EAU LIBRE, CHAMPIONNATS DE FRANCE A GRAVELINES GEERT WERTMAN ET HALEY ANDERSON VAINQUEURS DES 10 KILOMÈTRES DEVANT MARC-ANTOINE OLIVIER ET AURÉLIE MULLER

Éric LAHMY

Vendredi 2 Juin 2017

Pour ma correspondante Germaine Necker, qui adore résumer les choses, la conclusion des championnats de France d’eau libre s’écrit en une ligne de courriel : « Philippe Lucas qualifie Aurélie Muller, Océane Cassignol, Marc-Antoine Olivier, David Aubry aux Championnats du monde de Budapest. » Elle sait aller à l’essentiel et a l’art de la synthèse, la Germaine en question, et c’est vrai qu’après ça, on a envie de déclarer : la messe est dite, ou encore : fermez le ban. L’eau libre française a tendance à se résumer aux troupes du presqu’ermite de Narbonne recasé à Montpellier. Saint Luc, son patron, était l’auteur du troisième Evangile, mais lui, dans l’angle de vision qu’a emprunté Germaine, aurait tendance à occuper la nef et le transept, sans oublier les chapelles et bien sûr la piscine liturgique !

Necker a l’art de faire court, mais je préconiserais de prolonger le discours, ne serait-ce que par respect pour des filles et des garçons qui prennent leur temps et n’ont pas craint de s’avaler deux heures de course dans un lac, à l’ombre d’une centrale nucléaire. Deux heures, c’est le temps d’un marathon, et en durée, en vaillance et en dépense énergétique, 10 kilomètres dans l’eau en valent bien quarante sur le plancher des vaches !

Mais ce n’est pas que ça. Pour des raisons qu’on n’a pas toutes identifiées, les championnats de France de grand fond, pardon, d’eau libre, qui se sont tenus à Gravelines – nouvelle Mecque de la discipline ? – ont connu un succès sans précédent. Les dix kilomètres, ce 1er juin, ont réuni 161 concurrents, garçons et filles réunis. Bon, pour la plupart des Béotiens parmi lesquels je me range, tu me dis 159, 36 ou 372, ça ne fait pas tilt dans l’encéphale. Mais l’an passé, ils-elles n’étaient que 106, ce qui nous donne une augmentation d’effectifs d’exactement 51,3%.

Pour être plus précis dans cette comptabilité d’effectifs, on note au départ des 10 kilomètres 95 garçons et 66 filles, contre 65 garçons et 41 filles l’année précédente. Mais l’augmentation la plus remarquable concerne la concurrence étrangère, qui, de 9 garçons et cinq filles en 2016, passe à 29 hommes et 21 femmes cette année. Les raisons de cet afflux, à défaut d’être exactement repérées, peuvent être imaginées. L’élévation du niveau de l’eau libre française fait savoir au monde que la compétition sera disputée, ce qui augmente son pouvoir attractif. On peut penser aussi que l’organisation, sur sol européen, à quelques semaines des championnats du monde de Budapest, aimante les équipes de tous les pays sur le vieux continent. Il doit y avoir aussi l’effet Stéphane Lecat, qui se démène depuis des années pour la discipline et qui est connu comme le loup blanc au sein du petit peuple de la natation de longue distance…

L’un des résultats de cet afflux massif a été que l’organisation, quoique solide, a manqué d’être débordée sur certains chapitres logistiques. Mais finalement, tout s’est bien passé. « Soleil, plan d’eau au top », me signalait à l’issue de la journée Didier SEYFRIED, passé voici deux ans de la recherche à un poste de CTN d’eau libre sur l’Île-de-France.

Va falloir assumer aussi sur 5 kilomètres, épreuve plus populaire parce que moins inhumaine, distance qui bat tous les records d’engagement, 222 (129 hommes, 93 femmes). Beaucoup plus que le terrible 25 kilomètres, riche quand même de 53 engagés, 34 garçons et 19 filles. Faut aimer ça !!!

MARC-ANTOINE OLIVIER ET AURÉLIE MULLER BRILLANTS SECONDS ET CHAMPIONS DE FRANCE

Étrangement, les communiqués officiels ont présenté les résultats des courses du 1er juin comme des victoires françaises de Marc-Antoine OLIVIER et d’Aurélie MULLER, ce qui tend à faire croire que les courses ont été empochées par nos représentants, ce qui n’est pas le cas, et représente un de ces effets de communication que Galaxie Natation aime tant. Les épreuves ont été remportées en fait par le Néerlandais Ferry WEERTMAN et l’Américaine Haley ANDERSON. En revanche, les titres français ont bien été remis à leurs brillants seconds.

 WEERTMAN a gagné dans le temps de 1 heure 52 minutes une seconde. Ce gaillard, qui n’est autre que le champion olympique de Rio, l’an dernier, et donc jusqu’à plus ample informé le patron de la discipline (même s’il est plus connu dans son pays pour sa relation très photographiée avec Ranomi KROMOWIDJOJO), ayant été champion d’Europe 2014 à Berlin et vice-champion du monde 2015 à Kazan, a devancé d’une longueur Marc-Antoine OLIVIER, 1h52’1s8 contre1h52’4s3, lequel OLIVIER précédait David AUBRY et Axel REYMOND, assez proches, 1h52’6s et 1h52’8s. Le junior Logan FONTAINE suivait, 1h52’9s1. Axel REYMOND avait mené l’attaque de bout en bout, mais ce spécialiste des très longues distances manque relativement de vitesse et cela s’est vu dans l’emballage final.

La victoire dans la course féminine est revenue à l’Américaine Haley ANDERSON, une redoutable ondine qui nage aujourd’hui à Santa Clara. Après une belle carrière adornée de plusieurs titres américains sur 400, 800 et 1500 mètres, elle s’est imposée à partir de 2010 comme une grande marathonienne… Médaillée d’argent olympique en 2012 (derrière la Hongroise Eva Risztov), championne du monde des 5 kilomètres à Barcelone en 2013, elle remporta en 2014 la course des PanPacifics, où elle finit aussi 8e des 800 mètres. Encore championne du monde des 5 kilomètres à Kazan, où elle conserva donc son titre, et neuvième des 10 kilomètres (course remportée par Aurélie Muller devant la championne d’Europe Sharon Van Rouwendaal) elle termina 5e, aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, à quarante-huit secondes de Sharon Van Rouwendaal, pour n’avoir pas pu prendre le « bon wagon » à la suite de notre Néerlandaise préférée. Cette fois Anderson, toujours dans une bonne disposition après les sélections US pour les mondiaux, n’a pas raté le peloton, et sa vitesse terminale lui a donné la victoire en 2 heures et 3 secondes, devant MULLER, 2h3s2, Sharon VAN ROUWENDAAL terminant à une longueur (2h5s5). Une jeune Américaine, Isabella RONGIONE, 2h10s, 4e, devançait largement Océane CASSIGNOL, qui en 2h29s10, précédait pour sa part Rebecca Wilke MANN, et entrait elle aussi dans l’équipe qualifiée à Budapest, grâce à une remontée finale.

DAMES.- 10 kilomètres : 1. Haley ANDERSON, USA, 2h0’3s ; 2. Aurélie MULLER, FRA, CN Sarreguemines, 2h0’3s2 ; 3. Sharon VAN ROUWENDAAL, NED, Montpellier Métropole, 2h0’5s5 ; 4. Isabella RONGIONE, USA, 2h0’10s ; 5. Océane CASSIGNOL, FRA, Montpellier Métropole, 2h0’29s1 ; 6. Rebecca Wilke MANN, USA, 2h0’30s ; 7. Alice DEARING, GBR, 2h0’33s5 ; 8. Cathryn SALLADIN, USA, 2h0’35s7 ; 9. Anna OLASZ, HUN, 2h1’22s3 ; 10. Adeline FURST, FRA, Dauphins Obernai, 2h1’22s4; … 16. Morgane DORNIC, Morlaix, 2h5s07s6 ; 17. Lisa POU, Monaco, 2h5’32s6; 18. Emilie CAHUZAC, Toulouse, 2h6’3s90;… 20. Caroline JOUISSE, Bourges, 2h7’11s; 21. Alexia SAUREL, Nantes, 2h7’12s4.

MESSIEURS.- 10 kilomètres: 1. Ferry WEERTMAN, NED, 1h52’1s8 ; 2. Marc-Antoine OLIVIER, FRA, Denain Porte du Hainaut, 1h52’04s3 ; 3. Jack BURNELL, GBR, 1h52’6s ; 4. David AUBRY, FRA, Montpellier Métropole, 1h52’6s2 ; 5. Axel REYMOND, FRA, CSM Clamart, 1h52’8s ; 6. Logan FONTAINE, FRA, Vikings de Rouen, 1h52’9s1 ; David HERON, USA, 1h52’12s ; 8. Simon LAMAR, USA, 1h52’13s7 ; 9. Kristof RASOVSZKY, HUN, 1h52’21s8 ; 10. Marcel SCHOUTEN, NED, 1h52’23s8; 11. Brendan CASEY, USA, 1h52’24s6 ; 12. Caleb HUGHES, GBR, 1h52’30s; 13. Daniel SZEKELY, HUN, 1h52’49s80.

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