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HOSSZU: FINA, FAIS GAFFE, VOICI LE GAPS

Mercredi 5 Juillet 2017

Ce mardi 4 juillet, Katinka HOSSZU a annoncé la formation de la GAPS (Global Association of Professional Swimmers – Association mondiale des nageurs professionnels), « dont les membres représentent déjà les cinq continents », écrit-elle. « Nous cherchons à réunir plus de membres et à les écouter. »
Selon Hosszu ce groupement qui réunit entre autres quatorze champions olympiques devra représenter les intérêts des nageurs professionnels, avoir une vue claire sur les événements actuels de la natation et influencer le développement à venir du sport. « Nous attendons que les responsables de la FINA nous donnent un siège à leur table. Que les nageurs soient traités comme partenaires égaux. Qu’ils commenceront à parler avec nous. Qu’ils entendront la voix des nageurs professionnels. Nous avons notre mot à dire dans toutes décisions importantes sur l’avenir de notre sport. »
Ce groupement, qu’ont déjà rejoint les Français Camille LACOURT et Anna SANTAMANS et la plus Française des Néerlandaises, Sharon VAN ROUWENDAAL, à côté de stars de la dimension du Japonais Kosuke HAGINO, des sœurs CAMPBELL, de Sarah SJÖSTRÖM ou de Ranomi KROMOWIDJOJO, peut être rejoint sur https://swimmingprofessionals.org/.
En l’état actuel, sont membres de l’association : Jessica ASHWOOD (Australie), Bronte et Cate CAMPBELL (Australie), Madison WILSON (Australie), Pieter TIMMERS (Belgique), Bruno FRATUS (Brésil), Hilary CALDWELL (Canada), Pernilla BLUME (Danemark), Jeanette OTTESEN (Danemark), Rikke PEDERSEN (Danemark), Camille LACOURT (France), Anna SANTAMANS (France), Marco KOCH (Allemagne), James GUY (Grande-Bretagne), Adam PEATY (Grande-Bretagne), Katinka HOSSZU (Hongrie), Luca DOTTO (Italie), Kosuke HAGINO (Japon), Femke HEEMSKERK (Pays-Bas), Ranomi KROMOWIDJOJO (Pays-Bas, Kira TOUSSAINT (Pays-Bas), Sharon VAN ROUWENDAAL (Pays-Bas), Ferry WEERTMAN (Pays-Bas), Michelle COLEMAN (Suède), Jennie JOHANSSON (Suède), Sarah SJÖSTRÖM (Suède), Cameron VAN DER BURGH (Afrique du Sud), Conor DWYER (USA), Katie MEILI (USA), Lia NEAL (USA).
Pour l’instant, HOSSZU parait être le fer de lance et le porte-parole de l’association, et le prétexte à cette création se situe dans les nouveaux règlements de la Coupe du monde FINA, lesquels affectent directement l’autoproclamée Dame de Fer en limitant les engagements individuels à quatre par réunion. HOSSZU, qui s’était fait une spécialité de s’engager partout, s’est sentie visée par ce point de règlement.
Du point de vue de la FINA, qui a prévu également d’augmenter les primes à hauteur de 3.400€ par course pour un total général de l’ordre d’un million huit cent mille euros, de limiter à 25 le nombre de courses disputées par meeting et de permettre aux médaillés olympique et mondiaux d’entrer directement dans les finales, ces changements ont pour but d’attirer plus de grands nageurs et d’augmenter la diffusion et la visibilité de la compétition. HOSSZU a précédemment critiqué l’ensemble de ces règlements qu’elle a jugé, non sans raisons « ridicules ». La limitation aux engagements l’a particulièrement agacée (à juste titre, on l’a appelé règlement anti-Hosszu).
Katinka s’est particulièrement satisfaite de la réaction des nageurs et de la rapidité avec laquelle ils se sont réunis : « tout comme je le pensais, plusieurs d’entre nous sont dans la même situation, très au fait des problèmes de la natation d’aujourd’hui. Nous avons les mêmes façons de penser pour ce qui concerne les solutions. » Eric LAHMY

TRIALS U.S. À INDIANAPOLIS (4) SPÉCIALITÉS DAMES : LILLY LA TIGRESSE TRIPLE EN BRASSE ET PRÉPARE SA GUERRE CONTRE EFIMOVA. KATHLEEN BAKER EN DOS MAJEUR

Éric LAHMY

Dimanche 2 juillet 2017

50 dos (29 juin) : 1. Hannah STEVENS, 27s63 ; 2. Kathleen BAKER, 27s69; 3 Ali DE LOOF, 27s89 (en série, 27s82); 4. Courtney CALDWELL, 28s16; 5. Amy BILQUIST, 28s25; 6. Grace ARIOLA, 28s43. Finale B: Haley HYNES, 28s50. En série, Caroline BALDWIN, 28s51.

***« Tigresse » (au regard de biche) du Missouri, où elle étudie pour devenir instit et nage les courses de vitesse en crawl et en dos sous la férule de Greg RHODENBAUGH, ancien nageur de l’équipe US, coach depuis trente ans et père de huit ans (un gars qui ne perd pas de temps), Hannah STEVENS, de Lexington, Ohio, obtient son ticket pour Budapest. 3e du 100 dos, où elle a été devancée par Kathleen BAKER et Olivia SMOLIGA, elle s’impose sur la longueur de bassin. Jusqu’ici, c’est la fille toujours placée jamais vainqueur des grosses compétitions (5e des trials olympiques pour Rio en 2016). Mais l’essentiel de sa carrière se passe en petit bassin et cette fille dotée d’une nage longue est désavantagée dans les virages, face aux artistes de la culbute : une course sans aucun virage lui convient parfaitement.

 100 dos (30 juin) : 1. Kathleen BAKER, 58s57 ; 2. Olivia SMOLIGA, 59s17; 3. Hannah STEVENS, 59s74; 4. Ali DE LOOF, 59s77; 5. Regan SMITH, 59s85 (en série, 59s70); 6. Caroline BALDWIN, 1’0s37 (en série, 1’0s34); 7. Bridgette ALEXANDER, 1’0s64 (en série, 1’0s50); 8. Claire ADAMS, 1’0s67 (en série, 1’0s42). Finale B: 1. Elise HAAN, 1’0s02; 2. Lisa BRATTON, 1’0s53; 3. Grace ARIOLA, 1’0s66; 4. Amy BILQUIST, 1’0s79 (en série, 1’0s63); 5. Kylie STEWART, 1’0s80 (en série, 1’0s69); 6. Lucie NORDMANN, 1’1s01 (en série, 1’0s87); 7. Allie HOWE, 1’1s16 (en série, 1’1s01); 8. Asia SEIDT, 1’1s20 (en série, 1’0s77). Finale C: 1. Alex WALSH, 1’1s10.

***BAKER est une nageuse de gabarit moyen, 1,73m, mais très talentueuse. Affectée d’une maladie de Crohn depuis 2010 (elle a alors treize ans), elle n’en réussit pas une carrière épatante, a nagé aux PanPacifics 2014, aux mondiaux de Kazan 2015, et a enlevé la médaille d’argent du 100 dos des Jeux olympiques derrière Katinka Hosszu, à Rio, cassant à l’occasion pour la première fois les 59 secondes avec 58s75. La voilà qui fait encore mieux. Si les jeux vidéo (son deuxième talent) ne nuisent pas à ses perfs, elle devrait chercher noise aux Emily SEEBHOM, Katinka HOSSZU, FU Yanhui et autres Kylie MASSE.

Avec cette victoire, BAKER, déjà 2e du 50 dos et gagnante du 200 dos, s’assure le pleine emploi aux mondiaux de Budapest.

200 dos (28 juin): 1. Kathleen BAKER, 2’6s38; 2. Regan SMITH, 2’8s55; 3. Asia SEIDT, 2’8s99; 4. Bridgette ALEXANDER, 2’10s10 (en série, 2’9s44). Finale B: 1. Lucie NORDMANN, 2’10s35; 2. Alex WALSH, 2’10s71; 3. Tevyn WADDELL, 2’10s86. En série, Lisa BRATTON, 2’9s85; Asia SEIDT, 2’9s95; Hali FLICKINGER, 2’10s21; Kylie STEWART, 2’10s34; Alex SUMNER, 2’10s36; Melissa POSTOLL, 2’10s62.

***Voici BAKER numéro une mondiale, et donc l’une des concurrentes majeures pour le titre à Budapest. L’an passé, elle s’exhibait au 25e rang de la distance avec 2’9s36, autant dire qu’elle n’existait pas au niveau olympique. C’est fou ce que trois secondes de mieux peuvent changer la vie. L’an dernier, seule Maya DI RADO, 2’5s99, et Katinka HOSSZU, 2’6s03, ont nagé plus vite sur la distance.

 50 brasse (29 juin) : 1. Lilly KING, 29s66 (record US et Américain; ancien, Jessica HARDY, 7 août 2009, 29s80); 2. Katie MEILI, 30s11; 3. Molly HANNIS, 30s24; 4. Nathalie PIERCE, 30s89; 5. Jorie CANETA, 30s99 (en séries, 30s85); 6. Andrea COTTRELL, 31s06; 7. Katharine ROSS, 31s10. Finale B: 1. Emily WEISS, 31s11.

***Ses succès olympiques n’ont pas ôté son agressivité à Lilly KING, qui passe, avec son nouveau record US, Julia EFIMOVA (et ses 29s88), la Russe qu’elle avait assez copieusement insulté l’an passé et juré qu’elle ne passerait pas devant elle. Les deux sont les seules, cette saison, sous les 30 secondes, et leur présence à Budapest devrait préluder à des nouveaux crêpages de chignon. En attendant la grande Russe, KING s’est fait la main sur sa petite compatriote Katie MEILI !

100 brasse (30 juin): 1. Lilly KING, 1’4s95; 2. Katie MEILI, 1’5s51; 3. Bethany GALAT, 1’6s72; 4. Molly HANNIS, 1’7s11; 5. Breeja LARSON, 1’7s61; 6. Andrea COTTRELL, 1’7s77; 7. Miranda TUCKER, 1’7s88. Finale B: 1. Melanie MARGALIS, 1’7s87.

***Lilly la tigresse frappe encore; Katie MEILI croyait pouvoir inquiéter la championne olympique, et elle a tout fait pour la surprendre. Sauf que miss KING partait comme si elle avait le feu et la devançait déjà nettement au mur (30s15 contre 30s65). Il y avait bien huit nageurs dans la baille, mais la course était entre ses deux, Molly HANNIS, qui virait en 31s22, 3e, était déjà un peu larguée. Meili eut beau se battre dans son retour, elle ne put que maintenir la brèche. KING conservait son avance.

200 brasse (28 juin): 1. Lilly KING, 2’21s81; 2. Bethany GALAT, 2’22s24; 3. Miranda TUCKER, 2’25s82; 4. Kayla BRUMBAUM, 2’25s85; 5. Vanessa PEARL, 2’25s97; 6. Vanessa COTTRELL, 2’26s50; 7. Katie MEILI, 2’26s71.

***Cela devait être un duel, comme dans l’Ouest mythique, Gary Cooper versus Burt Lancaster à la fin de Vera Cruz. Version féminisée dans l’air du temps, Lilly KING face à Katie MEILIE. C’est leur première rencontre en brasse à ces trials d’Indianapolis… Mais au bout, elle évoquera moins le western classique que les éternels affrontements de Coyote contre Road Runner. MEILI doit croire en ses chances. Le 5 mai dernier, n’a-t-elle pas atomisé, façon de dire, KING, à Atlanta, sur la distance, en 2’23s18 contre 2’25s90 ? Mais ici, ce n’est pas la même KING, qui part comme un tambour… Les cent premiers mètres, MEILI tente bien de s’accrocher, ou au moins d’assurer la deuxième place qualificative pour Budapest… KING mène à son allure, 1’8s18 au virage, MEILI est alors nette deuxième, 1’8s82 devant Bethany GALAT comme scotchée en troisième position. Mais tout à coup, le fameux Grand Piano venu de nulle part pour aplatir Coyote se met à dégringoler du ciel, et MEILI a l’air de le réceptionner de plein fouet. En moins d’une minute, elle passe de la 2e à la 7e place, perd dans la dernière longueur plus de cinq mètres sur KING. GALAT était, dans un passé proche, cette fille d’Indiana qui battait la petite Lilly à chaque course avant d’aller nager en université à Texas A&M. Entre-temps, KING a gagné des biceps, mais à la différence de 2016 où elle manqua l’équipe olympique, voici GALAT en route vers les mondiaux.

 50 papillon (28 juin) : 1. Kelsi WORRELL, 25s69.

***Une des rares épreuves « médiocres », au niveau des temps réalisés. Médiocrité à laquelle échappe, certes, Kelsi WORRELL, laquelle, maintenant, va se trouver à l’épreuve de Sarah SJÖSTRÖM et de ses 24s96, cette année, si ce n’est de ses 24s43 (en 2014) sur la distance. Ça risque d’être une autre paire de manches !

 100 papillon (29 juin) : 1. Kelsi WORRELL, 57s38 ; 2. Sarah GIBSON, 57s96; 3. Mallory COMERFORD, 57s97; 4. Amanda KENDALL, 58s32; 5. Helen MOFFITT, 58s40 (en séries, 58s24); 6. Katie McLAUGHLIN, 58s49. En séries, Sarah GIBSON, 58s41.

***Kelsi WORRELL, qui domine assez largement l’épreuve aux USA depuis que Dana VOLLMER a décidé de faire un deuxième enfant, n’est que 7e au monde. Avec ce qu’ont fait cette saison Sarah SJÖSTRÖM, 55s76, pas loin des 55s48 de son record du monde et olympique, et Rikako IKEE, 56s89, on a l’impression que la course, à Budapest, sera pour la 3e place. WORRELL se situe dans un « paquet » de nageuses que séparent trois dixièmes de seconde et qui pourront se disputer le bronze. Mais notre favorite pour le troisième métal reste Emma McKEON.

 200 papillon (27 juin): 1. Hali FLICKINGER, 2’7s60; 2. Dakota LUTHER, 2’8s71.

***Une course où s’opère une forte redistribution des cartes, et où pointent en haut une Allemande de l’Ouest, Franziska HENTKE, 2’6s18, et une jeune Japonaise, Suzuka HASEGAWA, 2’6s29. Suivent une dizaine de filles que ne sépare qu’une seconde, dont FLICKINGER, 10e mondiale 2017 avec ses 2’7s60. FLICKINGER (également très forte dossiste, 2’10s56 à l’Arena s’Atlanta, 2’10s21 ici en séries à Indianapolis) avait fini 7e du 200 papillon aux Jeux de Rio.

2e et qualifiée pour Budapest, Dakota LUTHER est la fille de Whitney HEDGEPETH, une triple médaillée olympique (en 1996, argent du 100 et du 200 dos derrière respectivement Beth Besford et Krisztina Egerszegi, or du relais quatre nages dont elle nage les séries). Devenue coach des Longhorn Aquatics et, en 2013, élevée au rang d’entraîneur de l’année des masters des Etats-Unis, HEDGEPETH n’en tente pas moins d’écarter son aînée de la natation en la mettant dans tous les autres sports (« Elle me remerciera de lui avoir évité ce pensum qu’est nager », professait-elle, elle qui savait de quoi il retournait). En vain, l’atavisme aquatique parle ; à dix-sept ans, coachée par Brendan HANSEN, un nageur de brasse mythique, sextuple médaillé olympique, Dakota arrive vite. Elle effectue un grand bond en avant, de 17e des trials olympiques l’an passé à 2e à l’Indianapolis Natatorium. « J’ai cru en mes chances quand j’ai su que Cammile ADAMS ne nagerait pas », a-t-elle confié à Karen CROUSE, petite nageuse devenue grande journaliste du New York Times, à qui j’emprunte ces détails. L’an prochain, elle (Dakota, pas Karen) nagera avec l’Université de Georgie.

200 4 nages (1erjuillet): 1. Melanie MARGALIS, 2’9s57; 2. Madisyn COX, 2’9s69; 3. Ella EASTIN, 2’10s89; 4. Alex WALSH, 2’12s36; 5. Bethany GALAT, 2’12s66. Finale B: Katie DRABOT, 2’12s82.

***MARGALIS, à 25 ans sonnés, n’est pas une néophyte, championne du monde universitaire à Kazan en 2013, championne olympique du relais quatre fois 200 mètres en 2016 à Rio où elle a également fini 4e du 200 quatre nages. Bref, elle était sinon la, du moins l’une des favorites de l’épreuve. Ce qui lui fait regretter le temps où elle était l’ « underdog », l’outsider, celle qu’on ne voyait pas arriver. Qu’elle ne s’inquiète pas, avec Katinka HOSSZU, Sidney PICKREM et Yui OHHASHI dans le bassin, elle va retrouver à Budapest son rôle préféré… Madisyn COX, également qualifiée, est une « revenante » de 22 ans, battue dans toutes ses courses des trials olympiques, et notamment sur 200 quatre nages où, 2e aux 150, elle se retrouva 4e à l’arrivée. COX espère toujours faire un jour sa médecine, mais a rempilé, objectif Tokyo Olympiades 2020… Passion natation!

400 4 nages (29 juin): 1. Leah SMITH, 4’33s86; 2. Elizabeth BEISEL, 4’38s55; 3. Brooke FORDE, 4’39s19; 4. Ally McHUGH, 4’40s25; 5. Madisyn COX, 4’40s39. Finale B: 1. Allie SZEKELY, 4’40s87 ; 2. Emma BARKSDALE, 4’42s04. En séries, Ella EASTIN, 4’40s56 ; Brooke ZEIGER, 4’43s09.

Passages de SMITH : 1’3s79 ; 2’12s21 (1’8s42) ; 3’32s30 (1’20s09); 4’33s86 (1’1s56).

***Bethany GALAT et Ella EASTIN disqualifiées pour avoir joué les malignes et utilisé le virage de LOCHTE, admis en dos et interdit en quatre nages, où l’on sanctionne le fait de « nager plus du quart de la course en dos ». Cette double sanction réintègre la « vieille » Elisabeth BEISEL dans l’équipe US, auprès de Leah SMITH, qui est la surprise du jour. Dramatique pour EASTIN, qui avait touché deuxième à l’arrivée, en 4’36s96, battu son record personnel de deux secondes, et que tout le monde voyait donc qualifiée pour Budapest, ce qui eut constitué son premier déplacement dans la « grande » équipe US aux mondiaux – moins grave pour GALAT qui ne serait pas passée et s’était d’ailleurs qualifiée dans le 200 brasse.

Cette disqualification a fait quelque foin dans le Landerneau, je vous épargne les commentaires, sauf celui de Maya Di Rado, qui a bien résumé le problème quand elle a tweeté à ce sujet : « les règles sont les règles. Je comprends. Mais celle-ci est inégalement appliquée, réactionnaire, et une mauvaise solution pour un non-problème. »

SMITH, elle, connue pour ses démêlés récents avec une certaine Katie LEDECKY, a dû insister pour s’essayer dans les quatre nages, où même son coach ne lui accordait guère de chances, en raison de ses « carences » supposées en dos et en brasse. Coup d’essai, coup de maître. Elle a bien fait attention à ne pas trop appuyer sur les jambes en dos, et la brasse s’est passée mieux que prévu. Elle a touché avant la nage libre avec trois à cinq secondes d’avance, et, en crawl, elle a éparpillé tout le monde ! Maintenant, voyons ce que ça donnera contre HOSSZU et OHHASHI !

TRIALS US À INDIANAPOLIS (3) NAGE LIBRE DAMES : MALLORY COMERFORD (VOUS CONNAISSEZ?) SE FAIT UNE PLACE ENTRE SIMONE MANUEL ET KATIE LEDECKY

Éric LAHMY

Dimanche 2 juillet 2017

À force de créer des surprises, Mallory COMERFORD va finir par être prise au sérieux. Cet hiver, elle avait fait jeu égale, sur 200 yards, avec Katie LEDECKY. Mais sincèrement, j’avais oublié son existence. Mais la voici qui revient, comme l’assassin sur le lieu de son crime, et devance Simone MANUEL et casse par-dessus le marché les 53 secondes au 100 libre, un truc que seules SJÖSTRÖM et deux sœurs CAMPBELL ont réussi cette saison.

Et LEDECKY ? Que dire de nouveau sur elle? Rien si ce n’est qu’aux Etats-Unis tout au moins personne ne relève le défi que représente cette nageuse intimidante, puissante, qui martèle ses efforts avec une conviction terrible et à laquelle, entre 200 et 1500 mètres, rien ne résiste…

Ah ! si, quand même. Elle a décidé de ne pas nager la qualification sur 1500 mètres, estimant que son programme était suffisamment étoffé. Outre ses victoires sur les courses dont elle est la championne olympique, elle a fini 6e du 100 mètres. Elle l’a nagé moins vite que l’an dernier (54s35 contre 53s75). Au fond, c’est rassurant : après tout, Katie LEDECKY est un être humain.  

 DAMES.- 50 libre (1er  juillet): 1. Simone MANUEL, 24s27 ; 2. Abbey WEITZEIL, 24s74; 3. Lia NEAL, 24s77; 4. Kelsi WORRELL, 24s79; 5. Olivia SMOLIGA, 24s84; 6. Mallory COMERFORD, 24s93 (en séries, 24s88); 7. Madison KENNEDY, 24s95; 8. Grace ARIOLA, 25s03.

***MANUEL gagne quatre dixièmes sur son temps de l’année, ce qui lui donne une certaine crédibilité dans la longueur de bassin, sans lui assurer pourtant rang de favorite, avec la nouvelle terreur du sprint suédois, Sarah SJÖSTRÖM, bien sûr, mais aussi la championne olympique danoise Pernilla BLUME et l’ex championne olympique hollandaise Ranomi KROMOWIDJOJO dans le coup. Abbey WEITZEIL passe Lia NEAL d’un rien, pour arracher un aller-retour pour Budapest, mais à distance respectueuse ; depuis ses soucis cardiaques, qui ne l’empêchent pourtant pas de continuer à concourir, elle a un peu perdu de sa superbe…

100 libre (27 juin): 1. Mallory COMERFORD, 52s81; 2. Simone MANUEL, 53s05; 3. Lia NEAL, 53s59; 4. Kelsi WORRELL, 53s99 (en séries, 53s87); 5. Olivia SMOLIGA, 54s31; 6. Katie LEDECKY, 54s35; 7. Veronica BURCHILL, 54s92. Finale B: Courtney CALDWELL, 54s80. En série, Caroline BALDWIN, 54s91.

***Surprise avec la victoire de Mallory COMERFORD. Simone MANUEL a tant donné l’impression de dominer son sujet, autant sur 50 que sur 100m, dans les cinquante Etats, qu’on voit la co-championne olympique de Rio imbattable. Mais la jeune native de Kalamazoo, dans le Michigan, qui étudie à Louisville, a renversé l’idole. C’est une sacrée compétitrice que la petite (1,75m, c’est pas nul, mais sur la photo à côté de MANUEL ou LEDECKY, elle est un peu frêle) COMERFORD qui avait fait ex-aequo cet hiver, au 200 yards NCAA, avec Katie LEDECKY, ceci, dans une course terrible, train emmené par MANUEL. Elle avait démontré qu’elle pouvait s’accrocher au point de, qualité rare, finir une course plus vite que LEDECKY!

Ici, à Indianapolis, elle passait devant tout le monde, 25s54 contre 25s51 à MANUEL, et ne lâchait rien ensuite, revenait en 27s27 contre 27s44 à MANUEL. Lia NEAL, record personnel, et Kelsi WORRELL, complétaient un relais qui, sur le papier, SERA champion du monde.

MANUEL était un peu déconfite, après la course : « je me suis un peu trop mis la pression », avouait-elle. Difficile de trouver l’état psychologique qui convient, j’imagine, entre le trop tendu et le trop détendu ! Et jamais sûr de retrouver ses marques, la preuve, MANUEL est championne olympique. La compétition, de nos jours, est un diablement dur métier… Sauf quand on s’appelle Katie LEDECKY ?

 200 libre (28 juin) : 1. Katie LEDECKY, 1’54s84 ; 2. Leah SMITH, 1’56s63; 3. Melanie MARGALIS, 1’56s90; 4. Mallory COMERFORD, 1’56s95; 5. Simone MANUEL, 1’57s11; 6. Cierra RUNGE, 1’57s71; 7. Claire RASMUS, 1’57s92; 8. Katie DRABOT, 1’58s58. Finale B: 1. Katie McLAUGHLIN, 1’58s57; 2. Gaby DELOOF, 1’58s58; 3. Brooke FORDE, 1’58s85

***Ce que COMERFORD avait réussi sur 200 yards cet hiver – égaler LEDECKY – elle a été assez loin de le réaliser ici à Indianapolis. Sur 200 mètres, il y a dix-sept mètres douze centimètres (ou dix huit yards vingt-neuf pouces) de plus à nager et quatre virages de moins qu’en petit bassin, ce qui rend l’exercice moins favorable aux sprinteurs et autres experts des coulées. Si vous préférez, le 200 yards petit bassin est une sorte de sprint et demi, alors que le 200 mètres grand bassin n’échappe pas au demi-fond. Ça a donc été LEDECKY de bout en bout, et pas qu’un peu. Le lendemain de son triomphe sur 100, COMERFORD ne tenta rien d’excessif et je ne crois pas qu’une seule fille, en finale, n’avait les tripes de ne pas laisser partir LEDECKY.

Pourtant, Leah SMITH s’efforça de la contenir, mais sans jamais parvenir à rejoindre le niveau. Elle fut contrainte de laisser filer, de subir la fin de course de la championne olympique. Melanie MARGALIS revint bien, elle, après un départ précautionneux, mais échoua dans sa tentative de reprendre SMITH. LEDECKY est maintenant n° 1 mondiale et bien entendu favorite de Budapest. Il ne vous étonnera pas plus d’apprendre que le relais US sera très fort, quoique les Chinoises pourraient lui donner du fil à retordre.

 400 libre (30 juin) : 1. Katie LEDECKY, 3’58s44; 2. Leah SMITH, 4’3s77; 3. Sierra SCHMIDT, 4’7s92; 4. Kaersten MEITZ, 4’8s38; 5. Cierra RUNGE, 4’8s43; 6. Hannah MOORE, 4’9s55 (en séries, 4’9s30); 7. Katie DRABOT, 4’11s54. Finale B: 1. Stephanie PETERS, 4’11s39; 2. Katie McLAUGHLIN, 4’11s62. En série, Ashley NEIDIGH, 4’11s63.

***A deux secondes de son record du monde (3’56s46), LEDECKY est intouchable aux USA, et pas seulement qu’aux USA, d’ailleurs. Elle nage 57s39, 1’57s57 (1’0s18), 2’58s25 (1’0s68), 3’58s44 (1’0s19). Leah SMITH qui montrait des velléités de rébellion l’an passée, se situe cinq secondes derrière. Un monde. Et quatre secondes devant la 3e, un autre monde ! Pour le titre mondial, on n’envisage pas d’ex-aequo ! Et seule une jeune Chinoise, LI BingJie, 15 ans, 4’2s52, s’approche d’elle pour l’instant.

800 libre (27 juin) : 1. Katie LEDECKY, 8’11s50; 2. Leah SMITH, 8’20s46; 3. Hannah MOORE, 8’27s58; 4. Cierra RUNGE, 8’32s16; 5. Joy FIELD, 8’33s95; 6. Kaersten MEITZ, 8’34s30.

***Une seconde d’avance par section de 100 mètres, c’est le tarif qu’inflige LEDECKY à sa première “rivale”, j’allais dire: victime. Son temps de passage au 400 mètres, 4’3s21, lui aurait donné la victoire, trois jours plus tard, devant Leah SMITH, et sa 2e moitié de course en 4’7s29, aurait été suffisante pour se qualifier sur 400, ici même, pour les mondiaux de Budapest. Les temps de passage de ce rouleau compresseur : 58s27, 1’59s39, 3’1s43, 4’3s21, 5’4s76, 6’7s69, 7’10s58, 8’11s50… Leah SMITH et LI Bingjie (8’20s89) sont celles qui approchent de plus près ce monstre sacré, sans vraiment la tutoyer.

1500 libre (1 er juillet): 1. Leah SMITH, 16’1s02; 2. Hannah MOORE, 16’8s38; 3. Ashley TWICHELL, 16’10s63; 4. Ally McHUGH, 16’16s20.

***LEDECKY ne se confond pas avec Katinka HOSSZU. La Hongroise fait ventre de toute pitance, LEDECKY choisit son programme… Elle pourrait gagner ce 1500 avec les pieds attachés, mais imagine sans doute qu’à Budapest, elle aura de quoi ne pas s’ennuyer entre trois 200, deux 400, deux 800, et un ou deux relais ! Donc elle ne s’engage pas dans une épreuve qu’elle domine d’une demi-minute cette saison. Une chance inespérée pour Hannah MOORE, qui devrait accompagner Leah SMITH à Budapest.

TRIALS US À INDIANAPOLIS (2). SPÉCIALITÉS MESSIEURS: TRIPLÉ DE CORDES, DOUBLÉS DE DRESSEL ET DE KALISZ

Éric LAHMY

Dimanche 2 Juillet 2017

Le caractère phénoménal de la natation US tient dans la densité des performances, et ceci dans presque toutes les disciplines. Les USA ne dominent sans doute plus la natation comme dans certaines époques, dans les années 1920-30, puis dans les années 1960-76, quand ils pouvaient tout enlever (mis à part chez les filles, occultées par le monstrueux dopage d’Etat qu’on sait. Mais on a vu à Rio, l’an passé, quand ça veut bien sourire, les dégâts qu’ils parviennent à occasionner dans la concurrence. En 2017, on l’a vu précédemment avec les résultats de leur nage libre masculine aux « trials » d’Indianapolis, qu’ils peuvent enlever les relais et sont placés à peu près partout sauf sur 1500 mètres. Dans les spécialités, ils sont peut-être plus redoutables encore. Certes, de fortes individualités comme PEATY en brasse, SCHOOLING en papillon, tel Chinois en dos, les Japonais en quatre nages, peuvent leur damer le pion. Mais quand on a des chances partout, il est rare qu’on n’en gagne pas ici ou là et les Américains peuvent compter là-dessus. Comme en outre, dans les mondiaux, les relais ont pris une part prépondérante (et excessive) et que leur densité leur assure une certaine supériorité, ils devraient, sur l’ensemble du programme, faire très mal.

50 dos (29 juin) : 1. Justin RESS, 24s41 ; 2. Ryan MURPHY, 24s64; 3. Matt GREVERS, 24s67; 4. John SHEBAT, 24s88; 5. Taylor DALE, 24s93; 6. Luke KALISZAK, 24s97; 7. Michael ANDREW, 25s01 en série, 24s96); 8. Daniel CARR, 25s30. Finale B: Bob GLOVER, 25s20.

*** Ress est le mieux disant de la saison avec ses 24s41, devant Xiu Jiayu, Chine, 24s42, Evgeny Rylov, Russie, 24s52, et Junya Koga, Japon, 24s53…

100 dos (30 juin) : 1. Matt GREVERS, 52s71; 2. Ryan MURPHY, 53s02; 3. Justin RESS, 53s38 (en série, 53s27); 4. Jacob PEBLEY, 53s81 (en série, 53s72); 5. Dave TAYLOR, 54s53 (en série, 54s33); 6. Bob GLOVER, 54s64; 7. Sean LEHANE, 54s73 (en série, 54s21). En série, Daniel CARR, 54s80.

***L’ancien champion du monde, 32 ans depuis le 26 mars, surprend doublement Murphy. Il le devance à mi-course, 25s39 contre 25s58, puis fait mieux que l’empêcher de revenir. Un an après avoir été champion olympique et recordman du monde, Murphy va avoir du mal, pas tant contre Grevers que face aux 51s86 du Chinois Xu Jiayu.

200 dos (28 juin) : 1. Ryan MURPHY, 1’54s30; 2. Jacob PEBLEY, 1’54s78: 3. Robert OWEN, 1’57s17; 4. Sean LEHANE, 1’57s33 (en série, 1’57s07); 5. Austin KATZ, 1’57s60.

***Le champion olympique tente là sa première qualification en dos pour Budapest. Il prend l’ascendant immédiatement, passe avec un bras d’avance sur Pebley (en 26s91 contre 27s29) et ne lâche plus rien, (55s79 contre 56s23, puis 1’25s11 contre 1’25s52). Pour ces deux, c’est la classe au-dessus, qui finissent entre une et deux secondes plus vite que les autres finalistes. Mais Murphy sait peut-être déjà que ces trials ne vont pas être faciles pour lui ! Et aux mondiaux, cela risque d’être chaud, face à Rylov et Xu, 1’53s81 et 1’54s03 cette saison.

50 brasse (29 juin) : 1. Kevin CORDES, 26s88; 2. Andrew WILSON, 27s18; 3. Cody MILLER, 27s24; 4. Connor HOPE, 27s28; 5. Nicolas FINK, 27s31; 6. Michael ANDREW, 27s40; 7. Matthew ANDERSON, 27s78; 8. Ian FINNERTY, 27s83 (en séries, 27s54). En série, Nick ERIKSSON, 27s81.

***Derrière l’invincible Peaty et ses 26s48, tout est possible pour Kevin Cordes, 2e de la saison devant Joao Gomes, 26s83.

100 brasse (30 juin) : 1. Kevin CORDES, 58s74; 2. Cody MILLER, 59s11; 3. Nicolas FINK, 59s40; 4. Andrew WILSON, 59s65; 5. Jacob MONTAGUE, 1’0s39; 6. Will LICON, 1’0s67 (en séries, 1’0s34); 7. Josh PRENOT, 1’0s79 (en séries, 1’0s55); 8. Michael ANDREW, 1’1s19 (en séries, 1’0s76). En séries, Conner McHUGH, 1’0s90; Jonathan TYBUR, 1’0s97; Ian FINNERTY, 1’1s12.

***Cordes passe tout le monde dans le bilan de l’année pour se poster en concurrent de Peaty, mais à bonne distance du Britannique et de ses 57s79.

200 brasse  (28 juin): 1. Kevin CORDES, 2’7s41; 2. Nicolas FINK, 2’8s63; 3. Josh PRENOT, 2’8s72; 4. Andrew WILSON, 2’8s82 (en séries, 2’8s64); 5. Will LICON, 2’9s68 (en séries, 2’9s29) ; 6. Jonathan TIBUR, 2’10s94; 7. Daniel ROY, 2’12s23 (en série, 2’11s92); 8. Jacob MONTAGUE, 2’12s73 (en séries, 2’11s70). Finale B: 1. Conner McHUGUES, 2’12s47; 2. Reece WHITLEY, 2’12s48; 3. Chandler BRAY, 2’12s97; 4. Alex EVDOKIMOV, 2’14s. En séries, Rose PALAZZO, 2’13s78.

***Trois ans après être apparu au firmament des courses universitaires, Kevin Cordes a-t-il achevé sa mutation en nageur de grand bassin ? En faut-il, du temps, pour passer du (statut) de pousseur patenté de murs de départ et de virage à nageur de pleine eau ! Le voici en tous cas qui fait la passe de trois, 50, 100 et 200, dans un des contextes compétitifs les plus durs. CORDES nage plus vite que le champion olympique de Rio, Dmitry BALANDIN. Rappelons cependant que dans la grande cité brésilienne, même s’il n’avait fini que huitième de la finale, c’était en 2’8s34, à moins de 9/10e de seconde du vainqueur kazakh, à l’issue d’une course étouffante et inextricable où l’or de la victoire avait été attribué au dernier qualifié, à l’issue des demi-finales…

Josh PRENOT, qui avait obtenu la médaille d’argent à Rio (en 2’7s53) se retrouve ici 3e des sélections, et donc hors course pour Budapest.

 50 papillon (28 juin): 1. Caeleb DRESSEL, 23s05; 2. Cullen JONES, 23s27 (en séries, 23s26); 3. Tim PHILLIPS, 23s37; 4. Michael ANDREW, 23s42; 5. Ryan HELD, 23s68.

***Avec son temps d’Indianapolis, Dressel se situe 4e de la saison derrière les Brésilien Nicolas Santos, 22s61, et Enrique Martins, 22s98, et le Britannique Benjamin Proud, 22s80.

 100 papillon  (29 juin): 1. Caeleb DRESSEL, 50s87; 2. Tim PHILLIPS, 51s30; 3. Jack CONGER, 51s33; 4. Tom SHIELDS, 51s55; 5. Justin LYNCH, 52s20; 6. Zac HARTING, 52s52. Finale B: 1. Maxime ROONEY, 52s28. En série, Matthew JOSA, 52s33.

***Grosse performance de Caeleb Dressel, qui le met en position de favori à Budapest, avec ce bémol que Schooling n’a pas poussé son cri et peut nager en sous-marin jusqu’aux mondiaux. Mais cet hiver, Dressel s’est bien joué de Schooling. Entre les 50 et 100 papillon, les 50 et 100 crawl, les relais quatre fois 100 et quatre fois 100 quatre nages et une possible participation au relais quatre fois 200 mètres, en série, grâce à sa 6e place dans le 200 individuel, DRESSEL, le « pur » sprinteur le plus résistant du monde risque de ne pas avoir le temps de s’ennuyer à Budapest dans un mois !

 200 papillon (27 juin) : 1. Jack CONGER, 1’54s47; 2. Pace CLARK, 1’54s58; 3. Chase KALISZ, 1’54s79; 4. Gunnar BENTZ, 1’55s51; 5. Justin WRIGHT, 1’56s11; 6. Zach HARTING, 1’56s65. Finale B: 1. Brendan MEYER, 1’57s54; 2. Sam POMAJEVICH, 1’57s62. En série, Mick LITHERLAND, 1’57s04; Milos SMACHLO, 1’57s64.       

***Jack CONGER part très vite, Pace CLARK assez tranquillement, et les voilà qui rejouent l’éternelle histoire du lièvre et de la tortue ; la morale de l’histoire vraie n’existe pas, car un coup c’est l’un, un coup c’est l’autre qui gagne ; là encore, les deux hommes se retrouvent tout près à l’arrivée. Les voilà 3e et 4e mondiaux de la saison derrière deux Japonais, Masato Sakai, 1’53s71, et Daya Seto, 1’54s28.

 200 4 nages (1 er juillet): 1. Chase KALISZ, 1’56s51; 2. Abrahm DEVINE, 1’56s79; 3. Josh PRENOT, 1’57s14; 4. Gunnard BENTZ, 1’58s31; 5. Jay LITHERLAND, 1’58s46; 6. Will LICON, 1’58s90 (en séries, 1’58s54); 7. Michael WEISS, 1’59s62. Finale B: 1. John SHEBAT, 1’59s70.

***Josh PRENOT, après un fort parcours de brasse, perd pied en crawl, en face d’un Abrahm DEVINE redoutable, et auquel seul KALISZ, imbattable cette saison, résiste. Derrière deux Asiatique, Kosuke HAGINO, 1’56s01, et WANG Shun, 1’56s16, nul n’a fait mieux que les Américains cette saison.

 400 4 nages (29 juin): 1. Chase KALISZ, 4’6s99; 2. Jay LITHERLAND, 4’9s31; 3. Gunnar BENTZ, 4’11s66; 4.Jonathan ROBERTS, 4’15s50.

***KALISZ est plus que jamais le patron de la course cette année. Il domine de bout en bout, 56s08 en papillon, 1’59s31 (1’3s23) en dos, 3’7s97 (1’8s66) en brasse) et 59s02 pour finir. LITHERLAND finit lui remarquablement, 57s13 en libre.

CHARTRES : MEHDY METELLA TOUT PRÈS DE SON « TOP » ET D’ÉPATANTS JAPONAIS PLUS DES AUSTRALIENS PARTOUT

Éric LAHMY

Dimanche 2 Juillet 2017

Finalement, à Chartres, ce fut un aussi bon meeting qu’on pouvait l’espérer, avec des équipes australienne et japonaise jouant le jeu avec cœur, et des victoires sans performances fracassantes certes, mais de filles et de garçons dont on devrait réentendre parler dans quelques semaines à Budapest. Kosuke HAGINO, le Michael PHELPS japonais, enlevait deux courses de son large répertoire, dimanche, le 200 libre et le 200 quatre nages.

Mehdy METELLA s’employait avec zèle à enlever un 100 mètres papillon tout proche de son top, 51s51, c’est peut-être la meilleure performances masculine de la compétition, encore qu’outre HAGINO, les 1’55s86 d’IRIE sur 200 dos n’ont rien de pâlichon..

Et côté filles, ça y allait aussi, avec les Australiennes qui se mettaient en quatre : à Emma McKEON qui enlevait le 100 libre en l’absence de Charlotte BONNET qui lui avait laissé pour mission de  battre son 54s50 des séries du matin. Mission accomplie pour la fille des Antipodes, en 54s24. Les deux autres succès des Océaniens étaient signés Ariarne TITMUS sur 400 et Holly BARRATT sur 100 dos. Julia EFIMOVA réalisait le grand écart de la brasse, 50 et 200 tandis qu’Iron Lady devançait la filiforme Japonaise Yui OHASHI qui s’était permis au début de saison de dominer le biulan du 400 quatre nages.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Bruno FRATUS, BRA, 21s97 (en séries, 21s73).

200 libre : 1. Kosuke HAGINO, JPN, 1’48s24.

1500 libre : 1. WILIMOVSKI, USA, 15’12s54

50 dos : 1. Camille LACOURT, CNM, 24s82; 2. Guilhermo GUIDO, BRA, 25s29; 3. Apostolos CHRISTOU, GRE, 25s34..

200 dos : 1. Ryosuke IRIE, JPN, 1’55s86.

100 brasse : 1. Joao Luis GOMES JUNIOR, BRA, 1’0s39; 2. Grayson BELL, AUS, 1’0s84; 3. Andrei NIKOLAEV, RUS, 1’0s85; 4. Caba SILADJI, SRB, 1’1s08.

100 papillon : 1. Mehdy METELLA, CNM, 51s51.

200 4 nages : 1. Kosuke HAGINO, JPN, 1’57s38. En séries, Jérémy DESPLANCHES, SUI, 1’59s29. 

DAMES

100 libre : 1. Emma McKEON, AUS, 54s24. En série, Charlotte BONNET, Nice, 54s50.

400 libre : 1. Ariarne TITMUS, AUS, 4’5s21; 2. Eleanor FAULKNER, GBR, 4’8s87; 3. Anja KLINAR, SLO, 4’9s03; 4. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 4’9s23.

100 dos : 1. Holly BARRATT, AUS, 1’0s05; 2. Kaylee McKEOWN, AUS, 1’1s16.

50 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 29s99.

200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’21s54; 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’24s02; 3. Reona AOKI, JPN, 2’24s75; 4. Jessica VALL, ESP, 2’25s02; 5. Runa IMAI, JPN, 2’25s29.

50 papillon : 1. Mélanie HENIQUE, Marseille, 25s99.

200 papillon : 1. Emma McKEON, AUS, 2’7s49 ; 2. Brianna THROSSELL, AUS, 2’7s90; 3. Han SEHYON, KOr, 2’8s15; 4. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 2’9s49.     

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’33s81; 2. Yui OHASHI, JPN, 4’35s92; 3. Sakiko SHIMITSU, JPN, 4’38s29; 4. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 4’42s04.

TRIALS US À INDIANAPOLIS – ÇA NE DOUBLE PAS: DRESSEL, ADRIAN, HAAS, GROTHE, CLARK ET DES RELAIS DORÉS EN PERSPECTIVE

SÉLECTIONS US: (1) NAGE LIBRE MASCULINE

Éric LAHMY

Dimanche 2 Juillet 2017

Quand la natation américaine est en verve, ce sentiment qui nous est venu lorsqu’on passa de trois à deux nageurs par nation aux Jeux olympiques et aux championnats du monde, qu’il s’agit d’une restriction avant tout anti-américaine, ce sentiment donc nous revient. Dans tant de courses, le troisième élément des trials est tellement costaud qu’on se dit, souvent, qu’il aurait sa place en finale à Budapest, et parfois qu’il avait des chances de gagner le titre mondial en Hongrie.

D’ailleurs, ce sont des choses qui sont arrivées dans le passé. Mais chacun sait aujourd’hui que les règlements de la FINA ne sont pas dirigés vers l’obtention des meilleures compétitions, mais vers l’humiliation ou au moins au « bridage »des grandes natations pour assurer sa réélection !

 MESSIEURS.- 50 libre  (1er juillet): 1. Caeleb DRESSEL, 21s53 ; 2. Nathan ADRIAN, 21s87; 3. Cullen JONES, 21s89; 4. Zachary APPLE, 22s; 5. Michael ANDREW, 22s03.

***Le super sprint n’est plus l’apanage des USA, mais on sait combine ils peuvent être dangereux, parlez en à Florent Manaudou. Dressel gagne nettement devant Adrian, et se situe, dans le bilan mondial, à portée de Benjamin Proud, 21s32 et de Vladimir Morozov, 21s44, et un rien devant Cameron McEvoy, 21s55. Adrian devance le pur sprinter qu’est Cullen Jones, mais lui-même est quand même plus à l’aise sur 100…

 100 libre (27 juin) : 1. Nathan ADRIAN, 47s96; 2. Caeleb DRESSEL, 47s97; 3. Townley HAAS, 48s20; 4. Zachary APPLE, 48s23 (en séries, 48s14); 5. Michael CHADWICK, 48s48; 6. Blake PIERONI, 48s49; 7. Ryan HELD, 48s53; 8. Ryan MURPHY, 49s21 (en séries, 48s88). Finale B: 1. Maxime ROONEY, 49s00; 2. Justin RESS, 49s15; 3. Cameron CRAIG, 49s18; 4. Michael JENSEN, 49s27 (en séries, 49s22); 5. Bowen BECKER, 49s46 (en séries, 49s32); 6. Cannon CLIFTON, 49s49. En série, Cullen JONES, 49s16; Matt GREVERS, 49s18; Connor DWYER, 49s40; Daniel KRUGER, 49s44; Jacob PEBLEY, 49s45.

***Classique échange de positions entre le 50 et le 100, par Nathan ADRIAN et Caeleb DRESSEL. Sur la plus longue distance, ils sont les seuls à passer sous la « barre » des 48 secondes, tandis que Townley HAAS donne l’impression de mesurer sa vitesse de base en attente du 200 mètres, qui aura lieu le lendemain, 28 juin. On retrouve dans les séries plusieurs cadors du dos, RESS, GREVERS, PEBLEY,, et en finale le plus fort d’entre eux, Ryan MURPHY.

La course d’Adrian nous rappelle comment notre Jérémy Stravius s’est fait enfumer aux Jeux olympiques, en séries, à suivre l’Américain, dont il avait décidé que celui-ci partait vite. Ici, aux trials, il est encore une fois parti tellement vite, Adrian, qu’il a poussé en 6e position sur le mur du virage, dans le temps de 23s27, derrière à peu près tout le monde : Michael Chadwick, 22s81, Dressel, 22s86, Zachary Apple, 23s05, Ryan Held, 23s13, Townley Haas, 23s18. En revanche, un retour de patron, en 24s69. Bon, sur le mur, un centième d’avance sur Dressel, c’était limite. A priori, aux mondiaux, entre ces deux, Duncan Scott, le Britannique, 47s90, et Cameron McEvoy, l’Australien, 47s91, il est difficile de prévoir le classement. Et Metella, 6e, sur le papier avec ses 48s23, sera-t-il dans le coup ? A voir…

 200 libre (28 juin) : 1. Townley HAAS, 1’45s03; 2. Blake PIERONI, 1’46s30; 3. Zane GROTHE, 1’46s39; 4. Conor DWYER, 1’47s25; 5. Clark SMITH, 1’47s29 (en séries, 1’47s10); 6. Caeleb DRESSEL, 1’47s51 (en séries, 1’47s45). Finale B: 1. Maxime ROONEY, 1’47s47. En séries, Mitch DARRIGO, 1’47s52; Zane GROTHE, 1’47s58.

***Townley HAAS, qui a fait fort depuis deux ans dans les NCAA, est-il en passe de devenir le premier nageur de 200 mètres du monde ? Seul le Chinois Sun Yang, avec 1’44s95, est devant lui. A Indianapolis, il a nagé tellement facile, un peu comme s’il était seul au monde : 24s26, 50s85, 1’17s84, c’est-à-dire le plus rapide au premier (24s26), au deuxième (26s59) et au troisième (26s99) bassin qu’un petit coup de moins bien (27s19), ne lui enlevait rien.

Le relais US, avec un tel meneur, sera fort. Mais attention aux Britanniques et aux Australiens entre autres…

 400 libre (30 juin) : 1. Zane GROTHE, 3’44s43; 2. Clark SMITH, 3’45s91; 3. Townley HAAS, 3’46s41; 4. Grant SHOULTS, 3’48s73; 5. Mitch D’ARRIGO, 3’50s61; 6. Kevin LITHERLAND, 3’51s84 (en séries, 3’50s24); 7. Trey FREEMAN, 3’51s99 (en séries, 3’50s91). Finale B: 1. Jay LITHERLAND, 3’50s36 ; 2. Patrick CALLAN, 3’51s14. En séries, Andrew ABRUZZO, 3’50s69; True SWEETSER, 3’51s14; Liam EGAN, 3’51s73.

***J’avoue que j’attendais un peu Townley HAAS, beau vainqueur deux jours plus tôt du 200, mais il a été barré par Zane GROTHE et par le géant Clark SMITH. GROTHE se hisse au niveau de Mackenzie HORTON et de PARK TaeHwan, juste derrière SUN Yang et Gabriele DETTI. GROTHE s’était qualifié riquiqui, avec le 7e temps, et son 400 a rejoint la cohorte des grandes courses menées depuis une ligne extérieure. HAAS, à la ligne 5, montrait son habituel panache au départ (53s95, 1’51s71), mais GROTHE s’avérait plus tactique, ce qui paie mieux dans un 400, le rejoignait à mi-course (1’51s63), puis ne cessait d’accélérer et réalisait un 400 parfaitement équilibré, au grand dam de Clark SMITH qui avait beau faire rouler l’énorme compas de ses bras d’araignée géante, devait laisser du terrain. Smith, cependant, parvenait ce faisant contrer tout retour de HAAS…

 800 libre (1er juillet) : 1. Clark SMITH, 7’50s43; 2. Zane GROTHE, 7’50s97; 3. True SWEETSER, 7’55s29.

***SMITH et GROTHE intervertissaient leurs places sur 400, sans jamais être séparés de plus d’une seconde et demie, Smith menant de bout en bout. Grothe se lâchait en sprint, reprenait les trois quarts de l’avance, en 55s56 contre 57s42, mais il était parti de trop loin…

1500 libre (27 juin) : 1. True SWEETSER, 14’59s73; 2. Robert FINKE, 15’1s31; 3. PJ RANSFORD, 15’1s82; 4. Andrew ABRUZZO, 15’7s97; 5. Michael BRINEGAR, 15’10s66; 6. Kevin LITHERLAND, 15‘10s93; 7. Chris YEAGER, 15’17s90.

***Sweetser, un nageur d’eau libre… Il semble que, soit ceux-ci investissent le 1500 mètres, soit les nageurs de 1500 investissent l’eau libre. C’est sûr, il y a une certaine consanguinité entre ces épreuves. Arithmétiquement parlant, c’est faux, mais techniquement et mentalement, le 1500 est plus près du marathons nautique que du sprint !

A part ça, Sweetser et Finke auront du mal à arriver en finale à Budapest.

CHARTRES: UN MEHDY METELLA TROP SEUL, ET UNE CHARLOTTE BONNET TROP ACCOMPAGNÉE

Éric LAHMY

1er Juillet 2017

Ce ne fut pas une course de finale mondiale, n’exagérons pas, sans Katie LEDECKY, d’ailleurs, il ne peut y avoir aujourd’hui de finale mondiale sur 800 mètres, (ni sur 1500m 400m, ou 200). Mais une épreuve serrée, entre trois bonnes nageuses de long. Mireia BELMONTE, qui a eu le dernier mot, n’est, ne l’oublions pas, la seule au monde à avoir battu les huit minutes sur la distance (en petit bassin). Avec elle et dans son sillage, la jeune et la vieille lunes australiennes, Ariarne TITMUS, 17 ans, première ondine de Tasmanie, et Jessica ASHWOOD, 24 ans, représentant du continent austral depuis un ou deux lustres, mais, disons le, assez pâle écho de ce que furent les reines du demi-fond des Antipodes, Lorraine CRAPP, Ilsa KONRAD, Karen MORAS, Shane GOULD, Jennifer TURRALL, Michelle FORD et Tracey WICKHAM pour ne citer qu’elles ! Toujours brillantes, parfois dominatrices (CRAPP) et parfois même supérieures de façon intimidante (Shane GOULD).

Jusqu’aux trois cents environ, les deux Australiennes menèrent l’allure et on pouvait imaginer, à condition de ne pas connaître BELMONTE, que l’une d’elles allait enlever ce 800 mètres du meeting de Chartres. Mais dès les deux cents mètres, Mireia se régla sur un rythme de 1’4s, remonte, prit l’avantage. Elle ne menait que de fort peu encore à quatre longueurs du but, mais, l’air de ne pas y toucher, elle finit par accumuler au dernier virage un pécule de l’ordre d’une longueur de corps. TITMUS, en 30s17, et ASHWOOD, en 30s33, pouvaient finir plus vite qu’elle, BELMONTE l’emportait d’une longueur.

Le 200 mètres fut aussi âprement disputé, avec cette différence, pour le public, qu’une Française y était impliquée. Charlotte BONNET attaqua d’entrée, laissant à la redoutable Emma McKEON la tâche de revenir. La mince Australienne, vraie teigneuse devant l’Eternel, s’y employa avec cette âpreté qui la distingue, disputant la gagne sans jamais céder, et finit par toucher onze centièmes devant la Niçoise. Sur le bilan de la saison, McKeon dominait BONNET de douze centièmes ; autant dire qu’à Chartres, les deux filles avaient respecté leur écart de valeur [même si Charlotte lui avait repris un centième (hum! hum!)].

Sur 100 mètres, Mehdy METELLA ne rencontrait pas, lui, une adversité à sa mesure. Cela aurait pu, ou dû : mais James MAGNUSSEN, le double champion du monde australien, qui avait marqué les séries d’un joli 48s85, se défaisait en finale. Le Marseillais nageait pour ainsi dire seul, et en 48s46, approchait son record de la saison, 48s23.
Julia EFIMOVA sur 100 brasse et Katinka HOSSZU auteur d’un doublé 200 dos, 200 quatre nages, se retrouvaient, elles, pour ainsi dire, à leur meilleur.  HOSSZU, qui plus est, avait signé un joli temps dans les séries du 200 libre, avant de déclarer forfait en vue de se concentrer sur ses épreuves phares. ça ne lui ressemble pas, elle ne serait pas un peu malade, cette petite!

Les 200 brasse et 400 quatre nages ressemblèrent à des démonstrations du champion du monde allemand de Kazan KOCH et du champion olympique japonais de Rio HAGINO.  

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Mehdy METELLA, CNM, 48s46; 2. Kacper MAJCHRZACK, POL, 49s39; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 49s54 (en séries, 48s85); 4. Clément MIGNON, CNM, 49s57. En séries,   Daniel SMITH, AUS, et Oussame SAHNOUN, ALG, 49s42

400 libre : 1. Filip ZABOROWSKI, POL, 3’51s29; 2. ; 2. Miguel DURAN, ESP, 3’51s81 (en séries, 3’51s10); 3. Jack McLOUGHLIN, AUS, 3’51s89; 4. Damien JOLY, Antibes, 3’52s32.

100 dos : 1. Ryosuke IRIE, JPN, 53s56 ; 2. Guilhermo GUIDO, BRA, 54s46; 3. Apostolos CHRISTOU, GRE, 54s65.

50 brasse : 1. Joao Luiz GOMES JUNIOR, BRA, 27s40; 2. Andrei NIKOLAEV, RUS, 27s44; 3. Caba SILADJI, SRB, 27s71.

200 brasse : 1. Marco KOCH, GER, 2’10s36; 2. Lennart BREMER, AUS, 2’14s16.

50 papillon : 1. Andrii GOVOROV, UKR, 23s30 (en séries, 23s19). Konrad CZERNIAK, POL, en séries, 23s62.

200 papillon : 1. Louis CROENEN, BEL, 1’59s34.       

400 4 nages : 1. Kosuke HAGINO, JPN, 4’13s73; 2. Jeremy DESPLANCHES, SUI, 4’18s28.

DAMES.- 50 libre : 1. Anna SANTAMANS, CNM, 24s96 (en séries, 24s94).

200 libre : 1. Emma McKEON, AUS, 1’57s31; 2. Charlotte BONNET, Nice, 1’57s42; 3. Madison WILSON, AUS, 1’57s93; 4. Eleanor FAULKNER, GBR, 1’58s63; 5. Manuella LYRIO, BRA, 1’58s94. En séries, Katinka HOSSZU, HUN, 1’58s34.

800 libre : 1. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 8’27s33; 2. Ariarne TITMUS, AUS, 8’28s51; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 8’28s54

50 dos : 1. Holly BARRATT, AUS, 27s81; 2. Kaylee McKEOWN, AUS, 28s37; 3. Mathilde CINI, CNM, 28s28.

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s83; 2. Hilary CALDWELL, CAN, 2’10s31

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’5s29 ; 2. Jessica HANSEN, AUS, 1’7s09; 3. Jessica VAL, ESP, 1’7s48; 4. Taylor McKEOWN, AUS, 1’7s49.

100 papillon : 1. An SEHYEON, KOR, 58s14; 2. Emma McKEON, AUS, 58s70 (en séries, 58s51) ; …4. Marie WATTEL, FRA, Loughborough, 59s05.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’9s83; 2. Yui OHASHI, JPN, 2’11s21; 3. Sydney PICKREM, CAN, 2’11s32; 4. Julia EFIMOVA, RUS, 2’11s65; 5. Sakiko SHIMIZU, JPN, 2’12s06; 6. Runa IMAI, JPN, 2’12s36.

LAURENT GUIVARC’H DE FONT-ROMEU A KANAZAWA VIA PARIS EN PASSANT PAR LA CASE PHILIPPE LUCAS

Éric LAHMY

Samedi 1er Juillet 2017

Suite à nos deux articles précédents, ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!, et JACQUES FAVRE SE SOUVIENT DE SES DEUX ANNEES AU POSTE, on apprend que l’entraîneur qui devrait seconder à Font-Romeu Richard MARTINEZ – maintenant qu’Anne RIFF a libéré la place – n’est pas encore nommé. Cela paraissait être Yoann EXBRAYAT. Mais le choix définitif est remis, et un nouvel appel à candidatures est proposé par la Fédération, auquel EXBRAYAT, Robin PLAT et… tous autres entraîneurs intéressés pourront se présenter.

DTN intérimaire, Laurent GUIVARC’H, défend cependant les jeunes entraîneurs qu’il a récupérés pour l’INSEP et Font-Romeu : « nous ne les avons pas choisi au hasard, ce sont des entraîneurs performants, de vrais formateurs de nageurs, et, pour ce qui concerne EXBRAYAT, par exemple, les Anglais ont failli nous le piquer, je trouve qu’on s’en a assez perdu comme ça, » m’a-t-il expliqué au téléphone depuis Chartres où il se trouve.

Pour ce qui est des échanges avec Philippe LUCAS au sujet de la disparition de sa prime olympique, GUIVARC’H complète l’explication donnée par Gilles SEZIONALE, et il parait bien qu’il y ait eu un malentendu avec LUCAS : « non seulement il n’y a pas volonté d’ôter quoique ce soit à un entraîneur de mérite, mais nous sommes en train de peaufiner un autre type de contrats, qui pourraient s’appeler contrats de performance(s), en remplacement des contrats olympiques qui, un, ne conviennent pas à l’autorité de tutelle et deux, au sujet desquels nous avons eu droit aux remarques de la cour des comptes régionale ! Mieux même : nous avons appris que Philippe entraînait gratuitement la nageuse néerlandaise Sharon Van Rouwendaal. Nous avons donc pris contact avec la Fédération hollandaise et lui avons proposé de signer un contrat pour la championne olympique des 10 kilomètres de Rio, et il a tout de suite accepté. Autant dire que nous sommes allés récupérer des sous pour LUCAS ! »

GUIVARC’H  se défend aussi de s’être montré « désinvolte » ou « arrogant » devant le jury du ministère des sports :

« J’avais demandé de décaler mon entretien de candidature au poste de DTN en raison des difficultés liées à mon emploi du temps ce jour là, et cela m’a été refusé. Il faut savoir que, retour des championnats de France de Schiltigheim, j’avais à peine eu le temps de passer chez moi, de courir au ministère, de passer devant le jury, puis dans la soirée, de courir à l’aéroport et attraper mon avion, direction le Japon. C’était un déplacement que je ne pouvais laisser tomber, une invitation du maire de Kanazawa. Avec le président, nous avons signé un agrément qui va nous donner l’accès à la plus récente piscine olympique du Japon. C’est là que nous préparerons les Jeux olympiques de Tokyo, autant dire que c’est verrouillé avec trois ans d’avance. Nous envisageons d’ailleurs également d’y préparer les championnats du monde de Gwangju, en 2019. »

AU MEETING DE CHARTRES, DU BEAU MONDE SUR LES PLOTS

Éric LAHMY

Samedi 1er juillet 2017

Survivre aux dégâts provoqués par la « gestion » (les guillemets s’imposent) LUYCE est une des tâches qui incombent au bureau directeur actuel. On sait qu’ayant vendu à Chartres un désastre de Coupe du monde FINA (admirez la répétition) au sortir des Jeux olympiques de Rio, qui s’est achevé sur une participation étique, mais un déficit resplendissant, l’ex président de la Fédé s’était senti contraint d’offrir une contrepartie à une municipalité dont le fort enthousiasme pour la natation avait été sévèrement douché. On a déplacé alors le meeting fédéral de Vichy (too bad) à Chartres à titre de compensation. Sezionale nous disait hier qu’il avait tenu à obtenir des clubs une présence luxueuse de ce qui nage le plus vite dans l’Hexagone pour tenir ses engagements et effacer les déconvenues d’hier. Se sont greffés quelques-uns des plus forts éléments de grandes et moins grandes nations, pour quel résultat ? Cette seconde cathédrale de Chartres qu’est le centre nautique, l’un des plus beaux d’Europe, s’apprête à accueillir ce week-end (aujourd’hui et dimanche) un meeting qui promet ne serait-ce que par les noms réunis sur le programme.

A sept semaines des mondiaux, les niveaux de forme risquent d’être variés, selon la distance nagée, l’approche (affûtage ou montée en puissance), le travail effectué en altitude ou non, et tous les paramètres individuels possibles, (si vous préférez, on ne promet pas des nageurs au plus tranchant de leur forme) mais ça pourrait bien être du lourd. Il y aura Kosuke HAGINO (le Michael Phelps japonais, champion olympique du 400 mètres quatre nages), la championne olympique du 200 mètres papillon espagnole Mireia BELMONTE GARCIA, la triple championne olympique et double recordwoman du monde des quatre nages Katinka HOSSZU, le champion du monde du 200 mètres brasse Marco KOCH, Cesar CIELO FILHO, le toujours recordman du monde du 100 mètres, lequel n’est certes que l’ombre de ce qu’il fut, la Russe Julia EFIMOVA, dont on a perdu le goût de faire fête après ses flirts poussés avec certains composés moléculaires, le double champion du monde du 100 mètres James MAGNUSSEN, le Tunisien Ahmed MATHLOUTI, le Suisse Jeremy DESPLANCHES, le double champion du monde des quatre nages Daya SETO une solide nageuse de demi-fond Australienne, Jessica ASHWOOD, une tripotée de bons sprinteurs brésiliens avec Gustavo BORGES, Marcello CHIERIGHINI, Bruno FRATUS, Joao GOMES (59s4 au 100 brasse), et les Français  Charlotte BONNET, Damien JOLY, Camille LACOURT…

ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Avec huit candidats, voilà que la nomination d’un Directeur technique National de la Natation Française s’est compliquée, pour la satisfaction des gens du Ministère.

Tous les concurrents au titre ne se sont pas dévoilés. Outre Laurent GUIVARC’H, par ailleurs intérimaire au poste, Richard MARTINEZ, l’entraîneur de Font-Romeu, Philippe DUMOULIN, aujourd’hui en poste à la fédération de volley-ball, et Jacques FAVRE, téméraire ancien titulaire qui se représente, à l’encontre du dicton (de la boxe poids lourds, il est vrai) : « they never come back ! », on ne connait avec certitude que le nom d’un candidat (et c’est une candidate) et on nourrit quelques suspicions sur la personnalité d’un deuxième. D’autres ont été suscités par le Ministère, et deux nous restent inconnus. Des conseillers techniques ont été vivement encouragés depuis le 95 avenue de France, à Paris, à candidater…

La candidate dont l’identité est certaine, c’est Séverine ROSSET. Elle s’est décidée à la onzième heure, la veille de la date butoir, déterminée par le Ministère des sports, du 30 juin. Pour ceux qui ne la connaissent pas, ROSSET est une technicienne expérimentée et appréciée qui a beaucoup et semble-t-il très bien travaillé avec les équipes de jeunes.

Étudiante au lycée Pontus de Tyard, à Chalon-sur-Saône (1988-1991), puis à l’Université de Dijon (1991-1993), elle entre, maîtrise d’EMS et maîtrise éducation en poche, à l’UFR Staps de Dijon (1993-98), puis, comme agent de développement à l’Alliance Dijon natation (1999-2002). Conseillère technique du Nord-Pas-de-Calais (2002-2011), elle postule et obtient la charge de Directrice technique de la natation marocaine. Mauvaise pioche, car elle n’a pas une année de présence, (août 2011 – juillet 2012), quand le président de la Fédération est arrêté et emprisonné pour malversations. La fédération est en banqueroute.

Séverine, qui n’a rien à voir dans ce pastis, et qui, d’ailleurs, est administrativement rattachée au ministère des sports à Rabat n’a plus qu’à rentrer en France.

Francis LUYCE tient à la récupérer dans sa région, où elle a servi neuf ans, mais ses vœux à elle lui font souhaiter sa Bourgogne d’origine. Christian DONZÉ, le DTN, va court-circuiter à l’occasion l’ogre-président. Traitant directement avec le ministère, il parvient à faire atterrir notre héroïne selon ses désirs. Avec le sens de l’humour délicieux qui le caractérise,  Luyce gronde en direction de Donzé : « je ne vous le pardonnerai jamais » et (charmant garçon) tiendra sa lourde promesse.

« J’ai longtemps hésité, expliquait hier Séverine au téléphone, depuis les championnats des jeunes de sa région, au sujet de sa démarche. J’y pensais dès le début mai, j’en ai parlé avec des entraîneurs, j’ai vu des gens. Finalement, j’ai envoyé ma candidature hier (le 29). Entre-temps, j’ai révisé un peu les éléments de ce qui pourrait être un programme à présenter devant le ministère. Un DTN doit travailler à défendre les axes que nous assigne le ministère : la formation, la citoyenneté, apprendre à nager…

« Pour moi, l’essentiel, c’est le terrain. Avoir été conseiller technique et entraîneur de club, responsable des équipes de France des jeunes pendant longtemps m’a formée, je crois, à ma tâche. Avec Christian DONZÉ, Olivier NICOLAS, on travaillait à la relève. Des gens comme AGNEL, MUFFAT, BONNET, sont passés par ces équipes.

 « Le DTN est une courroie de transmission, ajoute-t-elle ; au-delà de la technicité, il doit aider les gens à travailler, les placer dans une bonne ambiance. »

Séverine ROSSET, cela pourrait être une bonne idée, et pas seulement parce que, dans un sport à majorité féminine, il serait bienvenu de nommer enfin, après un demi-siècle et des bricoles, une DTN… Outre la technicité, elle pourrait amener de la sérénité dans le fonctionnement de sa partie.

L’autre candidat possible, lequel pourrait bien faire son « coming-out » ce week-end, est le Marseillais Romain BARNIER. Le contraire d’un usurpateur, lui aussi, bien sûr, mais qui devrait avoir du mal à convaincre le Bureau directeur de la FFN. A suivre…

Entre-temps, on le disait ce matin, Laurent GUIVARC’H a profité, lui, de son intérim, pour… faire reculer ses chances ! Outre de n’avoir pas joué finement, semble-t-il, devant le jury du Ministère, il s’est valu de bons copains aux championnats de France, en allant annoncer aux entraîneurs olympiques Fabrice PELLERIN, Romain BARNIER et Philippe LUCAS que leur prime olympique n’était pas reconduite. Il ne s’agissait, nous expliquait le président, Gilles SEZIONALE, que de répondre à une remarque de la cour des comptes ; une nouvelle reconduction de ces contrats aurait valu « cédéisation », chose qui n’avait pas été évitée dans le cas de Denis AUGUIN. Sezionale veut, dit-il, trouver une autre solution financière pour ces grands serviteurs du sport. Mais en attendant, il fallait passer par la non reconduction des contrats en question.  

On se demande comment les choses ont pu se dérouler pour qu’on frôle la crise de nerfs. L’affaire se serait surtout mal passée avec LUCAS, qui a pris l’intérimaire de haut,  lui assénant un « qui tu es, toi ? » avant les échanges de noms d’oiseaux.

Ça va peut-être passer aux Guignols de l’info ?

Alors qu’il n’est pas encore assuré du poste, GUIVARC’H a déjà déployé sa stratégie, et écarté un technicien respecté, Didier SEYFRIED, lequel après avoir servi pendant  des lustres à la recherche de l’INSEP depuis 1988, et appuyé bénévolement une multitude d’actions fédérales, avant de rejoindre la FFN il y a trois ans, avait été assez malmené par Jacques FAVRE avant de trouver une niche comme adjoint de Stéphane LECAT à l’eau libre. SEYFRIED croyait, au départ de FAVRE, avoir échappé à son tourmenteur, mais il était tombé de Charybde en Scylla.

GUIVARC’H veut du sang neuf et fait place nette sans attendre les départs à la retraite (dont celui, acquis hier, de Pierre AMARDEILH). En recherche de point de chute, SEYFRIED m’apprenait hier qu’il effectuerait la rentrée à la FFSU (sport universitaire).

GUIVARC’H parait avoir certaines idées, ce qui est tout à son honneur, et a donc promu un nouvel entraîneur assez peu connu venu de Nouvelle-Calédonie à l’INSEP ; Robin PLAT, adjoint au service recherches, qui désirait s’investir dans l’entraînement, après s’être posé en candidat au poste à l’INSEP, jeta son dévolu sur Font-Romeu. Ann RIFF, qui y assistait Richard MARTINEZ, dans une situation de quasi-découragement (plus que deux entraîneurs, après le départ non remplacé d’Eric Rebourg), envisageait de vider les lieux et avait candidaté au CREPS de Montpellier. C’est chose faite. RIFF restera basée dans les Pyrénées, mais n’entraînera plus.

A FONT-ROMEU AU REVOIR, ANNE RIFF, BONJOUR, RIFIFI!

Tout cela, direz-vous, évoque les chaises musicales plus que la natation. Mais ce n’est pas tout. PLAT, dans la perspective du retrait de RIFF, avait été contacté aux championnats de France de Strasbourg par MARTINEZ, qui lui avait suggéré de monter à Font-Romeu. PLAT avait répondu avec enthousiasme. « L’affaire était ficelée avec l’assentiment de la DTN »…Mais il s’agissait de la DTN de Jacques Favre, et GUIVARC’H, intérimaire ou pas, eut tôt fait de faire capoter le projet et d’imposer une autre solution, un jeune entraîneur de Vichy-Bellerive, Yoann EXBRAYAT. Je n’ai rien contre EXBRAYAT, certes, mais en ce qui concerne Guivarc’h, je me dis que coller d’autorité à MARTINEZ, pour le seconder, un jeune entraîneur qu’il ne voulait pas, c’est peut-être une forme d’ignorance des ressorts psychologiques humains!

Un faux plat, en quelque sorte !