CHARTRES: MEHDY METELLA SE POSE DES QUESTIONS

Éric LAHMY

Dimanche 8 Juillet 2018

Mehdy Metella, entorse à la cheville droite avec arrachement osseux, à l’automne dernier, a nagé pendant dix semaines sur les bras. Résultat : il aurait pris de la viande sur le haut du corps. En février, il dit vouloir battre le record d’Europe du 100 mètres ! A Saint-Raphaël, aux championnats de France, il nage 48s42…

A l’approche des championnats d’Europe, il aimerait bien se rassurer sur ses capacités. Mais voilà, Il se retrouve, samedi, 5e (en 49s56) du 100 mètres devancé par le plus jeune des finalistes du meeting de Chartres, le Brésilien Pedro (Henrique Silva) Spajari, 21 ans, 49s04, le Japonais Shinri Shioura, 49s26, et deux autres Brésiliens, Breno Correia, 49s37, et Gabriel Santos, 49s54.

Metella enrage d’avoir « perdu ses sensations » et trouve sa performance « exécrable », ce qu’on peut comprendre. Le voici tellement éloigné de ses ambitions, et un peu noyé dans une finale monopolisée par cinq Brésiliens. Médaillé de bronze des championnats du monde, et 5e à Chartres, même s’il y a du beau monde il n’y a pas de quoi pavoiser, et le Marseillais d’adoption passe un moment difficile.

Il y en a qui diront au sujet de Metella que « ça se passe dans la tête. » Je dirais que ça se passe aussi dans la tête, ou encore que cela passe par la tête, parce qu’en fait, tout doit passer par la tête, il ,s’agit d’une étape obligée, les cervelles servent à ça.

Mais peut-on en conclure que les soucis de Mehdy sont fictionnels ? Je demande à voir. Une citation, judicieusement empruntée à « Metella », une nouvelle de George Sand, permettrait de répondre à cette question : « Ils prétendent que les blessures vont bien mais que la tête est dérangée. Je dis moi que les blessures vont mal et que la tête va beaucoup mieux qu’on ne doit. »

Je ne prétends pas trouver les réponses aux interrogations de Metella dans une fiction, fut-elle éponyme, de 1833, mais d’ici les Europe, Mehdy peut retrouver ses fameuses sensations égarées.

Si cela peut le consoler, ceux qui l’ont précédé dans cette finale ne sont pas des faire valoir. A commencer par Spajari, 48s71 en séries, le sprinteur de Sao Paulo qui fait les gros titres au Brésil. Champion national, en avril, sur 50 (21s82) et 100 (47s95), il se place 3e au bilan mondial de l’année…

Il représente aussi un cas médical rare, étant porteur du syndrome de Klinefelter, ce qui, en théorie, devrait le rendre incapable d’exploits sportifs (comme d’ailleurs, de faire des études suivies – par déficit d’attention – d’avoir des enfants – infertilité). Manifestement, Spajari n’en a cure. Pour ce qui est des performances sportives, il se pose là ; recordman du monde junior en 2015 avec 48s87, il a nagé 48s25 en décembre dernier aux mondiaux militaires et ne cesse de progresser…

 

Performances de relief.- MESSIEURS. 50 brasse : Joao Luiz Gomez Junior, Brésil, 26s94. 200 brasse : Giedrus Titenis, Lituanie, 2’12s19. 50 papillon : Andriy Govorov, Ukraine, 22s73. 400 4 nages : Kosuke Hagino, Japon, 4’13s50.

DAMES. 50 mètres: Charlotte Bonnet, Nice, 24s66. 200 mètres: Charlotte Bonnet, 1’56s59. 50 dos: 1. Etiene Medeiros, Brésil, 27s96. 2. Caroline Pilhatsch, Autriche, 28s21. 100 brasse: Reona Aoki, Japon, 1’6s61. 100 papillon: Marie Wattel, Glasgow, 58s13. 200 4 nages: Yui Ohashi, Japon, 2’11s65


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