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LAURENT GUIVARC’H DE FONT-ROMEU A KANAZAWA VIA PARIS EN PASSANT PAR LA CASE PHILIPPE LUCAS

Éric LAHMY

Samedi 1er Juillet 2017

Suite à nos deux articles précédents, ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!, et JACQUES FAVRE SE SOUVIENT DE SES DEUX ANNEES AU POSTE, on apprend que l’entraîneur qui devrait seconder à Font-Romeu Richard MARTINEZ – maintenant qu’Anne RIFF a libéré la place – n’est pas encore nommé. Cela paraissait être Yoann EXBRAYAT. Mais le choix définitif est remis, et un nouvel appel à candidatures est proposé par la Fédération, auquel EXBRAYAT, Robin PLAT et… tous autres entraîneurs intéressés pourront se présenter.

DTN intérimaire, Laurent GUIVARC’H, défend cependant les jeunes entraîneurs qu’il a récupérés pour l’INSEP et Font-Romeu : « nous ne les avons pas choisi au hasard, ce sont des entraîneurs performants, de vrais formateurs de nageurs, et, pour ce qui concerne EXBRAYAT, par exemple, les Anglais ont failli nous le piquer, je trouve qu’on s’en a assez perdu comme ça, » m’a-t-il expliqué au téléphone depuis Chartres où il se trouve.

Pour ce qui est des échanges avec Philippe LUCAS au sujet de la disparition de sa prime olympique, GUIVARC’H complète l’explication donnée par Gilles SEZIONALE, et il parait bien qu’il y ait eu un malentendu avec LUCAS : « non seulement il n’y a pas volonté d’ôter quoique ce soit à un entraîneur de mérite, mais nous sommes en train de peaufiner un autre type de contrats, qui pourraient s’appeler contrats de performance(s), en remplacement des contrats olympiques qui, un, ne conviennent pas à l’autorité de tutelle et deux, au sujet desquels nous avons eu droit aux remarques de la cour des comptes régionale ! Mieux même : nous avons appris que Philippe entraînait gratuitement la nageuse néerlandaise Sharon Van Rouwendaal. Nous avons donc pris contact avec la Fédération hollandaise et lui avons proposé de signer un contrat pour la championne olympique des 10 kilomètres de Rio, et il a tout de suite accepté. Autant dire que nous sommes allés récupérer des sous pour LUCAS ! »

GUIVARC’H  se défend aussi de s’être montré « désinvolte » ou « arrogant » devant le jury du ministère des sports :

« J’avais demandé de décaler mon entretien de candidature au poste de DTN en raison des difficultés liées à mon emploi du temps ce jour là, et cela m’a été refusé. Il faut savoir que, retour des championnats de France de Schiltigheim, j’avais à peine eu le temps de passer chez moi, de courir au ministère, de passer devant le jury, puis dans la soirée, de courir à l’aéroport et attraper mon avion, direction le Japon. C’était un déplacement que je ne pouvais laisser tomber, une invitation du maire de Kanazawa. Avec le président, nous avons signé un agrément qui va nous donner l’accès à la plus récente piscine olympique du Japon. C’est là que nous préparerons les Jeux olympiques de Tokyo, autant dire que c’est verrouillé avec trois ans d’avance. Nous envisageons d’ailleurs également d’y préparer les championnats du monde de Gwangju, en 2019. »

AU MEETING DE CHARTRES, DU BEAU MONDE SUR LES PLOTS

Éric LAHMY

Samedi 1er juillet 2017

Survivre aux dégâts provoqués par la « gestion » (les guillemets s’imposent) LUYCE est une des tâches qui incombent au bureau directeur actuel. On sait qu’ayant vendu à Chartres un désastre de Coupe du monde FINA (admirez la répétition) au sortir des Jeux olympiques de Rio, qui s’est achevé sur une participation étique, mais un déficit resplendissant, l’ex président de la Fédé s’était senti contraint d’offrir une contrepartie à une municipalité dont le fort enthousiasme pour la natation avait été sévèrement douché. On a déplacé alors le meeting fédéral de Vichy (too bad) à Chartres à titre de compensation. Sezionale nous disait hier qu’il avait tenu à obtenir des clubs une présence luxueuse de ce qui nage le plus vite dans l’Hexagone pour tenir ses engagements et effacer les déconvenues d’hier. Se sont greffés quelques-uns des plus forts éléments de grandes et moins grandes nations, pour quel résultat ? Cette seconde cathédrale de Chartres qu’est le centre nautique, l’un des plus beaux d’Europe, s’apprête à accueillir ce week-end (aujourd’hui et dimanche) un meeting qui promet ne serait-ce que par les noms réunis sur le programme.

A sept semaines des mondiaux, les niveaux de forme risquent d’être variés, selon la distance nagée, l’approche (affûtage ou montée en puissance), le travail effectué en altitude ou non, et tous les paramètres individuels possibles, (si vous préférez, on ne promet pas des nageurs au plus tranchant de leur forme) mais ça pourrait bien être du lourd. Il y aura Kosuke HAGINO (le Michael Phelps japonais, champion olympique du 400 mètres quatre nages), la championne olympique du 200 mètres papillon espagnole Mireia BELMONTE GARCIA, la triple championne olympique et double recordwoman du monde des quatre nages Katinka HOSSZU, le champion du monde du 200 mètres brasse Marco KOCH, Cesar CIELO FILHO, le toujours recordman du monde du 100 mètres, lequel n’est certes que l’ombre de ce qu’il fut, la Russe Julia EFIMOVA, dont on a perdu le goût de faire fête après ses flirts poussés avec certains composés moléculaires, le double champion du monde du 100 mètres James MAGNUSSEN, le Tunisien Ahmed MATHLOUTI, le Suisse Jeremy DESPLANCHES, le double champion du monde des quatre nages Daya SETO une solide nageuse de demi-fond Australienne, Jessica ASHWOOD, une tripotée de bons sprinteurs brésiliens avec Gustavo BORGES, Marcello CHIERIGHINI, Bruno FRATUS, Joao GOMES (59s4 au 100 brasse), et les Français  Charlotte BONNET, Damien JOLY, Camille LACOURT…

ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Avec huit candidats, voilà que la nomination d’un Directeur technique National de la Natation Française s’est compliquée, pour la satisfaction des gens du Ministère.

Tous les concurrents au titre ne se sont pas dévoilés. Outre Laurent GUIVARC’H, par ailleurs intérimaire au poste, Richard MARTINEZ, l’entraîneur de Font-Romeu, Philippe DUMOULIN, aujourd’hui en poste à la fédération de volley-ball, et Jacques FAVRE, téméraire ancien titulaire qui se représente, à l’encontre du dicton (de la boxe poids lourds, il est vrai) : « they never come back ! », on ne connait avec certitude que le nom d’un candidat (et c’est une candidate) et on nourrit quelques suspicions sur la personnalité d’un deuxième. D’autres ont été suscités par le Ministère, et deux nous restent inconnus. Des conseillers techniques ont été vivement encouragés depuis le 95 avenue de France, à Paris, à candidater…

La candidate dont l’identité est certaine, c’est Séverine ROSSET. Elle s’est décidée à la onzième heure, la veille de la date butoir, déterminée par le Ministère des sports, du 30 juin. Pour ceux qui ne la connaissent pas, ROSSET est une technicienne expérimentée et appréciée qui a beaucoup et semble-t-il très bien travaillé avec les équipes de jeunes.

Étudiante au lycée Pontus de Tyard, à Chalon-sur-Saône (1988-1991), puis à l’Université de Dijon (1991-1993), elle entre, maîtrise d’EMS et maîtrise éducation en poche, à l’UFR Staps de Dijon (1993-98), puis, comme agent de développement à l’Alliance Dijon natation (1999-2002). Conseillère technique du Nord-Pas-de-Calais (2002-2011), elle postule et obtient la charge de Directrice technique de la natation marocaine. Mauvaise pioche, car elle n’a pas une année de présence, (août 2011 – juillet 2012), quand le président de la Fédération est arrêté et emprisonné pour malversations. La fédération est en banqueroute.

Séverine, qui n’a rien à voir dans ce pastis, et qui, d’ailleurs, est administrativement rattachée au ministère des sports à Rabat n’a plus qu’à rentrer en France.

Francis LUYCE tient à la récupérer dans sa région, où elle a servi neuf ans, mais ses vœux à elle lui font souhaiter sa Bourgogne d’origine. Christian DONZÉ, le DTN, va court-circuiter à l’occasion l’ogre-président. Traitant directement avec le ministère, il parvient à faire atterrir notre héroïne selon ses désirs. Avec le sens de l’humour délicieux qui le caractérise,  Luyce gronde en direction de Donzé : « je ne vous le pardonnerai jamais » et (charmant garçon) tiendra sa lourde promesse.

« J’ai longtemps hésité, expliquait hier Séverine au téléphone, depuis les championnats des jeunes de sa région, au sujet de sa démarche. J’y pensais dès le début mai, j’en ai parlé avec des entraîneurs, j’ai vu des gens. Finalement, j’ai envoyé ma candidature hier (le 29). Entre-temps, j’ai révisé un peu les éléments de ce qui pourrait être un programme à présenter devant le ministère. Un DTN doit travailler à défendre les axes que nous assigne le ministère : la formation, la citoyenneté, apprendre à nager…

« Pour moi, l’essentiel, c’est le terrain. Avoir été conseiller technique et entraîneur de club, responsable des équipes de France des jeunes pendant longtemps m’a formée, je crois, à ma tâche. Avec Christian DONZÉ, Olivier NICOLAS, on travaillait à la relève. Des gens comme AGNEL, MUFFAT, BONNET, sont passés par ces équipes.

 « Le DTN est une courroie de transmission, ajoute-t-elle ; au-delà de la technicité, il doit aider les gens à travailler, les placer dans une bonne ambiance. »

Séverine ROSSET, cela pourrait être une bonne idée, et pas seulement parce que, dans un sport à majorité féminine, il serait bienvenu de nommer enfin, après un demi-siècle et des bricoles, une DTN… Outre la technicité, elle pourrait amener de la sérénité dans le fonctionnement de sa partie.

L’autre candidat possible, lequel pourrait bien faire son « coming-out » ce week-end, est le Marseillais Romain BARNIER. Le contraire d’un usurpateur, lui aussi, bien sûr, mais qui devrait avoir du mal à convaincre le Bureau directeur de la FFN. A suivre…

Entre-temps, on le disait ce matin, Laurent GUIVARC’H a profité, lui, de son intérim, pour… faire reculer ses chances ! Outre de n’avoir pas joué finement, semble-t-il, devant le jury du Ministère, il s’est valu de bons copains aux championnats de France, en allant annoncer aux entraîneurs olympiques Fabrice PELLERIN, Romain BARNIER et Philippe LUCAS que leur prime olympique n’était pas reconduite. Il ne s’agissait, nous expliquait le président, Gilles SEZIONALE, que de répondre à une remarque de la cour des comptes ; une nouvelle reconduction de ces contrats aurait valu « cédéisation », chose qui n’avait pas été évitée dans le cas de Denis AUGUIN. Sezionale veut, dit-il, trouver une autre solution financière pour ces grands serviteurs du sport. Mais en attendant, il fallait passer par la non reconduction des contrats en question.  

On se demande comment les choses ont pu se dérouler pour qu’on frôle la crise de nerfs. L’affaire se serait surtout mal passée avec LUCAS, qui a pris l’intérimaire de haut,  lui assénant un « qui tu es, toi ? » avant les échanges de noms d’oiseaux.

Ça va peut-être passer aux Guignols de l’info ?

Alors qu’il n’est pas encore assuré du poste, GUIVARC’H a déjà déployé sa stratégie, et écarté un technicien respecté, Didier SEYFRIED, lequel après avoir servi pendant  des lustres à la recherche de l’INSEP depuis 1988, et appuyé bénévolement une multitude d’actions fédérales, avant de rejoindre la FFN il y a trois ans, avait été assez malmené par Jacques FAVRE avant de trouver une niche comme adjoint de Stéphane LECAT à l’eau libre. SEYFRIED croyait, au départ de FAVRE, avoir échappé à son tourmenteur, mais il était tombé de Charybde en Scylla.

GUIVARC’H veut du sang neuf et fait place nette sans attendre les départs à la retraite (dont celui, acquis hier, de Pierre AMARDEILH). En recherche de point de chute, SEYFRIED m’apprenait hier qu’il effectuerait la rentrée à la FFSU (sport universitaire).

GUIVARC’H parait avoir certaines idées, ce qui est tout à son honneur, et a donc promu un nouvel entraîneur assez peu connu venu de Nouvelle-Calédonie à l’INSEP ; Robin PLAT, adjoint au service recherches, qui désirait s’investir dans l’entraînement, après s’être posé en candidat au poste à l’INSEP, jeta son dévolu sur Font-Romeu. Ann RIFF, qui y assistait Richard MARTINEZ, dans une situation de quasi-découragement (plus que deux entraîneurs, après le départ non remplacé d’Eric Rebourg), envisageait de vider les lieux et avait candidaté au CREPS de Montpellier. C’est chose faite. RIFF restera basée dans les Pyrénées, mais n’entraînera plus.

A FONT-ROMEU AU REVOIR, ANNE RIFF, BONJOUR, RIFIFI!

Tout cela, direz-vous, évoque les chaises musicales plus que la natation. Mais ce n’est pas tout. PLAT, dans la perspective du retrait de RIFF, avait été contacté aux championnats de France de Strasbourg par MARTINEZ, qui lui avait suggéré de monter à Font-Romeu. PLAT avait répondu avec enthousiasme. « L’affaire était ficelée avec l’assentiment de la DTN »…Mais il s’agissait de la DTN de Jacques Favre, et GUIVARC’H, intérimaire ou pas, eut tôt fait de faire capoter le projet et d’imposer une autre solution, un jeune entraîneur de Vichy-Bellerive, Yoann EXBRAYAT. Je n’ai rien contre EXBRAYAT, certes, mais en ce qui concerne Guivarc’h, je me dis que coller d’autorité à MARTINEZ, pour le seconder, un jeune entraîneur qu’il ne voulait pas, c’est peut-être une forme d’ignorance des ressorts psychologiques humains!

Un faux plat, en quelque sorte !

LE NEUVIÈME CANDIDAT – LES POSTULANTS À LA DTN SE MULTIPLIENT DE TROIS À HUIT… JACQUES FAVRE, QUI S’EST TOUT JUSTE RETENU D’AJOUTER SES PROPRES PRÉTENTIONS, SE SOUVIENT DE SES DEUX ANNÉES AU POSTE…

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Le nombre des candidats à la Direction technique de la Fédération française de natation a bondi, qui est monté de trois à sept la semaine passée, huit aujourd’hui. Pourquoi ? Au Ministère, on prétend que Gilles SEZIONALE aurait été déçu de ne trouver que trois noms de candidats au poste et demandé de retarder les délais de candidatures jusqu’au 30 juin (et donc aujourd’hui). Par ailleurs, on suggère que c’est le ministère qui a manœuvré en l’occurrence, n’ayant pas été convaincu par les trois candidats.

On désirait nommer un DTN pour huit ans (sept si ça continue de piétiner) et l’âge de deux prétendants, 62 ans pour Philippe DUMOULIN, 59 ans pour Richard MARTINEZ, aurait troublé l’autorité de tutelle. Faudra-t-il envoyer Francis LUYCE à la direction des sports pour qu’il y explique qu’on peut être (plus ou moins) fringant à 70 ans ?

Ici, on ne sait plus trop bien où se trouve le souhait de SEZIONALE de vouloir Laurent GUIVARC’H, s’il lui suscite des rivaux pour s’assurer que le poste le plus risqué de la natation français attire encore les vocations. A méditer…

La farce serait qu’après avoir auditionné les nouveaux impétrants, le ministère proposerait une short-liste dans laquelle ne se trouverait pas le nom de GUIVARC’H, dont la prestation, décontractée jusqu’à la désinvolture, à la veille d’un départ pour le Japon, aurait indisposé le jury ministériel. Allons bon…

Parmi tous les postulants, un qui hésite quand même un peu, mais se juge digne de tenter le coup, je vous le donne en mille, c’est Jacques FAVRE. L’ancien tenant du titre, viré promptement par SEZIONALE après les élections du 2 Avril.

FAVRE s’est fendu d’une lettre à la directrice des sports, qui a dû bien se marrer (mais elle ne nous l’a pas dit).

QUAND L’ANCIEN DTN FAIT LA LEÇON

Il s’agit très certainement d’une entreprise qui, si elle était sérieusement envisagée, aurait le moins de chances d’aboutir, ne serait-ce que parce que FAVRE avait mené campagne pour LUYCE contre SEZIONALE, jusqu’au 2 avril, une action que l’actuel président élu ne lui pardonnera pas. Mais dans ce document, FAVRE se donne la liberté d’agacer ceux qui l’ont écarté, presque de faire la leçon.

« Évincé depuis le 2 avril dernier du poste de DTN de la Fédération Française de Natation après deux ans d’exercice,… suite aux élections fédérales, ma mise à pied est intervenue sans entretien de la part du Président et/ou de son premier vice-président, alors qu’à aucun moment ma possible éviction n’avait été évoquée, se plaint FAVRE. Cet usage brutal, d’un autre temps, met en exergue la précarité du statut des DTN et montre la limite de la continuité de l’action publique. En tant que représentant de l’Etat, le DTN devrait être protégé au regard de la responsabilité qui lui incombe dans l’orientation des financements publics et dans le management des cadres techniques dédiés aux fédérations. »

Jacques FAVRE estime ainsi avoir été victime d’un « procès en sorcellerie ». De quoi s’agit-il ? De sa non appartenance au corps des cadres techniques et de sa connivence forte avec le Cercle des Nageurs de Marseille.

…Autant le dire tout de suite. Publier le point de vue de FAVRE n’est pas y adhérer. Mais donner son opinion… en la prenant comme le produit d’un regard devenu extérieur, après avoir été privilégié, dans le monde de la natation, ou du moins de la fédération, me parait légitime.

« LES NOUVEAUX DIRIGEANTS DE LA FÉDÉRATION NE SONT PAS SI NEUFS »

FAVRE suggère – ce n’est pas faux –que les nouveaux dirigeants de la Fédération ne sont pas si neufs qu’on le prétend : « j’ai laissé s’exprimer les « nouveaux » dirigeants de la FFN sur leurs « nouveaux » projets, dit-il, et ses réserves concernant leur nouveauté se distinguent dans l’emploi des guillemets. Pourtant ces derniers avaient entériné par leur vote unanime tous les programmes techniques et sportifs structurants présentés par la DTN en assemblées générales de 2015, 2016 et 2017. »

Bien entendu, ce n’est pas forcément en contrepoint de ses programmes « structurants » que SEZIONALE and co l’ont écarté. FAVRE a orchestré le blog du président candidat, avant les élections du 2 avril, donc agi contre ses adversaires, lors d’une campagne très dure, marquée de quelques coups bas du pouvoir en place. Il avait donc quitté en l’occurrence la réserve à laquelle sa position aurait dû le contraindre. Bref, il s’était déporté un peu, beaucoup, hors des clous.

QUAND MARSEILLE CERCLE AUTOUR DE PANTIN

Dès lors, FAVRE a beau  s’élever contre « une forme d’omnipotence présidentielle dans la gouvernance des fédérations et … les tendances corporatistes du monde du sport », l’ « omnipotence » du président vient de sa situation d’élu (pas du peuple, je dois l’admettre dans le cas de la FFN), alors que le DTN est un contractuel nommé et donc révocable (1). Il n’est pas sûr, comme le dit encore l’ancien DTN, que «  le déploiement des actions de la Fédération Française de Natation soit altéré par l’incapacité des membres du Bureau fédéral et du Comité Directeur à mener et à assumer une politique commune, », mais il est certain qu’à l’avenir l’argument du « président Luyce qui pèse sur les dossiers » ne pourra plus être évoqué. Il s’agira, pour SEZIONALE et ses amis, passés en première ligne, de conduire LEUR barque habilement…

Mais bon, l’idée avec laquelle s’amuse FAVRE, c’est : « puisque le poste de DTN auprès de la Fédération Française de Natation est de nouveau ouvert », de présenter à nouveau sa candidature. La bonne farce jouée à la rue Scandicci serait même galéjade, plus, galéjade marseillaise, car à côté d’une candidature de Romain BARNIER, elle aurait fait deux prétendants phocéens au siège directorial de la rue Scandicci, à Pantin. Qu’est-ce qu’on s’amuse !

FAVRE ne se cache pas d’avoir beaucoup aimé ses années de patron des techniciens, où, « en rupture avec les mœurs séculaires de la FFN », il « essaie de poser les jalons d’un management différent dont les effets, comme dans toute conduite du changement, devraient porter leurs fruits à moyen terme. Mon engagement a été total et constant. Il correspond aux valeurs inclusives que je porte. Je n’ai pas pu aller au bout de mon action. »

La lettre de FAVRE survole bien trop les faits, selon moi, dans sa rédaction, planant à hauteur de concepts, pour qu’on puisse la rattacher indubitablement à certains épisodes connus de son action, même s’il parait vouloir se dédouaner d’avoir conduit l’équipe de France de Rio à son échec (assez prévisible et très relatif, quoi qu’on ait pu dire ici ou là) dans un mouvement de « c’est pas moi, c’est les autres » discutable. Il accuse « un défaut de solidarité de certains dirigeants en place et… un manque de relais dans les régions soit par défiance, soit par négligence, soit par défaut de synchronisation de la politique commune sur les territoires. »

LES REPÊCHAGES, RENVERSEMENT OU RENIEMENT ?

Oublions le désastreux épisode des repêchages, sur lequel il refuse toute contrition, ajoutant même : « Je ne me dédouane pas des sélections de Rio ! J’assume avoir « renversé la table » pour essayer de présenter la meilleure équipe de nageurs et d’entraîneurs de l’olympiade pour représenter la France. Je n’ai aucun regret sur la sélection », ce qui oblitère l’effet négatif sur les nageurs de ce « renversement », en fait un reniement !

Oublions donc… Et admettons, ou feignons d’admettre.

« Malgré le discours d’apaisement des « nouveaux dirigeants », continue FAVRE, les résultats des élections laissent une fédération divisée sur les territoires et une Direction Technique Nationale encore une fois fragilisée. Le projet de déconstruction aujourd’hui en œuvre à la FFN, sur le mode participatif porteur du renouveau dans la gouvernance sera, encore une fois, contre-productif. La Direction Technique de la Fédération Française de Natation a déjà sécurisé une grande partie des actions pour l’olympiade à venir et s’est organisée, sous mon initiative, en maillant les nouvelles régions avec une équipe de Directeurs Techniques Régionaux. »

Disons cependant que son successeur  (quoique simple intérimaire) s’est attelé illico à la tâche de détricoter certains détails de son action. Il faudra y revenir.

FAVRE évoque son programme des jeunes (Gavroche), son projet de performance fédéral (PPF) dont il estime qu’ils « offrent une stabilité à l’institution. » Et d’ajouter : « La philosophie inclusive que j’ai préconisée pendant deux ans, en rupture avec les archaïsmes d’exclusion liée à la pratique du haut niveau est le cœur du débat. Le sport ne doit pas être vécu comme un sacerdoce expiatoire et personnel, comme une forme d’ascétisme du moine athlète, mais comme une expérience singulière et duale vers la réalisation créative du duo entraîneur/entrainé. »

INSCRIT EN CREUX DANS LE PROGRAMME DE SEZIONALE

« Au-delà de la pratique compétitive, une fédération ne se dirige pas comme une PME, le résultat ne se mesure pas uniquement au nombre de médailles olympiques ou de nouveaux licenciés, il devrait se mesurer aussi à l’aune [de] son impact sur la société. La prise en compte de l’impact social et citoyen du sport, en particulier à travers le plan « j’apprends à nager » ne se résume pas à la multiplication d’opérations sur des plages et à des incitations financières pour les clubs mais plutôt par des actions visant à accompagner des publics en difficulté plus éloignés de nos associations, il en va de la cohésion sociale de notre pays et non pas de la croissance du nombre de licences nouvelles. »

Les enjeux que propose ici FAVRE s’inscrivent parfois un peu trop clairement en creux dans ce que le programme sportif de SEZIONALE a eu l’air de négliger ou n’a pas voulu aborder, comme la formation de dirigeants, et d’entraîneurs, ou la refonte de la loi de 1901 (vaste débat), mais il parait persuadé que « les DTN au cœur des fédérations, pourraient être la clé de voûte au service de cette grande ambition commune, leur position est centrale, leur statut ne devrait pas être fragile. À quelques semaines de l’attribution des JO de 2024 à la France, notre pays est aujourd’hui une nation de sportifs, mais pas encore une nation sportive ; elle le deviendra certainement avec l’effet accélérateur des JO mais surtout en inscrivant le sport dans notre schéma sociétal à travers le sport santé, le sport en entreprise et en installant des politiques volontaristes fortes luttant contre toutes les formes de discrimination. Le chemin est encore long, pour la FFN, je pense être apte à le tracer en mettant en partage des idées novatrices issues de différents modèles de pensée, c’est aujourd’hui la seule méthode pour dépasser les limites de notre système qui appartient à l’ancien monde. Mais l’absurdité de la situation actuelle et la violence de l’interruption de ma mission pour des motifs, semble-t-il, « politiques » par les nouveaux élus de la FFN me pousseraient à reprendre à mon compte la réplique célèbre de Bartleby (2) : « je préférerais ne pas…»

Bien sûr, d’aucuns pourront songer qu’à travers une telle production littéraire, FAVRE rend au « système » la monnaie de sa pièce. Il semble prendre en riant le Ciel à témoin : « Je ne fais pas de règlement de comptes je note l’absurdité du système. Perdre un an encore c’est perdre 4 ans… »

 

(1). Il n’y a pas d’omnipotence, il y a la position de l’élu, intouchable pendant la durée de son mandat, plus forte que celle du contractuel. On sait ou on se sait pas (mais j’aime trop le raconter pour ne pas le raconter à nouveau), que le premier DTN de la natation française, nommé par le Ministère contre la volonté de la Fédération, Pierre BARBIT, ne put jamais ne serait-ce qu’entrer au siège de l’avenue Gambetta où les « fédéraux », comme dans tout bon western qui se respecte, ne lui attribuèrent jamais de bureau. En 1962, le Ministère jeta l’éponge et Lucien ZINS fut nommé.

(2). Personnage tragi-comique, super-héros de la passivité, d’une nouvelle d’Herman MELVILLE.

 

KATINKA, LA COUPE DU MONDE, LA DÉMOCRATIE SPORTIVE ET L’AVENIR CHANCELANT DE LA « FINATATION »

“Tu peux résumer tout ce qui ne va pas au monde”, disait ma mère, « par le fait que certaines personnes estiment qu’ils peuvent poser une serviette le matin et disposer d’une chaise d’hôtel toute la journée » (Andy RASKIN).

Éric LAHMY

Dimanche 26 Juin 2017

La lettre ouverte de Katinka HOSSZU qui remet en cause la politique de la Fédération internationale ne semble pas avoir fait trop de vagues pour l’instant… Pourtant, elle dénonce les errances de la gouvernance mondiale du sport.

Pourquoi ce faible écho ? Il se peut que les nageurs, d’ailleurs en pleine préparation des mondiaux, ne se passionnent guère pour les dysfonctionnements de la FINA et le peu de cas que l’organisation mondiale fait de leurs soucis. Il se peut que seule Katinka HOSSZU se trouve concernée par ce changement de règlement qui interdit à un nageur de présenter plus de quatre courses – alors qu’elle s’était ces dernières années engagée partout !

HOSSZU, ce faisant, était en quelque sorte devenue synonyme de coupe du monde… au point qu’il est difficile de savoir si la coupe du monde avait fait la marque d’HOSSZU ou HOSSZU la réputation de la coupe du monde.

La Hongroise a été choquée d’apprendre un changement de règles soudain, décidé sans respect de ce qu’est le principe d’une compétition, manifestement bâclé moins de deux mois avant son démarrage. Si elle a préparé le planning de cette WorldCup 2017-2018 avec son sérieux habituel, admirer la nonchalance avec laquelle la FINA a opéré au dernier moment des changements qui auraient dû être prévus plus d’un an à l’avance, je comprends son énorme révolte. Comment prendre au sérieux les ploucs dangereux de l’organisation mondiale?

Peut-être ceux qui ont lu sa missive ont-ils eu les mêmes sentiments que moi ? A la fois cette idée qu’enfin quelqu’un qui n’est pas Paolo BARELLI ou Craig LORD est en train d’émettre quelques vérités bien senties, et la sensation que Katinka a plutôt mal engagé la discussion.

La nageuse hongroise a bien utilisé le système et ne s’est jamais élevée, tant que ses règles l’avantageaient, contre les manières de la FINA. Elue à trois reprises nageuse mondiale de l’année contre certaines évidences en faveur de Katie LEDECKY, grâce à ses numéros dans le cirque WorldCup, elle n’a rien trouvé à redire à cela.

D’où vient cette gêne que je ressens en face de sa lettre ? D’une sorte de confusion, de contradiction entre, d’un côté, la générosité dans l’effort de Katinka HOSSZU, son courage, un engagement qui laisse rêveur. De l’autre le fait qu’elle ait systématiquement ratissé sans le moindre état d’âme cette épreuve bancale, incapable de décoller et mal en point qu’on appelle la Coupe du monde. HOSSZU est une vraie professionnelle du sport, il est vrai, mais sa pratique répond à sa rapacité…

Que les participants ne cessent de s’interroger sur le calendrier WorldCup  tordu imposé par l’organisation mondiale en fonction de ses lubies et de son désir d’inonder la saison de compétitions qui en arrivent à se cannibaliser, est chose avérée. Que la plupart des nageurs ne veulent ou ne peuvent s’engager dans cette formule, que la Coupe du monde ne présente aucune étape en Amérique du Nord comme du Sud, en Afrique ou en Australie, et soit centrée sur un continent, l’Asie, avec trois étapes entre Singapour et deux Emirats qui disposent de plus d’argent que de nageurs, tout cela n’a jamais dérangé Madame HOSSZU, bien occupée à faire son beurre.

Sa façon de partir du sort de ce vaisseau en détresse qu’est la Coupe du monde pour attaquer les pratiques de la FINA affaiblit à mes oreilles son propos. HOSSZU, parce que la coupe du monde lui a rapporté un million de dollars, estime qu’il s’agit de la grande épreuve internationale. Elle entend rabaisser les championnats du monde, qu’elle prétend être inférieurs à la Coupe. Or rien n’est moins vrai. Pour elle, et elle ne vous le dira pas, une Coupe du monde bancale et n’attirant pas même vingt pour cent des meilleurs nageurs lui convient parfaitement : c’est dans ce cas-là qu’elle a réussi ses jackpots, car moins elle y trouve d’opposition, plus elle ratisse large. J’appellerai cela une Coupe rêglée aux dimensions d’Hosszu…

Alors ? Katinka HOSSZU ne veut pas réformer la WorldCup. Elle veut seulement les plus gros bonus possibles, de façon à engraisser ses comptes en banque…

…Certes, l’argent, c’est le propos des professionnels.

 SOUS COUVERT DES PRINCIPES, HOSSZU NE DÉFEND-ELLE PAS  LÀ QUE SES INTÉRÊTS PERSONNELS ?

HOSSZU soulève à côté de cela, cet article de règlement étrange qui prévoit de qualifier d’emblée en finale le vainqueur de l’édition précédente, et celui qui amène à ne disputer qu’une partie du programme à chaque étape.

Ces fantaisies paraissent particulièrement insatisfaisantes. Elles le sont d’autant plus qu’elles sortent de nulle part, « out of the blue ». La première est carrément idiote et rétrograde. (1) La seconde répond au caractère pléthorique du programme FINA.

Mais une fois de plus le sentiment domine que Katinka défend ses intérêts personnels. Empêcher un nageur de se présenter dans plus de quatre courses en Coupe du monde dérange une dame qui a décidé de tout avaler, par ici la bonne soupe, et qui peut le faire grâce à une organisation très rigoureuse. HOSSZU, en Coupe du monde, se déplace et nage dans les meilleures conditions.

Or elle est bien la seule que cette limitation dérange aujourd’hui, car les autres ont déjà du mal, en deux jours, à enquiller quatre séries et quatre finales! Elle non. Son comportement est tellement atypique et hors normes qu’un entraîneur aussi dur et exigeant que Frédéric VERGNOUX m’a affirmé qu’il ne comprenait pas comment elle faisait.

Autant dire que dans cette critique, elle risque d’être seule. Michael PHELPS aurait pu faire écho à ses gémissements, mais il ne nage plus et n’a jamais disputé la WorldCup.

HOSSZU a été tellement avantagée par la formule qu’elle ne s’est pas rendu compte que la compétition avait, en partie de sa faute, du plomb dans l’aile.

La FINA, depuis quarante ans, a créé dans un mouvement qui s’est accéléré ces derniers temps, sans retenue encore et toujours plus d’épreuves, des 50 mètres de spécialités, des pelletées de relais comme ceux mixtes, des 800 mètres chez les hommes, des 1500 chez les femmes, des 100 mètres quatre nages, au point que les organisateurs d’étapes renâclaient en face de cette imbécile folie créatrice née du désir de « dépasser l’athlétisme » en médailles olympiques: on est parvenu à un point où ces courses s’enquillent, se bousculent et s’embouteillent, les unes derrière les autres, dans un programme délirant. Ce que la FINA a fait des meetings, en les estampillant FINA, c’est de les rendre obèses, pléthoriques, apoplectiques, ingouvernables. La natation devient de moins en moins lisible.

Utilisant semble-t-il des méthodes d’entraînement proches de l’Ultra Short Race Pace Training (USRPT), HOSSZU est parvenue à tout nager (sauf les courses masculines bien sûr) et à faire sauter la banque. Avec le temps, cette façon de truster, d’abord saluée par des étonnements admiratifs, a fini par agacer…

UN CHALUTAGE SYSTÉMATIQUE DU PROGRAMME

La réponse de la FINA à cette gloutonnerie gargant(hossz)uesque a été de limiter à quatre courses ce qu’un nageur a le droit de disputer. Cette décision a été vue, à juste titre, comme une décision anti-HOSSZU. Elle a été prise en catimini, comme d’habitude, sans consultation sérieuse… Mais elle correspond à un constat : le jeu d’HOSSZU, on l’a dit, après deux ou trois ans à susciter surprise et admiration, a fini par lasser. Mais surtout, les dirigeants de la FINA se sont aperçus qu’ils ne connaissaient pas aussi bien leur sport qu’ils le devraient…

Dans cette confusion d’épreuves qui fait leur orgueil, il arrive qu’un nageur supérieur pourrait tout gagner s’il le voulait. HOSSZU l’a montré. Dans le passé, Tracy CAULKINS, que je tiens pour la plus grande « quatre nageuse » de l’histoire, l’a démontré – vers 1980 dans un championnat des Etats-Unis de valeur d’ailleurs supérieure à celle d’un meeting FINA, battant les records US sur 100 et 500 yards, 100 yards dos, et gagnant des courses en brasse, en papillon plus bien entendu les épreuves de quatre nages. CAULKINS, à cette époque, aurait pu gagner toutes les courses du championnat des Etats-Unis si le programme avait été assez dilué, et en faire de même aux mondiaux si les nageuses de l’Est n’avaient pas été dopées jusqu’à l’os !

On a vu de même, en 2011, à des Jeux panarabes, Oussama MELLOULI gagner 15 médailles d’or et une d’argent. Le même MELLOULI a opéré des ravages en … coupe du monde 2008, enlevant 27 courses, terminant 6 fois 2e et deux fois 3e. Et je ne parle pas des razzias « sommitales » de Mark SPITZ et de Michaël PHELPS aux championnats des USA et aux Jeux olympiques, dans des conditions autrement difficiles que celles que rencontre HOSSZU… Katinka, elle, aux Jeux olympiques, a gagné 100 dos, 200 et 400 quatre nages et fini 2e du 200 dos, ce qui me parait plus fort que ces numéros de WorldCup… Or, ce ne sont « que » quatre courses.

En France, Lara GRANGEON, quoiqu’assez éloignée de ce niveau, s’est à plus d’une reprise amusée à monopoliser aux championnats de plusieurs îles du Pacifique. En 2011, elle a enlevé ainsi 17 médailles d’or, 3 d’argent et une de bronze aux championnats de Nouvelle-Calédonie, du 50 libre au 5 kilomètres en mer!

Ces nageurs démontrent combien le programme de la FINA, soi-disant étoffé pour « universaliser » la natation, est une pure inconséquence !

Mais Katinka ne vous le dira pas, puisque cette inconséquence la nourrit. Mariée avec son entraîneur, très aidée par ses sponsors sinon sa fédération, Katinka HOSSZU peut se déplacer dans le monde entier en restant en famille. Elle s’est parfaitement adaptée à la Coupe du monde et s’y trouve chez elle : et de remplir le tiroir-caisse.

MAIS OU SE TROUVE LE LAMAR HUNT DE LA NATATION ?

On a vu que l’an passé, Katinka HOSSZU, ayant réglé quelques comptes avec sa fédération, avait réussi à se payer successivement la peau de l’entraîneur national, puis du président…

Ce qui a si bien marché à l’intérieur du pays pourra-t-il être reproduit à l’international ? Ce n’est pas sûr. En soi, je ne crois pas que les dirigeants de la FINA aient tellement d’amis parmi les nageurs et les entraîneurs, en-dehors des dopés dont elle sauve la mise. Mais les nageurs sont en général jeunes, peu politisés, hyperconcentrés sur leurs perfs, et comme professionnels, n’ont pas forcément, tous, les mêmes intérêts. D’ailleurs, la FINA, sorte de club autocrate, se situe hors de portée de toute révolte démocratique.

La fameuse révolte de l’ATP à Wimbledon, il y a plus de quarante ans, dont HOSSZU assène l’exemple aux nageurs, ne risque pas de se reproduire en natation; elle n’avait rien de spontané, était orchestrée en sous-main, au-delà de l’ATP que dirigeait Cliff DRYSDALE, par un milliardaire, Lamar HUNT, occupé à monter un circuit tennistique pro et dissident, et qui mettait beaucoup de moyens dans l’opération. Les joueurs qui ne s’étaient pas présentés à Wimbledon se produisaient dans le juteux circuit de Lamar HUNT, et la Fédération internationale de tennis, dirigée par le Français Philippe CHATRIER, avait senti le vent du boulet: le projet de HUNT pouvait vider le tennis mondial de sa substance. Je ne vois pas le Lamar HUNT de la natation, encore moins la possibilité d’en voir débarquer un.

Si la Coupe du monde était viable, un circuit parallèle aurait déjà été tenté, ou envisagé. Il ne l’est pas. La natation, aux petits soins pour ses dirigeants, ne peut pas faire vivre ses nageurs. Et tant que la FINA aura le contrôle de l’éligibilité olympique, elle ne risquera rien, parce que l’image du sport se situe aux Jeux olympiques. Hors les Jeux, point de salut pour les nageurs…

Katinka HOSSZU risque d’être bien seule dans sa défense de la liberté de nager autant de courses qu’on le désire. Entre une majorité qui s’en fiche et ceux, nombreux, que sa boulimie énerve, elle va pouvoir compter ses alliés. Je ne sais quel dirigeant français expliquait qu’organiser la Coupe du monde en France ne servait à rien, puisque tout l’argent s’en allait chez Katinka HOSSZU ! Mettre 250.000 dollars sur un meeting et voir une nageuse partir avec la caisse à la fin du week-end n’est pas un rêve de dirigeant ou de nageur…

Il faudra quand même que quelqu’un le lui explique!

La limitation du nombre d’épreuves nagées pour un nageur est d’ailleurs la règle dans un certain nombre de compétitions interéquipes (Interclubs, NCAA), afin d’empêcher qu’une équipe, forte d’un très petit nombre de nageurs, ne gagne les championnats… Donc c’est une règle qui existe. En revanche, admettre en finale directe un vainqueur de la compétition précédente a quelque chose d’absurde et d’antisportif.

Alors ? Il est un peu dommage qu’’HOSSZU ait engagé le fer d’une façon qui me parait assez maladroite, et peut-être regrettable qu’elle n’ait pas cherché à contacter ses camarades nageurs ou à informer les membres de la commission des nageurs de la FINA (présidée par Jihong ZHOU, 17 membres, dont Alexandre POPOV, Vladimir SALNIKOV, Penny HEYNS, Camelia POTEC, Martina MORAVCOVA, Thiago PEREIRA et une Française, Virginie DEDIEU…)

Doit-on condamner pour autant sa révolte ? Certes pas. HOSSZU pourrait être une voix qui compte dans une critique fondée de la FINA; son énergie, sa volonté, son courage dans l’adversité, sont choses précieuses. Il lui faudra quand même apprendre à tenir compte du collectif.

 

(1) Aux débuts de Wimbledon, le vainqueur de l’année précédente était exempté de tournoi. Il rencontrait le vainqueur de celui-ci. Cette règle fut assez vite abandonnée.

 

SEPT COLLINES A ROME : UN 100 MÈTRES COSMIQUE (OU PRESQUE) REMPORTÉ PAR DOMINIK KOSMA

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

100 mètres nage libre de haute vole, remportée, cela n’arrive pas souvent, par un Hongrois (le pays est plus réputé pour ses spécialistes et ses fondeurs, et son dernier finaliste olympique sur 100 mètres a été, si mes souvenirs sont bons, Gyulia DOBAI en 1964). Dominik KOSMA, tel est son nom, c’est, sans vouloir le dévaloriser un peu n’importe qui; or il devance de justesse une pléiade de nageurs que seule l’électronique pouvait départager. Le Bas-Empire avait pris l’habitude, vers le 1er siècle de notre ère, de voir désigner par sa garde prétorienne, Empereur le premier venu, après avoir soigneusement expédié qon prédécesseur. C’est un peu l’élévation qu’a connu KOSMA, couronné ainsi roi de l’épreuve-reine. Tae-Hwan PARK, est à moins d’un mètre du vainqueur et entre les deux il n’y a que du beau monde. Dans la finale B, les meilleurs italiens devancent un certain Cesar CIELO, le recordman du monde brésilien, 12e au total de la course.

Le 200 brasse, enlevé par Marco KOCH, est presque égal en intensité. Et Daya SETO enlève le 200 quatre nages, prenant ainsi sa revanche sur David VERRASZTO qui l’a battu difficilement, la veille, dans un temps de 4’7s !

Une fois n’est pas coutume, les filles sont en retrait.La championne olympique Pernille BLUME enlève le 50 devant KROMOWIDJOJO…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Dominik KOSMA, HUN, 48s68; 2. Bruno FRATUS, BRA, 48s75; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 48s77; 4. Cameron McEVOY, AUS, 48s92; 5. Duncan SCOTT, GBR, 48s93; 6. Marcelo CHIERIGHINI, BRA, 49s00; 7. Lorenzo ZAZZERI, ITA, 49s10; 8. Tae-Hwan PARK, COR, 49s14. Finale B: 1. Luca DOTTO, ITA, 49s16; 2. Ivano VENDRAME, ITA, 49s30; 3. Gabriel SANTOS, BRA, 49s34; 4. Cesar CIELO, BRA, 49s36; 5. Sergi SHEVTSOV, UKR, 49s42; 6. Chad LE CLOS, RSA, 49s43; 7. HOANG Quy Phuoc, VIE, 49s46; 8. Ben SCHWIETERT, NED, 49s56.

200 dos : 1. Peter BERNEK, HUN, 1’57s45; 2. Christian DIENER, GER, 1’57s50.

200 brasse : 1. Marco KOCH, GER, 2’9s63; 2. Luca PIZZINI, ITA, 2’10s73; 3. Moises Daniel LOSCHI, ITA, 2’11s85; 4. Giedrus TITENIS, LTU, 2’12s05; 5. Ross MURDOCH, GBR, 2’13s23; 6. Mate KUTASI, HUN, 2’13s49; 7. Flavio BIZZARRI, ITA, 2’13s63 (en séries, 2’13s52). Finale B/ 1. WANG Boyou, CHN, 2’12s61. En série, Christopher ROTHBAUER, AUT, 2’13s27.

50 papillon : 1. Andriy GOVOROV, UKR, 23s01; 2. Nicholas SANTOS, BRA, 23s08; 3. Ben PROUD, GBR, 23s62. Finale B: 1. Piero CODIA, ITA, 23s63.

200 4 nages : 1. Daya SETO, JPN, 1’57s54; 2. David VERRASZTO, HUN, 1’59s25; 3. Simon THIAGO, BRA, 1’59s99 

DAMES.- 50 libre : 1. Pernille BLUME, DEN, 24s13; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO , NED, 24s39; 3. Tamara VAN VLIET, NED, 25s04 (en série, 24s97).

200 dos : 1. Kata BURIAN, HUN, 2’9s89 ; 2. Sian WHITTACKER, AUS, 2’10s65; 3. Margherita PANZIERA, ITA, 2’10s87.

200 brasse : 1. Molly RENSHAW, GBR, 2’25s38; 2. Rikke Moeller PEDERSEN, DAN, 2’25s40.

200 papillon : 1. Liliana SZILAGYI, HUN, 2’7s50 ; 2. Charlotte ATKINSON, GBR, 2’8s31.     

200 4 nages : 1. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 2’10s01; 2. Maria UGOLKOVA, SUI, 2’11s41 ; 3. Kotuku NGAWATI, AUS, 2’12s18 ; 4. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 2’12s36. nFinale B : 1. Hannah MILEY, GBR, 2’13s03

VENDREDI MAIGRE À ROME, SAUF POUR PEATY SUR 50 BRASSE ET PALTRINIERI SUR 1500 LIBRE

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

C’est une deuxième journée de meeting des Sept Collines assez riche en performances denses (pas un seul meeting, cette saison, qui l’approche) mais une journée moins géniale que la première, jeudi. Adam PEATY à 19/100e de son record du 50 brasse, c’est une bonne chose, mais après, c’est du solide sans plus. Bref, un vendredi plutôt maigre !

Avouons cependant que la régularité de Greg PALTRINIERI sur sa distance fétiche le 1500 mètres, régularité qui ne se dément pas, est rassurante. Le voici à onze secondes de son record de l’année, mais très loin devant MICKA, DERBYSHIRE et surtout HORTON qui avait semblé pouvoir le menacer avant les Jeux olympiques de Rio (il n’en fut rien).

Tamas KENDERESY améliore ses 1’54s89 de l’année, en 1’54s33, conforte sa 3e place de la saison du 200 mètres papillon messieurs derrière les Nippons Sakai, 1’53s71, et Seto, 1’54s28.

Après les perfs de Sjöström, les 53s07 de Ranomi Kromowidjojo au 100 mètres nage libre paraissent lents, mais ils permettent à la championne olympique de Londres (en 53s00 juste), d’améliorer sa place dans le monde en 2017 (13e en 53s72 depuis Eindhoven à 4e derrière la grande Sarah, 52s08, Cate et Bronte, 52s78 et 52s85 et devant Emma MCKEON, 53s12). KROMOWIDJOJO, avec sa grande fréquence de bras, reste une sprinteuse redoutée, mais sans plus dominer, et 53s07 sont proches de ses records des dernières années, 53s08 en 2016, 53s17 en 2015, 53s69 en 2014, 53s29 en 2013, 53s en 2012

MESSIEURS.-

200 libre : 1. Tae-Hwan PARK, COR, 1’46s89.

1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 14’49s06 ; 2. Jan MICKA, CZE, 15’1s42; 3. Tom DERBYSHIRE, GBR, 15’2s12; 4. Mackenzie HORTON, AUS, 15’5s64; 5. Anton Oerskov DEN IPSEN, DEN, 15’7s88; 6. Domenico ACERENZA, ITA, 15’11s39.

100 dos : 1. Christian DIENER, GER, 54s54; 2. Gabor BALOG, HUN, 54s59; 3. Matteo MILLI, ITA, 54s60; 4. Christoph WALKER-HEBBORN, GBR, 54s66; 5. Shane RYAN, IRL, 54s79.

50 brasse : 1. Adam PEATY, GBR, 26s61; 2. Joao GOMES JUNIOR, BRA, 26s95; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 27s03; 4. Andrea TONIATO, ITA, 27s41; 5. Fabio SCOZZOLI et Lorenzo ANTONELLI, ITA, 27s50; 7. Giedrus TITENIS, LTU, 27s60 ; 8. Mattia PESCE, ITA, 27s73. Finale B: 1. Johannes SKAGIUS, SUI, 27s75.

200 papillon : 1. Tamas KENDERESI, HUN, 1’54s33; 2. Chad LE CLOS, RSA, 1’54s87; 3. Daya SETO, JPN, 1’56s05; 4. Bence BICZO, HUN, 1’56s22; 5. Viktor B. BROMER, DEN, 1’56s69.        

400 4 nages : 1. David VERRASZTO, HUN, 4’7s47; 2. Daya SETO, JPN, 4’7s99; 3. Branndonn ALMEIDA, BRA, 4’15s30.

DAMES.-

100 libre : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 53s07; 2. Pernilla BLUME, DEN, 53s59; 3. Michelle COLEMAN, SWE, 53s64; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 54s00; 5. Charlotte BONNET, Nice, 54s36; 6. Federica PELLEGRINI, ITA, 54s48; 7. Maria UGOLKOVA, SUI, 54s88. Finale 8: 1. Nkotuku NGAWATI, AUS, 54s57.

800 libre : 1. Boglarka KAPAS, HUN, 8’23s71; 2. Simona QUADARELLA, ITA, 8’29s53; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 8’31s40.

100 dos : 1. Simona BAMRTOVA, CZE, 1’0s21; 2. Madison WILSON, AUS, 1’0s34; 3. Kira TOUSSAINT, NED, 1’0s57; 4. Georgia DAVIES, GBR, 1’0s67; 5. Kathleen DAWSON, GBR, 1’1s12; 6. Margherita PANZIERA, ITA, 1’1s17. Finale B: 1. Holly BARRATT, AUS, 59s89.

50 brasse : 1. Sarah VASEY, GBR, 30s73; 2. Imogen CLARK, GBR, 30s78

100 papillon : 1. Ilaria BIANCHI, ITA, 57s89 ; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s05; 3. Liliana SZILAGYI, HUN, 58s48; 4. Charlotte ATKINSON, GBR, 58s49; 5. Marie WATTEL, Loughborough et FRA, 58s81.

400 4 nages : 1. Hannah MILEY, 4’36s28; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’36s48 ; 3. Rosie RUDIN, GBR, 4’40s99; 4. Abbie WOOD, GBR, 4’41s27; 5. Carlotta TONI, ITA, 4’42s72 ; 6. Ilaria CUSINATO, ITA, 4’43s35.

ROME : PARK, PEATY ET PELLEGRINI, AUX SOMMETS DES SEPT COLLINES

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

Jeudi 23, en cette première journée du Trophée 2017 des Sept Collines, Tae-Hwan PARK a rappelé à Gabriele DETTI qu’il ne gagnerait pas facilement à Budapest. Le Sud Coréen, ancien champion du monde et olympique du 400 mètres traîne toujours à 27 ans sa binette de gendre idéal un peu décolorée par les désordres (dopage essentiellement) et dans le 400 de Rome, il a suivi DETTI comme son ombre avant de l’attaquer à mi-course, puis dans un duel rapproché, de le distancer lentement mais invinciblement. DETTI ne put répondre à une nouvelle accélération de PARK qui, dans un dernier 100 mètres en vitesse croissante (27s83 puis 26s81), le laissait dans l’impossibilité de revenir.

DETTI restait à deux secondes et demi de son record des championnats italiens, 3’43s36 en avril, et PARK n’améliorait pas ses 3’44s38 de la saison. Mais il n’avait manqué que le Chinois SUN pour faire de ce 400 un rendez-vous au sommet.

Mackenzie HORTON, le champion olympique australien, finissait à trois seconde du Coréen…

Le Britannique Adam PEATY se conduisait pour sa part comme d’habitude, en patron du 100 brasse, se défaisant d’un Nicolo’ MARTINENGHI inspiré et batailleur. A l’arrivée, les deux hommes étaient séparés d’un mètre environ, moins que ce que PEATY a l’habitude d’infliger comme avance à ses adversaires. MARTINENGHI, déjà recordman du monde junior, améliorait le record d’Italie de Fabio SCOZZOLI, 59s42, avec 59s31, qu’il poursuivait depuis les championnats d’Italie. Si le Britannique reste le grand favori de la course aux mondiaux de Budapest, il ne serait pas étonnant que le jeune « ranista » Italien l’accompagne sur le podium (ou les podiums, avec le 50 brasse).

Le Sud Africain Chad LE CLOS, co-médaillé d’argent à Rio avec Michael PHELPS et Laszlo CSEH avec 51s14, matait sur 100 papillon les deux meilleurs Italiens Piero CODIA et Matteo RIVOLTA, sans approcher les 51s29 qui constituent son meilleur cette saison.

Les 400, 200 et 1500 mètres dames se déroulaient dans la même après-midi dans cet ordre, dans moins d’une heure trente, ce qui rendait difficiles les doublons. Le 200 mètres paraissait particulièrement attractif, avec quatre des toutes meilleures nageuses actuelles de la distance. L’éternelle Federica PELLEGRINI, qui revenait d’une rencontre du Saint-Père au Vatican, volait-elle pour cela sur les eaux qu’elle transformait en lac de Tibériade ? Elle eut en tous cas le dernier mot après une course tactique et d’attente dans laquelle, pour commencer, Charlotte BONNET et Alice MIZZAU tentèrent vainement de suivre le rythme imposé par la Suédoise Michelle COLEMAN. Celle-ci semblait vouloir tenter quelque chose dont on ne peut dire si c’était un exploit chronométrique (comme répéter le rythme nécessaire pour gagner dans un mois à Budapest) ou la volonté d’assommer l’adversaire ; toujours est-il qu’elle caracolait en tête, et quand le ménage eut tout l’air d’être fait, PELLEGRINI (et Femke HEEMSKERK), qui s’étaient jusqu’ici réservées, et semblaient définitivement larguées, HEEMSKERK surtout, dont la tête se situait en arrière de battement de COLEMAN, parurent s’intéresser tardivement à la gagne. Elles n’auraient rien pu faire si COLEMAN, qui, au troisième virage, se trouvait dans un rythme de 1’55s (elle passait en 27s20, 56s48 et 1’26s07) et paraissait proche d’un exploit, se trouva tout à coup comme privée de combustible, et se mit à perdre la dynamique de son mouvement. PELLEGRINI et HEEMSKERK, qui terminaient andante allegretto en, respectivement 29s07 et 29s09, revenaient sur la téméraire, devenue languissante, Scandinave. L’Italienne l’emportait, et la Batave échouait à deux centièmes de surpasser la Suédoise… COLEMAN dut se dire que décidément, elle ne battrait jamais PELLEGRINI aux Sept Collines. L’an passé déjà, Federica l’avait emporté en 1’54s55 devant COLEMAN, 1’55s58

La jeune Hongroise Boglarka KAPAS gagnait le 400 mètres en 4’6s05, un temps un poil meilleur que son record de la saison (4’6s14), mais éloigné de son record de Hongrie, 4’2s37 en 2016 puis, une heure plus tard, finissait 2e du 1500 mètres remporté par QUADARELLA qui, en 16’3s55, améliorait le deuxième temps mondial de l’année de… KAPAS, 16’4s19… Mais très loin des 15’35s65 de Katie LEDECKY…

JEUDI.-

MESSIEURS-.

50 libre : 1. Bruno FRATUS, BRA, 21s86 (en séries, 21s81) ; 2. Ben PROUD, GBR, 21s95; 3. Cameron McEVOY, AUS, 21s96; 4. James MAGNUSSEN, AUS, 21s98.

400 libre : 1. Tae-Hwan PARK, KOR, 3’44s54; 2. Gabriele DETTI, ITA, 3’45s88; 3. Mackenzie HORTON, AUS, 3’47s58; 4. Mykhaylo ROMANCHUK, UKR, 3’48s48; 5. Jan MICKA, CZE, 3’49s13; 6. Jack McLOUGHLIN, AUS, 3’50s88; 7. James GUY, GBR, 3’52s20 (en séries, 3’52s09). Finale B: 1. Nicholas GRAINGER, GBR, 3’50s49; 2. Brandonn ALMEIDA, BRA, 3’51s24; 3. Anton Oerskov IPSEN, DEN, 3’51s43; 4. Davide CASARIN, ITA, 3’51s45; 5. Jacob HEIDTMANN, GER, 3’51s80.

PARK: 26s23, 54s76 (28s53), 1’23s46 (28s70), 1’52s24 (28s78), 2’21s06 (28s82), 2’49s88 (28s82), 3’17s73 (27s95), 3’44s54 (26s81).

DETTI: 26s30, 54s61 (28s31), 1’23s27 (28s66), 1’52s21 (28s94), 2’21s17 (28s96), 2’50s16 (28s99), 3’18s62 (28s46), 3’45s88 (27s26).

50 dos : 1. Richard BOHUS, HUN, 25s04; 2. Gabor BALOG, HUN, 25s12; 3. Matteo MILLI, ITA, 25s21; 4. Shane RYAN, IRL, 25s28; 5. Niccolo’ BONACCHI, ITA, 25s29.

100 brasse : 1. Adam PEATY, GBR, 58s72; 2. Nicolo’ MARTINENGHI, 59s31; 3. Giedrius TITENIS, LTU, 59s69; 4. Xiang LI, CHN, 1’0s43; 5. Lorenzo ANTONELLI, ITA, 1’0s56; 6. Fabio SCOZZOLI, ITA, 1’0s70; 7. Arno KAMMINGA, NED, 1’0s72.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 51s65; 2. Piero CODIA, ITA, 51s93; 3. Matteo RIVOLTA, ITA, 52s30; 4. Joeri VERLINDEN, NED, 52s37.

DAMES.-

200 libre : 1. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’56s16; 2. Michelle COLEMAN, SWE, 1’56s49; 3. Femke HEEMSKERK,  NED, 1’56s51; 4. Charlotte BONNET, Nice, 1’58s13; 5. Manuella LYRIO, ITA, 1’58s60; 6. Alice MIZZAU, ITA, 1’58s61; 7. Maria UGOLKOVA, SUI, 1’59s12 (en séries, 1’58s77); 8. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 1’59s33. Finale B: 1. Kotuku NGAWATI, AUS, 1’58s52; 2. Signe BRO, DEN, 1’59s08.

400 libre : 1. Boglarka KAPAS, HUN, 4’6s05; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’9s78; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 4’10s85; 4. Kiah MELVERTON, AUS, 4’10s98; 5. Hannah MILEY, GBR, 4’11s29.

1500 libre  : 1. Simona QUADARELLA, ITA, 16’3s55; 2. Bogliarka KAPAS, HUN, 16’16s79

50 dos : 1. Holly BARRATT, AUS, 27s57; 2. Etiene MEDEIROS, BRA, 27s82; 3. Simona BAUMRTOVA, CZE, 27s89; 4. Georgia DAVIES, GBR, 28s04; 5. Maaike DE WAARD, NED, 28s31 (en série, 28s01); 6. Tamara VAN VLIET, NED, 28s53. Finale B: 1. Kathleen DAWSON, GBR, 28s26. En série, Kira TOUSSAINT, NED, 28s46.

100 brasse : 1. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 1’7s35; 2. Martina CARRARO, ITA, 1’7s74; 3. Sarah VASEY, GBR, 1’7s76; 4. Rikke MOELLER PEDERSEN, DEN, 1’7s86.

50 papillon : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 25s59; … 7. Marie WATTEL, Loughborouh, FRA, 26s50.

KATINKA HOSSZU: NAGEURS, RÉVOLTEZ-VOUS

KATINKA HOSSZU DÉNONCE LE « CHAOS » DE LA FINA ET INCITE LES NAGEURS PROFESSIONNELS À LA RÉVOLTE

Éric LAHMY

Jeudi 22 Juin 2017

LA CHAMPIONNE HONGROISE KATINKA HOSSZU A PUBLIÉ CE 21 JUIN UNE LETTRE OUVERTE (EN ANGLAIS) À TOUS LES NAGEURS. CETTE MISSIVE REMET EN CAUSE LA GOUVERNANCE DE LA NATATION MONDIALE, ET PROPOSE D’ASSOCIER DÉSORMAIS LES NAGEURS PROFESSIONNELS AUX DÉCISIONS QUI SONT PRISES JUSQU’ICI PAR UNE AUTORITÉ REFERMÉE SUR ELLE-MÊME. BEAUCOUP DE RÉFLEXIONS NOUS SONT VENUES SUR CETTE LETTRE, SON AUTEUR, PEUT-ÊTRE LA MIEUX PLACÉE AUJOURD’HUI POUR LANCER UNE TELLE ACTION, ET LES CIRCONSTANCE DE CETTE PUBLICATION, MAIS IL M’A SEMBLÉ PLUS INTÉRESSANT – EN RAISON DE SON IMPORTANCE – DE LA PUBLIER TELLE QUELLE, DANS LA TRADUCTION FRANÇAISE QUE J’EN AI FAITE, ET DANS SA RÉDACTION ORIGINALE EN ANGLAIS, AFIN DE DE VOIR QUELLES RÉACTIONS ELLE POURRAIT SUSCITER…

 

Lettre à la Natation

Par KATINKA HOSSZU

Budapest, 21 Juin 2017

 

Chers confrères nageurs

Vous pourrez lire ces mots au milieu de la nuit ou juste avant l’aube. Je ne suis pas sûr quand vous en trouverez le temps, mais ce que je sais assurément et que de tous les athlètes d’élite du globe, les nageurs se lèvent le plus tôt et se couchent le plus tard. Cela n’est pas exactement par choix. La plupart d’entre nous avons à vivre deux vies. Tandis que nous luttons pour obtenir la grandeur dans la piscine, nous devons également nous débrouiller dans nos vies hors des bassins. Quand la Dame de Fer prépare les championnats du monde de Budapest, Katinka se prépare pour la vie d’après la natation. Quand le monde nous tient, nous les nageurs, pour les professionnels les plus durs et déterminés, nos dirigeants semblent penser que notre sport est amateur, et c’est exactement de cette façon qu’ils nous traitent.

Si la natation n’est toujours pas un sport professionnel, alors cela est le reflet du travail que la FINA a fait ces dernières décennies, non pas le reflet d’un des sports fondamentaux du développement athlétique de l’enfant. Il existe une raison pour laquelle bien des enfants ne vont pas à la natation compétitive ; elle est extrêmement exigeante. Si vous voulez devenir un nageur en 2017, vous devez avoir une certitude. Si vous ne vous situez pas dans le « top 5 »’ mondial, vous investirez plus que vous gagnerez. Cela vous semble-t-il intéressant ? Pas vraiment. Peut-on rendre la chose plus attractive ? Je suis certaine que nous le pouvons, aussi longtemps que la FINA nous aidera, au lieu de refouler les meilleurs athlètes en arrière.

« NOS DIRIGEANTS NE NOUS ECOUTENT PAS »

D’abord, ils devraient tendre la main et nous écouter, nous, les nageurs. Ils devraient nous écouter et ne pas décider des changements majeurs des règles sans notre apport dans le sujet. S’ils nous avaient demandé notre opinion, nous aurions pu leur dire que la Coupe du Monde a un énorme potentiel, mais que les nouveaux changements de règles sont destructeurs et hypocrites.

Tout le monde pense que les nouveaux règlements de la Coupe du monde ont été faits contre Katinka Hosszu. C’est partiellement vrai, parce qu’ils m’ont définitivement baisée, imaginez, je suis comme un de ces étudiants qui ont des 10 dans toutes les matières et qui en plus ont pris le dessin et de chant en activité extracurriculaires. Aussi, l’année suivante, on me dit que je ne peux plus effectuer d’activités extracurriculaires parce que mes succès dérangent le reste des étudiants. La vérité est que seul le prof est ennuyé.

Je pourrais me voir comme une victime, mais d’un autre côté, je reçois des avantages de la FINA que je n’ai jamais requis. Je ne veux pas avancer automatiquement en finales des compétitions de la FINA sur la base de mes résultats précédents en compétitions internationales. Je veux lutter pour les places de finale avec les nouveaux talents, les Iwasakis et les Egerszegis, et s’ils sont meilleurs que moi à l’âge de 14 ans, laissons-les montrer leur talent. Avec les nouveaux changements en Coupe du monde, ils vont partir avec un désavantage – ils devront également attendre que les nageurs du sommet deviennent vieux avant d’avoir droit à leur tour à l’avancement automatique en finales. C’est tout simplement injuste.

LES NOUVELLES REGLES DE LA COUPE DU MONDE SONT INJUSTES

Selon les nouvelles règles de la compétition, chaque épreuve ne sera pas nagée à chaque étape. Ainsi par exemple, le meilleur nageur allemand pourrait ne pas nager dans son pays parce que sa ou ses courses privilégiées ne seront disputées qu’à Moscou ou Eindhoven, mais pas à Berlin. Pourquoi la FINA érige-t-elle des règles qui sont nocives pour les nageurs, les organisateurs de la compétition, la Coupe du monde elle-même et la natation dans son ensemble ? Ces règles menacent l’avenir même du sport, aussi je ne puis les appuyer par mon silence.

Comment un sport peut-il étiqueter « innovations » de nouvelles règles destructives, limitatives de la participation des athlètes du sommet ? La NBA limiterait-elle une de ses plus grandes étoiles, Le Bron James, dans sa huitième participation à la grande finale l’année prochaine ? L’ATP va-t-elle rappeler à Nadal et Federer que leur temps est terminé ? En tant que visage actuel de la natation, je devrais être concentrée sur la préservation et l’extension de ma carrière en ne disputant pas un trop grand nombre de compétitions et de veiller à ce qu’on n’abuse pas de mon image, et me voici maintenant en train de lutter pour pouvoir me présenter à toutes les épreuves qu’il me plait et à continuer à populariser mon sport.

S’il vous plait, ne croyez pas que les dirigeants de la FINA ne savent pas tout ça. Ils désespèrent de conserver vivante l’importance et la prospérité des championnats du monde – un événement dont les revenus et profits ne sont pas partagés avec les athlètes – en détruisant la Coupe du monde, une compétition qui pourrait représenter à l’avenir une opportunité plus lucrative financièrement pour plusieurs nageurs ; la FINA, clairement, voit qu’elle pourrait desserrer son pouvoir total sur la natation mondiale si même seulement les images de quelques individualités pourraient dépasser celle de la FINA. Mon sujet ne concerne pas Katinka Hosszu, mais les nageurs ayant déjà réalisé qu’ils disposaient d’un pouvoir suffisant pour influencer l’avenir du sport.   

LES DIRIGEANTS DE LA FINA NE VEULENT PAS TRAITER LES NAGEURS COMME DES PARTENAIRES EGAUX DE NEGOCIATIONS

Je crois fort que la natation peut être un sport pro, mais pour cela, nous devons briser la vieille mentalité qui a dominé depuis de longues décennies, basée sur l’idéal tous sont égaux, mais parmi les égaux se trouvent de plus égaux que les autres. Les dirigeants de la FINA ont déjà décidé : ils ne veulent pas traiter les nageurs comme des partenaires égaux de négociation, et en sens contraire ils ont créé des règles destructives, qui limitent de façon spécifique nos opportunités. Au lieu de représenter le sport et les intérêts des nageurs, ils se concentrent exclusivement sur l’avancement de leurs propres intérêts professionnels et opèrent comme si l’on était en 1989 plutôt qu’en 2017.  

6,9 milliards. Selon la FINA, c’est le nombre de fois que les gens allumèrent leurs postes de télé pour suivre les championnats du monde de Kazan, en Russie. Ces mêmes personnes, qui se vantent au sujet de ces chiffres de retransmissions, prennent bien soin de nous dire qu’il n’y a guère d’argent dans la natation, en faisant un sport amateur. Si ce qu’ils nous disent est vrai, alors nous devrions voir combien de revenus sont générés par les droits télé. Si tous les nageurs se voient interdire le port des casques (à écouteurs) de leurs sponsors, depuis qu’un article d’un contrat signé par la FINA a spécifié une telle interdiction, pourquoi alors les nageurs ne sauraient-ils pas ce que la FINA retire de ce partenariat ? Pourquoi les nageurs ne pourraient-ils bénéficier de l’événement le plus achevé de leur propre sport ? Ceci sans même mentionner les logos sur les appareils !

LA FINA EST DANS UN CHAOS, ET PRATIQUE ZERO TRANSPARENCE

Il n’est pas exagéré de dire que la FINA est dans un chaos. Il y a un manque de transparence dans ses finances, le changement constant de ses règlements, et ses chefs sans vision. Au départ, cela peut sembler un peu effrayant, mais il est temps pour nous, les nageurs, de faire quelque chose au sujet de l’avenir de notre sport. Nous n’aurions pas même besoin d’être des pionniers. Il y a eu avant nous tant d’exemples exaltants dans d’autres sports.

Les règles de la NBA prévoient que la ligue doit rétrocéder plus de la moitié des Revenus Reliés au Basket aux joueurs ; exactement 51% des sommes vont aux athlètes, comme salaires, ni plus ni moins. De ce fait, autant la ligue que les athlètes ont les mêmes motifs. Ce système est transparent et juste. Savez-vous pourquoi la Ligue s’est-elle construite ainsi ? Non parce que les dirigeants de la NBA sont tellement généreux et ont offert ces pourcentages aux joueurs ? Non, c’est parce que les joueurs ont reconnu la puissance d’être unis et la NBA réalisa qu’elle n’était rien sans les athlètes.

En 1973, Nikola Pilic, le meilleur joueur yougoslave de tennis du temps fut banni de sa fédération pour avoir participé à une compétition professionnelle au Canada au lieu de jouer gratuitement dans son équipe nationale. Quand le tournoi de Wimbledon récusa sa participation sur les bases de sa sanction, Pilic fut furieux ! Le tennis se développait alors, et hommes d’affaires, agents, et télévision attendaient de recevoir leur part du gros argent que les joueurs pouvaient faire avec leurs performances. Ceux-ci savaient qu’ils devaient se préparer pour ce changement, et un an plus tôt ils établirent leur ATP (Association des Pro du Tennis). Pilic évoqua son interdiction au président de l’Association, lequel convainquit 50% des joueurs de signer une pétition selon laquelle, si Pilic ne jouait pas, ils ne joueraient pas. La Fédération internationale, les médias et le public raillèrent cette faible tentative des joueurs et parièrent sur un changement de position à la veille du tournoi, mais à la fin des engagements, seuls un britannique et quatre joueurs de l’Est étaient engagés, les 81 meilleurs joueurs du monde restant solidaires. Ce fut le plus minable Wimbledon de l’histoire, le public assistant à des matches de joueurs de troisième rang.

ON A RAISON DE SE REVOLTER

La Fédération Internationale fut forcée de réaliser que le pouvoir se situait dans les mains des joueurs, elle leva aussitôt la punition contre Pilic, donna aux athlètes la liberté de choisir où et quand ils voulaient jouer et avoir leur mot dans les changements de règlement. Dès lors dans les dix années qui suivirent, le tennis est devenu un des sports les plus profitables, pour les organisateurs, les joueurs et toutes les personnes impliquées. Nous devons apprendre du boycott de Wimbledon, parce que sans lui, il n’y aurait pas eu ces grands, les Agassi, Federer ou Djokovic. Leur message a la clarté du cristal : nous devons nous lever, et ne pas les laisser décider sans nous, quand et où nous pouvons nager et pour combien d’argent. Si les règles qu’ils ont créées sans demander notre avis sont nuisibles, illogiques et vaines, nous devons nous lever pour ce que nous croyons, parce que telle est notre responsabilité.

J’ai 28 ans, j’ai gagné 21 médailles aux Jeux olympiques, aux championnats du monde et d’Europe, et je suis sûr de me trouver dans la seconde moitié de ma carrière. Je pourrais mettre ma tête dans le sable, disputer encore quelques compétitions et vivre confortablement le reste de ma vie. Croyez-moi, je n’écris pas ceci pour moi mais pour les jeunes nageurs et les générations qui viennent ensuite.

N’est-il pas merveilleux de voir des enfants de huit ans courir vers nous et, admiratifs, nous demander des autographes ? N’est-il pas merveilleux que des adultes nous voient comme des modèles de rôles ? N’êtes-vous pas fier quand vous entendez un grand-père dire à son fils qu’on devrait être leur héros ? Pour eux et des millions de gens, nous sommes le sport de la natation. C’est pourquoi la façon de changer notre sport est notre responsabilité. L’opportunité a toujours été devant nous. Mais c’est à nous de prendre cette chance, et comme toute performance, nous devons commencer cela ensemble ; mais plutôt que de concourir les uns contre les autres, cette fois, nous devons combattre ensemble, comme une seule personne.

Katinka Hosszú

 

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS

Letter to Swimming

Budapest, 06.21.2017

 

Dear Fellow Swimmers,

 

You might be reading these words in the middle of the night or just before dawn. I am not sure when you find the time, but what I do know for sure is that from all of the elite athletes in the world, swimmers get up the earliest and go to bed the latest. This isn’t exactly by choice. Most of us have to live two lives. While we strive for greatness in the pool, we must also manage our lives outside the pool. While the Iron Lady is preparing for Worlds in Budapest, Katinka prepares for her life after swimming. Although the World sees us, swimmers, as one of the most hard working and determined professionals, our leaders seem to think our sport is amateur, therefore we are amateurs, and that is exactly the way they treat us. 

If swimming is still not a professional sport, then that is a reflection of the work FINA has been doing for the past few decades, not a reflection on the sport that is one of the fundamentals of childhood athletic development. There is a reason why many children do not stick to competitive swimming; it is extremely challenging. If you want to be a swimmer in 2017, you can know one thing is for sure, if you are not in the top 5 in the World, you will invest more than you will make. Does it sound attractive? Not really. Could we make it more appealing? I am certain that we can, so long as FINA helps us, instead of holding the best athletes back. 

First of all, they should reach out and listen to us, the swimmers. They should hear us out and not decide upon major rule changes without our input on the topic. If they would have asked for our opinion, we could have told them that the World Cup has huge potential, but the planned new rule changes are destructive and hypocritical.

Everyone thinks that the new World Cup rule changes are against Katinka Hosszu. That can be partially true, because they definitely screwed me over. Imagine, I’m like one of those students that got straight A’s in every class, plus took-on drawing and chorus as extra curricular activities. Then, the next year I’m told I cannot do extra curricular activities because my success was bothering the rest of the students. The real truth, however, was that it was only the teacher who was bothered.

I could view myself as a victim, but, on the other hand, I get advantages from FINA that I never requested. I don’t want to automatically advance to the finals of the World Cup competitions based on my previous results at international competitions. I want to race for the final spots with young talents, like Iwasakis or Egerszegis, and if they are better than me at the age of 14, let them show their talent. With the new World Cup rule changes they have to start from a disadvantage—they have to wait until the sport’s top athletes get old or finish their careers before they can have the advantage of automatic advancement to finals. This is just not fair. 

According to the new rules of the competition, every event won’t be offered at every stop. Now, for example, a top German swimmer might not compete in his own country because his main event (or events) will only be offered in Moscow or Eindhoven, but not Berlin. Why does FINA make rules that are harmful for the athletes, the organizers of the competition, the World Cup itself and swimming as a whole? These rules are risking the future of our sport, which I am not willing to support with my silence. 

How can a sport label rules “innovative” when they are actually destructive, limiting the participation of the sport’s top athletes? Will the NBA limit one of its biggest stars, LeBron James, in his eighth participation in the big final next year? Will the ATP try to remind Nadal and Federer that their time is over? As one of the current faces of swimming, I should be focused on preserving and extending my career by not taking on too many events and not having my image being overused. Instead, here I am fighting to be allowed to swim as much as I want and to continue to popularize my sport. 

Please don’t think that the leaders of FINA don’t know all of this. They are desperate to keep the importance of the World Championships alive and thriving – an event in which the revenues and profits do not get shared with the athletes – by destroying the World Cup, an event that could be in the future a more lucrative opportunity financially for many swimmers. FINA clearly sees that they could loose their complete power over the sport if even a few of the athlete’s images were to grow bigger than FINA’s. My story is not about Katinka Hosszu but about all the professional swimmers who have already realized they have enough power to influence the sport’s future.

I strongly believe that swimming can be a real professional sport, but for that we need to break the sport’s previous decades long mentality, which is based on the idea: everyone is equal, but among equals there should be more equals. FINA’s leaders have already decided: they do not want to treat the swimmers as equal negotiating partners, and instead they created destructive rules, which are specifically limiting our opportunities. Instead of representing the sport and the swimmers’ interests, they focus exclusively to please their own business interests while they operate as if it were 1989 rather than 2017. 

6,8 billion. According to FINA this is how many times people switched to the TV broadcasts of the 2015 World Championships in Kazan, Russia. These same people, who are bragging about these amazing broadcasting numbers, dare to tell us that there is no money in swimming, making it an amateur sport. If this is in fact true, why can’t we see how much revenue was generated from the broadcasting rights? If all swimmers are blocked from wearing headphones from one of their own personal sponsors, since one of FINA’s sponsorship contracts specifically blocks this, then why can’t the swimmers see exactly how FINA is benefitting from this partnership? Why can’t the swimmers benefit from the sport’s most popular international events? This is not even mentioning logos on apparel. 

It’s not an exaggeration to say that FINA is in chaos. There is the lack of transparency in the financials, the constantly changing rules, and leaders with no vision. At first it may seem a bit scary, but this is the time for us, the swimmers, to do something about the future of our sport. We wouldn’t need to be pioneers; there are so many inspiring examples from other sports before us.

Based on regulations in the NBA, the league has to give more than half of the yearly Basketball Related Income to the athletes; exactly 51% goes to the athletes as salary, not more, not less. Therefore both the league and the athletes have the same motives. This system is transparent and fair. Do you know why the league is set up this way? Not because the leadership of NBA was so generous and offered a percentage of the Basketball Related Income as a gift. It’s because the players recognized the power of being united and the NBA had to realize that without the players the league would be worth nothing. 

In 1973, Nikola Pilic, the best Yugoslavian tennis player of his time, was banned by his federation because instead of playing for the national team for free, he participated in a Canadian prize money competition. When the organizers of Wimbledon told Pilic that because of his sanction he couldn’t compete, he was furious. 

Tennis was on its rise at this time: businessmen, agents, and broadcasters were all waiting to come in for their cut of the big money that the players could make with their performances. The athletes knew that they had to be prepared for this change, so a year earlier they established ATP (Association of Tennis Professionals). Pilic told the president of the players association about his ban, who then convinced almost all of the 50 top tennis players to sign a petition which said, If he won’t play, we won’t either. 

The international federation, the media and the public laughed at the athletes for their weak attempt unify and everyone was sure that when the biggest tournament was about to start the athletes will change their mind. On the day of the draw, out of all the biggest stars, there was only one English and four East-European players set to compete. (The English player was there for patriotic reasons and the other four players because of their communist country’s pressure.) The other 81 players left united. And what was the result? The most awkward sporting event of all time, where the 300,000 fans could watch amateur third class players compete. It became clear, even the biggest, most prestigious event is worthless without the best athletes. 

The international federation was forced to realize, the power was in the player’s hands: they immediately cleared Pilic’s ban, gave the athletes the freedom to choose where and when they want to play and to let the athletes have a say on the most important decisions and rule changes of the sport’s future. 

From that point on there was no stopping: in the next 10 years the prize money increased tenfold and tennis has become one of the most profitable sports of all time, and not just for the organizers or the players, but for everyone involved.

We must learn from the boycott of Wimbledon, because without them there wouldn’t be greats like Agassi, Federer, or Djokovic. Their message is crystal clear: we have to stand up for ourselves, we don’t have to let them decide without us, when and where we compete and for how much money. If the rules – which they create without asking for our opinion – are harmful, illogical and pointless, we have to stand up for what we believe in because that’s our responsibility!

I’m 28 years old. I’ve won 21 gold medals in the Olympics, World and European championships, and I’m sure I am already in the back half of my career. I could put my head in the sand, compete a little longer and then live comfortably for the rest of my life. Believe me, I am not writing these words for myself, but for the younger swimmers and those generations who come after them. 

Isn’t it amazing when 8-year-old kids are running up to us with awe and asking for autographs? Isn’t it amazing when successful adults look at us as their role models? Aren’t you proud when you hear a grandpa tell his grandchild that we should be their heroes? For them and millions of people, we are the sport of swimming. This is why it is our responsibility how we change the future of swimming. 

The opportunity has always been right in front of us. But it is up to us to take the chance. Just like in any performance, we all have to start this together, but instead of us competing against each other, this time we have to fight together as one.

 Katinka Hosszú

CANET-EN-ROUSSILLON : JULIA EFIMOVA, 30s04 AU 50 BRASSE

Eric LAHMY

Mardi 21 Juin 2017

Une performance de Julia EFIMOVA n’avait pas été enregistrée, dans les résultats du meeting de Canet-en-Roussillon, le week-end dernier. Il s’agit du 50 brasse, que la Russe a gagné en 30s04, largement devant la Suédoise Jennie JOHANSSON, 30s77. Un résultat qui répond à la domination, par la multiple championne du monde et championne olympique russe, de la spécialité à Canet-en-Roussillon. Cette saison, EFIMOVA a nagé la longueur de bassin en 29s88 (avril dernier). Sous les 30 secondes, on compte jusqu’ici Ruta MEILUTYTE, 29s48 (2013), 29s74 (2015), 29s88 (2014) et 29s98 (2016), Jessica HARDY, 29s80 et Breeja LARSON, 29s95 ; et le record personnel d’EFIMOVA, 29s52, date de 2013

50 brasse : 1. Julia EFIMOVA (Russie), 30s04 ; 2. Jennie JOHANSSON (SWE), 30s77 ; 3. Jessica HANSEN (AUS), 30s83 ; 4. Jenna LAUKKANEN (FIN), 31s13.