KATINKA HOSSZU: NAGEURS, RÉVOLTEZ-VOUS

KATINKA HOSSZU DÉNONCE LE « CHAOS » DE LA FINA ET INCITE LES NAGEURS PROFESSIONNELS À LA RÉVOLTE

Éric LAHMY

Jeudi 22 Juin 2017

LA CHAMPIONNE HONGROISE KATINKA HOSSZU A PUBLIÉ CE 21 JUIN UNE LETTRE OUVERTE (EN ANGLAIS) À TOUS LES NAGEURS. CETTE MISSIVE REMET EN CAUSE LA GOUVERNANCE DE LA NATATION MONDIALE, ET PROPOSE D’ASSOCIER DÉSORMAIS LES NAGEURS PROFESSIONNELS AUX DÉCISIONS QUI SONT PRISES JUSQU’ICI PAR UNE AUTORITÉ REFERMÉE SUR ELLE-MÊME. BEAUCOUP DE RÉFLEXIONS NOUS SONT VENUES SUR CETTE LETTRE, SON AUTEUR, PEUT-ÊTRE LA MIEUX PLACÉE AUJOURD’HUI POUR LANCER UNE TELLE ACTION, ET LES CIRCONSTANCE DE CETTE PUBLICATION, MAIS IL M’A SEMBLÉ PLUS INTÉRESSANT – EN RAISON DE SON IMPORTANCE – DE LA PUBLIER TELLE QUELLE, DANS LA TRADUCTION FRANÇAISE QUE J’EN AI FAITE, ET DANS SA RÉDACTION ORIGINALE EN ANGLAIS, AFIN DE DE VOIR QUELLES RÉACTIONS ELLE POURRAIT SUSCITER…

 

Lettre à la Natation

Par KATINKA HOSSZU

Budapest, 21 Juin 2017

 

Chers confrères nageurs

Vous pourrez lire ces mots au milieu de la nuit ou juste avant l’aube. Je ne suis pas sûr quand vous en trouverez le temps, mais ce que je sais assurément et que de tous les athlètes d’élite du globe, les nageurs se lèvent le plus tôt et se couchent le plus tard. Cela n’est pas exactement par choix. La plupart d’entre nous avons à vivre deux vies. Tandis que nous luttons pour obtenir la grandeur dans la piscine, nous devons également nous débrouiller dans nos vies hors des bassins. Quand la Dame de Fer prépare les championnats du monde de Budapest, Katinka se prépare pour la vie d’après la natation. Quand le monde nous tient, nous les nageurs, pour les professionnels les plus durs et déterminés, nos dirigeants semblent penser que notre sport est amateur, et c’est exactement de cette façon qu’ils nous traitent.

Si la natation n’est toujours pas un sport professionnel, alors cela est le reflet du travail que la FINA a fait ces dernières décennies, non pas le reflet d’un des sports fondamentaux du développement athlétique de l’enfant. Il existe une raison pour laquelle bien des enfants ne vont pas à la natation compétitive ; elle est extrêmement exigeante. Si vous voulez devenir un nageur en 2017, vous devez avoir une certitude. Si vous ne vous situez pas dans le « top 5 »’ mondial, vous investirez plus que vous gagnerez. Cela vous semble-t-il intéressant ? Pas vraiment. Peut-on rendre la chose plus attractive ? Je suis certaine que nous le pouvons, aussi longtemps que la FINA nous aidera, au lieu de refouler les meilleurs athlètes en arrière.

« NOS DIRIGEANTS NE NOUS ECOUTENT PAS »

D’abord, ils devraient tendre la main et nous écouter, nous, les nageurs. Ils devraient nous écouter et ne pas décider des changements majeurs des règles sans notre apport dans le sujet. S’ils nous avaient demandé notre opinion, nous aurions pu leur dire que la Coupe du Monde a un énorme potentiel, mais que les nouveaux changements de règles sont destructeurs et hypocrites.

Tout le monde pense que les nouveaux règlements de la Coupe du monde ont été faits contre Katinka Hosszu. C’est partiellement vrai, parce qu’ils m’ont définitivement baisée, imaginez, je suis comme un de ces étudiants qui ont des 10 dans toutes les matières et qui en plus ont pris le dessin et de chant en activité extracurriculaires. Aussi, l’année suivante, on me dit que je ne peux plus effectuer d’activités extracurriculaires parce que mes succès dérangent le reste des étudiants. La vérité est que seul le prof est ennuyé.

Je pourrais me voir comme une victime, mais d’un autre côté, je reçois des avantages de la FINA que je n’ai jamais requis. Je ne veux pas avancer automatiquement en finales des compétitions de la FINA sur la base de mes résultats précédents en compétitions internationales. Je veux lutter pour les places de finale avec les nouveaux talents, les Iwasakis et les Egerszegis, et s’ils sont meilleurs que moi à l’âge de 14 ans, laissons-les montrer leur talent. Avec les nouveaux changements en Coupe du monde, ils vont partir avec un désavantage – ils devront également attendre que les nageurs du sommet deviennent vieux avant d’avoir droit à leur tour à l’avancement automatique en finales. C’est tout simplement injuste.

LES NOUVELLES REGLES DE LA COUPE DU MONDE SONT INJUSTES

Selon les nouvelles règles de la compétition, chaque épreuve ne sera pas nagée à chaque étape. Ainsi par exemple, le meilleur nageur allemand pourrait ne pas nager dans son pays parce que sa ou ses courses privilégiées ne seront disputées qu’à Moscou ou Eindhoven, mais pas à Berlin. Pourquoi la FINA érige-t-elle des règles qui sont nocives pour les nageurs, les organisateurs de la compétition, la Coupe du monde elle-même et la natation dans son ensemble ? Ces règles menacent l’avenir même du sport, aussi je ne puis les appuyer par mon silence.

Comment un sport peut-il étiqueter « innovations » de nouvelles règles destructives, limitatives de la participation des athlètes du sommet ? La NBA limiterait-elle une de ses plus grandes étoiles, Le Bron James, dans sa huitième participation à la grande finale l’année prochaine ? L’ATP va-t-elle rappeler à Nadal et Federer que leur temps est terminé ? En tant que visage actuel de la natation, je devrais être concentrée sur la préservation et l’extension de ma carrière en ne disputant pas un trop grand nombre de compétitions et de veiller à ce qu’on n’abuse pas de mon image, et me voici maintenant en train de lutter pour pouvoir me présenter à toutes les épreuves qu’il me plait et à continuer à populariser mon sport.

S’il vous plait, ne croyez pas que les dirigeants de la FINA ne savent pas tout ça. Ils désespèrent de conserver vivante l’importance et la prospérité des championnats du monde – un événement dont les revenus et profits ne sont pas partagés avec les athlètes – en détruisant la Coupe du monde, une compétition qui pourrait représenter à l’avenir une opportunité plus lucrative financièrement pour plusieurs nageurs ; la FINA, clairement, voit qu’elle pourrait desserrer son pouvoir total sur la natation mondiale si même seulement les images de quelques individualités pourraient dépasser celle de la FINA. Mon sujet ne concerne pas Katinka Hosszu, mais les nageurs ayant déjà réalisé qu’ils disposaient d’un pouvoir suffisant pour influencer l’avenir du sport.   

LES DIRIGEANTS DE LA FINA NE VEULENT PAS TRAITER LES NAGEURS COMME DES PARTENAIRES EGAUX DE NEGOCIATIONS

Je crois fort que la natation peut être un sport pro, mais pour cela, nous devons briser la vieille mentalité qui a dominé depuis de longues décennies, basée sur l’idéal tous sont égaux, mais parmi les égaux se trouvent de plus égaux que les autres. Les dirigeants de la FINA ont déjà décidé : ils ne veulent pas traiter les nageurs comme des partenaires égaux de négociation, et en sens contraire ils ont créé des règles destructives, qui limitent de façon spécifique nos opportunités. Au lieu de représenter le sport et les intérêts des nageurs, ils se concentrent exclusivement sur l’avancement de leurs propres intérêts professionnels et opèrent comme si l’on était en 1989 plutôt qu’en 2017.  

6,9 milliards. Selon la FINA, c’est le nombre de fois que les gens allumèrent leurs postes de télé pour suivre les championnats du monde de Kazan, en Russie. Ces mêmes personnes, qui se vantent au sujet de ces chiffres de retransmissions, prennent bien soin de nous dire qu’il n’y a guère d’argent dans la natation, en faisant un sport amateur. Si ce qu’ils nous disent est vrai, alors nous devrions voir combien de revenus sont générés par les droits télé. Si tous les nageurs se voient interdire le port des casques (à écouteurs) de leurs sponsors, depuis qu’un article d’un contrat signé par la FINA a spécifié une telle interdiction, pourquoi alors les nageurs ne sauraient-ils pas ce que la FINA retire de ce partenariat ? Pourquoi les nageurs ne pourraient-ils bénéficier de l’événement le plus achevé de leur propre sport ? Ceci sans même mentionner les logos sur les appareils !

LA FINA EST DANS UN CHAOS, ET PRATIQUE ZERO TRANSPARENCE

Il n’est pas exagéré de dire que la FINA est dans un chaos. Il y a un manque de transparence dans ses finances, le changement constant de ses règlements, et ses chefs sans vision. Au départ, cela peut sembler un peu effrayant, mais il est temps pour nous, les nageurs, de faire quelque chose au sujet de l’avenir de notre sport. Nous n’aurions pas même besoin d’être des pionniers. Il y a eu avant nous tant d’exemples exaltants dans d’autres sports.

Les règles de la NBA prévoient que la ligue doit rétrocéder plus de la moitié des Revenus Reliés au Basket aux joueurs ; exactement 51% des sommes vont aux athlètes, comme salaires, ni plus ni moins. De ce fait, autant la ligue que les athlètes ont les mêmes motifs. Ce système est transparent et juste. Savez-vous pourquoi la Ligue s’est-elle construite ainsi ? Non parce que les dirigeants de la NBA sont tellement généreux et ont offert ces pourcentages aux joueurs ? Non, c’est parce que les joueurs ont reconnu la puissance d’être unis et la NBA réalisa qu’elle n’était rien sans les athlètes.

En 1973, Nikola Pilic, le meilleur joueur yougoslave de tennis du temps fut banni de sa fédération pour avoir participé à une compétition professionnelle au Canada au lieu de jouer gratuitement dans son équipe nationale. Quand le tournoi de Wimbledon récusa sa participation sur les bases de sa sanction, Pilic fut furieux ! Le tennis se développait alors, et hommes d’affaires, agents, et télévision attendaient de recevoir leur part du gros argent que les joueurs pouvaient faire avec leurs performances. Ceux-ci savaient qu’ils devaient se préparer pour ce changement, et un an plus tôt ils établirent leur ATP (Association des Pro du Tennis). Pilic évoqua son interdiction au président de l’Association, lequel convainquit 50% des joueurs de signer une pétition selon laquelle, si Pilic ne jouait pas, ils ne joueraient pas. La Fédération internationale, les médias et le public raillèrent cette faible tentative des joueurs et parièrent sur un changement de position à la veille du tournoi, mais à la fin des engagements, seuls un britannique et quatre joueurs de l’Est étaient engagés, les 81 meilleurs joueurs du monde restant solidaires. Ce fut le plus minable Wimbledon de l’histoire, le public assistant à des matches de joueurs de troisième rang.

ON A RAISON DE SE REVOLTER

La Fédération Internationale fut forcée de réaliser que le pouvoir se situait dans les mains des joueurs, elle leva aussitôt la punition contre Pilic, donna aux athlètes la liberté de choisir où et quand ils voulaient jouer et avoir leur mot dans les changements de règlement. Dès lors dans les dix années qui suivirent, le tennis est devenu un des sports les plus profitables, pour les organisateurs, les joueurs et toutes les personnes impliquées. Nous devons apprendre du boycott de Wimbledon, parce que sans lui, il n’y aurait pas eu ces grands, les Agassi, Federer ou Djokovic. Leur message a la clarté du cristal : nous devons nous lever, et ne pas les laisser décider sans nous, quand et où nous pouvons nager et pour combien d’argent. Si les règles qu’ils ont créées sans demander notre avis sont nuisibles, illogiques et vaines, nous devons nous lever pour ce que nous croyons, parce que telle est notre responsabilité.

J’ai 28 ans, j’ai gagné 21 médailles aux Jeux olympiques, aux championnats du monde et d’Europe, et je suis sûr de me trouver dans la seconde moitié de ma carrière. Je pourrais mettre ma tête dans le sable, disputer encore quelques compétitions et vivre confortablement le reste de ma vie. Croyez-moi, je n’écris pas ceci pour moi mais pour les jeunes nageurs et les générations qui viennent ensuite.

N’est-il pas merveilleux de voir des enfants de huit ans courir vers nous et, admiratifs, nous demander des autographes ? N’est-il pas merveilleux que des adultes nous voient comme des modèles de rôles ? N’êtes-vous pas fier quand vous entendez un grand-père dire à son fils qu’on devrait être leur héros ? Pour eux et des millions de gens, nous sommes le sport de la natation. C’est pourquoi la façon de changer notre sport est notre responsabilité. L’opportunité a toujours été devant nous. Mais c’est à nous de prendre cette chance, et comme toute performance, nous devons commencer cela ensemble ; mais plutôt que de concourir les uns contre les autres, cette fois, nous devons combattre ensemble, comme une seule personne.

Katinka Hosszú

 

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS

Letter to Swimming

Budapest, 06.21.2017

 

Dear Fellow Swimmers,

 

You might be reading these words in the middle of the night or just before dawn. I am not sure when you find the time, but what I do know for sure is that from all of the elite athletes in the world, swimmers get up the earliest and go to bed the latest. This isn’t exactly by choice. Most of us have to live two lives. While we strive for greatness in the pool, we must also manage our lives outside the pool. While the Iron Lady is preparing for Worlds in Budapest, Katinka prepares for her life after swimming. Although the World sees us, swimmers, as one of the most hard working and determined professionals, our leaders seem to think our sport is amateur, therefore we are amateurs, and that is exactly the way they treat us. 

If swimming is still not a professional sport, then that is a reflection of the work FINA has been doing for the past few decades, not a reflection on the sport that is one of the fundamentals of childhood athletic development. There is a reason why many children do not stick to competitive swimming; it is extremely challenging. If you want to be a swimmer in 2017, you can know one thing is for sure, if you are not in the top 5 in the World, you will invest more than you will make. Does it sound attractive? Not really. Could we make it more appealing? I am certain that we can, so long as FINA helps us, instead of holding the best athletes back. 

First of all, they should reach out and listen to us, the swimmers. They should hear us out and not decide upon major rule changes without our input on the topic. If they would have asked for our opinion, we could have told them that the World Cup has huge potential, but the planned new rule changes are destructive and hypocritical.

Everyone thinks that the new World Cup rule changes are against Katinka Hosszu. That can be partially true, because they definitely screwed me over. Imagine, I’m like one of those students that got straight A’s in every class, plus took-on drawing and chorus as extra curricular activities. Then, the next year I’m told I cannot do extra curricular activities because my success was bothering the rest of the students. The real truth, however, was that it was only the teacher who was bothered.

I could view myself as a victim, but, on the other hand, I get advantages from FINA that I never requested. I don’t want to automatically advance to the finals of the World Cup competitions based on my previous results at international competitions. I want to race for the final spots with young talents, like Iwasakis or Egerszegis, and if they are better than me at the age of 14, let them show their talent. With the new World Cup rule changes they have to start from a disadvantage—they have to wait until the sport’s top athletes get old or finish their careers before they can have the advantage of automatic advancement to finals. This is just not fair. 

According to the new rules of the competition, every event won’t be offered at every stop. Now, for example, a top German swimmer might not compete in his own country because his main event (or events) will only be offered in Moscow or Eindhoven, but not Berlin. Why does FINA make rules that are harmful for the athletes, the organizers of the competition, the World Cup itself and swimming as a whole? These rules are risking the future of our sport, which I am not willing to support with my silence. 

How can a sport label rules “innovative” when they are actually destructive, limiting the participation of the sport’s top athletes? Will the NBA limit one of its biggest stars, LeBron James, in his eighth participation in the big final next year? Will the ATP try to remind Nadal and Federer that their time is over? As one of the current faces of swimming, I should be focused on preserving and extending my career by not taking on too many events and not having my image being overused. Instead, here I am fighting to be allowed to swim as much as I want and to continue to popularize my sport. 

Please don’t think that the leaders of FINA don’t know all of this. They are desperate to keep the importance of the World Championships alive and thriving – an event in which the revenues and profits do not get shared with the athletes – by destroying the World Cup, an event that could be in the future a more lucrative opportunity financially for many swimmers. FINA clearly sees that they could loose their complete power over the sport if even a few of the athlete’s images were to grow bigger than FINA’s. My story is not about Katinka Hosszu but about all the professional swimmers who have already realized they have enough power to influence the sport’s future.

I strongly believe that swimming can be a real professional sport, but for that we need to break the sport’s previous decades long mentality, which is based on the idea: everyone is equal, but among equals there should be more equals. FINA’s leaders have already decided: they do not want to treat the swimmers as equal negotiating partners, and instead they created destructive rules, which are specifically limiting our opportunities. Instead of representing the sport and the swimmers’ interests, they focus exclusively to please their own business interests while they operate as if it were 1989 rather than 2017. 

6,8 billion. According to FINA this is how many times people switched to the TV broadcasts of the 2015 World Championships in Kazan, Russia. These same people, who are bragging about these amazing broadcasting numbers, dare to tell us that there is no money in swimming, making it an amateur sport. If this is in fact true, why can’t we see how much revenue was generated from the broadcasting rights? If all swimmers are blocked from wearing headphones from one of their own personal sponsors, since one of FINA’s sponsorship contracts specifically blocks this, then why can’t the swimmers see exactly how FINA is benefitting from this partnership? Why can’t the swimmers benefit from the sport’s most popular international events? This is not even mentioning logos on apparel. 

It’s not an exaggeration to say that FINA is in chaos. There is the lack of transparency in the financials, the constantly changing rules, and leaders with no vision. At first it may seem a bit scary, but this is the time for us, the swimmers, to do something about the future of our sport. We wouldn’t need to be pioneers; there are so many inspiring examples from other sports before us.

Based on regulations in the NBA, the league has to give more than half of the yearly Basketball Related Income to the athletes; exactly 51% goes to the athletes as salary, not more, not less. Therefore both the league and the athletes have the same motives. This system is transparent and fair. Do you know why the league is set up this way? Not because the leadership of NBA was so generous and offered a percentage of the Basketball Related Income as a gift. It’s because the players recognized the power of being united and the NBA had to realize that without the players the league would be worth nothing. 

In 1973, Nikola Pilic, the best Yugoslavian tennis player of his time, was banned by his federation because instead of playing for the national team for free, he participated in a Canadian prize money competition. When the organizers of Wimbledon told Pilic that because of his sanction he couldn’t compete, he was furious. 

Tennis was on its rise at this time: businessmen, agents, and broadcasters were all waiting to come in for their cut of the big money that the players could make with their performances. The athletes knew that they had to be prepared for this change, so a year earlier they established ATP (Association of Tennis Professionals). Pilic told the president of the players association about his ban, who then convinced almost all of the 50 top tennis players to sign a petition which said, If he won’t play, we won’t either. 

The international federation, the media and the public laughed at the athletes for their weak attempt unify and everyone was sure that when the biggest tournament was about to start the athletes will change their mind. On the day of the draw, out of all the biggest stars, there was only one English and four East-European players set to compete. (The English player was there for patriotic reasons and the other four players because of their communist country’s pressure.) The other 81 players left united. And what was the result? The most awkward sporting event of all time, where the 300,000 fans could watch amateur third class players compete. It became clear, even the biggest, most prestigious event is worthless without the best athletes. 

The international federation was forced to realize, the power was in the player’s hands: they immediately cleared Pilic’s ban, gave the athletes the freedom to choose where and when they want to play and to let the athletes have a say on the most important decisions and rule changes of the sport’s future. 

From that point on there was no stopping: in the next 10 years the prize money increased tenfold and tennis has become one of the most profitable sports of all time, and not just for the organizers or the players, but for everyone involved.

We must learn from the boycott of Wimbledon, because without them there wouldn’t be greats like Agassi, Federer, or Djokovic. Their message is crystal clear: we have to stand up for ourselves, we don’t have to let them decide without us, when and where we compete and for how much money. If the rules – which they create without asking for our opinion – are harmful, illogical and pointless, we have to stand up for what we believe in because that’s our responsibility!

I’m 28 years old. I’ve won 21 gold medals in the Olympics, World and European championships, and I’m sure I am already in the back half of my career. I could put my head in the sand, compete a little longer and then live comfortably for the rest of my life. Believe me, I am not writing these words for myself, but for the younger swimmers and those generations who come after them. 

Isn’t it amazing when 8-year-old kids are running up to us with awe and asking for autographs? Isn’t it amazing when successful adults look at us as their role models? Aren’t you proud when you hear a grandpa tell his grandchild that we should be their heroes? For them and millions of people, we are the sport of swimming. This is why it is our responsibility how we change the future of swimming. 

The opportunity has always been right in front of us. But it is up to us to take the chance. Just like in any performance, we all have to start this together, but instead of us competing against each other, this time we have to fight together as one.

 Katinka Hosszú

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6 comments:

  1. LEPAGE

    Femme d’un sacré caractère, qui a déjà allumé en public le président de sa fédé. Ses propos sont tout à fait logiques dans ce monde où l’argent est la base même de la reconnaissance de la réussite. Malheureusement, elle aussi de l’attrait de malfaisants pour le Pouvoir qu’il confère. Cette critique est déjà très ancienne, Il serait bon qu’Hosszu soit soutenue par de nombreux nageurs de tous horizons, mais aussi d’entraîneurs. La WASCA POURRAIT AGIR…

  2. Aigues

    C’est assez intéressant. Maintenant, est-ce qu’une coupe du monde relevée, lucrative pour les sportifs, et intéressante pour les spectateurs peut cohabiter avec des championnats du monde et des jeux olympiques en natation, je ne sais pas. N’oublions pas que dans le cas du Tennis qu’elle cite, il n’y a pas de championnats du monde et le titre olympique est un titre mineur. Est-ce que c’est mieux? Est-ce que l’intérêt d’un sport se confond exactement avec celui de ses pratiquants?

    On sait aussi grâce à la FIFA que des joueurs puissants et bien payés n’empêchent pas les cliques néfastes de nuire en haut des instances.

    1. Eric Lahmy *

      Ce sont en effet des questions tout à fait légitimes. Par ailleurs, Katinka raconte la montée de l’ATP à sa façon et ça ne s’est pas passé exactement dans les conditions qu’elle décrit. Enfin – et surtout – on ne peut comparer la puissance du circuit des grands tournois du tennis avec celle de la Fina World Cup. Les grands chelems et leurs satellites étaient et sont le tennis, alors que jusqu’ici, ce sont les Jeux olympiques et les championnats du monde qui sont la natation…
      Je voulais avant de m’exprimer obtenir des réactions de lecteurs et c’est partiellement raté, deux réponses même de qualité ne vont pas loin. Je vais donc m’efforcer prochainement de disséquer les propositions d’Hosszu…

  3. LEPAGE

    En réfléchissant je me suis demandé si nous n’alllons pas vers deux natations. Une « pro », et une « amateur ». L’une sur un circuit l’autre championnats traditionnels et les Jeux. Cela mérite réflexion car la natation professsionnelle existait déjà au XIXè siècle sous la forme de démonstrations dans des lieux « chics ». Ceci dit, il y a la question fondamentale de la gouvernance du sport sur la scène internationale qui est une source de scandales à répétition. Le simple fait que peu interviennent pour en débattre montre que les responsables n’ont guère de soucis à se faire. Lamentable.

    1. Aigues

      Un version amateur sur le circuit « traditionnel » et une version pro avec un circuit spécifique, ça existe en boxe, ça a peut-être existé ailleurs momentanément (patinage?), mais ça reste un phénomène rare, je doute que ça puisse fonctionner avec la natation: c’est quand même un sport où les performances sont mesurables au chrono, le circuit qui donnera les chronos les plus lents manquera forcément de crédibilité et d’intérêt. En comparaison, un combat de boxe ou un match de tennis entre deux adversaires amateurs corrects peut être agréable à suivre alors qu’un match entre deux excellents pros peut être pauvre selon le style des combattants. Bref je pense que la boxe se prêtait quand même mieux à ce genre de scission.

      On peut aussi imaginer des règles différentes entre les pros et les amateurs, un peu comme les différents codes de rugby (les pros en petit bassin en yards et les amateurs en grand bassin en mètres?). Mais encore une fois, j’ai du mal à imaginer une telle évolution en natation, je privilégierais plutôt l’hypothèse d’un modèle calqué sur l’athlé ou le biathlon, et qui ressemble un peu à cette coupe du monde FINA, finalement.

      Question qui me perturbe: Hosszu est quand même LA nageuse qui prend la coupe du monde au sérieux, objectivement, elle n’a pas les mêmes intérêts que les mecs de la FINA? La Coupe du Monde, c’est bien une création FINA, non?

      Et enfin, si on coupe des têtes à la FINA, qui va prendre les places? Des anciens athlètes œuvrant de manière désintéressée pour le bien de leurs successeurs ou les représentants des sponsors de Katinka?

      1. Eric Lahmy *

        Absolument.
        Dès qu’on peut mesurer la perf, le circuit pro est condamné à battre des records ou à périr!
        Une tentative d’athlétisme pro a existé dans les années 1970 et n’a pas tenu longtemps. Les nageurs des débuts style (Wickham, Ellen Kellermann ou Johnny Weissmuller) ont pu être pros mais sans professionnalisme établi. Il y a eu de la lutte pro (catch), de l’haltérophilie pro (Charles Rigoulot), les judokas sont tous des pros de par la ceinture noire et la possibilité d’enseigner. Les pros du football nous font oublier que le foot amateur est très vivace, même chose pour le cyclisme, etc.
        Lorsque le Comité olympique a abandonné en 1980 la notion d’amateur, il a fermé la route du professionnalisme des matchmakers. Mais la FINA utilise ces méthodes de matchmakers avec un très joli culot !

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