DUNCAN SCOTT, 47s90 AU CENT, SPRINTEUR PRÉCOCE D’ÉCOSSE

Éric LAHMY

Jeudi 20 Avril 2017

Adam Peaty en est le présent, il vient de l’administrer de magistrale façon sur 100 mètres brasse ; mais Duncan Scott est-il le champion britannique de l’avenir? De l’autre côté de la Manche, on jure que nager s’inscrit dans l’ADN de sa famille. Sa sœur aînée Alexandra est capitaine de l’équipe féminine de l’université de Dundee et secrétaire à la Sport Union Exec.

Son parcours est celui d’un précoce et d’un talent. 1,90m, et il lui reste quelque chose de gamin sur sa frimousse, Duncan aura 20 ans le 6 mai prochain. Son parcours commence à s’illuminer quand, en 2013, année de ses seize ans, il enlève huit médailles d’or aux championnats écossais. Son dernier coup d’éclat revient à s’introduire dans la finale olympique des Jeux de Rio, en août passé. Pour ce faire, il nage 48s01 en séries, record national. Ensuite, il élimine une poignée de nageur dont Clément Mignon et réussit le 7e temps général des demis. Il est le premier nageur britannique finaliste olympique sur 100 mètres depuis Robert McGregor en 1968. En finale, 5e, il égala ses 48s01 des séries. Toujours aux Jeux, de par la grâce de sa Majesté Adam Peaty, – lequel inflige une terrible punition dans son parcours de brasse  l’élite mondiale qui lui est opposée, collant 2s25 et 2s44 à, respectivement Jake Packard (Australie) –, le relais britannique va vivre sur cet incroyable avance. Duncan devient ainsi médaillé d’argent olympique en nageant 47s62 lancé, une seconde moins vite que les deux autres crawleurs du podium, Nathan Adrian, USA, 46s74, et Kyle Chalmers, Australie, 46s72.

Le revoici qui remet sur le métier son ouvrage. Dès les séries, dans la piscine cathédrale de Ponds Forge, à Sheffield, il a nagé plus vite qu’en finale l’an passé, 48s58 contre 48s66, s’étant qualifié dans le groupe d’âge des 18-21 ans. Il a fait plus que dominer la finale, il l’a incarnée. Il passe confortablement installé devant son second, Jack Thorpe, 23s14 contre 23s53. Puis ne cesse d’augmenter son avance, qu’il porte à une longueur : ses 47s90 battent le record et le font entrer dans un club restreint, celui des « moins de 48 secondes. »

 Il est intéressant de noter la prééminence de trois jeunes nageurs dans la grande finale des championnats, outre Scott, Jarvis Parkinson, 19 ans, 50s02, et Lewis Burras, de Southport, dans sa 17e année, 50s08.

Burras est basé à Dubai, dans les Emirats arabes où l’Hamilton Aquatics, entité créée par un coach d’élite créatif, Chris Tidey, offre une palette des plus larges d’enseignement aquatique, depuis les tout petits jusqu’aux champions dans seize institutions. Hamilton Aquatics, relié aux écoles de langue anglaise des Emirats, enseignement basé sur une approche riche de l’éducation des nageurs, s’est développée, et compte 600 nageurs à Dubai ; créée en 2013, son antenne de Doha, réunit aujourd’hui 150 compétiteurs et 1200 membres dans son programme « Apprendre à Nager ». Son nageur étoile reste le Serbe Velimir Stjepanovic, champion d’Europe du 200 mètres, mais le programme qui réunit des nageurs de vingt nationalités différentes, a formé des champions d’Afrique du Sud, d’Algérie, d’Argentine, d’Irlande, du Koweit, du Liban, de Lituanie, de Malte, du Mexique, de Nouvelle-Zélande, du Pakistan, du Portugal, de Syrie, de Tanzanie, de Tchéquie, de Tunisie, et bien entendu d’Ecosse et d’Angleterre ! Sous le slogan « believe, sacrifice, achieve » (croire, se sacrifier, réaliser), on peut dire que c’est une affaire qui tourne.

Gagnante du 200 papillon dames, Charlotte Atkinson, doit être une des rares individualités issues de l’île de Man, charmante lieu dit en mer d’Irlande, célèbre dans le passé pour ses contrebandiers et aujourd’hui aussi, dans une modernisation du concept, celle du paradis fiscal. Et dans les courses « dures », 400 quatre nages et 1500 libre, les vainqueurs respectifs, Max Litchfield et Daniel Jervis, sont un peu seuls.

MESSIEURS.-

100 libre : 1. Duncan SCOTT, Stirling, 47s90 ; 2. Jack THORPE, Edinburgh, 49s65; 3. Kieran McGUCKIN, Edinburgh, 49s68; 4. Calum JARVIS, Bath, 49s80.

1500 libre : 1. Daniel JERVIS, 14’51s48 ; 2. Timothy SHUTTLEWORTH, Loughborough, 15’7s92 ; 3. Stephen MILNE, Perth, 15’14s26 ; 4. Tobias ROBINSON, Loughborough, 15’18s05 ; 5. Samuel BUDD, Sheffield, 15’18s30.

400 4 nages : 1. Max LITCHFIELD, Sheffield, 4’10s63; 2. Mark SZARANEK, Edinburgh, 4’15s51.

DAMES.- 50 libre : 1. Anna Hopkin, EALING, 25s07; 2. Siobhan-Marie O’Connor, Bath, 25s28.

200 papillon : 1. Charlotte ATKINSON, Loughborough, 2’7s06 ; 2. Alys THOMAS, Swansea, 2’7s87.     

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27 comments:

  1. o

    Pas uniquement un sprinteur, il termine aussi 2eme du 200 pap et 3eme du 200 im. Le vrai et fier sprinter c’est Proud 21:32 & 50:50 (cette annee) !

    1. Eric Lahmy *

      Plusieurs bons esprits pensent en effet que le 100 mètres, en natation, n’est pas du sprint, et dure d’ailleurs autour de 50 secondes pour les meilleurs, soit un peu plus qu’un 400 mètres terrestre. D’habitude, les entraîneurs d’athlétisme disent que le 400 mètres est du « sprint prolongé, » ce qui fait que c’est quand même du sprint. Maintenant, le 50 mètres, c’est surtout pour moitié du plongeon départ et des ondulations….

      1. Baigneur

        Oui et le 100m athlé, c’est pour moitié, le démarrage et le relèvement progressif avant l’allongement de la foulée (et/ou augmentation de la cadence selon les types d’athlètes) 😉

        1. Eric Lahmy *

          C’est un fait. Mais je me demande si quand même le 100 mètres ne reste pas beaucoup plus de la course à pied que le 50 mètres nagé de la « nage ». Et même si cela ne change pas grand’ chose à l’affaire, je me demande si les reptations sous-marines n’ont pas « dénaturé » la nage. Après tout, le coureur à pied ne « vire » pas, ne s’appuie pas sur un mur, son « virage » est une course en courbe (comme chez les nageurs d’eau libre!?!?). Le nageur démarre sur « terre » et « en l’air » (plongeon) alors qu’avec ou sans starting-blocks, le sprinteur « terrestre » reste dans son mouvement de bipède.
          Ce qui fait que, de chic, je vous dirai que le sprinteur terrestre qui se relève court tout le temps et que le sprinteur nageur ne nage pas tout le temps.
          De vous à moi, je ne sais pas où cela me mène, seulement à noter ces différences?
          En revanche, admirons comment le meilleur sprinteur petit bassin en yards au monde, Caeleb Dressel, une fois en grand bassin, « n’a fait que » 6e au 100 mètres des Jeux olympiques ‘(un centième derrière notre Duncan Scott, d’ailleurs) et n’a pas pu se qualifier dans l’équipe US sur 50 mètres (4e en 21s80) derrière Adrian, Ervin et Cullen. Le start et le virage ont une importance en sprint aquatique sans aucune mesure avec ce qui se passe en course à pied.
          Bon, euh, je ne sais pas où cela m’amène, seulement à dire que ce n’est pas tout à fait comparable?

          1. Baigneur

             » C’est un fait. Mais je me demande si quand même le 100 mètres ne reste pas beaucoup plus de la course à pied que le 50 mètres nagé de la « nage »
             »
            En réalité je pense que vous pensez (haha) que le court est moins de la discipline qu’il est censé représenté, que le long… ce quel que soit la discipline..

            Je pense exactement l’inverse, que dans tous les sports cela en est exactement l’essence…

            Les arguments pourraient vous être renvoyés : le sprinteur athlé ne part pas debout mais accroupi (et fera la moitié de sa course dans une position intermédiaire), il n’y a pas toujours de mur en 50m (bassin long), le dossiste par dans l’eau, enfin Caeleb Dressel, maîtrise l’exercice en petit bassin comme Asafa Powell a maîtrisé le 60m en salle, sans jamais arrivé à s’imposer sur le 100m.

            Mais au delà de tout, ce qui nous oppose est que pour moi le mouvement « reptilien » que vous dénoncez est le mouvement de base de toutes les nages, comme le bond du départ du sprinteur athlé serait l’élément brut de sa foulée.

            Bien à vous

          2. Eric Lahmy *

            Bon, je comprends la trame de votre raisonnement et je crois que vous voyez bien ce qui nous « sépare », façon de dire car il ne s’agit que de points de vue. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi je chercherais à empêcher les uns de sprinter, les autres de faire du long. Mais Je me permettrai de dire ce que j’en pense. Je crois que quelque chose vous empêche de saisir le « sens » de la course (pédestre ou nagée), j’entends par là le parcours historique, qui a amené à la situation actuelle.
            L’une des caractéristiques de la démarche de Michel Foucault était de rechercher l’origine des « choses », d’où sa passion pour l’histoire. En l’occurrence, ce qui l’intéressait, c’était les institutions : origine, donc, de l’enfermement des fous (d’où Folie et Déraison, Histoire de la Folie à l’Âge classique), de la sexualité (trois tomes parus), archéologie des sciences humaines, archéologie du savoir…
            Cette approche de Foucault lui est venue de Nietzsche (dans sa Généalogie de la Morale), et je pense qu’en allant aux origines, on peut mieux saisir la vraie nature des institutions, des pratiques, des habitudes, des modes de penser.
            La natation des origines peut elle aussi être riche d’enseignements. Elle permet d’observer les dérives consécutives.
            Nager, au départ, représente une expérience quasi érotique (le plaisir d’être immergé, la caresse de l’eau). Mais il y a aussi une exigence pratique, survivre dans l’eau et se mettre à l’abri de la noyade. Par plaisir comme par nécessité, il peut être essentiel d’être endurant dans son mouvement aquatique…
            A l’origine olympique du sport de la course à pied, on ne peut nier que l’on trouve du sprint. La première épreuve sportive proprement dite, à Olympie en – 776, c’est 192 mètres, avec virage autour d’une borne située au bout du stade, à 96 mètres de la ligne de départ. Pendant des siècles, les Jeux olympiques ne sont autre chose que cette seule et unique rencontre d’athlètes nus (les gymnastes) sur moins de deux cents mètres. Plus tard se grefferont les lancers, les sauts, les multi-tours de stade, épreuves de fond, la course en arme, les boxe, pancrace, lutte, pentathle, etc.
            La natation n’existe pratiquement pas en Grèce, ou plus exactement, si elle est très appréciée, essentielle, l’homme complet « sait lire et nager », elle ne donne lieu à quasiment pas de compétitions. En revanche, c’est une discipline militaire. Dans une guerre, le nageur gagne à tous les coups face au non-nageur dès que le combat s’immerge un tant soit peu…
            Vous dites que le sprinteur part accroupi. Mais ce n’est pas du tout intrinsèque à la course. Les premières courses se font départ debout ou accroupi. Le starting-block inventé aux USA change la donne. Le retard au relevé est aussi une adaptation technique, il s’agit bien de courir, mais en forçant, par la position penchée vers l’avant, la « poursuite » par les jambes du haut du corps, à la limite de la chute. Mais on reste sur terre.
            Si le dossiste part « dans l’eau », c’est en utilisant le mur de départ lequel n’est pas liquide. On vient d’ajouter un starting-block en dos. Un départ de nage qui serait l’équivalent aquatique du départ de course à pied devrait se faire totalement immergé, sans avoir « pied » nulle part.
            Le mouvement reptilien (que je ne « dénonce » pas, je me contente de le « qualifier ») ne peut être considéré comme le départ de toutes les nages, d’abord parce qu’il apparait après un siècle de nage sportive organisée, ensuite parce qu’il exige un enfoncement sous-marin qui ne peut perdurer (je ne vois pas de nage sous-marine dans le 10 kilomètres), ensuite parce qu’il a été interdit, puis contingenté (ceux-là même qui le toléraient trouvaient que ce n’était pas de la nage et ensuite ces techniques subaquatiques ruinaient le spectacle, autant en brasse – les Japonais dans les années 1930 – qu’en dos et papillon). L’inventeur de ces techniques de reptation n’était ni Michael Phelps, ni Ryan Lochte, ni Natalie Coughlin, ni David Berkoff, ni Daichi Suzuki, mais un Britannique, Gary Abraham, qui les a employées aux Jeux olympiques de 1980 pour atteindre les finales du 100 dos et du 100 papillon. Lui-même s’était inspiré de Jesse Vassallo qui « sub-aquait » une ou deux fois dans l’eau aux départs et aux virages de dos des mondiaux 1978 de Guayaquil (et sans me vanter j’étais là pour le voir faire).
            Il eut suffi d’interdire ces techniques qui sont subaquatiques et non pas nagées pour qu’elle ne soient pas pratiquées en natation
            Le sprint est important en nage libre, parce qu’il faut un 50 libre pour les sprinteurs. Mais le développement des 50 dos, brasse et papillon constitue une aberration utile aux calculs de la FINA. Il s’agit de multiplier des épreuves à tout prix, parce qu’elles rapportent, et qu’elles donnent à nos dirigeants une impression de richesse.
            En meetings, vous voyez donc une multitude de pseudo-nageurs qui passent leur temps, sur les plages, à faire des élastiques, des bondissements, des fentes, que sais-je encore et dont il semble que virer aux cinquante et continuer à nager les mettrait en danger de se noyer. Mais en donnant le départ, pendant un week-end, toutes les minutes, à ces cinquante métreurs, à raison de 9 Euros par engagement, soit 72€ par série, on en arrive à des vingt ou trente mille euros à la fin du week-end pour le comité organisateur. Alors, les filles du 800 et les gars du 1500 passent pour des emmerdeurs… A la fin du week-end, on n’a pas beaucoup vu de vrais nageurs, mais on compte beaucoup de liquide dans les caisses !
            Regardons maintenant les choses en face et revenons à la notion de plaisir: si la nage en demi-fond revient à faire l’amour avec l’eau, un sprint de 50 a tout d’une éjaculation précoce.
            Bien à vous.

          3. Andy

            Beaucoup d’arguments reposent ici sur des jugements de valeur en lieu et place de critères objectifs, c’est bien dommage.

            Pourquoi fustiger le bassin de 25m quand la décision de faire du bassin de 50m le bassin roi n’est qu’arbitraire ?
            Rappelons tout de même, à toute fin utile, que si l’activité physique est naturelle, le sport est artificiel car il impose des règles à son exercice. En cela, dire que quelque chose n’est pas naturel en natation revient à une absurdité, puisque c’est par essence une activité artificielle (contrairement à la nage).

            Ensuite, pourquoi un nageur de 50m serait-il moins méritant qu’un fondeur ? Il ne s’agit pas du même effort, des mêmes difficultés ni des mêmes filières physiologiques. Certes, il y a bien moins de « nage pure », mais les capacités de coordination et de placement nécessaires sont très supérieures à celle d’un fondeur qui, lui, doit être capable d’une grande régularité et d’une profonde connaissance de ses ressources. Précision extrême VS gestion extrême. A la rigueur, c’est au 200m que ces 2 champs se rencontrent.

            Remarquons d’ailleurs que, malgré la « similitude superflu de ces épreuves », il est bien plus de s’imposer sur plusieurs 50m que sur plusieurs longues distances, en attestent les palmares des champions…

          4. Eric Lahmy *

            Bonjour,
            J’ai sans doute vaguement saisi votre point de vue sauf que vous ne vous êtes pas relu; ainsi dans une phrase vous dites qu’il est « bien plus » sans dire quoi (difficile? Facile? ou quoi d’autre…?) de s’imposer sur 50 que sur plusieurs longues distances, ce qui me parait une phrase incompréhensible. J’ai seulement compris que vous n’étiez pas d’accord avec mon point de vue, mais en l’état de votre texte, je ne puis répondre.

          5. Andy

            Mea culpa

            * bien plus difficile
            Pour compléter : en effet, on retrouve souvent les mêmes nageurs en Pap/Crawl mais pas ailleurs, tandis que les mêmes nageurs ont tendance à se retrouver sur 400-800-1500 voire au-delà (même si c’est plus souvent une population issue des 5-10-25km qui se permet de descendre sur des distances inférieures, j’en conviens). Et ces populations croisent leurs parcours au 200, la distance maximale pour beaucoup, minimale pour bien d’autres y compris Ledecky jusqu’à assez récemment.

          6. Eric Lahmy *

            Ah, oui, j’ai compris. Et je pense comme vous, quoique je trouve aussi une assez forte affinité entre crawl et dos, mais moins accentuée que celle de crawl et papillon. Le 200 mètres que vous désignez comme le lieu de rencontre du court et du long me parait tout à fait vrai, c’est d’ailleurs là que se « rencontraient » Van Den Hoogenband, Ian Thorpe et Michael Phelps, voire Perkins et Hackett, ou encore que, dans les 4 fois 200 mètres, on voit des nageurs descendus du quatre ou même du quinze et des nageurs montés du cent (et bien entendu de purs spécialistes du 200 mais en général, ils sont aussi bons soit sur 400, soit sur 100, soit sur 100 ET 400).
            Maintenant, toute distance « moyenne » peut être plus ou moins considérée comme point de convergence, par exemple le 100 est distance de convergence du 50 et du 200, le 200 est convergence du 100 et du 400, le 400 est convergence du 200 et du 1500. Cela est dû aux « lois » qui règlent le registre des nageurs… avec des exceptions, par exemple Julia Efimova qui, en brasse, a gagné dans certaines compétitions le 50 et le 200 et perdu le 100 alors que son registre voudrait qu’elle soit la plus forte sur la distance carrefour de son registre…
            Pour ce qui est du 50 mètres, je ne suis pas contre en libre, il faut une course de sprint, mais je déplore le sprint en spécialités seulement parce qu’il multiplie les courses de spécialités. D’ailleurs, sans trop le dire, les Américains, les Australiens et quelques autres grandes natations ont plus ou moins éliminé les 50 de spécialité de leurs championnats et trials, ce qui est une forme discrète de désaccord avec les projets de la FINA d’imposer ces courses au CIO…

  2. Baigneur

    Eric vous avez une vision limitée de la natation.

    (je vous imagine en train de vous étouffer)

    Passons sur votre saillie sur le foutre (n’est pas poète qui veut), passons sur le traitement approximatif de mon message (en effet personne ne vous a reproché d’empêcher les uns de faire du long, les autre du court, à part vous même peut-être.. 🙂 et oui vous dénoncez plus les ondulations que vous ne les qualifiez en suggérant qu’elles ont « dénaturé » la nage..)

    Allons à l’essentiel : l’Histoire n’existe pas. C’est une vue de l’esprit. l’histoire est plurielle, collective, individuelle, qu’elle soit révisable est discutable, mais qu’elle soit revisitée est une constatation (dès lors qu’on veuille bien sortir d’une table chronométrique..). Et si on peut considérer que la discipline ait un quelconque intérêt structurant pour la société, dans ce qu’elle permet de fixer un présent, elle est hélas et du même coup un lieu d’enfermement.
    Votre réponse en est un sublime exemple, en plus d’être une trahison de l’esprit de l’auteur que vous citez, ce dont je vous accuse.

    Voici ses propos, tirés de l’histoire de la sexualité que vous citez à l’appui de votre raisonnement :

    « Les études qui suivent, comme d’autres que j’avais entreprises auparavant, sont des études d’« histoire » par le domaine dont elles traitent et les références qu’elles prennent; mais ce ne sont pas des travaux d’ « historien ». Ce qui ne veut pas dire qu’elles résument ou synthétisent le travail qui aurait été fait par d’autres; elles sont – si on veut bien les envisager du point de vue de leur pragmatique – le protocole d’un exercice qui a été long, tâtonnant, et qui a eu besoin souvent de se reprendre et de se corriger. C’était un exercice philosophique : son enjeu était de savoir dans quelle mesure le travail de penser sa propre histoire peut affranchir la pensée de ce qu’elle pense silencieusement et lui permettre de penser autrement. »

    En aucun cas donc le travail de Foucault et sa démarche ne vous permettent de justifier votre tentative de trouver dans le « sens » historique le sens tout court, ou de « mieux saisir la vraie nature des pratiques, des habitudes » comme vous le prétendez. C’est même exactement le contraire auquel le philosophe nous invite, pour nous permettre de penser ce qui n’a pas été pensé. Ce qui l’intéressait n’est donc pas l’origine des choses comme vous le dites, mais leurs déconstruction..

    Libre à vous de considérer que la vérité est dans une chronologie établie et rassurante (qui pourrait vous reprocher de ne pas vouloir vous départir de votre expertise ?), mais réfléchissons : la notion des Droits de l’Homme et celle jointe de la Dignité humaine seraient-elles moins vraies parce que plus récente sur l’échelle de l’histoire humaine ? N’auraient-t’elles pas vécues sous une autre forme dans la Bible ou dans les sociétés primitives par exemple ? Et, dans la négative, seraient-elle moins vraies par rapport à la nature humaine, moins justes parce que plus proches du temps présent ?

    Ce que vous avez oublié : l’enfant qui de tous temps joue à sprinter dans la cour d’école (ou dans un cours d’eau) pour le plaisir d’exprimer sa motricité (et/ou comme dans le long de prendre l’ascendant sur ses copains), la nage sous-marine des Amas japonaises pour se nourrir (comment osez-vous dire que l’inventeur de l’ondulation est Gary Abraham.. ), les départs de certaines course d’eau libre qui se font dans l’eau… (et non d’un ponton).

    Au delà de tout ça voyez-vous je parle d’essence du geste – ondulation – (sujet que nous n’avons même pas esquissé, car le fait qu’un mouvement soit sous-marin ne présage en rien qu’il ne puisse être constitutif d’un mouvement en surface), ou d’essence du sport – sprint – et vous me répondez FINA, meetings et histoire..

    Merci cependant pour vos apports.

    Bien à vous.

    1. Eric Lahmy *

      Mon cher Baigneur, vous me connaissez mal ; croyez que je ne m’étouffe JAMAIS dans une conversation, parce que je ne prétends pas avoir raison, je ne prétends pas que ma pensée est respectable ou intouchable, j’essaie de coucher des idées sur le papier, je ne suis JAMAIS vexé quand on me marque ou croit me marquer des points, j’ai débattu et je débats depuis plus de cinq décennies avec trois frères qui sont des débatteurs auprès desquels vous pourriez apparaître comme un petit débutant.
      J’étouffe d’autant moins que je crois que, parfois du moins, de la discussion surgit la lumière.
      Vous pouvez même m’insulter, c’est quelque chose que mes frères et moi avons beaucoup pratiqué les uns vis-à-vis des autres, dans le style : «mais tu ne comprendras jamais rien.»
      Bien entendu, j’attends un niveau minimum, et quand le directeur général de la Fédération française de natation (démissionnaire fin décembre dernier, non, le 2 avril 2017, non, en juin prochain, etc.) m’a expliqué dans une série de mails qu’il se ferait un plaisir de prononcer l’éloge funèbre à mon enterrement, je n’ai pris la peine ni de relever ni de répondre. Ça valait pas le coup !
      Alors pourquoi j’écris ce que j’écris ? C’est simple : je donne mon avis…
      Maintenant, excusez-moi, je vous remercie de m’opposer le votre, d’avis, mais il est parfois un peu fatigant d’avoir affaire à des amateurs dans votre genre, si vous permettez, parce qu’ils croient vous coincer là même où ils viennent de s’enferrer dans l’une des quarante méthodes dialectiques à la gomme dénoncées par Schopenhauer dans son « art d’avoir toujours raison ». Je ne puis cacher avoir été saisi d’un sentiment complexe, à la fois joyeux et ennuyé, à vous lire, tant tous vos propos étaient déplacés, fallacieux, entachés d’erreurs grossières et tant il me serait fastoche de vous répondre (d’où la joie) !
      Mais après, je dois rédiger, et cela me pompe un peu (d’où l’ennui)…
      ONDULE OU ONDULE PAS
      …Bien entendu j’ose dire et répéter qu’en compétition de natation, c’est Gary Abraham qui a inventé l’ondulation, et c’est simple, plutôt que de pousser les hauts cris («vous osez, bla bla bla»), proposez-moi un nom de nageur qui ait ondulé sous l’eau avant lui ? Nausicaa ? Flipper le dauphin ? Monstro la baleine ? L’orque de Marineland ? La Petite Sirène d’Andersen ? Marineman ?
      Que des ondulations NON SOUS-MARINES aient été pratiquées en course auparavant, c’est une évidence, puisque, outre Jesus Vassallo, ce sont ces ondulations, dont les traces certaines remontent au début du 20e siècle. Un nageur et enseignant canadien, George Corsan, « ondulait », posé sur le côté à la Misty Hyman. Il en fit la démonstration en 1911 à David Armbruster qui, devenu coach de l’Université d’Iowa, eut l’idée de greffer ses ondulations sur ses brasseurs en 1932, qui dès lors, ajoutèrent le dauphin à la toute jeune nage de brasse papillon.
      Mais si vous avez des infos sur les serpentements sous-marins des naturels dans les atolls des îles Trobriand (ondulations qui ont donné, bien sûr, l’atoll ondulé), je serais très heureux de lire votre contribution à ce sujet.
      QUE D’HISTOIRES AU SUJET DE L’HISTOIRE !
      Je ne vais pas vous répondre ici que vous avez une vision étriquée de la natation et tangentielle à zéro de Michel Foucault et j’éviterai de vous dire que vous ne comprenez même pas les critiques que vous me faites. Je me refuse à vous opposer que votre vitupération contre l’histoire est du concentré de jargon jargonnant. Je vous lis: «Allons à l’essentiel : l’Histoire n’existe pas. C’est une vue de l’esprit. L’histoire est plurielle, collective, individuelle, qu’elle soit révisable est discutable, mais qu’elle soit revisitée est une constatation (dès lors qu’on veuille bien sortir d’une table chronométrique..). Et si on peut considérer que la discipline ait un quelconque intérêt structurant pour la société, dans ce qu’elle permet de fixer un présent, elle est hélas et du même coup un lieu d’enfermement.» Holà… Sincèrement, je ne puis reprendre cette façon d’enquiller les poncifs tout de travioque, cette bouillie pour chats, c’est du grand n’importe quoi, jusqu’aux majuscules et minuscules à histoire, désolé je n’ai pas le temps.
      …Je vous accorde que je ne sais pas pourquoi j’ai voulu faire référence à Michel Foucault dans mon texte afin d’y accrocher mes triviales petites interrogations. Cela m’apparait mal venu et de guingois et je ne sais trop si j’ai fait preuve là de pédanterie (très probable) ou si j’ai encore voulu «ennoblir» mon propos d’une référence prestigieuse autant qu’inutile… Mea Maxima Culpa.
      Mais bon, puisque j’ai cité Foucault et que vous m’égratignez petit bras à ce sujet, allons-y.
      FOUCAULT EST UN HISTORIEN, QUOIQU’IL DISE !
      Ce n’est pas parce que vous avez cité dix ou même vingt lignes de Foucault piquées dans un petit travail de Stéphane Kovacs que lui-même a tiré du volume 2 de l’histoire de la sexualité, et que vous avez trouvé en cinq minutes sur Google, que vous avez épuisé le sujet ou compris le moins du monde le travail de Foucault dont j’ai suivi quelques leçons au Collège de France et lu pratiquement tous les textes importants de l’œuvre que me passait mon frère cadet alors qu’il était doctorant en Algérie.
      J’ajoute que ce texte de Foucault, que vous m’envoyez à travers le nez, mettant en doute sa qualité d’historien, est daté : il se situe à un moment tardif de son œuvre où, après les emballements de la sortie de son livre sur la folie à l’âge classique, l’on a commencé à critiquer son travail et signalé sa «légèreté» au plan historique. Comme il n’aime pas ça, Foucault, se faire moucher, il explique en l’espèce, façon de justifier sa méthode : «attention, je suis généalogiste, pas historien.»)
      Mais voilà, sa chaire au Collège de France s’intitulait : «HISTOIRE des systèmes de pensée.» Je répète : «HISTOIRE des systèmes de pensée.» HIS-TOI-RE… Donc ne venez pas me dire qu’il n’était pas un historien en agitant ce genre de petits textes…
      Bien sûr il ne s’agit pas d’un historien au sens où l’était Jules Michelet, mais depuis Michelet, le propos de l’historien s’était déplacé, l’interdisciplinarité a révolutionné son enseignement en l’irriguant d’apports nouveaux.
      D’une certaine façon, Foucault se relierait au moins par la « modernité » à Fernand Braudel et Emmanuel Leroy-Ladurie, lesquels dès lors pourraient passer (ou pas) pour des précurseurs ou des inspirateurs de Foucault. Mais son référent, c’est Nietzsche…
      Lui-même se définissait aussi comme un «ethnologue de notre propre culture », et il a été désigné comme un «archéologue», ayant d’ailleurs commis une «archéologie du savoir» mais vous savez, ces grosses pointures ne s’enfermaient pas, Sartre, grand philosophe et touche à tout, se disait parfois anthropologue, parfois idéologue, parfois (dans le film d’Astruc) «technicien des savoirs pratiques.» Son premier grand texte, « L’Imaginaire » est un ouvrage de psychologie.
      Mais si vous avez lu comme moi ses différentes «archéologies», vous savez que Foucault fonce dans l’histoire voire la préhistoire d’une institution en philosophe, afin d’en découvrir les ressorts initiaux. Vous me dites que c’est pour «déconstruire», merci de l’info, mais compte tenu de la relation assez «nerveuse» entre Jacques Derrida et lui, il n’aurait pas forcément aimé le mot …
      Pour parfaire votre connaissance de Foucault historien, je ne puis mieux vous recommander ici, puisque vous êtes un fervent Googlemaniaque (vous avez raison), le texte de Jozef van de Wiele, publié en 1983 dans la revue philosophique de Louvain, intitulé «L’Histoire chez Foucault. Le Sens de l’Archéologie.»
      http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1983_num_81_52_6268
      Je vous assure, pour finir, que la critique de Foucault n’est en rien «déconstructionniste» concept derridien (Foucault, merveilleux styliste, Derrida, jargonneur imbitable). Elle propose plutôt UNE AUTRE CONSTRUCTION, avec des lignes de fuite en marge, en dehors de la société, et Foucault en appelait à la fin de l’homme (au sens, bien sûr, humaniste de l’homme des Lumières et de la Révolution française : trop compliqué à expliquer ici).
      Si Foucault avait tenté une percée, c’est dans le sens constructiviste (je le trouve plus démystificateur que déconstructeur), autour du social !
      Bon, stop avec Foucault !
      DES ORIGINES A LA DEMYSTIFICATION
      Maintenant, qu’est-ce que je propose, en allant aux origines de la natation, sinon de démystifier ou, si vous voulez, déconstruire ce qui s’est fait ces dernières vingt années pour proposer une autre construction ?
      La façon la plus vieillotte de concevoir la natation est selon moi celle que pratique aujourd’hui la FINA. Nager c’est quoi ? C’est aller dans l’eau. Il n’y a qu’une nage essentielle, c’est la plus efficace. C’est le crawl. Les autres nages sont des façons historiques mais qu’on le veuille ou non dépassées et donc obsolètes de se pousser dans l’eau. (Et c’est un nageur de brasse qui vous dit ça).
      L’histoire de la natation jusqu’à ce que les Cavill récupèrent le «taptap» et qu’on le rebaptise crawl, est un constant tâtonnement pour découvrir la nage la plus efficace. L’homme qui entre dans l’eau nage d’abord comme un chien. Il améliore un peu cela, c’est la double coupe, c’est la brasse. Il essaie des trucs c’est l’indienne, l’over, le double over, le trudgeon, et pour ceux qui n’aiment pas la tête dans l’eau, le dos. Un tricheur, Erich Rademacher, découvre qu’on n’interdit pas le retour aérien des bras en brasse : c’est le papillon.
      Toutes les nages qui ne sont pas le crawl sont des reliques de cette histoire. Le truc vieillot, ringard, dépassé, c’est d’ajouter au programme encore plus d’épreuves de ce qui ne devait être au plus qu’un souvenir de quelque chose : une course de dos, une de brasse, une de papillon, une de quatre nages.
      Pourquoi n’a-t-on pas conservé l’indienne, l’over, le double over, le trudgeon ? Interrogez l’histoire avec un grand ou un petit h. Ah ! Non, c’est pas possible, Baigneur a dit que l’Histoire n’existait pas.
      Sur ce plan, toujours à mon avis, le programme masculin des Jeux de Tokyo, en 1964, TRES incomplet pour la nage libre, était je trouve ce qu’il y avait de mieux pour les spécialités. Que proposait-il ? 200 mètres brasse, dos et papillon individuels, 100 mètres dos, brasse et papillon DANS LE CADRE DU RELAIS QUATRE NAGES, et 400 mètres quatre nages individuel. On assurait l’existence et la survie de ces styles dépassés en termes de vitesse dans un cadre assez restreint, comme l’athlétisme avait conservé l’esprit des courses d’obstacles en nature avec les haies hautes et basses et le steeple.
      La brasse, le dos, la papillon, sont à la natation ce que Néanderthal, Cro-Magnon, et l’australopithèque sont à l’homme moderne, homo sapiens sapiens. Mais comme il s’agit d’une histoire d’un siècle et demi et non d’un million d’années, on ne le saisit pas très bien. Je pense que ces nages pourraient disparaître…
      Croire que c’est en alourdissant constamment le programme de natation qu’on est moderne, est l’instinct ou le réflexe qui relie la FINA à tous les petits Baigneurs. Le programme d’athlétisme des Jeux olympiques n’a pas changé en un siècle, pas une course en plus, pas une course en moins, il est taillé dans le marbre, il est là pour durer. Le football ne change rien à son jeu depuis cent cinquante ans, on joue toujours de la même façon. Ça c’est vigoureux parce que c’est ancré dans la tradition. Et les jeunes aiment ça plus que se baigner dans les rivières et sprinter dans la cour…
      La natation n’a jamais été fichue de se tenir à un programme, mais on peut le comprendre. Elle ne cesse de tâtonner parce que l’eau n’est pas l’élément naturel premier de l’homme. Il me parait clair qu’elle ne cesse depuis un quart de siècle de se développer de façon artificielle autour de son plan business, sans tenir compte des intérêts des pratiquants…
      La natation s’est d’abord développée. Maintenant, elle s’efforce d’enfler. C’est la grenouille mythique !
      EXPERT DE RIEN DU TOUT
      Je voudrais avant d’en finir vous rassurer, je n’ai aucune raison de craindre pour mon «expertise» en natation car en vérité, mon expertise, je m’en contrefiche mais alors grave. Je m’en bats l’œil.
      Si vous saviez à quel point cela ne pèse rien dans ma vie, à quel point la natation n’entre jamais, mais alors jamais, dans mes propos quotidiens avec mes enfants, ma famille, mes amis tous totalement hermétiques à la natation ! Je n’ai jamais, de ma vie (en-dehors de Murray Rose, qui était tellement plus qu’un nageur), parlé plus de vingt secondes consécutives natation dans ce cercle, et aussi sérieusement que je m’en occupe, Galaxie est un hobby, mon jardin secret, une activité sans aucun poids dans ma vie. Ma femme, mes enfants, mes frères, mes cousins, ni encore mes amis ne subodorent que je pourrais être «expert» ou pas en natation. Ils s’en doutent peut-être, ils s’en foutent sûrement !
      (En revanche, je peux écouter et parler natation pendant des heures dans un milieu ad hoc !)
      Pour le reste, vos questionnements sur les notions, passées et présentes, des droits de l’homme et celle de dignité humaine, qui me paraissent hors de propos dans le sujet qui m’occupait, vous mettent dans l’impasse puisque vous ne pouvez garantir ou non que les dites notions «aient vécu sous une autre forme » dans le passé (cela me parait plus que probable). Dans mon petit domaine d’intérêt, je ne m’intéresse pas au passé pour le passé, j’essaie de traquer une logique de l’évolution.
      Enfin, si je vous parle FINA, meetings et histoire, c’est que tel est mon propos. Dans ce propos d’aujourd’hui, je n’ai rien à cirer de la nage sous-marine des Amas japonais ou des enfants qui sprintent dans les cours d’eau lesquels sont tellement pollués que je déconseille formellement ce genre d’activités. Je vous remercie de citer ces exemples historiques voire préhistoriques ! Ils pourraient faire l’objet d’une autre réflexion. Mais arrêtez de me critiquer pour ne pas englober dans une réflexion sur le programme de natation une toute autre réflexion sur les pratiques des enfants et autres bébés nageurs !
      Dites-moi, à ce sujet: quand vous me balancez au sujet de l’ondulation, «qu’un mouvement soit sous-marin ne présage en rien qu’il ne puisse être constitutif d’un mouvement en surface» est-ce que je puis vous rappeler que ces ondulations de surface sont désormais séculaires, qu’elles constituent le «dauphin», mouvement de surface accrédité en compétition depuis plus de soixante ans ?
      Historiquement, l’ondulation est donc passée de surface à sous-marine et attendre je ne sais quoi de leur remontée à la surface par un mouvement de yoyo ne me parait pas porteur d’avenir, mais constituerait simplement un bête retour aux origines… Ce ne serait donc qu’un bégaiement de l’Histoire (que vous honnissez)!
      Finalement, cruel retour de flamme dialectique, c’est vous qui voyez je ne sais quelle promesse d’avenir dans ce qui ne serait qu’un retour vers le passé! Je crois que vous vous êtes brûlé quelque part.
      Merci cependant pour vos notations et, disons-le, vos confusions, une fois exprimées, elles m’ont aidé à me maintenir sur les bons rails…
      Bonne soirée, Baigneur, et n’étouffez pas, cela n’en vaut pas la peine.
      Très bien à vous,
      Eric LAHMY

      1. EasySpeed

        Et bien! Je pense que c’est le plus long débat sur les ondulations que j’ai jamais lu!
        Sinon, monsieur Lahmy, j’ai une question pour vous:
        Pourquoi considérer que les parties non nagées ne font pas partie de la pratique de la natation? D’ailleurs, vous dites qu’elles ont « dénaturé » la nage.
        Qui peut en vouloir à un nageur qui essaiera de gagner du temps sur un virage, une coulée ou un plongeon? D’autant plus que ces qualités ne se développent qu’au prix de longs entrainements et que tous ne sont pas bons à cet exercice, regardez Alain Bernard par exemple, il avait de fortes lacunes dans ce domaine.

        1. Eric Lahmy *

          Je suis un peu ennuyé finalement de créer toute une polémique autour d’un simple point de vue, mais pour résumer, je trouve que les éléments non nagés ont un petit peu bouffé la nage, d’une façon particulièrement élevée en sprint.
          (C’est peut-être pour cela d’ailleurs que tellement de sprinters se retrouvent aussi performants dans tous les styles, comme on l’a vu avec Roland Schoeman, Florent Manaudou, Vladimir Morozov, Caeleb Dressel et quelques autres : ils utilisent un tronc commun de départ-glisse sous-marine et n’ont pas grand’ choseà nager pour atteindre l’arrivée)…
          Vous pensez bien que je n’en veux pas au nageur, à l’entraîneur, de jouer avec les cartes qu’on leur donne et suivre les règles qui sont édictées. Par exemple, si un nageur français se faisait battre en course par un Américain, un Chinois ou qui vous voulez, aux Jeux olympiques, sur des coulées ou un virage, je serai de ceux qui, mécontents pour lui, questionneraient l’entraîneur qui ne lui a pas donné les armes pour gagner ! Donc, faisons ce qu’il faut, et à Rome, vivons comme les Romains…
          Mais je m’interroge sur la validité, ou au moins sur le caractère judicieux des règlements.
          Je conçois que la FINA n’ait pas voulu interdire toutes les évolutions et qu’elle est pressée de toutes parts de les entériner, mais je me pose la question sur les avancées qu’elles ont amenées. La possibilité pour le dossiste de se retourner sur le ventre avant le mur me semble une négation du caractère dorsal de la nage. Au bout de cela, Lochte a essayé d’utiliser cette tolérance (que je trouve être un laisser aller) pour arriver aux Jeux olympique avec une autre adaptation du virage de dos qui a été acceptée pour la course de dos et refusée dans le quatre nages, ce qui ne me parait pas cohérent. D’autres m’ont dit qu’ils comprenaient parfaitement ce distinguo !!
          Les triches aux « sorties de mur » en brasse (et la déclaration Cameron van der Burgh aux Jeux de Londres) ont conduit la FINA à tolérer une deuxième action des jambes lors de ces sorties. Pour assurer que personne ne se « vache » dans un départ en dos, on a introduit un bloc de départ que je trouve assez mal venu !
          Le débat des départs et surtout des virages est très vieux, et pour les premiers Jeux que j’ai « suivis », ceux de Tokyo en 1964, je me souviens qu’on avait raconté que l’Ecossais Robert McGregor, 2e, avait été battu par le virage de l’Américain Don Schollander. Le film que j’ai vu de la course est joli, mais ne permet pas de se faire une opinion là-dessus, et je dois au témoignage de Schollander (Deep Water) d’apprendre que celui qui a perdu la course dans le virage est Gary Ilman, lequel, lors de sa poussée sur le mur, « oublia » de se durcir et se propulsa donc avec la vélocité du fameux « spaghetti cuit » d’Alexandr Popov. Dans l’ensemble, les Américains négociaient mieux les virages que les Européens, et Schollander avait gagné cette finale d’un dixième… On disait (déjà) que les autres nageaient et les Américains viraient.
          Les virages sont donc partie intégrante de la nage, je n’en disconviens pas. Doivent-ils devenir l’essentiel de la course ? C’est le cas en sprint en petit bassin.
          Je pense qu’on aurait dû être plus vigilants, plus restrictifs sur certaines avancées comme de mieux réglementer les coulées, et on a laissé la natation changer sans que cela n’apporte grand’ chose. On peut penser que c’est pour le mieux, et je dois admettre qu’après avoir été éloigné des bassins de compétition pendant des années, voir les coulées de Natalie Coughlin ou de Michael Phelps avait quelque chose de sidérant…

          1. Andy

            Attention aux erreurs :
            – Le virage de Ryan Lochte concerne les virages crawl, avec une longue ondulation dorsale plutôt que ventrale. Accepté en course de nage libre (logique) mais refusée en 4N en raison de la distance parcourue sur le dos qui faisait au total plus d’un quart de la course sur le dos.
            – Les déclarations de Van der Burgh sont correctes, mais la FINA a seulement accepté que la semi-ondulation soit détachée de la traction de bras. D’ailleurs, en regardant les vidéos des courses de haut niveau, on constate que cette tendance aux ondulations multiples disparait (en tout cas, Van der Burgh et Peaty pour ne citer qu’eux n’en font plus qu’une, sans doute possible). Comme quoi, c’était d’une efficacité toute relative.

          2. Eric Lahmy *

            Merci de votre point de vue mais je ne dois pas être très malin, car je trouve ça confus (pas votre explication, le règlement)…
            1). A partir du moment où vous acceptez que dans le virage de libre, il y ait une portion dorsale, vous l’acceptez comme étant de la nage libre. Puis vous dites que c’est du dos dans le quatre nages. Est-ce logique? C’est vrai que des gens me l’affirment donc okay, je comprends mal mais qu’importe…
            Par ailleurs, en sens inverse, le retournement ventral effectué en dos ne signifie-t-il pas qu’on qualifie cette approche ventrale du mur comme étant du dos? N’est-ce pas bizarre? Moi je trouve.
            2). En brasse, utilisée ou pas par Adam Peaty, cette évolution qui consiste à pouvoir en remettre une couche dans la coulée n’en est-elle pas moins tolérée?

          3. Andy

            Point par point pour vous répondre d’un point de vue de compétiteur actif :
            1 – La nage libre est, par définition, libre. En substance, tant que le nageur touche les murs aux virages sans s’appuyer au fond, il fait ce qu’il veut. S’il veut changer de nage à chaque mouvement, c’est autorisé mais il va peiner à nager bien vite. En revanche, en 4N, c’est très clairement défini comme une course en Papillon-Dos-Brasse-Nage ventrale autre que le dos. Le retournement ventral du virage dos-dos n’existant pas sur les 200 4N, la question ne se pose alors pas. Pour les 400 4N, il y a 100m qui sont définis par le règlement du dos, incluant le virage qui autorise un retournement suivi d’une traction de bras immédiate sans mouvement de jambes (difficile interprétation pour les officiels) puis une rotation pour repartir sur le dos. Selon cette description, le virage exécuté par Lochte est nettement un virage de dos car il repart en position dorsale. C’est cet aspect que la FINA a retenu pour prendre sa décision plutôt que le bref passage sur le ventre (contre-argument souvent émis).
            2- Le nombre de mouvements de jambes n’a pas changé. Avant, c’était une ondulation vers le bas (pas vers le haut) simultanée à la traction, puis un ciseau avec le retour de bras et enfin la reprise de nage. Maintenant, la semi-ondulation peut précéder la traction. Ce qui permet d’allonger la coulée à durée égale (= plus grande vitesse, très logiquement). Pour ceux qui ont un gainage approximatif, cela génère une fausse ondulation lié à la remontée du corps lors de la traction, mais ce n’est pas une ondulation active, juste un spaghetti mi-cuit. Croyez-moi, à tous les niveaux, les officiels sont très sourcilleux sur le nombre d’ondulations…

          4. Baigneur

             » Les virages sont donc partie intégrante de la nage, je n’en disconviens pas. Doivent-ils devenir l’essentiel de la course ? C’est le cas en sprint en petit bassin. »

            Oui Natalie Coughlin et Michael Phelps sont des spécialistes du 50 petit bassin bien connus..

          5. Eric Lahmy *

            Vous savez, aux USA, il n’est de vraie natation de petit bassin qu’en NCAA, donc ne s’adressant qu’aux nageurs de 22 ans et moins. Après, les yards sortent plus ou moins du champ des nageurs. Phelps n’a pas étudié, et Coughlin a nagé dix ans après l’université. Ce sont, disons, des nageurs de petit bain empêchés.

      2. Baigneur

        Merci pour vos commentaires.

        Par étouffer vous voulez-dire, étouffe chrétien ?

        Vous avez écrit « Le mouvement reptilien ne peut être considéré comme le départ de toutes les nages, d’abord parce qu’il apparait après un siècle de nage sportive organisée, ensuite parce qu’il exige un enfoncement sous-marin qui ne peut perdurer, ensuite parce qu’il a été interdit, puis contingenté. »

        Par charité (vous me remercierez un jour, peut-être quand les différentes utilisations du H et h pour histoire vous seront apparues ;)), j’ai préféré vous signaler que vous ne pouviez pas utiliser Foucault pour justifier votre propos, car vos certitudes historiques sont précisément ce contre quoi le philosophe s’est toujours battu.

        Je vous ai à ce propos cité l’auteur lui-même précisant la nature de son travail pour « penser sa propre histoire (…) affranchir la pensée de ce qu’elle pense silencieusement et lui permettre de penser autrement », ce que vous avez mis à peu près 100 lignes à diriger avant de paraphraser que l’auteur proposerait selon vous « une autre construction »…

        Je vous ai enfin précisé que « le fait qu’un mouvement soit sous-marin ne présage en rien qu’il ne puisse être constitutif d’un mouvement en surface ». Mais tellement pressé (ou « joyeux », ce sont vos propos) d’y voir là « un cruel retour de flamme dialectique », vous vous êtes persuadés qu’il s’agissait d’« ondulations de surfaces (..) désormais séculaires » (expertise chronologique quand tu nous tiens…) quand je proposais à la réflexion, la participation essentielle du mouvement sous-marin à toutes les nages de surface.

        Je me devais de redonner la ligne directrice de notre échange, qu’il me semble vous avez noyée avec la même ardeur et éloquence que M. Jourdain. 😉

        Amitiés.

        1. Eric Lahmy *

          Je vous laisse le dernier mot, car pour ce qui me concerne, le débat est clos. C’est une largesse que je me concède, ayant bien exprimé mon point de vue. Ceux que ces échanges ont pu intéresser se seront faits, ou non, une opinion. Ce qui s’ajoute n’est que pinaillage et rapetassement… De toute façon, une fois les aigreurs rangées dans le placard d’où elles n’auraient jamais dû sortir, je remercierai toujours les personnes qui viendront offrir leur éclairage sur toutes les questions qui peuvent se poser sur ce site en natation.

  3. EasySpeed

    A propos du nombre d’ondulations pour la coulée de brasse, l’américain Cody Miller à exécuté allègrement trois ondulations durant la finale des Jeux de Rio
    https://www.youtube.com/watch?v=YsGHSe6N06w
    Il est surprenant que les juges ne le voient pas, ont-ils le droit à l’arbitrage vidéo ?

    Je me souvient que sur les championnats N2 beaucoup de brasseurs faisaient deux ondulations. Au même temps quand on voyait les adversaires le faire en toute impunité…

    1. Eric Lahmy *

      Oui j’imagine qu’il en sera toujours comme ça avec la brasse. Tellemenr réglementée qu’on est tout le temps à la limite…

  4. nageondu

    La Natation peut aussi se concevoir comme une activité en immersion. Malheureusement dans ce domaine là, on ne sait rien. En 1995, j’avais proposé une nouvelle nage sous-marine à la FFN, principalement adaptée pour faire des parcours sous-marins.

    1. Eric Lahmy *

      On ne peut pas, ex nihilo, « proposer à la Fédération une nouvelle natation » et attendre une réponse. Il faut démontrer le mouvement en marchant, et l’intérêt de la chose en l’effectuant. La natation classique, toutes ses activités annexes, les nages subaquatiques se sont développées d’abord sans demander la permission à qui que ce soit. Les fédérations, elles arrivent après la pratique sportive.
      Et comme l’homme n’est pas doté de branchies et n’a rien d’un cachalot, de la façon dont vous présentez ça, je ne vois absolument pas de quoi il s’agit!
      Il faut savoir commencer petit.

      1. nageondu

        Merci de votre réponse.

        La Fédération m’a répondu favorablement. S’ils ont toujours l’étude de 1995 les références sont les suivantes: FL/VG Objet: « l’ondulation dauphin ». Un Directeur technique devait s’en occuper, mais là aucun retour. Cependant des nageurs de hauts niveaux l’ont remarqués puis utilisée dans le cadres de l’hypoxie. Un intellectuel du sport en parle sous le sceau de l’anecdote. A l’époque j’avais réussi à constituer un petit groupe d’amateur de nage en mer utilisant cette technique. Il n’y a rien de plus.

        Le nom que je luis donne maintenant est « Atlantis » ou « nage Delta ». Vous la trouverez facilement sur youtube. A ne pas confondre avec le Dolphin Kick.

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