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À ABOU DHABI, ÉTAPE COUPE DU MONDE, AURÉLIE MULLER ET DAVID AUBRY ASSURENT LA PRÉSENCE FRANÇAISE SUR LES PODIUMS H2O LIBRE

Éric LAHMY

FRANCE ET PAYS-BAS À ÉGALITE, ITALIE ET GRANDE-BRETAGNE TRÈS ASSIDUS ÉGALEMENT. FONTAINE ET CASSIGNOL NOUS PARLENT D’AVENIR

Dimanche 12 Mars 2017

Ça continue à performer très fort, pour l’eau libre française. A Abou Dhabi, où l’épreuve masculine a été gagnée par le Britannique Jack BURNELL devant le champion olympique néerlandais  Ferry WEERTMAN, David AUBRY a fini 3e des 10 kilomètres « marathon » à l’issue d’un « final » à cinq fort disputé. David, qui avait consenti un gros effort entre la 2e et 3e bouée et était revenu sur le leader, Axel REYMOND, suivi comme son ombre par Marc-Antoine OLIVIER. REYMOND s’effaçait et AUBRY devant OLIVIER traçait la route. Au dernier passage, il avait creusé un écart de huit secondes sur son compatriote et de dix-huit secondes sur BURNELL, alors 3e. Mais sorti du fin fonds où il avait économisé ses forces (respectivement 60e, 59e, 51e, et 34e aux différents passages, WEERTMAN s’approchait dangereusement, et quoique seulement 12e à ce moment, nageait alors plus vite que tous les leaders.

A l’arrivée, donc, AUBRY montait sur la dernière marche du podium et OLIVIER finissait derrière, à une main. Le jeune Logan FONTAINE, champion d’Europe et du monde junior, et qui s’était maintenu pratiquement, non sans panache, tout le temps de la course entre la 7e et la 8e place, devait céder quelques positions dans la phase finale, et écopait de la 21e place, juste devant Axel REYMOND.

S’il existe une école française d’eau libre, ses grands pontes, ses « professeurs du collège de France », s’appelleraient Philippe LUCAS, qui entraîne AUBRY et OLIVIER, et Eric BOISSIERE, qui entraîne LOGAN, mais a entraîné avant cela AUBRY et OLIVIER à Rouen… Si ces deux l’ont quitté, c’est qu’à Montpellier, ils ont trouvé les moyens nécessaires à leur pratique quasi-professionnelle, moyens que Rouen ne leur a jamais consentis.

Et si FONTAINE reste à Rouen, c’est qu’enfin BOISSIERE s’est vu aménager pour lui-même et son nageur des moyens de travailler, sans d’ailleurs, crois-je savoir que la mairie ou son club n’aient fait grand’ chose pour ça.

Il était temps, car Eric a dépassé l’âge de la retraite et il a fallu qu’à la DTN, Jacques FAVRE gratte un peu pour lui arranger le coup et lui permettre de continuer son « apostolat ». Très mérité car je ne crois pas qu’en trente ans, un seul cadre technique de la DTN ait autant produit que lui.

Mais le cador de l’eau libre de l’année reste Philippe LUCAS. On a pu le voir à l’issue de la course féminine d’Abou Dhabi. Les deux premières sont ses élèves. Et cette fois Aurélie MULLER a devancé Sharon VAN ROUWENDAAL. Lorsque l’affaire est devenue sérieuse, Sharon tenta de refaire le coup qu’elle avait réussi aux Jeux olympiques de Rio: elle s’extirpa du paquet de l’avant emmené par la British Alice DEARING, et se mit en devoir de semer tout le monde.

Mais ici, cela fonctionnait un peu moins bien qu’aux Jeux dans la mesure où elle ne parvenait pas à « faire le trou ». La suivait de très près cette redoutable Rachele BRUNI qui n’avait pas seulement enlevé l’argent à Rio, mais conduit MULLER à l’élimination.

L’AVENIR DE L’EAU LIBRE C’EST FONTAINE ET OCÉANE

Cette fois, MULLER montra la plus grande fraîcheur et l’emporta. Seule l’Italienne Ariana BRIDI finit plus vite qu’elle, mais partant de plus loin. Océane CASSIGNOL, pendant féminin de Logan FONTAINE et championne d’Europe juniors, et 17 ans le 26 mai prochain, s’est offert une place de 7e, parmi les « grandes ». « La valeur n’attend pas ». Océane la bien prénommée (Fontaine est, lui, bien nommé) est une autre élève de Philippe LUCAS à Montpellier, dont elle résume la plaisante méthode pédagogique : «Avec Philippe, tu marches, tu le suis ou tu crèves. Le reste, il s’en fout». [C’est rassurant : on ne nous l’a pas changé.]

Lara GRANGEON, récente championne de France des 5 kilomètres, goûtait la différence avec l’eau libre, ses difficultés spécifiques, et récoltait une 21e place. Débuts prometteurs, ou tentative sans lendemains ?

 MESSIEURS.- 10 kilomètres : 1. Jack BURNELL, GBR, 1h45’54s6 ; 2. Ferry WEERTMAN, Pays-Bas, 1h45’54s9; 3. David AUBRY, France, 1h45’55s; 4. Marc-Antoine OLIVIER, France, 1h45’55s1; 5. Rob MUFFELS, GER, 1h45’55s5;… France: 21. Logan FONTAINE, 1h46’10s7; 22. Axel REYMOND, 1h46s11s1; … 39. Anis CHENITI, 1h48’34s; … 45. Hugo CHOPINEAU, 1h48’40s2; … 51. Clément BATTE, 1h50’35s9; 52. Naïm MOKHFI, 1h51’2s3; … 54. Jean-Baptiste CLUSMAN, 1h51’40s1; 55. Aubin COCORDANO, 1h51’54s7; … 61. Hugo SAILLARD, 1h55’3s.  

DAMES.- 10 kilomètres: 1. Aurélie MULLER, France, 1h52’35s3 ; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, NED, 1h52’35s4; 3. Arianna BRIDI, ITA, 1h52’35s6; 4. Finnia WUNRAM, GER, 1h52’37s2; 5. Rachele BRUNI, ITA, et Chelsea GUBECKA, AUS, 1h52’37s3; 7. Océane CASSIGNOL, France, 1h52’38s5; … France : 31. Lara GRANGEON, 1h54’7s6 ; … 40. Lisa POU, 1h58’49s6 ; … 47. Lila LANGLAIS, 2h7’38s6 ; 48. Elaine Claire SIX, 2h8’55s ; 49. Inis IDIER, 2h9’3s1.  

GABRIELE DETTI, 14’48s21, EN FORME PRÉCOCE, DÉMOLIT GREG PALTRINERI SUR SA DISTANCE FÉTICHE

Éric LAHMY

Samedi 11 Mars 2017

J’écrivais hier, à l’issue de la première journée du meeting de la Cité de Milan, que Gabriele DETTI, lequel venait de nager le 400 mètres le plus rapide de ce début d’année, abandonnerait en 2017 le 1500 mètres. Il en avait fait la promesse, fin août dernier.

Mais cette promesse d’abandon, contingentée au cadre de la haute compétition, style championnats du monde et Jeux olympiques, ne s’appliquait pas aux meetings, que les nageurs prennent le plus souvent comme une préparation, des tests effectués dans le cadre d’un programme d’entraînement.

Et donc, DETTI risquait de tirer dans les pattes de son camarade d’entraînement Gregorio PALTRINERI, dans ce meeting milanais, et, compte tenu de leur degré de préparation respectif, d’être en mesure de lui faire mordre la poussière. PALTRINERI avait affiché, sur 400 mètres, un retard de neuf secondes sur DETTI, impossible à rattraper sur un garçon certes moins endurant que lui, mais capable quand même de tenir le choc du long, comme l’avait démontrée sa médaille de bronze olympique de Rio de Janeiro.

Non seulement DETTI a gagné, mais cela n’a pas été une victoire difficile. Gabriele, 14’48s21, « Greg » 15’2s67, il n’y a pas eu rencontre… D’ailleurs, rien n’interdit de penser que cette domination pourrait faire revenir Detti sur la promesse d’abandonner le 1500 mètres ! Notons que Damien Joly a terminé 4e avec 15’18s98.

Ces 14’48s21 de Detti, s’ils ne valent pas les 14’40s86 qui lui offrirent la médaille de bronze aux Jeux de Rio en août dernier, reproduisent son effort des séries olympiques, 14’48s68. Il est remarquable qu’en valeur absolue, il est de deux secondes moins vite qu’à Rio sur 400 mètres et huit secondes moins vite sur la distance (presque) quadruple, et donc n’a rien perdu de ses facultés d’endurance. A défaut d’avoir le 1500 dans la tête, il l’a toujours dans les bras, et les jambes…

Que dire d’autre? Sans doute que les deux bronze olympique de Detti l’ont moins satisfait que Paltrinieri ne l’a été de l’or du 1500, et ont plutôt aiguisé son appêtit de conquète. Faut-il s’inquiéter au sujet de Paltrinieri, en revanche? Chi lo sà? Greg s’est bien aéré l’esprit depuis les Jeux et a profité de sa popularité, mais il est sûr que s’il veut revenir à son meilleur aux mondiaux de Budapest, cet été, il est temps qu’il s’y mette.

Hormis Detti, il n’y a pas eu de gros truc, de perf qui ressorte. Rien de mauvais non plus certes, disons des performances de saison. Sara Franceschi a peut-être réussi ce qui s’est fait de mieux, côté filles, avec 4’41s13 sur 400 mètres quatre nages, à l’issue d’une haletante bataille à trois,  tandis que Federica Pellegrini a gagné le 100 mètres et perdu le 100 mètres dos, et que l’Antibois Nans Roch a lutté pour l’or sur 100 papillon, et obtenu le bronze.

 MESSIEURS.- 50 libre : 1. Luca Dotto (CS Carabinieri/Larus), 22s43 ; 2. Marco Orsi (Fiamme Oro Roma/Uisp Bologna), 22s44; 3. Piero Codia (Esercito), 22s68.

200 libre: 1. Filippo Magnini (CC Aniene), 1’49s36 ; 2. Alex Di Giorgio (CC Aniene), 1’49s97; 3. Matteo Senor (CN Torino), 1’50″37.

1500 libre : 1. Gabriele Detti (Esercito/Team Lombardia), 14’48s21 ; 2. Gregorio Paltrinieri (Fiamme Oro Roma/Cooprenuto), 15’02s67 ; 3. Domenico Acerenza, 15’17s85.

50 dos: 1. Simone Sabbioni (Esercito/Swim Pro SS9), 25s48; 2. Apostolos Christou (Grèce), 25″64; 3. Matteo Milli (Team Lombardia), 25″83.

200 dos: 1. Christopher Ciccarese (Fiamme Oro Roma/CC Aniene), 2’00s41; 2. Giorgio Gaetani (Esercito), 2’1s30; 3. Matteo Ciampi (Nuoto Livorno), 2’1s59.

100 brasse: 1. Andrea Toniato (Fiamme Gialle), 1’2s18; 2. Luca Pizzini (CS Carabinieri), 1’2s54; 3. Federico Poggio (Team Insubrika), 1’2s89.

100 papillon : 1. Daniele D’Angelo (CC Aniene), 53s70 ; 2. Kregor Zirk (Estonie), 53s88; 3. Nans Roch (France), 53s89.

200 quatre nages: 1. Luca Angelo Dioli (CS Carabinieri), 2’3s57; 2. Lorenzo Glessi (Esercito), 2’3s79; 3. Federico Turrini (Esercito/Nuoto Livorno), 2’4s57.

DAMES.- 100 libre: 1. Federica Pellegrini (CC Aniene), 54″77; 2. Erika Ferraioli (Esercito), 55s41; 3. Aglaia Pezzato (Esercito), 55s65.

400 libre: 1. Simona Quadarella (VV.F Fiamme Rosse/CC Aniene), 4’8s62 ; 2. Erica Musso (Fiamme Oro Roma), 4’13″55; 3. Alice Mizzau (Fiamme Gialle), 4’14″11.

100 dos : 1. Carlotta Zofkova (CS Carabinieri), 1’1s35 ; 2. Federica Pellegrini (CC Aniene) 1’1s59; 3. Margherita Panziera (CC Aniene) 1’1s72.

50 brasse: 1. Martina Carraro (Fiamme Azzurre), 31s39; 2. Arianna Castiglioni (Fiamme Gialle) 31s64; 3. Nicol Valentini (Roma Nuoto), 32s51.
200 brasse: 1. Giulia Verona (Team Lombardia) 2’28s81; 2. Lisa Fissneider (Fiamme Gialle) 2’30″16; 3. Francesca Fangio (Team Lombardia), 2’30″27.

50 papillon: 1. Silvia Di Pietro (CS Carabinieri/CC Aniene), 26s16 ; 2. Elena Gemo (CS Carabinieri), 26s57 ; 3. Ilaria Bianchi (Fiamme Azzurre), 26s83.

200 papillon : 1. Stefania Pirozzi (Fiamme Oro Roma/CC Napoli), 2’9s60; 2. Aurora Petronio (RN Torino), 2’10s39; 3. Ilaria Cusinato (Team Veneto), 2’11s92.

400 quatre nages : 1. Sara Franceschi (Fiamme Gialle/Nuoto Livorno), 4’41s13 ; 2. Stefania Pirozzi (Fiamme Oro Roma/CC Napoli), 4’41s78 ; 3. Luisa Trombetti (Fiamme Oro Roma), 4’42s48.

MAURICE LUSIEN (1926-2017) : UNE VIE DANS L’EAU

Samedi 11 Mars 2017

Maurice LUSIEN, l’un des meilleurs nageurs français de l’immédiat après-guerre, est mort ce vendredi matin, des suites d’une grippe contractée cet hiver, nous signale son fils Patrick. Né à Paris le 17 août 1926, il était dans sa 91e année.

Maurice était un nageur de cette époque, loin des gabarits d’aujourd’hui. Doté de capacités cardio-pulmonaires hors-normes, il était d’une taille médiocre, 1,67m, et compensait par une volonté sans faille.

Il avait participé aux Jeux olympiques de Londres, en 1948, puis d’Helsinki en 1952 ; éliminé en séries la première fois, il avait atteint la finale du 200 mètres brasse (papillon) , et terminé septième, la seconde.

Les « stars » de l’époque s’appellent Jany, Boiteux, voire Vallerey et Bozon, mais Lusien, sans atteindre leur statut, est un membre éminent des équipes de France. A deux reprises, il établira le record du monde du 400 mètres quatre nages, une épreuve créée en janvier 1953, non olympique (elle le deviendra en 1964) en 5’35s6 (1953) et 5’27s3 (1954).

Médaillé d’argent du 200 mètres brasse aux championnats d’Europe en 1950, il est vainqueur de la même épreuve et du relais trois fois 100 mètres trois nages aux Jeux méditerranéens, l’année suivante; il gagnera aussi le 200 mètres papillon et le quatre fois 100 mètres quatre nages aux Jeux méditerranéens en 1955, et sera encore médaillé d’argent du quatre fois 100 mètres quatre nages aux Jeux méditerranéens 1959, il est champion de France du 100 brasse en 1958, du 200 brasse de 1947 à 1952 et en 1959, et, au moment de la partition entre la brasse et le nouveau style, le papillon, du 200 mètres papillon en 1953 et 1954, et il devient recordman du monde du quatre fois 100 mètres quatre nages (4’32s2) en 1953 avec Gilbert Bozon, Pierre Dumesnil et Alex Jany.

Avec son épouse Odette-Aimée (Casteur), championne de France à 16 ans et elle aussi recordwoman du monde (en relais, en 1954, à Marseille, avec Josette Arène-Delmas, Marie-Laure André et Françoise Derommelaere), ils vont devenir des nageurs impénitents, et disciplinés. De plus, il l’entraîne. Quand leur nait un fils, Patrick, en 1951, la natation reste leur premier souci, et ce garçon sera élevé par ses grands-parents jusqu’à l’âge de cinq ans.

Ils vont d’ailleurs devenir les premiers masters « sérieux » de France après que Patrick, retour d’Allemagne, leur raconte qu’on a mis en place outre-Rhin des compétitions de natation pour les vieux.

Pas étonnant que ce couple fusionnel ait laissé le souvenir de véritables fanatiques hors-normes du sport. Lui a été bottier à ses débuts, et quoique fort peu manuel, « incapable de planter un clou », se souvient en souriant son fils, il aurait été meilleur ouvrier de France dans sa spécialité. Il abandonne assez vite la profession, devient maître-nageur, puis, beau parleur, effectue une carrière de commercial. Mais sa seule passion, nager, le reprend avec Odette, et ils consacrent leur retraite à l’entraînement et à la compétition. Ils accordent à cette pratique une attention, un intérêt extraordinaires, que les autres nageurs eux-mêmes n’approuvent pas toujours, estimant qu’ils en font trop.

Ils enlèveront de nombreux titres internationaux de vétérans. Lui-même aura été licencié au Cercle des Nageurs de la Marne, au Paris université Club et au Cercle des Nageurs de Marseille. Odette, née en 1927, disparait en 2007, à 79 ans et 4 mois, victime d’un lymphome de Hodgkin qui se développe lentement mais inexorablement et contre lequel elle se battra pendant quinze ans.

Dès la mort de cette compagne et complice, Maurice abandonne tout désir de nager. Il n’y reviendra plus. Depuis six ans, il vivait en maison de retraite. Victime d’une grippe cet hiver, il est hospitalisé, et ne s’en remettra pas. Odette s’était éteinte le 12 mars 2007. Il disparait dix ans après, moins deux jours…

 Éric LAHMY

DETTI, 3’45s28 SUR 400 MÈTRES A MILAN

Éric LAHMY

Vendredi 10 Mars 2017

Italie. Première journée du Trophée (7e meeting du nom) de la cité de Milan. Gabriele Detti en a été le héros. Le médaillé de bronze olympique du 400 mètres des Jeux de Rio (derrière Mackenzie Horton et Yang Sun) et du 1500 mètres (derrière Gregorio Paltrinieri et Connor Jaeger) a signé un 3’45s28 que l’on signale comme la meilleure performance mondiale de la saison. C’est un temps, à deux secondes de son record, qui aurait été suffisant, aux Jeux de Rio, pour le qualifier en finale.

Detti n’avait pas d’adversaire à sa mesure, le second de la course étant… Damien Joly. L’Antibois finissait à six secondes du vainqueur. Et Paltrinieri, s’il s’était qualifié en finale, ne pouvait finir mieux que 5e, en 3’54s62.

On ne devrait pas voir Detti sur 1500 mètres, car il a clairement annoncé fin août dernier qu’il abandonnait toutes prétentions sur la distance, où Paltrinieri domine le monde. De ce fait, il pourrait nager de façon intéressante sur 200 ? En revanche, sur 1500, il serait intéressant, le cas échéant, de voir ce que Joly pourrait faire en face du champion olympique en l’état actuel des choses, Paltrinieri ayant l’air fort éloigné de sa meilleure forme.

Côté filles, ce meeting de reprise a donné une performance intéressante d’Alice Mizzau, 1’58s70 sur 200, nettement devant la Française Camille Gheorghiu. A noter également le 200 dos de Federica Pellegrini, qui a snobé le 200 libre, tandis que Sara Franceschi, 16 ans, fille de son (très bon) entraîneur livournais Stefano, améliore son record italien cadettes sur 200 quatre nages. Jordan Coelho a gagné le 200 papillon, réalisant la meilleure performance d’un groupe du pôle France d’Antibes.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Alessandro Miressi (Fiamme Oro Roma/CN Torino), 49″44 ; 2. Marco Orsi (Fiamme Oro Roma/Uisp Bologna), 49″85 ; 3. Filippo Magnini (CC Aniene), 49″87 ; 3. Ivano Vendrame (CS Esercito/Larus), 49″87.

400 libre: 1. Gabriele Detti (CS Esercito/Team Lombardia), 3’45″28; 2. Damien Joly (Pôle France Antibes), 3’51″83 ; 3. Domenico Acerenza (CC Napoli), 3’52″38.

100 dos : 1. Simone Sabbioni (CS Esercito/Nuoto Livorno), 54″85 ; 2. Matteo Milli (Team Lombardia), 55″63; 3. Christopher Ciccarese (Fiamme Oro Roma/CC Aniene), 55″81.

50 brasse:1. Andrea Toniato (Fiamme Gialle/Team Veneto), 28″26; 2. Nicolò Ossola (CS Carabinieri), 28″74; 3. Federico Poggio (Team Insubrika), 28″82.

200 brasse : 1. Luca Pizzini (CS Carabinieri/Fondazione Bentegodi), 2’14 » ; 2. Christopher Rothbauer (SVC Nuoto Austria), 2’15″07; 3. Riccardo Cervi (Team Veneto), 2’16″01.

50 papillon: 1. Andrea Farru (Sport Full Time Sassari), 24″05; 2. Apostolos Christou (Federazione Nuoto Grecia), 24″21; 3. Matteo Rivolta (Fiamme Oro Roma), 24″41.

200 papillon: 1. Jordan Coelho (Pôle France Antibes), 1’58″89; 2. Giacomo Carini (Fiamme Gialle/Vittorino Da Feltre), 1’59 »; 3. Athanasios C. Kynigakis (Federazione Nuoto Grecia); 2’0″39.

400 4 nages: 1. Federico Turrini (CS Esercito/Nuoto Livorno), 4’20″77; 2. Giorgio Gaetani (CS Esercito/Larus), 4’21″74 ; 3. Claudio Fossi (Team Lombardia), 4’28″10.

DAMES.- 50 libre : 1. Silvia Di Pietro (CS Carabinieri/CC Aniene), 25″18 ; 2. Erika Ferraioli (CS Esercito/CC Aniene), 25″56 ; 3. Agaia Pezzato (CS Esercito/Team Veneto); 25″67.

200 libre: 1. Alice Mizzau (Fiamme Gialle/Team Veneto), 1’58″70; 2. Camille Georghiu (Pôle France Antibes), 2’1″06; 3. Stefania Pirozzi (Fiamme Oro Roma/CC Napoli), 2’1″23.

800 libre : 1. Simona Quadarella (VV.F Fiamme Rosse/CC Aniene), 8’32″12 ; 2. Martina Caramignoli (Fiamme Oro Roma/Aurelia Nuoto), 8’37″07 ; 3. Martina De Memme (CS Esercito/Nuoto Livorno) 8’38″36.

50 dos : 1. Arianna Barbieri (Fiamme Gialle/Azzurra 91), 28″82; 2. Silvia Scalia (CC Aniene) et Veronica Neri (Team Lombardia), 29″03.

200 dos: 1. Federica Pellegrini (CC Aniene), 2’10″20; 2. Margherita Panziera (CC Aniene), 2’11″20; 3. Giulia Ramatelli (Fiamme Gialle), 2’14″84.

100 brasse: 1. Martina Carraro (Fiamme Azzurre/Azzurra 91), 1’8″02 ; 2. Arianna Castiglioni (Fiamme Gialle/Team Insubrika), 1’8″30; 3. Ilaria Scarcella (CC Aniene), 1’9″11.

100 papillon : 1. Ilaria Bianchi (Fiamme Azzurre/Azzurra 91), 58″16 ; 2. Silvia Di Pietro (CS Carabinieri/CC Aniene), 59″06 ; 3. Elena Di Liddo (CC Aniene), 59″30.

200 quatre nages: 1. Sara Franceschi (Fiamme Gialle/Nuoto Livorno), 2’12″24, record italien cadettes; 2. Ilaria Cusinato (Team Veneto), 2’14″84; 3. Anna Pirovano (Team Lombardia), 2’15″67.

KATHLEEN LEDECKY CONTRE SIMONE MANUEL, DUEL CARDINAL SUR 200 YARDS DANS L’INDIANA LE WEEK-END PROCHAIN AUX NCAA FÉMININS

Éric LAHMY

Kathleen Ledecky est en tête de liste (en bassin de 25 yards) sur deux courses, dans les prochains championnats NCAA. La meilleure nageuse du monde étudie à Stanford, et sa prestation, lors des prochaines finales NCAA, qui se tiendront du 15 au 18 dans l’IUPUI Natatorium d’Indianapolis (pour IUPUI, lisez : Indiana University-Purdue Université Indianapolis) risque de constituer le grand moment des compétitions.

Sur 500 yards, où elle détient les dix meilleures performances, on ne voit qui pourrait battre l’impératrice du crawl. Même si on peut imaginer une Leah Smith (Virginia) en sous-marin, périscope descendu et armant ses torpilles, cette petite fille d’un boxeur poids lourd aura du mal à atteindre l’adversaire à la mâchoire.

Sur les « psych sheet », Leah, qui devance elle-même sa suivante, Ryan Gillian, 4’34s28, de trois secondes et demie, se situe à plus de cinq secondes, 4’30s81 contre 4’25s15, de l’incomparable.

Sur 1650 yards, l’avance théorique de Ledecky se porte à près d’une demi-minute sur la même nageuse, ce qui signifie qu’elle pourrait bien avoir fini sa course pendant que sa meilleure rivale sera occupée à négocier son avant-dernier virage.

Ledecky, l’une des meilleures « medleyers » universitaires US, ne s’alignera pas sur 400 yards quatre nages, et sera lancée sur 200 yards libre, où son équipière de Stanford, Simone Manuel, la devance sur le papier des psych sheet d’un petit rien.

Ce 200 yards pourrait bien être le point de rencontre de l’ouragan Simone et du typhon Katie, le lieu du « perfect storm », la tempête parfaite, où se décidera qui est la meilleure nageuse des NCAA.

Entendons-nous bien. J’ai parfaitement enregistré que les NCAA sont une compétition par équipes. Mais d’abord Stanford a tellement d’avance que ce match là est en quelque sorte joué d’avance. Ensuite, si l’on admet que Ledecky triomphera dans le long et Manuel dans le court (quoique ça sera plus difficile pour celle-ci), le 200 sera le point de rencontre de ces deux dominatrices. Enfin, je ne m’intéresse pas de savoir si Ledecky nage avec Stanford, ou à Kalambong, à Kalamazoo port de pêche ou encore à Papaillous-les-Fossés. Je m’intéresse à Ledecky la nageuse dans tout plan d’eau où elle se trouve, un point c’est tout… et je ne dois pas être le seul!

Ledecky, championne américaine, mondiale et olympique se joue de Manuel sur 200 mètres en grand bassin (1’53s73 contre 1’57s82, goûtez la différence), mais depuis toujours, à égalité sur la distance, les nageurs de 200 mètres qui « viennent » du demi-fond se font ratiboiser par ceux qui excellent plutôt en sprint, dès qu’il s’agit de se mesurer en yards et en petit bassin : quatre virages en plus et dix-sept mètres douze centimètres en moins à accomplir font des 200 yards une course différente, plus proche techniquement… du cent mètres que du deux cent, en grand bassin!

Pour donner une idée, si vous nagez 1’55s sur 200 mètres grand bassin en venant du 1500 mètres, vous vaudrez autour de 1’41s ou 1’42s sur 200 yards petit bassin ; partant du 50 et du 100, vous serez plus près de 1’39s ou 1’40s.

Maintenant, dans l’absolu, Ledecky a signé un meilleur temps, 1’41s04, que Manuel, 1’41s16, sur 200 yards; c’était en 2015. Où en seront-elles la semaine prochaine? Sans doute pas très loin. La forme du jour devrait jouer dès lors un rôle essentiel.

Les règles NCAA interdisent à tout nageur de s’aligner sur plus de trois courses, et donc des grands voraces, un Phelps, un Lochte, une Hosszu, n’y peuvent effectuer les mêmes ravages qu’en courses FINA. D’ailleurs, l’équipe de l’Université de Stanford, à laquelle appartient Ledecky, n’a pas besoin d’un one-woman-show, tant elle est solide, voire hégémonique.

Avec Manuel (trois courses), Ledecky (deux courses), Ella Eastin (trois courses), Janet Hu et Ally Howe (une course chacune), les « Cardinales » sont têtes de liste dans dix des treize épreuves individuelles. Elles ne laissent le haut de la feuille qu’à Kathleen Baker, de California, sur 200 dos, et à Lillian King, d’Indiana, la championne olympique de Rio, sur 100 et 200 brasse.

La Française Béryl Gastaldello, étudiante en 3e année à Texas A&M, est engagée sur trois courses, 50 yards (15e), 100 dos (51e), 100 libre (19e), mais parait assez éloignée de la valeur qui en faisait, voici deux saisons, une concurrente pour les finales.

 Pour l’ensemble des « psych sheet » des NCAA féminins :

http://www.usaswimming.org/_Rainbow/Documents/cde044f3-7d3d-4cc1-a933-50ac4f6e1f35/17-3-1_W_Psych%20Sheet.PDF

 LES MEILLEURES ENGAGÉES.- 50 yards: 1. Simone Manuel, Stanford, 21s29; 2. Abbigail Weitzeil, 21s40; 3. Zhesi Li, Ohio, 21s48.

100 yards: 1. Simone Manuel, Stanford, 46s36; 2. Mallory Comerford, Louisville, 46s75; 3. Oliva Smoliga, Georgia, 46s95.

200 yards: 1. Simone Manuel, Stanford, 1’40s37; 2. Kathleen Ledecky, 1’40s50; 3. Mallory Comerford, Louisville, 1’41s70.

500 yards: 1. Kathleen Ledecky, Stanford, 4’25s15; 2. Leah Smith, Virginia, 4’30s81; 3. Gillian Ryan, Michigan, 4’34s28.

1650 yards: 1. Kathleen Ledecky, Stanford, 15’3s92; 2. Leah Smith, Virginia, 15’31s49; 3. Brooke Zeiger, Minnesota, 15’44s.

100 yards dos: 1. Ally Howe, Stanford, 49s69; 2. Kathleen Baker, Californie, 50s27; 3. Janet Hu, Stanford, 50s29.

200 yards dos: 1. Kathleen Baker, California, 1’48s33; 2. Janet Hu, Stanford, 1’49s36; 3. Alexia Zevrik, NC State, 1’49s61

100 yards brasse: 1. Lillian King, Indiana, 56s30; 2. Natalie Pierce, Florida state, 58s37; 3. Laura Simon, Virginia, 58s41

200 yards brasse: 1. Lillian King, Indiana, 2’4s03; 2. Kierra Smith, Minnesota, 2’4s37; 3. Emily Escobedo, UMBC, et Riley Scott, Couthern Cal, 2’6s20.

100 yards papillon: 1. Janet Hu, Stanford, 50s38; 2. Louise Hanson, Southern Cal, 50s39; 3. Farida Osman, California, 50s40

200 yards papillon: 1. Ella Eastin, Stanford, 1’51s85; 2. Sarah Gibson, Texas A&M, 1’52s64; 3. Madison Wright, Southern Cali, 1’52s67

200 yards quatre nages : Ella Eastin, Stanford, 1’52s34 ; Kathleen Baker, Californie, 1’52s74, Madysin Cox, Texas, 1’52s82.

400 yards quatre nages: 1. Ella Eastin, Stanford, 4’0s38; 2. Madysin Cox, Texas, 4’1s15 ; 3. Sydney Pickrem, Texas A&M, 4’2s25.

RUTA MEILUTYE, ADIEU PLYMOUTH, MULTIPLIE LES TITRES EN LITUANIE

Éric LAHMY

Vendredi 10 Mars 2017

Swim Vortex nous donne des nouvelles de Lituanie, où Ruta Meilutyte a dominé les championnats nationaux. Elle a nagé les 50 et 100 mètres brasse en 30s73 et 1’7s47, alors qu’elle avait accompli la distance en 1’7s juste en janvier lors de la Coupe de Flandres. Meilutyte a également gagné 50, 100 et 200 mètres crawl et 50 mètres dos, en respectivement 25s98, 55s81, 2’3s48 et 30s13. Meilutyte s’est toujours imaginé crawleuse, et elle s’y débrouille bien.

Danas Rapsys, pour sa part, s’est imposé sur 200, 400, 800 et 1500 mètres, en 1’47s62, 3’53s33, 8’15s76 et 15’56s84 ; il a gagné aussi le 100 mètres dos en 54s83. Andrius Sislauskas réalisait la rafle des courses de brasse, en 27s88 (50 mètres), 1’1s13 (100 mètres) et 2’16s81 (200 mètres). En dos, Gytis Stankevicius s’est imposé en dos sur 50 (25s21) et 200 (2’4s67) mais a été battu sur la distance intermédiaire, le 100, en 55s82. Tandis que Deividas Margevicius, 23s97 et 53s25 sur 50 et 100 mètres papillon, gagnait également en libre le 50 mètres en 23s06 et nageait 50s21 au 100.

Pour en revenir à Meilutyte, celle-ci a décidé de retourner dans sa Lituanie natale, après avoir effectué toute sa carrière à Plymouth, en Grande-Bretagne, sous l’expertise de John Rudd, au Plymouth Leander club. Cette décision a été prise lorsque Rudd a quitté son poste pour diriger la fédération irlandaise, Swim Ireland. Ayant perdu son mentor, Ruta a pris sa décision, alors qu’elle s’était octroyé une coupure post-olympique de quelques mois, dédiée à des voyages en Amérique et en Europe en compagnie de ses deux frères. A Kaunas, sa ville natale, ancienne capitale temporaire de Lituanie, elle sera entraînée par un nageur, Pauliumi Andrijausku, toujours recordman national du 200 mètres papillon.

Meilutyte s’était imposée de façon surprenante aux Jeux olympiques de Londres, enlevant le 100 mètres brasse à l’âge de seulement quinze ans, aux dépens de la favorite américaine Rebecca Soni. Elle avait, en 2011, écrasé l’adversité aux Jeux Européens de la jeunesse, 1’7s96, record national, contre 1’11s25, jolie performance encore insuffisante pour en faire une championne olympique ! Mais Ruta a bien occupé l’année de ses quinze ans.

L’année de ses seize ans aussi. Elle avait, en 2013, confirmé son talent, gagné la course des mondiaux de Barcelone avec un nouveau record du monde, 1’4s35, laissant sa seconde, Yulia Efimova, à presqu’une seconde (1’5s29). Toujours junior, elle effectuait un ravage aux championnats du monde juniors, or sur 50 et 100 brasse, 50 libre, 200 mètres quatre nages, argent sur 100 libre, En 2014, aux championnats d’Europe de Berlin, Ruta avait décidé de s’amuser un peu en variant les plaisirs. Et sprinté ! Gagné le 50 brasse, sans nager le 100 brasse, sa distance reine en quelque sorte, nagé les séries du 50 mètres libre où elle n’a pas été ridicule (17e en 25s54). Elle réussit aussi cette année de bons résultats aux Jeux olympiques de la Jeunesse…

Les affaires sérieuses reprennent en 2015, mais après avoir mené follement la première longueur du 100 mètres brasse, en finale, elle finit sur les jantes, effectue une superbe contre-performance, « nage debout » les derniers mètres (1’6s36 contre 1’5s64 en qualifications) et se laisse déposséder par Yulia Efimova (1’5s66, laquelle gagne tout en étant moins vite de deux centièmes que Ruta en demis). Yulia est devenue son ennemie privilégiée après ses affaires de dopage, et Ruta clame sa déception.

Peu de temps après, en septembre, elle est victime d’un accident de vélo: fracture à un coude. Elle ne se remet pas complètement de cet accident et finit 7e de la finale du 100 brasse aux Jeux olympiques de Rio.

Aujourd’hui, on ne peut dire si la grande époque de Meilutyte est achevée. On doit admettre que ses records datent de 2013, quand elle avait seize ans… Annoncée, à Londres, à 64kg pour 1,73m, ses mensurations officielles (sources FINA) sont aujourd’hui 1,76m pour 75kg… Onze kilos supplémentaires qui, même si de « bons muscles », ne constituent pas forcément un  avantage. Mais elle reste une nageuse redoutable, comme le montrent ses récentes performances.

Meilutyte aura 20 ans ce 19 mars.

GILLES SEZIONALE ENTEND RÉFORMER LA « GOUVERNANCE » DE LA FFN

Mardi 7 Mars 2017

M. Gilles SEZIONALE, candidat à la présidence de la Fédération française de natation, a fait connaître un premier volet de ce qu’il entend être son action, s’il est élu. Ce volet concerne la façon de gouverner de la Fédération. Forte aujourd’hui d’environ 300.000 licenciés, M. Sezionale pense, comme d’autres bons esprits, que la « gouvernance » doit être changée, de façon à correspondre à un modèle démocratique. Nous examinerons sans doute ultérieurement ces propositions, mais on peut d’ores et déjà dire qu’elles rendent périmé, obsolète, le mode de gouvernance actuel, que Francis Luyce n’a jamais tenté de réformer, après 24 années de mandat présidentiel. Ce n’est pas être soupçonneux de dire que si M. Luyce a conservé ce mode électoral injuste, c’est tout simplement parce que son absence de démocratie lui convenait. Il est facile de « tenir » quelques poignées de grands électeurs en les flattant et en les achetant.

Par ces seules propositions, mon sentiment personnel est que M. SEZIONALE a ringardisé la présidence de Francis LUYCE. Mais bien entendu, libre à tous de penser diffremment!Eric LAHMY

PRÉSENTATION DU PLAN DE GILLES SEZIONALE SUR LA GOUVERNANCE

Chers Présidentes et Présidents de Ligues Régionales, Chères amies, chers amis,

 L’échéance électorale approche et même si elle ne peut pas être une fin en soi, elle conditionne toute notre action jusqu’au 2 avril prochain. A cette date, le nouveau président de notre Fédération sera désigné par le nouveau comité directeur élu et j’ai la conviction que votre choix sera le bon.

 Dans la lettre que je vous ai fait parvenir, je m’étais engagé à vous fournir des fiches thématiques qui doivent appuyer la politique que je défendrai avec toute mon équipe.

 Pour mémoire, mon engagement principal est le suivant : «  Fédérer l’ensemble des acteurs au service de nos pratiquants avec un projet partagé »

 La première thématique que je soumets à votre jugement porte sur :

LA GOUVERNANCE 

 Une évolution du mode de gouvernance à la hauteur des enjeux actuels est indispensable au développement des activités fédérales en tenant compte des enjeux sociétaux actuels.

 Voilà une phrase qui, à elle seule, résume l’ampleur du programme qui nous attend.

 Vous aurez pu lire au détour d’articles de presse parus très récemment et qui ne partagent pas nos convictions, des expressions fortes et dont le pouvoir de résonnance ne doit pas nous faire oublier le constat actuel.

 Faut-il vraiment se montrer confiant actuellement et prolonger cet état encore 4 ans au point de voir nos projets disparaître dans la brume d’une gouvernance qui n’en finit plus de « laisser le temps au temps ». Certes un bilan s’inscrit dans la durée mais au bout d’une trop longue période, le temps fait son office et l’expérience finit par ressembler à de l’obstination.

La société évolue et le mouvement sportif ne fait pas exception. Ce qui était bien il y a 24 ans ne l’est pas forcément maintenant et même s’il faut savoir se servir des expériences passées il faut aussi savoir en tirer des leçons pour l’avenir. 

Des acteurs nouveaux apparaissent dans notre périmètre (partenaires privés…) et d’autres nous quittent progressivement (partenaires institutionnels) et il convient de négocier le virage qui s’impose à nous intelligemment. On appelle ça de la gestion prévisionnelle à plus ou moins long terme.

Notre Fédération est à un tournant de son existence et si nous voulons rester dans le panorama français, européen et mondial nous devons la faire évoluer. Ce changement passera par une remise en cause de notre mode d’élection de nos représentants. Impossible me direz-vous ? 

Pourtant autour de nous des exemples existent et fonctionnent alors pourquoi pas nous ? On appelle ça la vie démocratique et nos clubs la réclament alors il faut les écouter et trouver les solutions qui nous rapprocheront d’eux.

Tous les acteurs de cette grande Maison Fédérale sont des richesses qu’il faut exploiter. Les élus, les salariés et les cadres techniques qui la composent doivent poursuivre le même but et c’est avec une grande réflexion sur  le « Travailler ensemble » que nous atteindrons nos objectifs.

Les circuits de l’information, les nouvelles technologies et l’évolution des utilisateurs seront un axe essentiel de la modernisation de notre fédération. Nous vivons au 21ème siècle et  nous seront acteur de cette marche en avant.

Bien sûr, je ne répèterai jamais assez que ce projet est celui d’une équipe forte sur laquelle je peux compter et qui croit en notre avenir.

Avant de travailler dans la stabilité, la continuité et la sagesse il faut construire les bases de notre projet fédéral que chacun d’entre vous devra s’approprier pour le décliner.

Vous trouverez le premier axe de travail sur la gouvernance, j’espère qu’il contribuera à fortifier votre conviction dans le besoin de changement. 

Bonne lecture à tous en attendant de concrétiser rapidement nos convictions. Gilles SEZIONALE

UN PROJET PORTÉ PAR MONSIEUR GILLES SEZIONALE

Président de la Ligue PACA de Natation

LA GOUVERNANCE

Une évolution indispensable du mode de gouvernance

Après avoir recueilli la confiance des délégués lors de l’élection à la présidence de la Fédération Française de Natation, je m’engagerai pleinement pour conduire les réformes indispensables destinées à faire face aux données de notre environnement sportif en perpétuelle évolution, contribuer au développement des activités de la natation et permettre à nos équipes nationales de briller lors des grandes compétitions internationales.

A titre personnel, je saurai être en phase avec ce nouveau défi, en m’organisant sur le plan professionnel pour me consacrer pleinement à mes activités fédérales. Une gouvernance à la hauteur des enjeux actuels impose une réforme des statuts. Elle sera proposée et appliquée au cours de l’Olympiade 2016-2020.

 – Permettre à tous les Présidents de Ligue d’être membres du Comité Directeur de la Fédération Française de Natation

 Reconnaître le rôle essentiel joué par les Ligues dans la mise en œuvre du projet fédéral me semble indispensable à notre réussite.

*** Mon objectif est d’associer l’ensemble des Présidents des Ligues dans la gestion de notre Fédération.

Permettre à tous les Présidents de Ligue ou de son représentant d’être membres du Comité Directeur de la Fédération Française de Natation me semble être un gage de démocratie.

– Donner une plus grande autonomie aux Ligues

 Dans la continuité de la formalisation du projet de développement Fédéral, je formaliserai un cadre stratégique pour donner la possibilité aux Ligues de concevoir leur propre projet de développement tout en contribuant au projet d’ensemble.

*** Mon objectif est de contractualiser avec les Ligues afin de les fédérer dans un projet partagé au service de nos pratiquants.

Cette contractualisation pourra inclure des aides matérielles, en ressources humaines et financières.

 – Le mandat du Président limité à deux Olympiades

 La modernisation de la vie démocratique au sein de notre Fédération est devenue une nécessité.

*** Mon objectif est de favoriser le renouvellement des élus pour une meilleure efficience de notre projet fédéral.

– Réorganiser l’ensemble des services de la Fédération avec pour chacun d’entre eux, nomination d’un élu-référent

Une répartition adéquate des rôles de chacun des acteurs – élus, salariés, cadres techniques – est un gage de réussite du projet.

*** Mon objectif est d’optimiser le fonctionnement des différents services de la Fédération au travers l’amélioration des « process ».

– Permettre aux clubs de voter directement pour l’élection du Comité Directeur et du Président de la Fédération Les clubs affiliés, membres de la Fédération Française de Natation, sont actuellement représentés à l’Assemblée Générale par les délégués élus dans chacune des ligues.

*** Mon objectif, en permettant aux clubs de voter directement pour l’élection du Comité Directeur et du Président, est de créer un lien de proximité avec l’appareil fédéral, de favoriser une démocratie directe, de permettre à chaque club de pouvoir s’exprimer.

-Permettre aux clubs d’avoir une participation active à la vie Fédérale

Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui une participation active des clubs dans la vie fédérale. Une réflexion sera menée pour la mise en place d’un système électronique permettant l’organisation des votes et consultations référendaires.

***Mon objectif est une modernisation de la gouvernance.  Des consultations plus régulières seront mises en place. Nous devons gagner en réactivité dans nos actions.

– Assurer la pérennité économique des Clubs, Ligue et Comités

La diminution des ressources publiques nous amène à réfléchir sur l’évolution de notre modèle économique et sur sa viabilité. Un service spécifique sera créé au sein de la Fédération.

***Mon objectif est d’apporter à nos Clubs des solutions concrètes assurant leur développement et la pérennisation de leurs activités. Ces apports concerneront des outils pour améliorer la gestion générale.

– Création d’un Conseil de Surveillance totalement indépendant

Je propose la création d’un Conseil de Surveillance indépendant, composé de personnalités issues du monde sportif et y siégeant pour leurs compétences.

*** Mon objectif est de séparer les fonctions de gestion, de décision et de contrôle pour une transparence totale des activités économiques et financières (avec la mise à disposition des pièces comptables) de la Fédération.

METELLA NOUVEAU PATRON DU SPRINT ?

IKEE, HOSSZU, KAPAS, 9 COURSES A ELLES 3, ANIMENT LE PROGRAMME FEMININ

Eric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

C’est pas le temps du sprint, et cela s’est vu à Marseille, au Golden Tour, quand Proud a été le seul sous les 22 secondes sur la longueur de bassin olympique. En revanche, Mehdy Metella n’a pas lésiné sur 100 mètres, où il a battu d’un mètre un bon sprinteur asiatique, Shinri Shioura, et hérité d’un 48s56 des plus intéressants à cette époque, laissant bien derrière lui son équipier Clément Mignon. Tout le monde manque de vitesse à cette poque, et ça se ressent dans les chronos… Mehdy a aussi défait, sur 100 papillon, un Italien de très bonne valeur, Piero Codia, dans un temps honorable, à cette époque. Il lui aura juste manqué un Jeremy Stravius en verve pour l’étalonner, voire le talonner…

Mais comme souvent dans ces meetings, c’est chez les filles qu’on a tenu assez haut le flambeau de la bonne perf’. La toujours très jeune Japonaise Rikako Ikee, gagnante sur 50 et 200 mètres, s’était qualifiée sur 100 mètres avec le deuxième temps, 55s63, mais a nagé la finale en 58s25 ! C’était une seconde moins vite que son passage, à la culbute, à mi chemin de son 200 mètres, qu’elle avait mené de bout en bout pour épingler Katinka Hosszu à son tableau de chasse. Je pense, dans de meilleures circonstances, qu’elle serait facilement venue à bout, sur 100 libre, de l’Italienne Di Pietro, qui l’a emporté en 54s79, et peut-être « casser » les 54 secondes… Ikee avait disputé sa finale seulement six minutes après celle, gagnée, du 100 papillon. Elle pourra toujours raconter l’histoire du jour où elle a nagé son 100 papillon plus vite que son 100 crawl.

Boglarka Kapas, qui est peu ou prou la reine du demi-fond européen, trouve toujours à qui parler avec sa compatriote Katinka Hosszu. En général, quand elles se rencontrent sur les distances moyennes, la Dame de Fer prend un petit coup de rouille, et là, ça n’a pas manqué, Kapas gagne deux fois, non sans une fière résistance d’Iron Lady, elle-même très menacée, sur 800, par Mireia Belmonte. Défaite dans ses efforts en libre, par Ikee et deux fois par Kapas, défaite sur 100 mètres par Georgia Davies, Hosszu n’en montait pas moins sur la plus haute marche de quelques podiums : 200 dos, 200 et 400 quatre nages.

Ce n’est pas gentil de dire cela pour ses adversaires, mais dans ces courses qu’elle prend comme un programme d’entraînement, Hosszu est autant battue par la multiplicité de ses propres efforts que par la valeur de ses opposantes.

Côté françaises, en l’absence de Charlotte Bonnet, zéro victoire. Un seul être vous manque….

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Benjamin PROUD  GBR 21s74.  100 libre : 1. Mehdy METELLA, CN MARSEILLE, 48s56 2. Shinri SHIOURA, JPN, 49s08 ; 3. Clément MIGNON, CN MARSEILLE, 49s17. 200 libre 1. Fuyu YOSHIDA, JPN, 1:48s29. 400 libre : 1. Sergii FROLOV, UKR, 3.51s35; 2. Gergely GYURTA, HUN, 3.51s80; 3. Miguel DURAN, ESP, 3.52s39. 800 libre : 1. Gergely GYURTA, HUN, 7.54s47 ; 2. Joris BOUCHAUT, DTOEC, 7’58s19. 1500 libre 1. Daniel JERVIS, GBR, 15.8s08 ; 2. Joris BOUCHAUT, DAUPHINS TOULOUSE OEC, 15.10s10 ; 3. Albert ESCRITS, ESP, 15.16s84. 50 dos : 1. Camille LACOURT, CN MARSEILLE, 25s39. 100 dos : 1. Hugo GONZALEZ DE OLIVEIRA, ESP, 55s43. 200 dos : 1. Hugo GONZALEZ DE OLIVEIRA, ESP, 1.58s22. 50 brasse :  1. Andrea TONIATO,  ITA, 28s12. 100 brasse : 1. Christian VOM LEHN, GER, 1.1s76. 200 brasse : 1. David VERRASZTO, HUN, 2.12s88. 50 papillon : 1. Benjamin PROUD, GBR, 23s29 ; 2. Shinri SHIOURA, JPN, 23s66. 100 papillon : 1. Mehdy METELLA, CN MARSEILLE, 52s34 ; 2. Piero CODIA, ITA, 52s48. 200 papillon : 1. Bence BICZO, HUN, 1.57s44.  200 4 Nages: 1. David VERRASZTO, HUN, 1.59s49. 400 4 Nages: 1. David VERRASZTO, HUN, 4.10s01; 2. Gergely GYURTA,  HUN, 4.13s36.

DAMES.  50 libre: 1. Rikako IKEE, JPN, 24s58 ;… 3. Mélanie HENIQUE, CN MARSEILLE, 25s33. 100 libre : 1. Silvia DI PIETRO, ITA ; 54s79. 200 libre : 1. Rikako IKEE, JPN, 1.57s06 ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1.57s76; 3. Eleanor FAULKNER, GBR, 1.58s85; 4. Alizée MOREL, DTOEC, 1’59s98. 400 libre: 1. Boglarka KAPAS, HUN,  4.06s14; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 4.7s18; 3. Eleanor FAULKNER, GBR, 4.11s81. 800 libre: 1. Boglarka KAPAS, HUN, 8.25s89; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 8.32s22; 3. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 8.32s61. 50 dos: 1. Georgia DAVIES, GBR 27s98 ; 2. Mathilde CINI, VALENCE, 28s80 ; 3. Daryna ZEVINA, UKR, 28s94. 100 dos: 1. Georgia DAVIES, GBR, 1.0s57; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1.0s95; 3. Daryna ZEVINA, UKR, 1.1s72. 200 dos:  1. Katinka HOSSZU, HUN, 2.11s03; 2. Daryna ZEVINA, UKR, 2.11s20; 3. Africa ZAMORANO SANZ, ESP, 2.12s71. 50 brasse: 1. Martina CARRARO, ITA, 31s18 ; 2. Fanny LECLUYSE, BEL, 31s42 ; 3. Arianna CASTIGLION, ITA, 31s55. 100 brasse : 1. Jessica VALL, ESP, 1.7s93 ; 2. Arianna CASTIGLIONI, ITA, 1.8s26 ; 3. Martina CARRARO, ITA, 1.8s35. 200 brasse : 1. Jessica VALL 1988, ESP, 2.25s77 ; 2. Fanny LECLUYSE, BEL, 2.28s02 ; 3. Cerys COLEY, GBR, 2.31s24. 50 papillon : 1. Rikako IKEE, JPN, 26s09 ; 2. Mélanie HENIQUE, CNM, 26s12 ; 3. Silvia DI PIETRO, ITA, 26s28. 100 papillon : 1. Rikako IKEE, JPN ,57s43 2. Ilaria BIANCHI ITA 58s03; 3. Elena DI LIDDO 1993 ITA, 58s49. 200 papillon : 1. Alys THOMAS, GBR, 2’9s65 ; 2. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 2’11s70 ; 3. Tarin KATEMURA, Japon, 2’11s85. 200 4 nages :  1. Katinka HOSSZU, HUN, 2.14s39; 2. Beatriz GOMEZ, ESP, 2.15s48 ; 3. Anja CREVAR, SRB, 2.15s56. 400 4 nages :  1. Katinka HOSSZU, HUN, 4.37s16 ; 2. Anja CREVAR, SRB, 4.41s96 ; 3. Fantine LESAFFRE, MONTPELLIER M. 4.43s01.

ADAM PEATY, UN MONDE A PART

Eric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

Michael ANDREW (USA) qui a été et reste peut-être à 18 ans le plus jeune nageur professionnel du monde, a établi ce week-end à Indianapolis, au cours du meeting Arena Pro Swim, le record du monde junior du 200 mètres quatre nages avec 1’59s12. L’ancien record officiel appartenait à Gunnar Bentz, avec 1’59s44. C’est bien.

Mais ce serait mieux si la Fédération internationale avait effectué une recherche afin de bien s’assurer à qui appartient le record. A 18 ans, un certain Michael Phelps a nagé 1’55s94 aux championnats nationaux US, rappelle Swimming World. Ce temps, la FINA ne l’a pas retenu au moment d’ouvrir son palmarès des juniors. De crainte peut-être qu’il ne soit jamais battu ?

S’ENTRAINER AU RYTHME DE LA COURSE

Il y a donc encore du boulot, beaucoup, pour ce robuste et sympathique garçon, qui, au rebours des tendances actuelles, a été et reste entraîné, chez lui, à Lawrence, dans le Kansas, par son père, Peter, au Race Pace Club, avec des volumes d’entraînement volontairement très limités. Le nom même de Race Pace, qu’on peut traduire par « rythme de course », « vitesse de course », est le leitmotiv (et la contraction d’ultra-short race pace training, entraînement super court à vitesse de course, concept développé par un certain Brent S Rushall (en accord avec certaines théories physiologiques), défendu par le père d’Andrew et illustré par le jeune homme.

UN NATHAN ADRIAN A DOUBLE DETENTE

La meilleure performance du meeting a cependant été réalisée par le Britannique Adam PEATY. Le champion olympique, champion et recordman du monde britannique a établi le nouveau record américain de sa distance, le 100 brasse avec 58s69. Peaty avait laissé l’américain Cody Miller, 3e,  à 1s74, en finale des Jeux olympiques de Rio, et ici, encore à plus d’une seconde et demie, démontrant une nouvelle fois qu’il se situe à un niveau à part, hors de portée de ses adversaires.

Parmi les auteurs de doublés : Nathan Adrian, qui partage la première place sur 50 mais enlève seul le 100, avec une nette avance ; le Chinois Jiayu XU, deux fois vainqueur en dos devant Jacob Pebley ; Josh PRENOT qui enlève 200 brasse et 200 quatre nages. Côté filles, l’éternelle Federica Pellegrini triomphe sur 200 mètres, mais dans un temps légèrement inférieur à celui de la Suédoise Michelle Coleman, à Sydney, ce week-end, aux championnats des Nouvelles-Galles du Sud.

Une Coleman en pleine forme mais dont on ne sait si elle pourra nager aux mondiaux de Budapest, ayant été cartée de l’équipe suédoise pour des raisons « disciplinaires ». En vérité, elle avait flouté le nom du sponsor de SJOESTROEM sur une photo de son Instagram !

Elle croyait sans doute qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait sur son Instagram, dont le concept a été vendu dans cet optique, la possibilité de retoucher ses photos!

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Nathan ADRIAN et Vladimir MOROZOV, Russie, 22s09. 100 libre : 1. Nathan ADRIAN, 48s66 ; 2. Duncan SCOTT, GBR, 49s33. Finale B: 1. Federico GRABICH, Argentine, 49s43; 2. Marcelo CHIERIGHINI, Brésil, et Vladimir MOROZOV, Russie, 49s56. 200 libre : 1. James GUY, GBR, 1’47s11; 2. Duncan SCOTT, GBR, 1’47s29. 400 libre : 1. Zane GROTHE, 3’48s14 ; 2. James GUY, GBR, 3’48s52; 3. Max LITCHFIELD, 3’50s13; 4. Stephen MILNE, GBR, 3’50s30; 5. Andrew ABRUZZO, 3’52s05 (en séries, 3’51s01). 1500 libre : 1. Andrew ABRUZZO, 15’13s95; 2. Tom DERBYSHIRE, GBR, 15’15s59; 3. Stephen MILNE, GBR, 15’20s01. 100 dos : 1. Jiayu XU, Chine, 53s04 ; 2. Jacob PEBLEY, 53s77 ; 3. Grigory TARASEVICH, 53s96; 4. Ryosuke IRIE, Japon, 54s64. 200 dos : 1. Jiayu XU, Chine, 1’55s04; 2. Jacob PEBLEY, 1’55s56. 100 brasse : 1. Adam PEATY, Grande-Bretagne, 58s86; 2. Cody MILLER, 1’0s30; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, Italie, 1’0s33; 4. Kevin CORDES, 1’0s43; 5. Nicolas FINK et Felipe LIMA, 1’1s; 7. Richard FUNK, 1’1s14. 200 brasse : 1. Josh PRENOT, 2’9s93; 2. Nicolas FINK, 2’10s62; 3. Cody MILLER, 2’11s94; 4. Kevin CORDES, 2’12s11; 5. Ross MURDOCH, Grande-Bretagne, 2’13s08; 6. Luca PIZZINI, Italie, 2’13s91 (en séries, 2’13s72). 100 papillon : 1. Zhuhao LI, Chine, 51s34 ; 2. Daya SETO, Japon, 52s43. 200 papillon : 1. Zhuhao LI, Chine, 1’55s29; 2. Daya SETO, Japon, 1’56s45; 3. James GUY, GBR, 1’57s05. 200 4 nages : 1. Josh PRENOT, 1’58s93; 2. Michael ANDREW, 1’59s12; 3. Daya SETO, Japon, 2’0s35. 400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 4’10s22; 2. Josh PRENOT, 4’14s74; 3. Max LITCHFIELD, GBR, 4’15s84.

DAMES.- 50 libre : 1. Menghui ZHU, Chine, 24s97; 2. Michelle WILLIAMS, Canada, 24s98. 100 libre : 1. Mallory COMERFORD, 53s91; 2. Menghui ZHU, Chine, 53s93; 3. Federica PELLEGRINI, Italie, 54s47; 4. Penny OLEKSIAK, Canada, 54s69 (en séries, 54s50); 5. Sandrine MAINVILLE, Canada, 54s84 (en séries, 54s70). 200 libre : 1. Federica PELLEGRINI, Italie, 1’56s07; 2. Kayla SANCHEZ, Canada, 1’58s46; 3. Menghui ZHU, Chine, et Katerine SAVARD, 1’58s78. 400 libre : 1. Hali FLICKINGER, 4’8s52; 2. Jazmin CARLIN, GBR, 4’10s81. 800 libre : 1. Ashley TWICHELL, 8’36s17. 100 dos : 1. Ali DELOOF, 59s82 ; 2. Jessica FULLALOVE, 1’0s29 ; 3. Federica PELLEGRINI, Italie, 1’0s78; 4. Kayla SANCHEZ, Canada, 1’0s92; 5. Dominique BOUCHARD, Canada, 1’1s34 (en séries, 1’1s31). En séries, Kim TOUSSAINT, Pays-Bas, 1’0s94. 200 dos : 1. Hilary CALDWELL, 2’8s68; 2. Yaxin LIU, Chine, 2’9s80; 3. Dominique BOUCHARD, Canada, 2’10s41 ; 4. Jessica FULLALOVE, 2’10s44. 100 brasse : 1. Molly HANNIS, 1’6s47; 2. Katie MEILI, 1’7s00 (en séries, 1’6s91); 3. Hrafnhildur LUTHERSDOTTIR, Islande, 1’7s94. 200 brasse : 1. Chloe TUTTON, GBR, 2’23s89; 2. Marie-Sophie HARVEY, Canada, 2’26s60 ; 3. Melanie MARGALIS, 2’26s80. 100 papillon : 1. Kelsi WORRELL, 58s10; 2. Kendyl STEWART, 58s32. 200 papillon: 1. Hali FLICKINGER, 2’9s49. 200 4 nages : 1. Melanie MARGALIS, 2’10s43. 400 4 nages : 1. Hannah MILEY, GBR, 4’40s22; 2. Abbie WOOD, GBR, 4’40s38; 3. Shiwen YE, Chine, 4’42s44.

NOUVELLES-GALLES DU SUD ET RECONSTRUCTION PHYSIQUE ET MENTALE. CAMPBELL, MC EVOY, SEEBOHM BRILLENT : QUI NE PEUT PAS LE PLUS PEUT LE MOINS

NOUVELLES-GALLES DU SUD ET RECONSTRUCTION PHYSIQUE ET MENTALE : CAMPBELL, MC EVOY, SEEBOHM BRILLENT : QUI NE PEUT PAS LE PLUS PEUT LE MOINS

Éric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

Les championnats 2017 des Nouvelles-Galles du Sud se sont achevés ce dimanche 5 dans le bassin olympique de Sydney.

On a pu y voir une rarissime incursion de Catherine Campbell sur 200 mètres libre. La recordwoman du monde du 100 mètres nage 2’0s31 en séries qualificatives, 3e temps, améliore de deux grosses secondes ce temps et gagne une place en finale, où elle est nettement devancée d’encore deux autres secondes par la Suédoise installée à l’année, Michelle Coleman.

Mais la nouvelle du week-end concernant Campbell est qu’elle ne disputera pas dans un peu plus d’un mois les sélections australiennes pour les championnats du monde de Budapest. Pourquoi ? Parce qu’elle donne la priorité à ce qu’elle appelle un « plan de reconstruction », indispensable, dit-elle après sa forte déconvenue des Jeux olympiques de Rio.

D’autres nageurs ont suivi la même option, snober Budapest, ainsi le double champion du monde James Magnussen, Tamsin Cook et Madeline Groves (argent du 200 papillon à Rio), laquelle Madeline s’entraînerait à l’étranger (elle aurait alors laissé Michael Bohl : je n’ai pas réussi à trouver où) et ne reviendra pas pour les sélections d’avril.

 « Je ne prends aucune année sabbatique, je ne suis pas retraitée, je continue de nager, seulement je ne serai pas disponible pour la sélection, » a expliqué l’aînée des Campbell dans une interview donnée au quotidien australien The Australian. « J’emprunte une approche à long terme en vue des Jeux du Commonwealth 2018, et, plus avant, des Jeux olympiques en 2020. Là, je me donne une année de santé mentale. J’ai combattu à travers ma carrière des tas de blessures, et ces blessures ne sont pas seulement un enjeu dans le bassin de natation. Je me réveille deux fois chaque nuit à cause d’une douleur dans le cou, et qui me poursuit de façon quotidienne.  »

HERNIE, ÉPAULES, HANCHES, COU : CATHLEEN A MAL PARTOUT

Campbell qui disputa les Jeux alors qu’elle souffrait d’une hernie (la deuxième, opérée en octobre, réparation de la paroi abdominale), avait été précédemment opérée des épaules (un mal qu’elle semblait avoir repassé en 2016 à sa sœur Bronte, laquelle l’a retrouvé à son retour de vacances d’après Jeux), doit donc supporter également une blessure récurrente au cou qui lui a valu en quelques mois « six ou sept » piqures de cortisone. On est très loin du sport santé, bien sûr : il faut soigner, réparer cela.

(Il est intrigant – inquiétant? –  de noter combien la natation, le sport qui blesse le moins, en est venue à devenir aussi traumatisante. Il y a bien sûr les doses énormes de travail, il y a aussi la part désormais prépondérante des efforts à sec, de la musculation. Les nageurs ne font plus que nager, ils deviennent des boxeurs, des bûcherons, des varappeurs, des cross-country men, des cyclistes, des haltérophiles et c’est sans doute cela qui blesse le plus. Penny Oleksiak, apprend-on, a passé l’été dernier à naviguer entre les bobos. Elle n’avait pas seize ans et déjà payait son dû aux excès d’entraînement (je ne sais pas comment appeler ça différemment. Il y a aussi des personnes plus fragiles, j’étais frappé par le caractère chronique des blessures que se donnait Dawn Fraser, et qu’elle rapporte dans son livre Championne Olympique). Et Oleksiak a beaucoup grandi en 2016…]

Mais certes, je ne sais si Campbell, cet été, a sombré face à ces soucis physiques. Il y a eu un traumatisme mental, derrière son échec, celui de Cameron McEvoy, et peut-être même aussi derrière les difficultés d’Emily Seebohm, ou encore l’échec d’Horton sur 1500 mètres après sa victoire sur 400. Ce serait dû à « l’énorme pression » provoquée par l’agitation des media à l’approche des Jeux […L’instrument à mesurer la part du physique et du mental dans la performance n’existant pas, j’en resterai là pour l’instant…]

DÉROUTES MENTALES OR NOT MENTALES

La « déroute mentale » (ou pas) vécue par Campbell s’est retrouvée, côté garçons, avec l’échec de Cameron McEvoy. Lequel a lui aussi dominé le 100 mètres et gagné un 50 et un 200 de qualités il faut bien le dire quelconques. J’imagine qu’il aurait bien donné tous ces succès à domicile qu’il accumule depuis des années pour l’or olympique !

(Je ne puis m’empêcher de questionner, à partir de ces échecs observés dans une natation dont les éléments étaient réputés pour leur dureté mentale, le travail des psychologues de la Fédération australienne et (ou) de son Comité olympique, en rapport avec ce qu’il faut bien appeler un échec collectif.)

Sur 400 et 800 mètres dames, Jessica Ashwood a conservé sa suprématie australienne, mais cela n’a pas été sans batailler. Une nageuse d’eau libre, championne « Aussie » 2017 des 5 kilomètres, Kiah Melverton, est allée la chercher dans les deux reprises, ce qui a donné des courses attrayantes là où Ashwood effectuait de longs soli dans le passé. Un sprint furieux de Melverton qui reprit un mètre dans la dernière longueur la laissa à un centième d’Ashwood sur 400. Melverton, il est vrai, est également une nageuse de « bassin », championne du monde petit bain du 800 mètres en novembre dernier.

CES AUSTRALIENNES PRÉSENTENT DE TRÈS JOLIS DOS : SEEBOHM, WILSON, ATHERTON, MCKEOWN, WHITTAKER

Kyle Chalmers n’avait pu s’aligner sur 100 ni 200 mètres en raison d’ennuis respiratoires. Mais le jeune et surpuissant champion olympique du 100 mètres s’est bien présenté sur 50 mètres, souffle d’autant plus retrouvé qu’il n’est pas besoin de respirer une fois pour nager une longueur du bassin (quand on s’appelle Chalmers ; quand on s’appelle Eric Lahmy on respire onze fois et on meurt à l’arrivée, NDLR). Bon, il n’a pas signé un temps mirifique, tout comme son vainqueur, Cameron Mc EVOY, dont ce n’est pas d’ailleurs la distance de prédilection.

La natation australienne est remarquable par ses points forts, et ses faibles aussi. Bien loin est le temps où elle dominait un peu partout.

Sa nage libre, surtout féminine, est magnifique. Le dos féminin australien est peut-être le premier au monde, et celui qui pâtit le plus de la limitation à deux nageurs par nation du nombre de qualifiées. Emily Seebohm a réussi à reprendre le contrôle de la situation après des Jeux olympiques ratés (7e du 100, 12e du 200) malgré une médaille d’argent dans le relais quatre nages… La double championne du monde 2015 gagne à Sydney les trois courses, signe surtout un 59s28 intéressant à cette époque, et laisse derrière la jeune vague, qu’illustrent Minna Atherton, Kaylee McKeown. Sur 200, elle résiste à un assaut de la jeune Sian Whittaker, qui fut une des meilleures juniors du monde et continue de progresser.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Cameron MCEVOY, 21s88 ; 2. Kyle CHALMERS, 22s23. 100 libre : 1. Cameron MCEVOY, 48s46 (en séries, 48s13) ; 2. Jack CARTWRIGHT, 49s32 ; 3. James ROBERTS, 49s35. 200 libre : 1. Cameron MCEVOY, 1’48s36. 400 libre : 1. Mackenzie HORTON, 3’49s54 ; 2. David McKEON, 3’49s87; 3. Elijah WINNINGTON, 16 ans, 3’51s50; 4. Jack MCLOUGHLIN, 3’52s10; 5. Stanley MATTHEWS, 3’52s32. 1500 libre: 1. Mackenzie HORTON, 15’13s98. 50 dos: 1. Junya KOGA, Japon, 24s53; 2. Benjamin TREFFERS, 24s98. 100 dos  54s83: 1. Benjamin TREFFERS, 54s64; 2. Joshua BEAVER, 54s81. 200 dos : 1. Joshuah BEAVER, 1’59s13. 50 brasse : 1. Andrei NIKOLAEV, Russie, 27s72; 2. Matthew WILSON, 27s76. 100 brasse : 1. Matthew WILSON, 1’0s23. 200 brasse : 1. Matthew WILSON, 2’10s67; 2. Yu HANAGURUMA, Japon, 2’12s35; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’12s90. 50 papillon : 1. Junya KOGA, Japon, 24s11. 100 papillon: 1. David MORGAN, 53s28. 200 papillon : 1. Taegue LEE, Corée, 1’57s34. 200 4 nages : 1. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’0s47. 400 4 nages : 1. Tomoya TAKEUCHI, Japon, 4’18s52.

DAMES.- 50 libre : 1. Cate CAMPBELL, 24s47 ; 2. Bronte CAMPBELL, 24s60; 3. Shayna JACK, 25s; 4. Michelle COLEMAN, Suède, 25s06. 100 libre : 1. Cate CAMPBELL, 53s15 ; 2. Michelle COLEMAN, Suède, 53s68; 3. Bronte CAMPBELL, 53s73; 4. Emma MCKEON, 53s79; 5. Shayna JACK, 54s11; 6. Brittany ELMSLIE, 54s60; 7. Madison WILSON, 54s81 (en séries, 54s78). 200 libre : 1. Michelle COLEMAN, Suède, 1’55s98; 2. Catherine CAMPBELL, 1’58s21; 3. Shayna JACK, 1’58s31; 4. Madison WILSON, 1’58s54; 5. Emma MCKEON, 1’59s27. 400 libre : 1. Jessica ASHOWWOD, 4’8s06; 2. Kiah MELVERTON, 4’8s07. 800 libre : 1. Jessica ASHWOOD, 8’29s23; 2. Kiah MELVERTON, 8’30s97. 50 dos : 1. Emily SEEBOHM, 27s72; 2. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 28s14; 3. Minna ATHERTON, 16 ans, 28s30; 4. Madison WILSON, 28s50. 100 dos : 1. Emily SEEBOHM, 59s28; 2. Madison WILSON, 1’0s02; 3. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 1’0s60; 4. Sian WHITTAKER, 1’0s94; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’1s07; 6. Minna ATHERTON, Suède, 1’1s17; 7. Hayley BAKER, 1’1s42. 200 dos : 1. Emily SEEBOHM, 2’8s77; 2. Sian WHITTAKER, 2’8s79; 3. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 2’9s18; 4. Minna ATHERTON, 16 ans, 2’12s52. 50 brasse  31s12: 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s61. 100 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’6s55; 2. Jessica HANSEN, 1’7s41; 3. Taylor MCKEOWN, 1’7s57; 4. Georgia BOHL, 1’7s96 (en séries, 17s92). 200 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 2’23s17; 2. Taylor MCKEOWN, 2’24s93; 3. Georgia BOHL, 2’26s22. 50 papillon : 1. Emily SEEBOHM, 26s41. 100 papillon : 1. Emma MCKEON, 58s02; 2. Sehyeon AN, Corée, 58s11. 200 papillon  :1.Sehyeon AN, Corée, 2’10s57. 200 4 nages : 1. Abbey HARKIN, 2’13s78. 400 4 nages : 1. Taylor MCKEOWN, 4’44s51.