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LA FINA RÉCUSE LES ÉLECTIONS À LA FÉDÉRATION BRÉSILIENNE

ÉRIC LAHMY

Dimanche 11 Juin 2017

La Fédération Internationale de Natation Amateur (FINA) a fait savoir qu’elle ne reconnaissait pas l’élection de Miguel CAGNONI à la présidence de la Confédération Brésilienne des Sports Aquatiques (CBDA), lit-on sous la plume de Daniel Etchells dans le site anglo-saxon Inside The Games. L’organe international estime que cette élection n’a pas respecté la constitution de la Confédération et les règles FINA. CAGNONI, qui s’était présenté comme le candidat de « l’innovation et la transparence » avait réuni 64 votes autour de son nom, devançant largement son plus proche concurrent, Cyro DELGADO, 26 voix, et Jefferson BORGES (président du Mato Grosso), 3 voix. L’ancien champion du monde du 400 mètres quatre nages Ricardo PRADO, devenu président intérimaire avant l’élection, avait lui aussi présenté sa candidature. On a compté aussi deux bulletins blancs et un a été annulé. CAGNONI, qui est le président de la Fédération Aquatique Pauliste, prendra la place laissée vacante par Coaracy NUNES, détenteur du poste depuis 1988, membre du bureau de la FINA, qui a été écarté en octobre dans le cadre d’une enquête puis arrêté en avril dernier en compagnie de son directeur financier Sergio RIBEIRO et du coordonateur technique du water-polo Ricardo CABRAL pour surfacturation, détournement de fonds publics et escroquerie, concernant des sommes de l’ordre de 12 millions d’Euros.

La FINA, qui s’était montrée très attentiste quand a éclaté cette affaire de corruption, et n’avait pris aucune mesure au sujet de NUNES, s’est empressée de condamner la nouvelle élection, par un mémorandum officiel, signé Cornel MARCULESCU et envoyé à Gustavo LICKS, administrateur judiciaire chargé des affaires courantes en attendant l’élection du 9 juin.

L’élection s’était déroulée dans une certaine confusion, naissant autour de la présidence de la commission des athlètes (cinq membres), disputée entre Thiago PEREIRA et Leonardo DE DEUS, lequel fut finalement élu.

 

MONTE-CARLO : SARAH SJÖSTRÖM, 56s20 AU 100 PAPILLON, ROYALE DANS LA PRINCIPAUTÉ

Éric LAHMY

Samedi 10 Juin 2017

La Suédoise Sarah SJÖSTRÖM a dominé le premier jour du Mare Nostrum de Monte-Carlo en remportant le 100 mètres papillon dans le temps de 56s20. Elle a devancé sa seconde d’une longueur à l’arrivée, c’est dire si le classement de la course n’a jamais laissé aucun doute. En revanche, le résultat chronométrique a ceci d’intéressant que c’est comme si SJÖSTRÖM était la seule nageuse capable d’être en grande forme lors d’un meeting qui se situe à moins de huit semaines des mondiaux. Ses 56s20, à 0s72 de son record du monde et olympique de Rio, 55s48, effacent sa meilleure performance 2017, 56s26 le 9 avril dernier. Cette année, seule Rikako IKEE a « battu » les 57s, avec un temps de 56s89. SJÖSTRÖM cumule aujourd’hui les sept meilleurs temps jamais réalisés dans le monde sur la distance.  

A part cela, les performances ont été assez faibles chez les hommes où le Hongrois Laszlo CSEH a « doublé » 200 mètres papillon et 200 mètres quatre nages. Côté féminin, en revanche, on faisait le métier avec beaucoup plus de sérieux. C’est ainsi que la ravissante, superbe  et pulchritudineuse (ces qualificatifs répondent à une inquiétude de « o », qui, dans un récent commentaire paru en ces colonnes, s’inquiétait de leur absence dans le passage concernant la Suédoise d’un article du 6 Juin sur Katie LEDECKY) Junon de 1,86m et blonde comme les blés Michelle COLEMAN, l’a emporté, même si elle est restée à deux secondes de ses 1’55s64 de l’année, deuxième temps mondial derrière les 1’55s34 de Katie LEDECKY.

Emily SEEBOHM, l’une des têtes de file d’une équipe australienne solide quoiqu’ hétéroclite, a réglé provisoirement une querelle de préséance avec Katinka HOSSZU sur 200 mètres dos, tandis que l’Ukrainienne Daryna ZEVINA était une nouvelle fois condamnée au bronze comme chaque fois qu’elle rencontre ces deux terribles adversaires. SEEBOHM, qui n’avait pas disposé de tous ses moyens aux Jeux, en raison d’une épuisante endométriose, se déclara totalement remise. « J’ai aujourd’hui deux fois plus d’énergie qu’avant l’opération », dit Emily. HOSSZU s’en est aperçue à Monte-Carlo…

Deuxième sur 200 libre et sur 200 dos, HOSSZU avait-elle perdu le sens de la gagne ? Il lui restait son domaine, les quatre nages, et elle gagnait le 400 avec une confortable avance sur la Canadienne HARVEY. Ses 4’34s12 lui donnaient, très loin de son record mondial, la première place, ex-aequo, dans le monde, avec la Britannique Hannah MILEY.

Julia EFIMOVA, qui mène les bilans mondiaux de la saison sur 100 mètres brasse avec 1’5s80, est restée, avec 1’6s45, à une grosse demi-seconde de son temps. Une autre Suédoise, Jennie JOHANSSON, seconde avec 1’8s05, est restée fort éloignée de ses 1’6s30 records de Suède de l’année.

MESSIEURS 100 libre : 1. James MAGNUSSEN, AUS, 49s11 ; 2. Nikita LOBINTSEV, RUS, 49s51; 3. Cameron MCEVOY, AUS, 49s53 (en séries, 49s05).

400 libre : 1. Welson SIM, Malaisie, 3’49s48 ; 2. Mackenzie HORTON, AUS, 3’50s13 ; 3. QIU Ziao, CHN, 3’51s18

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 54s08; 2. Mykita TSMYH, BLR, 55s02.

200 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 2’9s49 ; 2. Kiril PRIGODA, RUS, 2’10s19.

200 papillon : 1. Laszlo CSEH, HUN, 1’57s52        

200 4 nages : 1. Laszlo CSEH, HUN, 2’2s07.

DAMES.- 200 libre : 1. Michelle COLEMAN, SWE, 1’57s38; 2. Madison WILSON, AUS, 1’57s97; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 1’58s53; 4. Madeline GROVES, AUS, 1’58s98… Finale B: 1. Cate CAMPBELL, AUS, 2’0s54

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 2’8s98; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 2’9s37; 3. Daryna ZEVINA, UKR, 2’9s84.

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’6s45; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’8s05.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 56s20; 2. Svetlana CHIMROVA, RUS, 57s78.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’34s12; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’38s73; 3. Hiroko MAKINO, JPN, 3’41s30.

ET UNE NOUVELLE NAGEUSE PRISE, UNE ! EN CHINE, LES SUSPENSIONS POUR DOPAGE SURGISSENT DANS LES RÉTROVISEURS

Éric LAHMY

Samedi 10 Juin 2017

L’agence antidopage chinoise (Chinada) a révélé de façon rétrospective les détails de la suspension pour dopage affligeant un autre élément de l’équipe nationale, lit-on sous la signature de Chan Kin-wa dans le South China Morning Post du vendredi 9 juin. L’une des meilleures nageuses chinoises, la spécialiste de la nage libre Qiu Yuhan, double médaillée aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2014 et nageuse olympique aux Jeux de Londres, a été interdite de compétition pendant neuf mois. L’information a été donnée (de façon typique) des mois après que la suspension ait été servie. Son interdiction de nager fut prononcée par Chinada en mai 2016. Alors âgée de dix-huit ans, membre de l’équipe nationale, elle avait été trouvée positive à un diurétique, l’hydrochlorothiazide, interdit parce que considéré par la Wada (agence internationale antidopage), comme un agent masquant.

La date le l’annonce, des mois après que la peine ait été purgée, a provoqué pas mal de railleries au sujet d’un type de communications « rempli de caractéristiques chinoises » tandis que d’autres expliquaient qu’ils s’étaient douté de quelque chose, l’an passé, quand Qiu, malgré ses performance aux championnats nationaux, n’avait pas été intégrée dans l’équipe olympique. Cette nageuse de la province de Liaoning, avait fini 2e du 200 mètres et 4e du 100 mètres et n’avait pas été retenue sans autre explication.

Cette « timidité » dans les annonces, comme on l’a dit plus haut, est typique de la Chine, explique par ailleurs Chan Kin-wa. « En mai 2014, rappelle-t-il, le champion olympique Sun Yang avait été positif à un stimulant, la trimetazidine ; suspendu pour trois mois, l’annonce de cette mesure ne fut faite qu’en novembre, après que Sun eut remporté trois médailles d’or aux Jeux asiatiques d’Incheon. Qiu, pour sa part, avait 14 ans quand elle fit partie du relais chinois 4e des Jeux olympiques de Londres. Elle participa aussi aux deux relais de quatre fois 100 et quatre fois 100 quatre nages qui enlevèrent l’or à Nanjingt aux Jeux de la Jeunesse 2014. Une compétition dont elle ramena l’argent du 200 et le bronze du 100 mètres.

Qiu fut aussi condamnée à payer les frais de contrôle de cinq échantillons. L’hydrochlorothiazide doit avoir un certain succès d’estime en Chine. Pendant les Jeux de Rio, la papillonneuse Chen Xinyi fut renvoyée à la maison après que son organisme ait révélé des traces du diurétique (information Germaine Necker).

LES JEUX OLYMPIQUES DANS L’AIR DU TEMPS: PLUS DE FEMMES, ET PLUS D’ÉPREUVES SANS INTÉRÊT

Éric LAHMY

Samedi 10 Juin 2017

48,8% des compétiteurs, aux Jeux olympiques de Tokyo, seront des femmes, ce qui représente un record (45,2% à Rio et 44,2% à Londres).

Cette excellente nouvelle est ce qu’elle est, mais comme disait Nietzsche, « le diable se cache dans les détails. » Le programme de natation s’est ainsi alourdi d’épreuves sans grand intérêt ou qui doublonnent avec des épreuves existantes.

Des relais mixtes d’athlétisme et de natation seront inclus aux Jeux olympiques de 2020, a annoncé le Comité International Olympique. Il s’agit d’un relais mixte quatre fois 400 mètres en athlétisme et d’un relais quatre fois 100m mixte en natation. On a également prévu  des tournois masculin et féminin dans deux nouvelles disciplines, une de BMX et une de basket à trois (dit trois x trois). Des compétitions mixtes ont été également prévues en judo, en tennis de table, au tir à l’arc et en triathlon. Au triathlon, il s’agira d’un relais mixte, en tennis de table des doubles, et des classements mixtes par équipes à l’arc et en judo.

Le nombre d’épreuves de cyclisme sur piste passe à 12 avec l’adjonction de courses à l’américaine (madison) messieurs et dames.

Un 800 mètres messieurs et un 1500 mètres dames ont été également ajoutés aux courses de natation. L’escrime s’est additionné de deux épreuves par équipes.

Ces décisions, – assez loufoques pour ce qui concerne la natation, qui a quand même évité le pire: les 50 dos, brasse et papillon et le plongeon de très haut-vol ont été rejetés – sont définitives, aucune approbation n’est nécessaire par la session olympique. Elles s’appuient pas mal sur « l’air du temps ». Par ailleurs, les quotas de la natation et du water-polo sont réduits de respectivement vingt-deux et dix-huit unités. Les équipes de water-polo seront ramenées de 13 à 11 éléments (mais c’est moins que certains autres sports, l’athlétisme perdant 105 athlètes), en revanche 10 équipes féminines au lieu de huit seront intégrées dans le tournoi final…

MADELINE GROVES ET DEUX AUTRES AUSTRALIENS RATENT LES CONTRÔLEURS: LE TARIF, C’EST UN AN!

Éric LAHMY

Jeudi 8 Juin 2017

Pas marrant pour la natation australienne. Trois nageurs appartenant ou ayant appartenu à son équipe nationale ont été exclu pour douze mois par la Fédération Internationale, pour avoir manqué trois contrôle de dopage. La médaillée d’argent olympique du 200 mètres papillon de Rio, Madeline Groves, 22 ans, le champion du Commonwealth et vainqueur des PanPacifics du 200 libre en 2014 Thomas Fraser-Holmes, 25 ans, et leur champion d’eau libre, Jarrod Poort. Ça ne fait pas joli dans le décor pour une natation qui se félicite de sa politique anti-dopage…

Un avocat du sport, Tim Fuller, défendra la cause de Fraser-Holmes et de Groves devant la Cour arbitrale du sport. Les athlètes doivent répondre aux tests de dopage non annoncés effectués par la FINA et, en l’occurrence, l’institution australienne chargée de ces prélèvements. S’ils ne répondent pas à trois tests dans un délai de douze mois, la sanction tombe, deux ans écartés du sport !

Pendant que Fraser Holmes manquait son troisième contrôle « at home », ayant été retardé, explique-t-il, par un dîner chez ses parents, Madeline Groves, elle, en faisait de même alors qu’elle se trouve loin de la natation sérieuse, aux Etats-Unis, en s’assurant ce qui semble bien être une année sabbatique. Pour avoir essayé de la repérer grâce à l’Internet, je puis témoigner que ce n’est pas si facile. Elle nage dans des compétitions d’audience régionale, et n’est guère très visible, en dehors de ses twitts et autre Facebook. Heureuse loin de la haute compétition, mais… Les contrôleurs l’ayant raté trois fois à San Diego où elle se trouve, étudie à l’Université… et semble prendre du bon temps. Pour sa défense, Groves assure que les agents de la FINA n’ont pas suivi leur protocole lors de leur rencontre ratée à l’Université de San Diego. Elle était bien là où elle aurait dû se trouver, mais ce sont eux, prétend-elle, qui n’ont pas capables de la repérer à travers les dortoirs de l’Université. Les employés de l’anti-dopage affirment l’avoir appelée sur son téléphone, elle rétorque qu’aucune trace d’appel ne s’y trouve… Jusqu’à ce que la preuve soit assénée, c’est sa parole contre la leur.

Un troisième nageur australien, Jarrod Poort, qui disputait le 10 kilomètres des Jeux de Rio (il y a terminé 21e), se trouve dans la même situation.

Tous les sportifs ne sont pas convaincus de l’importance d’être présents aux contrôles, quoi sont quelquefois assez compliqués dans leurs protocoles pour conduire à la faute, mais parfois il arrive que ces testeurs (contractuels de la FINA en l’occurrence) ne soient pas au-delà de tout reproche. Avant les Jeux de Rio, la cycliste britannique Lizzie Armitstead, qui s’était ainsi retrouvée dans la situation d’être radiée pour quatre ans, réussit à démontrer devant le tribunal arbitral du sport qu’au moins un des contrôles fut raté de la faute des autorités. Elle avait d’ailleurs passé  victorieusement 16 contrôles au cours de cette même année et put disputer les Jeux olympiques de Rio.

KYLE CHALMERS, CHAMPION OLYMPIQUE ET OPÉRÉ DU COEUR, N’IRA PAS 0 BUDAPEST

Éric LAHMY

Jeudi 8 Juin 2017

Cardiaque et champion olympique ?

Kytle Chalmers, le champion olympique australien du 100 mètres aux Jeux de Rio a subi une opération du cœur couronnée de succès. Celui qui, à dix-huit ans, enleva le titre de la course phare des Jeux (on n’avait pas vu ça depuis Don Schollander en 1964), manquera les championnats du monde de Budapest, en juillet-août, pour lesquels il s’était bel et bien qualifié (2e des championnats d’Australie sur 100 mètres en 48s20 derrière Cameron McEvoy, 47s91, et sur 200 mètres derrière McKenzie Horton en 1’46s87, ce qui lui ouvrait aussi les sélections aux relais de nage libre et un possible remplacement dans le relais quatre nages) mais il a une bonne excuse pour cela. Elle s’appelle tachycardie supra-ventriculaire : un affolement récurrent du rythme cardiaque, lequel n’est pas considéré habituellement comme dangereux, mais qui a exigé en l’occurrence la pose d’un cathéter.  

Selon le site de Johnson & Johnson, « dans le cadre de cette opération, une électrode envoie du courant de faible tension et de haute fréquence afin de détruire le tissu cardiaque responsable de l’arythmie. Les personnes qui subissent une ablation par cathéter peuvent espérer comme résultat : une réduction à long terme du nombre d’épisodes d’arythmie et une diminution de la gravité des symptômes ou le retour permanent d’un rythme cardiaque normal. Cela signifie qu’après une ablation par cathéter, le patient ne sera plus obligé de prendre des médicaments destinés à contrôler le rythme ou la fréquence cardiaque (ou, en tout cas, qu’il lui faudrait en prendre moins). »

Kyle était supposé subir cette procédure avant les Jeux de Rio, mais les médecins ne purent alors opérer. Ce souci n’impacta guère ses performances aux Jeux, où il enleva l’or du 100 mètres et participa aux deux relais médaillés de bronze australien quatre fois 100 mètres et quatre fois 100 mètres quatre nages.

Voilà un mois, Chalmers, ayant constaté qu’il souffrait de plus en plus d’un rythme cardiaque anormalement élevé à l’entraînement, dut admettre que sa condition nécessitait une intervention. Même si la date n’était pas idéale, les symptômes avaient atteint une fréquence qui exigeait de faire quelque chose. « Je voulais m’assurer d’être au mieux de ma forme aux prochains Jeux du Commonwealth. Après avoir écouté l’avis des médecins, j’ai pris la décision de ne pas participer aux mondiaux de Budapest. »

Selon son entraîneur, Peter Bishop, Chalmers reprendra l’entraînement d’ici deux semaines et la compétition lui sera possible dès août prochain.  Les Jeux du Commonwealth 2018 se tiendront à Gold Coast, en Australie du 4 au 15 avril.

DÉFENSE ET ILLUSTRATION DE LA LICENCE INDIVIDUELLE

Éric LAHMY

Mercredi 7 Juin 2017

Le changement de gouvernance à la Fédération française de natation a éveillé l’attention d’un ancien technicien français – aujourd’hui à la retraite mais toujours en alerte – DTN adjoint en son temps, Jean-Pierre Le Bihan. Installé désormais quelque part sur la route des Pargues, à Avirey-Lingey, dans l’Aube, Jean-Pierre, pendant presque toute sa carrière, a été affilié à la Fédération à titre individuel – ce qui signifie qu’il n’était pas attaché à un club. C’était une originalité, puisqu’on n’en comptait guère plus qu’un sur mille, lorsque la licence individuelle fut supprimée en 2006, par un vote de l’Assemblée générale de la Fédération.

Je ne crois pas exagérer en disant que Le Bihan ne s’en est jamais remis. Je ne garantis pas qu’il en rêve la nuit, mais disons, pour utiliser une métaphore brutale, que la plaie ne s’est jamais refermée. Mercredi, alors qu’en compagnie de Patrice Prokop et d’autres amis, il s’en allait visiter deux cathédrales de Troyes (Saint-Pierre et Saint-Paul et la piscine Lucien-Zins), oasis d’eau bénite puis oasis d’eau chlorée) il m’a rassuré sur un point. Il avait écrit à ce sujet à Gilles Sezionale (à qui il a rappelé malicieusement qu’il avait voté la suppression de la licence individuelle).

UNE GARANTIE DE NEUTRALITÉ POUR LES TECHNICIENS

Pour Jean-Pierre, cet abandon d’une possibilité pour un quidam d’être directement associé à sa Fédération sans passer par un club était et reste antidémocratique. Ayant saisi en vain Jean François Lamour, alors ministre de la jeunesse et des sports, puis la haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité des citoyens (aujourd’hui dissoute), et encore deux autres ministres des sports, Roselyne Bachelot, puis Bernard Laporte, il avait porté sa cause par une lettre du 30 avril 2009 devant un sénateur, David Assouline. Lettre qui disait notamment :

«  Cette possibilité, inscrite dans les statuts de la FFN depuis 1921, date de sa création, écrivait-il, permettait à des citoyens d’y être licenciés sans appartenir à un club et d’y être élus aux diverses instances dirigeantes. Ainsi, sur les 125 licenciés individuels, on comptait cinq présidents de comités régionaux. L’actualité me rappelle d’ailleurs que Mr René Monory, ancien président du Sénat a été membre du Comité directeur de la FFN étant licencié individuel. Il en a été aussi exclu pour trois absences consécutives non excusées !! » Ce détail pour vous démontrer la connaissance par Le Bihan de son sujet.

Dans sa lettre à David Assouline, il avait insisté sur un a côté peu visible de la licence individuelle, qui est de favoriser la démocratie. 

« En effet, dans quelques semaines, écrivait-il, un nouveau président sera élu au Comité National (Olympique) et Sportif Français par des représentants élus des fédérations sportives et non-sportives, un représentant des athlètes, les membres français du C.I.O., etc. Ces représentants sont eux-mêmes élus par des représentants régionaux, eux-mêmes élus (ou non) par des assemblées générales des clubs de la région. Les 12,5 millions de licenciés de base ne savent pas quels sont les candidats (Jean-Louis Boujon, Guy Drut, Denis Masseglia, Jean-Luc Rougé). Ils ne connaissent pas plus leurs programmes. Cela n’empêchera pas le futur président du C.N.O.S.F. de s’affirmer comme le représentant des 12,5 millions de sportifs français. On finira par regretter l’époque des barons et des comtes qui se cooptaient pour former le C.N.O. en 1894, tout en communiquant leur programme ! »

« Toutes les fédérations sportives, précisait alors Le Bihan, n’ont pas les mêmes modes d’élection ; certaines permettent directement aux clubs de voter, d’autres, aux comités départementaux, d’autres, comme la F.F.N. aux seuls représentants des régions (3 par région, soit 81 personnes s’il n’y a pas d’absents, ‘’pesant’’ environ 900 voix). Parmi ces 81 personnes, certaines sont à la fois candidats et électeurs et… il y a 32 sièges à pourvoir. Madame Marie-George Buffet, alors ministre de la jeunesse et des sports, avait osé lancer le principe : « un licencié, une voix». La plupart des présidents de fédérations sportives ont senti le boulet passer très près et ont vite mis en place l’autre principe : « on ne change pas une formule qui nous sourit. »

CINQ PRÉSIDENTS DE RÉGIONS LICENCIÉS INDIVIDUELS

Jean-Pierre Le Bihan pose sa défense de la licence individuelle sur trois idées et un constat. Les idées : « 1, ce sont les individus qui constituent les clubs et non l’inverse ; 2, l’Etat aide les fédérations sportives en personnel technique et pédagogique, et ces cadres interviennent dans la vie des comités régionaux. Leur statut d’agent de l’Etat devrait, au nom du service public, les obliger à rester neutres et indépendants vis-à-vis des différents clubs de leur région, tout en leur permettant d’être licenciés à la fédération qui utilise leurs compétences ; » 3, même chose pour « les juges, les arbitres, les officiels, les médecins et kinés des équipes de France. » Le constat : « à un moment de l’histoire de la fédération, cinq présidents de région sur vingt-sept étaient licenciés à titre individuel, ce qui leur donnait la liberté de régler les conflits internes à leur région, sans être suspectés de parti-pris en faveur d’un club. »

Rappel historique. Le ministre de la jeunesse et des sports ayant exigé que les licenciés individuels soient représentés à l’assemblée générale de la fédération, le secrétaire général de la fédération de l’époque, Jean Chastagner, peu désireux de respecter cette demande, stoppa leur élection, volontairement mal organisée, au prétexte qu’aucun des 14 candidats n’avaient obtenu 25% des voix.

Que va-t-il se passer maintenant ? La réponse provisoire nous parait pouvoir être empruntée à la conclusion par Marcuse de L’Homme Unidimensionnel : « c’est seulement à cause de ceux qui sont sans espoir que l’espoir nous est donné. »

À SANTA CLARA, KATIE LEDECKY RÉALISE LE GRAND ÉCART : TÊTE DE FILE SUR 200 (1’55s34) ET 1500 MÈTRES (15’35s65)!

Éric LAHMY

Lundi 5 Juin 2017

Alors que Michael PHELPS se présentait à Las Vegas au départ des « World Series » de poker, les autres nageurs américains montraient leur jeu à l’occasion du meeting Swim Pro d’Arena de Santa Clara (1-4 Juin 2017); constat d’une légère élévation du niveau moyen, pour les nageurs concernés par les championnats des USA de cette fin de mois (27 juin-1er juillet), même si, clairement, la plupart d’entre eux n’avaient pas abordé l’approche finale de leur préparation. La grosse performance a été réussie (bien entendu) par Katie LEDECKY, qui a gagné le 200 mètres en 1’55s34 et le 1500 mètres en 15’35s65, en négligeant de se montrer sur les autres distances, celles qu’elle domine largement comme le 400 et le 800, et celles où elle fait mieux que se débrouiller, le 100 libre et le 400 quatre nages.

Sur 200 mètres, fidèle à une habitude, elle ne négligea pas de nager vite, en séries: 1’56s25, temps hors de portée de toutes ses adversaires, passage en 57s12. En finale, elle se débarrassait immédiatement des autres finalistes et traçait sa route en 1’55s34. A l’arrivée, elle délestait la Suédoise Michelle COLEMAN de sa place de leader de l’épreuve pour 2017. COLEMAN avait nagé 1’55s64 à Stockholm en avril.

Le premier jour du meeting, LEDECKY avait écrasé le 1500 mètres, une distance qu’elle avait négligé de nager depuis le début de la saison, ce qui avait permis à l’Italienne Simona QUADARELLA, 16’10s61, puis à l’Espagnole Mireia BELMONTE, 16’8s73, et à la Hongroise Boglarka KAPAS, 16’4s19 de trôner successivement et fugitivement en haut des palmarès de… l’après 2016.

Là, on est sûr que nulle ne pourra l’y déloger, ses 15’35s65, loin d’être son maximum (son record du monde est accroché à 15’25s48 depuis les mondiaux de Kazan), sont hors de portée de tout autre humain nageant doté d’une paire de chromosomes XX.

LEDECKY mène aussi la danse, en 2017, sur 400 mètres (en 4’0s98) et 800 mètres (8’15s44). Et s’empare donc chronométriquement de toutes les distances olympiques au-delà du 100 mètres. Mais elle ne s’y est pas engagée à Santa Clara, comme si elle se souciait de laisser gagner les copines. A la différence de Katinka HOSSZU ou de Michael PHELPS, qui chalutent et ne laissent aucune miette, LEDECKY a le sens de l’ellipse et aime choisir (parfois). Parfois elle écrase, parfois elle glisse et laisse vivre… Ce sera une autre musique aux sélections US et aux mondiaux de Budapest.

 MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, Trojan, 21s97 ; 2. Ali KHALAFALLA, ind. IV-IN, 22s12; 3. Nathan ADRIAN, Can-PC, 22s27.

100 libre : 1. Nathan ADRIAN, Can-PC, 48s55; 2. Caeleb DRESSEL, Bolles, 49s26; 3. Michael JENSSEN, Cal-PC, 49s35; 4. Vladimir MOROZOV, Russie, Trojan, 49s40; 5. Marcello CHIERIGHINI, Brésil, 49s47; 6. Federico GRABICH, Argentine, 49s65.

200 libre: 1. Jay LITHERLAND, Dynamo, 1’49s28.

400 libre : 1. Clark SMITH, Longhorn, 3’49s40; 2. Jay LITHERLAND, Dynamo, 3’50s96; 3. Marcelo ACOSTA, Salvador, Louisville, 3’52s49.

800 libre : 1. Matias KOSKI, Dynamo, 8’0s29.

1500 libre : 1. Marcelo ACOSTA, Salvador, Louisville, 15’14s03; 2. Shogo TAKEDA, Japon, 15’17s23; 3. Shono NAKAYA, Japon, 15’17s24; 4. Ricard VARGAS JACOBO, Mexique, 15’17s83.

100 dos : 1. Ryan MURPHY, Cal-PC, 53s48; 2. Matthew GREVERS, Tucson, 53s90; 3. Gregory TARASEVICH, Louisville, 54s16.

200 dos : 1. Ryan MURPHY, Cal-PC, 1’57s09; 2. Jacob PEBLEY, Cal-PC, 1’57s41.

100 brasse : 1. Kevin CORDES, ind., 1’0s61; 2. Nicolas FINK, Georgia, 1’0s70.

200 brasse : 1. Josh PRENOT, Cal PC, 2’10s80; 2. Nicolas FINK, Georgia, 2’11s26; 3. Will LICON, Texas, 2’12s13; 4. Miguel DE LADA OJEDA, Mexique, 2’12s25; 5. Chase KALISZ, North Baltimore, 2’12s61, Kevin CORDES, ind., 2’12s67; 7. Carlos CLAVERIE, Cardinal, 2’13s39.

100 papillon : 1. Jack CONGER, Una, NCAP, 52s24 ; 2. Caeleb DRESSEL, Bolles, 52s29 ; 3. Tom SHIELDS, 52s58.

200 papillon : 1. Chase KALISZ, North Baltimore, 1’56s60; 2. Pace CLARK, Georgia, 1’56s75.        

200 4 nages : 1. Jay LITHERLAND, Dynamo, 2’0s48.

400 4 nages : 1. Jay LITHERLAND, Dynamo, 4’13s79 ; 2. Abraham DEVINE, Stanford, 4’17s57

DAMES.- 50 libre : 1. Kelsi WORRELL, Cardinal, 25s11; 2. Lia NEAL, Ind-Stanford, 25s12; 3. Abbey WEITZEIL, Cal-PC, 25s25.

100 libre : 1. Simone MANUEL, Stanford, 54s31 ; 2. Lia NEAL, Stanford, 54s64; 3. Siobhan HAUGHEY, Hong Kong, 54s84.

200 libre: 1. Katie LEDECKY, Stanford, 1’55s34; 2. Siobhan HAUGHEY, Hong Kong, 1’58s14; 3. Katie DRABOT, Stanford, 1’58s85; 4. Katie MCLAUGHLIN, Cal-PC, 1’59s11.

Passages de LEDECKY, 27s81, 56s81 (29s), 1’26s (29s19), 1’55s34 (29s34).

400 libre : 1. Katie DRABOT, Stanford, 4’8s07; 2. Cierra RUNGE, Wisconsin, 4’10s64.

800 libre : 1. Cierra RUNGE, Wisconsin, 8’29s27; 2. McKenzie PADINGTON, Island, 8’34s42; 3. Kristel KOBRICH, Chili, 8’34s75.

1500 libre : 1. Katie LEDECKY, Stanford, 15’35s65; 2. Kristel KOBRICH, Chili, 16’12s89.

100 dos : 1. Lylia MASSE, Windsor, Canada, 1’0s34 (en série, 1’0s12; 2. Regan SMITH, Riptide, 1’1s01; 3. Caroline BALDWIN, North Carolina, 1’1s15.

200 dos : 1. Hilary CALDWELL, Island, 2’9s20 ; 2. Regan SMITH, Riptide, 2’10s35; 3. Kylie MASSE, Windsor, 2’10s31; 4. Erin VOSS, ind-Stanford, 2’10s81; 5. Kathleen BAKER, In-MAC, 2’11s24 (en séries, 2410s79).

100 brasse : 1. Macarena CEBALLOS, Argentina, 1’8s02.

200 brasse : 1. Madisyn COX, Longhorn, 2’25s62; 2. Emily ESCOBEDO, Un-Rac, 2’26s91.

100 papillon : 1. Kelsi WORRELL, Cardinal, 57s44; 2. Elen MOFFIT, 58s99 (en séries, 58s83).

200 papillon : 1. Katie MCLAUGHLIN, Cal-PC, 2’10s35.    

200 4 nages : 1. Madisyn COX, Longhorn, 2’11s56; 2. Siobhan HAUGHEY, Hong Kong, 2’12s10.

400 4 nages : 1. Madisyn COX, Longhorn, 4’39s07; 2. Elizabeth BEISEL, Bluefish, 4’40s; 3. Alexandra SZEKELY, Stanford, 4’41s10.

AXEL REYMOND ET ANNA OLASZ SUPER-HEROS DE GRAVELINES

Éric LAHMY

Dimanche 4 Juin 2017

Pendant ces deux derniers mois, avril et mai, passés en Amérique du Nord, je m’étais fait cette remarque que pour y voir un bon film, l’une de mes tâches était d’éviter la profusion de super-héros dont le cinéma californien s’est donné pour mission de saturer les écrans. Je ne suis pas contre les mythologies, seulement un peu étonné de leur prolifération.

Dotés de ces pouvoirs issus des contes de fées, repris par Walt Disney, transmis par les romans de Tolkien revisités par J.K. Rowling, mâtinés de « pulp science fiction » Marvel, ces personnages affligés qui de griffes, qui d’une queue préhensible, d’orteils opposables, parfois d’exosquelettes, sans parler de lance-flammes incorporés, nous exposent seulement à un léger risque de crétinisation en masse.

Je ne sais pas si les choses sont liées, mais il n’est pas impossible qu’au bout d’un tel processus un peu prolongé, l’abrutissement finisse par conduire à l’élection d’un président super-zéro…

AXEL REYMOND TOUJOURS PLUS INOXYDABLE

Mais je me dis qu’on peut choisir ses héros.  Je ne serais pas loin d’attribuer à défaut de super pouvoirs, des pouvoirs supers aux nageurs de 25 kilomètres… Les dimensions de l’épreuve sont telles qu’elle dépasse le stature de l’humain moyen. Il ne s’agit pas bien sûr de stature physique, l’apparence de ces hommes poissons, de ces femmes sirènes, n’a rien de supranormale, ils n’ont ni écailles ni hélice incorporée ; c’est dans la « tronche » que ça se passe.

Murray Rose, qui, en son temps, pouvait gagner un 100 mètres ou un 15 kilomètres dans l’eau, expliquait que le choix par chacun de sa distance préférée était une question plus mentale que physique, et j’adhèrerais aisément à ce point de vue. Bien sûr, un muscle riche en « fibres lentes » qui fusille vos chances en sprint, est un avantage, en endurance. Mais après faut-il encaisser l’effort (de cinq heures pour les plus rapides) dans sa tête.

A Gravelines, les courses de 25 kilomètres achevaient dimanche les championnats de France 2017. Axel REYMOND enlevait l’épreuve masculine. Le champion d’Europe 2014 (à Berlin) et 2016 (à Hoorn, Pays-Bas), licencié à Clamart et entraîné à Fontainebleau par Magali Mérino, a maintenu régulièrement un niveau de performances élevé, ces dernières années. Il gagne ici, si mes comptes sont bons, son 9e titre national, malgré une spécialisation dans l’ultra long renforcée par les méthodes de sa coach. Axel devançait un très bon nageur de 1500 mètres hongrois, Gergely Gyurta (frère du champion olympique du 200 mètres brasse des Jeux de Londres). C’était, disons pour faire court, la victoire d’un exemplaire.

LARA GRANGEON À L’ÉPREUVE D’ANNA OLASZ

La course féminine a donné lieu à une demi-surprise : l’arrivée de Lara GRANGEON au sommet de la hiérarchie française. Quoique devancée par une bonne marathonienne hongroise, Anna OLASZ. 14e de la course des dix kilomètres des Jeux de Rio. OLASZ est devenue depuis la retraite d’Eva RISZTOV (championne olympique 2012), la nageuse d’avenir de son pays. C’est aussi une sorte de « miraculée ». Elle s’apprêtait à prendre sa retraite (à 23 ans) quand la disqualification d’une Russe pour dopage la qualifia pour les Jeux ! GRANGEON a presque fait jeu égal avec elle, terminant à seulement quatre longueurs, ce qui n’est guère grand-chose après cinq heures et demie d’effort.

On savait certes que la Néo-Calédonienne était d’une redoutable endurance. Mais jusqu’ici, son palmarès l’honorait de quelques distinctions qui ne sortaient pas du bassin, en championnats d’Europe petit bassin, sur des distances comme le 200 papillon et le 400 quatre nages. En Nouvelle-Calédonie, cependant, elle ne dédaignait pas les traversées les plus improbables. Dans ses Antipodes, elle avait réalisé quelques exploits sur les très longs efforts.

En avril 2016, c’est ainsi qu’elle avait remporté, en mer, avec la houle et le vent, la traversée Phare Amédée – Nouméa, 18 kilomètres en un peu plus de 4 heures 12 minutes, et battu de plus de vingt-six minutes le record masculin de ce raid. Plus récemment, en janvier dernier, elle devenait championne de France des 5 kilomètres.

Sur son site de Facebook, la nouvelle championne de France faisait état de sa joie en termes rafraichissants :

« 5h 29minutes 17 secondes ! On pourrait retenir ce temps pour qualifier cette magnifique course que je viens de vivre ! Mais je pense que c’est trop restreint de s’arrêter à ce chrono ! 25 kms c’est un tout. L’entraînement et les entraîneurs qui m’ont permis d’y croire jusqu’au bout, ma famille, mes amis, mon club, des exemples comme Axel qui nous donne l’envie d’y croire en nous faisant rêver. Merci à tous pour vos encouragements avant, pendant la course, et vos félicitations ! Ce furent 25 kms de bonheur, vraiment ! »

A priori, GRANGEON (comme REYMOND) devrait être qualifiée pour les mondiaux de Budapest, ce qu’elle n’avait pas réussi à travers les courses en piscine des France de Schiltigheim. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

 MESSIEURS. 25 KILOMETRES : 1. Axel REYMOND, Clamart, 5h2’26s9 ; 2. Gergely GYURTA, HUN, 5h2’45s5; 3. Marcel SCHOUTEN, NED, 5h4’34s5; 4. Bertrand VENTURI, Sète, 5h13’3s70 ; 5.

Kristof RASOVSZKY, HUN, 5h13’59s ; 6. Xavier DESHARNAY, CAN, 5’14’49s1 ; 7. Edouard LEHOUX, Vikings Rouen, 5h14’55s5; 8. Maxime MAETZ, Clamart, 5h16’12s1; 9. Baptiste COLMANT, Vikings Rouen, 5h17’21s; 10. Daniel SZEKELYI, HUN, 5h18’23s2.

DAMES.- 25 KILOMETRES.- 1. Anna OLASZ, HUN, 5h29’10s ; 2. Lara GRANGEON, Nageurs Calédoniens, 5h29s17s9 ; 3. Caroline JOUISSE, Bourges, 5h33’49s9 ; 4. Katalyn SOMENEK OLON, HUN, 5h34’15s1 ; 5. Greta SZILVASI, HUN, 5h37’6s6 ; 6. Morgane DORNIC, CN Morlaix, 5h37’32s9 ; 7. Adeline FURST, Dauphins Obernai, 5h41’54s6 ; 8. Emilie CAHUZAC, PTT Toulouse, 5h44’7s2 ; 9. Margaux BERNARD, Montpellier Métropole, 5h44’43s ; 10. 10. Laura BURYCZ, Alliance Dijon, 6h4’6s6.

GRAVELINES: UN ÉNORME LOGAN FONTAINE DE DIX-HUIT ANS « DOMPTE » LE PODIUM OLYMPIQUE DE RIO

ÉRIC LAHMY

Dimanche 4 Juin 2017

S’étant trouvé, avant-hier, battu dans les 10 kilomètres des championnats de France d’eau libre à Gravelines, et écarté de ce fait de la sélection aux championnats du monde de Budapest, il semble que Logan FONTAINE se soit laissé aller à bouillir d’une sainte rage. Le jeune phénomène de la natation française avait de quoi. Il se retrouvait troisième, non qualifié pour les championnats du monde de Budapest dans l’épreuve olympique puisque précédé par Marc-Antoine OLIVIER et David AUBRY. Or le protégé d’Eric Boissière avait une « bonne » excuse, s’étant blessé d’entrée du dix kilomètres. « Le départ se fait dans l’eau, en poussant contre un ponton, et Logan a poussé légèrement en retard sur les autres, expliquait BOISSIERE. Or, la pression exercée sur le ponton un éclair de temps plus tôt par la soixantaine de nageurs a fait reculer le ponton; Logan s’est retrouvé à effectuer un violent mouvement des jambes dans le vide, et s’est donné une élongation. »

D’entrée, donc, Logan se trouvait handicapé par la douleur qu’occasionnent ces micro-déchirures, et BOISSIERE, en suivant la course, notait que Logan, lequel d’habitude, provoque d’importants dégâts chez l’adversaire lorsqu’il « met le battement » en accélérant, ne trouvait pas son efficacité habituelle… dans un tel cas de figure, on doit considérer sa place à l’arrivée de la course des 10 kilomètres  comme une superbe performance.

Mais le jeune homme l’avait mauvaise. Il était venu ici, ayant fait sa niche chez les juniors auxquels il appartiendra encore l’année prochaine, avec l’intention de s’imposer parmi les adultes et se retrouvait dépité par son résultat.

Il mit à contribution la journée de repos du 2 juin pour se soigner, Eric Boissière ne l’engageant pas dans les relais, et se lança dans le cinq kilomètres « avec la rage », expliquait-il dans le petit entretien publié sur le site fédéral, où il ajoutait : « Je suis fier de ce que je viens de réaliser ! Il fallait que je me montre. Le 10 km m’a mis tellement mal. Je suis revenu avec la rage pour ce 5 km. Il faudra compter avec moi dans les prochaines années… »

Si Logan ne tenta guère un gros coup pendant la première moitié de son effort, il effectua une sorte de course d’attente aux avant-postes, ponctuée d’accélérations, à la lutte avec le Hongrois RASOVSKY lequel menait l’action et répondait à ses démarrages. La course se composait d’un aller et retour sur le plan d’eau, donc deux lignes droites de 2500 mètres avec virage autour d’une bouée. C’est là qu’il décida d‘attaquer, et il n’y mit pas la moitié de son énergie. « Il effectua un virage très véloce, passant pratiquement sous la bouée, et lança son premier démarrage. Il prit les devants, et il s’est mis à produire tellement d’énergie que je me demandais s’il tiendrait. Le champion olympique Ferry WEERTMAN s’y mettait à son tour, et Marc-Antoine OLIVIER aussi, qui tentaient tous deux de recoller, à plusieurs reprises. Mais à chaque fois, Logan relançait une nouvelle accélération, et au bout d’un certain moment, WEERTMAN lui-même (tout champion olympique et vainqueur l’avant-veille des 10.000 mètres) explosait. »

Gagner est une chose, mais gagner devant les nageurs qui étaient présents sur le plan d’eau de Gravelines en est une autre : Logan venait de dominer Marc-Antoine OLIVIER, le médaillé de bronze des Jeux olympiques, Ferry WEERTMAN, le champion olympique, Jack BURNELL, à la disqualification de qui OLIVIER dût sa médaille aux Jeux.

Le temps de 52’25s est en soi très rapide. La course des 5 kilomètres féminins fut aussi menée tambour battant, qui revint à Aurélie MULLER, notre championne du monde, après un duel contre l’Allemande BECK, une immense araignée (1,83m, 64kg selon les sources officielles) allemande de Würzburg, plus connue pour ses nombreux titres nationaux sur 1500 mètres, et de ce fait potentiellement redoutable au finish (n’oublions pas que pour un nageur d’eau libre, 1500 mètres est synonyme de: sprint)… Aurélie MULLER, qui est maintenant notre meilleure nageuse de 1500 mètres, n’étant pas trop mal pourvue de ce côté-là non plus, laissa BECK à une longueur. Océane CASSIGNOL finissait troisième… La course avait été désertée par l’Américaine Haley ANDERSON, gagnante l’avant-veille des dix kilomètres, double championne du monde des 5 kilomètres (2013 et 2015) et donc tenante du titre mondial: « les Américains ont quitté Gravelines le lendemain des 10 kilomètres pour visiter la région. Ils étaient bel et bien engagés, mais ils n’ont pas dû retrouver le chemin de retour, car on ne les a jamais revus » expliquait en riant un organisateur… 

Qui sait, en train de visiter le Louvre? 

MESSIEURS.- CINQ KILOMETRES.- 1. Logan FONTAINE, Vikings de Rouen, 52’25s9 ; 2. Marc-Antoine OLIVIER, Denain Porte du Hainaut, 52’28s2 ; 3. Ferry WEERTMAN, Pays-Bas, 52’40s2 ; 4. Jack BURNELL, GBR, 52’45s ; 5. Kristoff RASOVSZKY, HUN, 52’43s3; 6. Soren MEISSNER, GER, 52’59s10; 7. David AUBRY, Montpellier Métropole, 53’5s; 8. Mark PAPP, HUN, 53’19s; 9. David BRAND, AUT, 53’23s70; 10. Marcel SCHOUTEN, NED, 53’24s2.

DAMES.- CINQ KILOMETRES.- 1. Aurélie MULLER, Sarreguemines, 57’16s6 ; 2. Leonie Antonia BECK, GER, 57’18s10 ; 3. Océane CASSIGNOL, CFR-Occitanie, 58’35s4 ; 4. Danielle HUSKISSON, GBR, 58’41s40 ; 5. Lisa POU, Monaco, 58’42s3 ; 6. Léa MARCHAL, Montpellier Métropole, 58’47s3 ; 7. Coralie CODEVELLE, Sarcelles, 58’47s9 ; 8. Melinda NONVMATH, HUN, 58’55s40 ; 9. Alice DEARING, GBR, 59’19s6 ; 10. Janka JUHASZ, HUN, 59’23s1.