GROGNE EN AUSTRALIE FACE AU PÉRIL JAUNE

DES NAGEURS AGACÉS PAR LA PRÉSENCE CHINOISE

Éric LAHMY

Quelques nageurs australiens se sont inquiétés au sujet de la présence de nageurs chinois en Australie.  A cœur de leurs questionnements, les affaires de dopage qui ont affecté la natation chinoise pratiquement depuis leur retour au sein de la FINA. Même si nul n’est à l’abri du contrôle qui fâche (voir l’affaire Kylie Palmer) les Australiens mènent avec sérieux leur politique anti-dopage.

Si l’on croit que la Chine n’est plus dans son époque de dopage lourd des années 1980 et 1990, il n’est pas sûr qu’elle ne pratique plus la triche organisée. Les deux nageurs emblématiques chinois, champions du monde en titre à Kazan, Sun Yang (400 mètres) et Ning Zetao (100 mètres) ont connus chacun un épisode dopage. On ne peut donc nier sérieusement une certaine pollution du paysage !

Deux champions australiens, Thomas Fraser-Holmes et Grant Hackett, se sont inquiétés du niveau des contrôles en Chine. Fraser-Holmes a lancé la campagne dans une interview exclusive, signée Jessica Halloran and Amy Harris et parue dans The Australian Sydney Telegraph. Hackett a appuyé la démarche. A la Fédération australienne, on leur a fermement demandé de la mettre en veilleuse sur le sujet. Ce qui a amené l’ancienne championne, Libby Trickett, de venir au secours des nageurs en activité et de défendre leur position…

L’énervement vient de ce que Sun Yang, positif à la trimetazidine en 2014, s’entraîne aujourd’hui en Australie à Banora Point, au sud de Gold Coast, sous la férule d’un certain Brian King.

King, qui a été l’assistant de Cotterell, fait l’objet d’une suspension de six mois d’entraînement (et de trois ans d’entraînement de nageurs de seize ans et moins) de la part de la Fédération australienne suite à des plaintes de parents (pour brutalité et violences verbales). Du coup, il en profite pour entraîner les Chinois. Or Swimming Australia interdit d’entraîner un nageur suspendu pour dopage dans une piscine subventionnée. Mais apparemment ses décisions ne sont pas respectées, ou n’ont pas d’effet…

Cotterell a donc été vu au bord du bassin aux côtés de King et de Sun. Ning Zetao, autre dopé de renom, est coaché actuellement par Matt Brown.

Il n’est pas impossible qu’au sein de Swimming Australia, on ressente un souci au sujet des entraîneurs australiens qui touchent des sommes énormes pour entraîner des Chinois, mais qu’on mesure son impuissance à régenter.

Jessicah Schippers, favorite du 200 mètres papillon aux Jeux de Pékin, et qui fut battue en finale olympique par DEUX nageuses chinoises, eut la surprise d’apprendre que son coach, Ken Wood, avait vendu son programme de préparation aux Chinois contre rétribution. Au bout du compte, Schippers, qui dominait le 200 mètres papillon, vit Liu Zige battre son record du monde. On peut comprendre le sentiment de trahison qu’elle en retira et le fait qu’elle ait quitté son entraîneur. Mais le pire est de savoir que cette aide technique des Australiens se fasse aux bénéfices d’une équipe qui a pratiqué sans vergogne des méthodes de préparation que le monde sportif réprouve.

Quand Sun Yang fut écarté des compétitions pour dopage, il continua, interdit ou pas, d’être préparé par son coach australien, Dennis Cotterell. Les Chinois payaient trop bien pour qu’il en soit autrement (Denis Cotterell lui-même se déclara effaré par l’énormité des sommes qui lui étaient offertes, l’équivalent de ses émoluments annuels pour quelques semaines de stage ; il aurait reçu entre sept cent cinquante mille et un million de dollars après les victoires de Sun Yang et de Ye Shiwen).

La Fédération australienne s’étant gendarmée et interdisant la présence de Sun Yang en Australie, elle a eu tôt fait de mesurer les limites de son autorité. Cotterell eut l’air d’obtempérer, mais délégua son adjoint qui prépara le champion dopé à Singapour. Quant à Matt Brown, il serait rétribué plus de cent mille dollars australiens et, en cas de victoire olympique de son protégé Ning Zetao, recevoir un bonus d’un quart de million.

Là où le dollar passe, la morale trépasse ? Les nageurs australiens ont beau s’agacer de voir la supériorité technique des coaches australiens armer et nourrir des athlètes d’un autre pays dont en outre on n’est pas sûr de la propreté immaculée, leurs états d’âme n’y changeront rien.

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