EMMA MCKEON, SYLPHIDE DES ANTIPODES, MARQUE SON TERRITOIRE: 100, 200 ET 100 PAPILLON

Éric LAHMY

Mardi 11 avril 2017

Brisbane.- La troisième journée des championnats d’Australie 2017, à la différence des deux premières, a donné de bons résultats, mais sans relief, à l’exception du 200 mètres nage libre d’Emma MCKEON gagné en 1’55s68. Fille d’entraîneur, sœur de nageur, Emma ne fait pas trop de vagues, mais constitue une valeur sûre de la natation australienne, et, en face de colosses au féminin comme SJÖSTRÖM, LEDECKY, ou CAMPBELL, parvient à maintenir sa silhouette légère, voire un peu frêle (avec son 1,80m – quand même – pour seulement 60kg, cette nutritionniste en herbe fait un peu sous-alimentée, surtout comparée aux noms qui précèdent) à un niveau respectable.

C’est, il est vrai une pro de la natation, qui ne fait guère de sentiment et n’a pas hésité à quitter un coach, ami de la famille, qui ne lui convenait pas, pour rejoindre le groupe d’entraînement qui s’accordait à ses ambitions. On le comprendra, cette Emma là ne bovaryse pas !    

L’air de ne pas y toucher, MC KEON, après trois jours de compétition, s’est qualifiée pour les mondiaux dans trois courses individuelles, 100 mètres, 200 mètres et 100 mètres papillon, et dans les trois relais. Disons-le, il lui manque un petit quelque chose sur deux longueurs de bassin. Cette fille qui vient du demi-fond n’est pas une sprinteuse née, et je pense que son gabarit comme la puissance de ses fibres musculaires la dirigeaient vers l’excellence sur 400 mètres. Mais elle a préféré nager vite, choix qui la confronte à ses limitations athlétiques. En l’état des choses, c’est donc sur 200 mètres qu’elle obtient les meilleurs résultats…

Au Brisbane Aquatic Center de Brisbane, hier, MCKEON s’est vite trouvée sans adversaire à sa mesure dans sa finale, nulle n’étant disposée à la suivre dans sa tentative de nager vite. Déjà, les séries avaient montré qu’elle nageait dans d’autres eaux. Esseulée, ayant construit dès les cent premiers mètres une avance de deux longueurs sur le groupe des autres finalistes, elle en était réduite à bâtir sa course toute seule ; on ne peut dire si ce genre de scénario a pu jouer, chronométriquement, à son avantage ou non, mais sans avoir à lutter, elle a signé un temps éloigné de 0s85 de son record australien, 1’54s83 un an plus tôt, au jour près, et à trois quarts de seconde des 1’54s92 qui lui donnèrent la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio, derrière Katie LEDECKY, 1’53s73, et Sarah SJÖSTRÖM, 1’54s08, et devant une Federica PELLEGRINI verte de rage d’avoir été éjectée du podium.

Ces derniers jours, PELLEGRINI, SJÖSTRÖM mais aussi une autre nageuse suédoise, Michelle COLEMAN (généralement entraînée en Australie) ont montré des dispositions ambitieuses sur la distance, et si l’on ajoute la redoutable LEDECKY, voilà ce que seront les noms qu’on retrouvera dans la bataille pour la victoire aux prochains championnats du monde. Au jour d’aujourd’hui, COLEMAN (finaliste à Rio de Janeiro 2016, 7e en 1’56s27) mène la danse avec 1’55s64, un temps signé le week-end passé, trois jours avant MCKEON, à Stockholm. Emma suit avec 1’55s68 donc, et PELLEGRINI ferme la marche avec 1’55s94 (à Riccione, le 7 avril)…

… Ferme la marche, façon de dire parce que derrière, en embuscade, on trouve du beau monde : la petite merveille japonaise Rikako IKEE, 1’56s33 le 27 janvier dernier à Tokyo, n’est pas très loin [IKEE, dont le registre est exactement le même qu’Emma, 100 et 200 mètres, 100 mètres papillon]… Et la grande Chinoise SHEN DUO, bientôt 20 ans, autre finaliste de Rio, n’est pas loin non plus avec 1’56s71.

On a là à peu près toutes les finalistes de Budapest, en ajoutant les deux Américaines et, avec points d’interrogation, quelques autres nageuses, Femke HEEMSKERK (certes tellement fragile en grande compétition), Katinka HOSSZU, Charlotte BONNET. Déjà onze filles pour huit places en finales, j’en connais qui vont à avoir du mal à passer le portillon.

En séries de ce 200 mètres, Cate CAMPBELL avait hérité du huitième temps, 2’0s01. Qualifiée pour la finale, elle avait jugé bon de déclarer forfait.

CAMPBELL a donné quelques explications intéressantes sur sa finale « ratée » du 100 mètres. Pour elle, rien à voir avec sa contre-performance des Jeux. « J’ai décidé d’être dilettante à l’entraînement cette saison, qui est une année demi-sabbatique, a-t-elle déclaré en substance. Je n’avais pas les moyens de nager deux bons 100 mètres dans la même journée. »

Sur 100 mètres dos messieurs, Mitchell LARKIN l’a certes emporté, mais dans un temps, 53s54, moyen pour lui. Et sa place dans le bilan de l’année, 3e derrière Jiayu XU, Chine, 53s02, et Matthew GREVERS, USA, 53s31, ne doit pas faire illusion. LARKIN est loin de la forme qui fit de lui un double champion du monde en 2015 à Kazan. En face de Ryan MURPHY, champion olympique et recordman du monde (51s97), les 53s54 de LARKIN ne pèsent pas lourd : une place en finale de Budapest, mais guère mieux.

Cela dit, LARKIN, déjà à Rio, ne s’était pas montré à son avantage sur 100 mètres dos. Il parait s’orienter vers la distance double… A voir.

MESSIEURS.- 100 dos : 1. Mitch LARKIN, UNAQ, 53s54 (25s85 + 27s69) ; 2. Zac INCERTI, West Coast, 53s95 ; 3. Joshua BEAVER, NUN, 54s03; 4. Benjamin TREFFERS, UNAQ, 54s06.

100 brasse : 1. Daniel CAVE, MVC, 1’0s45; 2. Matthew WILSON, SOSC, 1’0s54; 3. Tony SISCIPIO, ROC, 1’0s95.

200 4 nages : 1. Clyde LEWIS, St Peters Westren, 1’59s24.

DAMES.- 200 libre : 1. Emma MCKEON, St.Peters Western, 1’55s68 ; 2. Ariarne TITMUS, St.Peters Western, 1’58s11; 3. Kotuku MGAWATI, MVC, 1’58s24; 4. Leah NEALE, USC Spartans, 1’58s40; 5. Madison WILSON, St.Peters Western, 1’58s93; 6. Mika SHERIDAN, USC Spartans, 1’58s96.   

50 dos : 1. Holly BARRATT, ROC, 27s60; 2. Emily SEEBOHM, Brisbane Grammar, 27s78; 3. Kaylee MCKEOWN, USCSpartans, 28s11; 4. Minna ATHERTON, Brisbane Grammar, 28s16.

50 papillon : 1. Brittany ELMSLIE, Brisbane Grammar, 26s48.

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