ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Avec huit candidats, voilà que la nomination d’un Directeur technique National de la Natation Française s’est compliquée, pour la satisfaction des gens du Ministère.

Tous les concurrents au titre ne se sont pas dévoilés. Outre Laurent GUIVARC’H, par ailleurs intérimaire au poste, Richard MARTINEZ, l’entraîneur de Font-Romeu, Philippe DUMOULIN, aujourd’hui en poste à la fédération de volley-ball, et Jacques FAVRE, téméraire ancien titulaire qui se représente, à l’encontre du dicton (de la boxe poids lourds, il est vrai) : « they never come back ! », on ne connait avec certitude que le nom d’un candidat (et c’est une candidate) et on nourrit quelques suspicions sur la personnalité d’un deuxième. D’autres ont été suscités par le Ministère, et deux nous restent inconnus. Des conseillers techniques ont été vivement encouragés depuis le 95 avenue de France, à Paris, à candidater…

La candidate dont l’identité est certaine, c’est Séverine ROSSET. Elle s’est décidée à la onzième heure, la veille de la date butoir, déterminée par le Ministère des sports, du 30 juin. Pour ceux qui ne la connaissent pas, ROSSET est une technicienne expérimentée et appréciée qui a beaucoup et semble-t-il très bien travaillé avec les équipes de jeunes.

Étudiante au lycée Pontus de Tyard, à Chalon-sur-Saône (1988-1991), puis à l’Université de Dijon (1991-1993), elle entre, maîtrise d’EMS et maîtrise éducation en poche, à l’UFR Staps de Dijon (1993-98), puis, comme agent de développement à l’Alliance Dijon natation (1999-2002). Conseillère technique du Nord-Pas-de-Calais (2002-2011), elle postule et obtient la charge de Directrice technique de la natation marocaine. Mauvaise pioche, car elle n’a pas une année de présence, (août 2011 – juillet 2012), quand le président de la Fédération est arrêté et emprisonné pour malversations. La fédération est en banqueroute.

Séverine, qui n’a rien à voir dans ce pastis, et qui, d’ailleurs, est administrativement rattachée au ministère des sports à Rabat n’a plus qu’à rentrer en France.

Francis LUYCE tient à la récupérer dans sa région, où elle a servi neuf ans, mais ses vœux à elle lui font souhaiter sa Bourgogne d’origine. Christian DONZÉ, le DTN, va court-circuiter à l’occasion l’ogre-président. Traitant directement avec le ministère, il parvient à faire atterrir notre héroïne selon ses désirs. Avec le sens de l’humour délicieux qui le caractérise,  Luyce gronde en direction de Donzé : « je ne vous le pardonnerai jamais » et (charmant garçon) tiendra sa lourde promesse.

« J’ai longtemps hésité, expliquait hier Séverine au téléphone, depuis les championnats des jeunes de sa région, au sujet de sa démarche. J’y pensais dès le début mai, j’en ai parlé avec des entraîneurs, j’ai vu des gens. Finalement, j’ai envoyé ma candidature hier (le 29). Entre-temps, j’ai révisé un peu les éléments de ce qui pourrait être un programme à présenter devant le ministère. Un DTN doit travailler à défendre les axes que nous assigne le ministère : la formation, la citoyenneté, apprendre à nager…

« Pour moi, l’essentiel, c’est le terrain. Avoir été conseiller technique et entraîneur de club, responsable des équipes de France des jeunes pendant longtemps m’a formée, je crois, à ma tâche. Avec Christian DONZÉ, Olivier NICOLAS, on travaillait à la relève. Des gens comme AGNEL, MUFFAT, BONNET, sont passés par ces équipes.

 « Le DTN est une courroie de transmission, ajoute-t-elle ; au-delà de la technicité, il doit aider les gens à travailler, les placer dans une bonne ambiance. »

Séverine ROSSET, cela pourrait être une bonne idée, et pas seulement parce que, dans un sport à majorité féminine, il serait bienvenu de nommer enfin, après un demi-siècle et des bricoles, une DTN… Outre la technicité, elle pourrait amener de la sérénité dans le fonctionnement de sa partie.

L’autre candidat possible, lequel pourrait bien faire son « coming-out » ce week-end, est le Marseillais Romain BARNIER. Le contraire d’un usurpateur, lui aussi, bien sûr, mais qui devrait avoir du mal à convaincre le Bureau directeur de la FFN. A suivre…

Entre-temps, on le disait ce matin, Laurent GUIVARC’H a profité, lui, de son intérim, pour… faire reculer ses chances ! Outre de n’avoir pas joué finement, semble-t-il, devant le jury du Ministère, il s’est valu de bons copains aux championnats de France, en allant annoncer aux entraîneurs olympiques Fabrice PELLERIN, Romain BARNIER et Philippe LUCAS que leur prime olympique n’était pas reconduite. Il ne s’agissait, nous expliquait le président, Gilles SEZIONALE, que de répondre à une remarque de la cour des comptes ; une nouvelle reconduction de ces contrats aurait valu « cédéisation », chose qui n’avait pas été évitée dans le cas de Denis AUGUIN. Sezionale veut, dit-il, trouver une autre solution financière pour ces grands serviteurs du sport. Mais en attendant, il fallait passer par la non reconduction des contrats en question.  

On se demande comment les choses ont pu se dérouler pour qu’on frôle la crise de nerfs. L’affaire se serait surtout mal passée avec LUCAS, qui a pris l’intérimaire de haut,  lui assénant un « qui tu es, toi ? » avant les échanges de noms d’oiseaux.

Ça va peut-être passer aux Guignols de l’info ?

Alors qu’il n’est pas encore assuré du poste, GUIVARC’H a déjà déployé sa stratégie, et écarté un technicien respecté, Didier SEYFRIED, lequel après avoir servi pendant  des lustres à la recherche de l’INSEP depuis 1988, et appuyé bénévolement une multitude d’actions fédérales, avant de rejoindre la FFN il y a trois ans, avait été assez malmené par Jacques FAVRE avant de trouver une niche comme adjoint de Stéphane LECAT à l’eau libre. SEYFRIED croyait, au départ de FAVRE, avoir échappé à son tourmenteur, mais il était tombé de Charybde en Scylla.

GUIVARC’H veut du sang neuf et fait place nette sans attendre les départs à la retraite (dont celui, acquis hier, de Pierre AMARDEILH). En recherche de point de chute, SEYFRIED m’apprenait hier qu’il effectuerait la rentrée à la FFSU (sport universitaire).

GUIVARC’H parait avoir certaines idées, ce qui est tout à son honneur, et a donc promu un nouvel entraîneur assez peu connu venu de Nouvelle-Calédonie à l’INSEP ; Robin PLAT, adjoint au service recherches, qui désirait s’investir dans l’entraînement, après s’être posé en candidat au poste à l’INSEP, jeta son dévolu sur Font-Romeu. Ann RIFF, qui y assistait Richard MARTINEZ, dans une situation de quasi-découragement (plus que deux entraîneurs, après le départ non remplacé d’Eric Rebourg), envisageait de vider les lieux et avait candidaté au CREPS de Montpellier. C’est chose faite. RIFF restera basée dans les Pyrénées, mais n’entraînera plus.

A FONT-ROMEU AU REVOIR, ANNE RIFF, BONJOUR, RIFIFI!

Tout cela, direz-vous, évoque les chaises musicales plus que la natation. Mais ce n’est pas tout. PLAT, dans la perspective du retrait de RIFF, avait été contacté aux championnats de France de Strasbourg par MARTINEZ, qui lui avait suggéré de monter à Font-Romeu. PLAT avait répondu avec enthousiasme. « L’affaire était ficelée avec l’assentiment de la DTN »…Mais il s’agissait de la DTN de Jacques Favre, et GUIVARC’H, intérimaire ou pas, eut tôt fait de faire capoter le projet et d’imposer une autre solution, un jeune entraîneur de Vichy-Bellerive, Yoann EXBRAYAT. Je n’ai rien contre EXBRAYAT, certes, mais en ce qui concerne Guivarc’h, je me dis que coller d’autorité à MARTINEZ, pour le seconder, un jeune entraîneur qu’il ne voulait pas, c’est peut-être une forme d’ignorance des ressorts psychologiques humains!

Un faux plat, en quelque sorte !

Ces articles peuvent vous intéresser:


Also published on Medium.

0 comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


neuf + = 12