KAZAN (14) SARAH SJÖSTRÖM PAPILLONNE AUTOUR DES RECORDS

LA REINE DE SUÈDE RÉÉCRIT L’HISTOIRE

DU 100 MÈTRES ‘’DAUPHIN’’

Éric LAHMY

Lundi 3 août 2015

Dès le début de ces championnats du monde de Kazan, on a vu deux nageuses à part. Les nageuses rouleaux compresseurs. Dimanche, on a eu Ledecky, lundi, ça a été Sarah SJÖSTRÖM. Dans les deux cas, ce n’était pas une grosse surprise, vu les antécédents des deux filles, mais il y a toujours quelque chose comme un sentiment de joyeux effroi de voir ces demoiselles, dans une natation du 21e siècle, c’est-à-dire adulte, mûre, mondialisée, où il est si difficile de dominer, aplatir, et, si on osait un mot déplaisant parce qu’excessif et ne correspondant guère à l’idée qu’on se fait de la compétition, ridiculiser, humilier leurs adversaires. Sjöström, comme Ledecky, on l’avait vu venir de loin, cette année et les précédentes. Physique impressionnant, formidable supériorité technique, capacités nautiques incontestables, hors du commun, capacité de s’entraîner sans faiblir, de s’imposer une discipline de fer.

Ici, la grande Suédoise avait montré le bout de son nez dans le relais quatre fois 100 mètres, mais elle n’avait réalisé « que » le 4e temps, lancé, de la finale de la course. En nage libre, Sjöström impressionne mais elle a encore des rivales. En papillon, en revanche, que ce soit sur la distance folklorique de 50 mètres ou bien sur la distance prééminente de 100 mètres, là où elle passe, les algues ne repoussent plus ! En cherchant un peu, vous trouverez dans ce site un long article écrit le 8 mars dernier (Sarah Sjöström, héroïne de roman) sur les exploits de la donzelle. Ici, à Kazan, elle y rajouta un nouveau chapitre…

Dimanche matin, elle avait commencé par archi-dominer les séries du 100 mètres papillon, en 56.47, temps pas très éloigné de son record des championnats, accroché à 56.06 à Rome, en 2009 ; la Danoise Jeanette Ottesen, 2e , nageait, elle, 57.79, autant dire que déjà Sjöström faisait la différence ; OTTESEN était serrée de près par Inge DEKKER, Pays-Bas, et Ying LU, Chine, 57.82 et 57.84. Les Françaises, Marie WATTEL, 21e en 58.84 et Béryl GASTALDELLO, 24e en 59.06, ne pouvaient accrocher les demi-finales.

Les techniciens suédois, à juste titre l’estimant indispensable à la qualification du relais, la firent nager en dernière position, ce qui donna un temps lancé de 52.75, clairement le meilleur des quatre-vingt relayeuses présentes. Seule Femke HEEMSKERK, 53.00, l’approchait.

L’après-midi, après qu’OTTESEN eut enlevé la première demi-finale en 57.04 devant LU, 57.36, SJÖSTRÖM se lança dans la sienne, moins vite qu’OTTESEN, 26.46 contre 26.33 au virage. Mais après, il n’y eut plus qu’elle, car pour elle, 26.46, c’était nager lentement. Au bout de son effort, avec 55.74, elle reprenait le record du monde à Dana VOLLMER, l’Américaine qui l’avait établi en 55.98 aux Jeux olympiques de Londres.

La journée n’était pas finie, et Sarah plongeait à nouveau, dans le cadre du relais quatre fois 100 mètres. Cette fois, elle signait un temps de 52.38, faisait passer le relais de la 4e à la 2e place avant que Magdalena KURAS ne reperde ces deux places gagnées…

Lundi, c’était la finale et SJÖSTRÖM fut aussi impressionnante. Elle ne refusa pas la confrontation avec OTTESEN, passant cette fois en 26.17 contre 26.24 à la Danoise. Mais après le virage, ce fut la reine de Suède contre son record du monde. 55.64 ! Elle faisait plus de différence, une seconde quarante et une, qu’entre la deuxième et la dernière, que ne séparait qu’une seconde dix-sept.

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