KAZAN (13) ADAM PEATY N’A PAS PU LA JOUER SUPERMAN

LE RECORDMAN DU MONDE A SOUFFERT

EN FACE DE CAMERON VAN DER BURGH

Éric LAHMY

Lundi 3 août 2015

Ça a été beaucoup plus dur que prévu, aujourd’hui, pour PEATY, le recordman du monde du 100 mètres brasse, aux championnats du monde de Kazan. Sur le papier, avant que ne débutent les séries, le Britannique disposait d’une avance confortable, avec ses 57.92, sur tout le monde, l’Australien Christian SPRENGER étant le mieux placé à presque une seconde derrière (58.87).

Sans trop se forcer, on pouvait imaginer une domination écrasante, une prestation à la Superman, tous derrière et lui devant. Mais dès les séries, où SPRENGER (médaillé d’argent olympique à Londres et champion du monde sortant à Barcelone) se noya bel et bien, PEATY put s’apercevoir qu’un opposant ne se comporterait pas en victime sacrificielle. Le champion olympique sud-africain avait nagé la huitième série en 58.59, bien plus vite que son temps d’engagement et record des championnats du monde. C’était afficher clairement ses intentions. PEATY, dans la dernière série, en s’employant pleinement, fit à peine mieux, 58.52 ! Sa marge d’une seconde venait d’être rabotée pour l’essentiel, et ramené à quasiment rien.

En séries, PEATY était passé en 27.05 ; VAN DER BURGH en 27.11… En demi-finales, PEATY retrouva l’essentiel de sa superbe. VDB ayant gagné la première en 58.49, troisième record des championnats devant un autre nageur à moins de 59 secondes, le Lituanien Giedrus TITENIS, 56.96, il posa une course nerveuse, mieux équilibrée, passant en 27.21 et terminant en 58.18, reprenant le record des championnats.

En finale, Cameron VAN DEN BURGH, sachant qu’il pouvait gagner la guerre des nerfs (PEATY l’ayant longuement idolâtré quand il dominait la spécialité, et idolâtrer n’est jamais une bonne façon de battre quelqu’un) acheva sa tentative de déstabiliser PEATY. Il attaqua salement, passant en 26.79, ce qui était bien plus vite que les 27.04 de PEATY lors de son record du monde. Le Sud Africain menait alors clairement, PEATY, 2e, virant en 27.20 devant TITENIS, 27.44 qui avait formé avec eux le trio de choc des demi-finales. Le Lituanien perdit pied, peut-être stressé de se trouver tellement en retard vis-à-vis de VDB ! PEATY eut un mal fou à revenir, face à ce déchaînement du champion olympique, et il s’en fallut de peu. Il « assura » finalement à la touche, en 58.52 contre 58.59, le titre, en restant à 6/10e de son record du monde, 57.92 le 17 avril dernier. Coïncidence, les deux hommes avaient nagé exactement dans les mêmes temps que dans les séries ! 3e, le second Britannique, Ross MURDOCH, 59.09, fut l’auteur du retour le plus rapide, et prenait date avant le 200 mètres. Quant au Japon, il fut le grand perdant de cette finale, où il ne put, et de loin, placer un de ses représentants…

Mais si PEATY eut le dernier mot, VAN DER BURGH, par sa bravoure et sa volonté de le faire douter, montra qu’il était un grand champion. On se souviendra cependant qu’il avait été champion olympique dans le temps de 58.46, plus vite qu’à Kazan.

 

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