FINAL DE LA COUPE DU MONDE D’EAU LIBRE A HONG-KONG, AVEC DES FRANÇAIS, MAIS NI MULLER, NI AUBRY

ERIC LAHMY

SAMEDI 21 OCTOBRE 2017

Il fut un temps où la terreur, en eau libre, était incarnée dans les méduses. A l’époque où la natation française de marathon se résumait en un nom de naïade, celui d’Anne CHAGNAUD, j’avais découvert à travers sa personnalité et ses évolutions une spécialité qui sortait lentement de l’époque du mythe sauvage pour se diriger vers cette compétition domestiquée, quoique toujours extrême par les distances parcourues, qu’on connait aujourd’hui.

Lorsqu’Anne disputa sur 25 kilomètres les championnats du monde de Perth, la course se déroulait au large, et la réputation des eaux australiennes mettait en avant la menace de bestioles dotés d’ailerons dorsaux assez intimidants, mais ces prédateurs se montrèrent très inférieurs à leur sale réputation et ne firent nullement acte de présence.

D’ailleurs, insistaient les Australiens, quand un requin rencontre Shelley Taylor-Smith (la gagnante de la course), c’est le requin qui s’enfuit. C’est très raisonnable, de la part des sélaciens, car si trois ou quatre hommes sont tués chaque année par un requin, cent millions de requins sont massacrés chaque année par l’homme, et le fameux aileron parfume une soupe au goût que j’ai toujours trouvé extrêmement décevant.

En revanche, Anne (4e) se plaignit, entre autres, d’un encombrement de méduses qui, pour quelques-unes, luxe dont elle se serait passée, s’étaient introduites sous le maillot de bain.

Aujourd’hui, les courses de grand fond se sont donné le nom d’eau libre depuis qu’elles ont pour la plupart quitté le grand large pour arborer des profils domestiqués.

Et la grande terreur de cette eau libre, désormais, c’est le nageur français… Non seulement il collectionne les titres et les médailles avec ses fers de lance Aurélie Muller, David Aubry et Axel Raymond, mais, du fait probablement de l’organisation mise en place par Stéphane Lecat, et aussi de la carte eau libre jouée par d’intrépides entraîneurs – Philippe Lucas, Eric Boissière, Magali Mérino et quelques autres, l’avenir s’annonce souriant. Ma correspondante Germaine Nécaire me signale le déluge d’exploits réalisés par les jeunes Français à la compétition COMEN, qui s’est tenue ce week-end à Eilat, Israël…

Son message est clair, qui se lit ainsi :

« 10km :

Chez les garçons, 1er. Aubin Coccordano ( US St André et Pôle de Rouen), 3ème, Jean-Baptiste Clusman, (US St André et pôle de Rouen), 7ème Swann Plaza, (Dauphins Aix-Sur-Vienne) ;

Chez les filles, 2ème ex-æquo, Margaux Guillaume, (ASPTT Toulouse), 6ème,

Ilona Maille, (ES Massy Natation), 7ème, Sarah Moreau, (EN Tours)

5km :

Chez les garçons, 1er, Jean-Baptiste Clusman, (US St André et pôle de Rouen), 2ème, Swann Plaza, (Dauphins Aix-Sur-Vienne), 3ème, Aubin Coccordano (US St André et Pôle de Rouen).

Chez les filles, 1ère, Ilona Maille, (ES Massy Natation), 4ème Sarah Moreau, (EN Tours), 9ème Margaux Guillaume, (ASPTT Toulouse).

Relais 4x1250m mixte : 1. France, Sarah Moreau, Swann Plaza, Ilona Maille, Baptiste Clusman. »

Mais revenons à Hong-Kong, où se jouent une autre série de courses Coupe du monde. Cette fois, Lara GRANGEON, Oceane CASSIGNOL, Lisa POU, Adeline FURST, Logan FONTAINE, Clément BATTE, Axel REYMOND, sont présentés par l’équipe de France.

Les Français ne sont pas des fanatiques de cette Coupe du monde, considérée au pays de Voltaire, je crois à juste titre, comme une formule un peu factice, agrégeant des meetings que rien ne relie vraiment, en-dehors de la volonté de la FINA d’en faire une compétition majeure par le simple fait qu’elle y a imprimé son sceau et introduit un « sponsor » (Hosa – Health Occupations Students of America) comme, pour la Coupe de natation « piscine », dont le commanditaire s’appelle « Airweave » – matelas japonais).

Les Français n’étaient pas représentés lors de l’étape précédente, le 15 octobre, à Chunan, en Chine.

Depuis que Aurélie MULLER a remporté l’épreuve d’Abu Dhabi, le 11 mars, (où David AUBRY et Marc-Antoine OLIVIER ont fini 3 et 4 de la course masculine), les Français, en fait, ne se sont rencontrés que de façon épisodique sur le circuit. Le 4 février, déjà, AUBRY avait terminé 3e. Ayant schtraté le rendez-vous de Setubal, au Portugal, le 24 juin, et celui du lac Saint-Jean, au Canada, le 27 juillet, et encore du lac Megantic, le 12 août, les Français n’ont guère changé leur attitude en face de ces meetings

Les Italiens, en revanche, paraissent avoir fait de ces rencontres siglées FINA/HOSA le socle de leur preparation. Simone RUFFINI, 77 points, et Arianna BRIDI, 104pts, mènent la danse et veulent achever la Coupe en beauté. C’est aujourd’hui et, parait-il, il y a peu de suspense…

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