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MEETING D’EINDHOVEN (4) : KATINKA HOSSZU PERD LE 100 DOS CONTRE BAKER ET SEEBOHM, GAGNE LE 400 QUATRE NAGES CONTRE OHASHI ET ZHOU

Eric LAHMY

Samedi 29 Septembre 2018

Lors de la deuxième journée du meeting d’Eindhoven dominé par le doublé de Sarah SJÖSTRÖM, Vladimir MOROZOV a archi-dominé le 100 mètres nage libre, où Blake PIERONI a terminé deuxième, comme sur 400 mètres derrière HORTON, ce qui démontre quand mètres un beau registre, qui fait de lui, on ne sait trop, un sprinteur résistant ou un stayer rapide.

Mehdy METELLA, qui s’était « bronzé » sur 100 papillon, n’a pas connu le même bonheur, et, 12e des séries, n’a pu se qualifier en finale.

On note un honnête 200 papillon de Chad LECLOS qui était tombé malade et qu’on croyait convalescent et n’était même pas annoncé dans ce meeting.

Coïncidence, Daya SETO a réalisé le même temps, 1’51s09, sur 200 quatre nages, que LECLOS sur la distance en papillon. Même temps, mais valeur supérieure ! SETO laisse très loin ses suivants. Il est vrai que LARKIN, qui aurait pu lui porter la contradiction, a opté plutôt pour un  50 dos : choix paresseux, mais rémunérateur puisqu’il a gagné…

Le 100 mètres dos dames opposait trois des quatre meilleures ondines du monde sur la distance, HOSSZU, BAKER, SEEBOHM, soit les deux premières du podium olympique de Rio et la championne du monde 2015. Il ne manquait que Kyle MASSE pour que la fête soit totalement réussie. BAKER l’a emporté devant SEEBOHM et la Hongroise « en reconstruction »,  

Autre match à trois, pour HOSSZU, sur 400 quatre nages dames, cette fois, dans une finale directe. La Japonaise OHASHI a été dominante cette saison, qui a triomphé aux Jeux asiatiques de Djakarta et réussi le meilleur temps de l’année, en l’absence de la recordwoman du monde hongroise. Mais celle-ci reste une valeur sure et le montre. Katinka HOSSZU, qui changé d’entraîneur et s’est débarrassé d’un embarrassant époux par-dessus le marché, est décidée à redevenir la meilleure, et cela se présente pas mal ; elle mène en papillon, d’un rien devant la Chinoise ZHOU, laquelle n’est pas un faire-valoir. ZHOU passe, également d’un rien, devant, à l’issue du parcours de dos ; HOSSZU doit être totalement relaxe dans ce parcours, étant l’une des toutes meilleures dossistes du monde ; elle attaque et fait la différence en brasse, lequel constitue le parcours le plus délicat du quatre nages, celui où se construisent bien souvent les écarts, pendant qu’OHASHI, encore 3e, passe ZHOU, mais ne peut rejoindre la Hongroise qui, bien au contraire augmente son avance.

La performance n’a rien de miraculeux. Nos trois belligérantes restent à 7-12 secondes du record en petit bassin de Mireia BELMONTE, qui avait « fait » 4’18s94, dans ce même bassin d’Eindhoven, il y a treize mois, et qui termine ici très loin, méconnaissable, en 4’36s27 ! Elle vient de reprendre sa préparation, et a effectué il y a une semaine la traversée du lac de Banyoles…

Quoi d’autre ? Un bon 100 brasse féminin où EFIMOVA retrouve son éternelle rivale de Coupe du monde ATKINSON et la défait.

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 45s69 ; 2. Blake PIERONI, USA, 46s45 ; 3. Vladislav GRINEV, Russie, 46s58 ; 4. Pieter TIMMERS, Belgique, 46s97 ; 5. Kyle STOLK, Pays-Bas, 47s02. En séries, Mehdy METELLA, France, 12e en 48s24.

1500 mètres : 1. Maxime SHEMBEREV, Azerbaïdjan, 14’45s17.

50 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 23s34 ; 2. Vladimir MOROZOV, Russie, 23s42.

50 brasse : 1. Felipe LIMA, Brésil, 25s92 ; 2. Peter STEVENS, Slovaquie, 26s10 ; 3. Kiril PRIGODA, Russie, 26s30; 4. Nick FINK, USA, 26s49; 5. Michael ANDREW, USA, 26s51.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’51s09 ; 2. Yuya YAJIMA, Japon, 1’51s87 ; 3. Joeri VERLINDEN, Pays-Bas, 1’53s88 ; 4. Laszlo CSEH, Hongrie, 1’54s02 ; 5. Maarten BRZOSKOWSKI, Pays-Bas, 1’54s20.

200 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 1’51s09 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’55s61 ; 3. Kiril PRIGODA, Russie, 1’55s71.

DAMES.- 200 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’52s25 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’52s98 ; 3. Jianjiahe WANG, Chine, 1’53s40; 4. Melanie MARGALIS, USA, 1’54s30; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’54s85; 6. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 1’56s25 ; 7. Leah SMITH, USA, 1’56s37 ; 8. Zsuzsanna JAKABOS, Hongrie, 1’56s58. En séries, KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 1’56s25.

100 dos : 1. Kathleen BAKER, USA, 55s91 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 56s07; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s32; 4. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 56s63 (en séries, 56s28) ; 4. Mariia KAMENEVA, Russie, 57s74.

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, Russie, 1’3s41 ; 2. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’3s74 ; 3. Molly HANNIS, USA, 1’5s65 ; 4. Jingyao YU, Chine, 1’5s71.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s61 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s67 ; 3. Kelsi DAHLIA, USA, 25s14 ; 4. Kimberley BUYS, Belgique, 25s41 ; 5. Yufei ZHANG, Chine, 25s49 ; 6. Maalke DE WAARD, Pays-Bas, 25s68. En séries, Kim BUSH, Pays-Bas, 25s69.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’25s15 ; 2. Yui OHASHI, Japon, 4’27s42 ; 3. Min ZHOU, Chine, 4’30s26 ; 4. Catalina CORRO, Espagne, 4’32s30.

MEETING D’EINDHOVEN (3): SARAH SJÖSTRÖM MUSELLE DEUX NÉERLANDAISES DOPÉES PAR L’AIR DU PAYS

PARCE QU’À EINDHOVEN, DANS LES EAUX NÉERLANDAISES, LES DEUX LOCALES DE L’ÉTAPE, RANOMI KROMOWIDJOJO ET FEMKE HEEMSKERK, ÉTAIENT SOUCIEUSES D’OBTENIR DES SUCCÈS DE PRESTIGE SUR SARAH SJÖSTRÖM QUI AVAIT TRÉBUCHÉ DEUX FOIS LA VEILLE. MAIS LA REINE DE SUÈDE A MIS DE L’ORDRE DANS SON ROYAUME. 

Éric LAHMY

Battue vendredi, dans la deuxième  journée du meeting d’Eindhoven, sur 50 mètres, par Ranomi KROMOWIDJOJO (et sur 100 mètres quatre nages aussi, mais ce n’est guère une spécialité pour elle), Sarah SJÖSTRÖM apparaissait fragiliséea, ce qui a donné quelques idées de coup d’Etat à ses principales adversaires. Elle a  vite remis les choses en place – et sa robuste personne, sur la plus haute marche du podium, a paru moins fragile que jamais.

Deux fois plutôt qu’une d’ailleurs, puisqu’elle a gagné ce samedi le 200 mètres nage libre, malgré une fière résistance de Femke HEEMSKERK, et le 50 mètres papillon, devant la même KROMOWIDJOJO qui l’avait surprise la veille sur 50 libre en retentait le coup sur 50 mètres papillon. Sans les deux cas, cela n’a pas été facile.

Ranomi ne s’est jamais intéressée beaucoup au papillon jusqu’ici, mais, même six ans après son doubé olympique en nage libre, on se dit qu’il « vaut mieux tard que jamais »; et on constate que, quand elle s’y met, ce n’est pas pour rien. Cette fois, elle a touché 0s06 derrière SJÖSTRÖM, autant dire qu’elle a essayé de lui faire des misères…

Dans le 200 mètres, HEEMSKERK n’a pas été moins virulente que sa compatriote ne l’avait été en papillon. Les Néerlandaises ont tout essayé pour faire couler sa majesté la reine de Suède. Femke a viré aux 150 mètres à égalité avec SJÖSTRÖM qui réussit cependant à imposer ses facultés de sprinteuse. L’amirale de la flotte, c’est elle!

En revanche, on attendait plus de la Chinoise WANG. Si l’on additionne ses quatre 50 mètres les plus rapides (les trois premiers et le huitième) dans son 400 mètres record du monde juniors de la veille, on parvient à un temps de 1’54s52 ; et elle n’a pas réussi à nager qu’en 1’53s40 son 200 mètres.

Un peu surprenant aussi: alors que ses derniers 50, sur 400 mètres, avaient été expédiés en 28s82, elle effectue sur 200 mètres sa fin de course en 28s86, un soupçon moins vite. On a observé les mêmes paradoxes dans les courses de son compatriote SUN Yang.

 DAMES.- 200 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’52s25 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’52s98 ; 3. Jianjiahe WANG, Chine, 1’53s40; 4. Melanie MARGALIS, USA, 1’54s30; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’54s85; 6. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 1’56s25 ; 7. Leah SMITH, USA, 1’56s37 ; 8. Zsuzsanna JAKABOS, Hongrie, 1’56s58. En séries, KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 1’56s25.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s61 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s67 ; 3. Kelsi DAHLIA, USA, 25s14 ; 4. Kimberley BUYS, Belgique, 25s41 ; 5. Yufei ZHANG, Chine, 25s49 ; 6. Maalke DE WAARD, Pays-Bas, 25s68. En séries, Kim BUSH, Pays-Bas, 25s69.

MEETING D’EINDHOVEN (2) MOROZOV S’APPROPRIE LE SPRINT, METELLA 3ème DU 100 PAPILLON

Éric LAHMY

Samedi 29 Septembre 2018

Mehdy METELLA a fini 3e du 100 mètres papillon du meeting d’Eindhoven. Il n’a pesé à aucun moment sur la course, en raison de son profil de course très équilibré – trop équilibré, vu qu’il ne s’agissait que d’un meeting ? – et s’il revint plus vite que tout le monde, cela ne lui permit pas de menacer Chad LECLOS, vainqueur, ni Nicholas SANTOS, 2e.

Vladimir MOROZOV a amélioré le record du monde du 100 mètres quatre nages, distance exclusivement nagée en petit bassin, avec un temps de 50s26. L’ancien record lui appartenait depuis l’an dernier, en 50s30. En fin d’après-midi, le Russe gagnait le 50 mètres libre avec une nette avance.

Julia EFIMOVA a nagé un joli 200 brasse, en 2’15s62, à une seconde du vieux record de Rebecca SONI, 2’14s57 en décembre 2009. Elle creusait une avance de deux secondes, à mi-course, sur l’Espagnole Jessica VALL, sa compatriote Vitalina SIMONOVA et la Chinoise YU, et l’emportait de deux longueurs de corps.

En revanche, le 200 dos messieurs fut âprement disputé entre Mitchell LARKIN et Ryosuke IRIE. L’Australien, qui nageait pratiquement de concert, quoique très légèrement derrière le Japonais, parvint à le devancer dans l’enlevage final.

Sur 400 mètres, Blake PIERONI, dont les distances fétiches sont sur 100 et 200 mètres, venait défier sur 400 rien moins que le champion olympique australien, Mack HORTON. L’Américain s’était qualifié avec le meilleur temps, mais il décida pour une course d’attente, surveillant « Mac The Knife », espérant peut-être le déborder avec sa vitesse de sprinteur prolongé. Mais celle-ci devait être bien usée quand il tenta de revenir après les 325 mètres !

 

SARAH SJÖSTRÖM BATTUE SUR 50 METRES : ÇA SENT LA FATIGUE !

Sur 100 brasse, CHUPKOV, qui avait dominé les meetings précédents, ne put renouveler son succès sur 100 brasse. Kiril PRIGODA le devançait. Katinka HOSSZU, elle, fidèle à son éclectisme, gagna le 100 quatre nages et le 200 papillon tandis que SJÖSTRÖM chutait sur 50 mètres face à Ranomi KROMOWIDJOJO, dans un temps quelconque (pour elle)….

La diva suédoise avouait qu’elle ressentait une certaine fatigue, et qu’elle n’envisageait pas forcément d’achever le programme qu’a concocté la FINA. La Coupe du Monde pourrait se passer d’elle. « Je n’avais pas pris de décision définitive pour la suite de l’automne, et je prends les choses comme elles viennent, expliquait-elle en début de semaine. Sa compatriote Michelle COLEMAN, qui revenait de blessure, a nagé, mais sans succès…

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s69 ; 2. Bradley TANDY, Afrique du Sud, 21s19 ; 3. Blake PIERONI, USA, 21s34 ; 4. Jesse PUTS, Pays-Bas, 21s35. En séries, Kosuke MATSUI, Japon, 21s38.

400 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 3’39s52 ; 2. Blake PIERONI, USA, 3’41s79 ; 3. Poul ZELLMANN, Allemagne, 3’43s50 ; 4. Daniel DUDAS, Hongrie, 3’44s02.

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’49s75 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’50s15

100 brasse : 1. Kiril PRIGODA, Russie, 56s88 ; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 57s01 ; 3. Felipe LIMA, Brésil, 57s14 ; 4. Hayato WATANABE, Japon, 57s55 ; 5. Lizhuo WANG, Chine, 57s70 (en séries, 57s48) ; 6. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s75.

100 papillon : 1. Chad Le Clos, Afrique du Sud, 49s56 ; 2. Nicholas SANTOS, Brésil, 50s22 ; 4. Mehdy METELLA, France, 50s31

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 50s26 (record du monde ; ancien, 50s30 par lui-même) ; 2. Daya SETO, Japon, 51s40 ; 3. Michael ANDREW, USA, 51s76 ; 4. Kosuke MATSUI, Japon, 52s56; 5. Kyle STOLK, Pays-Bas, 52s72.

DAMES.- 50 mètres : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s26 ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s67 (en séries, 23s62) ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 23s97 (en séries, 23s91) ; 4. Maria KAMENEVA, Russie, 24s07 ; 5. Kim BUSCH, Pays-Bas, 24s09 (en séries, 23s99).

 400 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 3’54s63 (record du monde junior petit bassin, ancien Bingjie LI, Chine, 3’59s14) [Passages, 56s03, 1’55s45, 2’55s71, derniers 50 mètres en 28s82] ; 2. Leah SMITH, USA, 4’1s31 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 4’4s65 ; 5. Catalina CORRO, Espagne, 4’6s15 ; 6. Mireia BELMONTE, Espagne, 4’7s51. En séries, Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’2s50.

50 dos: 1. Etiene MEDEIROS, Brésil, 26s07; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 26s10; 3. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 26s13 ; 4. Emily SEEBOHM, Australie, 26s18 ; 5. Mariia KAMENEVA, Russie, 26s30; 6. Kathleen BAKER, USA, 26s44 (en séries, 26s43); 7. Maalkje DE WAARD, Pays-Bas, 26s66.

200 brasse: 1. Julia EFIMOVA, Russie, 2’15s62 (31s51, 34s27, 34s48, 35s38); 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’19s65; 3. Jessica VALL, Espagne, 2’20s06 ; 4. Melanie MARGALIS, USA, 2’20s29 ; 5. Jingjyao YU, Chine, 2’20s30 ; 6. Marina GARCIA, Espagne, 2’21s49.

200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’2s87 ; 2. Yufei ZHANG, Chine, 2’3s09; 3. Kelsi DAHLIA, USA, 2’3s31

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s44 ; 2. Kathleen BAKER, USA, 58s14; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 58s36; 4. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 58s42 (en séries, 58s30); 5. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 58s59 ; 6. Melanie MARGALIS, USA, 59s05 ; 7. Kim BUSCH, Pays-Bas, 59s18.

MEETING D’EINDHOVEN (1) : ÇA DÉMARRE FORT AVEC UNE JIANJIAHE WANG DE GROS CALIBRE SUR 400 MÈTRES, À 12/100e DU RECORD DU MONDE

Éric LAHMY

Samedi 29 Septembre 2018

Dès la première finale du meeting d’Eindhoven, hier, Jianjiahe WANG, une Chinoise de 16 ans, a amélioré le record du monde juniors en petit bassin du 400  mètres nage libre. Avec un temps de 3’54s63, elle a amélioré l’ancienne marque, que détenait sa compatriote Bingjie LI, de quatre secondes et demie. WANG a surtout approché de très près, onze centièmes de seconde, une vraie misère, le record mondial  SENIOR, 3’54s52 (en 2013), de Mireia BELMONTE, qui était dans cette course et a fini loin derrière, 5e, en 4’7s51.

WANG prit un  départ très rapide et se trouva tout de suite livrée à elle-même. On ne peut pas dire qu’elle équilibra sa course puisqu’elle passait en 1’55s45 pour une seconde moitié de course en 1’59s18. Mais ce sont surtout ses premiers 100 mètres, avalés en 56s03, qui déséquilibrèrent son effort.
Malgré son jeune âge, WANG a déjà très bien nagé. Elle a gagné le 400 en 4’3s18, le 800 et le 1500 mètres des Jeux asiatiques de Djakarta, fin août dernier. Son record de la saison en grand bassin est de 4’3s14 (meeting d’Atlanta). C’est une fille de haute taille, 1,82m, et cette année elle a bien dominé LI, qui la devançait l’année dernière.  

Il n’est pas sûr que 3’54s en petit bassin soit nettement meilleur que 4’3s en grand, avec huit virages et coulées supplémentaires et une distance nagée d’autant moins grande. Mais WANG n’en est pas moins l’une des toutes meilleurs nageuses de demi-fond du monde !

Katinka HOSSZU, qui s’était qualifiée dans ce 400 avec le deuxième temps des séries, s’est abstenue pour la finale. La Hongroise a retrouvé une de ses habitudes, qui revient à nager un nombre considérable d’épreuves, dans les séries du matin, en guise d’entraînement, puis de « piquer » les finales qui lui conviennent pour tenter de gagner, ce qui demande alors un effort maximum…

DAMES.- 400 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 3’54s63 (record du monde junior petit bassin, ancien Bingjie LI, Chine, 3’59s14) [Passages, 56s03, 1’55s45, 2’55s71, derniers 50 mètres en 28s82] ; 2. Leah SMITH, USA, 4’1s31 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 4’4s65 ; 5. Catalina CORRO, Espagne, 4’6s15 ; 6. Mireia BELMONTE, Espagne, 4’7s51. En séries, Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’2s50.

LES EXTRAORDINAIRES AVENTURES DE KATINKA HOSSZU, FEMME DE PASSION, FEMME DE FER, FEMME D’AFFAIRES (2)

LA DÉCENNIE PRODIGIEUSE DE LA NAGEUSE LA PLUS VORACE DU MONDE

Éric LAHMY

 Vendredi 28 Septembre 2018

Ceux qui se souviennent de l’audience qu’eurent en France les exploits de Laure MANAUDOU au cours de l’olympiade d’Athènes ne peuvent imaginer qu’en partie la déferlante émotionnelle et médiatique que provoque depuis des années Katinka HOSSZU dans son pays. La fille fait la première page des journaux, ses faits et gestes ouvrent les journaux télévisés, Victor Orban, l’homme fort du pays, ne cache pas que son sportif préféré n’est pas un footballeur, mais Katinka HOSSZU.

Cette énorme réputation n’a pas eu que des avantages (même si, on l’imagine, les avantages l’emportent et de loin). Son inconvénient est de faire parler…

Le caractère sensationnel, par certains côtés iconoclaste des succès de la Hongroise, la capacité presqu’anormale (et en tout cas sans pareille) de récupérer de ses efforts d’une course à l’autre et à répétition, en ont fait une nageuse à part.

L’incompréhension que ces aptitudes produisaient chez les techniciens, l’a faite salement attaquer, surtout dans des media anglo-saxons, où on l’a carrément soupçonnée de se doper.

C’est dans les compétitions de Coupe du monde que Katinka Hosszu a développé cette capacité sans précédent d’enchaîner des séries d’efforts proches des limites. Avant elle, on avait vu certains nageurs se présenter dans plus d’une course par jour. Mais elle se mit à TOUT nager, et parfois même à TOUT gagner, ou presque…

Des entraîneurs expérimentés se sont étonnés qu’elle puisse rebondir ainsi sur cinq ou six courses dans une après-midi, en gagner la plupart et se médailler dans les autres.

Bien sûr, la fille est extraordinaire, admettaient-il. Mais une autre chose les dérangeait. « Je comprends la supériorité de Kathy Ledecky, pas celle d’Hosszu » disait à peu près Fred Vergnoux.

Ledecky avait dans ses records une génération d’avance. Hosszu, elle, était hors-normes d’une autre façon. Mireia Belmonte, l’élève de Vergnoux, qui s’entraînait à raison de 4000 kilomètres par an, apparaissait incapable de récupérer entre deux courses comme la Hongroise…

A partir de ce mystère à leurs yeux impénétrable, John Leonard (président de l’association mondiale des entraîneurs) et la revue Swimming World, à travers la plume d’un de ses journalistes, Casey Barrett, décrétèrent que la Hongroise trichait.

C’était aller vite en besogne. Il n’y avait pas le moindre commencement de preuve et dans certains pays, on a suggéré que pour ses accusateurs, Hosszu trichait surtout parce qu’elle n’était pas américaine, australienne ou britannique, les trois seule natations où l’on a le droit de produire des résultats sans être soupçonnés.

Soyons honnêtes. S’ajoute ce phénomène humain (autant que félidé) qui veut qu’un chat échaudé craigne l’eau froide. Les nageurs anglo-saxons et de l’ouest européen pour ne parler que d’eux, se sont tellement fait plumer par les Allemands, les Russes et les Chinois sans parler de leurs affidés, qu’ils ont développé des réflexes soupçonneux !

Jusqu’à preuve du contraire, cependant, Katinka n’est pas dopée. C’est une super-pro de la natation qui s’est élevée grâce à une préparation fanatique qui, par chance, ne l’a jamais conduite aux blessures.

Et cela lui a donné un plus. Bien sûr, rien n’est garanti, mais j’aime croire cela. J’aime croire en son honnêteté.

FACE A FACE AVEC GYARFAS, L’HOMME FORT DE LA NATATION HONGROISE

La natation hongroise est un monde dur, parfois jusqu’à l’étrange, où se passent souvent des événements assez décalés par rapport à ce qu’on imagine être le sport. Cela tient beaucoup à certaines personnes qui y ont prospéré.

On m’affirme que c’est le deuxième sport le plus populaire de Hongrie, derrière l’inamovible football (et la natation inclut là-bas le water-polo).

Le premier champion olympique de natation de l’ère moderne est un Hongrois, Alfred Hajos. Il enleva, aux Jeux d’Athènes, en 1896, le 100 mètres et le 1200 mètres. Lorsque le roi de Grèce lui demanda « où il avait appris à nager », – « dans l’eau » fut la réponse de l’étudiant en architecture !

Le siècle fut constellé de champions hongrois de natation, ainsi Zoltan Halmay ou encore Ferenc Csik, champion olympique du 100 mètres en 1936 et médecin, tué pendant la guerre alors qu’il portait secours à la victime d’un bombardement ; Eva Szekely, championne olympique du 200 mètres brasse en 1952 et auteur de trois livres aux titres épatants : « Seul le Vainqueur a le Droit de Pleurer », «Je Suis Venu, J’ai vu, j’ai Perdu », et « Je l’ai nagé ; j’ai survécu ».

Dans la deuxième moitié du 20e siècle, deux entraîneurs essentiels, Tamas Szechy et Laszlo Kiss, apportèrent leur marque, à la limite de la férocité ; ils fermèrent la natation hongroise sur des concepts spécifiques, et produisirent en vase clos des bataillons de nageurs (parmi lesquels l’incontournable Krisztina Egerszegi).

Cette dernière exceptée, il semble bien que Katinka les a tous dépassés par l’ampleur de ses conquêtes.

Celles-ci n’ont pas été facilitées par le contexte ; les nageurs hongrois ont souvent nagé à contre-courant, et la vie n’a pas toujours été rose pour Hosszu.

Elle nage avec application, mais ne trouve guère d’encouragements, en-dehors de la passion sportive qui traverse sa famille de part en part et l’adoration d’une mère qui ne cesse de la soutenir.

En 2010, Katinka a 21 ans quand elle rencontre le président de la Fédération hongroise, un journaliste monté en graine, Tamas Gyarfas. Demande-t-elle ce jour là avec un peu trop d’insistance qu’on l’aide dans son projet ? Gyarfas (que j’ai bien connu dans les années 1980) lui conseille d’arrêter de nager. Gyarfas ne plaisante pas. Ce n’est ni un pince-sans-rire, ni un boute-en-train. Jeune, c’est un assez bel homme, aux attitudes fières, assez hiératique, voire glacial ; Apparatchik à l’évidence et self-made man, il a conduit son ascension sociale selon la technique alpine bien connue de l’opposition, dans cette cheminée dont une des parois et le parti communiste, l’autre les mafias locales ! Il n’est pas impossible d’ailleurs que ces deux institutions emploient les mêmes hommes…

Tamas arbore cette réussite, brillante et terne à la fois, du nomenklaturiste au visage fermé, que les scrupules n’étouffent pas, qui, cerise sur le gâteau, ajoute la mesquinerie à ses nombreux agréments. Il est millionnaire quand, racontent ses employés, détestant qu’une lampe soit allumée en vain, il les contraint à traverser des couloirs obscurs pour rejoindre leurs bureaux.

KATINKA DÉCOUVRE L’AMÉRIQUE ET QUE LA NATATION PEUT ÊTRE AMUSANTE

Hosszu ne comprend pas la réfrigérante proposition de son président. Elle vient de conquérir quatre titres de championne d’Europe à Budapest cette année (200 papillon, 200 et 400 quatre nages, relais quatre fois 200 mètres) plus que les autres grands nageurs hongrois, Laszlo Cseh et Daniel Gyurta, réunis. La moitié des médailles hongroises, c’est elle. Elle croyait avoir montré sa ferveur, son ambition, et gagné le droit d’être prise au sérieux. Devant cet Harpagon glacial qui la congédie comme une malpropre, elle prend conscience qu’elle n’a rien à attendre de sa fédération. Elle se croyait championne et découvre qu’elle n’est qu’un pion, une particule élémentaire, sans valeur, interchangeable, superflue dans le jeu que pratiquent des dirigeants cyniques et sans âme.

Que faire ? Il reste une solution : étudier dans un Collège américain. Ce sera l’Université de Californie du Sud (USC), où Dave Salo, qui a pris la suite du légendaire Peter Daland, a réuni une équipe multinationale où les Européens sont légion.

Salo est un iconoclaste, et l’un des premiers coaches américains à s’être rebellé contre le hard labour, cette religion du kilométrage sans fin.

A USC, Hosszu étudie la psychologie. Et elle apprend qu’on n’a pas besoin de se fader dix-sept kilomètres par jour à longueur d’année, que les séances peuvent être courtes, intenses, innovantes, amusantes. « Dave Salo nous mitonne des séances dont on saisit la dureté le lendemain matin au réveil », dira-t-elle. Une fois, ce sont des battements jambes, couchés sur des ballons suisses. Une autre fois, les nageurs, mis deux par deux, se poussent et luttent dans l’eau pendant une heure et demie. « Après deux ans, j’étais encore étonnée par ce qu’il inventait », dira-t-elle.

CE TERRIFIANT TAMAS SZECHY

Ces méthodes sont une révélation pour une fille enseignée par celles, unidimensionnelles et répétitives, qu’a imposées Tamas Szechy. Ce coach à la formidable réputation n’était pourtant pas le plus original qui ait été. Des entraîneurs français qui ont allés observer son travail à Budapest ont témoigné qu’il s’agissait des séances les plus emm… – pardon, ennuyeuses – auxquelles ils avaient jamais assisté. Du long, et interminable, et lent. C’était aussi un tyran qui pratiquait les punitions corporelles, insultait ou cravachait ses nageurs.

Il a expliqué à des entraîneurs français qu’il choisissait systématiquement des enfants pauvres, orphelins ou laissés pour compte. Des jeunes pour qui la natation était la seule voie de salut, prêts à tout pour s’en sortir. On comprend pourquoi !

Un jeune Français, spécialiste des quatre nages, était revenu chaviré de Budapest, où son père l’avait envoyé en stage. Le « président » du club, un bien étrange personnage, l’avait convoqué dans son bureau pour lui demander un service aussi  explicite qu’inattendu ! Retour des Jeux de 1996, on s’aperçut que ce dirigeant s’était enfui avec la caisse du club en compagnie d’un champion olympique… Un peu plus tard, on le découvrit considérablement refroidi.

Que pendant trente ans, les Hongrois ne sortirent pas un seul sprinteur, seulement des as des quatre nages, peut paraître anecdotique au regard de ce qui précède ! Pas étonnant que pour survivre, à l’issue de sa carrière, la belle Tunde Szabo, médaillée d’argent du 100 mètres dos derrière Krisztina Egerszegi, paraisse effeuillée dans des revues légères. Aujourd’hui, elle s’est sortie d’affaire : elle est devenue sous-secrétaire aux sports du ministère des ressources humaines…

Mais revenons à Katinka. La fille n’est pas une géante. Sa taille varie selon les sources biographiques, de 1,72m à 1,75m. En revanche, elle a sans doute reçu les bons gènes de son père, Istvan, sélectionné à 200 reprises dans l’équipe hongroise de basket-ball.

Elle doit le virus de la natation au grand-père maternel, qui la manage à ses débuts, entre cinq et dix ans. L’aïeul s’extasie sur les talents de la petite. « Elle est douée », dit-il. Des moues un peu sceptiques accueillent ses propos. Le grand-père trouve sa petite-fille douée, comme c’est original…

DE LA PEUR DE PERDRE A LONDRES AU TRIOMPHE DE RIO

Barbara Bakos, sa mère, ne croira aux dons de Katinka qu’en 2009, quand celle-ci arrache l’or dans une course de Coupe du monde.

Katinka, encore gamine, n’est pas qu’une nageuse. Elle aime la musique, joue de la flute, passe au basket. Mais peu à peu, la passion de la natation s’installe en maîtresse et dévore son emploi du temps. Elle arrête l’école, étudie par correspondance, dort, épuisée, les après-midis, récupère comme elle peut.

Automne 2010. Devenue américaine, Hosszu continue de nager bien, dans des conditions psychologiques difficiles… Elle est loin du cocon familial, il lui faut s’occuper d’un tas de choses et maîtriser la langue. Tout va bien cependant, jusqu’aux championnats d’Europe de Debrecen, en Hongrie, qui précèdent de deux mois les Jeux olympiques. Katinka gagne ses trois courses : le 200 papillon et le 400 quatre nages devant sa grande rivale hongroise Zsuzsanna Jakabos, le 200 quatre nages devant une Britannique et une autre Hongroise, Evelyn Verraszto.

On attend d’elle de grandes courses à Londres, aux Jeux olympiques, mais elle finit 4e du 400 quatre nages, sa première course olympique, implose sur 200 quatre nages (dernière de la finale), et, désemparée, finit 9e du 200 papillon. Une douche glacée ! « J’avais tellement peur de perdre à Londres », dira-t-elle. 

UNE RAZZIA SANS EXEMPLE NI PRÉCÉDENTS SUR LES TITRES ET LES RECORDS

S’ensuit une forme de dépression. Hosszu pense arrêter de nager. Elle retourne à Los Angeles, questionne Salo. Pourquoi ai-je perdu, qu’est-ce qui a foiré ? Le coach ne lui répond pas, ou ne lui donne pas une réponse satisfaisante…

Elle a rencontré aux USA un nageur, Shane Tusup, mi-hongrois, mi-US, qui jette son dévolu sur elle. Il semble vouloir la prendre en mains. Elle est fragilisée, elle laisse faire, et lui demande de devenir son entraîneur. Leur union dépassera vite le cadre technique et ils se marient.

Cette association va faire d’elle la nageuse extraordinaire qui règne sur les grands championnats, les meetings, les Coupes du monde, démolit les records, s’approprie TOUS les records de Hongrie féminins en petit bassin du 50 libre au 400 quatre nages, et finit par enlever trois titres olympiques aux Jeux de Rio, sur 100 dos, 200 et 400 quatre nages, et conquérir l’argent du 200 dos (où elle sera battue, surprise!, par Maya Di Rado.

Quand la capricieuse Fédération Internationale de Natation limita le nombre d’entrées des nageurs dans sa Coupe du monde, tout le monde a compris qu’il s’agissait d’une règle visant essentiellement Katinka Hosszu, dont la supériorité menace le principe du tournoi. Les organisateurs se plaignaient d’une fille qui s’engage dans TOUTES les courses, en gagne la plupart et rafle l’essentiel des prix en argent…   

C’est à cette occasion qu’elle forme une Association Globale des Nageurs Professionnels (GAPS) dont on n’a plus entendu parler depuis. Katinka devient la première, et jusqu’ici la seule « millionnaire » sur la base de ses seules victoires en course.

Mais Katinka ne se contente pas de ces prix. Avec Shane Tusup, elle monte une société qui emploie 50 personnes sous une marque, Iron Lady, qu’on me dit être omniprésente dans les boutiques de vêtements hongroises. En outre, elle lance son école de natation.

Le nombre et l’importance de ses affaires mérite qu’on en parle. La Hongrie jase beaucoup à ce sujet, comme sur les accointances politiques sur lesquelles Katinka s’appuie pour changer la donne de la natation de son pays et transformer le fer de son nom en argent comptant… L’appui d’un Premier ministre tout puissant, Victor Orban, lui donne une enviable capacité d’action dans tous les domaines où elle s’exprime.

(à suivre)  

LES EXTRAORDINAIRES AVENTURES DE KATINKA HOSSZU, FEMME DE PASSION, FEMME DE FER, FEMME D’AFFAIRES

(1) LE PARI FOU ET SAGE D’ARPAD PETROV, DERNIER PYGMALION DE L’IRON LADY

Éric LAHMY

Vendredi 28 Septembre 2018

Le succès n’est jamais assuré. Celui qui dit cela s’appelle Arpad Petrov. Ce Hongrois de 35 ans est devenu l’entraîneur de Katinka Hosszu depuis un peu plus d’un mois, quand, le 4 septembre, il évoque pour Erika Kovacs, de Nemzeti Sport, son travail avec sa fameuse élève.

L’Iron Lady s’était fâchée avec son mari et précédent coach, Shane Tusup, et après une sorte d’apparente réconciliation, leur différend est reparti de plus belle.

Shane Tusup n’est pas soupe au lait. Il est pire que ça. Ce hurleur caractérisé s’est fait remarquer dans toutes les piscines de la planète par ses capacités à péter les plombs quand il estime que la mesure est comble. Et comme sa patience est très limitée…

Alors cette séparation n’a rien de discret, les accusations volent. En outre, il y a beaucoup d’intérêts communs à démêler. Tusup a monté les affaires de l’Iron Lady et ils ont créé ensemble ce business, en bons pros de la natation, sans s’appuyer sur les grandes marques, avec beaucoup d’habileté et pas mal de hardiesse, semble-t-il. C’est lui qui tenait le site Facebook de la nageuse, et il l’a fermé par rétorsion! 

Les résultats dans l’eau s’étaient ressentis de cette rupture. En 2018, Hosszu a beaucoup moins bien nagé que les cinq années qui précédèrent. Et au lieu de s’associer à un grand nom de la technique, elle s’en est allée récupérer un coach hongrois inconnu bien peinard qui officie en Suisse…

Trop, c’est trop. S’il faut en croire Erika Kovacs – et en effet on peut la croire – la position de Petrov, miraculeux héritier de Tusup, est des plus délicates, au moins moralement. « Beaucoup de gens croient qu’il est facile de réussir avec une telle nageuse, » reconnait l’intéressé. Lui pense le contraire. On le comprend. Non seulement la moindre rouille qui attaquerait l’ondine de métal lui sera imputée, mais ses réussites ne vaudront aucune facile reconnaissance de son dernier Pygmalion dans l’opinion  !

Autant dire que cela va être le stress.

Arpad Petrov fait partie d’une famille impliquée jusqu’aux yeux dans la natation hongroise. Son père, Anatolij Petrov, est un technicien, journaliste, homme de science et entraîneur (branché paralympiques) ukrainien, né à Saint-Pétersbourg (en 1940), diplômé (sports) à Moscou en 1968, et qui s’est installé en Hongrie depuis 1980 où vivait son épouse et leurs enfants.

Installé dans la ville de Pecs depuis 1984, ce patriache s’est dédié à la rééducation des enfants blessés, il a soutenu sa thèse de doctorat sur le « développement physique et du mouvement chez l’enfant de 5 à 7 ans. »

Anatolij Petrov coache depuis toujours. Arpad a aussi un frère jumeau, Ivan, qui a épousé la même profession, et par-dessus le marché, l’an passé, sa nageuse vedette, Zsuzsanna Jakabos, dont la particularité, année après année, est d’être plus ou moins (et plutôt plus que moins) reconnue, non sans quelques raisons, comme la plus belle nageuse au monde et la plus jolie femme de Hongrie…

Le passage de Katinka Hosszu sous la coupe de Shane Tusup l’avait éloignée quelque peu de Zsuzsanna, qui était une bonne copine. Peut-être aussi, le passage de Katinka à une dimension supérieure avait-il rendu les relations entre les deux filles un peu moins chaleureuses ? Après tout, toutes deux sont des compétitrices, et, dans l’eau, ne se sont jamais fait de cadeaux.

“COACH DE NATATION, UN JOB OU LE STANDING ET LA SÉCURITÉ DE L’EMPLOI SONT AUSSI RARES QUE LE BLANC CORBEAU.”

Depuis, Katinka et son coach de mari se sont séparés, on l’a dit, non sans amertume, crocs-en-jambes  et noms d’oiseaux. Tusup a un grand mal à maîtriser ses émotions, et ses pétages de plomb, mêlés d’insultes et de menaces, sont devenus des sources d’embarras.

Ses hurlements, pendant les courses de sa femme, ont fait aussi l’objet de commentaires désobligeants… Content ou furieux, il fait grimper les décibels. Ce qui se conçoit dans un stade de foot est mal perçu dans le milieu assez conservateur, pudique et retenu, des nageurs…

Il s’était attiré en outre quelques haines tenaces en Hongrie, on y reviendra, et il n’est pas impossible que la décision de Katinka de se débarrasser de ce trublion d’époux soit née du sentiment qu’il lui portait préjudice…

Dans un premier temps, l’ondine de fer s’est entraînée aux USA avec son ancien coach américain Dave Salo, et celui-ci, qui était venu faire son marché à Glasgow, put croire que son ancienne élève lui revenait. Mais Hosszu avait d’autres idées en tête. Elle lorgnait du côté de Petrov… Il se trouvait aux championnats d’Europe de Glasgow où il assistait son père auprès de ses nageurs paralympiques.

Arpad, sans sa jeunesse, avait poursuivi une carrière d’ingénieur du génie écologique, avant de s’en détourner. Cette profession avait cessé de lui plaire.

C’est vers 2010 qu’il s’intéressa au métier d’entraîneur de natation, “un job où le standing et la sécurité de l’emploi sont aussi rares que le blanc corbeau.” Il a trouvé une niche en Suisse, pas très loin de notre Jean-Christophe Sarnin, où il entraîne (notamment la fille de Guennadi Touretski).

Petrov connaissait Hosszu depuis les championnats d’Europe de Marseille, en 2010. « J’étais un des rares coaches hongrois à pouvoir lui parler – elle est restée enfermée dans sa coquille pendant des années. » Ce qu’il ne dit pas, c’est que tous deux sont de la même ville, Pecs, où Katinka a passé toute sa jeunesse…

Et, comme on l’a dit, que le frère d’Arpad est devenu l’époux de Jakabos, sa meilleure amie avant que le mariage avec Tusup ne les distancie ? N’y avait-il pas dans ces coïncidences un côté « trop beau pour être vrai », le sentiment de voir les étoiles s’aligner? Cela a-t-il pu jouer dans l’esprit d’Hosszu, ou est-elle restée totalement professionnelle dans son approche ? Et, d’ailleurs, être professionnelle interdit-il de tenir compte de tels facteurs ? Elle seule peut le dire.

« COMME ON AIME BIEN FAIRE LES IDIOTS, JE ME SUIS DIT QU’ON POUVAIT TRAVAILLER ENSEMBLE »

Le rapprochement fatal eut lieu cette année. « Notre première conversation fut assez maussade et purement professionnelle. Mais quand je raccrochais le téléphone, ma main est restée crispée sur le combiné. »

Katinka recherchait une personne de confiance. Elle découvrit qu’ils « parlaient le même langage, » assure-t-elle, au cours d’échanges aux championnats d’Europe de Glasgow : « Arpad est aussi fripouille que je puis l’être. On aime faire les idiots. Quand j’ai compris ça, je me suis dit qu’on pouvait travailler un petit peu ensemble. » A croire que la nageuse la plus appliquée du monde aime mettre de la joie dans l’implacable rigueur de ses séances aquatiques.

Parler métier avec l’une des deux ou trois meilleures nageuses au monde apparut particulièrement alléchant au coach helvète dont la meilleure nageuse, jusqu’ici, était Alexandra Touretski : « elle me parlait avenir, stratégie, j’étais terriblement flatté qu’elle m’ait choisi pour l’écouter, même si mon rôle dans ce processus n’était pas encore défini. Deux jours plus tard, à notre troisième conversation, elle m’a proposé de travailler avec elle, et je n’ai pas attendu, ça a été oui tout de suite… »

Ne se mettait pas dans une situation où il ne pouvait que perdre? « c’était une folie d’acceper, dira Petrov, j’en conviens. Mais c’eut été une folie bien pire de refuser une telle offre. Donc je n’avais pas le choix. Un jeune homme [Shane Tusup]. a « tiré » trois médailles d’or olympiques de Katinka sans admettre que c’était un succès. J’aimerais connaître ses normes de réussite, à Tusup, car il n’a eu de résultats comme entraîneur qu’avec une seule compétitrice et il n’a pas travaillé dans un système construit, continue-t-il. S’il a raté Katinka, alors il n’a jamais rien fait dans sa vie! »

« Si j’ai une réputation professionnelle en Hongrie, il est certain qu’elle ne sera pas renforcée avant que Katinka ne gagne plus d’ors olympiques qu’avant, trois, cinq ou huit. Je me suis préparé à ça, en commençant à travailler pour elle. Et elle est très décidée. « Ça ne sera pas difficile de me faire travailler, m’a-t-elle dit ; le difficile, ce sera de me freiner… »

Arpad apprécie déjà de travailler avec Katinka : « elle est totalement engagée, et son retour, après le travail, est toujours honnête. Elle veut redevenir performante le plus tôt possible. Si elle sent que cela ne peut pas marcher, je le saurai très tôt, et c’est mieux que de vivre des mensonges. »

A savoir ce qu’il pense de Tusup, et s’il entend s’inspirer de son travail, « Tusup est un chef de projet dont j’ai hérité le projet. Il n’y a pas de quoi être surpris. Nous avons tous, en Hongrie, hérité d’un projet similaire de Tamas Szechy (1), et nous savons tous qu’aucun nouveau Tamas n’est né. » 

Arpad dit avoir donné à sa protégée cinq directives : être déterminée, professionnelle, souriante, décontractée et drôle. « Cinq ou quatre, précise-t-il. Être souriante et drôle, c’est un peu la même chose ; Katinka a perdu du poids ; je dirais qu’elle est devenue une plus jolie fille, mais elle est surtout très décidée à être à nouveau une championne olympique. Et surtout, le plus important, c’est mon exigence qu’elle soit déterminée. »

« IL N’Y A PAS DE SAVOIR PROFESSIONNEL POUR UNE TELLE SITUATION »

Et lui-même ? Il se sent jalouser, mais en prend son parti. Cela n’est-il pas inévitable? Et ne vaut-il pas mieux attirer la convoitise que la compassion ? « Beaucoup de gens se demandent pourquoi elle m’a choisi. Qui est cet Arpad Petrov pour avoir reçu cela ? »

Est-ce sa compétence technique ou sa personnalité qui a gagné la confiance d’Hosszu ? Petrov n’hésite pas. C’est sa personne. « Il n’y a pas de savoir professionnel pour une telle situation. Je me laisse mener par mon intuition. Je me base sur les vues de Katinka et les miennes ; nous voici sur la route, nous progressons sans certitude de réussite – rien n’est garanti. Si le meilleur entraîneur du monde – je ne sais pas si un tel titre existe – nous glissait entre les mains un plan d’entraînement, nous n’aurions aucune garantie de succès. Non pas tant parce que des filles de 29 ans ne songent plus trop à gagner des 400 mètres que parce qu’elles peuvent se trouver des excuses, devenir maladroites, ou être brûlées. Pour l’instant je ne puis en dire trop, je n’ai pas de puissance derrière moi. J’en suis au stade du type qui traîne un trésor qui ne lui appartient pas. Mais plus le temps je passe, plus j’en prends possession et en deviens responsable. »

(1) Tamas Szechy (1931-2004). Entraîneur hongrois emblématique des années 1960-1990.

(à suivre)

EVGENY RYLOV HONORÉ : SPORTIF RUSSE DE L’ANNÉE ?

Éric LAHMY

Mercredi 27 Septembre 2018

Un magazine russe, GQ, a lancé le mouvement des élections de « sportifs de l’année ». Pendant que la version digitale du magazine désignait l’attaquant (football) du Zénith de Saint-Petersbourg et de l’équipe  nationale russe Artem Dzyuba « homme de l’année » pour son comportement aux championnats du monde qui se sont tenus en Russie, la version papier a, elle, suggéré que l’athlète russe pour 2018 serait le nageur Evgeny Rylov. Celui-ci, rappelons-le, a remporté à Glasgow le titre européen du 200 mètres dos avec un nouveau record d’Europe, 1’53s36. Sa domination de l’épreuve fut impressionnante : le Polonais Radoslav Kavetsky et l’Italien Matteo Restivo, étaient chronométrés en 1’56s07 et 1’56s29 et finissaient loin derrière.

Rylov détenait déjà le record d’Europe, dont il s’était emparé en avril 2016 avec 1’54s21, puis qu’il avait porté lors de la finale de Budapest à 1’53s61. Son temps de Glasgow fait de lui le meilleur performeur de l’année devant Ryan Murphy à 21 centièmes.

A Glasgow, Rylov avait également fini 2e du 100 mètres dos derrière son compatriote Kliment Kolesnikov.

Rylov, 22 ans ce 23 septembre, s’était soigneusement préparé pour ces championnats d’Europe. Déjà médaillé de bronze olympique du 200 mètres dos aux Jeux de Rio et champion du monde à Budapest en 2017, il avait connu une année compliquée, ayant été victime à la fin de la saison 2017 d’une blessure à une épaule qui l’avait contrait à retarder sa reprise d’entraînement.

« J’avais repris l’entraînement tardivement, avait-il expliqué, et j’ai commencé à tenter de rattraper le temps perdu. Cela a affecté ma préparation pour les Europe. Je montai en altitude, perdis du poids et arriva à Glasgow en étant délesté de quatre kilos. Je suis assez satisfait d’être revenu assez vite. Je pense que l’année prochaine sera plus facile, et si elle ne l’est pas, ce n’en sera que plus intéressant. »

PAUSE MAMAN POUR ALEXANDRA HERASIMENIA

Alexandra Herasimenia, 32 ans, la nageuse biélorusse médaillée d’argent du 50 et du 100 mètres nage libre (les deux fois derrière Ranomi Kromowidjojo) des Jeux olympiques de Londres, en 2012, et encore « bronzée » aux Jeux de Rio (derrière Pernille Blum et Simone Manuel), ainsi que co-championne du monde 2011 du 100 mètres nage libre (avec la Danoise Jeannette Ottesen) s’est mariée l’été dernier avec Evgeny Tsurkin, et a donné naissance à une jeune Sophia. Selon Natalia Sholomitskaya, qui est l’entraîneur national de l’équipe biélorusse, Herasimenia n’a pas dit son dernier mot : « elle reviendra à la compétition et montrera à nouveau ce qu’elle sait faire. » Professionnelle de natation, Herasimenia a ouvert en 2015 son propre club à Minsk.

 

MEETING D’EINDHOVEN: ANTON CHUPKOV, SARAH SJÖSTRÖM ET… MEHDY METELLA

Eric LAHMY

Jeudi 27 Septembre 2018

Troisième meeting de l’automne sous la griffe de FINA World Cup, le meeting d’Eindhoven, aux Pays-Bas, débute demain. 184 nageurs sont attendus. La Coupe du monde n’est pas considérée, à juste titre, par la natation française, jusqu’ici, au même titre que les grandes compétitions internationales, et n’y a fait que de très rares apparitions depuis que Claude Fauquet a décidé qu’elle n’était pas significative.

Cela ne veut pas dire qu’elle ne vaut pas un clou. Elle est la réunion en bouquets de ce que furent les meetings, que tinrent dès le début du sport, des clubs et des institutions comme les fédérations nationales. Un échec assez cuisant d’organisation française, à Chartres, en 2016, n’a pas aidé à inverser le processus. Les Français ne participent pas à la Coupe du monde.

Mais un d’entre eux si : Mehdy Metella est annoncé aux Pays-Bas, et on imagine qu’il se testera sur 100 libre et 100 papillon. Même s’il ne trouvera pas tous les finalistes mondiaux de 2017 et des grandes compétitions continentales de l’année qui s’achève, il va pouvoir se mesurer à de solides internationaux comme les Américains Michael Andrew et Blake Pieroni, les Russes Anton Chupkov et Vladimir Morozov, le Sud-Africain Chad Le Clos, l’indestructible Hongrois Laszlo Cseh, son compatriote Nandor Nemeth ou le Belge Pieter Timmers.

Si les Néerlandais disposeront de la plus forte délégation, en nombre – 47 engagés – et en qualité, au moins chez les filles, avec Femke Heemskerk, Ranomi Kromowidjojo, ils auront quelque mal à s’imposer à domicile. Cinq Australiens dont le champion olympique du 400 mètres Mackenzie Horton, Mitchell Larkin et Emily Seebohm, sept Autrichiens, quatre Belges, quatre Brésiliens, onze Chinois dont la papillonneuse Yufei Zhang , sept Espagnols dont Mireia Belmonte, neuf Magyars emmenés bien entendu par Katinka Hosszu, dix Japonais dont la première « quatre nageuse » actuelle au monde, Yui Ohashi, Ryosuke Irie, Daya Seto et Hayato Watanabe, trois Tchèques, trois Finlandais, cinq Allemands, onze sud-africains dont Chad Le Clos et neuf Russes, avec Chupkov, qui mène le classement aux points de la World Cup, Julia Efimova, Vladimir Morozov, Kirill Prigoda, trois Suédoises, dont bien sûr Sarah Sjöström, huit Américains, avec Michael Andrew, Kathleen Baker, recordwoman du monde du 100 mètres dos, Kelsi Dahlia, Blake Pieroni et Leah Smith…

… et huit nageurs de Macao, qui ont sûrement une histoire à raconter !

Les classements Coupe du monde après deux étapes

MESSIEURS

  1. Anton Chupkov (RUS) 90 points – US $ 50.000
  2. Michael Andrew (USA) 87 – US $ 35.000
  3. Vladimir Morozov (RUS) 84 – US $ 30.000
  4. Mitch Larkin (AUS) 72 – US $ 20.000
  5. Blake Pieroni (USA) 57 – US $ 10.000
  6. David Verraszto (HUN) 54 – US $ 5.000
  7. Andrii Govorov (UKR) 48 – US $ 4.000
  8. Felipe Lima (BRA) 45 – US $ 3.000

DAMES

  1. Sarah Sjoestrom (SWE) 120 points – US $ 50.000
  2. Katinka Hosszu (HUN) 90 – US $ 35.000
  3. Yulia Efimova (RUS) 78 – US $ 30.000
  4. Kira Toussaint (NED) 66 – US $ 20.000
  5. Ranomi Kromowidjojo (NED) 63 – US $ 10.000
  6. Femke Heemskerk (NED) 51 – US $ 5.000
  7. Vitalina Simonova (RUS) 48 – US $ 4.000
  8. Zsuzsanna Jakabos (HUN) 45 – US $ 3.000

 

L’ECHO (REPUBLICAIN) DU BUDGET D’UNE « CHAMPIONNE PROFESSIONNELLE » DE NATATION

L’ECHO (REPUBLICAIN) DU BUDGET D’UNE CHAMPIONNE PROFESSIONNELLE DE NATATION

Mardi 25 Septembre 2018

David Wavelet, du Chartres Métropole Natation, signale par le biais de Facebook un article qui intéresse les nageurs, concernant le budget nécessaire pour faire une championne professionnelle de natation. L’article, paru dans L’Echo Républicain ce 25 Septembre, concerne Laure Barreau, qui débute à Vernouillet et après quelques années rejoint  l’élite des nageurs chartrains, pour 4h30 d’entraînement quotidien, et une pension au lycée Marceau, à Chartres. Un seul souci, la demoiselle n’est ni championne, ni professionnelle. Mais il faut lire les chiffres…

https://www.lechorepublicain.fr/vernouillet/sports/vie-pratique-consommation/2018/09/25/temoignage-il-en-faut-un-budget-pour-devenir-un-champion_12992677.html

LA FRANCE ET LE MONDE (2): CHARLOTTE BONNET ET FANTINE LESAFFRE, LUEURS D’ESPOIR

Eric LAHMY

Lundi 25 Septembre 2018

En 2018, les nageurs français ont eu quelque mal à exister, et leurs traces sont rares dans les bilans mondiaux, où d’ailleurs personne ne domine en raison du nombre très élevé de programmes qui produisent et de nationalités qui se placent…

… L’événement 2018 pour les Françaises, c’est, dans un 400 quatre nages en plein chamboulement, que Fantine Lesaffre a joué et gagné. Mais elle n’est pas seule : Charlotte Bonnet, à force de progresser, tutoie désormais les sommets et la natation féminine française retrouve un petit goût de Laure Manaudou et de Camille Muffat. Ce n’est pas encore ça, mais ça se rapproche.

Alors que les filles obtiennent de bons résultats aux championnats d’Europe, on constate de gros trous dans la compétitivité de l’équipe de France, ainsi sur 200 dos, 200 papillon ; en dos comme en brasse, notre représentativité est assez fragile.

L’exemple des quatre nages nous apprend cependant à espérer car il y a deux ans, c’était le vide intégral et on a une championne d’Europe.

Le 4×100 mètres champion d’Europe devant les Néerlandaises, c’est un autre exploit, même si les Hollandaises ne sont plus ce qu’elles étaient. Les Françaises ont toutes bien nagé, ce qui a aidé (ce n’est pas toujours le cas) et leurs 3’34s65 n’en font pas des leaders mondiaux, derrière l’Australie, 3’30s05, les USA, 3’33s45, le Canada, 3’33s27. Mais nos filles devancent cette année la Chine et le Japon, ce qui est quand même quelque chose. C’est peut-être un grand relais en perspective ?

Notre 4×200 a fini 4e européen. Avec 7’53s86, il se place derrière l’Australie, 7’44s12, les USA, 7’44s37, le Canada, 7’47s28, la Chine, 7’48s61, le Japon, 7’48s96, la Grande-Bretagne, 7’51s65, la Russie, 7’52s87, l’Allemagne, 7’53s76, il n’a que de faibles espoirs de s’intégrer dans une finale mondiale…

Le 4×100 4 nages, 3’59s85, pèche par une petite faiblesse généralisée. Pas de gros trou, mais un seul fort avec Bonnet, ce n’est pas assez. Devancé par l’Australie, 3’52s74, les USA, 3’53s21, la Russie, 3’54s22, le Japon, 3’54s73, le Canada, 3’55s10, le Danemark, 3’56s69, la Grande-Bretagne, 3’56s91, l’Italie, 3’57s, les Pays-Bas, 3’58s94, il n’est pas compétitif au « top ».

Entre parenthèses, le temps leader mondial de l’année.

50 mètres (23s74): 24s66, Charlotte Bonnet, 15e; 24s85, Marie Wattel, 24e.

100 mètres (52s03): 52s74, Charlotte Bonnet, 7e; 53s53, Marie Wattel, 14e; 54s48, Margaux Fabre, 44e; 54s67, Béryl Gastaldello, 54e.

200 mètres (1’54s44); 1’54s96, Charlotte Bonnet, 5e; 1’58s14, Margaux Fabre, 40e; 1’58s18, Marie Wattel, 43e.

400 mètres (3’57s94): 4’12s84, Fantine Lesaffre, 97e.

800 mètres (8’7s27): -.

100 dos (58s00): 59s98, Mathilde Cini, 32e; -.

200 dos (2’5s98): -.

100 brasse (1’4s98) : 1’8s29, Fanny Deberghes, 65e.

200 brasse (2’20s72): 2’26s76, Fantine Lesaffre, 55e; 2’27s09, Fanny Deberghes, 62e.

100 papillon (56s06): 58s13, Marie Wattel, 53e ; 59s47, Béryl Gastaldello, 96e..  

200 papillon (2’5s45): -.

200 4 nages (2’8s16): 2’11s71, Fantine Lesaffre, 24e ; 2412s68, Cyrielle Duhamel,  38e.

400 4 nages (4’30s82) : 4’34s17, Fantine Lesaffre, 2e ; 4’40s02, Lara Grangeon, 32e.