GEORGE DICARLO, CHAMPION OLYMPIQUE MIRACULÉ DU 400 MÈTRES EN 1984

Éric LAHMY

Lundi 15 Mai 2017

POUR L’EMPORTER SUR 400 METRES AUX JEUX DE LOS ANGELES, EN 1984, GEORGE DI CARLO, USA, FUT AIDÉ PAR DEUX ÉVÈNEMENTS: L’ABSENCE DU « SOVIET SUPRÊME », VLADIMIR SALNIKOV, EMPÊCHÉ PAR UN BOYCOTT, ET L’ERREUR DE L’ALLEMAND THOMAS FAHRNER EN SÉRIES…

DICARLO [George Thomas]. Natation. (St Petersburg, Floride, 13 juillet 1963-). États-Unis. Champion olympique du 400 mètres, médaillé d’argent du 1500 mètres, aux Jeux de Los Angeles, en 1984.

Quelques instants après la victoire de Di Carlo, obtenue (dans le temps de 3’51’’23), devant John Mykkanen, USA, 3’51s49, et Justin Lemberg, Australie, 3’51s79, l’Allemand Thomas Fahrner, entraîné en France, à Lyon, et qui avait cherché à s’économiser dans les séries –il avait nagé un relais quatre fois 200 mètres éprouvant trois jours plus tôt – et s’était retrouvé premier éliminé de la finale avec un temps de 3’55s26 (dernier qualifié, le Français Franck Iacono, 3’55s07), nagea en finale de « consolation ». Décidé à aller plus vite que le vainqueur de la grande finale, Fahrner réussit  3’50’’91, record olympique, et montra qu’il aurait pu devenir champion olympique.

Mais on ne peut comparer, émotionnellement ou techniquement, une finale B jouée comme une tentative de record avec la course au titre. La tension, l’énervement, ne sont pas les mêmes. Fahrner va développer sa nage sans se soucier de la place (ses seconds finiront de sept à dix mètres derrière lui). En outre, la grande finale fut précédée d’un faux départ. DiCarlo, contrairement à ses habitudes, se lança assez vite (56s56 aux 100 mètres, 1’55s27 aux 200 mètres, 2’54s06 aux 300 mètres) et effectua une course en tête, semble-t-il pour se mettre à l’abri d’adversaires capables de revenir très fort ; cette stratégie s’avèrera gagnante, puisqu’il résistera aux retours menaçants de Mykkanen et Lemberg, non sans, lui-même, fournir un effort final méritoire, en 57s17. Sur 1500 mètres, malgré un temps d’engagement supérieur à celui d’O’Brien, DiCarlo fut largement battu par celui-ci, en 15’5s20 contre 15’10s59. Ce fut une relative contre-performance pour Dicarlo, à neuf secondes de son record américain, 15’1s51, établi aux sélections, et qui durerait seize ans. Il eut sans doute du mal à digérer sa victoire sur 400 mètres, avec toutes les obligations qu’elle signifiait, dans son pays.

S’il nait à Saint-Petersburg, en Floride, où a atterri sa mère, Marta, une hongroise qui a fui la dictature socviétique, franchissant le « rideau de fer » et choisissant la liberté en traversant le Danube à la nage (exploit prémonitoire ?), ses parents déménagent pour Denver, dans le Colorado, quand il a six ans. On le met à nager à cet âge, afin qu’il puisse surveiller sa jeune sœur, trois ans. « Mes parents durent payer à l’avance six mois de cours de natation. Au bout de trois mois, j’en eus assez et voulus quitter. Pas question, nous avons payé pour six mois, me dirent-ils. Au bout des six mois, ils me proposèrent d’arrêter. Mais c’était moi qui ne voulais plus », raconte-t-il. Il ne montrait pas de précoces dispositions pour la natation, mais son éthique de travail associé au flair et à la compétence d’un entraîneur de haute volée, Dick Jochums, qui avait emmené aux plus hauts honneurs Tim Shaw et Bruce Furniss, entre autres, dans les années 1970, vont faire des miracles. Comme, à dix-huit ans, il n’est pas encore assez fort, Jochums lui accorde seulement une demi-bourse de l’Université d’Arizona. Jochums a remarqué que les temps quelconques de DiCarlo ont été réalisés à Denver, dans le Colorado, où il nage habituellement, à une altitude de 1609 mètres, préjudiciable aux performances, surtout en demi-fond. Vainqueur du 1500 mètres et 2e du 400 mètres des sélections US pour les mondiaux de 1982, à Guayaquil, en Equateur, DiCarlo y termine 6e de ces deux épreuves. L’année olympique va lui permettre de changer de statut (avec l’aide, il est vrai, du boycott des Jeux de Los Angeles par les nations de l’Est, l’URSS et ses satellites). Il établit en mars 1984 deux records US des 500 yards en une journée, 4’16s33 et 4’15s36 (l’ancien record appartenait à Jeff Kostoff avec 4’16s39). Aux trials, il efface les records US de Brian Goodell établis en finales des Jeux de Montréal, avec 3’51s03 contre 3’51s93 et 15’1s51 contre 15’2s40. Dicarlo n’est pas un géant (1,79m, 74kg), mais un beau nageur, qui se propulse tout sur les bras et un battement minimal. En-dehors de son titre olympique, il est connu pour sa capacité à nager en accélération, en negative split.

Carrière achevée, George DiCarlo se diplômera en pharmacie et en chimie des Universités de Colorado, puis de Floride.

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