DE CHARTRES A GLASGOW : NE COMPTONS PAS SUR DES MIRACLES

L’EQUIPE DE FRANCE DE NATATION COMPTE DE RARES ATOUTS EN VUE DES CHAMPIONNATS D’EUROPE DE GLASGOW (5-12 AOUT PROCHAIN) QUI SE DEROULERONT, INNOVATION, DANS LE CADRE DES PREMIERS JEUX SPORTIFS EUROPEENS (AVIRON, CYCLISME, GOLF, GYMNASTIQUE ARTISTIQUE ET TRIATHLON)… MEHDY METELLA, CHARLOTTE BONNET… QUI D’AUTRE ?

Éric LAHMY

Dimanche 9 Juillet 2018

On savait depuis quelques années déjà que les compétitions post-Jeux olympiques de Rio se passeraient difficilement pour l’équipe de France, en raison du départ de ceux qui en constituaient l’ossature. La retraite précoce d’Yannick Agnel précéda ce mouvement de façon dramatique. La saturation mentale atteignit ensuite Florent Manaudou, qui n’aimait sans doute plus dans la natation que l’idée de conserver son titre olympique du 50 mètres acquis à Londres en 2012. Ce n’était pas assez pour aller au-delà des Jeux de Rio, où il manqua son objectif d’un rien.

Les Stravius, Gilot, Lacourt, Mignon et autres furent atteints, eux, par la limite d’âge. Du côté filles, Camille Muffat, après Laure Manaudou, ressentit en 2014 la lassitude où l’avait conduit sa rigueur et sa passion. Une autre grande nageuse s’effaça, avec Coralie Balmy, à l’issue d’une carrière comblée…

On crut, en 2016, qu’au moins chez les hommes, le passage du flambeau avait été effectué. On s’appuyait sur Pothain, Joly et Metella, pour maintenir ce qu’on voulait croire être une « tradition » d’excellence à la française.

Mais on le sait, à notre époque, les traditions se perdent. Après une longue hésitation, Stravius sortit d’une apparente semi retraite, reprit le collier et affirma nourrir de nouvelles ambitions. Tous ces plus ou moins jeunes gens parurent pouvoir assurer une transition.

Côté féminin, on assista à un petit drame dont l’équipe ne s’est pas relevée depuis : le naufrage d’un relais quatre fois 200 mètres qui aurait dû atteindre la finale et pu se distinguer, sauver la mise du collectif, offrir à Coralie Balmy une sortie digne d’elle et sans doute aussi se relancer en tant que groupe vers les Jeux de Tokyo. Mais emporté dans une sorte de salade niçoise, ce quatuor se délita, et ne resta pour assurer l’avenir que le talent à la fois fragile et pugnace de Charlotte Bonnet. Pour finir, une sprinteuse qui n’avait cessé de se bonifier, Anne Santamans, s’est blessée et n’a toujours pas reparu (si ce n’est très jolie quand habillée par Thierry Mugler).

Après le meeting de Chartres, ce week-end, Bonnet demeure, plus que jamais, le seul élément solide de notre natation féminine. Mais elle reste esseulée. Les autres possibles finalistes, voire médaillées, françaises, se situent dans le secteur de l’eau libre. On peut aussi compter sur Marie Wattel, qui a atteint l’an passé un palier auquel elle se maintient. Peut-elle progresser et atteindre la grande classe mondiale ? A elle de le dire.

Hier, on s’est étendu sur le cas de Mehdy Metella. Or on le voit désormais saisi par le doute. Dimanche, sur 100 mètres papillon, il a effectué un beau retour en 27s32 après un passage en 24s70 pour un temps final de 52s02. Il est en papillon plus près de sa meilleure valeur que sur 100 mètres.  

Aux Jeux de Rio, Metella avait fini 6e du 100 mètres papillon en 51s58 (51s71 et 51s73). Il avait aussi nagé deux très bon 47s75 lancé (en séries) et  48s08 au start (en finale) dans le relais. Il a aussi été médaillé de bronze sur 100 papillon aux Europe 2016 (51s70) derrière Cseh et Czerniak.

Barré en 2016 par quatre nageurs, Mignon, Manaudou, Gilot, Stravius, Metella n’est ni des courses individuelles ni des relais en libre aux championnats d’Europe comme aux Jeux. Mais en 2017, l’effacement de ses aînés fait qu’il acquiert une nouvelle dimension. Leader de la course en France, il se distingue, aux mondiaux de Budapest, avec 47s65 en demi finale et le bronze de la finale, derrière les deux Américains : Caeleb Dressel, nouveau monstre sacré, 47s17, Nathan Adrian, 47s87.

Dans une logique de progression, Metella annonce en février dernier qu’il vise le record d’Europe. 47s12 par Alain Bernard. C’est aussi prétendre à la première place au monde, le leader mondial de l’épreuve, Caeleb Dressel, ayant amené le record des Etats-Unis à 47s17. Prétentieux ? Certes, mais d’une prétention saine, logique.

Trente siècles après Achille, Metella va être victime de sa cheville. Vilaine blessure… Sans jeux de mots, les chevilles des nageurs constituent leurs talons d’Achille. Metella fracasse la sienne un an après Nicolas d’Oriano. La jeune sprinteuse Assia Touati subit elle aussi ce désagrément…

Si l’on devait parler de mauvaises nouvelles après ce 100 mètres, elles concerneraient le relais quatre fois 100 mètres ! Mais ceci est une autre histoire…

 Performances de relief du dimanche :

DAMES. 100 mètres : Charlotte Bonnet, Nice, 53s34. 100 dos : Mathilde Cini, Marseille, 1’1s47. 200 brasse : Reona Aoki, Japon, 2’25s01. 400 4 nages : 1. Yui Ohashi, Japon, 4’36s26 ; 2. Fantine Lesaffre, Marseille, 4’41s04.

MESSIEURS.- 50 mètres : Bruno Fratus, Brésil, 21s90. 1500 mètres : 1. Damien Joly, Antibes, 15’7s79. 50 dos : Jeremy Stravius, Amiens, 25s21. 100 papillon: 1. Mehdy Metella, Marseille, 52s02; 2. Iago Moussalen, Brésil, 52s26. 200 4 nages : Jeremy Desplanches, Nice, Suisse, 1’57s77.


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