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ITALIE : GABRIELE DETTI DEVANCE GREGORIO PALTRINIERI SUR 800 MÈTRES, UNE DE SES DISTANCES FÉTICHES

Éric LAHMY

Jeudi 6 Avril 2017

Les sports exacts doivent être un des rares domaines où le passé ne vous donne aucun avantage au présent. La subjectivité n’entre en rien dans le résultat, lequel « tombe » comme un couperet.

Gregorio Paltrinieri en a fait l’expérience durant la troisième après-midi de finales des championnats d’Italie qui se tiennent à Riccione. Paltrinieri est le champion olympique du 1500 mètres ainsi que le recordman d’Europe du 800 mètres. On peut le considérer comme le meilleur nageur du monde…

…Il est moins costaud, en face de Gabriele Detti, sur cette dernière distance que sur 1500 mètres, où son énorme endurance lui confère une suprématie intimidante. Detti est beaucoup plus rapide, comme l’a démontré son 200 en 1’46s64 (record personnel) au départ du relais d’équipes, mais plus la distance augmente, plus Paltrinieri se rapproche jusqu’au point où il passe devant. La question est de savoir où se situe ce point. Et jusqu’alors, Paltrinieri prenait l’avantage, d’assez peu mais régulièrement, sur 800 mètres. Le point de rencontre de leurs courbes de vitesse devait se trouver quelque part entre six et sept cent mètres…

Aux mondiaux de Kazan, en 2015, Paltrinieri avait, en finissant 2e du 800 mètres derrière le Chinois Sun Yang, établi avec 7’40s81 le record européen de cette distance bâtarde entre quatre et quinze que la FINA impose partout mais qui ne passera pas facilement aux Jeux olympiques.

Sincèrement, la défaite de Paltrinieri à Riccione n’est pas une surprise. Il a pris beaucoup de temps de vacances après les Jeux, et s’est permis de siroter longuement sa célébrité nationale. Detti, en revanche, que ses deux médailles d’argent sur 400 et 1500 mètres n’avaient pas rassasié, avait repris le collier après une plus brève coupure.

Il affiche depuis une ambition féroce. Detti ne veut plus être le faire-valoir de Paltrinieri, dont il est le camarade et le rival d’entraînement – tous deux sont dirigés par l’oncle maternel de Detti. Il se passe entre ces deux ce qui se passa dans le passé entre Tim Shaw et Bruce Furniss, les deux premiers nageurs du monde entraînés par Dick Jochums ou encore ce que vivent les sœurs Campbell, voire encore la relation étrange que subissaient Stan Laurel et Oliver Hardy, ces deux inséparables de l’écran qui, dit-on, se détestaient cordialement dans la vie.

On doit se souvenir que Detti était en train de se rapprocher des sommets mondiaux (il nageait 7’42s et 14’52s en 2014) quand un ennui de santé (virulente infection urinaire) le mit en 2015 sur la touche pendant des mois, et le contraignit à déclarer forfait pour les mondiaux de Kazan. Il sut revenir à temps pour briller aux Jeux… mais pas assez à ses yeux.

…Non seulement Paltrinieri a été battu dans ce 800 mètres de frères ennemis, à Riccione, en 7’41s64 contre 7’48s89, mais il est clair qu’il pourrait aussi perdre le 1500 mètres, où Gabriele a battu Greg,  il y a vingt-six jours, toujours à Riccione, en 14’48s21 contre 15’2s67. Cela pourrait être pourtant plus serré cette fois.

RESTIVO : UN ÉTUDIANT EN MÉDECINE DE 1,75M ET 70 KG DONNE LA LEÇON AUX GÉANTS ET AUX PROS

Une surprise a égayé la journée : le record italien du 200 mètres dos, battu par Matteo Restivo, un étudiant en 3e année de médecine (il vise une spécialisation en cardiologie) qui semble avoir trouvé le moyen de conjuguer heureusement le sport le plus dur et les études les plus exigeantes. Restivo a nagé 1’56s55, et le record, polyuréthane et vieux de huit saisons, était détenu en 1’56s91 par Damiano Lestingi. Restivo, 3e nageur au monde sur la distance cette saison (cela va certes beaucoup changer, à la fin de l’année, il sera avec ce temps entre 15e et 20e) en outre, n’est pas un géant : 1,75m, 70 kg…

Mais il se décrit comme « un perfectionniste qui exige beaucoup de (lui-même). » Restivo a résisté aux poncifs du gabarit et du professionnalisme, afin de gagner sa place pour Budapest.

MESSIEURS.- 800 libre  : 1. Gabriele DETTI, Esercito SMGM Team Nuoto Lombardia, 7’41s64 ; 2. Gregorio PALTRINIERI, Fiamme Oro Roma/ Coopernuoto, 7’48s89.

DETTI 100 par 100: 55s24, 1’52s79, 2’51s06, 3’49s24, 4’47s56, 5’45s70, 6’44s16, 7’41s64

PALTRINIERI 100 par 100: 55s49, 1’53s35, 2’52s04, 3’51s29, 4’51s00, 5’50s76, 6’50s25, 7’48s89

200 dos : 1. Matteo RESTIVO, Florentia Nuoto Club, 1’56s55 (record d’Italie); 2. Luca MENCARINI, Fiamme Oro Roma, Canottieri Aniene, 1’57s81; 3. Christopher CICCARESE, Fiamme Oro Roma, Canottieri Aniene, 1’58s35.

50 papillon : 1. Piero CODIA, Esercito/ Canottieri Aniene, 23s67.

Quatre fois 100 mètres: 1. GSFiamme Oro Roma, 3’17s02 ; 2. GR Nuoto Fiamme Gialle, 3’17s70; 3. Centre Sportive Esercito, 3’18s. Meilleurs au départ: Lorenzo Zazzeri, 48s96, Marco Orsi, 49s05. Meilleurs temps lancés, Alessandro Miressi, 48s11, Filippo Magnini, 48s37

DAMES.- 200 dos : 1. Margherita PANZIERA, Canottieri Aniene, 2’10s88.

100 papillon : 1. Ilaria BIANCHI, Fiamme Azzurre/ Azzure 91.BO, 57s90 ; 2. Silvia DI PIETRO, Carabineri/ Circolo Canottieri Aniene, 58s07 ; 3. Elena DI LIDDO, Canottieri Aniene, 58s28.

400 4 nages : 1. Stefania PIROZZI, Fiamme Oro Roma/ Canottieri Napoli, 4’38s40 ; 2. Sara FRANCESCHI, Fiamme Gialle/ Nuoto Livorno, 4’40s18 ; 3. Ilaria CUSINATO, Team Veneto, 4’40s70 ; 4. Carlotta TONI, Esercito/ Rari Nantes Florentia, 4’42s38.

Les sélectionns après trois jours. Gabriele Detti, 400 libre en  3’43s36 (record d’Italie) et 88 libre en 7’4164; Nicolò Martinenghi, 50 brasse en 27″09 (en séries, 26s97, record d’Italie) et 100 brasse,  en 59s46, record du monde junior; Piero Codia, 100 papillon en 51″92; Federico Turrini, 400 quatre nages en 4’13s52; Simona Quadarella, 800 libre en 8’25s08 ; Federica Pellegrini, 100 libre en 53s92 ; Silvia Di Pietro, 100 libre en 54s11. Gregorio Paltrinieri, 800 libre en 7’48s89 ; Matteo Restivo, 200 dos en 1’56s55 (record d’Italie). 4×100 libre messieurs, avec Luca Dotto, 48s66, Ivano Vendrame, 48s68, Alessandro Miressi, 48s71, et Filippo Magnini, 48s85 ; 4×100 libre dames avec Federica Pellegrini, 53s92, et Silvia Di Pietro, 54s11. 4×100 4 nages messieurs avec Nicolo’ Martinenghi (brasse), Piero Codia (papillon) et Luca Dotto (libre).

PELLEGRINI A BON DOS MAIS MEILLEUR « LIBRE »

Éric LAHMY

Jeudi 6 Avril 2017

Matinée « tranquille » à Riccione, où Federica Pellegrini s’est qualifiée avec le meilleur temps dans les séries du 200 mètres dos, avec 2’10s70, mais a décidé de ne pas s’aligner en finale. Federica avait noté, après son 100 mètres nage libre, que c’était en crawl quelle obtenait les meilleures satisfactions. Elle en a tiré la conclusion qu’elle ne devait pas se disperser. 2’10s70, nagés à fond, indiquent ses limites, ils constituent un temps honorable, mais éloigné de ce que font les meilleures du monde, entre 2’6s et 2’8s. Pellegrini semble aimer beaucoup le dos, mais sa réussite y est moindre ; son record personnel sur 200 y est de  2’8s05 en 2013, mais n’est pas record italien (2’8s03 par Alessia Filippi), alors qu’elle est recordwoman du monde du 200 libre (1’52s98) avec combinaison il est vrai.

Pellegrini a surtout été de presque tous les podiums olympiques et mondiaux sur 200 mètres libre et croit que c’est là qu’elle aura une carte à jouer (et sans doute une revanche à prendre après sa 4e place aux Jeux derrière Ledecky, Sjöström et McKeon). Elle s’est donc déclarée un peu fatiguée, enrhumée, ne nagera pas la finale du 200 dos et se reposera en vue du 200 libre.

A part ça ? Piero Codia a nagé un 50 papillon en 23s57, et on a compté trois dossistes sous les deux minutes, annonçant une possible bataille pour le titre entre Luca Mencarini, 1’59s07, Matteo Restivo, 1’59s76 et Christopher Ciccarese, 1’59s92.

Le nombre de qualifiés pour Budapest s’accroit de façon satisfaisante pour les sélectionneurs, les nageurs répondant au défi de minima sévères mais raisonnables.

Gabriele Detti, 400 libre en  3’43s36 (record d’Italie); Nicolò Martinenghi, 50 brasse en 27″09 (en séries, 26s97, record d’Italie) et 100 brasse,  en 59s46, record du monde junior; Piero Codia, 100 papillon en 51″92; Federico Turrini, 400 quatre nages en 4’13s52; Simona Quadarella, 800 libre en 8’25s08 ; Federica Pellegrini, 100 libre en 53s92 ; Silvia Di Pietro, 100 libre en 54s11. 4×100 libre messieurs, avec Luca Dotto, 48s66, Ivano Vendrame, 48s68, Alessandro Miressi, 48s71, et Filippo Magnini, 48s85 ; 4×100 libre dames avec Federica Pellegrini, 53s92, et Silvia Di Pietro, 54s11, Erika Ferraioli, 55s30, Aglaia Pezzato, 55s37.

OU EST PASSÉ, ET COMMENT SAUVER, LE PLONGEON FRANÇAIS

Par Daniel CAOUS

 Mercredi 5 Avril 2017

La communauté du plongeon français – l’une des 5 disciplines olympiques de la natation – peut se réjouir particulièrement de l’arrivée du nouveau président de la Fédération française de natation, Gilles Sezionale, ainsi que du renouvellement de l’équipe dirigeante. Avec, dans la composition de ce nouveau comité directeur la présence de Messieurs Serge Brunet et Michel Boussard, tous deux gens de consensus :

– le premier, ayant infatigablement défendu historiquement les intérêts du plongeon en Bretagne (sa région de rattachement) et très sensible à la présence de cette discipline, en ayant particulièrement œuvré en 2007 et 2010 pour le maintien et la rénovation des installations de plongeon, à Rennes (l’une des trois piscines opérationnelles avec plongeoirs de 1 m à 10 m, couverts et clubs de plongeon en activité).

– le second, déjà présent dans les précédents comités directeurs de la FFN au fil des anciennes mandatures, particulièrement dévoué, compétent, excellent technicien ; il est à ce jour un homme de référence dans le plongeon international pour son concept de la discipline.

Toutefois, le président Sezionale et sa nouvelle équipe auront fort à faire pour redynamiser le plongeon français : celui-ci – en dépit de cadres fédéraux dévoués, d’entraîneurs de clubs et de bénévoles passionnés – a été laissé en jachère depuis 25 ans par désintérêt, négligence, absence d’une vision ambitieuse de la part du noyau décisionnaire de l’ancienne Présidence.

Quelques exemples :

– Sait-on que depuis 1990, le nombre de clubs où le plongeon est enseigné est passé d’environ 25 à une dizaine, à peine ?

– Sait-on que peu d’actions de lobbying ont été entreprises « de haut » pour contrecarrer les projets de destructions d’équipements de plongeon opérationnels dans le pays, et qu’il aurait fallu rénover ou reconstruire ? Dans certaines villes où des organisations de compétitions nationales de plongeon se sont soit déroulées par le passé, soit étaient possibles (Pau, Bordeaux, Massy, Montélimar, Condom, Brive, Dreux, Tours, Audincourt, et tout dernièrement Lille et Poitiers), les élus locaux gestionnaires ont fait le choix de supprimer les fosses à plongeon et les plongeoirs.

Ceci a pu se faire en parfaite connaissance de cause de la part de la FFN, sans que des actions de lobbying indispensables n’aient eu lieu pour limiter la casse. Absence d’actions ou d’incitations, cautionnant de fait les reconstructions / reconversions en centres aquatiques insipides avec toboggans ruineux et ambiance lisse, ennuyeuse, non sportive, (comme lu plus bas, sur l’excellent fil « Journal d’un nageur de l’ère post Trump », 19/3/2017), ceci au frais du contribuable.

Mais également absence ou manque d’actions de la FFN vers les élus locaux en vue d’inciter à compléter les projets et réalisations d’équipement nautiques à caractère sportif, où seule la discipline reine a / a eu sa place (Dijon, Chartres, Saint-Raphaël, Montpellier : établissements luxueux aux noms pompeux mais non dotés de plongeoirs ; identiquement pour des projets comme celui de Reims où « ce n’est pas prévu »). Honteux.

À L’INSEP LE PLONGEON S’ARRÊTE À CINQ MÈTRES

Sait-on, a-t-on conscience à ce jour que la reconstruction de la piscine de l’Insep s’est heurtée aux règlementations ubuesques du plan d’occupation des sols et qu’il n’a pas été possible d’y adjoindre une fosse à plongeon avec plates-formes supérieures à 5m ? Ceci dans l’institut national du sport français ?! Dans la capitale du pays France ?! Et que suite à pareil manque, nos athlètes plongeuses et plongeurs sont obligés continuellement à effectuer des navettes incessantes entre l’Insep et la le stade nautique de Montreuil-sous-Bois ? Honteux.

Sans vouloir tirer sur l’ambulance qui vient d’évacuer certaines « élites fédérales » – mot bien galvaudé – usées par l’effort du pouvoir (mais guère par l’effort de leurs actions) : qui peut citer des initiatives incitant les élus des villes à valoriser le plongeon ? Au moins autour d’une table lors des projets connus, encore sur plan, qu’il aurait été possible de modifier, compléter, avant que les budgets afférents de ces constructions ne soient ficelés ?

Et surtout qu’à ce jour en France, désormais seules 3 installations de Plongeon à la fois couvertes avec plates-formes de 10 mètres (Rennes, Schiltigheim, Montreuil-sous-Bois) permettent l’organisation biannuelle des Championnats nationaux de Plongeon ? Ceci en regroupant les Championnats des jeunes par catégories d’âges avec le Championnat de Plongeon « Elite » pour éviter les contraintes d’absence de lieux et de mise à disposition ?

Sait-on que ces 3 installations ne sont même plus aux normes internationales (largeur des plates-formes de haut-vol), interdisant de facto toute compétition internationale dans le pays ? A-t-on conscience que si la France décide un jour d’organiser un Championnat d’Europe ou du Monde de Natation, elle ne le pourra pas : en effet les 4 disciplines de piscine doivent être présentes sur une même ville et le plongeon doit y être représenté avec des installations aux normes exigées par la FINA ?

Tout ceci, en comparant avec nos amis allemands, anglais, italiens, espagnols, nous place hélas bon derniers parmi les pays dits « riches », tant en terme d’infrastructures de plongeon et de clubs où cette discipline est enseignée, pratiquée. La France, candidate aux jeux olympiques de 2024 n’est guère crédible si l’on s’en tient à ces points : elle fait pâle figure ! Et finalement encore plus pâle figure à l’heure où des rumeurs font état d’une fosse à plongeon… démontable  (!!!) pour le futur centre aquatique J.O. Paris 2024, de Saint-Denis.

Alors, à partir du moment où les équipements de plongeon manquent et où ceux qui existaient sont détruits, comment est-il possible d’y installer des clubs de plongeon et des « encadrants » ?

Et pourtant, par la succession des différentes directions techniques du plongeon français très compétentes et efficientes, adossées à des cadres professionnels et bénévoles dévoués et passionnés, le plongeon français peut s’enorgueillir d’avoir eu et d’avoir encore des athlètes, plongeuses et plongeurs, qui obtiennent des performances internationales intéressantes. Mais ces résultats constituent à ce jour un cache misère au regard du constat de la disparition des clubs de plongeon en France. Des bouts de ficelle pour faire fonctionner le peu de clubs de plongeon restants.

Les professionnels et bénévoles du plongeon français – qui depuis des années sacrifient beaucoup de leur temps libre – ont besoin d’être rassurés. La nouvelle mandature de Monsieur Sezionale aura fort à faire en matière d’idées, comme force de propositions, et en termes de lobbying en faveur du plongeon français. La natation, au sens des instances fédérales et quels que soient les pays, est constituée de 5 disciplines dont le plongeon. Il convenait, dans cet article un peu long, de repréciser les choses dans le contexte français.

Daniel CAOUS, Officiel fédéral et Juge national de Plongeon à la FFN, Encadrant BF2 / ENF3 Plongeon, Pratiquant la discipline en niveau « Maîtres 50-59 ans », à Rennes, Dirigeant du CPB Plongeon de Rennes (Président de ce groupe de 2000 à juin 2016), Membre de la Commission nationale de développement du Plongeon 2013-2017,

NICOLO’ MARTINENGHI, 59s46, RECORD DU MONDE JUNIOR, A LA POURSUITE D’ADAM PEATY

Éric LAHMY

Mercredi 5 Avril 2017

Nous avions laissé Nicolo’ Martinenghi, ce matin, auteur d’un nouveau record d’Europe juniors du 100 mètres brasse ; en finale, au cours de cette 2e journée de championnats d’Italie, à Riccione, il a battu le record du monde de la catégorie d’âge, avec 59s46, frôlant cette fois le record d’Italie des seniors, qui est de 59s42 depuis les mondiaux 2011 de Shanghai. L’auteur de ce vieux record, Fabio Scozzoli, présent dans la finale de Riccione, tenta de porter la contestation à ce jeune et talentueux concurrent. Il ne put l’empêcher de mener au virage, mais de peu, 27s65 contre 27s73. Puis il ne put que s’accrocher. Martinenghi, à l’arrivée, dépassait le record du monde junior (59s82, Michael Andrew) d’un gros tiers de seconde, et Scozzoli ratait de 12/100e le mur de la minute. Martinenghi n’est devancé cette saison que par le Britannique Adam Peaty (58s86), et précède quant à lui le Sud Africain Cameron Van Den Burgh, 59s73, le Chinois Zibei Yan, 59s79 et le Japonais Ippei Watanabe, 59s99.

Mais le plus impressionnant demeure dans la vitesse à laquelle il s’impose dans cette course…

SIMONA QUADARELLA IMPOSE SA « GRINTA » SUR 800

A 18 ans et 3 mois (née le 18 décembre 1998) la Romaine Simona Quadarella a gagné aisément le 800 mètres dames. Sans un gabarit extraordinaire (1,70m, 55 kg), mais dotée de la « grinta » (le punch, le mordant) de la championne, elle s’est hissée au niveau de l’élite dès 2012. Elle a gagné le 800 aux Jeux olympiques des jeunes (Nankin, 2014) et aux championnats d’Europe juniors (Dordrecht, 2015), puis le 1500 mètres des mondiaux juniors (Singapour 2015).

Son temps réussi ici à Riccione, l’aurait qualifiée in extremis en finale de l’épreuve aux Jeux de Rio (devant Mireia Belmonte), c’est dire qu’elle se situe à un joli niveau. Elle reste en-deça de l’ « énorme » 8’17s21 d’Alessia Filippi, réalisé quand elle devint championne du monde 2009 à Rome (au sommet de la vague des combinaisons polyuréthane, il est vrai). Elle n’en reste pas moins l’espoir de la natation italienne, et à part Katie Ledecky, elle se trouve à portée de tout ce qui nage aujourd’hui.

Federico Turrini, 30 ans en juillet prochain, n’est pas ce qu’on appelle un poussin de la dernière couvée. C’est un solide besogneux du 400 mètres quatre nages qui a atteint le niveau médaille de bronze européenne en petit bassin (2010) et grand bassin (2013). 19e des Jeux de Londres, en 2012, et son apex en 2013, année où il a établi ses records et gagné les titres italiens des 200 dos, 200 et 400 quatre nages. Diplômé, à Pise, en économie et législation des systèmes logistiques, son avenir extra-sportif est assuré. Point noir de sa carrière, il a été disqualifié en 2007, suite aux mondiaux militaires d’Hyderabad, pour avoir été trouvé « non positif » à un contrôle antidopage. Il reste le patron des quatre nages au-delà des Alpes…

Le quatre fois 100 dames a gagné le droit de nager à Budapest, à l’issue d’une finale enlevée par Pellegrini. L’addition des temps des quatre premières de la course dépasse de 1s30 le minimum exigé par les sélectionneurs. Les quatre filles qui ont terminé dans l’ordre à Riccione étaient celles qui avaient terminé 6e de la finale olympique de Rio, juste devant les Françaises.

Dans le relais quatre fois 200 messieurs, Gabriele Detti, qui s’élançait en tête dans l’équipe du centre sportif de l’armée, signait un 1’46s64 (record personnel) qui donnait à son équipe trois secondes d’avance sur ses plus forts concurrents.  Mais finalement, l’armée dut concéder l’ex-aequo aux Canotiers d’Aniene, lesquels revenaient fort grâce à un beau parcours lancé de 1’46s19 de Magnini, que ses 35 ans d’âge n’affectent pas excessivement !

MESSIEURS.- 100 brasse : 1. Nicolo’ MARTINENGHI, Nuoto Club Brebbia, 59s46; 2. Fabio SCOZZOLI, Esercito/ Imolanuoto, 1’0s12; 3. Andrea TONIATO, Fiamme Gialle/ Team Veneto, 1’0s96; 4. Federico POGGIO, Team Insubrika, 1’1s09.

100 papillon : 1. Piero CODIA, Esercito/ Circolo Canottieri Aniene, 51s92; 2. Matteo RIVOLTA, Fiamme Oro Roma, 52s12; 3. Giacomo CARINI, Fiamme Gialle/ Vittorino da Feltre, 52s29.

400 4 nages : 1. Federico TURRINI, Esercito/ Nuoto Livorno, 4’13s52; 2. Giorgio GAETANI, Esercito/ Larus Nuoto, 4’17s85.

4 fois 200 mètres: 1. ex-aequo, Circolo Canottieri Aniene et Centro Sportivo Esercito, 7’15s60 ; 3. Fiamme Oro Roma, 7’21s78.

DAMES.- 100 libre : 1. Federica PELLEGRINI, Circolo Canottieri Aniene, 53s92; 2. Silvia DI PIETRO, Carabinieri/ Circolo Canottieri Aniene, 54s11; 3. Erika FERRAIOLI, Esercito/ Canottieri Aniene, 55s30; 4. Aglaia PEZZATO, Esercito/ Team Veneto, 55s37.

800 libre : 1. Simona QUADARELLA, Fiamme Rosse/ Circolo Canottieri Aniene, 8’25s08 ; 2. Martina Rita CARMIGNOLI (Fiamme Oro Roma/ Unicusano Aurelia, 8’31s26 ; 3. Giulia GABBRIELLESCHI, Nuotatori Pistoiesi, 8’32s48.  

200 brasse  2’26s65 : 1. Giulia VERONA, SMGM Team Nuoto Lombardia, 2’25s81.

50 papillon : 1. Silvia DI PIETRO, Carabinieri/ Circolo Canottieri Aniene, 26s03.

NICOLO’ MARTINENGHI, 59s84, RECORD D’EUROPE JUNIORS, AIME LES BATTRE EN SÉRIES

DEUXIÈME JOURNÉE DES CHAMPIONNATS D’ITALIE À RICCIONE. COMME HIER SUR 50 BRASSE, LE JEUNE ITALIEN PRODUIT L’EXPLOIT EN QUALIFICATIONS : ICI IL FRÔLE DE DEUX CENTIÈMES LE RECORD DU MONDE JUNIOR

Éric LAHMY

Mercredi 5 Avril 2017

Déjà recordman du monde junior du 50 mètres brasse depuis la veille, Nicolo’ Martinenghi s’est emparé, en séries, du record européen junior de la distance double, en 59s84. Il n’a plus qu’à renager sous les 1’0s09 exigés par la direction technique italienne pour se qualifier aux mondiaux sur cette épreuve (et donc automatiquement sur quatre fois cent mètres quatre nages). Le record mondial junior de l’Américain Michael Andrews, 59s82, a été effleuré. Le record national italien, 59s42, de Fabio Scozzoli reste éloigné…

Autre possibilité de minimum mondial, celui du relais quatre fois 100 mètres libre dames, 3’40s00. A l’issue des qualifications, Federica Pellegrini, 54s89, Silvia Di Pietro, 55s24, Erika Ferraioli 55s47, Laura Letrari, 55s71, se retrouvent, à l’addition, à 1s41 de l’objectif, mais Pellegrini n’a pas jeté tout son venin. N’a-t-elle pas nagé 53s18 sur la distance ? De la même façon, si Di Pietro, 54s52, et Ferraioli, 54s30 retrouvent leur meilleure valeur, le relais passera haut la main. mais rien n’est sûr, soumis à la forme de ce début de saison post-olympique..;

Sur 100 mètres papillon, Piero Codia, 52s16, est le plus proche de la qualification. Sur 800 mètres, la vice-championne olympique du 10 kilomètres Rachele Bruni s’est qualifiée avec le 2e temps, 8’47s98.

Mais la grande nouvelle de la journée, c’est que Gabriele Detti nagera la première fraction du relais quatre fois 200 mètres avec l’Esercito. La RAI filmera sa course en direct !

 

UN GABRIELE DETTI TAILLE PATRON DU 400 METRES, EFFACE LE GLORIEUX RECORD DE MASSIMO ROSOLINO

UN GABRIELE DETTI TAILLE PATRON DU 400 METRES, EFFACE LE GLORIEUX RECORD DE MASSIMO ROSOLINO

Éric LAHMY

Mardi 4 Avril 2017

Gabriele Detti était attendu, et Gabriele Detti a délivré à la commande. A l’issue d’un 400 mètres assez esseulé, en finale, à Riccione, des championnats d’Italie, le double médaillé de bronze olympique (400 et 1500) de Rio a nagé 3’43s36, quatre centièmes plus vite que l’antique référence établie par Massimo Rosolino. Ce dernier s’était battu à mort afin d’arracher, ce jour là, en 3’43s40, l’argent olympique derrière un immense Ian Thorpe (3’40s59).

Detti était attendu à ce niveau. Mais il fallait qu’il y aille seul. Son second finissant une douzaine de mètres derrière lui.

Detti, l’an passé, avait nagé en 3’43s97 (aux championnats d’Italie) et en 3’44s01 (avec ce temps il avait dominé les championnats d’Europe de Londres). Puis aux Jeux olympiques, il s’était encore rapproché du record de Rosolino, avec 3’43s95 en série et 3’43s49 en finale… Sa régularité était impressionnante.

Pour améliorer le record, cet après-midi, Detti se fia à son sens du rythme ; personne à ses côtés pour lancer la course, pour faire grimper son adrénaline, pour le pousser dans ses retranchements ; donc il nagea comme il sait le faire, dans son style à la fois puissant et véloce, très différend de la laideur efficace de son équipier Paltrinieri, de façon très équilibrée, 1’51s07 et 1’52s29. Par cent mètres, il réalisa 54s35, 56s72, 56s80 et 55s49.

S’il continue de progresser à ce rythme, il sera très difficile à battre à Budapest dans trois mois et demi… « Je n’ai pas pu changer de rythme comme je le voulais, mais je vaux une seconde et demie de mieux, expliquait-il après sa course. Mon but est un 3’41s à Budapest, car c’est le temps qu’il faut pour gagner. »

LUCA DOTTO GAGNE. UN FORMIDABLE QUATRE FOIS 100 ITALIEN SURGIT DE L’ONDE

… On peut voir cette première journée de championnats italiens sous plusieurs angles. Ainsi celui de la qualité : six nageurs sont qualifiés pour Budapest. Ainsi celui d’une lutte générationnelle. Le renouveau a été assuré, mais la jeune vague n’a pas déferlé sur un rivage tranquille, car l’ancienne, dans son reflux, ne manquait pas parfois de la submerger plus qu’à son tour. Sur 100 mètres libre, si Ivano Vendrame, 20 ans, et Alessandro Miressi, 19 ans, montaient bien sur le podium, c’était derrière Luca Dotto, plus ancien nageur des carabiniers, qui a donc fait la police. Il s’en est fallu de peu : à respectivement deux et cinq centièmes de secondes, ces jeunes lui auraient manqué de respect !

Dotto, le premier italien à passer sous les 48 secondes, n’a pas eu besoin de son record (47s96, réussis au départ du relais italien des sélections olympiques en 2016) pour gagner. Mais l’élégant mannequin d’Emporio Armani est désormais assuré qu’il ne sera pas seul en course pour l’Italie dans son épreuve fétiche. Champion d’Europe du 100 mètres l’an dernier, mais seulement 13e des Jeux olympiques – où cinq nageurs du vieux continent le passèrent – Dotto pourra se féliciter de la force collective du relais italien, seulement neuvième aux Jeux olympiques de Rio, mais d’ores et déjà assuré, sauf accident, de passer le quatuor français aux mondiaux de Budapest, en juillet prochain.

Sur 400, Alice Mizzau était placée sous la menace d’une talentueuse Simona Quadarella. Mais Mizzau, partie s’entraîner en 2015 à Sabadell chez Fred Vergnoux, avait l’avantage de l’expérience, et, de plus, le mental d’une conquérante. Ce qui la fit partir à pleine vitesse, passant en 28s74 et 59s40, laissant alors Quadarella derrière son battement de jambes. Aux 300 mètres, Alice disposait encore de deux secondes d’avance sur Simona laquelle était elle aussi détachée du peloton des suivantes. Dans la dernière longueur, Quadarella lança un sprint impressionnant, reprit presque toute son avance, mais partie de trop loin, elle était battue.

Si Dotto et Mizzau ont tenu en respect des jeunes très remuants, ni Zofkova, ni l’illustre Pellegrini n’ont pu, sur 100 mètres dos dames, contrer Tania Quaglieri, 17 ans, qui, passée deuxième aux 50 mètres derrière Silvia Scaglia, s’imposait avec un record italien des cadettes, 1’0s96. Nicolo’ Martinghieri, pour sa part, restait un peu en-dessous de son prestigieux 26s97 des séries, sur 50 brasse, mais gagnait nettement en 27s09.  

 MESSIEURS.- 100 libre  : 1. Luca DOTTO, Carabinieri/ Larus Nuoto, 48s66 ; 2. Ivano VENDRAME, Esercito/ Larus Nuoto, 48s68 ; 3. Alessandro MIRESSI, Fiamme Oro Roma/ Torino, 48s71 ; 4.  Filippo MAGNINI, Circolo Canottieri Aniene, 48s85 ; 5. Marco ORSI, Fiamme Oro Roma/ UISP Bologna, 49s17 ; 6. Lorenzo ZAZZERI, Florentia Nuoto, 49s25 ; 7. Alessandro BORI, Fiamme Gialle/ SMGM Nuoto Lombardia, 49s29. Finale B : Giovanni IZZO, Esercito/ Imola Nuoto, 49s39.  

400 libre : 1. Gabriele DETTI, Esercito/ SMGM TeamLombardia, 3’43s36 (record d’Italie, ancien record, Massimo ROSOLINO, 3’43s40 aux Jeux olympiques de Sydney, en 2000) ; 2. Filippo MEGLIO, Florentia Nuoto, 3’50s28; 3. Domenico ACERENZA, Canottieri Napoli, 3’50s40; 4. Alex Di GIORGIO, Canottieri Aniene, 3’50s41.

100 dos : 1. Simone SABBIONI, Esercito/ Swim Pro, 54s14; 2. Matteo MILLI, SMGM Lombardia, 54s24; 3. Matteo RESTIVO, Florentia Nuoto, 54s35; 4. Christopher CICCARESE, Fiamme Oro Roma/ Canottieri Aniene, 54s67.

50 brasse : 1. Nicolo’ MARTINENGHI, Nuoto Club Brebbia, 27s09; 2. Fabio SCOZZOLI, Esercito/ Imola, 27s33; 3. Mattia PESCE, Fiamme Oro Roma, 27s52; 4. Andrea TONIATO, Fiamme Gialle/Veneto, 27s72.

DAMES.- 400 libre : 1. Alice MIZZAU, Fiamme Gialle/ Veneto, 4’7s72; 2. Simona QUADARELLA, Fiamme Rosse/ Circolo Canottieri Aniene, 4’8s16; 3. Martina Rita CARAMIGNOLI, Fiamme Oro Roma/ Unicusano Aurelia, 4’11s41.

100 dos : 1. Tania QUAGLIERI, Sea Sub Modena, 1’0s96 ; 2. Carlotta ZOFKOVA, Carabinieri/ Imola, 1’1s03; 3. Federica PELLEGRINI, Circolo Canottieri Aniene, 1’1s13; 4. Silvia SCALIA, Circolo Canottieri Aniene, 1’1s33.

200 papillon : 1. Stefania PIROZZI, Fiamme Oro Roma / Circolo Canottieri Napoli, 2’8s64.

MISSY FRANKLIN OPÉRÉE DES ÉPAULES : LE RETOUR SERA LONG

Mardi 4 Avril 2017

 Missy Franklin a annoncé qu’elle était en train de récupérer d’une double opération (une par épaule). La double championne olympique et multi-championne du monde de dos aux Jeux olympiques de Londres souffrait depuis 2016 (une saison particulièrement décevante pour elle) des épaules, mais ce n’est qu’en janvier dernier qu’une radio décela la cause de ses douleurs, une double bursite. Après ses opérations, elle doit se reposer. « Je suis dans l’eau, mais dans des temps limités » a-t-elle expliqué. D’après le Washington Times, elle nage actuellement à l’Université de Californie où elle a évolué deux années en NCAA, avant de passer professionnel à l’approche des Jeux olympiques de Rio. Elle estime qu’il lui faudra du temps pour revenir, que ce sera dur mais qu’elle ne perd pas espoir. D’après ses déclarations, on ne risque pas de la voir l’été prochain sur un podium! En revanche, si les opérations se sont bien passées (Cate Campbell a eu droit au même traitement), on n’a peut-être pas fini d’entendre parler de Missy Franklin, la nageuse. Eric Lahmy

SERIAL « KILLERS » À L’ITALIENNE : NICOLO’ MARTINENGHI ET GABRIELE DETTI SE PLACENT DANS LE GOTHA

MARTINENGHI DEVIENT RECORDMAN DU MONDE JUNIOR ET DETTI CONFIRME QU’IL VEUT S’IMPOSER CETTE ANNÉE

SÉRIES DU PREMIER JOUR DE CHAMPIONNATS ITALIENS : RECORD DU MONDE JUNIOR DU 50 MÈTRES BRASSE POUR MARTINENGHI, FORT 400 MÈTRES DE VALEUR MONDIALE POUR DETTI.  

Éric LAHMY

Mardi 4 Avril 2017

Dès les séries, de bon matin, les championnats d’Italie 2017, qui se tiennent jusqu’au 8 avril à Riccione, juste au sud de Rimini, sur la Côte Adriatique, ont produit quelques étincelles : il n’est pas indifférent de partir du bon pied.

Particulièrement intéressant : la montée d’une équipe de jeunes qui avait montré le bout du talent aux compétitions juniors, européennes ou mondiales, et qui entend confirmer. L’Italie a toujours produit des cargaisons de juniors qui disparaissaient à l’âge adulte. Ont-ils enfin trouvé la martingale, le truc pour en garder ?

Un jeune brasseur, Nicolo’ Martinenghi, 18 ans le 1e août prochain a nagé 26s73 au 50 mètres brasse : ce temps est à la fois record d’Italie (Andrea Toniato, 27s06 à Gwangju, le 8 juillet 2015), record du monde junior (27s32 par lui-même le 16 décembre dernier à Riccione), meilleur temps mondial de l’année devant les 26s86 d’Adam Peaty (ce qui est un gage de qualité).

Le meilleur temps mondial, en 2016, est détenu par le Peaty, avec 26s66.

Dans le classement tous temps, Nicolo’ n’est pas loin non plus, et en bonne compagnie : Peaty, 26s42, Cameron Van Den Burgh, RSA, 26s62, Damir Dugonjic, SLO, 26s70…

Suivi à Varese par Marco Pedoja, Martinenghi, qui vit à Azzate, est attendu comme le loup blanc en Italie, où ses performances sur 100 brasse, dès l’an dernier, auraient pu lui ouvrir la participation olympique à Rio, si les règles n’avaient été un peu trop clairement définies. Engagé sur les rails des compétitions de jeunes, il avait nagé 1’0s30 en Hongrie, où se tenaient les Europe juniors. Le temps le qualifiait pour les Jeux, mais pas la date, ni la compétition, et Nicolo’ put rêver carnaval olympique depuis Azzate.

Avant Riccione, on ne parlait que de lui, du Turinois Alessandro Miressi, de ses 19 ans, de ses 2,02m « d’un physique encore tout à construire » et de son impressionnante prise d’eau, et aussi de Simona Quadarella. Ivano Vendrame, 20 ans, déjà beaucoup plus « travaillé » physiquement, a dominé (d’un poil) les séries du 100 mètres devant Luca Dotto, de sept ans son aîné, et Miressi. Quadarella s’est qualifiée « cool » sur 400 dames, mais est restée à cinq secondes de Budapest.

Le gros truc, outre Martinenghi, cela a quand même été le 400 en séries de Gabriele Detti. Le double médaillé mondial a nagé un fort 3’45s92, à quelques dixièmes de son fort 4’45s28 de Milan, le mois dernier. Il a laissé loin derrière une cohorte de seconds (six nageurs à 3’53s), passant en 1’51s25 à mi-course et sans trop chercher à finir très vite (en 57s11). Après un mois à fêter ses médailles, il a repris le collier, « tête baissée. » Detti nagera aussi les relais 4 fois 100 et 4 fois 200, le 200, le 800 et le 1500 mètres. Déjà qualifié pour Budapest en séries par son temps, il devra répéter en finale un temps égal au minimum.

Les meilleurs temps des séries de ce matin :

MESSIEURS.- 100 libre (minimum pour Budapest, 48s49): 1. Ivano Vendrame, (Essercito Larus Nuoto), 48s93 ; 2. Lucca Dotto (Carabinieri Larux Nuoto), 48s96 ; 3. Alessandro Miressi (Fiamme Oro Roma/CN Torino) 49″28.

400 libre (minimum, 3’46”79): 1. Gabriele Detti (Esercito/SMGM Team Nuoto Lombardia) 3’45″92; 2. Alex Di Giorgio (CC Aniene) 3’53″16; 3. Domenico Acerenza (CC Napoli) 3’53″17.

100 dos (minimum, 53s69): 1. Simone Sabbioni (Esercito/Swim Pro SS9), 54″78; 2. Matteo Restivo (Fiorentina NC), 54″80; 3. Christopher Ciccarese (Fiamme Oro Roma/CC Aniene), 54″81.

50 brasse (minimum, 27s29): 1. Nicolò Martinenghi (NC Brebbia) 26″97 (Record d’Italie, précédent Andrea Toniato, 27″06 le 8/7/2015 à Gwangju, Corée) ; 2. Andrea Toniato (Fiamme Gialle/Team Veneto), 27″55; 3. Fabio Scozzoli (Esercito/Imolanuoto), 27″60.

DAMES.- 400 libre (minimum, 4’6s19): 1. Simona Quadarella (Vv.FF. Fiamme Rosse/CC Aniene) 4’11″49 ; 2. Luisa Trombetti (Fiamme Oro Roma/RN Torino) 4’11″56 ; 3. Erica Musso (Fiamme Oro Roma/Andrea Doria) 4’11″78.

100 dos (minimum, 1’0s19): 1. Carlotta Zofkova (Carabinieri/Imolanuoto) 1’1″41 ; 2. Federica Pellegrini (CC Aniene) 1’1″68; 3. Stefania Cartapani (SMGM Team Nuoto Lombardia) 1’1″93.

200 papillon (minimum 2’7s89) : 1. Aurora Petronio (RN Torino) 2’10″54 ; 2. Stefania Pirozzi (Fiamme Oro Roma/CC Napoli) 2’12″21 ; 3. Claudia Tarzia (Esecito/Genova Nuoto My Sport) 2’13″84.

AVEC REGAN SMITH, LES USA TIENNENT-ILS UN REGAIN DE NATALIE COUGHLIN OU MISSY FRANKLIN ?

AVEC REGAN SMITH, LES USA TIENNENT-ILS UN REGAIN DE NATALIE COUGHLIN OU MISSY FRANKLIN ?

Éric LAHMY

Dimanche 2 Avril 2017

Une dossiste de quinze ans (anniversaire en février), Regan SMITH, se présente aux Etats-Unis comme la prochaine Natalie COUGHLIN, ou Melissa FRANKLIN. SMITH n’a cessé de ratisser les records américains des jeunes catégories d’âge. Son coach, Mike PARRATTO, qui achève dans le Minnesota une belle carrière passée entre le sud et l’Etat d’Indiana [avec son épouse Amy, entraîneur de plongeon, et sa fille Jessica, plongeuse olympique], et a emmené dans le passé la recordwoman du monde du 100 mètres Jenny THOMPSON, dit de sa dernière trouvaille : « elle suit la voie de Missy FRANKLIN, cela ne garantit rien pour l’avenir mais c’est bon de voir ça. »

Regan est la 7e nageuse au monde de 15 ans à avoir « cassé »la minute au 100 mètres dos, avec un temps de 59s74, lors des « sectionals » de Speedo, à Indianapolis. Le site US Swim Swam donne le classement qui suit des meilleures nageuses de 100 dos de quinze ans : 1. Minna Atherton, Australie, 59s37 (2015) ; 2. Missy Franklin, USA, 59s56 (2011) ; 3. Emily Seebohm, Australie, 59s59 (2008) ; 4. Mie Nielsen, Danemark, 59s69 (2012) ; 5. Regan Smith, USA, 59s74 (2017) ; 6. Rachel Bootsma, USA, 59s77 (2009) ; 7. Daria K. Ustinova, Russie, 59s78.

L’année est loin d’être finie, et donc Regan pourrait bien battre le record d’Atherton dans sa tentative de se qualifier aux championnats du monde de Budapest.

Son précédent record personnel, 1’0s26, datait du 5 août dernier ; elle l’avait accroché, lors du dernier US Open, en finale, après avoir, en séries, en 1’0s31,  battu le record US des 14 ans de Missy Franklin, 1’0s50 en 2009. Toujours à l’US Open, Smith avait réalisé 2’11s41 au 200 dos.  Elle excelle aussi sur 100 mètres papillon et fait mieux que se débrouiller en nage libre.

C’est ainsi qu’à Indianapolis, Regan a nagé le 200 dos en 2’9s79, devançant Grace Ariola, 16 ans, 2e, 2’12s21, lancé le relais quatre fois 200 mètres libre de Riptide en 2’1s90 (un temps battu dans la finale individuelle par Vien T. Nguyen, 2’0s51, et Melissa Pish, 2’1s77), puis celui du 4 fois 50 mètres quatre nages en 28s75 (dos). Elle s’est qualifiée, sur 100 papillon, avec le meilleur temps, 1’0s92, avant de l’emporter en finale en 1’0s21. Ce matin (décalage horaire défavorable) elle était en course pour la finale du 100 libre.

Regan, qui vit à Lakeville [ville du Comté de Dakota, au sud des cités jumelles de Minneapolis et St.Paul, dans l’Etat de Minnesota], nage au Riptide Swim Club, à St-Paul, où ses exploits aquatiques lui auraient déjà mérité le surnom de « Riptide Rocket ». Rien de prédestiné, signale son père, Paul. Ses parents n’ont jamais nagé.

Elle, apprit  à deux ans, se lança dans les compétitions à sept ans et demie, après avoir vu sa sœur aînée Brenna disputer des courses, et réussit assez vite des temps intéressants. « Au club, vous avez des chartes, qui vous indiquent la valeur des temps, raconte son père, qui, depuis, s’est mis à entraîner. Un double A signifie un temps de champion. Dans son premier meeting, elle obtint cinq doubles A en six courses. C’est un poisson ! » Un petit poisson doit grandir dans l’eau, dont la maîtrise requiert une longue patience. De nos jours, Regan doit se lever les mardis et jeudis à 4h50 du matin pour nager avant l’école. Personne au club ne travaille aussi dur qu’elle. Mais jusqu’à 13 ans, elle ne s’entraînait pas plus de trois jours par semaine, ce dont elle se félicite : « si j’avais nagé pour aller aux Jeux entre 9 et 11 ans, je crois que je ne nagerais plus. Je serais brûlée. »

L’été 2016, à 14 ans, elle termina 12e des « trials » olympiques US sur 100 mètres dos. Parmi ses adversaires, deux championnes olympiques : Missy Franklin, 21 ans, et Natalie Coughlin, 34 ans. Regan eut beau avoir battu ses records personnels à ce meeting, elle s’en fut assez peu satisfaite de ses résultats : « parfois, je me trouve un peu trop dure pour moi-même. C’est que j’ai des ambitions très élevées, et entends les atteindre. » Entre-temps, elle est devenue le monstre de la natation de son Etat, enlevant toutes les courses du championnat national, souvent devant des filles de plusieurs années plus âgées qu’elle.

Peut-être pas la meilleure façon de se faire des copines?

GILLES SEZIONALE ÉLU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION

Francis LUYCE, battu, avait atteint les 50% de voix, mais s’est retiré

Éric LAHMY

Dimanche 2 avril 2017

M. Gilles SEZIONALE a été élu aujourd’hui président de la Fédération française de natation. Après 24 ans de présidence Francis LUYCE, c’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre pour la Fédération. La veille encore, la campagne faisait rage, LUYCE, demeuré candidat malgré des signes des progrès de l’opposition et semblant croire en ses chances, vitupérait ce qui lui semblait être une sédition.

Une telle position, après sa défaite, lui commandait de s’en aller. Il est parti ! 

C’est une situation équivoque que laissent LUYCE et les siens à leurs successeurs. Une position financière saine, certes, mais à côté de cela, une série de chantiers voire même de ruines : élite décapitée par les départs de toute une glorieuse ancienne génération, image médiatique délabrée par la gestion maladroite des sélections olympiques et par des résultats décevants, assiette des clubs difficile et par endroits alarmante, équipe technique inquiète et pour certains démobilisée pour ne pas dire démoralisée. A cela s’ajoute que seulement 14% du budget fédéral s’en allait vers le sport, tout le reste étant dévoré par les frais de gestion du siège… 

Il va peut-être maintenant devoir faire preuve de patience. Rendre l’espoir aux clubs par des mesures adéquates, ramener l’enthousiasme parmi les techniciens, mener une action urgente de style commando pour les nageurs français qui vont se colleter avec les championnats du monde de Budapest en juillet prochain, avant de s’attacher aux actions à moyen terme, telles sont les idées qui me viennent en vrac, et qui seront, je crois, pour certaines d’entre elles, à la base des actions menées par Gilles SEZIONALE et les femmes et hommes de son groupe. 

Une chose me parait sûre. Aussi peu doué suis-je pour un enthousiasme de commande, aujourd’hui, je vois aux manettes des gens ouverts, décidés, et qui ont fait leurs preuves dans leurs différentes régions. Je suis aussi sûr que possible, outre leur compétence, de leur bonne volonté, de leur sincérité, et c’est peut-être cela qui pourra faire la différence.