CHAMPIONNATS DES USA : MISSY, RETOUR MANQUÉ

Éric LAHMY

Vendredi 27 Juillet 2018

Missy FRANKLIN, après sa 17e place sur 100 mètres (gagnante de la finale C) et la 18e sur 200 ( et 3e de la finale C), aux championnats US, perd ses chances de qualifications pour les grandes courses internationales de cet été (Pan Pacs) et de 2019 (championnats du monde).

Loi implacable des sélections US, Franklin n’existe plus, au plan international. Son but affiché : les Jeux olympiques de Tokyo, en 2020. Y parviendra-t-elle ?

Missy s’était déclarée choquée de lire l’information selon laquelle la tenniswoman Serena Williams avait « raté son retour à la compétition » [après une grossesse difficile, compliquée d’une embolie pulmonaire ayant nécessité diverses opérations et six semaines de lit] parce qu’elle avait perdu la finale de Wimbledon!

A juste titre, car manifestement, ceux qui donnaient l’information ne connaissaient pas le sens des mots ! Ce n’est pas la première fois que la chambre a échos des médias déraille grave. Serena Williams, à notre sens, avait déjà « réussi » son retour en se présentant au premier tour de Wimbledon. Passer des 32e aux demi-finales et atteindre la finale, victoire ou défaite, était extraordinaire…

…En revanche, on se risquera à dire que le retour de Missy Franklin a été raté, sauf à se satisfaire de revoir son nom apparaître dans les résultats. La meilleure nageuse du monde en 2012 et 2013 a eu son content de tracas : douleurs dorsales intolérables en 2014, reconstruction des épaules opérées en 2017, et gros ennuis psychologiques (dépression et anxiété) sans doute liés à ces soucis et peut-être aussi au fait que, devenue professionnelle, se sentait redevable face à ses sponsors.

Ce « retour » était fortement obéré au départ par le fait que Missy ne pouvait pas se présenter en dos, son style de prédilection, celui qui l’a faite considérer comme la meilleure nageuse du monde. Le passage du bras à l’arrière de l’épaule, nécessité en dos, doit être périlleux dans l’état actuel.

Missy a donc essentiellement nagé en crawl, sur de longues distances, à l’entraînement. Mais elle n’a pas retrouvé son meilleur niveau, d’assez loin. Elle a perdu une grosse seconde sur 100 mètres. En France et dans de nombreux pays, cela aurait suffi à la sélectionner, mais avec la densité de la natation américaine, cette seconde l’a faite glisser d’une potentielle relayeuse à une nageuse de compétition toujours valeureuse certes mais courante, pour ne pas dire quelconque…

Par son engagement, son humilité, sa gentillesse, son rayonnement, son exemplarité, Franklin a montré qu’elle n’était pas qu’une nageuse, et que sa personnalité transcendait les limites du genre. Mais c’est comme nageuse qu’on aimerait la revoir à l’avenir…


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