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KATIE LEDECKY BAT SON RECORD DU 500 YARDS. À ELLE LES 10 MEILLEURES PERFS AMÉRICAINES DE LA DISTANCE

Éric LAHMY

Dimanche 26 Février 2017

Au Weyerhaeuser King County Aquatic Center (cadeau hérité des Goodwill Games quand ils tinrent leurs tréteaux à Seattle), où se sont tenus les championnats PAC-12, qui réunissent les douze « grosses » équipes universitaires de l’Ouest américain, Kathleen LEDECKY a montré qu’elle était aussi la meilleure nageuse du monde en yards. Et que ni son changement d’entraîneur, ni la vie d’étudiante n’ont affecté ses exploits de phénomène aquatique majeur. Engagée avec un temps de 4’26s46 au départ des 500 yards, Ledecky, dès les séries, se mit en demeure de mettre le paquet. A l’arrivée, 4’28s37, 10s12 plus vite que sa seconde, son équipière de Stanford Katie DRABOT… Stanford qui plaçait également des nageuses en 3e, 5e et 9e places de ces séries !

Dans la finale, Katie améliorait son record américain de la course, avec 4’25s15 et laissait toujours Drabot, 4’35s69, à plus de dix secondes. Les fractions de Ledecky : 24s74, 26s58, 26s80, 27s03, 27s01, 26s92, 26s69, 26s91, 26s78 et 25s69 pour finir. Pressée, la fille! Drabot et McLaughlin, qui s’étaient laissé prendre un bassin, ne sont pourtant pas de médiocres nageuses, qui s’inscrivent aux 21e et 26e places des bilans US tous temps. Mais en face de Sa Majesté Ledecky, ces deux autres Katie faisaient figures de petites débutantes. Devrait changer son nom de Ledecky en Tsunami. Ça rime et ça représente son effet rouleau compresseur…

…Katie Ledecky tient désormais les dix premières performances américaines, chassant de cette liste Leah SMITH. Dans la liste qui suit, le (s) signifie, performance réalisée en série.

4.25s15 Katie Ledecky USA Seattle 23/2/2017

4.26s46 Katie Ledecky USA Columbus 18/11/2016

4.26s58 (s) Katie Ledecky USA Boyds 6/2/2015

4.27s21 Katie Ledecky USA Newark 7/11/2015

4.27s54 (s)Katie Ledecky USA Columbus 18/11/2016

4.27s88 Katie Ledecky USA Boyds 6/2/2015

4.28s17 Katie Ledecky USA College Park 12/12/2015

4’28s37 (s) Katie Ledecky USA Seattle, 23/2/2017

4’28s71 (s) Katie Ledecky USA Boyds 5/2/2014

4’29s54 Katie Ledecky USA Greensboro 4/12/2014

4’30s37 (s) Leah Smith USA Greensboro 19/3/2015

4’30s42 (s) Katie Ledecky USA College Park 12/12/2015

Sur 50 yards, Simone MANUEL, co-championne olympique du 100 mètres à Rio de Janeiro, a gagné le 50 yards en améliorant de trois centièmes son record, avec 21s39. Elle devance Farida Osman et Abbey WEITZEIL (la recordwoman US de la distance avec 21s12 en mars dernier). Laquelle Weitzeil a causé quelques frayeurs après son 200 mètres, très mal fini. Sortie de l’eau, elle s’allongea sur la plage et elle resta vingt minutes sans pouvoir bouger. Un jour complet de repos, et l’Abbey s’est remise à butiner comme si de rien n’était, mais devrait subir quelques examens approfondis. Weitzeil est une habituée des coups de barre massifs après des débuts de course andante allegro, mais là, c’était autre chose, qui a inquiété. On sait que dans l’eau, c’est en général la fatigue asphyxique qui précède la fibrillation cardiaque, mais là il pourrait s’agir d’une exception.

Sur 100, Simone Manuel a approché le record qu’elle détient, avec 46s38 contre 46s09.

Sur 100 papillon, Farida OSMAN eut beau battre son temps en 50s40 contre 50s53, elle fut devancée par la « freshman » suédoise Louise HANSSON, 50s39. Janet HU, 3e, 50s59, avait fait mieux (50s38) en séries que la gagnante.

On a vu hier qu’Ally HOWE avait cassé le vieux record de Natalie COUGHLIN sur 100 dos. Kathleen BAKER, qu’elle avait battu à l’occasion, l’a nettement devancée, ainsi que Janet hu, sur la distance double, dans l’excellent temps de 1’48s33, 3e perf américaine derrière les 1’47s84 d’Elizabeth PELTON et les 1’47s91 de Missy FRANKLIN. Le record personnel de Baker, l’an passé, était de 1’49s83. Celui de Hu, qui a nagé en 1’49s36 à Seattle, 1’50s48.

 

50 yards: 1. Simone Manuel, Stanford, 21s29 ; 2. Farida Osman, Cal, 21s49; 3. Abbey Weitzeil, Cal, 21s50 (séries, 21s40); 4. Linnea Mack, UCLA, 21s67; 5. Lia Neal, Stanford, 21s70; 6. Katrina Konopka, Arizona, 21s71.

100 yards: 1. Simone Manuel, Stanford, 46s36; 2. Lia Neal, Stanford, 46s97; 3. Louise Hansson, Suède, 47s36 (en série, 47s34); et Farida Osman, Egypte, Cal, 47s36

200 yards: 1. Simone Manuel, Stanford, 1’40s37; 2. Katie Ledecky, Stanford, 1’40s50; 3. Lia Neal, Stanford, 1’43s62.

500 yards: 1. Katie Ledecky, Stanford, 4’25s15; 2. Katie Drabot, Stanford, 4’35s69; 3. Katie McLaughlin, Cal, 4’36s04.

1650 yards: 1. Megan Byrnes, Stanford, 15’47s62; 2. Leah Stevens, Stanford, 15’57s87; 3. Tjasa Oder, Slovénie, Arizona, 15’59s47.

100 yards dos: 1. Ally Howe, Stanford, 49s69; 2. Kathleen Baker, Cal, 50s27; 3. Linnea Mack, UCLA, 50s56; 4. Janet Hu, Stanford, 50s70 (série, 50s29).

200 yards dos: 1. Kathleen Baker, Cal, 1’48s33; 2. Janet Hu, Stanford, 1’49s36; 3. Ally Howe, Stanford, 1’51s16.

100 yards brasse: 1. Silja Kanzakoski, ASU/AZ, 58s44; 2. Riley Scott, USC, 58s92.

200 yards brasse: 1. Rilley Scott, 2’6s20; 2. Silja Kanzakoski, ASU/AZ, 2’6s41; 3. Kisten Vose, USC, 2’7s65.

100 yards papillon: 1. Louise Hansson, USC, 50s39; 2. Farida Osman, Cal, 50s40; 3. Janet Hu, Stanford, 50s59 (en séries, 50s38).

200 yards papillon : 1. Ella Eastin, Stanford, 1’51s85 ; 2. Madison Wright, USC, 1’52s67; 3. Katie McLaughlin, Cal, 1’53s29.

200 yards 4 nages: 1. Ella Eastin, Stanford, 1’52s34; 2. Kathleen Baker, Cal, 1’52s74; 3. Louise Hansson, USC, 1’53s72.

400 yards 4 nages: 1. Katie Ledecky, Stanford, 3’57s68; 2. Ella Eastin, Stanford, 4’0s96; 3. Allie Szekely, Stanford, 4’2s34

4 fois 50 yards: 1. Stanford, 1’26s44 (Manuel 24s44 au start).

4 fois 100 yards: 1. Stanford A, 3’8s51 (Manuel, 46s47, Ledecky, 48s10, Hu, 47s49, Neal, 46s45); 2. USC, 3’9s57; 3. Cal, 3’10s15.

4 fois 100 yards 4 nages: 1. Stanford, 3’26s74.

DES NOMS, DES NOMS !

PAS DE TEMPÊTES SUR L’ILE-DE-FRANCE

Eric LAHMY

Dimanche 26 Février 2017

Les assemblées générales assurant les rites de passage du vieux Comité à la nouvelle Ligue de l’Île-de-France et l’élection de son Comité directeur et de son bureau se sont passées calmement au siège de la direction régionale des sports, à Paris XIIIe. Pas de tempête malgré les avis. Les responsables de clubs étaient venus pour voter, non pour en découdre, et l’ambiance resta sereine. On m’a bien signalé ça et là de petits incidents sans importance, la semaine passée, à l’approche de l’échéance de samedi, l’énervement de tel ou telle, mais rien de méchant ou en tout cas rien qui porte.

Doyez, lors de sa minute de présentation, accordée à chacun des candidats, a bien lancé deux piques concernant sa « colère » et son contentement de s’être assis le plus loin possible du président et de la secrétaire du (feu) comité, mais bon. Ceux-ci avaient seulement (pour résumer) tenté de lui rappeler, en raison de certaines exigences de sa part, qu’en ces lieux il n’était pas Monsieur le Directeur Général de la Fédération mais un candidat parmi d’autres. Chose qu’il avait du mal à avaler ? A-t-il pris ces informations comme une dégradation ? Allez savoir…

Cela confirme la façon de cet homme de vivre les stress de la démocratie.

Son vœu a été exaucé, il est resté très loin, de par la faiblesse de son score, de Jean-Jacques Beurrier et d’Aline Michelet, eux bien élus, malgré leurs postes en vue qui peuvent, on le sait trop bien dans ces assemblées, faire naître de solides agacements. Doyez bénéficiait de consignes de vote bien tenues et passait d’extrême justesse, après deux tours, 32e et dernier élu (lanterne rouge) sur 35 candidats. Si Gesland, un coach de masters, avait eu le temps de mener une petite campagne pour se faire connaître…

Dans la réunion du Comité directeur chargé de désigner les délégués pour l’élection du président, début avril, Doyez tenta, m’a-t-on dit, de reprendre la main, et demanda s’il y avait des candidats à la délégation. On dut lui rappeler que ces délégués étaient désignés par le président. Leurs noms ont été donnés dans notre parution précédente et vous les retrouverez sur le site de l’Île-de-France.

Disons en passant que le vote électronique a permis de gagner beaucoup de temps…

  Quelques détails des élections en Île-de-France. Au premier tour :

1er, Jean Boulanger, Mennecy, 696 voix ; 2e, Michel Boussard, VGA Saint-Maur, 665 voix ; 3. Patrick Fradet, Cergy, 653 voix ; 4. Noëlle Hamon, L’Hay-les-Rose, 641 voix ; 5. Julie Essen, Noisy-le-Sec, et Marie-Christine Mongiat, Les Mouettes, 640 voix ; 7. Laurent Viquerat, RCF, 633 voix ; 8. Jean-Loup Bouchard, Guyancourt, 629 voix ; 9. Claudie Arnaud, Montreuil, Jean-Jacques Beurrier, Val Maubuée, et Rachel Silva Correia, Pontault, 615 voix ; 12. Christian Mommaille, SCUF, 607 voix ; 13. Marie-Claude Gabriel, Pontault, 599 voix ; 14. Laurent Neuville, Boulogne, et Gérard Veneau, 592 voix ; 16. Evelyne Ciriegi, CNP, 588 voix ; 17. Sébastien Dufraigne, SCUF, 585 voix ; 18. Thérèse Phan, RCF, 582 voix ; 19. Aline Michelet, EPPG, 572 voix ; 20 Sylvie Caudrillier, Melun, 569 voix ; 21. Christiane Canzano, Sarcelles, 558 voix ; 22. Renée Ollier, 554 voix ; 23. Christine Graciot, Cergy, 541 voix ; 24. Fabienne Charlopin, CNO, 540 voix ; 25. Joël Ferry, Boulogne, 531 voix ; 26. Marieke Hoedts, CNP, 518 voix ; 27. Guy Canzano, Sarcelles, 497 voix – Maryse Ferry, Boulogne, 441 voix, non élue, 3e représentante de son club – 28. Mehdy Rhaeim, Domrémy, 392 voix.

Non-élus au premier tour, Pascal Boucher, RCF, 345 voix, 3e représentant de son club ; Raymonde Demarle, Montmorency, 322 voix.

Au deuxième tour, 29e, Raymonde Demarle récolte 456 voix, et devance, 30e, Henri Le Jean, Argenteuil, 383 voix, 31e, Marie-Louise Vu Van, SFOC, 212 voix, 32e, L.-F. Doyez, Paris Aquatique, 178 voix. Non élu, Philippe Gesland, SFOC, 154 voix.

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KATIE LEDECKY ET ALLY HOWE, DEUX « GROS » RECORDS AUX PAC-12 US

Vendredi 24, à Federal Way, Etat de Washington, aux PAC-12 féminins, Katie Ledecky a établi son premier record américain qui ne soit pas de nage libre. C’est sur 400 mètres quatre nages qu’elle a réussi cet exploit. Encore 3e aux trois cents mètres, à huit dixièmes de la championne NCAA en titre, Ella Eastin, elle passait dans un temps de 3’5s01 qui la situait à plus de deux secondes et demie du rythme du record US, 3’2s48. Mais après, elle nageait en crawl. Elle déboulait alors en 52s67 dans les cent derniers mètres et ses 3’57s68 effaçaient un vieux record, détenu par Caitlin Leverenz avec 3’57s89. Eastin était devancée de trois secondes, qui nageait en 4’0s96.

Le record international appartient à la Hongroise Katinka Hosszu avec 3’56s54 depuis 2012 (temps réalisé dans la même course où Leverenz avait établi le record ici battu par Ledecky.

Plus tard dans la journée, Ally Howe, 21 ans effaçait avec 49s69 un temps « légendaire », les 49s97 au 100 yards dos établis il y a quinze ans, en 2002, par Natalie Coughlin. Ce soir là, à Austin, Coughlin avait nagé 50s01 sur 100 papillon avant de passer sous les 50s en dos. Des générations de nageuses s’étaient cassées les dents sur ce temps, ainsi Rachel Bootsma qui avait signé des temps de 50s13 en 2013, 50s03 et 2005 et 50s28 en 2016 et Courtney Bartholomew, 50s01 en 2014 et 50s19 l’année suivante. Ally Howe, l’an dernier, en était à 50s71, et elle a donc nagé une pleine seconde plus vite.

GEORGES VALLEREY AU PANTHÉON DES NAGEURS

Éric LAHMY

Samedi 25 Février 2017

L’un des plus brillants nageurs de l’après-guerre, Georges Vallerey, croix de guerre et médaillé olympique (dans cet ordre), vient d’être élu à l’International Swimming Hall of Fame (ISHOF), le Panthéon de la natation mondiale. Le président de l’ISHOF, Bruce Wigo, avait été impressionné, lors d’un voyage en France, par ce qu’on lui avait raconté de Georges Vallerey, en raison de la valeur aquatique, mais aussi du magnifique comportement dans la vie d’un nageur qui fut un héros.

L’ISHOF, MÉMOIRE DE LA NATATION MONDIALE

Bruce me demanda donc de plancher sur le sujet. Comment refuser ? Je me souvenais de l’accueil du groupe de l’ISHOF, lorsque je tentais de réunir des documents sur « Ballets Nautiques », un ouvrage qui me demanda six années de recherches et d’efforts, sur la natation synchronisée. Buck Dawson, qui avait créé l’ISHOF avec laide de Johnny Weissmuller, Bruce, le directeur Bob Duenkel et Ivonne Schmid, son assistante, devenue depuis directrice de l’institution, non seulement m’ouvrirent leur formidable documentation, mais Ivonne assura elle-même la compilation des dizaines de photos que je choisissais et récupérais pendant une semaine. Non seulement cela, mais Bruce m’invita au dîner de la réunion de gala de l’ISHOF et me plaça à la table où se trouvaient notamment les six ou sept dernières présidentes de la première natation synchronisée historique, dont Penny Bean, et j’eus ainsi accès à la mémoire des origines du sport, et pour faire bonne mesure, Bob me ramena à l’aéroport !

Mais revenons à notre sujet.

UNE RUE À BERLIN ET UNE PISCINE À PARIS

Georges-Vallerey est devenu l’un des dix-sept honorés de la classe 2017 de l’ISHOF, et le septième individuel nommé pour les cérémonies qui se tiendront les 25-27 août 2017 à Fort Lauderdale. Jusqu’ici, ont été annoncées les nominations des nageurs Wu Chuanyu (CHN) et Takeshi “Halo” Hirose (USA), du plongeur Zhang Xiuwei (CHN), du nageur de longue distance Walter Poenisch (USA), du joueur de water polo Osvaldo Codaro (ARG) et du photo journaliste Heinz Kluetmeier.

Vallerey est inscrit  dans ce que l’ISHOF appelle les pionniers du sport. Une catégorie établie, explique encore Bruce, pour ceux dont les carrières ont été interrompues par la guerre ou la politique, ou dont les grands accomplissements ont été perdus dans « les brumes du temps. »  

Si vous vous promenez dans le vieux quartier français du district Wittena-polou de Berlin, vous pourrez par accident traverser la rue Georges Vallerey. Vous imaginerez peut-être alors que ce Vallerey a été un administrateur allemand, un général, ou quelqu’un de ce genre. Mais cette rue a été baptisée du nom d’un des plus fameux nageurs des années 1940.

Son nom était Georges-Urbain Vallerey, junior. Il était né, le 21 octobre 1927 à Amiens, à 100 kilomètres au nord de Paris, dans une famille très particulière. Le père, Georges (1902-1956) avait nagé aux Jeux olympiques de Paris en 1924, et chacun de ses six enfants, Jehan (1925), Georges, Guy et Michel (1932), Jacques (1939) et Gisèle (1930) fut un nageur de classe mondiale.   En 1932, la famille rejoignit Casablanca, au Maroc, qui était alors une colonie de la France. Georges, doué et supérieurement entraîné pour l’époque par son père, qui suivait les méthodes américaines, devint un nageur exceptionnel. « Yo-Yo » n’avait guère plus de onze ans quand il sauva une petite fille de la noyade. Mais son grand exploit de sauveteur fut effectué le 8 novembre 1942.

SAUVETEUR EN MER DE DIZAINES DE MARINS

La guerre mondiale faisait rage, mais le Maroc français vivait dans une situation de relative tranquillité. Les alliés se méfiaient du régime dit de Vichy qui, de par sa collaboration avec l’occupant,  apparaissait à juste titre comme un nid d’auxiliaires des nazis. Ils décidèrent de couler la flotte française positionnée à Casablanca.

Regardant la bataille depuis la plage, Georges, 15 ans, et un ami de la famille, Robert Guénet (1), son aîné de 14 ans, virent un navire frappé par une bombe et sombrer à 300 mètres de la rive. Par tradition, les marins n’apprenaient pas à nager. Voyant qu’ils étaient en train de se noyer après avoir abandonné le navire, Georges et Robert s’élancèrent dans l’eau tapissée par endroits d’huile en flammes vers le navire toujours sous le feu allié.

S’ensuivit un va-et-vient des deux nageurs qui sauvaient à chaque fois chacun un marin. Pour hâter la cadence, Yo-Yo trouva un canot sur la plage, le tira à l’aide d’une corde liée à sa taille et le traîna en direction du navire. Il sauva ainsi plusieurs marins. Le 13 mai, tous deux furent décorés de la croix de guerre avec étoile de bronze.

LE BRONZE OLYMPIQUE

En 1946, Georges établit avec Alfred Nakache et Alex Jany le record du monde du relais 3 fois 100 mètres trois nages. En 1947, il était le meilleur nageur français sur 200 brasse (papillon), 100 et 200 dos et 400 libre. En 1948, il enleva la médaille de bronze olympique du 100 mètres dos, et attira l’attention de Bob Kiputh, l’entraîneur américain de l’Université de Yale, qui tenta de le recruter. Georges refusa cette offre. Un an plus tard, le champion olympique, Allen Stack, voulut battre le record mondial du 100 dos dans le bassin de Casablanca, et demanda Vallerey de l’accompagner. Celui-ci fit encore mieux. Il battit Stack en nageant plus vite que le temps de celui-ci aux Jeux olympiques de Londres. Un peu plus tard, un documentaire de 22 minutes de Julien Duvivier ajouta à sa réputation.

En décembre, il nagea une Coupe de Noël dans une eau à un degré. Il développa alors une infection de la gorge, qui déclencha une néphrite et une inflammation des reins. Ce mal ne cessa d’empirer et le 4 octobre 1954, dix-sept jours avant son 27e anniversaire, il s’éteignait à Casablanca. La piscine olympique de 1924, les Tourelles, fut rebaptisée de son nom.

(1). Robert Guénet continua de nager  toute sa vie durant. Je le rencontrai ainsi à Vichy, un mois avant les Jeux de Séoul, en 1988. Il nageait toujours en masters. A 75 ans, c’était encore un joyeux compagnon, heureux de vivre. Dans les années 1990, sociétaire de Roubaix et de Tourcoing, il établissait encore des records de groupes d’âge.

LES DELEGUES DE L’ILE-DE-FRANCE DERRIERE BEURRIER

Eric LAHMY

Samedi 25 Férvier2017

Une opposition qui avait tenté de se cristalliser autour de Raymonde Demarle et de Louis-Frédéric Doyez n’a pas pesé lourd, lors de l’assemble générale élective, samedi matin, en face du groupe qui s’était formé autour du président sortant de l’Île-de-France, Jean-Jacques Beurrier, qui a obtenu plus de 88% de voix, après avoir été plébiscité par le bureau, par 27 voix contre trois.

Les trois délégués qui représenteront les clubs franciliens lors de l’Assemblée fédérale, fin mars, seront Jean-Jacques Beurrier, Aline Michelet, Patrick Fradet. Ils seront assistés par trois suppléants, Evelyne Ciriegi, Noëlle Hamon et Sébastien Dufraigne. 17 femmes et 15 hommes ont été élus à l’occasion.

Un peu plus tôt, l’assemblée générale extraordinaire avait modifié les statuts de l’entité, qui abandonnait son nom de comité de l’Île-de-France pour devenir la Ligue régionale de natation de l’Île-de-France… Et donc M. Beurrier, dernier président du comité, est le premier président de la Ligue!

 

PRESIDENCE DE L’ILE-DE-FRANCE : JEAN JACQUES BEURRIER ECRASE LA CONCURRENCE AVEC 88,5% DES SUFFRAGES

Eric LAHMY

Samedi 25 Février2017

Jean-Jacques Beurrier a été élu par plus de 88% des voix président de la nouvelle Ligue de l’Île-de-France de natation, qui s’est tenue ce samedi matin à partir de 9 heures, à l’issue des assemblées générales extraordinaire (vote des nouveaux statuts), ordinaire et élective, tenues à la D.R.J.S.C.S. d’Île de France, aux 6-8 rue Eugène Oudiné, Paris 13e .

Après que 32 des 35 candidats au Comité directeur aient été élus, le 32e et dernier étant le directeur général de la Fédération, Louis-Frédéric Doyez, M Beurrier a été présenté aux suffrages de l’assemblée, après avoir écarté Raymonde Demarle par le score sans appel de 27 voix contre 3 lors du vote du bureau. Que madame Demarle ait maintenu sa candidature était plutôt plus courageux que judicieux, compte tenu du faible score qu’elle avait obtenu parmi les candidats du Comité directeur.  

La proposition d’élire M. Beurrier a été accueillie par un oui franc et massif de l’assemblée, plus de 88% des présidents de clubs votant en sa faveur.
Dans la foulée, étaient désignés les délégués à l’élection nationale, le 2 avril prochain, par M. Jean-Jacques Beurrier, et confirmés par 92% des voix de l’assemblée.

En  filigrane à cette élection et à celle de M. Bernard Dalmon, président du Midi-Pyrénées, en Occitanie, c’est du plomb dans l’aile que prend le parti de la sixième réélection de Francis Luyce à la tête de la Fédération. L’équipe de Gilles Sezionale, selon certains calculs, disposerait de 63 à 70% des votes des délégués.

A suivre car ce n’est pas fini, Luyce n’ayant pas encore épuisé son crédit téléphonique…

UN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION, EST-CE INDISPENSABLE ?

Éric LAHMY

Mercredi 22 Février 2017

Si l’on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé ces dernières années à la Fédération française de natation, autour des personnalités de Francis Luyce, le président, et de Louis-Frédéric Doyez, le directeur général (« général de quoi, me questionnait un interlocuteur, on se demande, sachant qu’il ne gère que 20% du budget fédéral », mais passons), il faut remonter à quelques années.

Quand Claude Fauquet devint le Directeur technique national, il s’évertua à installer auprès de chaque direction administrative, un technicien. En collant un « double » technique, bombardé du titre de référent, auprès de chaque administration, il cherchait à s’assurer que le travail fédéral reste bien orienté. Cette façon de procéder était innovatrice, dans la mesure où elle permettait de rompre avec un fonctionnement en parallèle d’une administration et d’une technique qui, comme toutes les parallèles qui se respectent dans la géométrie euclidienne, ne se rencontrent jamais.

Mais dans la vie, les parallèles s’affrontent !

Ce type de binôme ne survécut pas longtemps au départ de Fauquet. Son héritier, Christian Donzé, n’y croyait pas. Pourquoi ? Difficile à dire. Cela venait, m’assure-t-on, de ce que Donzé était resté un nageur, ne voulait rien être d’autre, et ne voyait sa fonction qu’à travers le prisme de la natation-course, rien d’autre.

Et donc, Donzé récusa ce modèle (aussi parce que cette stratégie lui était étrangère?) Les attelages technicien-administratif tombèrent en désuétude.

L’histoire des quatre années de la direction de Donzé, peut être vue, d’un certain point de vue, comme une reprise par Luyce (et Doyez) du terrain conquis par Fauquet, dont la personnalité, sous une apparence benoite, était d’une solidité à toute épreuve. Fauquet est il est vrai un homme de convictions. Donzé aussi, mais il ne parut pas avoir des nerfs assez solides pour tenir le choc. Et fasciné par son objectif d’excellence, il oublia de conforter sa position…

Peut-être  aussi (surtout ?) ne s’adossa-t-il pas résolument sur ses techniciens, comme Fauquet. Lorsqu’il fallut se coltiner les pesées de Luyce, soucieux de son statut de patron, et même de Doyez, qui lui, semblerait plutôt avoir poursuivi un but plus compliqué et à long terme, d’asseoir un pouvoir, Donzé ne sut donc trouver, dans la DTN, un collectif qui l’aurait ressourcé. Fauquet a pu être critiqué, mais ses techniciens à la fédé faisaient bloc derrière lui (sauf Donzé !) parce qu’il était, de son côté, capable de les défendre avec un formidable dévouement.

Tout le monde raconte qu’au moment du triomphe de Londres, quand tous « ses » techniciens auraient pu l’entourer d’enthousiasme, Donzé, pour n’avoir pas assez partagé, était, étonnamment esseulé.

C’est difficile à croire !

Donzé était assez mal considéré lors de sa nomination. Le lendemain de son adoubement, L’Equipe fit paraitre une interview de… Lionel Horter, le nouveau directeur de la natation de course, et expédia l’arrivée du nouveau DTN en trois lignes. Ceux qu’il devait diriger ne l’appréciaient guère, en raison des critiques qu’il avait émises contre Fauquet. On prétendait même que Luyce l’avait choisi en fonction de ses propos défavorables vis-à-vis de son prédécesseur…

En quatre ans, cependant, il remonta son handicap, se fabriqua une légitimité, que soulignèrent, aux Jeux de Londres, des résultats sans précédent de l’équipe de France.

Sa côte était en hausse, il était devenu médiatique, on s’arrachait ses entretiens, et il avait l’écoute du ministère des sports. Mais à la Fédé, son statut restait incroyablement faible. Une sourde animosité l’entourait. Il aurait eu de violents échanges de courriels avec Luyce, Bahon et Doyez. C’est du moins le point sur lequel s’accordent les témoins, dans la DTN, que j’ai pu interroger.

Christian Donzé s’était en outre aliéné Luyce en raison d’un incident assez modeste, mais auquel le président accorda une grande importance. De quoi s’agit-il ?

Luyce en avait particulièrement voulu au DTN au sujet de Séverine Rosset. Que s’était-il passé ? Conseillère technique régionale du Nord, la région gérée par Luyce, Séverine avait démissionné pour assumer la fonction de directrice nationale de la natation marocaine. Quand elle décida de revenir en France, elle le fit sans que Luyce ne l’apprenne, et Donzé l’installa discrètement sur un poste de CTR en Bourgogne, la région dont elle était originaire. Luyce, surpris, affirma sans rire à son DTN qu’il ne lui « pardonnerait jamais » cette félonie.

Beaucoup plus pesant, Luyce refusa de prolonger le contrat de Donzé malgré ses succès londoniens, et parut s’amuser quand il affirma qu’il laisserait à son successeur le soin de décider s’il le reprendrait ! Le successeur, c’était Luyce, qui était le seul candidat à sa réélection! Mais toujours est-il que Donzé, le DTN français le plus bardé de médailles des Jeux olympiques de Londres, tous sports confondus, à Noël, retourna dans sa famille sans savoir s’il avait toujours son job. Le malheur voulut qu’il succombe d’une crise cardiaque lors d’une course de VTT. On mit en avant des antécédents familiaux pour expliquer cette tragique fin de parcours, mais les stress de ses dernières semaines d’existence ne firent rien pour épargner son cœur, et éclairèrent sur les belles qualités managériales de Luyce, patron reconnaissant et généreux vis-à-vis des serviteurs de la natation.

Après Donzé, ni Lionel Horter, ni Jacques Favre ne purent rien pour asseoir la Direction technique nationale. C’est alors que la méthode lancée par Fauquet qui revenait à doubler tout administratif d’un technicien, fut reprise, ou retournée. Doyez aurait collé auprès des services techniques un administratif.

Assurer une double représentation, accoler à chaque responsable technique un responsable administratif, cela peut-il soit vider les techniciens de leurs attributions, soit les contenir, les empêcher de travailler ? Est-ce instaurer une double loyauté, vis-à-vis du DG face au DTN?

Peut-on y voir une augmentation du pouvoir du directeur général, voire, comme j’ai pu l’entendre dire, une vampirisation de la DTN ?

Rien n’est sûr dans ce domaine, et certains référents administratifs auprès des techniciens  insufflent en fait une valeur ajoutée décisive au fonctionnement. D’assez remarquables personnes comme Joëlle Laville (vie de l’athlète), Catherine Arribe (formation) et Florence Garnier (recherche) amènent un plus dont tout le monde parait se féliciter. Il y en a d’autres, mais je ne puis vous parler que de ceux que je connais ou qui m’ont été chaudement recommandés. (J‘ai aussi rencontré ou n’ai eu qu’à me féliciter de l’efficacité dans leurs services, de Nicolas Menanteau, Charlotte Despreaux, et, il y a plus longtemps que ça, de Sophie Lardillat et de Dany Salles). (Il parait équitable de rappeler qu’un grand nombre de ces compétences ont été engagées par Doyez)…   

Il est en fait difficile de trouver vertueux un système lancé par le directeur technique et pernicieux ce même système quand proposé par le D.G, quelle que soit la méfiance qu’il inspire ici ou là.

C’est dans d’autres domaines qu’à mon avis Doyez, homme des plus compliqués, peut être répréhensible.

Mais bien entendu, on ne saurait ignorer combien les relations paraissent parfois difficiles à l’intérieur de la fédération, en haut de la hiérarchie, où le ménage à trois élus, technique, administratifs n’est pas aussi harmonieux qu’il pourrait – et devrait l’être.

C’est tellement vrai que Claude Fauquet n’avait pas souhaité la présence d’un directeur général auprès de lui. Et que, parmi les candidats DTN de 2012, l’un des plus sérieux d’entre eux avait proposé un plan d’action qui se passait de l’existence d’un Directeur général touche à tout. Dans ce projet, une direction des relations humaines aurait géré l’essentiel de ce qui fait le petit empire de Doyez, sans les empiètements.

 

LOUIS-FRÉDÉRIC DOYEZ, LE FRÉGOLI DE LA NATATION

Éric LAHMY

Mardi 21 Février 2017

Il n’y a pas photo : parmi tous ceux qui gravitent dans la natation française, Louis-Frédéric Doyez est devenu mon antihéros préféré. Au départ, rien ne plus anodin que cette fonction foncièrement administrative et que le gars qui l’occupe. Mais gare aux illusions. Doyez, de par la façon dont il a utilisé ses antécédents de juriste au profit de Francis Luyce, a fini par donner à son job un aspect politique, au sens terre à terre du terme.

Je parierais que Doyez vise la présidence de la fédération française de natation. Mais pas tout de suite et pas que ça. Après quatre années à faire son droit à la fac et quinze années à faire son courbé à la fédé devant Francis Luyce, Doyez aspire à retrouver une cambrure. Mais il lui reste son côté tordu, cela va être difficile à effacer.

Si le maître de Doyez, son Pygmalion, s’appelle Luyce, son modèle pourrait être Didier Gailhaguet, ce technicien, commentateur, dirigeant du patinage artistique qui fut très à la mode dans les dernières années du XXe siècle auquel les dons multiples, appuyés sur certaines carences éthiques, ont fini par valoir une condamnation des instances internationales. La différence entre Gailhaguet et mon sujet du jour, c’est que celui-là, doté en outre d’une épouse charismatique, Annick Dumont, était un champion, un expert de son sport et celui-ci un quelconque interprétant, puis un vague rhétoricien, plus soucieux de la façon de contourner les règlements susceptibles de l’être que d’appliquer simplement la loi, et qui n’a jamais eu une idée qui ait pu faire avancer la pratique du sport.

Arrêtez-moi si vous pensez différemment.

Il est des gens pour qui l’alpha et l’omega consiste à ne pas se mettre en dehors des clous du texte, mais, s’ils respectent la lettre des lois, le font pour mieux en ignorer ou en violer l’esprit. Il existe un juridisme étroit. Il existe aussi un juridisme voyou et on voit ces derniers temps ce que les politiques ont pu faire de crasses dans la confiance de ne pas se faire pincer. Les Italiens ont un proverbe pour ces malhonnêtetés. « Dietro ogni legge c’è un inganno » (derrière chaque loi, il y a une embrouille).

Pour ces illuminés du texte réglementaire, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Même ce qui revient au mauvais goût. C’est ainsi, quand il a fallu choisir un commentateur télé du water-polo en compétitions, Doyez, sans vergogne, s’est emparé de la fonction.

Louis-Frédéric Doyez est, vous l’avez compris, un modèle accompli de la tartufferie juridique. Ayant subtilisé l’idée d’une compétition de natation en eau libre sur la Seine, il se l’est tranquillement, et personnellement, attribuée.  Il a déposé la marque de cette compétition,  Fluctuat, auprès de l’institut national de la propriété industrielle sous son nom, Louis-Frédéric Doyez, sous le numéro 4269182, classe 16, 25, 35, 41, avec un statut de marque enregistrée. Bizarre : sur le site fédéral de Fluctuat,  le nom du déposant est Francis Luyce, en tant que président de la FFN. Pourquoi Doyez ici et Luyce là ? Est-ce normal ?

Ce qui ne l’est surtout pas, c’est la façon dont Doyez s’est emparé du listing de concurrents de la société de Caron et de Neuville, et a contacté sans sourciller le millier de nageurs du listing potentiellement intéressés par ce genre d’organisation, au mépris des lois qui réprouvent ce genre de pratiques. Il a fallu menacer l’institution fédérale pour parvenir à un « accord » sur ce point litigieux…

Doyez avait claironné qu’il donnerait sa démission de directeur général de la fédé le 2 avril prochain. Je vous avais expliqué ici qu’il s’agit d’une esbroufe. A la dernière réunion du bureau élargi, Doyez a déclaré qu’il resterait jusqu’en juin. A la demande de Luyce. Comme on vous le disait, cette annonce ne concernait que ceux qui y croiraient. Le festival des imprécisions trompeuses continue.

Une certitude. Jusqu’après l’élection, Louis continuera de tricoter ses mensonges. Un mail à l’endroit, un mail à l’envers.

Mais Doyez n’arrête pas là ses évolutions perturbantes. C’est ainsi qu’il s’est bombardé agent de deux nageurs d’eau libre, rien moins qu’Aurélie Muller, notre championne du monde, et Marc-Antoine Olivier, notre médaillé olympique. Est-ce le job du directeur général ? Bien sûr que non, affirme Claude Fauquet, l’ancien Directeur technique national pour qui ce genre de mission ne peut échoir qu’à une seule personne de la Fédé, qui est le directeur technique national.

Ajoutons que la Fédération organise des examens d’agents de nageurs, et qu’en l’occurrence Doyez exerce à leur endroit ce qu’il est bien convenu d’appeler une concurrence déloyale. C’est comme ça qu’on l’a beaucoup vu, ces derniers mois, autour des compétitions d’eau libre et qu’il s’est rendu voici quelques semaines à Santa Fe. Rétribué ou pas pour ce job, Louis-Frédéric Doyez a élargi le champ des ubérisations au métier d’agent.

Si on le voit s’emparer d’un côté d’une compétition d’eau libre et de l’autre des meilleurs nageurs de la spécialité, on peut imaginer qu’il vise un monopole des courses de longues distances de l’Hexagone.

Il y a là un grand n’importe quoi, qui se situe quand même très loin de sa fonction.

Quand il ne pique pas dans l’eau libre à tous les niveaux, organisation et nageurs, Doyez tente de s’immiscer dans la gouvernance du comité de l’Île-de-France, en attendant mieux. Le voici donc candidat au comité directeur de la région, où il entend bien faire la pluie et le beau temps. Là, bien sûr, c’est aux ordres de Francis Luyce.

Comme, au Comité, on ne passe pas par ses quatre volontés (ainsi quand il a exigé la liste et les CV des candidats au comité directeur), l’agité du bocal s’est à nouveau distingué en menaçant par téléphone l’actuel président de région, Jean-Jacques Beurrier.

Il y a des coups de pied au cul qui se perdent…

 HALLUYCINANT : FRANCIS FAIT CHAUFFER SON SMARTPHONE

Luyce est plus que jamais un grand téléphoneur ; il en a besoin pour garder son job, le 2 avril prochain, aux élections ; sa cible actuelle, c’est tous les délégués, qui voteront pour ou contre lui ; le téléphone arabe nous dit qu’il aurait acquis les services de Raymond TAPPERO, l’ancien dirigeant provençal, de Pierre GROSBOIS (Chalons) requinqués par les promesses de LUYCE.

Francis LUYCE soignant les délégués à l’assemblée générale de la FFN à coups de promesses dont nul ne nous fera croire qu’elles sont électorales, il a trois nouveaux noms de délégués de la nouvelle région Aquitaine Poitou Charentes Limousin à appeler en urgence, qui vont lui permettre de chauffer son cellulaire et de distribuer les promesses nécessaires à l’achat des bonnes consciences : Laurette BERTON, ex Poitou-Charentes, qui, très virulente contre Luyce, aurait complètement changé son attitude il y a 6 mois (elle doit se voir vice-présidente), Jean-Louis THORENBEY un des anciens vice-présidents d’Hélène TACHET DES COMBES, et Armand DUTHEIL, président du Limousin.

LUYCE avait très bien choisi la date de sa réunion du bureau élargi, vendredi et samedi dernier afin que ses adversaires n’y soient pas. Pas très élégant, Luyce, ça on le savait. Gilles SEZIONALE était bloqué par la présence d’inspecteurs de la Cour des comptes dans son comité. [Gilles a finalement eu droit aux félicitations des dits inspecteurs, impressionnés par la rigueur comptable de la région ; ils lui auraient même dit espérer le revoir rue Scandicci]. Hélène TACHET DES COMBES, elle, était coincée par l’élection qui s’est particulièrement mal passée pour elle, et Denis CADON n’aurait pas voulu se retrouver un peu seul. C’est là que Doyez a pu annoncer qu’il ne serait pas dehors de la fédé le 2 avril.

Vendredi prochain commission fédérale de natation course, SEZIONALE devrait être là, en revanche.

L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME HONORE DEUX PIONNIERS CHINOIS, WU CHANYU (NATATION) ET ZHANG XIUNEL (PLONGEON)

Mardi 21 Février 2017

L’International Swimming Hall of Fame a fait connaître l’identité de quelques-uns de ses dix-sept “honorees” de l’année 2017, qui seront reçus dans une prochaine cérémonie, les 25-27 août à Fort Lauderdale. Au nageur de longues distances Walter Poenisch, présenté précédemment dans la journée, il convient d’ajouter les Chinois Wu Chuanyu et Zhang Xiunel.

WU CHANYU est mort il y a plus de soixante ans dans un accident d’avion, mais il fut l’un des champions sportifs les plus célèbres et révérés de Chine, nous révèle le communiqué de l’ISHOF. Longtemps après sa mort, le leader chinois MAO Tse Toung, lui-même féru de natation, aimait évoquer, semble-t-il, ses performances. Né (le 21 août 1928) et élevé à Java, dans l’Indonésie hollandaise, il fut recruté en 1951 par le Parti communiste chinois, qui était parvenu au pouvoir deux années plus tôt. Dès 1941, il avait été remarqué dans des compétitions en Indonésie, en améliorant le record de ce pays du 200 mètres papillon (lequel était alors un développement hétérodoxe de la brasse) et en devançant le champion batave. En 1948, il finit 32e du 100 libre des Jeux olympiques de Londres. En 1952, aux Jeux d’Helsinki, il disputa le 100 mètres dos, où Gilbert Bozon obtint la médaille de bronze, dans la série du Français Lucien Zins, en 1’12s3, 29e temps global. L’année suivante, il remporta le 100 mètres dos du 4e festival mondial de la jeunesse et des étudiants, à Bucarest dans le temps de 1’6s4. C’était approcher d’une seconde le meilleur temps mondial en grand bassin et record olympique de l’Américain Oshinobu Oyakawa. Son succès était tellement inattendu (et ses progrès, à 25 ans, tellement tardifs) que les organisateurs, raconte-t-on, n’avaient pas prévu d’enregistrement de l’hymne chinois et qu’ils se hâtèrent d’en emprunter un à la direction des épreuves d’athlétisme…

Wu ambitionnait alors d’améliorer le record du monde, mais il disparut dans un accident d’avion, le 29 octobre 1954, alors qu’il rejoignait son centre d’entraînement, à Budapest. L’appareil dans lequel il se trouvait s’écrasa sur le mont Sivukha, du côté de Krasnoyarsk, en Sibérie, tuant tous ses passagers.

ZHANG XIUNEL, une plongeuse devenue elle-même coach de plongeon, s’exprima à une époque où la Chine n’était pas inscrite à la FINA. Elle n’a donc aucun palmarès dans des épreuves sanctionnées internationalement. Coachée d’abord par Wang Shaogang, elle rejoignit en 1958 l’école de plongeon de Tianjin, coachée par Wu Chengxi. En 1963, aux premiers Jeux du GANEFO ( ou « Jeux des forces montantes », très politisés, 36 nations concurrentes), en Indonésie, elle enleva le haut-vol et fut 3e du tremplin. Une héroïne nationale était née, la légende s’emparant de ses exploits quand un reporter, Jeng Jeng, écrivit un roman et produisit un film sur la vie de la plongeuse. Ce film eut un impact immense et inspira des générations de Chinoises, imposant l’image (toujours très vivace, un demi-siècle plus tard) du plongeon en Chine. Elle-même enseigna ce qu’elle avait appris. A partir de 1973, ses élèves commencèrent à truster les titres de championnes de Chine. Éric Lahmy

WALTER POENISCH, « CONQUÉRANT » DU DÉTROIT DE FLORIDE ET « NAGEUR DE LA PAIX » HONORÉ PAR L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME

Mardi 21 Février 2017

L’International Swimming Hall of Fame de Santa-Clara a fait connaître l’identité de quelques-uns de ses dix-sept “honorees” de l’année 2017, des 25-27 août prochain à Fort Lauderdale. Tous les noms ont été donnés, mais un embargo sur l’info nous contraint à ne les servir qu’à mesure de la permission de l’ISHOF. Je m’autorise à vous dire que des Français en font partie. C’est la 53e année que l’ISHOF élit des nageurs, dirigeants, entraîneurs, etc., dans son Panthéon.

Aujourd’hui, sont révélés les noms du nageur de longues distance Walter Poenisch (Grove City) ; et des Chinois Wu Chuanyu et Zhang Xiunel.

« Perdue dans le temps et noyée par la publicité qui a entouré les tentatives d’autres nageurs de réaliser la traversée menant de Cuba à la Floride ces quarante dernières années, se situe l’histoire remarquable de Poenisch et de sa « nage pour la paix ». explique Bruce Wigo, président et CEO de l’ISHOF… Poenisch fut un des premiers à utiliser ses talents de nageurs pour une plus grande cause. »

Né le 11 juillet 1913, Poenisch était boulanger de profession, mais aussi un « homme fort », un concurrent de rodéos, ainsi qu’un nageur, lequel n’entra dans sa première compétition de nage qu’en 1963, à cinquante ans. Et pas un 50 mètres ! Mais les 60 miles (100 kilomètres) du marathon professionnel de Jim Moran dans le lac Michigan. Il ne put terminer son effort mais fut enthousiasmé par le sport et sortit de l’eau, quoiqu’épuisé, décidé à tenter de nager de plus longues distances encore.  Troublé par la crise des missiles entre les USA et l’URSS (octobre 1962) dont l’enjeu se situait à Cuba, et qui faillit tourner en affrontement nucléaire, il conçut l’idée d’un raid nautique de 90 miles soit autour de cent cinquante kilomètres, qu’il présenta comme un acte promouvant la paix.

Comme les USA et Cuba n’entretenaient aucune relation directe, il écrivit des lettres aux pays qui entretenaient des relations avec La Havane et commença à s’entraîner sérieusement. Mais les autorisations tant attendues ne vinrent pas, et, installé à Fort Lauderdale, en Floride, il continua de se démener afin d’entrer en contact avec les autorités cubaines, réalisant dans le cadre de sa préparation des raids de longues distances dans les détroits floridiens.

Il établit ainsi un record du monde de longue distance effectuée dans l’eau avec 122,5 miles, presque deux cents kilomètres, entre Key West et la pointe de la péninsule de Floride. En 1976, il reçut du gouvernement cubain l’autorisation de demander un visa qu’il ne reçut qu’en mars 1978. Le raid fut programmé pour le 11 juillet, date anniversaire de Poenisch.

Ce jour là, Fidel Castro porta un toast au nageur et à son geste pacifique. Selon les règles de la Fédérations Internationale des Nageurs et Plongeurs Océaniques, qui réglementait alors ce genre d’opérations, il eut le droit d’utiliser une cage anti-requins, des palmes pour protéger ses pieds de la cage et un snorkel, et eut le droit de sortir de l’eau à quatre reprises pour un temps qui ne pouvait excéder cinq minutes pour recevoir des traitements d’urgence, de la nourriture ou pour toute autre raison urgente.

Après trente-quatre heures d’efforts, il parvint à atteindre l’une des îles de l’archipel de Keys de Floride, Duck Key. Selon l’écrivain et journaliste David Heeren, qui couvrit son effort, « l’exploit de Walter est plus grand que la victoire sur l’Himalaya, car depuis plusieurs hommes ont triomphé du toit du monde, et il est resté le seul à vaincre le détroit de Floride. »

Walter Poenisch s’est éteint le 6 juin 2000.