Catégorie : News

Lurz, beau vainqueur d’eau libre en petit bassin

27 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Il y a dix ans, le mondial en eau libre s’était déroulé dans le même décor du Vieux Port de Barcelone. Les évolutions dans la topographie des lieux signalent les changements de l’eau libre.Le parcours n’était pas aussi étroit et constellé de bouées, et ne se développait pas entre des barques. L’épreuve se dirigeait vers la pleine mer. On imagine que son entrée aux Jeux Olympiques, des soucis de médiatisation, l’ont changé, domestiqué en quelque sorte. L’image, et son vecteur, la télévision, ne s’intéressent à vous qu’à condition de vous réduire aux dimensions du petit écran. Les courses modernes d’eau libre ne se déroulent pas en eau libre, mais dans une eau portuaire, bassinée et stagnante, privée de courants. On l’a appelée eau libre comme on appelle Lac des Castors tel lac où la queue du dernier castor qui le hantait a été commercialisée au siècle dernier, Trou aux Biches la plage dont l’ultime biche a été consommée en méchoui du temps de nos grands-pères.

De ce fait, les épreuves ont changé. Le grand fond, en devenant eau libre, s’est changé d’aventure au large en course de vitesse. Le Tunisien Oussama Mellouli, venu du 1500 mètres, est devenu champion olympique des 10 kilomètres à Londres. Des nageurs rapides, Lurz et Giannotis, le disputent aux endurants et investissent les podiums.
Bien malin qui nous dira qui aurait gagné si le marathon aquatique était resté fidèle à sa légende. Peut-être que le type de nageur de vitesse l’aurait emporté de toute façon? En l’occurrence, Thomas Lurz est un beau vainqueur, qui s’impose de 0’’4 devant le Belge Ryckeman et 1’’1 devant Evguenii Drattcev. Les Français Bertrand Venturi, 12e , Axel Reymond 20e ont tenu leur place dans la course des courageux.

Que représente l’effort d’un 25 kilomètres nagé? Au sujet de Martina Grimaldi, Marco Bonifazi, président du Centre d’études et de recherches de la Fédération italienne de natation, a publié le communiqué suivant. “Dans les tests effectués dans le bassin optométrique de l’Institut du Sport du CONI, il est apparu qe le coût énergétique de Martina Grimaldi est de l’ordre de 0,7kilojoule par minute, ce qui correspond à une dépense énergétique d’environ 4000 calories. Là-dessus, de 1000 à 1200 calories sont fournies par les hydrates de carbone représentés par la glyycogène musculaire, environ 300 grammes, consommés pendant la course. Et 2800-3000 calories sont fournies par la combustion de 400 grammes de lipides contenus dans le tissu adipeux Le sprint final de mille mètres, en conséquence de son changement de rythme, requiert une énergie fournie seulement par les hydrates de carbone. Ce qui signifie que Martina disposait d’une réserve suffisante pour affonter la partie finale de la course en progression. »

 

25 KILOMETRES. MESSIEURS.- 1. LURZ Thomas Peter, Allemagne, 4h47’27’’; 2. RYCKEMAN Brian, Belgique, 4h47’27’’4; 3. DRATTCEV Evguenii, Russie, 4h47’28’’1; 4. MEYER Alexander Maxwell, USA, 4h47’28’’2; 5. DO CARMO Allan, Brésil, 4h47’30’’1; 6. GIANNIOTIS Spyridon, Grèce, 4h47’31’’3 ; 7. RUFFINI Simone, Italie, 4h47’42’’7 ; 8. BERTOLA Guillermo Vittorio, Argentine, 4h47’44’’8; 9. GUERTIN Philippe, Canada, 4h48’46’’8; 10. POSMOURNY Jan, Tchécoslovaquie, 4h48’53’’4; 11. RESMAN Shahar, Israël, 4h48’53’’5; 12. VENTURI Bertrand, FRANCE, 4h48’58’’3; 13. GYURTA Gergely, Hongrie, 4h49’3’’9; 14. ILIMOVSKY Jordan Matthew, USA, 4h49’11’’1. 15. VILLARINHO Diogo, Brésil, 4h50’31’’3; 16. BOLANOS Luis, Venezuela, 4h50’52’’7; 17. FOKAIDIS Antonios, Grèce, 4h50’55’’1; 18. RYAN Phillip, Nouvelle-Zélande, 4h50’57’’2; 19. MAINSTONEHODSON Rhys, Australie, 4h51’8’’2; 20. REYMOND Axel, FRANCE, 4h53’47’’2; 21. CLERI Valerio, Italie, 4h55’16’’5; 22 SMOLKA Libor, Tchécoslovaquie, 4h58’13’’7; 23. DYATCHIN Vladimir, Russie, 4h58’18’’: 24. KHUDYAKOV Vitaliy, Kazakhstan, 4h58’18’’1; 25. CARRIZO YUNGES Martin Miguel, Argentine, 5h1’43’’1; 26. WEINBERGER Richard, Canada, 5h2’32’’6; 27. LAVRENTYEV Arseniy, Portugal, 5h3’12’’8 ; 28. PRINSLOO Hercules Troyden, Afrique du Sud, 5h3’19’’8.

 

Martina Grimaldi sur un air de Rihana

27 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

Après plus de cinq heures à poser un bras devant le corps, à tirer derrière en ramenant l’autre bras devant, à avancer dans cette nage économique dans laquelle le battement jambes réduit à sa plus simple expression se contente de servir de stabilisateur au corps, on ne doit plus savoir où on est. Ou peut-être même qui on est. C’est ce qui est arrivé à Martina Grimaldi, l’Italienne, tout à l’heure, sa course achevée sur le plan d’eau du Port Vell (le Vieux Port) de Barcelone. Elle ne savait pas trop quelle était sa place. Une certitude seulement. Elle était “sur le podium”. Mais deux ou trois?

Martina avait gagné. A la photo-finish, ce qui ne s’invente pas, après vingt-cinq kilomètres de nage, mais bon, tous ceux qui ont suivi le Tour de France connaissent ça, quand les écarts s’abolissent, quand les meilleurs se rejoignent au point qu’ils ont la (rageuse) impression qu’ils n’arriveront pas à décoller les importuns (“ils sont encore là, ceux-là?”). Un type de proximité créé par ces parcours en “couloirs” fabriqués sous la FINA, réduisant les raids de pleine mer,seul face aux éléments, en courses en bocaux, avec des stratégies, des accélérations, des suceurs de roue, des repérages, et même quelques fois de discrets réglements de compte en-dessous de la ligne de flottaison … L’avantage est que l’eau du port, habituellement très abîmée, a été délivrée de ses méduses et de ses détritus, oxygénée artificiellement, tandis que les polluantes activités habituelles des embarcations à moteurs y ont été stoppées depuis des semaines.

Martina, avant la course, était inquiète. Sur 5 comme sur 10 km, elle n’avait pas obtenu les résultats qu’elle escomptait, elle, cheffe de file d’une eau libre italienne florissante et qui, à Barcelone, sentait la déconfiture: les deux fois, ç’avait été la même chose; dans le coup jusqu’avant le sprint, il lui avait été impossible de “changer de braquet”. Là, dans les mille derniers mètres, elle a repéré ses compagnes et adversaires, Fabian qui ramait tout près d’elle, Maurer aussi. Elle ne voyait plus la redoutable Brésilienne Cunha. Mais c’est qu’elle la suivait comme un squale, planquée, collée à  »six heures », sous son battement de pieds. Alors elle a mis la gomme. Un sprint long et cruel, six cents cycles de bras, les poumons à éclater, le coeur qui dérape, les muscles qui agonisent. Vai, Grimaldi, vai! Mais les autres ont compris que les vingt-quatre kilomètres accomplis n’auront aucun sens si celui qui commence n’est pas maîtrisé, que maintenant LA course démarre… Et c’est l’arrivée, le sprint dans le sprint, la touche dans une sensation d’égarement. Elle regarde le tableau. Il indique que Maurer, l’inusable Allemande, championne du monde 2006, 2009, toujours là à 38 ans, a gagné.

Médaillée. Argent content. Sa seule préoccupation, son urgence, c’est maintenant de sortir de l’eau, oxygénée ou pas. En s’approchant, légèrement titubante, de la zone mixte où une triple population – athlètes, public et media – se donne rendez-vous, elle prend conscience que quelque chose est en train de se passer. Elles rencontre les visages des fans italiens, des gens de l’équipe nationale, et ces visages exultent. Que serait-ce si elle avait gagné?

Elle n’interprête pas clairement ces expressions, un peu trop joyeuses à son goût. Il y a des attitdes pour la « gagne », d’autres pour une médaille, ce n’est pas la même chose. Et elle a vu, sur l’écran géant, qu’elle était 2e; et elle n’a pas demandé son reste; elle a mis ses sentiments au diapason « joie forte mais mesurée », celui qui convient à l’argent. L’argent qui revient au fond à la première des battues. C’est bien mais ce n’est pas un miracle. L’or, c’est un cri. L’argent, un grand sourire. Alors elle sourit, et disserte posément sur ce morceau de métal couleur d’argent, avec des mots superbes, “médaille de la tête, du coeur, des poumons et des sacrifices.”“Mais tu as gagné”, lui lancent les journalistes. Elle regarde, surprise par le verdict de la photo-finish qui fait d’elle la championne du monde. Elle n’en revient pas.
Et voilà. Martina Grimaldi, championne du monde, 5h7’19’’7. Le temps de l’Allemande Angela Maurer s’affiche, au dixième supérieur, et celui de l’Américaine Eva Fabian, à sept dixièmes. La deuxième Italienne, Alice Franco n’est que larmes et frustration. Elle est 4e à 3’’2, et n’ira pas sur le podium avec Martina, comme l’an passé, aux championnats d’Europe.

Martina avait décidé qu’elle nagerait les trois courses aux Mondiaux. “J’avais l’entraînement pour ça.” Avant la course, elle ne songeait qu’à une chose: porter en elle la carte mnémotechnique du parcours. Les hommes partaient à huit heures, les femmes quinze minutes plus tard. Lui est alors venue une image de ski. “Suivre la trace.” La trace des garçons, quinze cent mètres devant. “Suivre la trace, est ma caractéristique.” Vers la mi-course, la course s’est décantée d’elle-même. Elle est restée en sixième position, sachant qu’elle pourrait avoir sa chance dans le final. Cinq heures à penser. A se chanter ‘’Man Down’’, le tube de Rihanna (Rum pum pum pum rum pum pum pum rum pum pum pum Man Down), à se dire de ne pas refaire les erreurs des jours précédents.

DAMES.- 25 KILOMETRES.- GRIMALDI Martina, Italie, 5h7’19’’7 ; 2. MAURER Angela Alexandra, Allemagne, 5h7’19’’8 ; 3. FABIAN Eva Mariel, USA, 5h7’20’’4 ; 4. FRANCO Alice, Italie, 5h7’22’’9 ; 5. CUNHA Ana Marcela, Brésil,  5h7’23’’4 ; 6. JENNINGS Christine Elizabeth, USA, 5h7’32’’3 ; 7. DOMINGUEZ CABEZAS Margarita, Espagne, 5h11’55’’5 ; 8. KIDA Yumi, Japon,  5h16’25’’7 ; 9. SHAN Lei, Chine, 5h16’54’’3 ; 10. SOKOLOVA Alexandra, Russie, 5h18’14’’4 ; 11. DANDAN Yang, Chine, 5h19’13’’7; 12. BARROT Celia, France, 5h20’31’’8 ; 13. PEREZ Paola, Venezuela, 5h22’40’’1 ; 14. RYBAROVA Silvie, Tchécoslovaquie, 5h22’42’’4 ; 15. ARINO Julia Lucila, Argentine, 5h22’47’’ ; 16. NAVARRO Vicenia, Venezuela, 5h23’31’’8; 17. 17. WILLIAMS Nadine, Canada, 5h42’17’’9 ; 18. ROMANCHUK Xeniya, Kazakhstan,  5h43’40’’5.

Sans rivales

26 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats d monde

NATATION SYNCHRONISEE, BALLET D’EQUIPE (finale).-1. Russie 97.400pts (48.610+48.790) (CHIGIREVA Vlada 1994 KOLESNICHENKO Svetlana 1993 KOROBOVA Daria 1989 PATSKEVICH Alexandra 1988 PROKOFYEVA Elena 1994 SHISHKINA Alla 1989 SHUROCHKINA Maria 1995 TIMANINA Anzhelika 1989

2. Espagne, 94.230 (46.970+47.260) (BASIANA CANELLAS Clara 1991 CABELLO RODILLA Alba 1986 Ona CARBONELL BALLESTERO 1990 CRESPI JAUME Margalida 1990 HENRIQUEZ TORRES Thais 1982 11

3. Ukraine 93,640pts (46,670+46,970) (ANANASOVA Lolita 1992 GRECHYKHINA Olena 1991 KLYMENKO Ganna 1992 SABADA Oleksandra 1991 SADURSKA Kateryna 1992 SAVCHUK Anastasiya 1996 VOLOSHYNA Anna 1991 ZOLOTAROVA Olha 1994).

4. Japon, 91,950pts (45,920+46,030) (ADACHI Yumi 1989 HAKOYAMA Aika 1991 ITOYAMA Mayo 1991 KAZUMORI Hikaru 1994 ITSUI Risako 1993 NAKAMAKI Kanami 1992 NAKAMURA Mai 1989 SUGIYAMA Misa 1990).

5.  Italie, 89,840pts (45,030+44,810) (BOZZO Elisa 1987 CALLEGARI Beatrice 1991 CATTANEO Camilla 1990 FLAMINI Manila 1987 LAPI Giulia 1985 PERRUPATO Mariangela 1988 SCHIESARO Dalila 1987 SGARZI Sara 1986 DEIDDA).

6. Canada, 88,620pts (44,240+44,380) (GILL Sandy 1989 ISAAC Chloe 1991 KOPCIK Emilia 1993 LECLAIR Stephanie 1990 MIKELBERG Lisa 1989 MORIN MarieLou 1990 SIMONEAU Jacqueline 1996 THOMAS Karine 1989).

7.. FRANCE, 87,080pts (43,230+43,850) (ANNEQUIN Marie 1992 AUGE Laura 1992 CHARBONNIER Maeva 1991 CHRETIEN Margaux 1992 JOUVENEZ May 1994 KAUTZMANN Chloe 1991 PONTAT Lauriane 1992 RICHAUD Lisa 1994)

8. Grèce 85,060pts (42,320+42’740) (ALZIGKOUZI KOMINEA Maria 1995 BACHTSEVANIDOU 1994 GIALIDI Evangelia 1994 GKEORGKIEVA Giana 1997 KAFETZI Vasiliki 1995 KOUTIDI Evangelia 1995 PAPAZOGLOU Evangelia 1995 PLATANIOTI Evangelia 1994

9. Mexique 84,430pts (41,920+42510) ACHACH RAMIREZ Karem 1991 ARREOLA DELGADILLO 1988 CIFUENTES CASTRO 1987 DELGADO PLANCARTE 1987 DIOSDADO GARCIA Nuria 1990 JIMENEZ GARCIA Joana 1993 RIOS CASTILLO Sofia 1991 RODRIGUEZ RUBIO Luisa 1994

10. Brésil, 83,520pts (41,650+41,870) ;  BORGES Luisa 1996 BRUNO Maria 1992 FIGUEIREDO Gabriella 1992  GONCALVES Jessica 1993 MICUCCI Maria Eduarda 1995 MOLINOS Lorena 1991 NOGUEIRA Pamela 1988 STEPHAN Giovana 1990

11. Suisse, 82,680pts (40,750+41,930) ; (FISCHER Pamela 1988 GIGER Sophie 1995 KRAUS Sascia 1993 NYFFELER Anja 1992 NYFFELER Sara 1995 QUINCHE Isabelle 1988 WIDMER Giordana 1995 WUNDERLIN Matilda 1993) ;

12. Grande-Bretagne, 82,570pts (40,920+41,650) (BAKER Yvette 1991 BOWES Lucy 1998 CAMPBELL Amy 1997 CLARK Katie 1994 COWIE Jodie 1997 LUCASS Victoria 1990 RANDALL Asha 1990 WILSON Samantha 1994.

He Chong se bonifie en vieillissant

26 juillet 2013

Barcelone, 15eme championnats du monde

He Chong a remporté à 26 ans le plongeon de tremplin à 3 mètres des championnats du monde. Toujours sur la touche, le Chinois, râblé, solide, aux cuisses puissantes, est le champion olympique 2008, le champion du monde 2009 et 2011 de la discipline, et le 3e des Jeux de Londres, l’an passé, derrière Sakharov, qui s’est défait ici en éliminatoires, et Qin Kai, ici 5e.

MESSIEURS.- TREMPLIN 3 METRES (Finale). 1 HE Chong, Chine, 544,95pts; 2. Evgeny KUZNETSOV Russie, 508pts ; 3 Yahel CASTILLO, Mexique, 498,30pts ; 4. Illya KVASHA, Ukraine, 494,10pts ; 5. QIN Kai, Chine, 473,25pts ; 6. Javier ILLANA GARCIA, Espagne,  468,15pts ; 7. Patrick HAUSDING, Allemagne, 445,75pts ; 8 Sho SAKAI, Japon, 433,40pts ; 9. Constantin BLAHA, Autriche, 429,45pts ; 10. Oleksandr GORSHKOVOZOV, Ukraine, Ukraine, 425,85pts ; 11. Grant NEL, Australie, 420,75pts ; 12. Kristian IPSEN (USA), 413.35.

Yannick Agnel, mais bien sûr

26 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Le 30 mai dernier, nous avions écrit ici même que Yannick Agnel avait encore des chances de nager, et de bien nager, dans les courses individuelles des championnats du monde de Barcelone. Pourtant, l’intéressé avait barré d’une croix sa participation à toute épreuve autre que les relais. Avoir manqué une vingtaine de jours d’entraînement était certes dommageable, écrivions-nous, mais pas au point de condamner définitivement le champion olympique de Londres. S’il avait été capable de gagner le 200 mètres des championnats de France alors qu’il souffrait d’une grippe intestinale devant un client de la dimension qu’a atteint aujourd’hui Jérémy Stravius, il pouvait se sortir de la situation dans laquelle il se trouvait à deux mois de la finale mondiale.

Avoir repris le chemin de la piscine d’abord à Nice, puis aux USA, à Baltimore, auprès de Bob Bowman, avoir réalisé des entraînements de qualité, avoir échangé avec le coach de Michaël Phelps a rendu à l’ex-Nîmois, toujours Niçois et nouveau Baltimorian sa confiance en lui. Bowman lui a redonné l’envie de jouer avec la natation. Va-t-il devenir le champion du monde 2013 du 200 mètres ? Pesons le pour et le contre.

IL NE PEUT PAS LE FAIRE

A l’impossible nul n’est tenu. Agnel a coupé dans sa préparation au plus mauvais moment. S’il avait pris de longues vacances, comme Lochte ou Sun Yang, juste après les Jeux, il aurait pu effectuer un retour graduel, se qualifier puis monter en puissance à l’approche des Mondiaux. Un peu comme tout le monde, Agnel croit que Bowman est un sorcier parce que Phelps… Mais qui parle des échecs de l’enchanteur de Baltimore, qui avait raté Hoff en 2008 et a raté cette année Allison Schmitt, disparue corps et biens aux championnats US d’Indianapolis sans aucune explication ? De toutes façons, en natation, on ne peut plus se permettre de ne pas nager pendant trop de temps, il y a trop de paramètres à reconstruire, physiologiques, techniques, le toucher de l’eau… En outre il faut passer par les séries, les demi-finales, et reproduire une troisième course à fond en l’espace de deux jours. Sun l’a bien compris, il avait coupé lui aussi au plus mauvais moment et il a scratché le 200m. Lochte s’est qualifié mais aux championnats des Etats-Unis, on n’a pas adopté le système des demi-finales, il a donc économisé une course. Il en ira différemment à Barcelone. Pour gagner, il faudra avoir la « caisse », donc ou Izotov, leader cette année, ou Stravius, ou Fraser-Holmes, l’Australien, à la résistance de « quatre nageur » doivent être les favoris.

IL PEUT LE FAIRE.

Nous sommes en année post-olympique et on n’a pas vu de grosses performances sur 200 mètres cette saison. Le Chinois Sun Yang, qui a connu exactement les mêmes aventures que le Français (rupture avec son entraîneur, coupure dans son entraînement), a décidé de ne pas nager le 200 mètres programmé le lendemain du 400 mètres. Mais sa coupure ne l’empêchera pas de nager très fort sur 400 et 1500 mètres. Les entraîneurs n’aiment pas que les nageurs coupent dans l’entraînement, mais du repos n’hypothèque pas forcément les performances et régénère l’athlète. Regardez les résultats de Mellouli, qui a repris l’entraînement sérieux il y a moins de six mois après avoir songé à la retraite, gagné le 5000 et fini 3e du 10.000 mètres en eau libre à Barcelone. Voyez Lochte, qui jure n’avoir virtuellement pas nagé pendant six mois et qui s’est qualifié sur cinq courses dans le championnats national le plus disputé au monde. L’échec d’Allison Schmitt n’est pas celui de Bowman, c’est celui de sa difficulté à assumer son statut olympique. Sun Yang absent du 200 mètres, c’est un candidat sérieux à la victoire qui disparait. Danila Izotov, le Russe, est le plus rapide cette saison, avec 1’44’’87. En 2010, Agnel l’a battu aux mondiaux petit bassin. Agnel et Izotov se connaissent bien. En 2011, Izotov a participé sous la supervision de Fabrice Pellerin à un camp d’entraînement à Nice, que Keith Braden a qualifié sur le site SwimSwam de « camp le plus analytique dont je n’ai jamais entend parler. »

“Les données de l’époque, ajoute Braden, montraient qu’Izotov était plus fort physiquement qu’Agnel mais la coordination et l’équilibre de nage supérieurs du Français lui promettaient un avenir plus brillant. » Le record d’Izotov, 1’43’’90, a été réussi en 2009 en combinaison de nage, et ses 1’44’’87 de 2013 ont été réalisés en départ de relais, aux Universiades. Il a été finaliste (8e) du 200 mètres des mondiaux de Shanghai en 2011 et des Jeux de Londres en 2012.

Thomas Fraser-Holmes (1’45’’79), spécialiste australien du 400 mètres quatre nages, a reporté ses ambitions sur 200 mètres après un faux départ qui l’a éliminé du 400 libre. Ryan Lochte ne peut être écarté mais Agnel a pris sa mesure. On ne peut écarter non plus Stravius même si l’Amiénois va un peu se disperser à Barcelone entre le dos, le crawl, le quatre nages, les relais. On va peut-être se souvenir de 2013 comme de la grande année Stravius (et Chrétien, son entraîneur). Mais une fois agités tous ces paramètres, il est difficile de ne pas compter Agnel parmi les favoris, mieux, comme LE favori !

Quand l’eau libre est trop occupée

26 juillet 2013

Barcelone, 26 juillet 2013

A l’arrivée du 10.000 mètres dames des mondiaux, mardi, la double championne du monde britannique Keri-Anna Payne, fort déçue de sa quatorzième place, s’est répandue en récriminations au sujet de certains aspects de la course. « Tout s’est bien passé jusqu’à mi-course, mais ensuite, ce fut le carnage. » Au passage d’une bouée qu’elle abordait bien placée, affirment certains privilégiés qui ont pu admirer les ralentis de l’action, elle sortit loin derrière, comme avalée puis recrachée par  un peloton compact composé essentiellement de coudes, de genoux, de pieds.

Notre confrère Craig Lord (sur le site SwimVortex) s’est élevé contre les exactions impunies des épreuves d’eau libre. Au banc des accusées de pratiquer ce genre de manoeuvres musclées, les deux premières de la course, brésiliennes, étaient plutôt bien placées. Elles-mêmes ont (ingénument) avoué qu’au moment du sprint, elles avaient fait barrage afin d’empêcher qui que ce soit d’autre de passer.

Ce qui parait de bonne guerre. En revanche, il n’est guère douteux qu’une certaine violence puisse se manifester dans les courses en eau libre. On n‘y trouve pas de lignes, et il faut apprendre à nager droit, ou négocier les bouées, une gageure quand un paquet de nageurs arrivent ensemble et que chacun essaie en même temps de couper ‘’à la corde’’ sans se laisser enfermer. Donc il arrive qu’il  y ait des frottements, comme en demi-fond (course à pied) ou en cyclisme. Le problème dans l’eau c’est que ces violences, souvent perpétrées en-dessous de la ligne de flottaison, restent invisibles. L’hiver dernier, David Aubry, l’un des espoirs de la longue distance française, était en train d’attaquer aux championnats d’Europe juniors, mais l’Anglais de service ne lui en a pas laissé l’occasion. Un coup de ciseau dans un genou a mis fin à sa saison !

Les récriminations de Payne représentent le genre de discours classique qu’on entend aux arrivées des courses de fond. On peut le comprendre. Dans une épreuve excessivement longue et difficile, où l’on a dû jouer avec les éléments – soleil, courants, températures, vagues – saupoudrés de joyeusetés comme des méduses sans parler de la pollution (difficile de trouver une eau propre de nos jours après un siècle de rejets industriels ou domestiques), il ne s’est pas agi de nager, il a fallu se dépêcher, aller au bout de soi même, battre l’autre. Dans ce Purgatoire aquatique, l’Enfer, c’est les autres ! Alors, à l’arrivée, en-dehors des médaillés, ça peste. Je me souviens d’un mondial où la grande Anne Chagnaud, était arrivée quatrième, et ça n’avait pas l’air de lui plaire, à la fois épuisée et fumante de rage. Après six heures et neuf secondes dans l’eau, tuméfiée de coups de soleil et boursouflée de caresses de méduses dont une ou deux avaient visité l’intérieur de son maillot, Anne avait perdu quelque peu son sens de l’humour à froid ; elle était partie dans un discours où, si je comprenais bien ce qu’elle disait, tous les éléments lui avaient été défavorables et toutes celles qui étaient arrivées avant elle étaient dopées ! Fallait attendre le retour au calme, physiquement et mentalement …

On a pu suivre les déclarations du même tonneau des concurrents battus de Barcelone, ils avaient tous non pas une excuse, mais une batterie d’excuses : l’eau est chaude, l’eau est douce, donc elle manque de portance ; elle est salée, donc elle avantage l’autre là-bas ; l’eau était plate, elle a profité aux nageurs de piscines [nageur de piscine et constituer une insulte majeure] ; elle était agitée, comment peut-on nager là-dedans ; le dessin du parcours est une hérésie ; le champ de course est trop étroit, on ne pouvait pas passer ; il est trop large ; on ne s’est pas préparés pour ce type de parcours…

A ce moment, ce n’est pas ces gens-là qui parlent, c’est toute cette tension née du combat qu’ils viennent de mener.

Mais la vérité est que les grandes distances d’eau libre ne devraient pas être inscrites dans ces décors portuaires protégés de bouées. Le génie du grand fond, c’est la traversée : aller de A à Z, distants de 5, 10 et 25 kilomètres. Quand la FINA n’avait pas encore mis le nez dans ces courses, elles respectaient la tradition du raid nautique, où le nageur rejoint le statut du héros légendaire. Le sommet fut atteint, je crois, lors d’une course, non loin d’une côte, aux USA, qu’allait remporter John Kinsella. C’était une période de migrations de thons. Les gens du cru avaient signalé aux concurrents que ces thons ne représentaient aucun danger, mais qu’ils étaient toujours suivis par les prédateurs les plus hauts placés dans la chaîne alimentaire, lesquels il convient de préciser, ne sont pas les sardines. Foin de ces salades, les nageurs se mirent à l’eau ! Et quelques coachs, dont celui de Kinsella, qui suivaient en embarcation, embarquèrent des carabines. Pendant la course,  un banc de thons passa sous les concurrents. Et quelques instants plus tard, derrière eux, l’ombre massive d’un grand requin blanc glissa à l’aplomb, juste sous Kinsella, à la poursuite d’un repas plus substantiel qu’un nageur de 1,93m pour 97kg.

Bien entendu, il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de scénarii issus des « Dents de la Mer ». Mais enfin on peut noter que le seul accident fatal à déplorer en eau libre, ces dernières années, est une crise cardiaque provoquée par une hyperthermie, dans une eau à 30°. L’eau libre ferait peut-être mieux de retrouver ses bases, sa tradition, d’une traversée en ligne droite, et d’oublier ses circuits gommeux dans des ports, des bassins d’aviron… Là, on aura moins de close-combat, et plus de nage… libre.

En haut vol, Si se déchaîne, soucis pour Chen

 

25 juillet 2015

Barcelone, 15emes championnats du monde

En haut-vol dames, on a eu droit à Chine contre Chine. Chen Ruolin a réussi à gagner trois plongeons sur cinq, mais un souci au quatrième relativement foiré, fait qu’elle n’a pu revenir sur Si Yajie partie très forte et qui résiste. 12e, dernière de la finale, mais au moins satisfaite de s’y trouver, Laura MARINO se déclarait  « un peu déçue d’avoir raté un plongeon, mais sur le reste du concours, je suis plutôt satisfaite. Je n’étais pas trop stressée.  Je n’ai pas beaucoup de coefficients et même si j’ai des bonnes notes, elles sont multipliées par un chiffre moins important que mes concurrentes. Je compte bien y remédier l’année prochaine. Il va vraiment falloir que j’améliore mon deuxième plongeon. J’ai l’impression d’avoir franchi un palier cette année. Finale aux championnats du monde ça signifie que dans deux ans je pourrais jouer ma qualification pour les Jeux Olympiques. Ça me met vraiment en confiance pour les trois prochaines années. J’ai une blessure au nerf au niveau du coude à cause de la répétition des plongeons à 10 mètres. A force, ça m’a abîmé le nerf et désormais je plonge avec un strap. A la fin de la finale, ça commençait à me titiller, il est temps que je me repose. »

DAMES. HAUT-VOL.- Finale.- 1. SI Yajie, Chine, 392.15pts ; 2. CHEN Ruolin, Chine, 388.70pts ; 3. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 358.40pts ; 4. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 346,45pts; 5. Maria KURJO, Allemagne, 336,55pts ; 6. Pandelela Rinong  PAMG, Malaisie, 334,55pts; 7. Maria BETANCOURT, Venezuela, 328,35pts ; 8. Roseline FILION, Canada, 316,70pts; 9. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 311,00pts ; 10. Victoria LAMP, USA, 301,20; 11. Alejandra OROZCO, Mexique, 298,15pts; 12. Laura MARINO, FRANCE, 289,70pts.

 

La synchro comme le catch de nos grands-pères

25 juillet

Barcelone, 15e championnats du monde

Dans les années cinquante, le catch, ou lutte américaine, était très populaire en France. Il était considéré comme un sport de combat dangereux, en raison des coups portés. En réalité, ces coups étaient « chiqués », et le catch mimait la violence, le seul risque réel étant l’accident, lors d’un tombé où le catcheur ratait son effet et se faisait vraiment mal. Mais le préfet n’était pas trop convaincu de cette absence de danger et avait exigé que les résultats des combats soient déposés à l’avance à la Préfecture de police. Cette organisation méticuleuse avait un avantage pour René Moyset, le responsable de la rubrique Lutte de ‘’L’Equipe’’. Avant de partir en vacances, il apportait les résultats des « grands combats » de catch de tout le mois à venir.

Qu’est-ce que cette histoire vient faire pour accompagner des résultats de natation synchronisée ? Rien sauf que dans l’ensemble, les résultats de la synchro sont aussi prévisibles que les combats de catch du père Moyset. Ils sont, en fait, d’une fascinante prévisibilité, dans les places et dans les notes. Jusqu’à la sixième place, les équipes reçoivent des notes légèrement plus basses qu’en éliminatoires, parce que les juges « retiennent » les notes. Puis les dernières (les plus fortes) sont mieux notées, parce que les juges se lâchent. Aujourd’hui, deux plongeurs s’étaient ratés, qui sont passés de médaillés possibles à éliminés, d’autres se sont transcendés.  Les favoris de la nage en eau libre sont arrivés loin derrière. Il y a eu du sport. En synchro, aucune surprise, les résultats semblent reproductibles, figés d’une année à l’autre. les Françaises sont 10e. Comme prévu. Ce n’est pas forcément que les filles sont robotisées. Mais les juges?

NATATION SYNCHRONISEE.- DUO FINALE.- 1.Svetlana KOLESNICHENKO et Svetlana ROMASHINA, Russie, 97,680pts (48.680+49.000);  2. JIANG Tingting et JIANG Wenwen, Chine, 95,350pts (47.890+47.460); 3. Ona CARBONELL BALLESTERO et Margalida CRESPI JAUME, Espagne, 94,990pts (47.160+47.830); 4. Lolita ANANASOVA et Anna VOLOSHYNA, Ukraine, 92.620pts (46.320+46.300) ; 5. Yumi ADACHI et Yukiko INUI, Japon, 91,620pts (45,640+45,980); 6. Linda CERRUTI et Costanza FERRO, Italie, 89,170pts (44.430+44.740) ; 7. Evangelia PLATANIOTI et Despoina SOLOMOU, Grèce, 87,980pts (43.800+44.180); 8. Emilia KOPCIK et Stephanie LECLAIR, Canada, 87,370pts (43.760+43.610) ; 9. Olivia FEDERICI et Jenna RANDALL, Grande-Bretagne, 87,180pts (43.710+43.470) ; 10. Laura AUGE et Margaux CHRETIEN, France, 86,620pts (43.210+43.410) ; 11. KIM Jong Hui et RI Ji Hyang, Corée du Nord, 85,780pts (42.680+43.100) ; 12. Pamela FISCHER et Anja NYFFELER, 83.030pts (41.110+41.920).

L’allemand sans peine

25 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

On appelle ça le “team event”. Trois nageurs, dont au moins une femme, contre la montre. Départ toutes les minutes. Pas d’embouteillage à l’heure de pointe, pas de bagarres à cinquante sur un champ d’eau trop étroit ou pour négocier au plus près les virages des bouées, pas de coups en douce, technique karaté-water-polo, reçus d’un adversaire hargneux, et surtout pas d’excuses faciles, pas de ces lamentations à l’arrivée pour expliquer un résultat estimé insuffisant. Jeu d’équipe et chronomètre. Vitesse pure, cinq kilomètres. Bon, il y a, pour les Démosthène de la justification facile, encore les méduses, l’eau trop chaude ou trop froide, ou, bien sûr, “l’ordre de départ qui ne me convenait pas”, mais bon, certains arguments s’usent à force de servir.

Alors voilà, quand, dans le Team Event, on n’arrive pas à changer de rythme c’est qu’on est moins bons.

Les meilleurs ont donc gagné, et les meilleurs c’était les Allemands. Le truc, on l’a compris, consiste à amener le plus faible des trois du groupe à suivre le rythme par aspiration un peu comme dans les “bordures” cyclistes. Reichert est un sacré client et Lurz un ‘’monstre’’, bon an mal an, l’un des deux ou trois meilleurs du monde depuis quelques dix saisons. Harle, la fille, devra juste se coller au bon endroit, décalée mais pas trop, à hauteur de hanche, pour se laisser aspirer par l’un, ou l’autre, ou les deux. Ils partaient en 4eme position, derrière les Russes, les Néo-Zélandais et les Italiens, et quand ils ont démarré, Lurz, Reichel et Harle, on se serait crus à l’ouverture de la chasse. Ça ne rigolait pas, c’était industrieux, au sens productif de l’industrie allemande! Ils jouaient tellement les bolides que leurs coachs s’inquiétaient: trop rapides. Mais comme Harle suivait facile, comme en surfant sur la vague que créaient ses compagnons, ils ne baissèrent pas la cadence. Quand ils sont arrivés à la hauteur des Italiens, ceux-ci étaient en train de se délecter des Néo-Zélandais. Leur situation prit un tour insolite, comme un gros poisson qui va gober un petit poisson devant lui et s’aperçoit que derrière, un autre poisson encore plus mahousse va lui faire subir le même sort. En face de cet événement, les Transalpins ont eu cette révolte du fond de l’âme qui étreint la victime d’une injustice, d’autant qu’ils s’étaient ratés ici depuis le début des courses de Barcelone; ils se disent que c’en est trop, ils augmentent la cadence et se promettent: ‘’ils’’ ne passeront pas. Et d’accrocher l’allure. Pas longtemps. Ah! L’insulte! ‘’Ils’’ sont passés. Bon, les Allemands ont refait le coup trois fois, les Russes, sur la fin n’ont pas mieux résisté. Les Allemands leur avaient mangé trois minutes pour les rejoindre, et ils ont rajouté facile quatorze secondes afin de leur faire saisir l’humiliation. En 2011, à Shanghai, Lurtz et Harle avaient terminé 3e avec un autre compère, Jan Wolfgarten. Mais là, c’était le Nirvana!

Et les Français dans tout ça? Septièmes. Une bonne place, sans plus. La même que dans le contre la montre de Shanghai, en 2011, toujours avec Cattin-Vidal.
TEAM EVENT.- 1 Allemagne, 52’54’9’’ (Christian Martin REICHERT, 52’51’’1, 3 Thomas Peter LURZ 52’52’’9, Isabelle Franziska HARLE, 52’54’’9 ; 2 Grèce, 54’3’’3 ( Spyridon GIANNIOTIS, 54’0’’9, Antonios FOKAIDIS, 54’1’’5, Kalliopi ARAOUZOU, 54’3’’3 ; 3 Brésil, 54’3’’5 (Allan DO CARMO, 54’2’’, Samuel DE BONA, 54’3’’3, Poliana OKIMOTO CINTRA, 54’3’’5 ; 4 Australie, 54’16’’1 (Simon HUITENGA, 54’15’’5, Jarrod POORT, 54’15’’8, Melissa GORMAN, 54’16’’1 ; 5 Italie, 54’34’’ (Simone ERCOLI, 54’32’’3, Luca FERRETTI, 54’32’’7, Rachele BRUNI, 54’34’’ ; 6 Etats-Unis, 54’44’’7 (Andrew Douglas GEMMELL, 54’42’’4, Sean Patrick RYAN, 54’43’’1, Haley Danita ANDERSON, 54’44’’7) ; 7. FRANCE, 55’26’’3 (Damien CATTIN-VIDAL, 55’25’’8, Bertrand VENTURI, 55’26’’1, Aurélie MULLER, 55’26’’3 ; 8. Russie, 56’8’’7 (Evguenii DRATTCEV, 56’6’’9, Kirill ABROSIMOV, 56’8’’6, Elizaveta GORSHKOVA, 56’8’’7; 9 Hongrie, 56’9’’4 (Mark PAPP, 56’5’’8, Eva RISZTOV, 56’7’’6, Anna OLASZ 56’9’’4 ; 10 Nouvelle-Zélande, 56’12’’ (Kane RADFORD, 56’8’’6, Cara BAKER, 56’11’’7, Phillip RYAN, 56’12’’) ; 11. Afrique du Sud, 56’34’’7 (Chad HO, 56’33’’4, Daniel MARAIS, 56’34’’4, Kyna PEREIRA, 56’34’’7) ; 12. Canada, 57’13’’7 (Philippe GUERTIN, 57’8’’, Eric HEDLIN, 57’10’’7, Zsofia BALAZS, 57’13’’7; 13. Japon, 58’;14. Chine, 58’2’’6 ; 15. Argentine 58’12’’ ; 16. Mexique, 58’17’’7 ; 17. Venezuela, 58’59’’9 ; 18. Tunisie, 59’19’’4 ; 19. Kazakhstan, 1h0’15’’8 ; 20 Equateur, 1h0’32’’6 ; 21 Egypte, 1h1’2’’2 ; 22. Hong-Kong, 1h5’26’’9.

Les médaillés chinois posent une question d’appétit.

25 juillet 2013

Par Eric LAHMY

Barcelone, 15emes championnats du monde

« Les Chinois sont moins imbattables que par le passé. Leur niveau de vie s’est élevé, ils ont du bien-être, et, en sport, pour réussir, il faut avoir faim. » Voilà qui est bien vrai ! Ces fortes paroles ont été prononcées voici trois jours par Giorgio Cagnotto. Le père (et entraîneur) de Tania, intervenait peu après que sa ravissante enfant ait enlevé l’argent du plongeon au tremplin à un mètre, dont le titre est revenu, pour une misère, un dixième de point, à la Chinoise He Zi.

C’est un peu la même réflexion qu’on se faisait devant les images de Chris Froome, le vainqueur cachexique du Tour de France 2013, tant il parait dénutri. (Pour le faire gagner, la technique est simple. Son coach lui montre un saucisson, lui dit qu’il l’aura à l’arrivée. Après ça, Chris, il grimpe l’Alpe d’Hez comme si c’était une descente.)

Il est clair, sous ce rapport, que les Chinois Qin Kai et He Chong, respectivement médaillés d’argent et de bronze du tremplin de 3 mètres aux Jeux olympiques de Londres, quoique d’apparence beaucoup plus remplumés que la cadavérique gagnant de la Grande Boucle, ne doivent pas avoir grand’ chose à se mettre sous la dent ; ces deux morts de faim ont présenté les meilleurs totaux des demi-finales de l’épreuve en ce début d’après-midi à Barcelone, aux mondiaux de natation ! Ils devancent Evgueni Kouznetsov, tandis que le deuxième Russe de la compétition le champion olympique de Londres Ilya Zakharov, a paru se liquéfier, et finit par émarger en 14e position. Il sera privé de dessert. Une autre contre-performance a pétrifié la production du jeune Britannique Jack Laufer, qui avait joyeusement mené le concours matinal des qualifications avec 471,85pts, et à qui la demi-finale a été fatale. A 18 ans, Laugher est encore victime de ses nerfs, qui, l’an dernier à Londres, alors que ses concitoyens en attendaient beaucoup, s’est retrouvé 27e. A la place de son coach, je le mettrais à la cuisine anglaise. Avec ça, dans trois ans, il sera champion olympique.

MESSIEURS.- TREMPLIN 3 METRES (demi-finale).- 1.QIN Kai, Chine, 493,65pts; 2 HE Chong, Chine, 483,15pts; 3. KUZNETSOV Evgeny, Russie, 476,00pts; 4. Yahel CASTILLO, Mexique, 465,90pts; 5. Patrick HAUSDING, Allemagne, 447,75pts; 6. Grant NEL, Australie, 440,05pts; 7. Constantin BLAHA, Autriche, 438,50pts ; 8. Javier ILLANA GARCIA, Espagne, 434,45pts ; 9. Oleksandr GORSHKOVOZOV, Ukraine, 433,95pts; 10. Kristian IPSEN, USA, 427,55pts ; 11. Illya KVASHA, Ukraine, 420,95pts ; 12 Sho SAKAI Japon, 416,10pts ; 13. Stefanos PAPAROUNAS, Grèce, 414,50pts ; 14. Ilia ZAKHAROV, Russie, 414,20pts ; 15. Cesar CASTRO, Brésil, 409,65pts ; 16. Jack LAUGHER, Grande-Bretagne, 405,10pts ; 17. Yorick DE BRUIJN, Pays-Bas, 390,05pts ; 18. Stephan FECK, Allemagne, 361,35pts.