ces produits n’existent » leur a-t-il dit en substance. Dans le pays du business roi, c’est le business qui établit ses codes de bonne conduite. En d’autres termes, vous n’êtes pas sûr du tout de trouver dans le sachet, la fiole où la boite les produits décrits dans l’étiquette. « Les athlètes sont responsables de ce qu’ils ingurgitent, ce qui signifie qu’il revient à vous de savoir ce que vous prenez. Mais la nature de l’industrie des suppléments fait que vous ne savez pas ce qu’il y a dans leurs produits. Parfois les producteurs eux-mêmes ne sont pas tout à fait informés de ce qui s’y trouve. ». Autant dire que le boeuf Spanghero y est la règle commune.

Pipes estime d’ailleurs que des sportifs conscients devraient éviter ces produits dont l’efficacité n’est pas réellement démontrée, a-t-il ajouté. Il a rappelé que le passeport biologique avait été introduit par la FINA, et que des centaines de tests sanguins seraient effectués aux mondiaux et à l’année.

 

Cielo dore et pleure, Bousquet bronze et rit

29 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

 50m papillon messieurs (Finale).- 1. CIELO FILHO Cesar  BRA  23.01; 2. GODSOE Eugene  USA  23.05; 3. BOUSQUET Frederick  FRA  23.11; …8. MANAUDOU Florent  FRA  23.35

Même dans une épreuve « non-olympique », une médaille est bonne à prendre. Il fallait voir les pleurs de Cielo pour s’en convaincre. Les effets du soleil non-olympique sont déroutants, Cesar pleure parce qu’il dore, quand Bousquet sourit parce qu’il bronze. Ecoutons-le : « Je n’avais pas eu de médaille mondiale depuis quatre ans (Mondiaux 2009 à Rome), cela fait très plaisir, surtout après être passé à côté à Shanghai en 2011. Je suis très heureux de décrocher cette médaille, elle me donne le sentiment d’avoir réussi ma saison. Je suis en même temps un petit peu déçu de passer à côté du titre pour si peu et de ne pas faire une meilleure course qu’hier soir. Toutes les médailles ont une saveur différente, celle-ci a le goût du travail. Elle reflète mon côté têtu de quelqu’un qui ne baisse jamais les bras. » Florent MANAUDOU de son côté, s’affirmait « un peu déçu mais pas abattu parce que j’avais dit que mon objectif était de performer sur le 50 nage libre et il me reste encore trois jours pour travailler. J’étais un petit peu moins concentré sur cette course, j’en attendais moins. J’ai quand même réussi à faire une finale avec deux bons temps en série et en demi-finale. Je savais que c’était la course de Frédérick (Bousquet). J’ai vraiment confiance en lui, je savais qu’il avait plus de maîtrise que moi sur cette course. »

Yannick Agnel en pleine interrogation.

29 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

On a pu voir la différence entre l’Agnel de 2012 aux Jeux Olympiques et celui qui nous est laissé après le scénario « deux hommes au bord de la crise de nerfs » servi en salade niçoise. Au niveau de la « gnaque », de la combativité et du courage, rien n’a changé. Mais au plan physique, en revanche, le coup de moins bien est patent. Certes, on s’en rendait compte sur 100 mètres. Au départ du relais de sprint français, Yannick a nagé une pleine seconde moins vite que l’an passé. Sur le 200 mètres individuel, à son 1’47’’40 des séries a succédé un 1’47’’01 en demi-finales. Pourra-t-il faire mieux ? Difficile à dire. Agnel a ce qu’on appelle un ‘’big match temperament’’, il va combattre. Izotov, le Russe, a donné l’impression de beaucoup s’employer, mais c’est peut-être dû à son style boiteux, qui rappelle curieusement la nage de Janet Evans, la championne des années 1980, où l’attaque de bras s’appuie sur un fouetté de la jambe qui fait de son battement un mouvement de dauphin alternatif. Mais quelle puissance. Il y a aussi le Japonais Hagino, qui a fini nettement plus vite que tout son monde, une qualité utile en finale. Quant à Lochte, qui est le champion du monde en titre (1’44’’44 à Shanghai voici deux ans), il doit bien songer à conserver sa couronne. A Shanghai, Agnel avait terminé 5e à une demi-seconde. Que dire d’autre ?

MESSIEURS 200 METRES LIBRE.- (demi-finales).-1. IZOTOV Danila, RUS, 1:45.84 ; 2 LOCHTE Ryan, USA, 1:46.06 ; 3. HAGINO Kosuke, JPN, 1:46.87 ; 4. RENWICK Robert, GBR, 1:46.95; 5. AGNEL Yannick, FRA, 1:47.01; 6. DWYER Conor, USA, 1:47.05; 7. FRASERHOLMES Thomas, AUS, 1:47.21 ; 8. MCEVOY Cameron, AUS, 1:47.31 ; 8. VERSCHUREN Sebastiaan, NED, 1:47.31.

Missy le missile rate sa mise à feu mais touche l’objectif

29 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

 Il faut s’appeler Missy Franklin, dans la natation actuelle, où les différences se calculent en centièmes de seconde, pour revenir d’un truc pareil. Glisser au départ, foirer de ce fait son élan, rater sa mise en action et malgré tout revenir, et puis l’emporter, dans ces séries, d’un rien, mais d’un rien qui compte, d’un rien qui veut dire c’est moi la patronne, devant l’Australienne Seebohm, sur 100 mètres dos. Missy a hérité du cinquième temps au passage des 50 mètres, mais elle est revenue solide. Du coup, Missy, Seebohm et Pelton, la deuxième américaine, sont dans un mouchoir de poche. Qui pourrait s’agrandir en finale, tant Missy semble hors d’atteinte. Elle est sortie de l’eau, pas trop contente d’elle-même, sa couronne légèrement de travers, mais toujours sur sa tête. Quelle classe!

DAMES.- 100 METRES DOS– (demi-finales)1. FRANKLIN Missy USA, 59.31 (29.07); 2. SEEBOHM Emily, AUS, 59.38 (28.80); 3 PELTON Elizabeth, USA, 59.44 (29.02); 4. TERAKAWA Aya, JPN, 59.80 (28.99); 5. FU Yuanhui, CHN, 59.82 (28.73); 6. ZEVINA Daryna, UKR, 59.90 (29.18); 7. BAUMRTOVA Simona, CZE, 59.99 (29.23); 8. HOCKING Belinda, AUS, 1:0.24 (29.74);… 14.CREDEVILLE Cloe, FRANCE, 1:1.16 (29.63).

Stravius et Lacourt défendront leur titre

29 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Les deux Américains devant, un retour énorme de Grevers, assez lent à se mettre en route en revanche… quoique le plus lent à l’aller, et le plus rapide au retour, dans l’absolu, ait été le second Japonais, Kosuke Hagino. Et nos deux Français, nos toujours co-champions du monde de Shanghai Stravius et Lacourt tout à fait dans le coup. Une bonne surprise, de la part de Lacourt, qui avait connu un long (et relatif) passage à vide. Stravius est impressionnant de relâchement et d’excellence technique. Donc, deux Américains, deux Japonais, deux Français, un Australien et un Néo-Zélandais. A voir.

MESSIEURS 100 METRES DOS (demi-finales).-1. GREVERS Matt, USA, 25.76 52.97 ; 2. PLUMMER David, USA, 25.44 53.10 ; 3. STRAVIUS Jeremy, France, 25.36 53.23 ; 4. IRIE Ryosuke, JPN, 26.13 53.41 ; 5. LACOURT Camille, France, 25.75 53.42 ; 6. HAGINO Kosuke, JPN, 26.65 53.68 ; 7. DELANEY Ashley, AUS, 25.92 53.74; 8 KEAN Gareth, NZL, 25.56 53.81.

Sarah Sjostrom et l’héritage d’Alshammar

29 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

L’héritière d’Alshammar s’appelle Sarah Sjostrom (ça se prononce comme ça s’éternue). Sarah, on la sentait venir, depuis le mois de juin, tant elle semblait être en forme dans les meetings de Coupe du monde. On savait que si les Dieux de la compétition la favorisaient un peu, elle serait là au rendez-vous. Avec son 1,86m, la Suédoise, aussi à l’aise en dos, en papillon ou en crawl, 4e du 100 mètres papillon des Jeux Olympiques de Londres, mais aussi ancienne détentrice du record du monde de la course avant qu’il ne soit battu par Vollmer en finale des Jeux, on la savait rapide. Elle a pris à point nommé le relais d’Alshammar, sa fantaisiste compatriote, qui s’est offert un congé maternité. Mais il était difficile de l’ériger en favorite devant Dana Vollmer, la gagnante de Londres et du championnat des Etats-Unis. Toujours le mois dernier, à travers l’Europe, on avait noté également la pétulance de Jeannette Ottesen, devenue Ottesen-Gray depuis qu’elle avait convolé en justes noces avec un certain Bobby Gray, citoyen américain. Les nouvelles qu’elle donnait du Danemark étaient assez encourageantes. La petite équipe nationale, composée de quatre nageurs, connaissait, collectivement, la forme. Et puis, en demi, Jeannette avait battu son record personnel, 57’’19 contre 57’’25 l’an passé à Londres. Jeannette a-t-elle commis une faute en finale, toujours est-il qu’elle a cherché à s’enfuir, d’entrée ; elle est passée crânement en tête, en 26’’06, mais elle n’est pas allée jusqu’au bout : quand les autres sont revenues, elle n’avait plus rien à donner. Tragique ? Classique… quatrième ! Sjostrom, donc, Coutts (qui engrangera avant la fin de la journée sa troisième médaille d’argent : relais nage libre, 100 papillon 200 quatre nages) et Vollmer. Avec son temps des demis, Ottesen aurait été bronzée. Mais il faut croire qu’elle visait autre chose !

DAMES.- 100 METRES PAPILLON (finale).-1. SJOSTROM Sarah, Suède,  56.53 (au 50m, 26’’40); 2. COUTTS Alicia, AUS, 56’’97 (26’’80); 3. VOLLMER Dana, USA, 57.24 (26.50) ; 4. OTTESEN GRAY Jeanette DEN, 57.27 (26.06); 5. SAVARD Katerine, CAN, 57.97 (26.98); 6. BIANCHI Ilaria, ITA, 58.11 (26.43); 7. THOMAS Noemie IpTing, CAN, 58.13 (26.89); 8. DONAHUE Claire, USA,  58.30 (27.13)

 

Springer a enfin dompté Van Der Burgh

29 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Christian Sprenger avait assuré en juin qu’il avait un  » moins de 58 secondes «  en lui. Il ne l’a pas réalisé, mais il est champion du monde. L’homme revient de loin. A Rome, en 2009,l’Australien bat le record du monde du 200 mètres brasse en 2’7’’3. Il est 2e du 100 brasse aux Jeux olympiques en 2008 et en 2012, où la moitié des finalistes olympiques ont effectué des mouvements interdits de dauphin après leur départ et (ou) leur virage. Sprenger enrage, il accuse Van der Burgh, son vainqueur sud-africain, de n’avoir pas lésiné sur le mouvement illégal.

Deux jeunes, les Américains Kevin Cordes et Fink, sont entrés en finale. Ils ont entre 19 et 20 ans, et sont de « monstrueux » nageurs de petit bassin, comme le géant slovène Damir Dugongic, 2,02m, qui détenait le record des 100 yards que Cordes a battu cet hiver aux NCAA. Mais le dernier mot restera à l’expérience. Van der Burgh va s’échapper après que le Brésilien Lima se soit brûlé dans une première longueur de dingue. Et Sprenger ira le surprendre sur le fil. Les Américains sont bons derniers. Le passage du petit bassin de 25 yards à celui de 50 mètres n’est pas toujours simple.

 MESSIEURS. 100 METRES BRASSE (finale).- 1. SPRENGER Christian, AUS, 58’’79 ; 2. VAN DER BURGH Cameron, RSA, 58’’97; 3. LIMA Felipe, BRA, 59’’65 ; 4. DUGONJIC Damir, SLO, 59’’68 ; 5. SCOZZOLI Fabio, ITA, 59’’70 ; 6. KITAJIMA Kosuke, JPN, 59’’98 ; 7. CORDES Kevin, USA, 1’0’’02 ; 8. FINK Nicolas, USA, 1’0’’10.

Katinka Hosszu, oui ; Ye Shiwen, non

29 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Katinka Hosszu l’a finalement emporté sur Ye Shiwen. La Hongroise était, nous l’avons dit, revancharde après ses Jeux ratés. Elle a raflé une invraisemblable collection de médailles dans les meetings de Coupe du monde, et est arrivée à Barcelone avec un appétit évident. En séries et en demi-finales de ce 200 mètres quatre nages, elle a dominé, et Ye Shiwen était assez loin, mais on ne pouvait savoir si c’était stratégie ou incapacité de sa part. La finale a répondu. Hosszu l’a emporté, et Ye a été totalement dominée. C’est l’Australienne Coutts, une abonnée à l’argent, qui est seconde, comme dans le relais quatre fois 100 mètres nage libre.

Le succès d’Hosszu est une chose, l’échec de Ye Shiwen aurait quelque chose de mystérieux si nous ne nous étions pas posé la question pour Camille Muffat. A la différence de la Française, Ye est jeune, c’est une des nageuses les plus précoces de notre temps. Peut-être sature-t-elle, après trois saisons au sommet (elle a été championne du monde en 2011, à quinze ans).

Nous avions remarqué que l’équipe chinoise n’était pas en forme à Barcelone. Par exemple, pas une finaliste chinoise sur 100 mètres papillon, une épreuve très forte pour eux. Mais on se disait que Ye échapperait à cette faiblesse, un peu comme Sun Yang qui a remporté le 400 mètres. Ye est cette malheureuse nageuse de quatre nages qui a subi les foudres de la presse anglo-saxonne et de la meute qui a emboité le pas après que John Leonard, président de l’Association des Coaches Américains, ait flairé du dopage derrière sa formidable accélération finale dans le quatre cent mètres quatre nages des Jeux Olympiques de Londres.

Je crois qu’après un tel type d’incident, on devrait mettre au point un contrôle radar de performances imité de ceux qui surveillent nos autoroutes et tous les endroits où l’Etat-Providence peut se faire de l’argent facile en ayant l’air de protéger la vie de nos concitoyens.

Au-delà d’une certaine vitesse sur laquelle ceux qui ont accusé Ye de tricher, devront quand même nous préciser (il sera ainsi interdit à toute nageuse de dépasser la vitesse correspondante du nageur vainqueur dans la même épreuve, dans n’importe quelle phase de sa course, même si ce nageur était fatigué dans cette phase de la course en raison d’une erreur de train ou freinait pour des raisons tactiques).

En fait, si, à Londres, Ye a terminé son 400 mètres quatre nages plus vite que Ryan Lochte le sien (c’est le fait reproché) c’est parce que Lochte avait cravaché dans les autres styles de son parcours, et que Ye avait produit une course d’attente, façon d’agir que plusieurs champions chinois maîtrisent très bien, Sun Yang en étant l’exemple abouti… D’ailleurs quatre finalistes du 400 mètres quatre nages messieurs nagèrent ce fameux 50 mètres plus vite que Lochte.

Qu’apporte une course d’attente ? Un avantage physiologique : vous nagez au ‘’seuil’’, c’est-à-dire au bout de vos capacités aérobies, mais sans mordre dans votre potentiel anaérobie. C’est une forme de gestion de l’effort qui doit s’apprendre, à l’entraînement les cyclistes et les fondeurs s’aident de pulsomètres pour ne jamais dépasser le seuil.

Les résultats pour Sun Yang, de cette façon de nager, ont été insolites. Car tenez vous bien, Yang a terminé son 1500 mètres olmpique par un 100 mètres d’un poil plus rapide (53’’49) que celui qui clôturait son 400 mètres (53’’50), lequel il acheva plus vite qu’il ne l’avait fait sur 200 mètres (53’’71). Heureusement Yang est le même dans ces trois courses, parce qu’en appliquant une variante de raisonnement employé pour Ye, on aurait pu affirmer que, pour terminer son 1500 mètres plus vite que ne l’avait fait le champion olympique du 400 mètres et que le médaillé d’argent du 200 mètres démontrait qu’il était dopé !!!

Pourquoi Sun n’a-t-il pas été en mesure, à Londres, de gérer son 400 mètres et son 200 mètres comme son 1500 mètres ? Parce qu’il ne pouvait se permettre de nager sur son seul ‘’réacteur’’ aérobie sans être distancé de trop loin. Il a été contraint de fabriquer des lactates. Sur 200 mètres, l’enfer que lui a mis Yannick Agnel l’a contraint de passer en 51’’22 à mi-course et, donc, de puiser dans son ‘’kérosène’’ anaérobie. Au virage des 100 mètres, il devait être joliment entamé et aux 150 mètres, il ne devait plus lui en rester grand’ chose. Quand il a dû terminer son effort, Yang, le plus grand finisseur de l’histoire du demi-fond, s’est retrouvé à 96% de la vitesse du Gaulois de service !!

Ye Shiwen fait ça en Chine. Elle a gagné le 200 dos des championnats nationaux en « attendant » pendant 150 mètres, puis en fusillant dans la dernière longueur, 2’9’’12 contre 2’10’’12 à la suivante, Fu Yuanhui, 2’10’’02, et Bai Anqui, 2’11’’76. Elle a gagné le 200 mètres libre des championnats en moins de 1’58’’ devant Shen Duo, 1’58’’37, et Qiu Yuhan, 1’58’’50. Le 200 quatre nages en 2’9’’08. Mais ici, à Barcelone, sommet de sa saison… il est peo probable q’elle ait tenté une course d’attente. Et de totes façons, Hosszu ne l’a pas attendue.

 DAMES 200 METRES QUATRE NAGES (finale).- 1 HOSSZU Katinka HUN 2:7.92 (27.20, 59.39, 1:36.85); 2  COUTTS Alicia AUS, 2:9.39 (27.77, 1:0.57, 1:38.35); 3  BELMONTE GARCIA Mireia, ESP,  2:9.45 (28’’, 1:1.94, 1:39.02); 4. YE Shiwen, CHN, 2:10.48; 5. LEVERENZ Caitlin USA 2:10.73; 6.  JAKABOS Zsuzsanna, HUN, 2:10.95 ; 7.  ALLEN Sophie, GBR, 2:11.32 ; 8. OCONNOR SiobhanMarie, GBR, 2:12.03.