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CATE CAMPBELL ENCORE. CETTE FOIS SUR 50 METRES : 23s19, RECORD DU COMMONWEALTH

Éric LAHMY

Jeudi 27 Octobre 2017

Après le record du monde du 100 mètres nage libre en petit bassin battu lors de la première journée des championnats d’Australie en petit bassin, à Adelaïde, on imagine que Catherine CAMPBELL était, largement, favorite du 50 mètres. Elle a en effet dominé l’épreuve la plus courte du programme de façon assez écrasante. A l’arrivée de son effort, sa seconde pouvait se targuer d’avoir une vue imprenable sur son battements de pieds. Cate était passée en 11s50 dans son 100 mètres, là elle passait en 11s25.

Son temps final, 23s19, améliorait une série de records : d’Australie, par elle-même en 23s47 ; du Commonwealth par Francesca Halsall, Grande-Bretagne, en 23s44. Seul résistait le record du monde, détenu depuis le 7 août dernier par Ranomi KROMOWIDJOJO avec 22s93, quand elle avait battu Sarah SJÖSTRÖM, 23s00.

A la différence de son 100 mètres, Catherine a plus sprinté que nagé son 50 mètres. Elle s’est plus battue dans l’eau, mais sans perdre de son efficacité, bien au contraire. Jusqu’ici, l’aînée des Campbell a sauvé ces championnats en petit bassin d’une certaine médiocrité. Il faut dire que les Australiens n’ont pas la vie facile avec l’obligation qui leur est faite de nager vite quand cela convient à l’hémisphère nord. Aux débuts de leur domination, cela ne leur était pas difficile, en raison de la supériorité physique et technique qu’ils affichaient. Même à 50% de leur rentabilité, une Dawn Fraser, un John Konrads se jouaient de leurs adversaires américains. Aujourd’hui, ce ne sont plus deux ou trois programmes de natation supérieurs qui existent dans le monde, mais dix, quinze ou vingt.

D’autres facteurs jouent de façon négative pour les nageurs des antipodes. Le développement d’un trop grand nombre de courses dans le programme ne peut avantager une nation dont la population reste faible, avec 24 millions d’habitants recensés. En face, la Chine, 1.386.000.000 d’habitants, le Japon, 126.000.000, la Russie, 146.000.000, le Brésil, 207.000.000, et les USA, 326.000.000 d’habitants, qui disposent des programmes de natation les plus développés, entrent dans les dix nations les plus peuplées du monde. Il reste qu’avec 50 fois moins d’habitants que la Chine et treize et demi fois moins que les USA, l’Australie a placé aux Jeux olympiques de Rio les champions olympiques du 100 et du 400 libre.

Un autre facteur négatif pour l’Australie tient à la perte de prestige de la natation, qui, dans le courant du XXe siècle, était plus qu’un sport. A la concurrence des autres sports s’est ajoutée la perte d’image née des mini-scandales qui ont entaché l’équipe australienne ces dernières années.

La deuxième journée d’Adelaïde n’a donné aucune grande performance en-dehors du 50 de Campbell. Le 100 dos dames a été de bonne qualité, avec une courte victoire d’Emily Seebohm devant Minna Atherton et Kelly McKeown, et Emma McKeon a gagné un 100 papillon serré où elle fut talonnée par Brianna Throssel, une blonde de 20 ans extrêmement photographiée en Australie pour son sourire et son abattage, mais qui pourrait bien, grâce à ses progrès, se faire connaître aussi pour ses perfs… Une ancienne « enfant prodige » de la natation des jeunes, Mikkayla Sheridan, a attendu sa vingtième année avant de s’imposer enfin, sur 400. La championne d’Australie, Jessica Ashowwod, n’était que cinquième de la course ! Côté messieurs, la meilleure performance est revenue à l’invité japonais Daya Seto, large vainqueur du 200 quatre nages.

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Zacchary ATTARD, 1’45s89. 200 dos : 1. Travis MAHONEY, 1’52s54. 100 brasse : 1. Liam HUNTER, 58s27.  200 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 1’53s33; 2. Travis MAHONEY, 1’55s28; 3. Kazimir BOSKOVICS, 1’55s77.

DAMES.- 50 libre : 1. Cate CAMPBELL, 23s19 (record) ; 2. Shayna JACK, 24s01; 3. Bronte CAMPBELL, 24s08; 4. Holly BARRATT, 24s63. 400 libre : 1. Mikkayla SHERIDAN, 4’2s ; 2. Madison WILSON, 4’4s54; 3. Kiah MELVERTON, 4’5s23; 4. Jordan WHITE, 4’6s04; 5. Jessica ASHWOOD, 4’7s01. 100 dos : 1. Emily SEEBOHM, 56s80; 2. Minna ATHERTON, 57s07; 3. Kelly MCKEOWN, 57s11; 4. Holly BARRATT, 57s53; 5. Sian WHITTAKER, 58s16. 200 brasse : 1. Taylor MCKEOWN, 2’20s55. 100 papillon : 1. Emma MCKEON, 56s79 ; 2. Brianna THROSSEL, 57s11.

CATE CAMPBELL, 50s25, RECORD DU MONDE PETIT BASSIN SUR 100 MÈTRES

PRINTEMPS AUSTRAL POUR CATHERINE CAMPBELL, AVEC RECORD DU MONDE PETIT BASSIN SUR 100 MÈTRES, 50s25

Éric LAHMY

Première des trois journées des championnats d’Australie, petit bassin (Hancock Propecting short course championships), qui se tiennent à Adelaïde, sud australien.  L’ancien record (pas si ancien, puisque vieux de deux mois et demi), avec 50s58, appartenait à Sarah SJÖSTRÖM.

On se souvient que la grande Suédoise, au meeting d’Eindhoven en petit bassin, le 11 août dernier, s’était offert, entre autres, deux records du monde, dont celui du 100 mètres, en 50s58. L’ancien datait du 3 août. À Moscou, toujours en meeting et toujours SJÖSTRÖM avait nagé la distance en 50s77. À Eindhoven, pour faire mieux, SJÖSTRÖM était passée en 24s49, deux centièmes plus vite qu’à Moscou, et avait terminé encore plus fort, en 26s09 contre 26s28. Pour l’emporter, SJÖSTRÖM avait dû se débarrasser de Ranomi KROMOWIDJOJO, laquelle avait signé un temps de 51s17 de toute beauté. Et la troisième de la course se trouvait être… Catherine CAMPBELL, en 51s75.

Hier, en conférence de presse, Campbell, qui masquait mal sa joie, se souvenait de cette course où la Suédoise l’avait laissée à une longueur de corps : « je nageais à ses côtés, et en respirant, je voyais ses pieds, et c’était assez démoralisant. Mais c’est en même temps très motivant, et j’étais très motivée pour revenir et donner cent pour cent à la natation – je ne suis pas finie dans ce sport. »  

Onze semaines plus tard, la grande Catherine, ayant, retour de Jeux olympiques vécus comme catastrophiques ou presque, achevé sa saison 2016-2017 semi-sabbatique (marquée par des présences aux championnats d’Australie et à divers meetings) est repartie du bon pied sur le sentier de naguère.

Car son grand retour commence fort : 50s25 au 100 mètres, record du monde en petit bassin, battu au cours de la première journée des championnats d’Australie (de printemps) en petit bassin, quand on songe qu’il y a trois mois le record du monde était de plus de 51 secondes…

Campbell est passée à mi-course en 24s21, soit 0s28 plus vite que Sjöström en août, et a terminé avec un tout petit peu plus de vitesse dans la seconde moitié de son effort (26s04 contre 26s09). Autant dire qu’elle a construit l’essentiel de la différence avec l’ancien record mondial dans le premier 50 mètres, sans le rien perdre dans le retour.

« C’est bon de nager vite, exultait Catherine. J’ai quelques semaines de bon entraînement derrière moi, à travailler très dur. C’est bon de voir que cela commence à payer. Par deux fois, je me suis rendue à l’entraînement en me disant, oh là là, le retour est dur. Mais le corps a de la mémoire, et comme je nage maintenant depuis longtemps, le fait de couper a sans doute été la meilleure chose que je n’ai jamais faite. Cela m’a rafraichie et redonné un amour pour ce sport, une nouvelle perspective. Je sui plus motivée que jamais pour les Jeux du Commonwealth. »

On ne se risquera pas à chercher une équivalence de ce temps avec le grand bassin ; les différences de dextérité entre les nageuses dans les virages et les coulées, voire les divergences de fonctionnement, pour une nageuse, entre telle et telle course, rendent très aléatoires, personnelles, incertaines et variables d’une course à l’autre les valeurs relative en grand et en petit bain. La seule chose qui est sure, c’est que ça a nagé vite: l’aînée des Campbell est en forme !

Pendant trois longueurs, elle a montré cette supériorité déconcertante, à la fois physique et technique, cette beauté de style, cette longueur de nage et cette précision du mouvement qui en font une des nageuses les plus esthétiques dans l’eau – même si, hors de l’élément liquide, sa taille et sa structure physique déconcertent un peu… Sa dernière longueur, en revanche, a été conduite à la cravache (seize attaques de bras contre huit dans la première longueur !).

Il ne faudrait pas commettre l’erreur de croire l’Australienne invincible au regard de cet exploit. Catherine Campbell détenait le record du monde du 100 mètres (grand bassin) en 52s06, quand elle se présenta aux Jeux de Rio, ce qui ne l’empêcha pas de se faire démolir en finale olympique, 6e en 53s24. Campbell est revenue au plus haut niveau, certes, mais il lui reste encore à démontrer que sa fragilité mentale, étalonnée par une série de contre-performances depuis les Jeux olympiques de 2008 ne lui jouera pas encore de vilains tours…

KYLE CHALMERS VAINQUEUR DU 100 METRES, PAS MAL POUR UN CARDIAQUE

…Neuf minutes après ce 100 mètres à retenir, où la « petite sœur » Bronte finissait une grosse longueur derrière, surpassant de peu Emma McKEON qui ne cesse d’achever et de parachever son passage du demi-fond au sprint (prolongé), se jouait le 100 masculin. Il était remporté par le champion olympique, Kyle CHALMERS, dans un temps anodin, en l’absence des autres ténors australiens de la distance, comme Cameron MCEVOY. Il s’agit quand même d’un beau résultat pour le jeune Chalmers, retour d’une délicate opération, en juin dernier, exigée par des ennuis cardiaques…

Sur 400 messieurs, on notait également une absence de marque, celle du champion olympique (et médaillé d’argent mondial) McKenzie HORTON. David McKEON l’emportait en menant de bout en bout. Temps quelconque.

200 dos dames, Emily SEEBOHM est redevenue solitaire. Il y a deux ans, le dos féminin australien était devenu probablement le premier du monde, avec Madison WILSON, Holly BARRATT, Hayley BAKER et des gamines de 14 à 16 ans comme Minna ATHERTON qui s’entrebattaient au niveau des records mondiaux juniors. L’époque semble révolue : SEEBOHM, seule pro australienne en dos, passe en 59s23, avec une longueur d’avance sur Sian WHITTAKER et toutes les autres loin. Après, elle conserve l’avance. Mais elle reste à trois secondes du « top » mondial (Katinka HOSSZU, 1’59s23 en décembre 2014 et elle-même, 1’59s49 en novembre 2015).

100 brasse dames : La Lituanienne Ruta MEILUTYTE  n’a que vingt ans, mais on a l’impression qu’elle a toujours été là. La championne olympique de Londres, en 2012, et du monde à Barcelone en 2013 ne domine plus aussi bien, et, sans que je puisse dire si c’est un souci d’ordre physiologique ou psychologique, elle ne sait toujours pas équilibrer son effort. Cela se voyait un peu quand elle gagnait, mais ça crève les yeux quand elle perd, confère sa finale perdue dans le 100 brasse des mondiaux de Kazan où elle est dévorée par le retour de la Russe EFIMOVA. Ici, après sa mise en action d’une efficacité inchangée, elle passe avec 50 centimètres d’avance sur Jessica HANSEN au premier virage, presqu’un mètre au deuxième, mais l’Australienne la devance d’un rien à la touche.

Le roi japonais du quatre nages mondial, Daya SETO, a dominé le 200 papillon, en tête de bout en bout, malgré un finish couci-couça, 15s13 dans les derniers vingt-cinq.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Kyle CHALMERS, 47s72 ; 2. Andrew ABOOD, 48s06.

400 libre : 1. David McKEON, 3’42s79 ; 2. Joshua PARISH, 3’44s25

50 dos : 1. Bobby HURLEY, 24s02.

50 brasse : 1. Grayson BELL, 27s03.

200 papillon : 1. Daya SETO, Japon, 1’51s60; 2. David MORGAN, 1’53s37; 3. Nicholas BROWN, 1’53s66.

DAMES.- 100 libre : 1. Catherine CAMPBELL, 50s25 (record du monde, ancien Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 50s58 ce 11 août 2017 ; record du Commonwealth, ancien C. Campbell, 50s91 le 27 novembre 2015) ; 2. Bronte CAMPBELL, 52s01 : 3. Emma McKEON, 52s25 ; 4. Shayna JACK, 53s17; 5. Brittany ELMSLIE, 53s29; 6. Madison WILSON, 53s56.

Temps de passage:

  1. Cate Campbell, 11s50, 24s21 (12s71), 37s20 (12s99), 50s25 (13s05).
  2. Bronte Campbell, 11s95, 25s03 (13s08), 38s51 (13s48), 52s01 (13s50).
  3. Emma MCKEON, 11s98, 25s31 (13s33), 38s93 (13s62), 52s25 (13s32).

800 libre : 1. Jessica ASHWOOD, 8’20s41; 2. Kiah MELVERTON, 8’21s49; 3. Madeleine GOUGH, 8’23s86

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, 2’2s72; 2. Sian WHITTAKER, 2’5s05.

100 brasse : 1. Jessica HANSEN, 1’5s61; 2. Ruta MEILUTYTE, Lituanie, 1’5s69.  

50 papillon : 1. Cate CAMPBELL, 25s56; 2. Emma McKEON, 26s14

400 4 nages : 1. Blair EVANS, 4’29s20; 2. Émily SEEBOHM, 4’33s65; 3. Barbora ZAVADOVA, Tchécoslovaquie, 4’33s78

 

PLUS DE 10.000 DOPÉS EN CHINE ENTRE 1980 et 1999. LE SPORT CHINOIS, C’EST UN POUR TOUS, TOUS POURRIS?

Éric LAHMY

Lundi 23 Octobre 2017

C’est une madame Xue Yinxian, 79 ans, ancienne médecin de l’équipe olympique chinoise qui le dit : toutes les médailles remportées par les sportifs de son pays lors des années 1980-1990 ont été obtenues à travers un dopage systématique qui s’étendait sur l’ensemble des sports.

Installée en Allemagne où, ayant demandé l’asile politique, elle s’est installée après avoir quitté son pays voici deux ans, elle a expliqué dans une interview recueillie par la chaîne allemande ARD que dès l’âge de onze ans, les jeunes sportifs étaient engagés dans un système de dopage obligatoire qui s’étendait sur tout le pays.

Plus de 10.000 athlètes de tous les sports, « football, volleyball, basketball, tennis de table, badminton, athlétisme, natation, plongeon, gymnastique et haltérophilie » étaient inclus dans ce merveilleux programme d’excellence.

« Dans les années 1980-90, les athlètes chinois de toutes les équipes nationales firent un usage extensif de toutes substances dopantes ; toutes les médailles, or, argent, bronze, ont été teintées de dopage. Toutes les médailles internationales remportées par les athlètes chinois de l’époque devraient être rendues. Plus de 10.000 athlètes ont été ainsi impliqués. Les gens ne croyaient à rien d’autre qu’au dopage, tous ceux qui prenaient des substances dopantes étaient considérés comme engagés dans la défense du pays. Toute personne qui s’opposait au dopage des athlètes nuisait au pays et se retrouvait en prison. »

Les sujets de ce vaste programme – tous les internationaux chinois – étaient testés régulièrement jusqu’à qu’ils soient négatifs au contrôle, après quoi seulement ils étaient envoyés en compétitions internationales. Le signe « grand’mère est à la maison » était poétiquement appliqué à ces athlètes, dès qu’ils n’avaient plus de traces des produits dans leurs organismes.

« Si vous refusiez de doper, vous deviez quitter l’équipe », ajoute Xue. « Au départ, les jeunes groupes d’âge utilisaient les produits – les plus jeunes avaient onze ans. »

« La Chine enregistra des progrès énormes dans ses résultats sportifs après sa première apparition aux Jeux olympiques, après 32 années d’absence, en 1984 à Los Angeles, note Nick Butler, du blog Inside The Games. Ils finirent 4e avec 32 médailles dont 15 en or. Mais ils ne furent que 11e  à Séoul en 1988, avec cinq médailles d’or. Puis ils remontèrent à 16 médailles d’or à Barcelone en 1992 et Atlanta en 1996. Le chiffre atteignit 28 médailles à Sydney 2000 et 32 à Athènes 2004. A Pékin en 2008, ils finirent premiers avec 100 médailles dont 48 d’or, 22 d’argent et 30 de bronze. »

La chute de 1988 s’explique par le fait que ces Jeux avaient été marqués par un boycott de toutes les autres nations de l’est, autres consommatrices friandes de la potion magique systématique. Les Chinois n’étaient pas les seuls à considérer le sport comme la continuation de la guerre, et la victoire comme devant être atteinte à n’importe quel prix.

L’accusation du docteur Xue YinXian ne fait que corroborer les soupçons qui ont constamment accompagné les succès chinois, marqués par la vitesse avec laquelle ils ont été obtenus; on s’étonnait d’entendre tel entraîneur d’athlétisme vanter les mérites du sang de tortue, d’une moisissure de chenille, ajoutés à l’interdiction des relations amoureuses et des cheveux longs, autant de secrets censés permettre de courir plus vite les sportifs. Il rejoignait entraîneur bulgare expliquer les barres que soulevaient ses jeunes élèves par la consommation de « lait d’abeille » (sans doute de la gelée royale ?). C’était poudre de perlimpinpin et poudre aux yeux. Ah ! Il est beau le sport !

En février dernier, une lettre de Wang Junxia, qui aurait été écrite en 1995 a été finalement publiée… après 22 ans donc. Wang, en 1993, avait battu le record du monde des 10.000 mètres de quarante-deux secondes. Elle détenait les records mondiaux ou asiatiques du 3000 m au marathon, et faisait partie d’une équipe qui cette année là avait battu 66 records nationaux et du monde.

Dans cette lettre, elle reprochait à son entraîneur de l’avoir dopée.

Wang s’était élevée aussi contre le comportement de sa fripouille d’entraîneur, Ma Junren, qui, odieux sur toute la ligne, s’accaparait les primes et gains financiers de ses athlètes, n’hésitait pas à les battre comme plâtre quand cela ne marchait pas comme il lui convenait, et avait mis la main sur les Mercedes attribuées par la IAAF à chaque vainqueur des mondiaux de Stuttgart ! Dans sa lettre, publiée originellement dans Tencent Sports, Wang se révoltait : « nous sommes des êtres humains, pas des animaux. Pendant des années, nous avons été forcées de prendre de fortes doses de drogues illégales – c’était vrai. »

 En 1994, onze Chinois, nageurs et cyclistes, totalisant 15 médailles d’or des Jeux asiatiques d’Hiroshima, au Japon, furent disqualifiés après avoir failli à des tests de dopage : ils avaient pris de l’androstanolone, un stéroïde anabolisant. En fait, des dizaines de sportifs chinois ont été contrôlés positifs, laissant deviner une pratique importante du dopage, si l’on admet que ceux qu’on attrape ne forment que la partie émergée de l’iceberg !

Récemment la chute d’une haltérophile chinoise, championne olympique, Xiexia Chen (48kg), qui avait gagné aux Jeux de Pékin en 2008, s’ajoutant à celles de Chun Hong Liu (69kg), et de Lei Cao, (75kg), autres athlètes démasquées par les progrès des contrôles, a conduit au bannissement de toute l’équipe chinoise par la fédération internationale d’haltérophilie. Neuf pays ont été bannis de la même façon, dont la Chine et la Russie/ Ce n’est pas un souci de propreté de la part de l’institution internationale (l’haltérophilie est vérolée par le dopage anabolisant depuis soixante années sans que rien n’ait été fait, notamment par le sempiternel président hongrois Tamas Ajan, secrétaire général puis président de la Fédération internationale depuis 42 ans), mais la crainte pour son statut olympique, souvent menacé, qui la fait agir.

Si Chen Zhanghao, le médecin chef des équipes olympiques chinoises des Jeux de Los Angeles 1984, de Séoul 1988 et de Londres 2012, a avoué au The Sydney Morning Herald, en 2012, qu’une cinquantaine d’athlètes chinois avaient ingéré diverses substances pendant ce temps, les affirmations de Xue Yinxian remettent en cause ce petit nombre. Des milliers de sportifs de haut niveau ont été FORCES de se doper pendant des dizaines d’années…

…Je serais étonné qu’il n’y ait eu que 50 NAGEURS dopés pendant ces années, il pourrait y en avoir des centaines, car il semble que la pratique était généralisée, comme calquée sur le système également cynique (et criminel)  d’Allemagne de l’Est…

Xue affirme avoir été écartée quand, en 1988, travaillant avec l’équipe de gymnastique, elle refusa de doper une gymnaste des Jeux de Séoul. Elle travailla une autre dizaine d’années avec d’autres organisations en Chine mais fut inquiétée vers 2008, année des Jeux olympiques de Pékin, recevant de menaçantes visites d’officiels du gouvernement pendant que des voitures de police stationnaient ostensiblement devant sa maison. « Ils m’avertirent que je ne devais pas parler du dopage. Après la mort de mon mari, ils venaient me voir constamment avant une compétition sportive, et téléphonaient parfois à 5heures du matin. Mes deux enfants ont perdu leur travail, » a-t-elle dit aussi, reliant ces événements à son opposition au dopage systématique chinois.

Comme cinq Chinois ont été, sont, ou seront annoncés positifs en 2017, on voit que le problème reste actuel…

Heureusement, la natation est défendue par les sublimes dirigeants Marculescu et Maglione, personnages lumineux qui ont réintroduit dans le circuit, en 2015, les dopés russes et chinois, permettant ainsi aux champions du monde du 400 messieurs, SUN Yang et du 100 brasse dames, Julia EFIMOVA, d’enlever leurs titres alors qu’ils auraient dû être bannis, tandis que le vainqueur du 100, NING Zetao avait été positif au clenbutérol en 2011. Grâce à la FINA, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles, l’intégrité du sport est protégée, quoique sans doute un peu moins bien que ses comptes en banque.

COUPE DU MONDE D’EAU LIBRE, PROPRIÉTÉ ITALIENNE

Éric LAHMY

Dimanche 22 Octobre 2017

Le classement de la Coupe du monde d’eau libre 2017 a été remporté par les Italiens, à l’issue du dernier meeting, celui de Hong-Kong. Arianna Bridi de l’Esercito-RN Trento, et Simone Ruffini, des Fiamme Oro-CC Aniene.

Ces deux nageurs ont terminé respectivement 1ère et 7e à Hong-Kong.

Ruffini, 28 ans, un gabarit léger, 1,73m, 67kg, est apparu à l’international dès 2007 et est monté en quelques années des 5 au 25 km ; il a été vainqueur de l’universiade 2011 (sur 10 km avec deux minutes d’avance sur le second), champion du monde à Kazan en 2015 sur 25 kilomètres et a gagné aussi la traversée du lac Saint-Jean (entraîneur Emmanuele Sacchi).

Arianna Bridi, qui aura 22 ans le 6 novembre prochain, est un talent qui s’affirme, révélée aux championnats d’Europe 2016 sur 10 km et encore bronzée en 2017, aux mondiaux de Budapest sur 10 et 25 km. Sur 10 km, elle avait terminé à 3s5 d’Aurélie Muller, la Française, détachée, et dans un paquet serré de trois nageuses que séparaient deux dixièmes : Samantha Arévalo, Equateur, 2e, et elle-même troisième ex-aequo avec la Brésilienne Anna Marcela Cunha. C’était aussi pour elle la première fois qu’elle devançait sa compatriote Rachele Bruni, cinquième de la course, qu’elle avait rejoint à l’entraînement en début de saison ! Sur 25km, toujours dans les eaux du lac Balaton de Budapest, Bridi, battue par Cunha et Sharon Van Rouwendaal, devançait une autre « vieille gloire » (de 28 ans) italienne, Martina Grimaldi. Arianna a été formée au Rari Nantes Trento.

Présente au rendez-vous des mondiaux, elle a aussi marqué par sa présence tout au long de la saison. Dans la baie de Hong-Kong au large de la plage de Repulsa Bay, Bridi a défait au sprint Ana Marcela Cunha, 2h2’12s6 contre 2h2’12s7 et laissé l’Allemande Finnia Wunram, 2h2’14s7 et Rachele Bruni, 2h2’14s8.

Elle sera l’une des nageuses de pointe que rencontrera Aurélie Muller quand elle reviendra de sa saison « semi-sabbatique » à étudier la diététique…

Côté messieurs, la course partie lentement s’accélère après 5km sous l’impulsion de du champion du monde et olympique néerlandais Ferry Weertman, et de l’Allemand Rob Frederik Muffelss. Finalement, Muffelss devance au sprint Weertman et le Brésilien De Carmo.

FINAL DE LA COUPE DU MONDE D’EAU LIBRE A HONG-KONG, AVEC DES FRANÇAIS, MAIS NI MULLER, NI AUBRY

ERIC LAHMY

SAMEDI 21 OCTOBRE 2017

Il fut un temps où la terreur, en eau libre, était incarnée dans les méduses. A l’époque où la natation française de marathon se résumait en un nom de naïade, celui d’Anne CHAGNAUD, j’avais découvert à travers sa personnalité et ses évolutions une spécialité qui sortait lentement de l’époque du mythe sauvage pour se diriger vers cette compétition domestiquée, quoique toujours extrême par les distances parcourues, qu’on connait aujourd’hui.

Lorsqu’Anne disputa sur 25 kilomètres les championnats du monde de Perth, la course se déroulait au large, et la réputation des eaux australiennes mettait en avant la menace de bestioles dotés d’ailerons dorsaux assez intimidants, mais ces prédateurs se montrèrent très inférieurs à leur sale réputation et ne firent nullement acte de présence.

D’ailleurs, insistaient les Australiens, quand un requin rencontre Shelley Taylor-Smith (la gagnante de la course), c’est le requin qui s’enfuit. C’est très raisonnable, de la part des sélaciens, car si trois ou quatre hommes sont tués chaque année par un requin, cent millions de requins sont massacrés chaque année par l’homme, et le fameux aileron parfume une soupe au goût que j’ai toujours trouvé extrêmement décevant.

En revanche, Anne (4e) se plaignit, entre autres, d’un encombrement de méduses qui, pour quelques-unes, luxe dont elle se serait passée, s’étaient introduites sous le maillot de bain.

Aujourd’hui, les courses de grand fond se sont donné le nom d’eau libre depuis qu’elles ont pour la plupart quitté le grand large pour arborer des profils domestiqués.

Et la grande terreur de cette eau libre, désormais, c’est le nageur français… Non seulement il collectionne les titres et les médailles avec ses fers de lance Aurélie Muller, David Aubry et Axel Raymond, mais, du fait probablement de l’organisation mise en place par Stéphane Lecat, et aussi de la carte eau libre jouée par d’intrépides entraîneurs – Philippe Lucas, Eric Boissière, Magali Mérino et quelques autres, l’avenir s’annonce souriant. Ma correspondante Germaine Nécaire me signale le déluge d’exploits réalisés par les jeunes Français à la compétition COMEN, qui s’est tenue ce week-end à Eilat, Israël…

Son message est clair, qui se lit ainsi :

« 10km :

Chez les garçons, 1er. Aubin Coccordano ( US St André et Pôle de Rouen), 3ème, Jean-Baptiste Clusman, (US St André et pôle de Rouen), 7ème Swann Plaza, (Dauphins Aix-Sur-Vienne) ;

Chez les filles, 2ème ex-æquo, Margaux Guillaume, (ASPTT Toulouse), 6ème,

Ilona Maille, (ES Massy Natation), 7ème, Sarah Moreau, (EN Tours)

5km :

Chez les garçons, 1er, Jean-Baptiste Clusman, (US St André et pôle de Rouen), 2ème, Swann Plaza, (Dauphins Aix-Sur-Vienne), 3ème, Aubin Coccordano (US St André et Pôle de Rouen).

Chez les filles, 1ère, Ilona Maille, (ES Massy Natation), 4ème Sarah Moreau, (EN Tours), 9ème Margaux Guillaume, (ASPTT Toulouse).

Relais 4x1250m mixte : 1. France, Sarah Moreau, Swann Plaza, Ilona Maille, Baptiste Clusman. »

Mais revenons à Hong-Kong, où se jouent une autre série de courses Coupe du monde. Cette fois, Lara GRANGEON, Oceane CASSIGNOL, Lisa POU, Adeline FURST, Logan FONTAINE, Clément BATTE, Axel REYMOND, sont présentés par l’équipe de France.

Les Français ne sont pas des fanatiques de cette Coupe du monde, considérée au pays de Voltaire, je crois à juste titre, comme une formule un peu factice, agrégeant des meetings que rien ne relie vraiment, en-dehors de la volonté de la FINA d’en faire une compétition majeure par le simple fait qu’elle y a imprimé son sceau et introduit un « sponsor » (Hosa – Health Occupations Students of America) comme, pour la Coupe de natation « piscine », dont le commanditaire s’appelle « Airweave » – matelas japonais).

Les Français n’étaient pas représentés lors de l’étape précédente, le 15 octobre, à Chunan, en Chine.

Depuis que Aurélie MULLER a remporté l’épreuve d’Abu Dhabi, le 11 mars, (où David AUBRY et Marc-Antoine OLIVIER ont fini 3 et 4 de la course masculine), les Français, en fait, ne se sont rencontrés que de façon épisodique sur le circuit. Le 4 février, déjà, AUBRY avait terminé 3e. Ayant schtraté le rendez-vous de Setubal, au Portugal, le 24 juin, et celui du lac Saint-Jean, au Canada, le 27 juillet, et encore du lac Megantic, le 12 août, les Français n’ont guère changé leur attitude en face de ces meetings

Les Italiens, en revanche, paraissent avoir fait de ces rencontres siglées FINA/HOSA le socle de leur preparation. Simone RUFFINI, 77 points, et Arianna BRIDI, 104pts, mènent la danse et veulent achever la Coupe en beauté. C’est aujourd’hui et, parait-il, il y a peu de suspense…

CONFÉRENCE DE RENTRÉE DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION, CONTINUITÉ ET RUPTURE

Éric LAHMY

Samedi 21 Octobre 2017

La première conférence de presse de rentrée de la Fédération marque une rupture avec celles de l’ère précédente ; par exemple, on a évité les discours de sous-préfecture et les imparfaits du subjonctif immaîtrisés du personnage qui tenait la place depuis 24 ans. Dire que cela a manqué serait mensonger. Au rez-de-chaussée de l’immeuble où la F.F.N. a installé son siège, rue Scandicci, à Pantin, on a parlé ce vendredi de choses sérieuses.

A l’arrivisme a succédé me semble-t-il une ambition vraie. A l’histrionisme narcissique et amoureux de la formule à l’emporte pièce mais vide, succède avec Gilles SEZIONALE, président depuis le 2 avril dernier, un homme pondéré, qui essaie d’exposer sans effets de manche sa politique et son travail, et dont l’enthousiasme s’enracine dans un solide réalisme et une vraie volonté. L’homme a quelque chose d’apaisant, chose qui convient à la situation. Le pharmacien de profession joue ici l’infirmier, qui panse les plaies de cette natation, tant bousculée depuis la mort de Christian Donzé.

Sezionale, je ne l’avais jamais rencontré, jusqu’à hier. Et je suis frappé, pendant tout le temps où je l’observe, par ses expressions. Souriant, souvent, et alors communiquant une vraie chaleur, mais aussi, par moments, rêveur, comme perdu dans ses pensées – ou encore à la fois  là et ailleurs, comme si, présent en surface, il entrait en lui-même et poursuivait à je ne sais quelle profondeur une réflexion plus ou moins lointaine et vaguement triste. A ces moments, il a l’air de méditer.

Il se présente entouré des personnes-clé de chaque secteur, sur qui il s’appuiera pour mener sa politique : le nouveau directeur général, Laurent CIUBINI, le directeur technique Julien ISSOULIE, et pour la bonne cause, Alain BERNARD, notre champion olympique du 100 mètres des Jeux de Pékin, devenu une sorte d’« ambassadeur de luxe » de la Fédé ; soit, autour du politique, l’administratif, le technicien, le champion.

Notre société a le chic de tout embrouiller, de tout complexifier. C’est l’époque, bas-empire ou moyen-âge, où nous nous trouvons qui veut ça. Une époque qui illustre parfaitement l’idée d’entropie généralisée. A la Fédé, j’ai l’impression que ces dernières années, plus l’on détricotait, plus on embarbouillait. Il ne s’agit pas seulement d’un travers, ou d’un souci avéré de n’importe quoi. Mais affiner le travail, définir de nouvelles pistes, c’est passer d’une géométrie plane à deux dimensions à une géométrie Riemanienne, dans l’espace à quatre, ou dix, dimensions.

Bon, c’est une image. La physique moderne travaille comme ça. La formation du champion de natation aussi. Au siècle dernier, l’aventure sportive, c’était une piscine (pas toujours), un nageur, un entraîneur (parfois). Maintenant, autour du « couple », c’est toute une cohorte, qui pousse dans la même direction, c’est aussi un planning assez touffu, quoique rigoureusement pensé, de déplacements divers, stages et compétitions.

Avec le programme très étoffé, voulu tel à la FINA, briller, pour une nation, au plan international, c’est chercher à piquer des places de podiums un peu partout. Pour obtenir la 4e place au classement des nations des mondiaux de Budapest, en août dernier, la France a dû tout casser en eau libre, grappiller un or inattendu en plongeon, tout en se contentant de la 12e place en natation de piscine (ce qui est faible, mais devance le Japon !) et en prenant, j’imagine, pour un investissement à moyen terme la présence du water-polo (11e) et pour un autre investissement, mais à fonds perdus, celle de la natation synchronisée… Le sport, aujourd’hui, coûte cher.

Il n’est pas certain qu’on puisse définir ce qui a changé à la Fédération depuis le 2 avril. Ce n’est sans doute qu’un état d’esprit, et l’impression de voir the right men (and women), in the right places… ou peut-être tout simplement des personnes de bonne volonté, et un président qui, au lieu de peser pour marquer son territoire, veut jouer un rôle, qui sait, d’animation, et d’impulsion. Et puis aussi qui a des idées…

Une conférence de presse, c’est une auberge espagnole, sans doute beaucoup aussi parce que la presse moderne décide trop souvent à l’avance de ce qu’elle veut y découvrir. La dictature de l’angle fait qu’on ne sait pas trop ce qui sera retenu de ce qu’on dit. L’un des sujets possibles s’était envolé et se situait à 9.713 kilomètres de Pantin, là où se trouvait Stéphane Lecat, actuellement en stage au Japon avec ses filles et garçons de l’eau libre.

ISSOULIE, LECAT, MARTINEZ, THE RIGHT MEN IN THE RIGHT PLACES

Restaient quelques sujets, le DTN Julien Issoulié dont le discours ressemblait bien à ce qu’on nous avait dit de lui, personnage consensuel désireux de travailler en chef d’équipe, de parler et de partager avec tout le monde. Et Richard Martinez, l’entraîneur de Font-Romeu bombardé (enfin) directeur de la natation, qui ajoutait au DTN le poids de son charisme technique incontesté. Martinez désireux de rester quand même installé dans ses montagnes, qui risquait donc d’effectuer ces prochaines années pas mal de va-et-vient à travers l’Hexagone, et qui serait secondé par Denis Auguin et Olivier Nicolas.

La nouvelle nomenclature ne pose pas en soi de problèmes, sauf que, entre autres, Font-Romeu n’a plus d’entraîneur titulaire. Anne RIFF a changé d’orientation ; toujours à Font-Romeu et reliée au CREPS de Montpellier, elle est perdue pour la natation. Une solution était possible avec l’arrivée sur place de Fanny BABOU, que Richard MARTINEZ encourageait. Mais la candidature de l’ancienne championne de France de brasse avait été repoussée par l’ancien DTN, Jacques FAVRE, pour d’obscures raisons. Le départ de FAVRE aurait pu relancer Fanny, mais celle-ci, entretemps, s’est recasée ailleurs avec sa petite famille, a acheté une maison. Adieu Babou ! Aujourd’hui, Robin PLA est aux commandes, mais c’est encore un jeune, formé jusqu’ici au service recherches. Et on entend parler à nouveau de VERGNOUX. « Vergnoux est dans les tuyaux », confirme Martinez. Mais faudrait qu’il en sorte, dans la bonne direction, et il est toujours entraîneur chef de la natation espagnole…

Ce ne sont peut-être que de petits aléas, des soucis à aplanir. Le technique semble être entre de bonnes mains, avec ces personnes ici nommées, incontestables de par leur compétence et leur vision de l’humain. Ce ne sera jamais parfait, mais on va faire pour le mieux. Et les enjeux sont définis par d’autres critères également, par exemple par le fait que les Jeux olympiques de 2024 auront lieu à Paris, que « chez soi, ce n’est pas la même chose, » et que le ministère a déjà annoncé le nombre de médailles qu’il faudrait ramener (c’est-y pas fort ?).

DU PARI AMBITIEUX, REPRENDRE LA GESTION DE LA PISCINE OLYMPIQUE APRES LES JEUX DE PARIS EN 2024, A L’ETAT DRAMATIQUE DU PARC DES PISCINES DE FRANCE

Le passage d’un président à l’autre, dans cette optique olympique, qu’a-t-il changé ? Tout. Sous la précédente présidence, la Fédération avait refusé la gestion du bassin olympique (lequel devrait entrer en fonction un an avant les compétitions, et donc en 2023) après les Jeux. Elle paierait seulement une redevance, pour installer ses locaux sur place et louer quelques lignes d’eau à l’année.

Sezionale a décidé que la Fédération se monterait moins cauteleuse. La fosse à plongeon devait être comblée, ou plutôt rasée ? Il n’en est plus question. La FFN va s’atteler à gérer la piscine, ce qui n’est pas chose facile. « Mais notre idée est d’encourager les clubs à gérer ces outils, quelle valeur d’exemple serait la nôtre si nous nous défilions, pour notre part », explique le président. Il s’agit en l’occurrence d’une décision extrêmement courageuse, et sans doute déterminante pour l’avenir du sport de la natation, face au déploiement des concepts « ludiques », qui le vident de tout son contenu pédagogique, d’apprentissage et de perfectionnement. Enjeu délicat, plus difficile, d’une certaine façon, que de gagner une médaille olympique !

Cela ne concerne qu’UN bassin. Mais Laurent Ciubini avait rappelé, un peu plus tôt, l’état parfois dramatique dans lequel se trouvait le parc des piscines de France, construites dans les années 1970, et qui, ayant considérablement vieilli et ayant été souvent fort mal entretenues, ferment les unes après les autres. Un autre plan piscines s’impose donc, et là encore, Gilles Sezionale a son idée. Il faudra, professe-t-il, dans bien des cas tourner le dos à la « piscine-cathédrale », fort coûteuse, et reprendre ce qui a été fait à Nice, avec ce bassin de dix lignes d’eau inauguré en 2013, utilisé depuis par Fabrice Pellerin, qui revient cinq fois moins cher et peut donc réduire d’autant son budget, son déficit d’exploitation…

L’ART D’AVOIR LA MAIN LESTE ET LES ALÉAS DE LA MANIERE FORTE

Éric LAHMY

19 Octobre 2017

Un club de natation canadien, le Keyano Swim Club (Edmonton), qui avait engagé un entraîneur britannique, a décidé de réviser sa position. Le coach en question, Rob Greenwood, aurait présidé à un « scandale » lié à la « culture de la peur » instaurée à la Fédération britannique, British Swimming. Viré avant d’être enrôlé !

Selon Liam Morgan, qui détaille l’affaire pour le site Inside the Games, le Greenwood en question est l’ancien patron (head-coach) de l’équipe nationale de natation handicapée. La BBC, la grande chaîne britannique d’information, a révélé que le programme de performances des paralympiques avait été affecté par un certain nombre de brimades et d’intimidations. En conclusion, le rapport confidentiel sur lequel s’appuyait la BBC estimait que Greenwood était le responsable de ce climat de peur.

Greenwood aurait aussi utilisé des termes péjoratifs pour décrire certains jeunes athlètes, et divulgué des informations médicales confidentielles à un psychologue de l’équipe. Toujours selon la BBC, il exigeait d’athlètes des performances que leur handicap les empêchait d’atteindre (on se demande bien comment), et agissait de manière intimidante. Quelques paralympiques du programme étaient « visiblement stressés » en s’adressant aux enquêteurs chargés de mettre en lumière ces accusations.

Une partie de cette affaire illustre le paradoxe de la haute compétition dans le sport handicapé. Un handicapé peut-il faire de la compétition ? Oui. Doit-il le faire comme un valide ? Oui et non. Peut-on le soumettre à un effort maximal ? Oui, dit le compétiteur. Non dit l’invalide.

Il est remarquable qu’à l’issue de cette saison où le coach utilisa des termes jugés répréhensibles, les nageurs paralympiques britanniques ramenèrent 47 médailles dont 16 d’or et finirent deuxièmes au tableau par équipes. A l’issue de la saison, Greenwood fut élu entraîneur de l’année. Alors?

Des entraîneurs qui houspillent leurs nageurs pour en tirer le maximum, voilà qui entre totalement dans la culture de la  natation. Je ne parle pas seulement de l’Asie, où l’on va plus loin encore, parce que le châtiment corporel fait partie du jeu Le nageur adhère souvent à une telle philosophie, dont il peut estimer qu’elle va lui permettre de progresser.

La frontière est mince entre l’exigence et l’abus. D’après la BBC, Greenwood l’avait traversée…

Chaque natation, chaque génération, ont connu leurs brutes à têtes de coachs (coachs à têtes de brutes ?). Autour des bassins, on nous contait parfois que tel, ou tel, se comportait de façon bizarre, abusive, violente, avec ses nageurs. Les comportements limites étaient rares. D’ailleurs, relevait à ce sujet Catherine Grojean, ex-championne de France et ancienne directrice d’Arena, « ce sont généralement de mauvais entraîneurs. » On m’a récemment fait suivre une vidéo d’entraînement où un entraîneur fait une grosse voix pour virer son nageur de demi-fond. Il semble que plus d’une personne en a été choquée. Moi un peu seulement. Cela ne me parait pas aller loin. Pas plus qu’une faute de goût, ou qu’un certain folklore dans l’abus de langage alimenté par Philippe Lucas, lequel respecte plus ses nageurs et ses confrères entraîneurs qu’il n’aime le faire paraitre.

Dans le passé, un coach de Villeparisis était considéré comme assez sévère, et un ami m’affirme qu’il se couchait le long du mur de la plage du virage et expliquait à sa nageuse (championne de France) qu’elle ferait mieux de plonger vite sa tête dans le virage, vu que dans le cas contraire, elle prendrait sa main (celle de l’entraîneur) sur la figure.

Plonger vite dans sa culbute pour ne pas se prendre une baffe en pleine poire, c’est une méthode comme une autre, n’est-il pas vrai ? Dans la joute moyenâgeuse, déjà, le lancier qui percutait la quintaine devait lui aussi faire vite, pour ne pas recevoir sur sa tronche l’arme accrochée sur le mât rotatif !

Il était « un peu difficile » d’intervenir pour empêcher ce fonctionnement de coach trop énergique, se souvient Jean-Pierre Le Bihan, qui était directeur technique adjoint à la Fédération française de natation. Pourquoi? Parce qu’à Villeparisis, les parents admiraient le coach en question et approuvaient la méthode : quelqu’un faisait ce qu’ils n’osaient plus, filer le cas échéant un bon coup de pied au gras de leur progéniture. Laquelle ne mouftait pas. C’était le bon temps !

Las, le coach de Villeparisis fut finalement rattrapé par un autre souci, parce qu’assez spartiate avec les nageurs, il pouvait se montrer aussi un peu trop caressant envers ses ondines ; deux jeunes nageuses ayant fait l’objet de son intérêt appuyé, leurs parents portèrent plainte. Il avait dû aller assez loin dans cette autre façon d’avoir la main leste, car elle lui valut sept mois de prison.

CHRIS GUESDON, 56 ANS DANS LE TRES GRAND BAIN

Eric LAHMY

Lundi 18 Octobre 2017

On a vu que le Français Stéphane Lecat venait d’être honoré par l’International Swimming Hall Of Fame (ISHOF) comme organisateur, comme il l’avait été comme nageur quelques années plus tôt. Parallèlement, l’ISHOF a attribué le Trophée Poseidon our 2018 à Chris Guesdon. Le dit trophée lui sera présenté le 31 mars à « The Chapel », Beaumont Estate d’Old Windsor, proche de l’aéroport d’Heathrow. Présenté chaque année, le Poseidon récompense l’organisation ou la personne qui contribue aux performances de nageurs de marathon ou à l’amélioration du statur de la natation de marathon dans le monde.

Guesdon a dédié 56 années de sa vie au marathon aquatique et ceci dans divers rôles. Il a formulé et dessiné le 10 kilomètres olympique. Ses compagnons d’avancée dans ce domaine, Sid Cassidy et Dennis Miller défendirent son idée selon laquelle le parcours olympique de marathon devait correspondre au schéma emprunté par l’aviron olympique. Après 104 ans d’absence, la nage de grand fond rejoignit les Jeux olympiques en 2008.

Guesdon a dirigé les équipes nationales et les nageurs de marathon australiens depuis 1970, dans des dizaines de courses renommées, des 24 heures de La Tuque à la rivière Derwent, en Tasmanie. Comme maître stratège et manager et comme secrétaire de la commission nationale d’eau libre, il a guidé la domination australienne de 1988 à 1998. Il a fondé la Fédération australienne de longue distance en 1973 et a été membre du bureau de la Fédération Internationale de natation de longue distance (1975-77) et membre de la commission technique d’eau libre de la FINA (1996-2000). Guesdon a déjà été honoré en 2009 par le Hall of Fame de marathon et en 2010 avec le Irving Davids/Captain Roger W. Wheeler Memorial Award.

 

STÉPHANE LECAT NUMÉRO UN MONDIAL, DIRECTEUR DISTINGUÉ APRES AVOIR ÉTÉ DISTINGUÉ NAGEUR… !

STÉPHANE LECAT NUMÉRO UN MONDIAL, DIRECTEUR DISTINGUÉ APRES AVOIR ÉTÉ DISTINGUÉ NAGEUR…

Vendredi 13 Octobre 2017

DÉJÀ RECONNU PAR LE TEMPLE DE LA RENOMMÉE DE LA NATATION MONDIALE COMME NAGEUR DE MARATHON, STÉPHANE LECAT EST À NOUVEAU DISTINGUÉ, CETTE FOIS COMME ADMINISTRATEUR ET ORGANISATEUR DES SUCCÈS FRANÇAIS DE L’EAU LIBRE DE 2016 ET DE 2017. 

« L’ISHOF (International Swimming Hall of Fame – Temple de la renommée de la natation) de Fort Lauderdale va reconnaître Stéphane LECAT, en raison de sa contribution importante à l’administration  de la natation en eau libre », écrit l’assistante à la direction exécutive et commissaire d’exposition de l’institution, IVONNE SCHMID.

Cette reconnaissance prend la forme de l’Irving Davids/Captain Roger W. Wheeler Memorial Award pour 2018. « Le prix sera présenté à Stéphane le samedi soir 31 mars prochain, lors des cérémonies d’intronisation du Swimming Hall of Fame de marathon qui se tiendront à « The Chapel », dans le Beaumont Estate, à Old Windsor proche de l’aéroport d’Heathrow, en Angleterre. »

« Ce prix Irving Davids/Captain Roger W. Wheeler Memorial est présenté chaque année par l’International Swimming Hall o Fame à l’organisation ou la l’individu qui a le plus contribué à l’administration de l’eau libre, précise Ivonne Schmid.

« Le prix de cette année honore en Stéphane Lecat un champion d’eau libre qui a dédié sa carrière à l’enseignement et à l’entraînement, aujourd’hui directeur de l’eau libre de la fédération française de natation, responsable administratif et technique, du développement et de l’organisation (plus de 35 courses par an en France) comme de la stratégie de préparation des événements internationaux de l’équipe nationale française, chaque année.

« Nageur, Stéphane a gagné trois séries de Coupe u monde FINA, trois traversées internationales du lac Saint Jean, quatre descentes du Rio Coronado, trois traversées internationales du lac Memphrémagog ; il a été champion d’Europe des 25 kilomètres, dix fois champion de France et, à deux reprises, vainqueur du tour de l’île à Atlantic City. Il a été l’auteur d’une des plus rapides traversées de la Manche avec 8 heures 19 minutes ; faits qui ont conduit à son intronisation à l’International Swimming Hall of Fame.

« Le travail de Stéphane avec l’équipe nationale française a produit des résultats exceptionnels, écrit ensuite Ivonne Schmid. En 2016, les Français ont enlevé des médailles à tous les niveaux de la compétition internationale : jeunes juniors et seniors. Le compte des médailles cette année s’établit à un bronze sur 10 km olympique messieurs ; deux médailles d’or et deux de bronze aux championnats d’Europe seniors ; une médaille d’or, une d’argent et une de bronze des championnats du monde juniors ; deux médailles d’or aux européens juniors, et deux or, deux argent, un bronze et meilleure équipe de la COMEN. »

« Dans la saison 2017, la France fut la meilleure équipe autant aux mondiaux avec quatre or, un argent et un bronze qu’aux championnats d’Europe juniors avec quatre médailles d’or et une médaille de bronze. »
C’est donc, bien entendu, une reconnaissance bien méritée pour le patron, et l’une des chevilles ouvrières de la natation d’eau libre, particulièrement étincelante ces dernières années.

Il est toujours agréable de voir que ce qui s’est bien vu depuis la France ces deux saisons n’est pas passé inaperçu au niveau mondial. Mais cela ne nous étonnera pas des veilleurs infatigables de l’ISHOF!

DOHA : CAMERON VAN DER BURGH DEVANCE KIRILL PRIGODA

Éric LAHMY

Vendredi 6 Octobre 2017

La Coupe du monde est-elle une formule fourbue ? Cela se pourrait bien. Il y a quelque chose de fatigué dans les performances réalisées à Doha, ce week-end. Après un été où les nageurs ont surfé sur la forme qu’il leur restait des championnats du monde, ils entrent pour la plupart dans l’automne.

Dans un article assez dithyrambique, Pedro Adrega, chef de la communication de la FINA, titrait sur la victoire dans le 400 quatre nages de Doha, de Maxime SHEMBEREV, un Azerbaidjanais et y voyait la preuve de l’ouverture de la Coupe du monde à des nations qui n’accèdent pas à un tel niveau en championnats du monde. Certes. Mais c’est parce que la coupe du monde n’est pas une compétition significative. Il s’agit de meetings, habillés en épreuves mondiales, et jouissant il est vrai assez souvent de la présence de grands talents. La victoire de SHEMBEREV n’en fait pas une star mondiale. Il reste un bon nageur, qui fut ukrainien avant de nager pour l’Azerbaïdjan.

On ne peut pas dire qu’une seule grande performance ait été réalisée à Doha, dans la seconde et dernière journée du meeting. La seule course de valeur a été le 100 mètres brasse messieurs remportée par Cameron VAN DER BURGH, qui dut faire face à une opposition valeureuse de la part du Russe Kirill PRIGODA et du Biélorusse Ilya SHYMANOVICH.

Dans plusieurs courses, le nombre d’engagés n’était pas suffisant pour que soient disputées des séries, et les victoires se jouèrent en finales directes.

Dès lors, on était réduit à compter le nombre de courses gagnées par celles et ceux qui poursuivent la victoire en Coupe du monde FINA et les sommes offertes aux titulaires. Katinka HOSSZU, Sarah SJÖSTRÖM, Vladimir MOROZOV et Chad LE CLOS. L’allemand DIENER réussissait le coup parfait en dos, avec trois victoires. HOSSZU et SJÖSTRÖM retrouvaient leurs faire-valoir habituelles, Ranomi KROMOWIDJOJO, championne olympique néerlandaise à Londres, pour la première, Emily SEEBOHM, championne du monde australienne à Kazan pour la deuxième. Tandis que LE CLOS se livrait à un duel classique de cette saison avec Tom SHIELDS qui pimentait ses courses.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s98 ; 2. Chad LE CLOS, Af. Sud, 21s50

200 libre : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 1’44s40; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’45s02.

1500 libre : 1. Gergely GYURTA, Hongrie, 14’41s84; 2. Maksym SHEMBEREV, Azerbaijan, 14’43s79; 3. Gabriele DETTI, Italie, 14’46s75; 4. Wojciech WOJDAK, Pologne, 14’48s91.

50 dos : 1. Christian DIENER, Allemagne, 23s58.

200 dos : 1. Christian DIENER, Allemagne, 1’50s96; 2. Radoslaw KAWECKI, Pologne, et Chad LE CLOS, Af. Sud, 1’51s02.

100 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, Af. Sud, 56s11; 2. Kirill PRIGODA, Russie, 56s31; 3. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 56s76; 4. Vladimir MOROZOV, Russie, 57s17; 5. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s80; 6. Ilya KHOMENKO, Russie, 57s84; 7. Jiajun SUN, 58s17.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 50s17 ; 2. Tom SHIELDS, USA, 50s30 ; 3. Pavel SANKOVICH, Biélorussie, 50s79.

200 4 nages : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 1’55s57.

 

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s62 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 52s19 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 52s29

400 libre : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 4’2s43; 2. Bingjie LI, Chine, 4’2s58; 3. Duo SHEN, Chine, 4’2s94.

100 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s27; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 56s40

50 brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s42 ; 2. Rikke PEDERSEN, Danemark, 30s32.

200 brasse : 1. Rikke PEDERSEN, Danemark, 2’18s86.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s76; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 25s25

200 papillon : 1. Yufei ZHANG, Chine, 2’7s43.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s26; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s60; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 58s59.      

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’27s94; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 4’32s57.